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Archive pour la catégorie 'DOCUMENTAIRE'

Black Panthers – d’Agnès Varda – 1968

Posté : 27 janvier, 2026 @ 8:00 dans 1960-1969, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Agnès Varda, qui vivait alors aux Etats-Unis, se rend à Oklahoma lorsque le mouvement des Black Panthers organise des manifestations pour obtenir la libération de l’un des leurs, Huey Newton, accusé d’avoir tué un policier. La culpabilité ou l’innocence de l’homme, qui aura bien d’autres démêlés avec la justice dans les années qui suivront, n’est pas le sujet de la cinéaste, qui livre avec ce documentaire au cœur de la foule un portrait d’une rare vivacité des Black Panthers.

Elle a un don, quand même, pour donner le sentiment d’être dans son élément quel que soit le sujet qu’elle filme. C’est particulièrement étonnant dans ce film remarquable et passionnant, où on ne peut que l’imaginer se glisser au plus près des manifestants noirs, caméra à la main, sans que personne visiblement ne s’en étonne. Elle n’apparaît pas à l’écran, mais comme toujours, c’est à la première personne qu’elle filme ce docu-portrait.

Et par la même occasion, comme dans son premier film américain, Uncle Yanco, c’est un portrait d’un pan de cette Amérique de 1968 que livre Varda, à travers cette série de rencontres organisées ou de micros tendus. La parole qu’elle reçoit dit tout du racisme, de ce que c’est qu’être noir dans une telle société. Bienveillante sans naïveté, Varda filme la fierté de noirs bien décidés à revendiquer leur culture, d’une communauté unie et déterminée.

Elle interroge aussi sur la violence, sans jugement mais avec honnêteté. Et c’est peut-être le plus pertinent des documentaires sur ce moment précis des luttes sociales des noirs américains que signe la Française Agnès Varda. C’est en tout cas un modèle de docu-reportage.

Uncle Yanco – d’Agnès Varda – 1967

Posté : 26 janvier, 2026 @ 8:00 dans 1960-1969, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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De passage à San Francisco, Agnès Varda va rencontrer cet oncle (un cousin de son père) peintre dont Henry Miller avait fait le portrait vingt ans plus tôt dans son livre Souvenirs, Souvenirs. « J’avais lu Miller », confie la réalisatrice en voix off. L’homme, lui, elle ne le connaissait pas : il avait quitté sa famille en Grèce bien des décennies plus tôt, pour vivre de son art en France, puis en Amérique.

Le portrait filmé que titre Varda de cette rencontre est merveilleux de tendresse et d’inventivité. Au-delà des liens familiaux que la cinéaste et son « modèle » se découvrent, c’est une sorte de portrait du San Francisco artiste et hippie que filme Varda, avec son sens si personnel du récit, du rythme, du montage, jouant de sa propre mise en scène, répétant les prises et soulignant les artifices pour mieux en tirer la vérité.

Le regard qu’elle porte sur ce San Francisco là ne ressemble à aucun autre : ces habitations flottantes dans un quartier aquatique ont quelque chose de la Pointe Courte qu’elle filmait dans son premier long métrage, deux microcosmes comme coupés du monde environnant. Ici, pourtant, c’est la vie, la liberté et la joie qui dominent, dans ce condensé de l’Amérique contestatrice, avec cet oncle Yanco, Jean Varda, qui s’est construit un paradis flottant fait de bric, de broc, et de douceur de vivre.

Viennale 2004 – bande annonce d’Agnès Varda – 2004

Posté : 4 décembre, 2025 @ 8:00 dans 2000-2009, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Trop forte, Agnès Varda, qui transforme la bande annonce du festival de cinéma de Vienne 2004 en une évocation de la terre et des ressources de la nature, terminant ces deux petites minutes par une question existentielle : « Et si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on ? »

Certes, le festival viennois met le documentaire à l’honneur, mais il faut quand même reconnaître une grande audace et une liberté dingue de la part de Varda, qui se met en scène observant une toupie dont le mouvement évoque une danseuse virevoltant sur la musique de Strauss, pour laisser son esprit divaguer vers des images nettement plus terriennes.

En passant de l’imagerie viennoise traditionnelle à une réalité bretonne ancrée dans le sol, Varda affirme en quelques instants la force d’un cinéma du réel qui n’oublie pas le style. C’est très court, et c’est très fort.

Une minute pour une image – mini-série d’Agnès Varda – 1983

Posté : 23 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1980-1989, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, TÉLÉVISION, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Agnès Varda a sélectionné des photos (170, dont 14 qu’elle commente elle-même) qui apparaissent à l’écran, laissant au spectateur le temps de les observer avant qu’elle ne dise en voix off ce que ces clichés lui inspirent. Cela peut être un détail de l’image, une histoire qu’elle lui rappelle, ou des interrogations, qu’importe.

Le propos est aussi varié que les photos retenues. Le regard rude d’une Algérienne forcée de posée dévoilée, et c’est à l’humanité de la femme que Varda pense, mais aussi celle du photographe de l’armée. Cinq mains qui en opèrent une sixième lui inspirent des références religieuses. Une autre main, sur une autre photo, qui tente de serrer une « main-poisson », et Varda qui tente de décrypter cette image

D’un épisode à l’autre, le ton peut être radicalement différent. Après un portrait de famille qui rappelle les compositions de l’école hollandaise, un charnier inspire des pensées contradictoires, alliant beauté et laideur… Une image surréaliste ou une photo ancienne, poétique ou historique. En quelques secondes, Varda a toujours ce petit commentaire personnel et pertinent qu’on ne voit pas venir. A montrer dans les écoles, pour réapprendre à regarder les images…

T’as de beaux escaliers, tu sais… – d’Agnès Varda – 1986

Posté : 21 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1980-1989, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

T’as de beaux escaliers, tu sais… - d’Agnès Varda – 1986 dans 1980-1989 54914836514_cb9c054b2f_z

Pour les 50 ans de la Cinémathèque Française, Agnès Varda signe un hommage à sa manière : un très court métrage (3 minutes) autour des fameux escaliers de l’institution, alors à Chaillot, où elle filme les spectateurs entrant ou sortant, souvent mis en scène pour répondre à des images mythiques du cinéma, tous mettant en scène des escaliers.

Pépé le Moko, Juve contre Fantômas, Le Cuirassé Potemkine, Citizen Kane, Le Mépris et quelques-autres défilent ainsi, dans un montage qui témoigne d’un amour immodéré pour le cinéma, et donne une furieuse envie d’aller en salles. Et pas uniquement pour voir des classiques : l’apparition d’Isabelle Adjani sur les marches, après un extrait de L’Histoire d’Adèle H, sonne comme un rappel que le cinéma n’appartient pas à l’histoire, mais qu’il est un art bien actuel.

Elsa la Rose – d’Agnès Varda – 1965

Posté : 20 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1960-1969, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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« Mon univers, Elsa, ma vie »… c’est avec ces mots signés Aragon et dits par Aragon lui-même que s’achève ce film, magnifique portrait d’un amour qui a inspiré quelques-uns des plus beaux vers du XXe siècle. Elsa Triolet et Louis Aragon, devant la caméra d’Agnès Varda. Ou plutôt : Elsa Triolet vue par Louis Aragon, et filmés par Agnès Varda.

La jeune réalisatrice filme longuement les deux grands écrivains. Et devant sa caméra, on tente de percer le mystère qui se cache derrière les yeux les plus célèbres de la poésie française. Elsa et Aragon se livrent, racontent et rejouent leur rencontre dans ce café parisien dont Elsa, trente ans après, repasse à plusieurs reprises les portes battantes, rejouant l’instant qui a scellé leur destin.

C’est d’une beauté assez renversante, souligné par les interventions des deux écrivains, par les poèmes d’Aragon (parfois chantés par Ferrat), par les confessions d’Elsa, qui reconnaît se sentir coupable de ne plus avoir la beauté de ses 20 ans, telle que se l’imaginent les lecteurs des poèmes de celui qu’elle inspire et qui l’aime. Vingt minutes de pure beauté, très émouvantes.

Salut les Cubains – d’Agnès Varda – 1963

Posté : 19 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1960-1969, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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1063. La révolution cubaine a 4 ans, Fidel Castro est un leader déjà légendaire et encore très jeune, dont le charisme et le destin passionnent le monde. Agnès Varda compris, qui passe quelques semaines sur l’île et en revient avec 1800 photos, dont elle tire ce film court et fascinant, dont on retient moins ce qu’il dit de Cuba que ce qu’on en comprend de la fascination que procurait cette révolution pleine de vie et d’enthousiasme.

Aucun regard critique évident d’ailleurs, ici. Pas ou peu de référence au contexte géopolitique non plus. Avec ses images, Varda dresse le portrait d’une société toute jeune, fraîchement libérée de la dictature, et qui déborde d’envie de vivre. La musique, la danse, le cigare, le sucre, les hommes et les femmes, et un peu les dirigeants : Varda, au fond, n’a que faire de la politique, en tout cas en ce début 1963.

Ce qui l’intéresse, c’est la vie. Et son film en déborde (de vie). Uniquement composé de ces clichés en noir et blanc, souvent magnifiques, soutenu par les commentaires croisés dits par Agnès Varda elle-même et par Michel Piccoli, Salut les Cubains souligne une nouvelle fois la liberté artistique de la réalisatrice, qui cette fois fait le pont entre la photo et le cinéma. Au-delà, c’est une merveille de montage et de rythme.

Du côté de la côte – d’Agnès Varda – 1958

Posté : 12 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Agnès Varda continue ses déambulations touristiques. Après les châteaux de la Loire, c’est la côte d’Azur dont la jeune cinéaste vante les beautés dans ce « documentaire » qui, sur le papier, peut sembler assez conventionnel : de Cannes à Menton, de Nices à Saint-Tropez, Varda filme les différents attraits de ces cités balnéaires, côté touristes.

De film en film, le ton Varda s’affirme de plus en plus, et ce qu’elle réussit avec Du côté de la côte est très fort. Sans jamais se départir de l’aspect « promotion touristique » de son film, elle y instille une légèreté, un rythme et une très grande liberté de ton, et une ironie mordante et irrésistible, à peu près dès ses premières images de touristes, qu’elle présente entassés sur un petit morceau de plage, sans aucun espace pour se retourner.

Mais elle le fait avec une vraie tendresse, voire avec la candeur de celle qui ne juge pas mais s’amuse de ce qu’elle filme. Toujours du côté des gens, mais aussi toujours le regard vif et honnête. Son film est un modèle de rythme, Varda utilisant merveilleusement la musique de Delerue, le montage, les plans de nature et les images de touristes dans leurs activités de touristes.

Au final, on se demande un peu comment elle a pu réussir ce tour de force : réaliser un film aussi plein d’ironie, tout en saisissant les beautés de ce bien joli coin de France… réunir dans un même élan l’effervescence touristique de plages bondées, et la douceur de vivre d’une nature préservée.

L’Opéra-mouffe – d’Agnès Varda – 1958

Posté : 11 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Changement de décor pour Agnès Varda qui, après un quartier de Sète et les châteaux de la Loire, filme pour la première fois Paris. Le quartier de la rue Mouffetard, pour être précis, où elle trimballe sa caméra en plein hiver, alors qu’elle est enceinte. Ce qui a son importance, puisque le film s’ouvre par la vision d’une femme enceinte… Le signe, sans doute, que sa grossesse influe sur ses états d’âmes.

Le film, d’ailleurs, sans autre fil conducteur que les hasards des rencontres dans la rue (malgré une construction en « chapitres ») et les ébats d’un couple très amoureux (Dorothée Blanck et Antoine Bourseiller), ressemble à un ascenseur émotionnel. Sur une musique de Georges Delerue, et des chansons écrites par Varda elle-même, le ton est plutôt badin au début, lorsque la caméra capte dans la rue les visages de passants anonymes aux visages souvent impossibles.

Il y a même beaucoup d’humour et d’ironie dans cette manière de filmer les bavardages incessants (muets, le son étant entièrement off) d’une femme entre deux âges que l’on écoute sans pouvoir la couper. Mais la légèreté n’est qu’apparence, et peut être contredite en quelques secondes, lorsque la caméra se fait compatissante avec la torpeur des SDF ou la fatigue d’une ménagère revenant de courses avec un parpaing dans son panier…

Entre images saisies dans la rue et mise en scène, Varda met en images les émotions changeantes d’une femme sur le point de devenir mère : son ironie, son empathie, ses angoisses. C’est vivant et libre, et visuellement totalement fascinant.

Ô saisons, ô châteaux – d’Agnès Varda – 1957

Posté : 10 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Avec La Pointe courte, Agnès Varda nous avait fait découvrir d’une manière extraordinairement vivante un quartier de Sète. C’est sans doute ça qui lui a valu de se voir confier la réalisation de cette balade touristique et poétique à travers les châteaux de la Loire, construite comme un vagabondage d’un site à l’autre, dans l’ordre chronologique de construction.

Ce pourrait être rébarbatif et empesé, particulièrement pour un cinéphile que ces châteaux de pierre laissent de marbre (c’est un jeu de mots). Mais Varda a cette capacité a transformé un film de commande a priori guère palpitant en une œuvre libre et vivante, pleine de fantaisie, et historiquement pertinente.

C’est qu’on apprend plein de choses sur l’histoire et l’architecture de ces châteaux, sur les événements historiques qui s’y sont produits et sur leurs secrets de fabrication. Mais cette leçon de choses se fait au rythme doux et vaguement badin de la voix de Danièle Delorme, qu’entrecoupent des extraits de poèmes anciens dits par Antoine Bourseiller.

Et plutôt que la reconstitution historique, Varda choisit le contraste des époques pour illustrer la vie dans les châteaux, mettant en scène des mannequins parisiens bien d’aujourd’hui sur les terrasses, ou filmant les gardiens dans leur décor, captant au passage quelques remarques anecdotiques ou contemplatives des jardiniers. Une leçon pour tous les offices de tourisme du monde…

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