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Archive pour la catégorie 'TÉLÉVISION'

Une minute pour une image – mini-série d’Agnès Varda – 1983

Posté : 23 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1980-1989, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, TÉLÉVISION, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

Une minute pour une image – mini-série d’Agnès Varda – 1983 dans 1980-1989 54914889205_e4572a5512_z

Agnès Varda a sélectionné des photos (170, dont 14 qu’elle commente elle-même) qui apparaissent à l’écran, laissant au spectateur le temps de les observer avant qu’elle ne dise en voix off ce que ces clichés lui inspirent. Cela peut être un détail de l’image, une histoire qu’elle lui rappelle, ou des interrogations, qu’importe.

Le propos est aussi varié que les photos retenues. Le regard rude d’une Algérienne forcée de posée dévoilée, et c’est à l’humanité de la femme que Varda pense, mais aussi celle du photographe de l’armée. Cinq mains qui en opèrent une sixième lui inspirent des références religieuses. Une autre main, sur une autre photo, qui tente de serrer une « main-poisson », et Varda qui tente de décrypter cette image

D’un épisode à l’autre, le ton peut être radicalement différent. Après un portrait de famille qui rappelle les compositions de l’école hollandaise, un charnier inspire des pensées contradictoires, alliant beauté et laideur… Une image surréaliste ou une photo ancienne, poétique ou historique. En quelques secondes, Varda a toujours ce petit commentaire personnel et pertinent qu’on ne voit pas venir. A montrer dans les écoles, pour réapprendre à regarder les images…

Yellowstone (id.), saison 2 – série créée par Taylor Sheridan et John Linson – 2019

Posté : 23 juillet, 2025 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), BIANCHI Ed, COSTNER Kevin, DAHL John, FERLAND Guy, KAY Stephen T., LINSON John, RICHARDSON Ben, SHERIDAN Taylor, TÉLÉVISION, WESTERNS | Pas de commentaires »

Yellowstone saison 2

Cette saison 2 confirme et renforce toutes les impressions laissées par la saison 1 : Yellowstone est une sorte de variation punchy et passionnante des intrigues (famille et business compris) de séries comme Dallas. Le côté « punchy et passionnant » ayant son importance. Sur le fond, rien de bien révolutionnaire, donc : au royaume des affaires, la corruption et la violence sont rois.

Sur la forme, on retrouve tout le savoir-faire « à l’ancienne » mis en place par Taylor Sheridan, avec un sens du rythme imparable, et une générosité dans l’action et les rebondissements qui frôlent le trop-plein. Les personnages principaux ont d’ailleurs une capacité étonnante à guérir très vite, que ce soit de coups potentiellement modernes, de blessures par balle, ou de cancers.

Ce pourrait être là une sérieuse réserve. Mais on a depuis longtemps déjà balayé la vraisemblance, au profit du principal intérêt de la série. Et il est de taille : le plaisir immense qu’elle procure, avec sa prolifération de rebondissements, de ressors dramatiques intenses et violents, et ses personnages hantés de l’intérieur, qui semblent gagner encore en charisme et en profondeur.

Au-delà du destin de la famille Dutton, qui se bat pour protéger ses acquis, Sheridan glisse mine de rien quelques belles scènes qui témoignent d’un vrai intérêt pour le sort réservé aux Indiens. Sans angélisme : le personnage de Thomas Rainwater, le chef de la réserve indienne, est un homme d’affaires au fond aussi impitoyable et manipulateur que les autres. Mais avec un regard finalement assez rare sur le sort des tribus indiennes condamnées à vivre aux portes de leurs terres ancestrales.

Le personnage de Monica, quelque peu en retrait dans la première saison, prend ici une ampleur nouvelle, et devient une sorte de symbole de la cause indienne, dans ce qu’elle raconte lors des cours qu’elle donne à l’université, ou dans ce qu’elle vit dans cette communauté de blancs (la scène d’humiliation dans le magasin est particulièrement frappante).

La prolifération de sous-intrigues donne souvent le sentiment que la série repose en partie sur le réflexe du zapping, quitte à évacuer trop vite certains enjeux. Mais tout revient toujours à l’essentiel : cette famille Dutton si dysfonctionnelle, et la manière dont chacun de ses membres, si haïssable, finit par dégager une troublante humanité.

Yellowstone (id.), saison 1 – série créée par Taylor Sheridan et John Linson – 2018

Posté : 8 juillet, 2025 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), COSTNER Kevin, LINSON John, SHERIDAN Taylor, TÉLÉVISION, WESTERNS | Pas de commentaires »

Yellowstone saison 1

Yellowstone, c’est Dallas en mieux. Je pourrais presque arrêter là cette chronique, tant la série phare de Taylor Sheridan (qui réalise les neuf épisodes de cette première saison) reprend les codes des vieux soaps des années 80, 90 : une famille dysfonctionnelle, de la corruption, des mensonges, de la manipulation, et beaucoup de violence. Cela étant dit, je reconnais que ce résumé est un peu réducteur.

Yellowstone, c’est surtout la porte d’entrée la plus cohérente pour comprendre le phénomène que représente Sheridan, qui transforme à peu près tout ce qu’il touche en or depuis quelques années, et qu’on a un peu vite catalogué comme le parangon du conservatisme réactionnaire à l’américaine. C’est aller un peu vite en besogne.

Certes, Sheridan est fasciné par les valeurs américaines telles que la mythologie westernienne n’a cessé de les fantasmer. Grands espaces, grands propriétaires, grandes ambitions, grands chapeaux… Tout est démesuré, jusqu’à un Kevin Costner sans doute choisi parce qu’il représente mieux que quiconque cette Amérique rurale dans le cinéma de ces quarante dernières années. Et parce que Sheridan aime remettre en selle des vedettes vieillissantes en perte de vitesse.

Il y a donc de la fascination pour cette Amérique du plus fort. Il y a aussi un regard critique, voire acerbe de cette famille Dutton, dont les méthodes s’affranchissent allégrement des contraintes de la loi, et de la morale. A commencer par le patriarche, Costner, à la fois héros et grand méchant de cette saga familiale. Un meneur déterminé et hyper charismatique, et un père odieux qui semble avoir passé sa vie à détruire ses enfants.

Qui sont gratinés, ses enfants. Un ancien militaire qui tente sans y arriver de canaliser sa violence. L’avocat de la famille, méprisé et humilié par tous les siens. Et la fille dont le métier consiste à détruire des carrières, qui tente d’étouffer sous des litres d’alcool le sentiment qu’elle a de ne pas avoir été aimée. Dans l’ordre : Luke Grimes, Wes Bentley et Kelly Reilly, et autant de personnages réellement fascinants.

Au-delà de l’efficacité imparable des scénarios, qui déclinent le combat des Dutton pour sauver leur empire menacé de toutes parts, ce sont ses personnages qui font la réussite de la série. Il faut d’ailleurs ajouter à la liste le personnage de Rip (Cole Hauser), bras droit de Dutton, qui aurait pu être le fils idéal s’il avait été de son sang. Un personnage ténébreux au charisme dingue.

La force de Yellowstone, c’est de mettre en scène une demi-douzaine de personnages qui dépassent en intensité et en charisme l’immense majorité des héros des autres séries. Ce n’est pas étonnant que, maintenant que Yellowstone est terminé (mais j’anticipe, je ne suis qu’à la saison 1), plusieurs suites sont annoncées, l’une autour de Kayce (Luke Grimes), l’autre autour de Beth et Rip. Mais ça, c’est une autre histoire : il y a quatre autres saisons de la série-mère avant ça.

Astérix et Obélix : Le Combat des Chefs – d’Alain Chabat (coréalisé avec Fabrice Joubert) – 2025

Posté : 9 juin, 2025 @ 8:00 dans 2020-2029, CHABAT Alain, DESSINS ANIMÉS, JOUBERT Fabrice, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Astérix et Obélix Le Combat des chefs

Chabat qui renoue avec l’univers d’Astérix, forcément, ça fait envie. Et comme l’ex-Nul, tout en cultivant un univers comique très personnel et immédiatement reconnaissable, aime constamment se renouveler, c’est un choix radicalement différent de son Mission Cléopâtre qu’il fait ici.

Ni long métrage, ni sortie au cinéma, ni incarnations de chair et d’os… Chabat signe une mini-série animée pour Netflix. Et histoire de creuser le fossé avec son méga-succès de 2002, il choisit d’adapter assez fidèlement un épisode « de village », en opposition avec les histoires de voyage d’Astérix.

La plus grande partie de ce Combat des Chefs se déroule donc dans le fameux village gaulois qui continue encore et toujours à résister à l’envahisseur. Sans acteur à l’écran, mais avec un casting vocal de dingue : Chabat lui-même en Astérix, Gilles Lellouche qui renoue avec Obélix après L’Empire du Milieu (spoil : Le Combat des chefs, c’est mieux), Thierry Lhermitte en Panoramix, Laurent Lafitte en César… plus Anaïs Demoustier, Géraldine Nakache, Grégoire Ludig, Jean-Pascal Zadi, Grégory Gadebois, Alexandre Astier, Jeanne Balibar et plein, plein d’autres.

Un casting tellement foisonnant qu’on sort de ces cinq épisodes d’à peine trente minutes à la fois ravi, et un peu frustré, en se disant que l’humour incomparable de Chabat aurait gagné à être incarné physiquement, surtout avec de telles figures du cinéma comique français. C’est la principale limite de la mini-série, qui pour le reste réussit à peu près un sans faute.

A la fois fidèle à la BD de Goscinny et Uderzo, et typique de l’œuvre de Chabat, qui réussit la même alchimie improbable (et jamais reproduite dans les autres adaptations live) que dans son film de cinéma, Le Combat des chefs est aussi plein d’inventions visuelles. Si les dessins des personnages ne révolutionnent rien, Chabat et son co-réalisateur Fabrice Joubert nous gratifient de quelques scènes très réussies, particulièrement les plus habituellement casse-gueules.

C’est le cas d’une séquence de rêve très inventive et réjouissante, qui flirte du côté du Aladdin de Disney (la version animée des années 90), ou du long prologue sur l’enfance des héros. C’est par petites touches que Chabat s’empare de ce classique de la BD, pour en garder l’esprit tout en l’inscrivant dans le contexte actuel. Il y est quand même question de totalitarisme et du danger qui pèse sur les démocraties. Bien sûr, tout ça est très léger, et souvent drôle. Mais quand même.

Eden – mini-série réalisée par Dominik Moll – 2021

Posté : 5 mai, 2025 @ 8:00 dans 2020-2029, MOLL Dominik, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Eden

Une image, furtive, domine cette mini-série de six épisodes et ne cesse de la hanter : sur une plage grecque, la baignade des estivants est (à peine) troublée par l’irruption d’un canot pneumatique plein de migrants, qui débarquent et traversent la plage devant des témoins qui réagissent à peine…

Cette image, qui ne dure que quelques secondes (sur près de cinq heures de métrage) est une clé incontournable pour appréhender cette mini-série chorale, qui tente à travers une dizaine de personnages de capter le drame, mais aussi l’absurdité, de la crise migratoire.

Dominique Moll, aux manettes, aborde le sujet avec un mélange d’ambition démesurée et de simplicité totale. A travers ces six épisodes, il cherche rien moins que d’aborder tous les aspects de la crise. Mais il le fait avec des personnages et des situations qui sont autant de cas d’école. Pas des caricatures, mais des types.

Au cœur du récit : trois destins différents de migrants. Un ado et son frère qui tentent de traverser l’Europe pour rejoindre l’Angleterre, comme tant d’autres. Un jeune Syrien qui tente de tourner la page de son histoire pour étudier en Allemagne, bien accueilli par une famille aimante. Et en France, un coupe, venu de Syrie aussi, lui étant un grand médecin dont le témoignage semble important.

Autour de ces personnages en gravissent d’autres : des Grecs employés d’un camp de réfugiés, une famille allemande très bienveillante, des rencontres de passage, et une Française qui gère des camps de réfugiés, dont on ne sait trop si elle est motivée par son envie de faire de l’argent ou son humanité.

C’est Sylvie Testud, et son personnage est le moins convainquant de la série, le plus caricatural pour le coup, constamment filmé entre deux avions. L’émotion vient des autres personnages, confrontés à des drames autrement plus intimes et autrement plus touchants. Autour de destins parallèles, dont la plupart convergent vers la France, dans l’ultime épisode.

Chronique garantie sans divulgâchage. Tout juste peut-on souligner qu’entre espoir et désespoir, la frontière est parfois très ténue. C’est le sentiment qui domine dans ces beaux épisodes, édifiants et intimes.

Zorro – mini-série de Benjamin Charbit et Noé Debré – 2024

Posté : 15 mars, 2025 @ 8:00 dans 2020-2029, CHARBIT Benjamin, DEBRE Noé, NOBLET Emilie, SAUREL Jean-Baptiste, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Zorro

Je l’avoue : l’annonce d’une nouvelle série Zorro, portée par Jean Dujardin, avait réveillé de doux souvenirs d’enfance qui me rendaient le projet particulièrement excitant. Les premières images aussi : Dujardin, sous son masque noir et à cheval, fait un héritier bien acceptable de Guy Williams, l’interprète de la série Disney.

Et c’est bien cette série, culte pour des générations d’anciens gamins (même les miens se sont régalés en se faisant l’intégrale à plusieurs reprises), qui sert de base à cette mini-série en huit épisodes, qui en est la suite à peine cachée.

Certes, la production est française. Certes, les créateurs appuient davantage sur l’humour. Certes (et hélas), le générique n’est pas le même. Mais le meilleur qu’offre ce Zorro version 2024, ce sont les références à la série des années 50, et particulièrement au sort réservé au sergent Garcia, joué ici par un Grégory Gadebois truculent, et qui règle son compte gentiment au sort que l’on réservait alors aux gros de services dans les fictions.

L’intrigue se déroule vingt ans plus tard, alors que Don Diego a rangé depuis longtemps les frusques de Zorro, et qu’il s’apprête à succéder à son père (André Dussollier) à la mairie de Los Angeles. L’ancien justicier est un notable embourgeoisé, dont l’épouse s’ennuie un peu… jusqu’à ce qu’elle tombe sous le charme de Zorro, qui doit faire sa réapparition pour redresser de nouveaux tords.

C’est l’idée centrale de la série : mettre en scène un triangle amoureux entre Diego, sa femme… et Zorro. Ou comment se faire cocufier par soi-même. Idée assez maline, qui bénéficie surtout de la présence intense d’une Audrey Dana absolument parfaite. Mais idée qui finit par lasser, tant elle prend une dimension extrême, reléguant l’esprit d’aventure au second plan, parfois très loin dans un long ventre creux de deux ou trois épisodes.

Le plaisir des retrouvailles est réel. Mais il est tellement basé sur la nostalgie que la volonté d’en faire autre chose crée une énorme frustration. C’est bien joué, bien réalisé, mais le vaudeville ne tient pas la distance, et le grand méchant joué par Eric Elmosnino tire tellement du côté de la farce qu’on a bien du mal à le prendre au sérieux. Il faut bien l’admettre : l’envie de voir ce Zorro reposait sur le désir de retrouver le plaisir enfantin de la série Disney.

Difficile d’en vouloir aux auteurs d’avoir voulu s’en démarquer. Mais lorsque le générique de fin apparaît sur le dernier épisode, on se prend à rêver d’une autre saison, avec un méchant vraiment méchant, de grands duels, un vrai souffle d’aventure. Parce que quand même, même au premier degré, Dujardin en Zorro, ça a de la gueule.

Maverick : s.2 ép.19 – Duel at Sundown (id.) – épisode réalisé par Arthur Lubin – 1959

Posté : 2 décembre, 2024 @ 8:00 dans 1950-1959, EASTWOOD Clint (acteur), LUBIN Arthur, TÉLÉVISION, WESTERNS | Pas de commentaires »

Maverick Duel at sundown

Avant d’être un western parodique des années 90 avec Mel Gibson et Jodie Foster, Maverick était une série télé, dont le héros, un joueur de poker de l’Ouest, était incarné par James Garner. James Garner qui incarnera le père de son personnage dans l’adaptation cinématographique de 1994. La série est assez anecdotique, et a nettement moins bien vieillie que d’autres de la même période, comme Le Virginien ou, même Rawhide.

La série est restée inédite en France. Mais un épisode, au moins, figure dans quelques bouquins : le 19e de la deuxième saison, intitulé Duel at Sundown, dans lequel Maverick retrouve un vieil ami dont la fille s’est amourachée d’un jeune cowboy manipulateur et lâche. Et si cet épisode précis est important, c’est parce que le manipulateur en question est interprété par un certain Clint Eastwood.

C’est même le dernier rôle du jeune Clint avant ses premiers pas de vedette à part entière dans sa propre série, Rawhide, pour laquelle il venait de signer. Dans Maverick, il ne tient encore qu’un rôle secondaire, finalement assez mal écrit. Mais il y fait preuve d’un certain tempérament qui n’apparaissait pas dans ses tout premiers rôles, souvent nettement moins consistants.

L’épisode, pas transcendant et pas franchement trépidant, vaut surtout pour sa prestation. Et pour sa rencontre avec James Garner, qu’il retrouvera quarante ans plus tard pour Space Cowboys, autrement plus enthousiasmant.

Histoires fantastiques : Vanessa (Amazing Stories : Vanessa in the garden) – s.1 e.12 – de Clint Eastwood – 1985

Posté : 20 novembre, 2024 @ 8:00 dans 1980-1989, COURTS MÉTRAGES, EASTWOOD Clint (réal.), FANTASTIQUE/SF, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Histoires Fantastiques Vanessa

Depuis la fin de Rawhide, Clint Eastwood n’a plus jamais retravaillé pour la télévision, comme il l’avait fait à plusieurs reprises à ses débuts, enchaînant les rôles plus ou moins importants dans des séries plus ou moins mémorables. A une exception près : la réalisation d’un épisode d’Histoires fantastiques, la série anthologique produite (et souvent écrite) par Steven Spielberg.

Vanessa in the garden est donc l’unique réalisation du cinéaste pour la télé. C’est aussi son unique court métrage, et la toute dernière fois qu’il dirige Sondra Locke, près de dix ans et six longs métrages en commun après Josey Wales. Tant qu’on est aux premières et aux dernières, c’est aussi l’unique participation d’Harvey Keitel à un film d’Eastwood.

L’acteur, pas dans sa période la plus glorieuse (c’était bien après Taxi Driver et bien avant La Leçon de piano), incarne un peintre à la fin du XIXe siècle, qui ne vit et ne peint que pour son épouse, Vanessa, jouée par Sondra Locke. Qui meurt écrasée à la suite d’un accident causé par un coup de tonnerre soudain.

Et voilà l’artiste incapable ni de vivre, ni de peindre, qui est bientôt sujet à d’étranges apparitions : Vanessa, qui semble reprendre vie dans les postures dans lesquelles son mari l’a peinte. Est-ce une hallucination ? Le peintre sombrerait-il dans la folie ? Ou y a-t-il de la magie là dedans… Qu’importe : c’est surtout, de nouveau et plus que jamais, une source d’inspiration sans fin pour l’artiste amoureux.

C’est un joli court métrage que signe Eastwood, dans une atmosphère un peu cotonneuse, presque évanescente, qui rappelle certaines scènes de Sudden Impact, le dernier long métrage dans lequel il dirigeait sa compagne d’alors. Pourtant, l’émotion qu’il a su faire naître dans quelques-uns de ses plus beaux films, de Breezy à Sur la route de Madison, reste très contenue, comme si ces vingt minutes étaient trop courtes pour qu’il puisse s’exprimer pleinement.

La musique y est peut-être pour quelque chose. Elle est pourtant signée par son fidèle complice Lennie Niehaus (mais avec le thème de John Williams, fidèle complice, lui, de Spielberg), mais n’a pas la délicatesse de ses meilleurs scores, comme calibrée pour donner une cohérence sonore, très datée années 80, à la série. Ça n’en reste pas moins une jolie curiosité.

Rawhide (id.) – créée par Charles Marquis Warren – saison 1 – 1959

Posté : 24 octobre, 2024 @ 8:00 dans 1950-1959, EASTWOOD Clint (acteur), HIBBS Jesse, McLAGLEN Andrew V., POST Ted, TÉLÉVISION, WARREN Charles Marquis, WESTERNS, WHORF Richard | Pas de commentaires »

Rawhide Incident of the TumbleweedIncident of the Tumbleweed (saison 1, épisode 1)

épisodes 1 à 10

1 : Le Wagon cellulaire (Incident of the Tumbleweed) – réalisé par Richard Whorf

Dès le premier épisode de cette série western, on comprend l’importance qu’elle a eu dans la carrière de Clint Eastwood. Une série western assez classique, sans éclat particulier, clairement pas au niveau du Virginien par exemple. Mais le show est bien fait, souvent plein de rythme et bien réalisé.

Surtout, Clint y tient un rôle de premier plan (son nom apparaît en même temps que celui d’Eric Fleming, le rôle principal), qui lui permet vraiment d’exister, de jouer sur la longueur, sur un ton léger ou plus sombre.

Dans ses années d’apprentissage, il a joué quelques silhouettes dans des films intéressants, ou des personnages plus importants dans des films pas terribles. Le plaisir qu’il a de trouver un vrai rôle est perceptible. Dans une série au long cours qui commence avec une idée sympa : ce wagon cellulaire qui occupe une place centrale.

2 : Le Trouble-Fête (Incident at Alabaster Plain) – réalisé par Richard Whorf

Clint a le beau rôle dès ce deuxième épisode, dans lequel il côtoie notamment Martin Balsam dans le rôle d’un prêtre. Deux particularités dans cet épisode original et sympathique : d’abord un mariage, puis l’importance du beau décor d’une mission au milieu de nulle part.

3 : L’Exécuteur (Incident with an executioner) – réalisé par Charles Marquis Warren

Petit chef d’œuvre de tension, et l’occasion pour Clint de jouer avec Dan Duryea (eh ouais!) dans le rôle d’un tueur dont la cible est l’un des passagers d’une diligence qui ont rejoint la troupe de Gil Favor. Lequel ? Charles Marquis Warren, qui réalise fort bien cet épisode, laisse planer le suspense. Parmi les passagers : un jeune frimeur interprété par James Drury, futur Virginien.

4 : Les Malheurs de Sophie (Incident of the Widowed Dove) – réalisé par Ted Post

Episode inégal, mais intéressant, qui met en scène une première tension entre Rowdy Yates (Clint) et Gil Favor (Fleming), pour une femme évidemment. Les deux hommes quitter leurs rôles bien cadrés. Clint/Rowdy se rebelle. Gil, lui, d’habitude si sûr de lui et si infaillible dans ses décisions, enchaîne les conneries. On s’en réjouit !

C’est aussi la première collaboration de Clint et Ted Post, futur réalisateur de Pendez-les haut et court et Magnum Force.

5 : Au bord de la folie (Incident of the Edge of Madness) – réalisé par Andrew V. McLaglen

La caravane n’est ici qu’un prétexte pour la confrontation d’une poignée de monstres pathétiques, interprétés notamment par Marie Windsor et Lon Chaney Jr. Affrontement passionnant, dont Favor et Yates ne sont que des observateurs à peine actifs.

6 : Le Pouvoir et la Charrue (Incident of the Power and the Plow) – réalisé par Andrew V. McLaglen

Après Dan Duryea, Brian Donlevy… Rawhide est l’occasion pour Eastwood de croiser quelques acteurs de l’âge d’or. Et Andrew McLaglen, héritier (discutable) de cette période.

L’épisode est bienveillant et un peu naïf, autour d’un comanche qui rêve de devenir fermier… Un moment savoureux, quand même : lorsque le cuisinier lancer à un Rowdy/Clint toujours un peu béat : « Il faut toujours que tu t’étonnes de tout ? ».

7 : La Vie à un fil (Incident at Barker Springs) – réalisé par Charles Marquis Warren

Une histoire de vengeance pas si banale que ça, et qui évoque mine de rien le poids des choix du passé, le destin du gunman, thème classique du western. Et très belle réalisation de Charles Maris Warren lui-même, notamment pour le superbe duel final, expéditif du côté du vrai héros de cet épisode (Paul Richards), attentiste pour Favor et Yaves.

Rawhide Incident West of LanoIncident West of Lano (saison 1, épisode 8)

8 : A l’Ouest de Lano (Incident West of Lano) – réalisé par Charles Marquis Warren

La caravane croise la route de quatre jeunes femmes, belles et légères. A l’image de cet épisode enlevé et romantique, avec le cœur de Favor qui se met à trembler.

Encore un bel épisode de Charles Marquis Warren, qui ose une terrible rupture de ton, passant brusquement de la romance à la tragédie, pour terminer sur une très belle image de piéta.

9 : Plus de peur que de mal (Incident of the Town in Terror) – réalisé par Ted Post

Pas de méchant ici, mais une ville terrorisée à l’idée que la caravane apporte une épidémie mortelle. Voilà un épisode qui évoque une actualité sanitaire encore dans toutes les mémoires, où le virus commence à décimer le troupeau et les hommes. A commencer par Rowdy, que la maladie terrasse soudain après une première partie qui semblait si légère.

10 : Le Veau d’or (Incident of the Golden Calf) – réalisé par Jesse Hibbs

Le convoi croise la route d’un étrange prédicateur perdu au milieu de la plaine. On se doute bien qu’il n’est pas tout à fait l’homme de dieu qu’il prétend être, et pas seulement parce qu’il a la tête de Macdonald Carey. Parce qu’à force de jouer avec l’énorme pépite qu’il a dans la poche tout en refusant de dire où il l’a trouvée, pour ne pas confronter les hommes de Gil à la cupidité, on voit bien qu’il ne fait rien d’autre que titiller cette cupidité.

Scénario un rien alambiqué, et un peu tiré par les cheveux. L’action est très limitée (un cow-boy qui tombe maladroitement d’un cheval, un duel tué dans l’œuf…), à l’exception d’une bagarre à mains nues dans un saloon. Clint joue les faire-valoir, se contentant d’une poignée de répliques. Mais l’épisode est franchement plaisant.

Monsieur Ed, le cheval qui parle (Mister Ed) s2 e25 : Clint Eastwood meets Mr. Ed – épisode réalisé par Arthur Lubin – 1962

Posté : 20 octobre, 2024 @ 8:00 dans 1960-1969, COURTS MÉTRAGES, EASTWOOD Clint (acteur), FANTASTIQUE/SF, LUBIN Arthur, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Clint Eastwood meets Mr Ed

Il y a des tas de raisons d’affirmer que le parcours de Clint Eastwood ne ressemble à aucun autre dans le cinéma américain. Il y en a une, en tout cas, qui ne souffre aucune contestation : qui d’autre que lui peut se vanter d’avoir tourné avec deux ânes qui parlent ?

Eh oui ! Sept ans après avoir effectué ses premières cascades dans Francis in the Navy (déjà réalisé par Arthur Lubin), Clint est devenu une vedette grâce à sa série Rawhide, et il est l’invité d’un show télé très populaire à l’époque autour d’un autre équidé, digne descendant de Francis : Mister Ed. Un âne doué de la parole, donc, qui a été le faire-valoir du comique Alan Young 143 épisodes durant.

Aucun des 142 autres épisodes ne figurera sans doute sur ce blog dans un avenir plus ou moins proche. Mais celui-ci, tourné en 1962 alors que Clint était l’un des cowboys les plus populaires de la télévision américaine, se voit avec un certain plaisir, en tout cas avec une vraie curiosité. Ne serait-ce que parce qu’on y devine le statut qu’Eastwood avait à l’époque : une vedette suffisamment connue pour donner son nom à un épisode du show, et suffisamment accessible pour lui proposer.

Sur la prestation du futur homme sans nom, pas grand-chose à dire : Eastwood s’y montre charmant, le sourire rigolard de celui qui ne prend pas la chose au sérieux, et qui sait qu’on n’attend rien d’autre de lui que d’apporter un contrepoint vaguement prestigieux aux pitreries d’Alan Young et de son âne qui parle. Une curiosité bien sympa.

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