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Archive pour la catégorie 'TÉLÉVISION'

Peaky Blinders (id.) – saison 1 – créée par Steven Knight – 2013

Posté : 26 mai, 2015 @ 4:51 dans * Films de gangsters, * Polars européens, 2010-2019, BATHURST Otto, HARPER Tom, KNIGHT Steven, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Peaky Blinders saison 1

D’abord, il y a la beauté envoûtante des premières images, plongée dans les bas-fonds du Birmingham de 1919 qui se résume à quelques décors à la présence quasi-fantastique. Et puis il y a les premières notes du mythique « Red Right Hand » de Nick Cave, qui tiendra lieu de générique et qui plante l’atmosphère unique de cette série absolument géniale.

Peaky Blinders a été rapidement présenté comme une version british et télévisée du Gangs of New York de Scorsese. Mais la comparaison est un peu rapide, basée sur l’ampleur de la reconstitution historique, et sur le poids de la violence sur la construction d’une société. Mais Peaky Blinders est avant tout une sorte de tragédie familiale, finalement plus près du Parrain de Coppola, avec un héros revenu transformé de la guerre : cette bataille de la Somme dont on ne verra rien d’autre que de fugitives réminiscences, mais qui hante l’ensemble de cette première saison.

Il y a dans Peaky Blinders une immense ambition esthétique : pour le créateur Steven Knight et ses réalisateurs, chaque plan est construit comme un tableau aux couleurs chaudes. D’où quelques (rares) excès, en particulier dans les premiers épisodes : une propension aux ralentis pas toujours nécessaires. Mais la beauté des images reste constamment au service de l’atmosphère, soulignant le sentiment d’assister à une tragédie en marche, inéluctable.

Peaky Blinders est un show plein de fureurs et de violence. C’est aussi une série qui sait prendre son temps, et ose les longues pauses, pour mieux faire exister des personnages fascinants qui, tous, portent leur part d’ombre comme une croix. C’est évidemment le cas de Tommy Shelby, le « chef de gang » dangereux et touchant à la fois, incarné avec une puissance rare par Cillian Murphy. C’est aussi le cas de son double négatif, le superflic Campbell aux méthodes pas si éloignées de ceux qu’il traque (Sam Neill, magnifique revenant). Mais aussi de la belle Grace Burgess, superbe trait d’union entre les deux antagonistes.

Six épisodes seulement pour cette première saison, mais d’une intensité renversante, sans la moindre baisse de régime. Jamais complaisante dans sa manière d’aborder la violence, ne cédant jamais à une quelconque facilité scénaristique, Peaky Blinders est une merveille absolue, un chef d’oeuvre dont on attend avec une impatience rare la deuxième saison…

* Double blue ray indispensable édité chez Arte, qui rend parfaitement hommage à la beauté visuelle de la série (avec en bonus un beau making of de 15 minutes).

X-Files, aux frontières du réel (The X-Files) – saison 1 – créée par Chris Carter – 1993/1994

Posté : 25 mai, 2015 @ 5:02 dans 1990-1999, BOWMAN Rob, CARTER Chris, FANTASTIQUE/SF, FREEDMAN Jerrold, GERBER Fred, GOODWIN R.W., GRAHAM William, KATLEMAN Michael, LANGE Michael, LONGSTREET Harry, MANDEL Robert, NAPOLITANO Joe, NUTTER David, SACKHEIM Daniel, SHAW Larry, TÉLÉVISION, X-Files | Pas de commentaires »

X Files saison 1

Elle a bien pris un petit coup de vieux, cette première saison. Mais quand, adolescent, on est resté rivé chaque semaine devant M6 pour découvrir l’univers fascinant et révolutionnaire d’Aux frontières du réel (quelqu’un se souvient que X-Files avait un titre français ?), on ne peut que garder un rapport affectif indéfectible avec ce show qui a dirigé les séries télé vers leur âge d’or.

Il y a bien eu quelques précurseurs avant X-Files, notamment le Twin Peaks de David Lynch (David Duchovny y tenait déjà un petit rôle). Mais c’est bien Chris Carter qui a définitivement prouvé qu’une série au long cours pouvait avoir, esthétiquement, autant d’ambition qu’un film de cinéma. Dès sa première saison, X-Files ringardisait pour de bon la plupart des séries des années 80 (il y a des exceptions, oui), et donnait des idées aux créateurs et aux diffuseurs.

Depuis, de Urgences à Games of Throne, des Soprano à House of Cards (pour ne parler que des productions américaines), la série télé a atteint un âge d’or, confirmant bel et bien que le petit écran pouvait être aussi ambitieux que le grand. Au point même de renverser le rapport de force entre les deux, et de renvoyer ces débuts de X-Files au rang de patriarche surpassé par sa descendance.

C’est surtout visuellement que cette saison 1 a vieilli. On a tellement vu mieux depuis qu’on est frappé, dans les premiers épisodes surtout, par la froideur des images et le rythme parfois un peu lent. Par les dialogues impossibles de Scully aussi, qui faisaient déjà sourire à l’époque, mais n’enlevaient rien à la parfaite alchimie entre les deux personnages principaux.

Et de ce côté-là, la série tient remarquablement la distance. Dès leur première rencontre, Mulder le « croyant » cool et franc-tireur, et Scully la sceptique cartésienne et rigoriste, sont parfaitement identifiés, et s’imposent comme l’un des meilleurs duos jamais vus dans une série télé.

Chris Carter, créateur inspiré, n’a pourtant pas inventé grand-chose : X-Files se base en grande partie sur des éléments déjà existant. Fox Mulder, enquêteur du paranormal, est ouvertement inspiré d’une série oubliée, Kolchak – Dossiers brûlants (dont l’acteur principal, Darren McGavin, fera une apparition clin d’œil dans la saison 5 de X-Files). Dana Scully (et le FBI) a beaucoup de points communs, jusque dans l’apparence physique, avec la Clarice Starling du Silence des Agneaux. Gorge Profonde et la paranoïa ambiante semblent quant à eux tout droit sortis du JFK d’Oliver Stone…

Mais tous ces éléments font naître une atmosphère unique et formidablement addictive. Et ce dès cette première saison qui ne fait pourtant que poser des bases qui seront creusées et enrichies dans les saisons suivantes : la disparition de la sœur de Mulder, l’existence d’un gouvernement de l’ombre, et ce « complot » qui n’est que vaguement évoqué. Le mythique « Homme à la cigarette » ne fait ainsi que de brèves apparitions, mais sa seule présence (même muette comme dans le premier épisode) sous-entend déjà tout ce qui fera la richesse de la série.

La présence extraterrestre est au cœur de quelques épisodes particulièrement réussis. Mais pour l’essentiel, cette première saison est constituée de « loners » qui explorent, comme ce sera le cas dans les huit autres saisons, les nombreux thèmes du fantastique : le loup-garou (Métamorphoses, épisode 19), l’immortalité (Vengeance d’outre-tombe, épisode 16), la télékinésie (L’Incendiaire, épisode 12) ou la possession (Roland, épisode 23).

Et puis il y a les freaks, eux aussi incontournables de la série, et qui donnent quelques-uns des meilleures épisodes : le troublant Tooms de Compressions (épisode 3), tellement convaincant qu’il reviendra pour un second épisode à la fin de la saison (Le Retour de Tooms, épisode 21) ; ou encore Le Diable du New Jersey, dans un épisode à l’atmosphère particulièrement envoûtante (épisode 5).

C’est ce sens de l’atmosphère qui fait de cette saison, déjà, un modèle du genre. Les quelques rares épisodes vraiment faiblards (Un fantôme dans l’ordinateur, épisode 7 ; Espace, épisode 9) sont justement ceux qui échouent dans ce domaine. Au contraire des deux chefs d’œuvre de cette première saison : Projet Arctique (épisode 8), bel hommage à The Thing de Carpenter, et Quand vient la nuit (épisode 20), fascinante et inquiétante virée dans les grandes forêts, omniprésentes dans la série.

* Voir aussi la saison 2, la saison 3, la saison 4, la saison 5, le premier film, la saison 6, la saison 7, la saison 8, la saison 9, le second film, la saison 10.

Southcliffe (id.) – mini-série réalisée par Sean Durkin – 2013

Posté : 26 février, 2015 @ 6:01 dans * Polars européens, 2010-2019, DURKIN Sean, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Southcliffe

Une petite ville anglaise, sans histoire. Le genre de petite ville où tout le monde se connaît plus ou moins depuis l’enfance. Où les fins de journée et les week-ends se passent dans les pubs, à enchaîner les bières et chanter avec les potes. Tout ce qu’il y a d’harmonieux, a priori, jusqu’au jour où un habitant, un peu marginal mais sans réel problème, se mette à tirer sur tous ceux qu’il croise, tuant au final 15 personnes. Le genre d’événements qui crée des abysses de souffrances et d’interrogations, mais qui révèle aussi les fissures qui étaient déjà bien là…

C’est ce que raconte cette formidable mini-série british en quatre épisodes d’une intensité rarement atteinte jusqu’à présent. Le sujet lui-même n’a rien de nouveau : la violence et le drame qui révèlent les secrets cachés ou la face obscure d’une communauté, on a déjà vu ça cent fois. Mais pas comme ça, pas avec cette force narrative (et cette intelligence), à mettre autant au crédit du réalisateur Sean Durkin que du scénariste Tony Grisoni.

Ce qui frappe tout au long de ces plus de trois heures de films (trois bons quarts d’heure par épisode), c’est la manière dont le passé, le présent et l’avenir sont entremêlés. Pas uniquement dans le montage qui, surtout dans les deux premiers épisodes, propose d’incessants allers-retours temporels. Mais aussi dans la manière qu’ont les personnages de faire face à la tragédie et à la douleur, comme si la frontière du temps n’existait plus.

Les deux premiers épisodes sont aussi audacieux que brillants dans leur structure, sorte de spirale nous entraînant inexorablement au coeur de l’horreur. Le film ne joue ni la carte du mystère, ni celle du suspense pure : on sait d’emblée ce qui va se passer. Mais Durkin et Grisoni réussissent admirablement à créer ce sentiment de l’inexorable, de l’imminence de la violence et de ses conséquences à venir.

Les deux derniers épisodes sont plus linéaires, parsemés toutefois de brèves images du passé, ou de simples réminiscences. Mais le poids du passé y est constamment présent. Pas seulement de la tuerie, mais aussi de tout ce qui, peut-être, y a conduit. Et c’est toute une histoire commune qui est revisitée avec douleur.

Il y a quelque chose de viscéral dans Southcliffe. Quelque chose que l’on doit aussi à l’extraordinaire qualité de l’interprétation. Les acteurs semblent tous littéralement habités par des rôles formidablement écrits et d’une complexité rare. Comment faire resentir la douleur la plus insoutenable en chantant avec des potes ? Comment émouvoir en insultant une population qui pleure ses morts ? Comment faire resentir une culpabilité qui ne peut pas s’exprimer ?

Si Southcliffe est un chef d’oeuvre, c’est aussi grâce à la manière dont les acteurs incarnent totalement ces personnages, détruits et hantés à jamais. L’une des plus belles réussites télévisuelles de ces dernières années.

• Les quatre épisodes de cette mini-série sont regroupés sur un DVD qui vient de sortir aux Editions Montparnasse. Sans bonus.

Le Duel des héros (Draw !) – de Steven Hilliard Stern – 1976/1984

Posté : 6 février, 2015 @ 6:16 dans 1970-1979, 1980-1989, DOUGLAS Kirk, STERN Steven Hilliard, TÉLÉVISION, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Duel des héros

Il y a une petite incertitude, quant à l’origine de ce film. Il semble que ce western ait été tourné en 1976 pour la télévision, mais qu’il ait eu droit à une petite carrière sur grand écran huit ans plus tard. Information à prendre toutefois avec beaucoup de précaution…

Ce qui semble plus sûr, par contre, c’est que le sujet ait été apporté par Kirk Douglas, et que l’acteur, clairement pas dans la période la plus glorieuse de son immense carrière, ait longtemps cherché à l’interpréter au côté de son vieux complice Burt Lancaster. Finalement, c’est à James Coburn qu’il donne la réplique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le pauvre sent à plein nez le « choix bis », dans un rôle écrit pour un acteur de l’âge de Douglas (Coburn a 12 ans de moins, et la différence d’âge est flagrante).

Mais le principal problème du film, c’est l’incapacité du réalisateur à opter pour un ton précis : son western est-il noir et réaliste, ou flirte-t-il avec la parodie ? A force de ne pas choisir, Stern n’est jamais réellement convaincant.

L’histoire, pourtant, était assez originale et pleine de promesses : un vieux pistolero rangé des affaires se réfugie dans l’hôtel d’une petite ville après avoir tué un shérif en légitime défense. Alors que la population veut le lyncher, un ancien homme de loi débarque : un homme qui l’a longtemps poursuivi, avant de déposer les armes et de devenir alcoolique…

Le Duel des héros n’est pas un ratage absolu : on est toujours heureux de revoir ce vieux Kirk, toujours très en forme malgré ses 60 ans bien tapés. Mais Coburn, aussi sympathique soit-il, n’est clairement pas du même niveau. Et le film manque cruellement d’une quelconque unité. Comme si Stern était aussi tenté par Une corde pour te pendre (le premier western de Douglas) et Cactus Jack (une parodie du genre, tournée à la même époque).

• Sidonis fait les fonds de tiroir, cette fois, pour son incontournable collection « Westerns de Légende ». En bonus : une simple présentation par Patrick Brion.

Hatfields and McCoys (id.) – mini-série créée par Ted Mann et réalisée par Kevin Reynolds – 2012

Posté : 4 décembre, 2013 @ 8:45 dans 2010-2019, COSTNER Kevin, MANN Ted, REYNOLDS Kevin, TÉLÉVISION, WESTERNS | 1 commentaire »

Hatfields and McCoys

Le western sied décidément bien à Kevin Costner, qui revient régulièrement à son genre fétiche depuis Silverado, qui l’a révélé en 1985. Il y a connu son plus grand triomphe (Danse Avec Les Loups, un classique), mais aussi sa première déconvenue de star (Wyatt Earp, un grand film malade à redécouvrir). C’est aussi avec le western qu’il a fait un retour remarqué il y a dix ans après une série d’échecs qui avaient égratigné son image (Open Range, un grand western classique).

Depuis : de bons films passés inaperçus, d’autres moins réussis, et même plusieurs direct-to-dvd… avant le retour en grâce du début des années 2010. Un second rôle remarqué dans Company Men, un autre plus inattendu dans Man of Steel… et un triomphe personnel à la télévision avec ce Hatfields and McCoys (pour son premier rôle sur le petit écran depuis La Mascotte, épisode d’Histoires fantastiques réalisé par Spielberg en 1985).

Cette mini-série de trois épisodes (environ 90 minutes chacun) s’inspire d’une histoire authentique très connue aux Etats-Unis, beaucoup moins chez nous. Au lendemain de la Guerre de Sécession, où ils combattirent côte à côte, deux hommes se brouillent et entraînent peu à peu leurs familles et leurs proches dans un affrontement sanglant qui se prolongera durant de longues années, entraînant de nombreux morts et conduisant deux Etats au bord d’une nouvelle guerre civile.

Hatfields and McCoys marque aussi les retrouvailles de Kevin Costner avec Kevin Reynolds, son réalisateur de Fandango, Robin des Bois et Waterworld. Et c’est un petit miracle qui se produit. Cinéaste au mieux maniéreux, au pire poussif, Reynolds dévoile une dimension de son talent qu’on ne lui connaissait pas, filmant d’une manière crue et brutale, tout en utilisant parfaitement les décors naturels, qui renforcent l’absurdité de cette guerre et de ces destins gâchés.

Formidable, cette mini-série est une réussite totale, qui rend palpable la violence extrême de l’époque, le poids de la culpabilité chez ses deux chefs de famille dont l’inflexibilité aura des répercussions terrifiantes, et l’absurdité de cet affrontement, dans une Amérique encore en train de se construire. Ce qui débouche sur des situations incroyables, chaque clan étant finalement déclaré hors-la-loi dans l’Etat de l’autre…

Humainement aussi, le film est déchirant, s’attachant longuement aux nombreux enfants des deux clans, qui grandissent dans la haine de l’autre sans même savoir pourquoi. Avec même la naissance d’une romance entre un fils Hatfield et une fille McCoy, promise à une fin tragique dont on ne nous privera pas…

Les acteurs sont exceptionnels, tous. Dans le rôle de Randall McCoy, Bill Paxton livre une prestation hallucinante, a priori plus sympathique que son ennemi, mais tellement protégé par ses préceptes religieux et sa foi en le Jugement divin qu’il en devient inhumain, conduisant sa famille à la perte…

Anse « Devil » Hatfield est un personnage tout aussi complexe, son double inversé : un père et un mari très humains, mais aussi un tueur et un meneur intraitable, prêt à commettre l’irréparable avec son propre fils… Dans le rôle, Kevin Costner est sidérant, révélant une puissance inédite.

Passionnant et terrifiant, Hatfields and McCoys est tout simplement le meilleur western de ces dernières années.

• A découvrir en coffret double-DVD chez Sony.

House of Cards, saison 1 (id.) – série créée par Beau Willimon, réalisée par David Fincher, James Foley, Joel Schumacher, Charles McDougall, Carl Franklin et Allen Coulter – 2013

Posté : 7 novembre, 2013 @ 10:51 dans 2010-2019, COULTER Allen, FINCHER David, FOLEY James, FRANKLIN Carl, McDOUGALL Charles, SCHUMACHER Joel, TÉLÉVISION, WILLIMON Beau | Pas de commentaires »

House of Cards, saison 1 (id.) – série créée par Beau Willimon, réalisée par David Fincher, James Foley, Joel Schumacher, Charles McDougall, Carl Franklin et Allen Coulter – 2013 dans 2010-2019 house-of-cards-1

David Fincher fait ses débuts sur petit écran avec cette adaptation d’une série anglaise, qu’il produit. Bien plus que la plupart des autres grands cinéastes s’étant essayé à la série TV (Michael Mann, Steven Spielberg, Martin Scorsese…) ; Fincher pose son empreinte sur ce chef d’œuvre télévisuel, grand moment hyper-addictif dont il pose les base visuelles en en réalisant les deux premiers épisodes.

On sent immédiatement la patte du réalisateur de Social Network, avec cette image glacée et élégante, et ces textos qui s’affichent sur l’écran avec une fluidité étonnante. Son obsession pour la mécanique du Mal, aussi, avec ce portrait d’un congressman frustré de ne pas avoir obtenu le poste qu’on lui avait promis, et qui va mettre tout son talent en œuvre pour entraîner la chute de ceux qui l’ont trahi, et pour atteindre lui-même le sommet. Quel qu’en soit le prix.

Kevin Spacey, le tueur en série de Seven, retrouve Fincher pour ce rôle hallucinant, auquel il apporte un cynisme (qu’il partage régulièrement pour des apartés face caméra) et une profondeur hors du commun. Frank Underwood est un héros hyper-charismatique.

C’est surtout un monstre total, qui connaît tous les secrets de Washington et sait s’en servir, comme il se sert de tous ceux qui l’entourent, quelles qu’en soient les conséquences. Des conséquences souvent désastreuses pour des dizaines, voire des centaines de personnes, victimes des manigances des politiciens, mais dont on ne verra rien ou presque : jamais on ne sort des alcôves de Washington.

Underwood est un salaud manipulateur, et un type tellement brillant qu’il en devient glaçant. Mais la force de la série est de ne pas en faire un être monolithique. A ses côtés, sa femme (Robin Wright, exceptionnelle également), avec qui il a une relation étonnante, à la fois complice, partenaire et confidante. Ces deux-là n’ont à peu près aucune limite et sont d’autant plus inquiétants qu’ils se complètent. Mais au contact l’un de l’autre, ils gagnent aussi une humanité inattendue.

Tout est-il si pourri dans cet univers ? Il y a bien quelques lueurs d’espoirs, mais qui se heurtent à la maladie la plus répandue dans ce monde : l’ambition et la soif de pouvoir. Il y a cette jeune journaliste prête à tout pour décrocher les scoops qui la feront sortir de l’anonymat, et ce congressman tiraillé par ses démons qui se voit comme un type bien mais n’en a pas la force…

En treize épisodes d’une cohérence parfaite (même les deux réalisés par Joel Schumacher qui, containts par les bases posées par Fincher, signe ses meilleures réalisations !), House of Cards s’impose comme l’une des meilleures séries de ces dernières années. Un château de cartes édifié sur le sang et sur les larmes, qui ne demande qu’à être balayé… L’attente de la saison 2 risque d’être longue !

• Quatre DVD pour cette géniale première saison, à découvrir dans un coffret édité chez Sony.

Alfred Hitchcock présente : C’est lui (Alfred Hitchcock presents : Revenge) – d’Alfred Hitchcock – 1955

Posté : 23 mai, 2012 @ 11:39 dans 1950-1959, HITCHCOCK Alfred, MILES Vera, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Alfred Hitchcock présente : C’est lui (Alfred Hitchcock presents : Revenge) – d’Alfred Hitchcock – 1955 dans 1950-1959 alfred-hitchcock-presente-cest-lui

Hitchcock est le réalisateur le plus célèbre du monde lorsqu’il accepte une proposition qui va constituer une sorte de séisme dans le monde du cinéma. Alors qu’il tourne L’Homme qui en savait trop, Hitchcock devient le premier cinéaste important à signer un contrat au long cours avec une chaîne de télévision : CBS, qui lui proposait de produire une série anthologique nommée Alfred Hitchcock présente, qui réunirait des courts métrages de suspense, et dont le réalisateur serait l’hôte, introduisant chacun des épisodes hebdomadaires. Cette série lui a valu une fortune immense, et a renforcé sa popularité déjà extrême.

Hitchcock a également assuré la réalisation de quelques-uns des 266 films de cette série, et des autres séries dérivées qui vont suivre. Ce Revenge est le tout premier épisode. Tourné en trois jours, diffusé le 2 octobre (quelques jours avant la sortie en salles de La Main au collet), ce court métrage d’une petite demi-heure pose les bases de ce que sera cette formidable série. Le scénario, basé sur une histoire classique de vengeance, se termine par une révélation finale qui laisse un goût amer et fait froid dans le dos. La vie d’un couple fraîchement marié installé dans une caravane est bouleversée lorsque la jeune épouse est agressée par un mystérieux représentant de commerce, et plonge dans une sorte de catatonie. Le mari est bien décidé à retrouver l’agresseur et à le tuer. Déambulant dans les rues de la ville, la femme sort soudain de son silence et pointe le doigt vers un homme en disant « c’est lui »

Charmant portrait d’un couple qui se découvre encore jour après jour, ce petit film très inspiré est une vraie réussite. Hitchcock y dirige Ralph Meeker (tête d’affiche cette même année de En quatrième vitesse, le chef d’œuvre de Robert Aldrich), et surtout Vera Miles, qu’il venait de prendre sous contrat et dont il pensait faire la nouvelle Grace Kelly…

Alfred Hitchcock présente : Jour de pluie (Alfred Hitchcock presents : Wet Saturday) – d’Alfred Hitchcock – 1956

Posté : 23 mai, 2012 @ 11:33 dans 1950-1959, HITCHCOCK Alfred, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Alfred Hitchcock présente : Jour de pluie (Alfred Hitchcock presents : Wet Saturday) – d’Alfred Hitchcock – 1956 dans 1950-1959 alfred-hitchcock-presente-jour-de-pluie

Cinquième réalisation d’Hitchcock pour “sa” série (dont il constitue le quarantième épisode), ce court métrage est un étonnant huis clos qui reprend un thème que le cinéaste a souvent abordé : la demeure d’un notable qui cache de noirs secrets. Mais cette fois, c’est un ton légèrement parodique que le cinéaste adopte.

Le film a quelque chose de théâtral : l’essentiel de l’action se résume à un dialogue entre les personnages dans une unique pièce. Et on n’en sort que rarement, pour aller dans une grange qui ne s’ouvre pas non plus sur l’extérieur.

Sir Cedric Hardwicke, qui avait joué les victimes pour Hitchcock dans La Corde et L’Inconnu du Nord Express, interprète ici un chef de famille d’une dignité à toute épreuve, dignité qu’il est bien décidé à conserver intacte, en dépit de la débilité apparente de son fils, et de la folie pas si douce de sa fille, qui vient de tuer l’homme qu’elle pensait pouvoir aimer. Et pour la conserver, il est prêt à faire porter le chapeau à un autre acteur hitchcockien, l’excellent John Williams (Le Crime était presque parfait, La Main au collet). Sans sourciller.

Le sel du film repose d’ailleurs essentiellement sur Hardwicke, qui n’en finit pas de soliloquer avec un flegme très british, échafaudant les plans les plus retors et condamnant son prochain avec une froideur réjouissante. Une drôle de curiosité.

Alfred Hitchcock Hour : J’ai tout vu (The Alfred Hitchcock Hour : I saw the whole thing) – d’Alfred Hitchcock – 1962

Posté : 20 janvier, 2012 @ 12:11 dans 1960-1969, HITCHCOCK Alfred, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Alfred Hitchcock Hour j'ai tout vu

Dernière réalisation d’Hitchcock pour la télévision (la seule pour Alfred Hitchcock Hour, série de téléfilms d’une heure), I saw the whole thing a été tourné alors que le cinéaste préparait activement Les Oiseaux. On sent bien que son futur long métrage occupe l’esprit d’Hitchcock, qui filme ce moyen métrage avec une application sage, mais sans ses habituels éclairs de génie.

Le résultat n’en est pas moins une vraie réussite, basée sur un scénario malin, et sur une révélation finale inattendu. Le film commence au coin d’une rue, par un accident de la route dont on ne voit rien, mais dont on découvre l’un après l’autre les témoins. Ces mêmes témoins qui viendront, lors du procès, témoigner à la barre contre le chauffeur qui a causé l’accident, et qui assure lui-même sa défense.

Ce chauffeur, qui ne dit pas tout ce qu’il sait vraiment, est interprété par John Forsythe, futur patriarche de la série Dynastie, qui est surtout un acteur hitchcockien, qui avait trouvé le rôle le plus marquant de sa carrière dans Mais qui a tué Harry ? (1955), et qui sera également à l’affiche de L’Etau (1969).

Alfred Hitchcock présente : Arthur (Alfred Hitchcock presents : Arthur) – d’Alfred Hitchcock – 1959

Posté : 20 janvier, 2012 @ 12:08 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, HITCHCOCK Alfred, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Alfred Hitchcock présente Arthur

Après le tournage de La Mort aux trousses (et alors qu’il préparait Psychose), Hitchcock fait une petite pause en tournant cet épisode original dans la forme, mais totalement dans l’esprit de la série. Arthur est le propriétaire d’une batterie de volailles qui tue sa femme et la fait disparaître. Bientôt soupçonné par la police, il fait preuve d’un sang froid étonnamment.

C’est Laurence Harvey qui interprète cet homme glacial et solitaire, que l’on voit d’abord s’adresser longuement au spectateur face caméra, évoquant avec un étrange sourire le crime qu’il a commis et pour lequel il n’éprouve pas l’ombre d’un remord.

Cette longue introduction face caméra fait toute l’originalité de ce court film, mais c’est aussi sa limite : le procédé, qui suit l’habituelle introduction d’Hitchcock lui-même (et qui n’est pas la plus inspirée de la série, loin s’en faut), fait sourire dans un premier temps, mais s’étire trop longuement.

La partie plus conventionnelle qui suit est plus passionnante. Elle est essentiellement basée sur des face-à-face très tendus : entre Arthur et sa femme (Hazel Court) d’abord, séquences dont on connaît d’avance l’issue fatale ; puis entre Arthur et son ami policier (joué par le jeune Patrick McNee, futur interprète de John Steed dans Chapeau melon et botte de cuir), troublant jeu du chat et de la souris.

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