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Qu’a fait Jack ? (What did Jack do ?) – de David Lynch – 2017

Posté : 27 mars, 2020 @ 8:00 dans 2010-2019, COURTS MÉTRAGES, FANTASTIQUE/SF, LYNCH David, POLARS/NOIRS | Pas de commentaires »

Qu'a fait Jack

Entre deux saisons de Twin Peaks (il y en aura bien une quatrième, n’est-ce pas ???!!!), la filmographie de David Lynch est essentiellement faite de courts métrages ces dernières années. Œuvres majeures ou mineures ? Comment diable peut-on répondre à cette simple question devant cette chose aussi séduisante que déroutante : 17 minutes d’un interrogatoire mené par un détective qui soupçonne un petit singe.

Qui le soupçonne de quoi au juste ? D’avoir fricoté avec des volailles, d’avoir assassiné quelqu’un, de faire partie d’une organisation communiste ? Le singe se défend : normal, un petit animal aussi bien habillé que lui est forcément doué de parole. Et c’est un trucage aussi simple que rudimentaire qui lui permet de parler, une bouche humaine étant plaquée sur le visage de l’animal. Aussi imparfait que déstabilisant.

Face à lui, c’est David Lynch lui-même qui mène l’enquête, le costume et la mèche impeccable, sorte de double de Gordon Cole, son personnage de Twin Peaks. L’esthétique, d’ailleurs, évoque d’ailleurs immédiatement le fameux épisode 8 de la troisième saison, avec ce noir et blanc au grain profond et plein de défauts. Mais très vite, c’est le surréalisme de la Loge Noire que l’on croit retrouver, dans ce dialogue totalement lynchien.

Lynchien, parce que le réalisateur (également scénariste, ingénieur son, décorateur, acteur, monteur…) crée une atmosphère qui n’appartient qu’à lui, où l’absurde cohabite avec une vérité troublante. Il est franchement difficile de résumer le dialogue qui se noue entre ces deux personnages, encore plus de le comprendre vraiment. Mais il y a une ambiance de film noir à l’ancienne, une pression qui se fait de plus en plus fortes, et quelques références qui invoquent des heures troubles…

Il y a aussi la présence de Lynch, magnétique et fascinante. Et le regard quasi-fixe de ce petit singe pas très net mais acculé, regard noir et profond qui, malgré l’absurdité du procédé et les faux airs de sketch rigolard, happe l’attention et l’émotion. Incompréhensible, mais passionnant. David Lynch, en somme…

Mindhunter (id.) – saison 2 – créée par Joe Penhall et David Fincher – 2019

Posté : 19 mars, 2020 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, DOMINIK Andrew, FINCHER David, FRANKLIN Carl, PENHALL Joe, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Mindhunter saison 2

Après l’excellente première saison, on se demandait quand même un peu si le show de David Fincher allait réussir à garder la même intensité, avec ce parti-pris si radical. La réponse est oui, grâce à une logique dont Fincher ne se départit jamais : il n’est pas homme à se reposer sur ses lauriers, ses différentes contributions au « film de serial killer » le prouvent. Cette deuxième saison, tout en s’inscrivant dans le prolongement de la précédente, fait donc le choix d’une évolution très marquée.

Les entretiens avec les tueurs enfermés sont toujours présents, mais n’apportent plus grand-chose d’autres que des échecs, comme si Fincher (qui réalise encore les trois premiers épisodes) et les scénaristes voulaient montrer qu’ils n’étaient pas dupe : après la théorie, il est grand temps de passer à la pratique. En l’occurrence à la traque d’un authentique tueur en série toujours en activité : à Atlanta, où de nombreux enfants noirs ont été enlevés et assassinés.

Cette enquête, la première à laquelle la cellule créée par nos héros au sein du FBI est officiellement associée, occupe la plus grande partie de cette saison. Un choix là encore assez radical. D’abord parce que l’affaire, bien réelle, n’a été que partiellement élucidée. Puis parce qu’un doute subsiste toujours sur l’existence d’un tueur unique dans cette vague de meurtres.

Fausses pistes, plantages complets… L’enquête souligne l’importance de cette science du comportement encore balbutiante, mais aussi ses limites, et la difficulté d’associer les méthodes nouvelles et celles plus traditionnelles. Le formidable duo formé par les agents Ford (Jonathan Groff) et Tench (Holt McCallany) l’illustre bien : ce dernier étant partagé entre admiration et agacement à propos de son jeune collègue, aussi brillant et intuitif lorsqu’il s’agit de comprendre des tueurs qu’il ne connaît pas, que déconnecté et à côté de la plaque avec son entourage.

L’entourage du duo d’enquêteurs et de l’analyste jouée par Anna Torv semble en retrait. Pourtant, son importance est centrale dans cette saison qui, au fond, évoque surtout la radicalisation de ces personnages qui, plus ils avancent dans la compréhension de ces tueurs qu’ils apprennent à connaître mieux que quiconque, plus ils s’enfoncent dans une logique d’où tous les êtres censés sont exclus. Les dernières minutes de cette belle fascinante d’épisodes sont ainsi d’une tristesse insondable. La troisième saison, incertaine, n’en est que plus urgente.

Mindhunter (id.) – saison 1 – créée par Joe Penhall et David Fincher – 2017

Posté : 1 mars, 2020 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, DOUGLAS Andrew, FINCHER David, KAPADIA Asif, LINDHOLM Tobias, PENHALL Joe, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Minhunter saison 1

La fascination de David Fincher pour les tueurs en série a donné de grands films de cinéma : Seven, Zodiac, mais aussi Millenium. Elle donne cette fois une grande série télé qui, comme tout ce qu’il a fait jusqu’à présent, offre une approche inédite du genre.

Loin de Seven, donc. Loin de Zodiac aussi, Mindhunter évoque la naissance de la science du comportement au sein du FBI. Inspirée de personnages réels, la série met en scène quelques uns des tueurs en série les plus marquants des Etats-Unis, à commencer par Ed Kemper, mais d’une manière assez radicale, en reléguant le suspense traditionnel loin, très loin en arrière-plan.

Rien de facile, ni d’évident dans l’approche de Mindhunter. L’essentiel de l’action consiste en de longues « interviews » des criminels en prison. Il y a bien quelques tueurs en liberté, que les méthodes nouvelles de nos héros pourraient aider à interpeller. Mais la série évite de tomber dans la logique du polar, et fuit comme la peste toutes les ficelles habituelles pour créer le suspense.

Peu de suspense, d’ailleurs, mais une tension, énorme. Et des glissements, imperceptibles et vertigineux. Celui de Ford et Tench, les deux agents si différents dont le quotidien est de côtoyer les pires monstres de l’histoire récente avant de rentrer faire un bécot à leurs compagnes. Ils sont formidables, Jonathan Groff et Holt McCanally, deux acteurs aux styles radicalement opposés : l’un éthéré, délicat et si perméable aux horreurs qu’il approche au plus près, l’autre solide, massif et terrien. Une grande trouvaille, que d’associer ces deux là.

David Fincher, comme il l’avait fait pour House of Cards, définit l’univers visuel de la série en réalisant lui-même les deux premiers épisodes. Il signe aussi les deux derniers de cette première saison, chef d’œuvre de tension, inconfortable au possible.

On sort haletant de cette ultime confrontation entre Ford et Kemper, conscient des limites de ce l’humain peut endurer. Mal à l’aise, mais on en redemande…

Klaus (id.) – de Sergio Pablos – 2019

Posté : 24 février, 2020 @ 8:00 dans 2010-2019, DESSINS ANIMÉS, PABLOS Sergio | Pas de commentaires »

Klaus

Que voilà un dessin animé enthousiasmant ! Première réalisation de l’Espagnol Sergio Pablos, premier long métrage d’animation produit par Netflix. Bref, rien ne présageait une telle réussite, et un film si original.

Cette histoire d’un jeune héritier trop gâté qui se retrouve coincé dans une petite ville perdue au fin-fond du Grand Nord, dans une communauté divisée par une vieille querelle ancestrale, n’est pas en soi révolutionnaire. C’est l’éternelle histoire de rédemption et de découverte des sentiments les plus purs, dans les conditions les plus extrêmes.

Mais Sergio Pablos fait le choix d’une animation traditionnelle aux éclairages soignés, et d’un trait de dessin dynamique et moderne, avec des décors aussi simples que spectaculaires. Autant de choix esthétiques qui donnent au film une couleur très originale et très séduisante.

Il y a aussi un humour ravageur, beaucoup d’émotion, un rythme impeccable, et une pointe de méchanceté bienvenue. Surtout, il y a un scénario assez formidable, qui raconte quand même la naissance du Père Noël : comment le mythe est né, comment les rênes ont été choisis, et comment il est devenu universel, dans une vibrante ode à l’ouverture et aux différentes cultures.

C’est drôle, c’est surprenant, c’est intelligent, et c’est même profond. Ce blog ne se fait pas vraiment une spécialité du cinéma d’animation, mais ce Klaus s’installe tranquillement dans le haut du panier.

Vic le Viking (Vic the Viking and the Magic Sword) – d’Eric Cazes – 2019

Posté : 17 février, 2020 @ 8:00 dans 2010-2019, CAZES Eric, DESSINS ANIMÉS | Pas de commentaires »

Vic le Viking

Le fils d’un chef viking désespère de voir son père enfin reconnaître ses vrais qualités… Cette adaptation en long métrage d’une série animée qui a bercé l’enfance des quadras d’aujourd’hui est une jolie réussite, sans prétention et sans excès de quoi que ce soit. Juste une belle histoire de transmission, sur l’éternel sujet du passage de l’enfance à l’âge adulte.

Beaucoup d’humour, beaucoup de rebondissements, quelques effets saisissants (la belle scène du bateau surfant entre deux eaux), et une réappropriation maligne du mythe de Odin et de ses fils ennemis, dont Thor, qu’on a plutôt plaisir à retrouver avec son marteau, mais sans les Avengers.

Bref, du cinéma d’animation très recommandable pour les fêtes de fin d’année. Pas du cinéma d’auteur, mais pas de la grosse guimauve abêtissante non plus.

La Méthode Kominsky (The Kominsky Method), saison 1 – créée par Chuck Lorre – 2018

Posté : 14 février, 2020 @ 8:00 dans 2010-2019, LORRE Chuck, McCARTY-MILLER Beth, PETRIE Donald, TÉLÉVISION, TENNANT Andy | Pas de commentaires »

La Méthode Kominsky

42 ans : c’est le temps que Michael Douglas aura mis avant de renouer avec l’univers de la série télévisée. Depuis la fin des Rues de San Francisco, en 1976, il s’en est passé des choses. D’abord, je suis né, et ce n’est pas rien. Puis le fils de Kirk est devenu une grande star (peut-être la plus belle success story de l’histoire des fils de), enchaînant Oscar (pour Wall Street en 1988), grands rôles sulfureux (Basic Instinct en 1992), et grands rôles tout court (The Game en 1997).

Et puis badaboum, comme disait Bébel. Après une superbe année 2000 (Wonder Boys et Traffic, deux films formidables), Michael Douglas enchaîne les mauvais choix et les nanars indignes de son talent. Le jeune public le découvre dans un petit rôle récurrent des Ant-Man (ça doit bien payer), ses fans de la première heure pleurent. Le voir revenir dans une série télé n’annonçait d’ailleurs rien de bon, et ressemblait furieusement à un plan de fin de carrière, histoire de glisser tranquillement jusqu’à la retraite.

Surprise : La Méthode Kominsky donne l’impression de redécouvrir totalement Michael Douglas, que l’on n’avait jamais vu avec un tel sens de l’autodérision. Première surprise : c’est une comédie que choisit Douglas, et une comédie qui non seulement ne fait pas l’impasse sur son âge (75 ans), mais en fait le sujet central du show. Il y est un ancien acteur à succès devenu coach reconnu pour acteurs débutants, mais que plus personne ne veut faire jouer.

Mieux : cet acteur à qui une poignée de rôles marquants ont collé une image très sexuelle joue un séducteur (un queutard ?) vieillissant qui réalise que son pouvoir sur les femmes est de moins en moins évident, et dont la vessie lui pose des problèmes réguliers. D’où une scène assez irrésistible avec le vieux comparse de toujours de Douglas, Danny De Vito.

Rien de révolutionnaire, certes : La Méthode Kominsky n’invente rien dans le domaine, et son irrévérence reste toujours polie. Mais la série repose sur un tandem franchement réjouissant : Douglas, donc, et son vieil agent joué par Alan Arkin, nouveau veuf acariâtre et mal aimable. Les deux hommes sont radicalement différents, avec des envies, des habitudes et des goûts souvent opposés, mais ils s’aiment d’une amitié simple et sincère.

Entre eux deux, il se passe ce genre de chose qui donne juste envie de suivre leurs parcours le plus longtemps possible. Chouette comédie.

Peaky Blinders (id.) – saison 4 – créée par Steven Knight – 2017

Posté : 29 janvier, 2020 @ 8:00 dans * Films de gangsters, * Polars européens, 2010-2019, CAFFREY David, KNIGHT Steven, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Peaky Blinders saison 4

Un premier épisode un peu en creux, qui règle un peu facilement le cliffhanger énorme de la saison précédente et qui s’achève par une tuerie glaçante… Un deuxième épisode qui commence par une séquence d’anthologie qui rappelle toutes les qualités de la série : la stylisation des images, le rythme, l’émotion, musique (en l’occurrence le Mercy Seat crépusculaire de Nick Cave).

La première heure résume finalement assez bien cette saison 4, pleine de moments de bravoure à couper le souffle, mais aussi un peu en retrait par rapport aux précédentes. Parce que, malgré les nombreux rebondissements, cette saison-là est, de loin, la plus simple, se limitant en grande partie à une histoire de vengeance, et à l’affrontement sanglant de deux familles.

D’un côté, les Peaky Blinders donc, avec des guerres internes qui font long feu. Et de l’autre, la mafia italienne qui débarque des Etats-Unis derrière un Adrian Brody insupportable à force de se la péter Brando/De Niro. C’est LE gros point faible de cette saison, tant son cabotinage est grotesque.

Les scènes qui l’opposent à Cillian Murphy (d’une intensité toujours impressionnante) ou même à Tom Hardy (qui en fait beaucoup aussi, mais en créant un vrai personnage, assez génial) sont presque gênantes pour lui… Heureusement, la plupart de ses apparitions débouchent sur des gunfights. Et dans le domaine, la série tient toutes ses promesses, avec une utilisation particulièrement efficace des décors (naturels ou urbains).

Réjouissante dans l’action, la série renoue aussi avec le cynisme de son ADN, dans sa manière d’aborder le contexte de l’histoire : les mouvements sociaux des travailleurs dans le Birmingham de 1926. Le nouveau personnage le plus intéressant est d’ailleurs celui d’une jeune syndicaliste déterminée (les rôles de femmes sont décidément très réussi dans Peaky Blinders). Un peu en retrait, hélas. Mais la conclusion de cette saison, cynique à souhait, ouvre bien des perspectives…

Shaun le mouton : la ferme contre-attaque (A Shaun the Sheep Movie : Farmageddon) – de Will Becher et Richard Phelan -2019

Posté : 18 janvier, 2020 @ 8:00 dans 2010-2019, BECHER Will, DESSINS ANIMÉS, PHELAN Richard | Pas de commentaires »

Shaun le mouton la ferme contre-attaque

Ça sent la mauvaise idée à plein nez : pour son deuxième long métrage, Shaun le mouton, le personnage en pâte à modeler, s’offre une rencontre avec un extraterrestre. Loin, donc, des aventures plus terre-à-terre auxquelles il était habitué dans la série télé qui lui était consacrée.

On retrouve tout de même l’esprit de Nick Park, cet humour anglais qui avait fait le succès de Wallace et Gromit. Mais dilué dans une avalanche de références aux grands (ou moins grands) films de science fiction, qui ont le mérite d’occuper le papa qui sans ça aurait tendance à s’ennuyer un peu.

D’ailleurs, le film est un remake qui ne dit pas son nom de E.T. : même histoire d’un alien paumé sur terre qui veut « phone home » pour retrouver les siens, même scène de rencontre dans la grange, même apparition inquiétante des agents du gouvernement, même volonté de donner un faciès trop mignon à l’extraterrestre…

A part ça, on a droit aux clins d’œil les plus attendus (le plan de la lune de E.T., la musique d’X-Files et celle de Rencontre du 3e type), et d’autres plus surprenants : le « transformer » qui grimpe une tour comme King Kong avant lui (bof), le toast qui sort comme se dressait le monolyte de 2001 (réjouissant). Et beaucoup, beaucoup d’autres.

Mais c’est quand il se défait de cette volonté de citer les anciens que ce Shaun le mouton est le plus réussi. Le gag initial des frites, ou le concours de conneries des moutons dans la ferme… On retrouve là l’ADN du studio Ardman, un peu brièvement hélas.

Top of the Lake : China Girl (id.) – série créée par Jane Campion et Gerard Lee – 2017

Posté : 4 novembre, 2019 @ 8:00 dans 2010-2019, CAMPION Jane, KLEIMAN Ariel, LEE Gerard, POLARS/NOIRS, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Top of the Lake China Girl

Pour la deuxième saison de sa superbe série, Jane Campion choisit de tout changer, ou presque. Nouveau décor : à la nature de Nouvelle-Zélange succède la ville d’Australie. Nouveaux personnages : à l’exception de Robin Griffin, la magnifique héroïne interprétée par Elisabeth Moss, uniquement des nouveaux venus, à une apparition près. Nouvelle enquête, là aussi radicalement différent.

Que reste-t-il alors de l’atmosphère fascinante de la série, alors ? Eh bien tout, curieusement. Même avec des parti-pris très différents, même en faisant à peu près table rase de ce qu’on avait appris à adoré, Top of the Lake garde ce mystère et cet envoûtement qui font sa beauté. Cette saison 2 n’est pas le prolongement de la première, mais elle en a la même ambition, la même intensité, et la même réussite.

La même radicalité, aussi. Plus encore que la première saison, China Girl aborde le thème de la paternité, et de la place de la femme dans la société, et dans la famille. Mais elle le fait avec une audace folle, et une approche totalement décomplexée. Car l’enquête, a priori classique, sur la disparition d’une jeune prostituée, se transforme très rapidement en une quête intime pour Robin, qui se résume bientôt à un cercle pseudo-familial aussi improbable que bouleversant.

Le mouvement qui habite cette deuxième saison se résume assez bien lors d’une longue séquence d’une intensité folle, dans l’avant-dernier épisode, où tous les rapports entre les membres de ce cercle familial semblent mis à mal, les uns après les autres, dans un enchaînement infernal, chacun se retrouvant totalement seul : Robin, sa fille naturelle avec qui elle a enfin pu tisser des liens, les parents adoptifs de cette dernière, et même le maquereau manipulateur dont la jeune fille s’est éprise.

Dans cette deuxième saison, Jane Campion souffle le chaud et le froid, la douleur extrême n’étant jamais dénuée d’une lueur d’espoir, si faible soit-elle. A l’inverse, le personnage plutôt amusant de la fliquette à la taille démesurée révèle peu à peu une profondeur et une noirceur extrêmes. D’une manière générale, les personnages sont d’ailleurs tous passionnants, et totalement inattendus.

Cette alternance de moments très sombres avec quelques sursauts plus léger, cette manière de passer de longs passages lents et introspectifs à d’autres plus angoissants, voire carrément flippants… Tout ça renforce l’intensité de cette série décidément magnifique. La prestation d’Elisabeth Moss, impeccable dans tous les registres, n’y est pas pour rien.

Top of the Lake (id.) – série créée par Jane Campion et Gerard Lee – 2013

Posté : 15 octobre, 2019 @ 8:00 dans 2010-2019, CAMPION Jane, DAVIS Garth, LEE Gerard, POLARS/NOIRS, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Top of the Lake

Envoûtant, visuellement splendide, lent et tendu, cette mini-série est une superbe réussite, qui porte clairement la marque de Jane Campion, sa créatrice, et la réalisatrice de la moitié des épisodes. On y retrouve tous les thèmes chers à la cinéaste : l’homme (et la femme) dans la nature, la place de la femme dans la société, le poids de la maternité (et de la paternité)…

Jane Campion l’a d’ailleurs elle-même, et cela se sent : elle a pensé Top of the Lake comme un long film de six heures, divisé en six chapitres, plutôt que comme une série de six épisodes. Et c’est vrai qu’elle trouve le compromis parfait entre les codes de la série télé, avec d’un côté sa cohérence et son long mouvement unique, et de l’autre ses rebondissements qui ne donnent qu’une envie : enchaîner les six épisodes.

Parce que la réalisatrice n’oublie jamais non plus que Top of the Lake est un thriller. Même si son récit prend bien des chemins de traverse, jamais elle ne perd de vue l’enjeu de cette intrigue : retrouver une adolescente qui a disparu dans cette nature aussi belle que dangereuse de Nouvelle Zélande.

Il y a quelque chose de Twin Peaks dans l’idée même de Top of the Lake. Même si cette dernière est nettement plus ancrée, la série commence par l’arrivée d’un enquêteur dans une micro-société, où le drame va révéler bien des secrets cachés. Et quel microcosme : une région comme coupée du monde où la notion même de famille dépasse tous les codes habituels, et où tout le monde semble avoir quelque chose à cacher.

Y compris l’enquêtrice d’ailleurs, Robin, magnifique rôle de femme brisée, qui aurait pu être simplement passionnant. Elisabeth Moss lui donne quelque chose en plus : un mélange de force et de fragilité à peu près unique, parce que ces deux pans de sa personnalité sont également puissants. Un personnage fascinant et bouleversant, dont la présence souvent peu bavarde apporte toujours quelque chose d’inattendu.

Le reste de la distribution est parfait aussi, de Holly Hunter en gourou au bout du rouleau, à Peter Mullan, en inquiétant patriarche. Deux personnages qui, eux aussi, déjouent constamment toutes les idées reçues et toutes les attentes, capables d’être touchants dans l’horreur, ou abjects dans la souffrance.

Tendu, fascinant, bouleversant, surprenant, Top of the Lake est une réussite majeure. Et ELisabeth Moss une découverte qui l’est tout autant…

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