Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour la catégorie '1920-1929'

Le Costaud (Strong Boy) – de John Ford – 1929

Posté : 19 mars, 2021 @ 8:00 dans 1920-1929, FILMS MUETS, FORD John | Pas de commentaires »

Strong Boy

Pas de miracle, hélas : ce film considéré perdu de John Ford a, jusqu’à présent en tout cas, bel et bien disparu. C’est même le plus récent des films de Ford à faire partie de cette triste liste des « lost films ». Mais une bande annonce d’époque a été retrouvée en 2010 dans les archives de la cinémathèque de Nouvelle Zélande avec une copie complète d’un autre film perdu de Ford, Upstream. Comme quoi d’heureuses surprises sont toujours possibles, même presque un siècle après l’avènement du parlant.

Cette bande annonce dévoile donc quelques images que l’on aurait pu ne jamais voir. Ô, pas grand-chose : cinquante secondes seulement, et encore y a-t-il dans cette poignée de secondes quelques intertitres accrocheurs qui nous promettent de la romance et de l’aventure. Et elles font envie ces images, qui semblent annoncer un film dans l’esprit d’un serial.

On y devine un Victor McLaglen mécanicien de train, confronté à des bandits, ou à une fiancée jouée par Leatrice Joy qui semble bien colère contre lui. Les images dévoilent ce qui doit être une grande scène d’action sur le toit du train en marche, dans des paysages spectaculaires, scène qui évoque celle des Mendiants de la vie, que Wellman a tourné un an plus tôt.

C’est bien peu bien sûr : moins d’une minute pour un film qui durait un peu plus d’une heure. Mais c’est aussi beaucoup pour les amoureux de John Ford. De quoi inciter les cinémathèques du monde entier à continuer de fouiller dans leurs archives…

L’Enfer blanc du Piz Palü (Die weiße Hölle vom Piz Palü) – d’Arnold Fanck et Georg Wilhelm Pabst – 1929

Posté : 14 mars, 2021 @ 8:00 dans 1920-1929, FANCK Arnold, FILMS MUETS, PABST Georg Wilhelm | Pas de commentaires »

L'Enfer blanc du Piz Palü

Spectaculaire virée en haute montagne, que nous offre Arnold Fanck, pionnier du cinéma de montagne, et ma foi toujours référence ultime en la matière. Cet Enfer blanc du Piz Palü est en tout cas un sommet du genre (sans mauvais jeu de mot), un film qui, plus de 90 ans après sa sorte, reste impressionnant. On sans doute fait plus flippant, plus immersif depuis. Mais pas sûr qu’on ait filmé la montagne et les alpinistes avec un tel regard.

Fanck connaît sa montagne, c’est une évidence. Pour ce film, il dirige une nouvelle fois sa muse d’alors Leni Riefentstahl, future réalisatrice des Dieux du Stade. La belle n’est pas encore une proche d’Hitler, et pour cause. Pour l’heure, elle est juste une (bonne) actrice spécialisée dans ces films en haute altitude.

Et pour le coup, on n’en sort pas, de ces hautes altitudes, dans ce film qui, à de très rares exceptions près (une courte scène dans un salon bourgeois, deux passages dans le village au pied des montagnes), ne quitte pas les sommets. L’action se limite au minimum, dans une sorte d’épure magnifique entièrement au service des paysages, superbement filmés.

Un jeune couple et un alpiniste chevronné tentent une ascension périlleuse, sur un sommet où la femme de ce dernier a trouvé la mort quelques années plus tard, sans que son corps soit jamais retrouvé. Un accident survient, les deux hommes sont blessés, le trio coincé en attendant d’hypothétiques secours. Deux heures quinze de lutte pour la survie, deux heures quinze de plans impressionnants où la montagne se transforme en monstre refusant de lâcher ses proies, deux heures quinze de peur, d’espoirs et d’émotions.

L’histoire se limite au strict minimum, mais toute l’humanité des personnages transparaît au fil des épreuves. Avec intensité et trouble : Leni Riefenstahl, jeune épouse que l’on sent s’éloigner d’un mari trop fragile, attirée par leur guide plus sûr de lui, plus dominant. On aurait sans doute tort d’y deviner un sous-texte politique annonciateur…

Une séquence, surtout, reste profondément impressionnante : celle dans l’enfer de glace d’où les sauveteurs retirent les corps de jeunes alpinistes emportés par une avalanche, à la lumière des torches. On aurait presque envie de dire que c’est glaçant, si on n’avait pas peur des mauvais jeux de mots, encore.

Sommet du genre, définitivement, qui met aussi en scène un authentique héros allemand de l’aviation, Ernst Udet, et que co-réalise Pabst, déjà grand réalisateur (il a signé L’Amour de Jeanne Ney deux ans plus tôt), pour des scènes en studio plus anecdotiques.

Le Fantôme de l’Opéra (The Phantom of the Opera) – de Rupert Julian – 1925

Posté : 11 mars, 2021 @ 8:00 dans 1920-1929, FANTASTIQUE/SF, FILMS MUETS, JULIAN Rupert, POLARS/NOIRS | Pas de commentaires »

Le Fantôme de l'Opéra 1925

L’effroi qui vous prend, même quand on s’y attend, quand Lon Chaney se retourne et retire son masque… La spectaculaire beauté de cette cape roue (impressionnante utilisation des couleurs) qui domine le couple maudit sur les toits de l’opéra… Une impressionnante course poursuite dans la nuit parisienne…

Cette version du Fantôme de l’Opéra reste inégalée, pleine de grands moments de cinéma, d’une force qui n’a pas pris une ride en presque cent ans. Cent ans : c’est quasiment l’âge de cette adaptation de l’œuvre de Leroux, la plus célèbre de toutes. Et après en avoir vu un paquet, c’est incroyable de voir à quel point celle-ci garde toute sa puissance formelle et narrative.

Il y a le rythme, fou. Et la générosité d’un scénario qui laisse la part du roi au suspense, au mouvement, aux chausse-trapes et aux rebondissements les plus dingues. Il y a aussi cette gourmandise de l’image, ces ombres portées impressionnantes, l’omniprésence de l’opéra lui-même, non pas comme un personnage, mais comme un décor absolu qui s’élève dans le ciel autant qu’il s’enfonce dans les abymes, dévoilant d’innombrables recoins et pièces secrètes.

Les acteurs ont bien une tendance à l’emphase et à la grandiloquence (le « ballet » effrayé des danseuses dans les sous-sols de l’opéra fait un peu sourire). Mais cette emphase s’inscrit aussi parfaitement dans cette mise en scène toute tournée vers le spectaculaire théâtral.

Ce lustre qui s’écrase sur les spectateurs, les héros coincés dans un sous-sol inondé (digne d’un Indiana Jones), le « fantôme » qui s’approche de sa proie, invisible sous l’eau… Tout ici est tourné vers l’émotion, et le plaisir du spectateur. Du grand cinéma, populaire et enthousiasmant, qui continue cent ans après à procurer un plaisir sadique, immense.

L’Amour de Jeanne Ney (Die Liebe der Jeanne Ney) – de Georg Wilhelm Pabst – 1927

Posté : 26 février, 2021 @ 8:00 dans 1920-1929, FILMS MUETS, PABST Georg Wilhelm | Pas de commentaires »

L'Amour de Jeanne Ney

Les troubles en Crimée après la Révolution russe. Un jeune Bolchevik amoureux de la fille d’un émissaire français qui meurt à cause de lui. Un traître prêt à tout pour l’argent. Un exil à Paris. Une romance qui se poursuit malgré tout. Un vol de diamant. Un meurtre…

L’Amour de Jeanne Ney est basé sur un scénario pour le moins généreux, qui nous fait voyager à travers les continents, et dans les milieux les plus différents, des tavernes de débauche en Crimée aux grands salons parisiens, en passant par une banlieue baignée de pluie ou un hôtel miteux de Montmartre… Trop généreux peut-être : on finit même par se demander pourquoi la Révolution russe était si importante dans cette histoire…

Mais ça, c’est si on veut creuser un peu. Parce que surtout, ce sixième film de Pabst procure un plaisir immense, surprenant constamment par son audace, par la puissance des émotions qui s’en dégagent, et par la maîtrise du cinéaste, et la modernité du style. Un film merveilleux, impressionnant, porté par la superbe Edith Jehanne, actrice au visage inoubliable, lui aussi d’une étonnante modernité, personnage puissant ballotté par l’histoire en marche.

Dès la première scène dans cette Crimée entre deux eaux, Pabst donne une vie incroyable à son film. Dans ce bouge où soldats et jeunes femmes se livrent à une véritable orgie, il renforce le côté décadent par des plans désaxés où la caméra semble ne jamais devoir se fixer. C’est aussi ce qui marque dans ce film : la mobilité de la caméra, et la fluidité totale de ses mouvements, et des enchaînements de scène.

Ce qui frappe aussi, c’est l’importance que Pabst accorde aux corps. Aux mains surtout : celles généreuses et passionnées de Jeanne, celles épouvantées d’Andreas (Uno Henning), celles avides de l’oncle (Adolf Edgar Licho), celles fuyantes du vil Khalibiev (Fritz Rasp), ou celles douces et pleines de frustrations de Brigitte Helm, dont les grands yeux servent parfaitement la cécité de son personnage.

C’est beau, ample, plein de suspense et de rebondissements. Pabst fera peut-être plus profond, plus audacieux. Mais ce film est une merveille passionnante, romanesque et généreuse. Et moi, me voilà définitivement sous le charme d’Edith Jehanne…

Hallelujah (id.) – de King Vidor – 1929

Posté : 20 février, 2021 @ 8:00 dans 1920-1929, VIDOR King | Pas de commentaires »

Hallelujah

Le chemin de la rédemption peut être long, l’histoire de Zeke le prouve (j’y reviens dans quelques lignes). Celui du cinéma parlant est en revanche immédiat pour King Vidor, grand cinéaste du muet qui s’approprie totalement les techniques du son dès 1929. Et il ne cherche pas la facilité, avec un drame ample et musical, tourné exclusivement (semble-t-il) en décors naturels, et avec des tas de comédiens et figurants.

OK, il triche : Hallelujah est considéré comme le tout premier film de l’histoire entièrement postsynchronisé. Mais qu’importe, puisque la démarche porte ses fruits : jamais cette postsynchronisation ne remet en cause le naturel et la fluidité de la mise en scène.

Hallelujah flirte constamment avec le mauvais goût. Ses acteurs (tous afro-américains, c’est une quasi-première pour un film hollywoodien) sont pour certains particulièrement emphatiques, visiblement amateurs ou marqués par le langage muet ou théâtral. Comme le titre l’annonce, la notion religieuse et rédemptrice est très présente. On découvre cette famille de noirs dans leur champ de coton, heureux de travailler sous le soleil… Bref, tout ça sent la caricature datée à plein nez.

Pourtant, King Vidor signe un film passionnant, certes pas entièrement tenu, mais riche, généreux, enthousiasmant, et plein de moments extraordinaires.

Zeke, donc, l’aîné d’une famille de noirs du Sud profond, bon gars, toujours la chanson aux lèvres, mais qui dilapide les cent dollars que sa famille a mis six mois de travail à réunir à cause d’une jeune femme belle et vénéneuse. Quand il comprend qu’il s’est fait avoir par la belle et son mac, il perd la tête, sort son arme, tire un peu à l’aveugle, et tue son propre frère… Ravagé, il devient prêcheur. La belle le suit, semble se racheter, mais le chemin de la rédemption est VRAIMENT très long.

Dans les mains d’un tâcheron, le film aurait viré au prêchi-prêcha musical écœurant. Vidor a ce talent pour tirer du gigantisme (il y a là un nombre incroyable de figurants, dans quasiment toutes les scènes) une humanité et une intimité folles.

Prenons la grande scène de prêche, tournant du film. Tout le génie de Vidor est là. Dans sa manière de filmer Zeke, psalmodiant son prêche qui se transforme en chant (ça m’a fait penser à la narration du Chant de la fidèle Chun-Yang). Dans sa manière de créer une sorte de cocon par le mouvement de la foule elle-même. Dans sa manière enfin d’isoler les acteurs du drame par une série de plans de coupes isolés dans la foule.

L’image de Daniel L. Haynes (l’interprète de Zeke), visage hagard traversant la foule des fidèles bras levés pour suivre Nina Mae McKinney (Chick), l’incarnation de la tentation, est d’une force incroyable. Comme cette course poursuite dans les marécages, d’une puissance visuelle qui reste impressionnante. Le chemin de la rédemption est long, fort, et beau.

La Fille de Négofol (Kentucky Pride) – de John Ford – 1925

Posté : 6 février, 2021 @ 8:00 dans 1920-1929, FILMS MUETS, FORD John | Pas de commentaires »

Kentucky Pride

Un an avant le très beau Shamrock Handicap, John Ford s’intéressait déjà au monde des courses avec cette curiosité aussi improbable que charmante. Il y a déjà une particularité mise en avant dès le nom des acteurs (ceux des chevaux, d’abord) dans le générique : le film est raconté à la première personne… par un cheval, nommée Virginia’s Future, la fille du champion Négofol, donc. Et on n’échappe à la voix off que parce qu’on est en 1925, et que le cinéma est toujours muet.

Un procédé douteux sur le papier, qui annonce avec vingt-cinq d’avance un certain Francis pas franchement glorieux, à ceci prêt que John Ford n’est pas Arthur Lubin, et que son Kentucky Pride est certes une étape mineure dans sa filmographie, y compris à cette époque (Le Cheval de fer l’année précédente, Trois sublimes canailles l’année suivante), mais fort sympathique, et jalonnée de très jolis moments.

Côté émotion, Ford filme une scène de retrouvailles entre un père et sa fille absolument magnifique, d’une simplicité et d’une pudeur extrême : la petite approche doucement et cache les yeux de son père, devant le regard humide du brave J. Farrel MacDonald. Côté humour : MacDonald, indispensable Irlandais fordien, toujours excellent et irrésistible, qu’il fasse les cent pas avec ses deux comparses dans une sorte de chorégraphie millimétrée, ou qu’il se transforme en policier très approximatif.

Côté suspense : deux séquences de courses hippiques parfaitement filmées, réservant leur lot de ressors dramatiques. La première, surtout, dont l’issue inattendue provoque la chute (au figuré) du premier propriétaire du cheval, joué par Henry B. Walthall. Et, plus tard, une rencontre fortuite entre son dernier et son cheval, qu’il croise sans le reconnaître au cœur d’une ville grouillante de vie. Moment aussi improbable que superbe.

Dans cette scène, plus que dans beaucoup d’autres où le procédé touche à sa limite avec un anthropomorphisme trop naïf, Ford tire le meilleur de son parti-pris narratif, rendant intenses et très émouvants les efforts désespérés du cheval pour être reconnus par ses anciens maîtres. Petit film, oui, mais que Ford réalise avec une belle conviction.

Entr’acte – de René Clair – 1924

Posté : 20 janvier, 2021 @ 8:00 dans 1920-1929, CLAIR René, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Entr'acte

Une danseuse à barbe, un canon qui se place seul, des hommes et des femmes en grands habits qui courent après un corbillard, un tir aux pigeons sur les toits de Paris, un mort qui sort de son cercueil pour faire disparaître les personnages les uns après les autres…

Les spectateurs de 1924 ont découvert René Clair avec ce court métrage tourné après Paris qui dort, mais sorti avant. Vraie curiosité, premier film à avoir été projeté dans le cadre d’un ballet, Relâche, spectacle dadaïste co-écrit par Francis Picabia, également scénariste de ce court métrage surréaliste.

Clair jour avec le pouvoir de l’image avec, déjà, une vraie maîtrise, utilisation des surimpressions, des plans renversés, des ralentis, et le montage comme l’art de confronter des images sans liens et de leur donner, si ce n’est un sens, au moins un effet.

Dans ce Paris où toutes les situations semblent sorties ou dérivées d’une fête foraine, Erik Satie (le compositeur) et Picabia bondissent (littéralement) autour d’un canon, Marcel Duchamp et Man Ray jouent aux échecs. Clair, lui, joue avec les images, avec une belle liberté.

Paris qui dort – de René Clair – 1923-1925

Posté : 19 janvier, 2021 @ 8:00 dans 1920-1929, CLAIR René, FANTASTIQUE/SF, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Paris qui dort

Premier film tourné par René Clair (mais sorti après Entr’acte), Paris qui dort est à la fois une petite chose, et une merveille. Petite chose, parce que cette histoire d’un Paris plongé dans la léthargie par un mystérieux rayon n’est pas très profonde. Une merveille parce que Clair utilise ce postulat pour filmer Paris comme personne avant lui.

Paris, ville de mouvement, transformée par la magie du cinéma en un décor endormi, au charme décuplé. Surtout, Clair articule son film, et son décor, autour de la Tour Eiffel, au sommet de laquelle le personnage principal se réveille comme l’unique Parisien rescapé.

Au sommet de la Tour, Clair signe les plus belles scènes du film, faisant de cette intrigue improbable une fable autour d’une poignée de personnages, comme autant de symboles de l’humanité, tendance mesquine. Superbes images de la tour et de Paris qui l’entoure, avec ces poutres qui s’entremêlent comme les barreaux d’une cage, ou comme une aire de jeu fantasmée.

De cette fable, l’humanité ne sort pas vraiment grandie. Les « survivants » ont tout le temps et tout l’espace dont ils peuvent rêver, et en profitent pour amasser une fortune (forcément inutile), batifoler dans un bassin ou se battre, moins pour les beaux yeux de l’unique femme que par désœuvrement, ou par une sorte d’instinct masculin primaire.

Sous bien des aspects, Paris qui dort annonce Sous les toits de Paris, son premier film parlant. Ce premier film révèle en tout cas la personnalité de René Clair. Sa manière de filmer la ville, poétique et percutante, reste très moderne, et impressionnante.

Sa nièce de Paris / Extra Dry (Lightnin’) – de John Ford – 1921

Posté : 1 janvier, 2021 @ 8:00 dans 1920-1929, FILMS MUETS, FORD John | Pas de commentaires »

Lightnin

Un vieil homme n’aspire qu’à picoler avec son ami, en se prélassant sur l’herbe… Mais autour de lui, une épouse exigeante, une fille amoureuse, un duo d’escrocs, un juge qui roucoule, et un avocat poursuivi par un shérif viennent bousculer ses aspirations.

Du rythme, un grain de folie et beaucoup d’humour et de tendresse dans ce John Ford mineur, mais très attachant. Un Ford dans sa veine campagnarde langoureuse, qui annonce son triptyque avec Will Rogers… l’alcool en plus, omniprésent, massif, et toujours source de comédie.

Le vétéran Jay Hunt est excellent dans le rôle titre, très fordien. Un homme simple, une certaine vision de l’Amérique, pour qui la douceur de vivre, l’attachement à la terre et la justice sont étroitement liés. Comme il se doit, et c’est à la fois une des grandes figures du cinéma américain et de l’œuvre de Ford, c’est dans un tribunal que tout se réglera.

Tout, c’est-à-dire l’escroquerie en cours, et le sort de trois couples qui se forment ou se déchirent, tout ça convergeant vers une séquence finale aussi improbable que joyeuse.

Film mineur, mais marqué par de belles scènes d’intérieur, où la lumière extérieure éclaire par petites touches les personnages, images dégageant l’immense empathie de Ford qui, s’il ne prend pas son histoire très au sérieux, signe un film confortable… dans lequel on se sent bien, et dont on sort avec un sourire aux lèvres.

Une folle nuit (Eine tolle Nacht) – de Richard Oswald – 1927

Posté : 15 juin, 2020 @ 8:00 dans 1920-1929, FILMS MUETS, OSWALD Richard | Pas de commentaires »

Une folle nuit

Une jeune artiste décide de mettre à l’épreuve son fiancé trop jaloux. Un homme d’affaires de province est tout heureux de « monter » à Berlin, même au prétexte d’aller affronter un costaud de foire… Et des tas de nains que l’on croise constamment sans qu’on sache vraiment pourquoi.

Alors voilà la question la plus pressante après avoir vu le film : pourquoi tant de nains dans cette comédie de Richard Oswald, qui apparaissent aux moments où on s’y attend le moins ? Dans une scène de rue, dans un restaurant, ou dans l’embrasure d’une porte… Est-ce que ça dit quelque chose de la société ou du cinéma allemands de ces années-là ? Pas sûr…

Pour se poser aussi fort cette question, il faut vraiment que le reste n’ait pas grand intérêt. Et c’est vrai que ce vaudeville a beau accumuler les chassés-croisés, les portes qui claquent et les quiproquos, on ne peut pas dire qu’on est subjugué par ces personnages qui tournent autour de leurs propres couples.

Quelques scènes amusantes, des acteurs qui semblent franchement s’éclater, une générosité dans le rythme… Tout ça ne suffit pas vraiment pour tirer autre chose qu’un sourire bienveillant.

Le film s’inscrit dans la lignée des comédies allemandes de Lubitsch, mais où une vitesse pas toujours maîtrisée totalement aurait remplacé le sens de la loufoquerie. Une folle nuit est un vaudeville plutôt plaisant par moments, mais c’est pour son aspect quasi-documentaire dans une poignée de scènes qu’on s’en souviendra (peut-être) : pour ces courtes scènes tournées dans le Berlin de 1928, un Berlin de l’entre-deux, plein de vie et de beauté. Ces images, au moins, sont saisissantes.

Mais que donc viennent y faire tous ces nains, qui s’arrêtent presque face caméra ?

12345...17
 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr