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Archive pour la catégorie '1895-1919'

Les Araignées, 1ère partie : Le Lac d’Or (Die Spinnen – 1. Teil : Der Goldene See) – de Fritz Lang – 1919

Posté : 14 octobre, 2016 @ 8:00 dans 1895-1919, FILMS MUETS, LANG Fritz | Pas de commentaires »

Les Araignées 1 Le lac d'or

Le visage face caméra d’un homme au regard hagard, un plan qui s’élargit pour inclure l’homme dans un environnement hostile et rocailleux… Voilà les toutes premières images connues de l’œuvre de Fritz Lang : Les Araignées est certes son troisième film, mais les deux premiers sont réputés perdus. Ces premières images laissent en tout cas augurer du meilleur : il y a déjà chez le jeune Fritz un sens du cadre et du rythme assez impressionnant.

Soyons honnête : tout le film n’est pas de ce niveau. Il y a là quelques facilités scénaristiques que l’on ne retrouvera rapidement plus dans son cinéma, et quelques passages un peu mornes dont on se serait bien passé. Mais, déjà, que de fulgurances. Au détour d’un plan (Kay Hoog devant la cascade souterraine), ou dans des séquences entières (la fusillade dans le bar), Lang semble déjà posséder pleinement son sens de l’image et du récit.

C’est une bouteille à la mer qui lance cette histoire, au cours de laquelle un aventurier sera confronté à une société mystérieuse (les Araignées, dignes héritiers des Vampires de Feuillade), à des Incas très portés sur le sacrifice humain, à un gigantesque serpent, à une horde de bandits armés, à un torrent violent… Bref, un vrai film d’aventures à rebondissements, genre dont Lang sera toujours un grand amoureux jusqu’à ses derniers films.

Tout ça est hautement improbable, c’est vrai. Mais c’est fait avec une telle gourmandise et un tel plaisir communicatif qu’on pardonne volontiers les incohérences et l’aspect un peu grand-guignol de la partie la plus exotique, en Amérique latine. D’ailleurs, on jurerait que Spielberg et Lucas se sont souvenus de ce film et de son héros, aventurier confronté à tous les dangers et lancé dans une course folle autour du monde, lorsqu’ils ont imaginé un certain archéologue. Jusqu’à la veste en cuir que Kay Hoog arbore parfois…

Un petit plaisir, à suivre dans le deuxième épisode

Charlot fait du golf (???) – de Charles Chaplin – 1917 (?)

Posté : 25 septembre, 2016 @ 8:00 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot fait du golf

Ne cherchez pas dans les filmographies officielles : Charlot fait du golf n’existe pas. Cette rareté d’à peine trois minutes a été découverte dans les archives de la famille, sans que l’on sache à quoi ces images étaient destinées, ni même quand elles ont été tournées. Seule certitude : elles datent d’avant fin 1917. Outre Chaplin, le film met en effet en scène Albert Austin et Eric Campbell, et ce dernier est mort dans un accident de voiture le 20 décembre de cette année-là.

Les images qui nous sont parvenues se limitent en fait à deux scènes sur un terrain de golf : dans la première, Charlot assiste moqueur aux efforts malheureux de Campbell pour taper dans sa balle ; la seconde étant une variation sur le même thème, Austin ayant cette fois pris la place du souffre-douleur de Charlot.

Peut-être Chaplin cherchait-il l’inspiration sur ce terrain de golf… Il ne semble pas l’avoir trouvée : son vagabond se contente de quelques mimiques bien rodées, mais sans génie ni passion. Éternel perfectionniste, on peut imaginer que Chaplin s’est rendu compte qu’il n’allait nulle part avec cette ébauche de film, et qu’il est passé à autre chose. Reste une vraie curiosité, forcément indispensable pour tous les amoureux de Chaplin.

Après la pluie, le beau temps (Don’t change your husband) – de Cecil B. De Mille – 1919

Posté : 12 juillet, 2016 @ 8:00 dans 1895-1919, De MILLE Cecil B., FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Après la pluie, le beau temps

Très tôt, De Mille a affirmé son goût pour les films en costumes, et pour la démesure. C’est ce qui fera sa légende, ce pourquoi l’histoire le retient en premier lieu : ses superproductions comme Les 10 commandements. Dans les années 10, c’était sa version de Jeanne d’Arc, succès populaire qui paraît aujourd’hui bien daté et un rien pompeux.

A l’époque déjà, le succès était certes important, mais le coût de production était tel que les producteurs préféraient, de loin, le voir tourner ces comédies de mœurs qu’il a enchaîné au tournant de 1920 : des productions autrement plus rentables qu’il tournait un peu à reculons, mais qui connaissaient de gros succès pour des dépenses modestes.

Grâce soit rendue à l’appât du gain des producteurs ! Parce que ces comédies de mœurs qui semblent souvent basées sur le même modèle (un couple se sépare, va chercher ailleurs, et se retrouve finalement), avec des titres qui paraissent interchangeables (Old Wives for New auparavant, Why change your wife après), rappellent à quel point De Mille était un bon cinéaste.

Don’t change your husband n’est peut-être pas son film le plus abouti, mais il y a là un sens du rythme et du récit absolument imparable. L’histoire est simple, et on sait d’emblée où elle nous entraîne : négligent et fermé aux désirs de sa femme (Gloria Swanson), le mari qui aime trop les cigares et les oignons (Elliott Dexter) va ouvrir les yeux et redevenir un séducteur élégant pour reconquérir celle qu’il avait perdu.

Ce cheminement sans grande surprise vaut surtout pour ces petits détails que De Mille accumule pour illustrer l’usure des couples, et qui se répètent et se répondent, comme ce journal grand ouvert durant les petits déjeuners, symbole de la barrière qui sépare les deux époux. Amusante aussi, la comparaison, par enchaînement de fondus-enchaînés, entre la tenue impeccable de l’amant en puissance, et celle débraillée du mari installé…

A la fin, la morale est souvent sauve, chez De Mille. Mais en chemin, il n’hésite pas à bousculer et à faire preuve d’un cynisme authentique, dans sa peinture sans grande concession du couple. Il laisse aussi apparaître un début de postulat féministe : le personnage de Gloria Swanson est le vrai moteur de l’histoire. Même si, au final, ses aspirations romantiques seront ramenées à une réalité plus prosaïque.

Charlot machiniste (Behind the screen) – de Charles Chaplin – 1916

Posté : 8 février, 2016 @ 8:00 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot machiniste

Titre alternatif (VF) : Charlot fait du cinéLe Machiniste

Titre alternatif (VO) : The Pride of Hollywood ; Los Fallen Angeles

Ce n’est pas la première fois que Chaplin filme les coulisses du cinéma. Déjà à la Keystone, il avait tourné A Film Johnnie et The Masquerader dans le même décor, avant d’y revenir avec His New Job, son premier film à la Essanay. Désormais à la Mutual, Chaplin renoue donc avec ce qui semble être l’un de ses thèmes de prédilection: les coulisses du monde du spectacle.

L’émotion pure des Feux de la Rampe paraît en tout cas bien loin : avec Behind the screen, Chaplin signe une pure comédie très drôle, mais sans grande ambition, si ce n’est celle de se replonger, déjà, à l’époque de ses débuts à l’écran. La « méthode Keystone » est en effet omniprésente dans ce film. Pas tant pour la qualité des gags (Chaplin a fait du chemin depuis deux ans, et ce court est bien plus drôle que ses premiers films) que pour l’hommage amusé qu’il y rend à la compagnie de Mack Sennett.

Charlot y est l’homme à tout faire d’un plateau où se tournent en même temps une comédie « tarte à la crème » et un film dramatique en costume. L’effervescence du plateau, l’approximation des gags du film dans le film (on n’a pas d’idée ? terminons le film par une bataille de tarte à la crème)… Tout renvoie à l’esprit Keystone dans ce court qui est tout de même loin d’être le plus ambitieux de ceux qu’il a tournés pour la Mutual.

Il y a tout de même quelques gags mémorables. Le plus célèbre est cette image de Charlot se transformant en homme-hérisson en empilant sur son dos onze chaises. Le plus audacieux, pour l’époque, est ce baiser échangé avec Edna Purviance déguisée en homme, devant un Eric Campbell se moquant ouvertement de cette « grande folle ». Mais le plus drôle reste sans doute la scène de la pause déjeuner, à mourir de rire : Charlot mesurant les tourtes d’Eric Campbell pour s’assurer que ce dernier est bien capable de tout engloutir, ou faisant un sandwich d’un os de poulet dégusté par l’incontournable Albert Austin.

Mineur, mais très drôle… Une nouvelle réussite, donc, pour Chaplin.

Charlot usurier (The Pawnshop) – de Charles Chaplin – 1916

Posté : 7 février, 2016 @ 8:00 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot usurier

Titre alternatif (VF) : Charlot chez l’usurier ; L’usurier ; Charlot brocanteur ; Le Brocanteur

Titre alternatif (VO) : High and low finance ; At the sign of the dollar

Chaplin joue ici la carte de la comédie pure, délaissant totalement l’émotion qui marque souvent ses meilleurs films. Pourtant, The Pawnshop est un chef d’œuvre, l’un de ses classiques qui résume le mieux son génie comique.

Comme souvent, c’est le lieu et la fonction exercée par Charlot qui est à l’origine de la plupart des gags. Petit employé d’un usurier, il voit passer entre ses mains des tas d’objets dont il tire systématiquement un potentiel comique insoupçonné.

Le plus mémorable peut-être : cette dissection clinique d’un réveil par un Charlot qui veut vérifier son bon état de marche, avant de le rendre à son propriétaire en pièces détachées avec un non définitif de la tête, après que les morceaux épars se sont mis à bouger, comme animés d’une vie propre…

C’est tout le talent de Chaplin que ce film met en valeur : cette capacité unique à donner une vie aux objets inanimés les plus anodins. Entre ses mains, un plumeau semble danser à travers l’espace. Entre ses jambes, un escabeau semble vouloir se débarrasser de lui. Coincé sur sa tête, une contrebasse semble se mettre à marcher…

Chef d’œuvre de mise en scène et d’inventivité, The Pawnshop pousse à un niveau de perfection rarement égalé le sens du rythme et du détail de Chaplin. Une merveille hilarante et irrésistible.

Charlot et le comte (The Count) – de Charles Chaplin – 1916

Posté : 22 janvier, 2016 @ 12:05 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot et le comte

Titre alternatif (VF) : L’Imposteur ; Soirée mondaine ; Charlot tailleur ; Le Comte

Titre alternatif (VO) : Almost a gentleman

Employé d’un couturier, Charlot est renvoyé après une série de catastrophes. Dans une grande maison bourgeoise où il flirte avec la bonne, il ne tarde pas à se faire passer pour un comte, pour séduire la fille de la maison, Edna.

Le vagabond aux méthodes rustres que l’on confond avec un riche dandy… Le thème inspirera Chaplin à plusieurs reprises jusqu’à son apogée dans Les Lumières de la Ville. Dans The Count, la forme reste assez brouillonne, loin en tout cas de la perfection narrative de ses chefs d’œuvres à venir. Les tableaux, ici, se succèdent sans cet enchaînement imparable qui fait aussi la force de son cinéma.

Pas totalement abouti, donc, ce court n’en est pas moins souvent très drôle, en particulier lorsque Chaplin se dresse avec assurance face à l’imposant Eric Campbell, contrepoint et souffre-douleur parfaits du vagabond. The Count ne manque pas de gags formidables, comme cette séance de prise de mesures qui ouvre le film. Mais le meilleur moment, le plus drôle, est une scène de danse (avec Edna Purviance) où le génie comique de Chaplin, sa gestuelle inimitable, son don unique pour jouer avec les accessoires (son chapeau surtout) se dévoilent pleinement.

Charlot rentre tard (One a.m.) – de Charles Chaplin – 1916

Posté : 21 janvier, 2016 @ 2:17 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

 Charlot rentre tard

Titre alternatif (VF) : Le Noctambule

Titre alternatif (VO) : Solo

Pourquoi Chaplin est-il le meilleur ? Pourquoi ses courts métrages restent-ils comme l’incarnation la plus parfaite du burlesque américain ? La réponse se trouve peut-être dans ce film unique dans sa filmographie, un (quasi) « seul à l’image » absolument génial qui démontre à lui seul toute la force comique de Chaplin, sa capacité à tirer le meilleur des objets les plus anodins.

Aux antipodes de son précédent film, Chaplin n’incarne pas un vagabond, mais un dandy qui rentre chez lui totalement bourré. Mis à part le chauffeur qui le ramène, rôle court et anecdotique (joué par Albert Austin) qui disparaît après trois petites minutes, Chaplin est totalement seul à l’écran. Pourtant, il semble entouré d’une multitude d’adversaires hostiles : les objets de la maison qui paraissent s’être ligués pour s’opposer au moindre de ses mouvements.

Il veut attraper l’alcool posé sur la table ronde ? Elle le fuit dès qu’il s’approche, le manteau de Charlot s’étant accroché dans le plateau tournant de la table. Il veut monter l’escalier ? Ce dernier le ramène constamment au rez-de-chaussée, plutôt violemment. Glissant sur un tapis, se battant contre des peaux de bêtes, abandonnant face à un porte-manteau… Chaplin se lance dans une sorte de valse hilarante avec les objets qui l’entourent, dans une variation totalement folle et brillante de l’homme ivre, dont il s’était fait une spécialité avant même ses débuts à l’écran, lorsqu’il faisait partie de la troupe de Karno.

Les objets ont souvent une grande importance dans le cinéma de Chaplin et dans sa manière de construire l’humour. Mais rarement cette logique aura été poussée à un tel degré de perfection. One a.m. est un bijou.

Charlot musicien (The Vagabond) – de Charles Chaplin – 1916

Posté : 19 janvier, 2016 @ 4:43 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot musicien

Titres alternatifs (VF) : Charlot violoniste ; Le Vagabond ; Concurrence

Titre alternatif (VO) : Gypsy Life

Les débuts de Chaplin à la Mutual ont été marqués par deux comédies « confortables » pour lui, dans lesquelles il reprenait des recettes qu’il maîtrisait parfaitement (Charlot chef de rayon et Charlot pompier). Avec The Vagabond, dont la simplicité du titre confirme l’ambition, c’est un nouveau visage qu’il dévoile : celui du Chaplin des grands chefs d’œuvre, où le rire cède le pas à l’émotion.

Le personnage lui-même du vagabond dévoile peu à peu un visage plus grave, plus profond. Après une séquence d’ouverture qui semble annoncer une comédie pleine de gags et de courses poursuites, Charlot quitte cet événement urbain qui lui est si familier pour s’aventurer en pleine campagne, où il vient au secours d’une pauvre orpheline transformée en esclave par une bande de gitans. C’est Edna Purviance forcément, particulièrement belle en sauvageonne dont notre vagabond va tomber raide dingue.

Les coups bas et la mesquinerie des premiers films semblent bien loin. C’est un Charlot héroïque qui apparaît ici, prêt à affronter les plus grands dangers pour une belle en détresse. Prêt aussi à sacrifier son bonheur pour celui d’Edna, qu’il regarde partir vers une plus belle vie avec un sourire dénué de la moindre arrière-pensée.

Avec aussi cette superbe fierté qui le pousse à refuser toute récompense qui pourrait altérer la pureté de sa bonté. Il y a dans le regard de cet être inadapté à la société quelque chose de bouleversant, lorsqu’il voit son amour s’éloigner. L’un de ces regards inoubliables qui peuplent le cinéma de Chaplin. The Vagabond porte en germes les grands moments du Kid ou du Cirque. Charlot atteint une dimension supplémentaire avec ce film…

Charlot pompier (The Fireman) – de Charles Chaplin – 1916

Posté : 13 janvier, 2016 @ 9:00 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot pompier

Titre alternatif (VF) : Le Pompier

Titres alternatifs (VO) : A Gallant Fireman ; The Fiery Circle

Pour son deuxième film à la Mutual, Chaplin reste dans le slapstick pur, avec une comédie au rythme trépidant, l’un de ces films entièrement basés sur le métier de Charlot. Pompier, donc.

Son personnage passe de l’hyperaction à l’indifférence, de la mesquinerie à l’héroïsme, sans logique apparente. Normal : là encore, seul le gag et son effet intéressent un Chaplin entièrement tourné vers le mouvement. Le réalisateur s’offre d’ailleurs un beau plan assez impressionnant dans une voiture à cheval lancée à toute vitesse. Quant à l’acteur, il a droit à une cascade digne du Harold Lloyd de Safety Last : l’escalade sans trucage d’une façade d’immeuble haute de trois étages.

Pour le reste, on est clairement en terrain connu, avec Edna Purviance en belle à secourir et Eric Campbell en brute, avec les coups de pied aux fesses et les personnages maculés de nourriture. Mais la comédie fonctionne parfaitement, avec quelques belles trouvailles, comme ces chevaux attelés en marche arrière grâce à la pellicule projetée à l’envers.

The Fireman s’inscrit clairement dans la lignée de ses premières comédies, mais la maîtrise de Chaplin a fait un bond de géant depuis l’époque de la Keystone, à peine deux ans plus tôt.

Charlot chef de rayon (The Floorwalker) – de Charles Chaplin – 1916

Posté : 13 janvier, 2016 @ 8:00 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot chef de rayon

Titre alternatif (VF) : Le Chef de rayon

Titre alternatif (VO) : Shop !

Chaplin fait ses premiers pas à la Mutual avec ce court métrage plutôt classique sur le fond : un décor fort dont il tire tous les ressors comiques imaginables. En l’occurrence un grand magasin. Une formule qui lui a souvent réussi, et qui lui permet de prendre ses marques dans ce nouveau studio où sa liberté créatrice sera plus grande encore qu’à la Essanay ou, plus tôt, à la Keystone.

Un film assez classique, donc, et dénué de la fibre sociale et de l’émotion dont il a déjà commencé à teinter son cinéma : on est ici dans la comédie la plus pure, avec courses poursuites, coups de pied dans les fesses, catastrophes qui s’enchaînent… Du slapstick, du vrai. Mais tout ça est mené à un rythme qui ne mollit pas une seule seconde. Les gags s’enchaînent, et Chaplin lui-même semble lancé dans un mouvement ébouriffant, jouant notamment avec l’omniprésent escalator, qui donne quelques scènes irrésistibles.

L’intrigue est anecdotique : les deux patrons du magasin ont décidé de se faire la malle avec l’argent de la caisse. Mais l’idée originale est d’avoir fait de l’un de ces escrocs le quasi-sosie de Charlot. Leur rencontre est particulièrement drôle, géniale variation sur le fameux thème du faux miroir, dont Max Linder, son maître revendiqué, fera l’une des meilleures adaptations dans 7 ans de malheur.

Ce film permet aussi à Chaplin de découvrir l’un de ses méchants préférés : Eric Campbell, qui sera de presque tous ses courts métrages à la Mutual. Jusqu’à sa mort prématurée en 1917.

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