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Archive pour la catégorie 'TÉLÉVISION'

Réponse de femmes : notre corps, notre sexe – d’Agnès Varda – 1975

Posté : 24 février, 2026 @ 8:00 dans 1970-1979, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, TÉLÉVISION, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

Réponse de femmes : notre corps, notre sexe – d’Agnès Varda – 1975 dans 1970-1979 55075421797_1cc7fcf9fd_z

Un an avant L’une chante, l’autre pas, Varda signe déjà un petit film joyeusement et farouchement féministe, dans le cadre d’un programme proposé par une chaîne de télévision autour d’une question : Qu’est-ce qu’une femme ?

Devant la caméra d’Agnès Varda, ce sont plusieurs femmes qui répondent face caméra (mais aussi sa boulangère, dans une petite séquence visiblement coupée de Daguerréotypes). Jeunes et moins jeunes, elles disent par petites phrases ce que doit être la place des femmes dans cette société tellement machistes. Le dispositif est minimaliste, mais c’est comme si les petites touches délicates d’un pinceau finissait par former un ensemble cohérent et fort.

Ce « ciné-tract » est un cri du cœur qui se fait avec le sourire et avec une grande liberté. « A suivre », comme l’écrit Varda à la fin de ce petit film, consciente que le combat se poursuit. C’était il y a cinquante ans. Il se poursuit.

Les dites Cariatides – d’Agnès Varda – 1984

Posté : 20 février, 2026 @ 8:00 dans 1980-1989, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, TÉLÉVISION, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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« Le nu, dans la rue, est plus souvent en bronze qu’en peau humaine, plus souvent en pierre qu’en chair… » C’est la voix d’Agnès Varda qui ouvre ainsi ce petit film, alors qu’un jeune homme totalement nu sort d’un immeuble parisien.

Incongru, voire scandaleux, et c’est pourtant dans des rues pleines de nus que nous emmène la caméra d’Agnès. Et même, des femmes nues dans des poses souvent lascives. Et c’est une déclaration d’amour à sa manière que signe la cinéaste, aux « cariatides » donc, ce qui nous permet au passage d’apprendre qu’une cariatide est une statue, le plus souvent de femme, qui sert de colonne dans l’architecture urbaine.

Varda filme essentiellement ces statues/colonnes au plus près, mais en captant quelques scènes de rues qu’elle met en parallèle : une statue d’homme tout en muscle surplombe des porteurs de caisses, deux gardiennes de pierre entourant une gardienne d’immeuble à sa fenêtre.

Tout en filmant ses trésors sculptés, que personne ne regarde jamais vraiment au fond, Varda digresse, évoque Athènes et Baudelaire, errance poétique et curieuse, la tête levée.

Zero Day (id.) – mini-série créée par Eric Newman, Noah Oppenheim et Michael Schmidt, et réalisée par Lesli Linka Glatter – 2025

Posté : 22 janvier, 2026 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2020-2029, DE NIRO Robert, GLATTER Lesli Linka, NEWMAN Eric, OPPENHEIM Noah, SCHMIDT Michael, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Zero Day (id.) - mini-série créée par Eric Newman, Noah Oppenheim et Michael Schmidt, et réalisée par Lesli Linka Glatter – 2025 dans * Thrillers US (1980-…) 55042735763_c4dec4ceef_z

Une cyberattaque contre les Etats-Unis fait des milliers de morts, fragilise le pays, et incite la Présidente (le tournage a eu lieu à une époque où on croyait encore en la victoire à venir de Kamala Harris) à donner les pleins pouvoirs à une commission d’enquête…

Voilà de quoi alimenter un très long métrage ou quelques épisodes d’une série, a priori. Mais non : ce n’est que le début du premier épisode de cette mini-série Netflix, première incartade dans l’univers sériel d’un Robert De Niro qui renoue enfin avec des choix de carrière ambitieux.

La suite, c’est l’enquête elle-même, mais du point de vue du président de cette commission. De Niro donc, ses 80 ans élégants, son rythme. Pas vraiment un action movie, donc, et très loin du rythme trépidant d’un 24 h chrono, Zero Day assume ce parti pris d’un rythme d’antichambre, où le suspense repose la plupart du temps sur des déclarations, des échanges téléphoniques, des écrans d’ordinateur.

On imagine bien ce que Kathryn Bigelow en aurait fait. Mais l’efficacité ne fait pas vraiment partie du cahier des charges de cette mini-série qui s’attache bien plus à interroger sur les piliers de la démocratie américaine et, l’opportunité de les faire reposer sur un homme providentiel.

C’est ambitieux, c’est à moitié réussi seulement. Côté positif : c’est mené sans temps mort, avec un mystère prenant et un De Niro qui incarne parfaitement ce mélange de doutes et de certitude sur lequel repose toute l’entreprise. Côté négatif : des rebondissements finaux qui paraissent bien simplistes et peinent à convaincre.

Et puis, quitte à faire de la famille Mullen le pivot omniprésent de l’intrigue (le père De Niro, la mère Joan Allen, la fille Lizzy Caplan, sans oublier l’ancienne maîtresse, la fille illégitime et le fils de substitution), sans doute aurait-il fallu aller au bout des choses et jouer à fond la carte de la tragédie familiale shakespearienne. Ce qui n’est le cas que dans les toutes dernières minutes.

Plutôt très recommandable, quand même. Et malgré un style qui en manque (de style), Zero Day est une mini-série qui joue habilement sur la paranoïa et la question du patriotisme. Et pour De Niro un baptême du feu convainquant dans l’univers de la série.

Une minute pour une image – mini-série d’Agnès Varda – 1983

Posté : 23 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1980-1989, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, TÉLÉVISION, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

Une minute pour une image – mini-série d’Agnès Varda – 1983 dans 1980-1989 54914889205_e4572a5512_z

Agnès Varda a sélectionné des photos (170, dont 14 qu’elle commente elle-même) qui apparaissent à l’écran, laissant au spectateur le temps de les observer avant qu’elle ne dise en voix off ce que ces clichés lui inspirent. Cela peut être un détail de l’image, une histoire qu’elle lui rappelle, ou des interrogations, qu’importe.

Le propos est aussi varié que les photos retenues. Le regard rude d’une Algérienne forcée de posée dévoilée, et c’est à l’humanité de la femme que Varda pense, mais aussi celle du photographe de l’armée. Cinq mains qui en opèrent une sixième lui inspirent des références religieuses. Une autre main, sur une autre photo, qui tente de serrer une « main-poisson », et Varda qui tente de décrypter cette image

D’un épisode à l’autre, le ton peut être radicalement différent. Après un portrait de famille qui rappelle les compositions de l’école hollandaise, un charnier inspire des pensées contradictoires, alliant beauté et laideur… Une image surréaliste ou une photo ancienne, poétique ou historique. En quelques secondes, Varda a toujours ce petit commentaire personnel et pertinent qu’on ne voit pas venir. A montrer dans les écoles, pour réapprendre à regarder les images…

Yellowstone (id.), saison 2 – série créée par Taylor Sheridan et John Linson – 2019

Posté : 23 juillet, 2025 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), BIANCHI Ed, COSTNER Kevin, DAHL John, FERLAND Guy, KAY Stephen T., LINSON John, RICHARDSON Ben, SHERIDAN Taylor, TÉLÉVISION, WESTERNS | Pas de commentaires »

Yellowstone saison 2

Cette saison 2 confirme et renforce toutes les impressions laissées par la saison 1 : Yellowstone est une sorte de variation punchy et passionnante des intrigues (famille et business compris) de séries comme Dallas. Le côté « punchy et passionnant » ayant son importance. Sur le fond, rien de bien révolutionnaire, donc : au royaume des affaires, la corruption et la violence sont rois.

Sur la forme, on retrouve tout le savoir-faire « à l’ancienne » mis en place par Taylor Sheridan, avec un sens du rythme imparable, et une générosité dans l’action et les rebondissements qui frôlent le trop-plein. Les personnages principaux ont d’ailleurs une capacité étonnante à guérir très vite, que ce soit de coups potentiellement modernes, de blessures par balle, ou de cancers.

Ce pourrait être là une sérieuse réserve. Mais on a depuis longtemps déjà balayé la vraisemblance, au profit du principal intérêt de la série. Et il est de taille : le plaisir immense qu’elle procure, avec sa prolifération de rebondissements, de ressors dramatiques intenses et violents, et ses personnages hantés de l’intérieur, qui semblent gagner encore en charisme et en profondeur.

Au-delà du destin de la famille Dutton, qui se bat pour protéger ses acquis, Sheridan glisse mine de rien quelques belles scènes qui témoignent d’un vrai intérêt pour le sort réservé aux Indiens. Sans angélisme : le personnage de Thomas Rainwater, le chef de la réserve indienne, est un homme d’affaires au fond aussi impitoyable et manipulateur que les autres. Mais avec un regard finalement assez rare sur le sort des tribus indiennes condamnées à vivre aux portes de leurs terres ancestrales.

Le personnage de Monica, quelque peu en retrait dans la première saison, prend ici une ampleur nouvelle, et devient une sorte de symbole de la cause indienne, dans ce qu’elle raconte lors des cours qu’elle donne à l’université, ou dans ce qu’elle vit dans cette communauté de blancs (la scène d’humiliation dans le magasin est particulièrement frappante).

La prolifération de sous-intrigues donne souvent le sentiment que la série repose en partie sur le réflexe du zapping, quitte à évacuer trop vite certains enjeux. Mais tout revient toujours à l’essentiel : cette famille Dutton si dysfonctionnelle, et la manière dont chacun de ses membres, si haïssable, finit par dégager une troublante humanité.

Yellowstone (id.), saison 1 – série créée par Taylor Sheridan et John Linson – 2018

Posté : 8 juillet, 2025 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), COSTNER Kevin, LINSON John, SHERIDAN Taylor, TÉLÉVISION, WESTERNS | Pas de commentaires »

Yellowstone saison 1

Yellowstone, c’est Dallas en mieux. Je pourrais presque arrêter là cette chronique, tant la série phare de Taylor Sheridan (qui réalise les neuf épisodes de cette première saison) reprend les codes des vieux soaps des années 80, 90 : une famille dysfonctionnelle, de la corruption, des mensonges, de la manipulation, et beaucoup de violence. Cela étant dit, je reconnais que ce résumé est un peu réducteur.

Yellowstone, c’est surtout la porte d’entrée la plus cohérente pour comprendre le phénomène que représente Sheridan, qui transforme à peu près tout ce qu’il touche en or depuis quelques années, et qu’on a un peu vite catalogué comme le parangon du conservatisme réactionnaire à l’américaine. C’est aller un peu vite en besogne.

Certes, Sheridan est fasciné par les valeurs américaines telles que la mythologie westernienne n’a cessé de les fantasmer. Grands espaces, grands propriétaires, grandes ambitions, grands chapeaux… Tout est démesuré, jusqu’à un Kevin Costner sans doute choisi parce qu’il représente mieux que quiconque cette Amérique rurale dans le cinéma de ces quarante dernières années. Et parce que Sheridan aime remettre en selle des vedettes vieillissantes en perte de vitesse.

Il y a donc de la fascination pour cette Amérique du plus fort. Il y a aussi un regard critique, voire acerbe de cette famille Dutton, dont les méthodes s’affranchissent allégrement des contraintes de la loi, et de la morale. A commencer par le patriarche, Costner, à la fois héros et grand méchant de cette saga familiale. Un meneur déterminé et hyper charismatique, et un père odieux qui semble avoir passé sa vie à détruire ses enfants.

Qui sont gratinés, ses enfants. Un ancien militaire qui tente sans y arriver de canaliser sa violence. L’avocat de la famille, méprisé et humilié par tous les siens. Et la fille dont le métier consiste à détruire des carrières, qui tente d’étouffer sous des litres d’alcool le sentiment qu’elle a de ne pas avoir été aimée. Dans l’ordre : Luke Grimes, Wes Bentley et Kelly Reilly, et autant de personnages réellement fascinants.

Au-delà de l’efficacité imparable des scénarios, qui déclinent le combat des Dutton pour sauver leur empire menacé de toutes parts, ce sont ses personnages qui font la réussite de la série. Il faut d’ailleurs ajouter à la liste le personnage de Rip (Cole Hauser), bras droit de Dutton, qui aurait pu être le fils idéal s’il avait été de son sang. Un personnage ténébreux au charisme dingue.

La force de Yellowstone, c’est de mettre en scène une demi-douzaine de personnages qui dépassent en intensité et en charisme l’immense majorité des héros des autres séries. Ce n’est pas étonnant que, maintenant que Yellowstone est terminé (mais j’anticipe, je ne suis qu’à la saison 1), plusieurs suites sont annoncées, l’une autour de Kayce (Luke Grimes), l’autre autour de Beth et Rip. Mais ça, c’est une autre histoire : il y a quatre autres saisons de la série-mère avant ça.

Astérix et Obélix : Le Combat des Chefs – d’Alain Chabat (coréalisé avec Fabrice Joubert) – 2025

Posté : 9 juin, 2025 @ 8:00 dans 2020-2029, CHABAT Alain, DESSINS ANIMÉS, JOUBERT Fabrice, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Astérix et Obélix Le Combat des chefs

Chabat qui renoue avec l’univers d’Astérix, forcément, ça fait envie. Et comme l’ex-Nul, tout en cultivant un univers comique très personnel et immédiatement reconnaissable, aime constamment se renouveler, c’est un choix radicalement différent de son Mission Cléopâtre qu’il fait ici.

Ni long métrage, ni sortie au cinéma, ni incarnations de chair et d’os… Chabat signe une mini-série animée pour Netflix. Et histoire de creuser le fossé avec son méga-succès de 2002, il choisit d’adapter assez fidèlement un épisode « de village », en opposition avec les histoires de voyage d’Astérix.

La plus grande partie de ce Combat des Chefs se déroule donc dans le fameux village gaulois qui continue encore et toujours à résister à l’envahisseur. Sans acteur à l’écran, mais avec un casting vocal de dingue : Chabat lui-même en Astérix, Gilles Lellouche qui renoue avec Obélix après L’Empire du Milieu (spoil : Le Combat des chefs, c’est mieux), Thierry Lhermitte en Panoramix, Laurent Lafitte en César… plus Anaïs Demoustier, Géraldine Nakache, Grégoire Ludig, Jean-Pascal Zadi, Grégory Gadebois, Alexandre Astier, Jeanne Balibar et plein, plein d’autres.

Un casting tellement foisonnant qu’on sort de ces cinq épisodes d’à peine trente minutes à la fois ravi, et un peu frustré, en se disant que l’humour incomparable de Chabat aurait gagné à être incarné physiquement, surtout avec de telles figures du cinéma comique français. C’est la principale limite de la mini-série, qui pour le reste réussit à peu près un sans faute.

A la fois fidèle à la BD de Goscinny et Uderzo, et typique de l’œuvre de Chabat, qui réussit la même alchimie improbable (et jamais reproduite dans les autres adaptations live) que dans son film de cinéma, Le Combat des chefs est aussi plein d’inventions visuelles. Si les dessins des personnages ne révolutionnent rien, Chabat et son co-réalisateur Fabrice Joubert nous gratifient de quelques scènes très réussies, particulièrement les plus habituellement casse-gueules.

C’est le cas d’une séquence de rêve très inventive et réjouissante, qui flirte du côté du Aladdin de Disney (la version animée des années 90), ou du long prologue sur l’enfance des héros. C’est par petites touches que Chabat s’empare de ce classique de la BD, pour en garder l’esprit tout en l’inscrivant dans le contexte actuel. Il y est quand même question de totalitarisme et du danger qui pèse sur les démocraties. Bien sûr, tout ça est très léger, et souvent drôle. Mais quand même.

Eden – mini-série réalisée par Dominik Moll – 2021

Posté : 5 mai, 2025 @ 8:00 dans 2020-2029, MOLL Dominik, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Eden

Une image, furtive, domine cette mini-série de six épisodes et ne cesse de la hanter : sur une plage grecque, la baignade des estivants est (à peine) troublée par l’irruption d’un canot pneumatique plein de migrants, qui débarquent et traversent la plage devant des témoins qui réagissent à peine…

Cette image, qui ne dure que quelques secondes (sur près de cinq heures de métrage) est une clé incontournable pour appréhender cette mini-série chorale, qui tente à travers une dizaine de personnages de capter le drame, mais aussi l’absurdité, de la crise migratoire.

Dominique Moll, aux manettes, aborde le sujet avec un mélange d’ambition démesurée et de simplicité totale. A travers ces six épisodes, il cherche rien moins que d’aborder tous les aspects de la crise. Mais il le fait avec des personnages et des situations qui sont autant de cas d’école. Pas des caricatures, mais des types.

Au cœur du récit : trois destins différents de migrants. Un ado et son frère qui tentent de traverser l’Europe pour rejoindre l’Angleterre, comme tant d’autres. Un jeune Syrien qui tente de tourner la page de son histoire pour étudier en Allemagne, bien accueilli par une famille aimante. Et en France, un coupe, venu de Syrie aussi, lui étant un grand médecin dont le témoignage semble important.

Autour de ces personnages en gravissent d’autres : des Grecs employés d’un camp de réfugiés, une famille allemande très bienveillante, des rencontres de passage, et une Française qui gère des camps de réfugiés, dont on ne sait trop si elle est motivée par son envie de faire de l’argent ou son humanité.

C’est Sylvie Testud, et son personnage est le moins convainquant de la série, le plus caricatural pour le coup, constamment filmé entre deux avions. L’émotion vient des autres personnages, confrontés à des drames autrement plus intimes et autrement plus touchants. Autour de destins parallèles, dont la plupart convergent vers la France, dans l’ultime épisode.

Chronique garantie sans divulgâchage. Tout juste peut-on souligner qu’entre espoir et désespoir, la frontière est parfois très ténue. C’est le sentiment qui domine dans ces beaux épisodes, édifiants et intimes.

Zorro – mini-série de Benjamin Charbit et Noé Debré – 2024

Posté : 15 mars, 2025 @ 8:00 dans 2020-2029, CHARBIT Benjamin, DEBRE Noé, NOBLET Emilie, SAUREL Jean-Baptiste, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Zorro

Je l’avoue : l’annonce d’une nouvelle série Zorro, portée par Jean Dujardin, avait réveillé de doux souvenirs d’enfance qui me rendaient le projet particulièrement excitant. Les premières images aussi : Dujardin, sous son masque noir et à cheval, fait un héritier bien acceptable de Guy Williams, l’interprète de la série Disney.

Et c’est bien cette série, culte pour des générations d’anciens gamins (même les miens se sont régalés en se faisant l’intégrale à plusieurs reprises), qui sert de base à cette mini-série en huit épisodes, qui en est la suite à peine cachée.

Certes, la production est française. Certes, les créateurs appuient davantage sur l’humour. Certes (et hélas), le générique n’est pas le même. Mais le meilleur qu’offre ce Zorro version 2024, ce sont les références à la série des années 50, et particulièrement au sort réservé au sergent Garcia, joué ici par un Grégory Gadebois truculent, et qui règle son compte gentiment au sort que l’on réservait alors aux gros de services dans les fictions.

L’intrigue se déroule vingt ans plus tard, alors que Don Diego a rangé depuis longtemps les frusques de Zorro, et qu’il s’apprête à succéder à son père (André Dussollier) à la mairie de Los Angeles. L’ancien justicier est un notable embourgeoisé, dont l’épouse s’ennuie un peu… jusqu’à ce qu’elle tombe sous le charme de Zorro, qui doit faire sa réapparition pour redresser de nouveaux tords.

C’est l’idée centrale de la série : mettre en scène un triangle amoureux entre Diego, sa femme… et Zorro. Ou comment se faire cocufier par soi-même. Idée assez maline, qui bénéficie surtout de la présence intense d’une Audrey Dana absolument parfaite. Mais idée qui finit par lasser, tant elle prend une dimension extrême, reléguant l’esprit d’aventure au second plan, parfois très loin dans un long ventre creux de deux ou trois épisodes.

Le plaisir des retrouvailles est réel. Mais il est tellement basé sur la nostalgie que la volonté d’en faire autre chose crée une énorme frustration. C’est bien joué, bien réalisé, mais le vaudeville ne tient pas la distance, et le grand méchant joué par Eric Elmosnino tire tellement du côté de la farce qu’on a bien du mal à le prendre au sérieux. Il faut bien l’admettre : l’envie de voir ce Zorro reposait sur le désir de retrouver le plaisir enfantin de la série Disney.

Difficile d’en vouloir aux auteurs d’avoir voulu s’en démarquer. Mais lorsque le générique de fin apparaît sur le dernier épisode, on se prend à rêver d’une autre saison, avec un méchant vraiment méchant, de grands duels, un vrai souffle d’aventure. Parce que quand même, même au premier degré, Dujardin en Zorro, ça a de la gueule.

Maverick : s.2 ép.19 – Duel at Sundown (id.) – épisode réalisé par Arthur Lubin – 1959

Posté : 2 décembre, 2024 @ 8:00 dans 1950-1959, EASTWOOD Clint (acteur), LUBIN Arthur, TÉLÉVISION, WESTERNS | Pas de commentaires »

Maverick Duel at sundown

Avant d’être un western parodique des années 90 avec Mel Gibson et Jodie Foster, Maverick était une série télé, dont le héros, un joueur de poker de l’Ouest, était incarné par James Garner. James Garner qui incarnera le père de son personnage dans l’adaptation cinématographique de 1994. La série est assez anecdotique, et a nettement moins bien vieillie que d’autres de la même période, comme Le Virginien ou, même Rawhide.

La série est restée inédite en France. Mais un épisode, au moins, figure dans quelques bouquins : le 19e de la deuxième saison, intitulé Duel at Sundown, dans lequel Maverick retrouve un vieil ami dont la fille s’est amourachée d’un jeune cowboy manipulateur et lâche. Et si cet épisode précis est important, c’est parce que le manipulateur en question est interprété par un certain Clint Eastwood.

C’est même le dernier rôle du jeune Clint avant ses premiers pas de vedette à part entière dans sa propre série, Rawhide, pour laquelle il venait de signer. Dans Maverick, il ne tient encore qu’un rôle secondaire, finalement assez mal écrit. Mais il y fait preuve d’un certain tempérament qui n’apparaissait pas dans ses tout premiers rôles, souvent nettement moins consistants.

L’épisode, pas transcendant et pas franchement trépidant, vaut surtout pour sa prestation. Et pour sa rencontre avec James Garner, qu’il retrouvera quarante ans plus tard pour Space Cowboys, autrement plus enthousiasmant.

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