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Crisis in six scenes (id.) – de Woody Allen – 2016

Posté : 29 mars, 2019 @ 8:00 dans 2010-2019, ALLEN Woody, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Crisis in six scenes

C’était l’époque où tout allait bien entre Woody Allen et Amazon. Une époque lointaine : 2016, alors que tout souriait au jeune octogénaire, qui enchaînait les réussites (artistiques et commerciales) à son rythme immuable d’un film par an. Cette année-là, le cinéaste entame une collaboration qui s’annonce fructueuse avec la plateforme, qui distribue son Café Society et le convainc de réaliser pour elle sa première série télé.

Un projet forcément excitant, pour lequel Woody Allen a toute liberté de faire ce qu’il veut. Le résultat est du pur Woody Allen, mais laisse quelque peu dubitatif. A vrai dire, Crisis in six scenes a tout du rendez-vous manqué, ou de la fausse bonne idée. Une série ? Ce projet en a vaguement la forme : six épisodes (d’une bonne vingtaine de minutes chacun), avec à chaque fois une dernière image ou une dernière réplique qui fait timidement office de cliffhanger…

Visiblement pas passionné par ce nouveau langage que représente pour lui la série télé, avec toutes les opportunités que cela peut lui offrir, Woody Allen fait ce qu’il fait depuis des décennies, et comme il l’aurait fait pour le cinéma, si ce n’est qu’il s’agit d’une œuvre de commande… et du plus long de ses longs métrages, avec ses quelques 2h15 pas si bien remplies que ça, et surtout pas si originales que ça.

On l’attendait en liberté, on l’espérait en mode expérimental, et voilà qu’on le trouve en terrain connu et archi-balisé. Woody Allen lui-même, donc, en écrivain raté, casanier et hypocondriaque, dont la vie bien ordonnée va être bouleversée par l’arrivée d’une jeune révolutionnaire recherchée par la police (Miley Cyrus): la jeune femme va révéler les personnalités cachées de son épouse (Elaine May, très bien), sexologue pour couples en crises avec une tendance fort prononcée pour le vin blanc, et leur protégé, fils de bonne famille destiné à une carrière dans la finance.

Un détail qui n’en est pas un : l’histoire se déroule durant les années 60, une époque de grande turbulence aux Etats-Unis. Confronter le personnage si familier et si immuable de Woody Allen à ces bouleversements qui affectent directement sa routine (jusqu’à une dernière séquence bordélique et réjouissante) est la meilleure idée du film. Pardon, de la série.

C’est un Woody Allen sans grande surprise, donc, qui rappelle par bien des aspects ses films les plus paresseux des années 90. Mais même en mode mineur, on retrouve l’élégance de sa mise en scène et son sens du dialogue tout de même génial : « We can build on guacamole », lance ainsi Elaine May à un couple que rien ou presque ne rapproche… Et puis Woody n’avait plus tenu le rôle principal d’un de ses films depuis près de quinze ans (Hollywood Ending). Et vu ses problèmes actuels, ce pourrait bien être son dernier rôle…

Minuscule 2 : les mandibules du bout du monde – de Thomas Szabo et Hélène Giraud – 2018

Posté : 8 mars, 2019 @ 8:00 dans 2010-2019, DESSINS ANIMÉS, GIRAUD Hélène, SZABO Thomas | Pas de commentaires »

Minuscule 2

On prend les mêmes et on recommence, pour un nouveau voyage plein d’humour et d’émotion dans l’univers du très petit. Chez les insectes, donc, héros de ce long métrage entre animations et prises de vue réelles. Le principe était le même pour le premier film, et pour la série télé qui avait précédé : les décors et les accessoires sont tous authentiques, et filmés « pour de vrai », tandis que les héros sont des créatures numériques ajoutées en post-production.

Une coccinelle, donc, à la recherche de son fils (ou de sa fille, ça n’a pas vraiment d’importance), et qui doit quitter sa forêt hivernale du Mercantour pour s’envoler en direction de la Guadeloupe, terre foisonnante en matière d’insectes. Et ses amis l’araignée et la fourmi, qui savent compter les uns sur les autres depuis le premier film, et qui embarquent à bord d’un bateau pirate (une maquette) pour traverser l’Atlantique…

Visuellement, c’est bluffant, tant les décors sont importants, et magnifiquement mis en valeur. C’est aussi d’une grande inventivité, le moindre écueil étant motif de gag, voire d’émotion forte. C’est aussi plein de références cinématographiques : même si ces références sont moins omniprésents que dans le premier film, les réalisateurs s’amusent quand même à citer les films de Ray Harrihausen ou les classiques du cinéma d’aventures et de pirates.

Minuscule 2, c’est aussi un bel éloge de l’entraide, et un pur plaisir de cinéma.

Les Enquêtes de l’inspecteur Wallander : le guerrier solitaire (Wallander : Sidetracked) – de Philip Martin – 2008

Posté : 25 février, 2019 @ 8:00 dans * Polars européens, 2000-2009, MARTIN Philip, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Les Enquêtes de l'inspecteur Wallander le guerrier solitaire

Ça m’a pris comme ça, après avoir lu l’excellent roman de Mankell : l’envie de voir si ce téléfilm était fidèle à l’œuvre originelle. Alors ? Oui et non. Et nous voilà bien avancés…

On reprend donc l’intrigue imaginée par le romancier suédois, ces meurtres successifs commis à coups de petite hachette, sans liens apparents entre les victimes. La scène d’ouverture aussi : le héros Kurt Wallander qui insiste impuissant au suicide d’une très jeune fille qui s’immole par le jeu dans un vaste champ de colza. Et on n’hésite pas à prendre d’importantes libertés avec la conclusion. C’est pas dramatique, mais c’est dommage.

Peu importe, en fait. Visuellement, c’est propre et assez terne, loin en tout cas du pouvoir d’évocation de Mankell. Bref, ce n’est pas déshonorant, pas plus que ça ne rend vraiment hommage au roman. Mais il y a Kenneth Branagh, lourdement fatigué, qui est la raison d’être de ce téléfilm, premier épisode d’une série qui durera quatre saisons (au rythme de trois épisodes par an), et au cours de laquelle Branagh excellera.

La tristesse et la douleur lui vont parfaitement bien. Tant mieux : c’est lui, avec son pas fatigué, sa carcasse qu’il semble avoir un mal fou à bouger, son regard douloureux, sa sensibilité à fleur de peau, qui donne le ton et le rythme du film. Sa première raison d’être, oui.

On Secret Service (id.) – de Walter Edwards (et Thomas H. Ince) – 1912

Posté : 24 février, 2019 @ 8:00 dans 1895-1919, BORZAGE Frank, COURTS MÉTRAGES, EDWARDS Walter, INCE Thomas H., WESTERNS | Pas de commentaires »

On secret service

En pleine cure de Borzage (une cure bien agréable, qui doit guérir bien des maladies nerveuses), ce court métrage fait figure de curiosité : il est considéré comme le tout premier film auquel ait participé le jeune Frank Borzage. Pas encore derrière la caméra, mais devant : ce serait le premier rôle qui lui aurait été confié.

La plupart des filmographies le confirment, Hervé Dumont l’évoque comme une possibilité dans sa biographie, mais je me demande encore quel rôle il tient. Peut-être trop jeune, peut-être trop discret, peut-être méconnaissable derrière une moustache ou chapeau ? Je suis en tout cas incapable de dire quel rôle joue le futur cinéaste, dans ce western typique des productions de Thomas H. Ince. Ince à qui certains attribuent la réalisation, même s’il semble qu’elle soit plutôt assumée par Walter Edwards, qui tient par ailleurs l’un des deux rôles principaux.

Deux rôles principaux qui ne manquent d’ailleurs pas d’intérêt : deux agents secrets travaillant l’un pour les Nordistes, l’autre pour les Sudistes, qui se font tous deux passer pour des officiers du camp opposé pour espionner, voler des informations capitales, et répandre de fausses nouvelles. Deux frères ennemis en quelque sorte, qui se retrouvent d’ailleurs autour de la sœur de l’un d’eux.

Le film tient ses promesses avec un rythme impeccable et une caméra dynamique (notamment lors de scènes de batailles courtes mais intenses). Surtout, le final est très réussi, mélange de suspense et de drame mené à 100 à l’heure (le drame se noue en quelques secondes), et assez virtuose.

Notons aussi la présence de Francis Ford, le grand frère de John, qui campe un Abraham Lincoln tellement convaincant qu’il retrouvera le rôle une quinzaine de fois dans les années qui suivent.

Peaky Blinders (id.) – saison 3 – créée par Steven Knight – 2016

Posté : 18 février, 2019 @ 8:00 dans * Films de gangsters, * Polars européens, 2010-2019, KNIGHT Steven, MIELANTS Tim, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Peaky Blinders saison 3

Sauvé de la mort in extremis par les hommes de Churchill, Thomas Shelby est désormais redevable envers l’homme fort d’Angleterre. Y compris le jour de son mariage tant attendu avec la belle Grace, la femme qu’il aime, l’unique personne capable de contenir sa rage. Mais la violence appelle la violence, et la tragédie guerre. Lorsqu’elle arrive, c’est tout un fragile équilibre qui explose.

Comme un fascinant fil rouge, le « Red Right Hand » de Nick Cave rythme une nouvelle fois cette ébouriffante troisième saison, tantôt envoûtante, tantôt rageuse, tantôt éthérée. L’utilisation de cette chanson, et d’autres, reste l’une des grandes particularités de la série de Steven Knight, la première sans doute à utiliser le « Lazarus » de David Bowie et le « You want it darker » de Leonard Cohen, deux chansons marquées par la mort.

C’est dire si la mort est omniprésente dans cette saison, qui marque le basculement de la famille Shelby, et la fin d’une époque. La violence est rare, elle n’en est que plus percutant et traumatisante. L’esthétisme fascinant de la série n’enlève strictement rien au poids de cette violence, qui est plus que jamais le sujet du show : la violence et ses conséquences, au cœur de tous les drames qui se nouent.

Dans le rôle de Thomas, le chef de la famille Shelby, Cilian Murphy est d’une intensité rare. Cette troisième saison lui donne la possibilité de donner toute l’étendue de son talent, son personnage passant par à peu près tous les états inimaginables, de la paix intérieure à la douleur la plus vive en passant par la folie, la rage et le cynisme. Un personnage tiraillé par ses démons, dont on ne peut qu’imaginer tout ce qu’il peut encore donner à la série.

Le personnage de son frère Arthur est tout aussi passionnant, homme de main rongé par ses péchés, qui lutte contre ses démons, mais que sa fureur mal renfermée rattrape sans cesse. Comme la tante Polly, femme forte et fière, rattrapée par ses désirs de femme et de mère, en rupture avec la violence dans laquelle s’est enfermée la famille Shelby. Deux personnages magnifiques, portés par deux acteurs particulièrement habités, Helen McCrory et Paul Anderson.

Peaky Blinders dresse une peinture sans concession de l’Angleterre des années 20 avec ses politiciens véreux et ses hommes d’église peu fréquentables. La série de Steven Knight, visuellement magnifique, et totalement addictive, continue son sans-faute. Vivement la suite.

* Voir aussi la saison 1 et la saison 2.

Allen in movieland (id.) – de Dick McDonough – 1955

Posté : 14 février, 2019 @ 8:00 dans 1950-1959, CURTIS Tony, EASTWOOD Clint (acteur), McDONOUGH Dick, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Allen in movieland

Voilà une curiosité dans la carrière de Clint Eastwood. 25 ans, sous contrat à la Universal depuis quelques mois, Clint venait alors de décrocher sa première panouille à l’écran dans La Revanche de la créature (sorti trois mois plus tôt dans les salles américaines). Et il fait ici sa toute première apparition télévisée, dans un programme destiné à promouvoir les dernières productions de la Universal.

Intéressant à plus d’un titre, ce programme démontre d’abord qu’à l’époque, on ne se contentait pas de diffuser les bandes annonces. Allen in movieland met en scène la vedette de télévision Steve Allen, vedette de la télévision, choisi pour incarner Benny Goodman dans un biopic, que l’on voit découvrir les studios dans une série de scènes humoristiques.

Il y croise de nombreuses vedettes maison : Tony Curtis qui répète des cascades de son nouveau film (Les Années sauvages), Audie Murphy qui évoque son film autobiographique L’Enfer des hommes, Piper Laurie qui pousse la chansonnette, ou encore Jeff Chandler. Ce dernier présente son dernier film (La Muraille d’or avec Jane Russell), prouve qu’il a un beau timbre de voix… et devient le premier à prononcer le nom de Clint Eastwood à l’écran !

Le narrateur du programme explique le fonctionnement du studio, et notamment la politique visant à prendre des jeunes talents sous contrats pour les former (et les avoir sous la main). C’est ce que connaît Clint à cette époque, et le voilà jouant les utilités auprès de deux autres jeunes acteurs (Rex Reason et Grant Williams) dans un court métrage adapté de Bright Victory.

Il y est d’ailleurs très bien, même si son rôle n’est qu’un contrepoint à ceux de ses deux comparses : un jeune soldat devenu aveugle qui s’en prend amèrement à l’officier qui tente de l’aider, sans réaliser que ce dernier a lui-même perdu la vue. Un simple observateur, à l’exception d’une réplique percutante qui « ouvre les yeux » du jeune soldat.

Comme un petit signe du destin : ce passage est suivi par un numéro dansant sur la musique de « That all black magic », chanson de Harold Arlen et Johnny Mercer que Clint Eastwood utilisera quelques décennies plus tard dans Minuit dans le jardin du bien et du mal (chantée alors par Kevin Spacey).

Et puis, pour ce grand amoureux de jazz, cette expérience a dû être marquante : dans la scène finale de Allen in movieland, tout le cast se réunit autour de Steve Allen et de Benny Goodman lui-même, qui se lancent dans un duo piano-clarinette. On y voit très clairement Clint Eastwood dodelinant de la tête et affichant un large sourire derrière l’épaule de Goodman. Classe.

Les Aventuriers du Far West : The Last Letter (Death Valley Days : The Last Letter) – série créée par Ruth Woodman – épisode réalisé par Stuart R. McGowan – 1956

Posté : 10 février, 2019 @ 8:00 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, EASTWOOD Clint (acteur), McGOWAN Stuart R., TÉLÉVISION, WESTERNS, WOODMAN Ruth | Pas de commentaires »


Death Valley Days The Last Letter

Les débuts de Clint Eastwood ont décidément été plus satisfaisants à la télévision qu’au cinéma, où ses tout premiers rôles se limitent à de brèves apparitions le plus souvent sans consistances. En 1956, il a bien droit à son nom au générique et à d’avantage de scènes que d’habitude dans The First Travelling Saleslady, mais son personnage est un cliché souriant sur patte, rigolo mais totalement inconsistant.

Cette même année, il trouve son premier rôle intéressant dans cet épisode d’une série au long cours, commencée à la radio dès les années 30, anthologie racontant des épisodes plus ou moins authentiques et plus ou moins glorieux de la conquête de l’Ouest, vers la Californie. En l’occurrence : l’histoire d’Alexander Todd, chercheur d’or qui découvre qu’il est plus facile pour lui de faire fortune en créant un service postal entre les mineurs et San Francisco.

Ce personnage authentique est interprété par William Pullen, acteur aperçu (si on cherche bien) dans Eve et Victime du Destin, et qui campe un Todd particulièrement peu attachant. Deuxième au générique, Clint Eastwood, tout jeune et légère moustache, est, de loin, le personnage le plus intéressant de l’épisode : un mineur solitaire et taciturne, qui a perdu goût à la vie et refuse d’adhérer au service postal.

Et il est très bien, le jeunôt Clint, très émouvant dans le rôle de ce pionnier malheureux au bord de la dépression, à qui le réalisateur réserve les deux plus beaux moments : des gros plans sur son visage résigné et fatigué, qui révèlent déjà l’intensité de sa présence. Bien plus en tout cas que les panouilles qu’il a eu l’occasion de faire sur grand écran jusque là.

Highway Patrol : Motorcycle A (id.) – épisode réalisé par Lambert Hillyer – 1956

Posté : 30 janvier, 2019 @ 8:00 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, EASTWOOD Clint (acteur), HILLYER Lambert, POLARS/NOIRS, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Highway Patrol Motorcycle A

Clint Eastwood a tourné face à Broderick Crawford. Juste ça, ça mérite que l’on jette un œil à cet épisode d’une série télé totalement oubliée aujourd’hui : Highway Patrol, show totalement à la gloire des forces de l’ordre, dans la lignée (mais en plus policée) des polars de série B des années 40, genre où Anthony Mann ou Richard Fleischer ont fait des débuts très remarqués.

On n’est clairement pas à ce niveau là : Highway Patrol est tout juste sympathique, grâce surtout à la présence décidément toujours marquante de son acteur principal, Broderick Crawford donc, voix grave et profonde qu’on écoute sans moufter, tant le gars dégage une autorité naturelle. Sympathique, mais aussi anonyme dans sa mise en scène, et modeste dans son propos.

Si on en parle ici, c’est donc parce que le jeune Clint Eastwood, entre deux apparitions sans envergure sur grand écran, tient ici un second rôle un peu plus consistant : celui d’un motard en blouson de cuir victime de la hargne d’un patron de bar, bien décidé à débarrasser sa petite ville de la présence des bikers, qu’il accuse de tous les maux de la terre depuis qu’une bande à motos à mis la ville à sac, estropiant par la même occasion sa femme.

Sauf que Clint et son pote sont des motards sympas qui ne voulaient que manger un morceau. Et sauf que la mesquinerie du cafetier va se terminer en drame. Heureusement, Broderick Crawford et les flics de la Highway Patrol ne sont pas dupes, et ils vont remettre les choses à leur place en moins de trente minutes : le temps que dure cet épisode.

Ce n’est pas inoubliable, loin s’en faut, mais c’est une (petite) étape dans la carrière de Clint…

LIVRE : Mireille Balin, la star foudroyée – de Frank Bertrand – 2014

Posté : 18 janvier, 2019 @ 8:00 dans LIVRES | Pas de commentaires »

LIVRE Mireille Balin La star foudroyée

Est-ce le regard de Mireille Balin, ses lèvres qui esquissent un sourire, ou ce corps qu’elle met en valeur avec une liberté évidente ? Les photos que l’on trouve dans ce livre sont fascinantes, comme si l’actrice, les yeux tournés vers l’objectif, lançait un défi à quiconque oserait la juger…

Mireille Balin, c’est l’une des grandes actrices oubliées du cinéma français. Deux fois partenaire de Jean Gabin (Pépé le Moko et Gueule d’amour), dont elle fut la maîtresse avant d’être celle de Tino Rossi, la jeune femme a eu la mauvaise idée de tomber amoureuse d’un officier allemand pendant l’occupation, et de ne pas même chercher à faire profil bas. Elle fut donc l’une des grandes victimes de l’épuration : enfermée et violée à la libération, l’homme de sa vie sans doute assassiné (son corps n’a jamais été identifié), elle terminera sa vie seule et miséreuse…

Une destinée tragique que Frank Bertrand (auteur qui vient de mourir) évoque avec une passion communicatives. Plutôt qu’une biographie traditionnelle, La star foudroyée est bien une évocation de cette vie fulgurante, sous la forme d’une enquête, autour de seize cahiers écrits par un personnage-prétexte et retrouvés par hasard par le narrateur, qui découvre en même temps que le lecteur le pouvoir de fascination de la Balin.

Quel personnage ! Femme libre, femme détachée aussi, sans doute, pour le meilleur et pour le pire. Mireille Balin traverse sa carrière de star naissante comme elle traversera sa déchéance à venir : avec un détachement dont on ne sait s’il relève de la fierté ou d’une certaine indifférence à son propre sort. Un beau livre en tout cas, dont on ressort avec un vrai sentiment de révolte, et une envie de revoir ses grands films…

Les Aristochats (The Aristocats) – de Wolfgang Reitherman – 1970

Posté : 15 janvier, 2019 @ 8:00 dans 1970-1979, DESSINS ANIMÉS, REITHERMAN Wolfgang | Pas de commentaires »

Les Aristochats

Walt Disney est mort, vive Walt Disney ! Mort en 1966 durant la production du Livre de la Jungle, le tout puissant oncle Walt avait certes donné lui-même le feu vert à la mise en chantier des Aristochats, mais ce long métrage est le premier auquel il n’ait pas directement participé. Et on aurait bien envie de dire que ça change un peu les choses.

Non pas que les précédents soient ratés, ni même qu’il s’est passé une révolution dans la logique du studio, mais quand même. Ce qui frappe d’emblée, c’est le style visuel du film, avec ces dessins comme sortis directement d’un carnet de croquis, qui rompent avec la perfection et l’extrême réalisme qui marque la plupart des longs métrages depuis Blanche-Neige, le tout premier.

Et puis le ton, le rythme, très jazzy. Dans Le Livre de la jungle déjà, quelques scènes révélaient un certain goût pour le jazz. Mais sans commune mesure avec les grands moments des Aristochats, ce bœuf improvisé dans un squat parisien, et cet air inoubliable chanté (en français et en anglais) par Maurice Chevalier lui-même.

L’histoire, simple prolongement de La Belle et le Clochard et des 101 dalmatiens, n’apporte pas grand-chose de nouveau à la gloire de Disney. Mais la forme, elle, a quelque chose de franchement enthousiasmant, et même d’euphorisant. « Tout le monde veut devenir un cat, parce que un chat quand il est cat, retombe sur ses pattes… »

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