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Archive pour la catégorie 'DESSINS ANIMÉS'

Le Retour de Mary Poppins (Mary Poppins returns) – de Rob Marshall – 2018

Posté : 20 juin, 2019 @ 8:00 dans 2010-2019, DESSINS ANIMÉS, FANTASTIQUE/SF, MARSHALL Rob | Pas de commentaires »

Le retour de Mary Poppins

Il fallait oser, quand même, signer cinquante ans après la suite d’un classique indémodable de la culture populaire. Pas un remake, ni un reboot, mais une vraie suite, qui reprend les personnages, les décors et le ton du film original, tout en tenant compte du temps passé : en racontant l’histoire des gamins Banks de Mary Poppins, devenus adultes, et des enfants de Michael.

Rob Marshall relève le défi avec un plaisir gourmand et contagieux. On le sait déjà, l’homme aime la comédie musicale américaine, genre tombé en désuétude depuis des décennies, qu’il ne cesse de revisiter. Avec cette suite éminemment casse-gueule, il renoue avec la grandeur du genre, avec cette vision de pur cinéma qui était déjà au cœur du premier Mary Poppins.

Bien sûr, il y a beaucoup de passages obligés, et Marshall n’en oublie aucun. Le balai des ramoneurs laisse la place à celui, très beau, des falotiers (ceux qui allument et éteignent les réverbères) ; on a évidemment droit à une séquence dans un décor animé ; on retrouve l’opposition entre l’univers des enfants et toutes ses possibilités, et celui des adultes dominé par l’argent… Quand, au détour d’une chanson, il trouve un improbable successeur au fameux Supercalifragilistisexpialidocius, on se dit quand même que l’hommage est un peu appliqué. Soit.

N’empêche que la magie est bien au rendez-vous. Et que si cette suite n’a pas la fraîcheur de l’original, elle en retrouve l’inventivité et cette indéfectible foi en la bienveillance, avec ses sentiments nobles et ses méchants à la Capra (Colin Firth est parfait en banquier avide qui semble tout droit sorti de La Vie est belle), et ses seconds rôles hauts en couleur (Meryl Streep impeccable en cousine gentiment timbrée de Mary Poppins).

Quant à la plus célèbre des nounous, on la retrouve tel qu’elle a toujours été, ou presque. Emily Blunt sait comment jouer le personnage : elle a sans doute vu et revu le film original pour s’inscrire dans l’exacte continuité de Julie Andrews. Mais elle le fait avec un naturel idéal, et un charme désarmant. Absolument parfaite, donc.

Finalement, la seule déception concerne l’absence de Julie Andrews. Dick Van Dyke apparaît bien, jouant le (vieux) fils du (vieux) banquier qu’il interprétait déjà dans le premier film (où il tenait donc deux rôle), le temps d’une scène réjouissante. Mais Julie Andrews a refusé de tenir le rôle qu’on lui réservait. Pas difficile d’ailleurs d’imaginer de quel rôle il s’agit : celui de la vendeuse de ballons que l’on voit dans la toute dernière partie, et que tient finalement Angela Lansbury (qui a failli interpréter Mary Poppins en 1964). Qu’importe, c’est bien l’ombre de Julie Andrews qui apparaît alors, celle d’un classique qui a droit, très tardivement, à une suite belle et digne.

Minuscule 2 : les mandibules du bout du monde – de Thomas Szabo et Hélène Giraud – 2018

Posté : 8 mars, 2019 @ 8:00 dans 2010-2019, DESSINS ANIMÉS, GIRAUD Hélène, SZABO Thomas | Pas de commentaires »

Minuscule 2

On prend les mêmes et on recommence, pour un nouveau voyage plein d’humour et d’émotion dans l’univers du très petit. Chez les insectes, donc, héros de ce long métrage entre animations et prises de vue réelles. Le principe était le même pour le premier film, et pour la série télé qui avait précédé : les décors et les accessoires sont tous authentiques, et filmés « pour de vrai », tandis que les héros sont des créatures numériques ajoutées en post-production.

Une coccinelle, donc, à la recherche de son fils (ou de sa fille, ça n’a pas vraiment d’importance), et qui doit quitter sa forêt hivernale du Mercantour pour s’envoler en direction de la Guadeloupe, terre foisonnante en matière d’insectes. Et ses amis l’araignée et la fourmi, qui savent compter les uns sur les autres depuis le premier film, et qui embarquent à bord d’un bateau pirate (une maquette) pour traverser l’Atlantique…

Visuellement, c’est bluffant, tant les décors sont importants, et magnifiquement mis en valeur. C’est aussi d’une grande inventivité, le moindre écueil étant motif de gag, voire d’émotion forte. C’est aussi plein de références cinématographiques : même si ces références sont moins omniprésents que dans le premier film, les réalisateurs s’amusent quand même à citer les films de Ray Harrihausen ou les classiques du cinéma d’aventures et de pirates.

Minuscule 2, c’est aussi un bel éloge de l’entraide, et un pur plaisir de cinéma.

Les Aristochats (The Aristocats) – de Wolfgang Reitherman – 1970

Posté : 15 janvier, 2019 @ 8:00 dans 1970-1979, DESSINS ANIMÉS, REITHERMAN Wolfgang | Pas de commentaires »

Les Aristochats

Walt Disney est mort, vive Walt Disney ! Mort en 1966 durant la production du Livre de la Jungle, le tout puissant oncle Walt avait certes donné lui-même le feu vert à la mise en chantier des Aristochats, mais ce long métrage est le premier auquel il n’ait pas directement participé. Et on aurait bien envie de dire que ça change un peu les choses.

Non pas que les précédents soient ratés, ni même qu’il s’est passé une révolution dans la logique du studio, mais quand même. Ce qui frappe d’emblée, c’est le style visuel du film, avec ces dessins comme sortis directement d’un carnet de croquis, qui rompent avec la perfection et l’extrême réalisme qui marque la plupart des longs métrages depuis Blanche-Neige, le tout premier.

Et puis le ton, le rythme, très jazzy. Dans Le Livre de la jungle déjà, quelques scènes révélaient un certain goût pour le jazz. Mais sans commune mesure avec les grands moments des Aristochats, ce bœuf improvisé dans un squat parisien, et cet air inoubliable chanté (en français et en anglais) par Maurice Chevalier lui-même.

L’histoire, simple prolongement de La Belle et le Clochard et des 101 dalmatiens, n’apporte pas grand-chose de nouveau à la gloire de Disney. Mais la forme, elle, a quelque chose de franchement enthousiasmant, et même d’euphorisant. « Tout le monde veut devenir un cat, parce que un chat quand il est cat, retombe sur ses pattes… »

Astérix et le secret de la potion magique – de Alexandre Astier et Louis Clichy – 2018

Posté : 3 janvier, 2019 @ 8:00 dans 2010-2019, ASTIER Alexandre, CLICHY Louis, DESSINS ANIMÉS | Pas de commentaires »

Astérix Le Secret de la potion magique

Quatre ans après Le Domaine des Dieux, Alexandre Astier et Louis Clichy remettent ça, non pas avec l’adaptation d’une BD, mais avec une histoire originale voulue comme un hommage à l’esprit de Goscinny et Uderzo. Esprit que l’on retrouve effectivement, mâtiné comme le précédent long métrage de celui d’Astier, qui s’autocite avec gourmandise lorsque les quelques notes de Kaamelott retentissent dans les troupes des Romains.

Le film a les qualités et les défauts du précédent : la même manière de respecter l’esprit de la bande dessinée tout en l’ancrant dans l’époque actuelle, mais aussi un certain manque de folie, que la fin toute en excès, comme un clin d’œil au très mal aimé (et pour cause) album Le Ciel lui tombe sur la tête, ne permet pas d’oublier.

Le plus intéressant dans ce nouveau long métrage, c’est la volonté d’Astier d’évoquer un thème inattendu : celui du temps qui passe, du vieillissement, à travers l’histoire du druide Panoramix qui, se sentant diminué par l’âge, se cherche un successeur. Une manière d’inscrire le plus intemporel des héros de BD dans une réalité qui lui échappait jusqu’à présent.

Astier rompt aussi avec quelques habitudes très ancrées. Il féminise ainsi (un peu) cette tribu très patriarcal, en mettant notamment les femmes du village en première ligne face aux Romains. Homme de troupe, il écarte aussi longuement l’homme providentiel Astérix au profit d’une union forcée entre les Gaulois et les Romains face à un ennemi plus menaçant. Les temps ne sont plus ce qu’ils étaient…

Le Grinch (The Grinch) – de Yarrow Cheney et Scott Mosier – 2018

Posté : 26 décembre, 2018 @ 8:00 dans 2010-2019, CHENEY Yarrow, DESSINS ANIMÉS, FANTASTIQUE/SF, MOSIER Scott | Pas de commentaires »

Le Grinch

En 2000, Jim Carrey avait incarné le Grinch dans une adaptation live de ce roman pour enfants du Dr Seuss. Avec une certaine folie et une méchanceté que l’on retrouve dans cette nouvelle adaptation, animée cette fois. Une adaptation que l’on doit au studio Illumination. Evidemment, aurais-je envie d’ajouter, tant le personnage rentre parfaitement dans le cahier des charges du studio depuis Moi, moche et méchant et Le Lorax.

Derrière chaque méchant se cache un cœur qui ne demande qu’à grossir et à s’exprimer. On se doute bien que cette morale redondante sera de nouveau illustrée avec ce Grinch version 2018. Et bien sûr, on n’est pas déçu. Il y a donc bien un côté répétitif un peu facile : comme le moche et méchant Gru, le Grinch s’attaque aux enfants (le premier crevait un ballon, le second détruit un bonhomme de neige), ne supporte pas la joie de vivre, et va fendre l’armure face à la bonté.

La méchanceté n’est que façade, mais elle est assez réjouissante. Les bons sentiments sont attendus, mais ils touchent leur cible. Et même si le film répond à tout ce qu’on peut attendre d’un film d’animation mainstream, ce Grinch là est une réussite, bourrée de gags irrésistibles et de trouvailles visuelles assez rigolotes (le vêtement vert qu’enfile le Grinch sur son corps vert).

C’est surtout le rythme qui fait mouche, cette manière d’enchaîner les gags à la manière d’un cartoon de l’âge d’or, avec des décors pleins de ressources (surtout la « grotte » du Grinch) et une utilisation réjouissante de la musique. La meilleure scène : celle où le Grinch tente désespérément d’échapper à une chorale de Noël dans des rues pleines de vie et de bonheur qui sont pour lui comme un décor de film d’horreur.

Léo et les extraterrestres (Luis and the Aliens) – de Christoph Lauenstein, Wolfgang Lauenstein et Sean McCormack – 2018

Posté : 12 septembre, 2018 @ 8:00 dans 2010-2019, DESSINS ANIMÉS, LAUENSTEIN Christoph, LAUENSTEIN Wolfgang, McCORMACK Sean | Pas de commentaires »

Léo et les extraterrestres

Qu’est-ce que vous voulez que je raconte sur ce dessin animé sympathique, mais anodin ? Il faut bien qu’un père réponde aux désirs de ses enfants. Alors voilà, c’est l’histoire d’un gamin dont le père est considéré comme un dingue parce qu’il affirme avoir vu des extraterrestres, qui voit son géniteur comme un raté, et qui rencontre lui-même des extraterrestres.

Il est bien sûr question des rapports père-fils, tout en tendresse. Il est aussi question du regard des autres, de l’incompréhension des êtres, et tout et tout. Mais finalement, il est surtout question de rythme et d’humour… drôle. Par moments en tout cas : les aliens qui débarquent sur terre attirés par les sirènes du téléachat, ou le marchand de glace qui répète fièrement qu’il vend des glaces, on peut effectivement trouver ça drôle.

Sinon, rien de bien neuf. Rien en tout cas de honteux, ni de génial. Du tout-venant, donc.

Mary Poppins (id.) – de Robert Stevenson (et Walt Disney) – 1964

Posté : 19 mars, 2018 @ 8:00 dans 1960-1969, DESSINS ANIMÉS, DISNEY Walt, FANTASTIQUE/SF, STEVENSON Robert | Pas de commentaires »

Mary Poppins

Un peu à reculons, que j’ai abordé ce classique made in Disney, pas vu depuis ma prime jeunesse, avant tout pour le faire découvrir à mes enfants. Mais sans grand enthousiasme de ma part. Eh bien me voilà cueilli, séduit, emballé, transporté même par cette fantaisie au cœur gros comme ça, au rythme absolument parfait, et à l’humour constamment teinté d’une tendre poésie.

Ben oui, il a beau être à la tête d’un véritable empire (s’il savait ce que c’était devenu, le pauvre !), partager son temps entre la télévision, les parcs d’attraction et accessoirement le cinéma, il a encore le feeling, tonton Walt. Deux ans avant sa disparition, ce film qu’il a supervisé est même, clairement, l’un de ses chefs d’oeuvre, une merveille qui vous rebooste et vous colle un sourire immense aux lèvres.

Comme son personnage principal, nounou qui attend sur son nuage qu’une famille ait besoin d’elle pour résoudre les problèmes, il y a quelque chose de magique dans ce film. De Robert Stevenson, réalisateur par ailleurs pas franchement enthousiasmant, on pouvait difficilement attendre un film aussi fluide, aussi inspiré, aussi maîtrisé dans la légèreté comme dans la gravité, dans le drame comme dans la comédie musicale.

Il y a évidemment les chansons, toutes merveilleuses : pas la moindre note en-deçà tout au long des 135 minutes de film, qui passent comme un enchantement. Les « tubes » bien sûr, mais pas seulement. Rien à retirer, rien à changer dans les chansons des frères Sherman.

La plongée magique dans les dessins de Bert (Dick Van Dyke), qui donnent lieu à une longue séquence mêlant animation et prises de vue réelles, est d’une formidable inventivité. Mais le film recèle bien d’autres grands moments : l’arrivée de Mary Poppins (Julie Andrews, irrésistible dans le rôle de sa vie) est hilarante ; le ballet des ramoneurs sur les toits de Londres est superbe ; et on pourrait continuer la liste longtemps comme ça.

Bref… A l’époque, Disney était déjà le nom d’un empire. Mais il y avait encore un enchanteur à sa tête.

Sacré pétrin (A matter of loaf and death) – de Nick Park – 2008

Posté : 11 mars, 2018 @ 8:00 dans 2000-2009, COURTS MÉTRAGES, DESSINS ANIMÉS, PARK Nick | Pas de commentaires »

Wallace et Gromit Sacré pétrin

Treize ans après A close shave, le dernier court métrage en date de Wallace et Gromit, et surtout trois ans après un long métrage qui a fait date (Le mystère du lapin-garou), Nick Park offrait à son duo vedette un quatrième court (le dernier à ce jour, en tout cas pour le cinéma). Le plaisir de les retrouver est certes intact, mais ce Sacré pétrin n’amène pas grand-chose à la gloire du studio Aardman.

Il y a quelques très beaux moments dans ce film, dont le titre original est un clin d’œil au cinéma de Michael Powell (A matter of life and death) : la scène du vélo lancé à toute allure, celle du lustre, et surtout l’affrontement final dans le grenier d’une maison transformée en moulin qui évoque furieusement celui de Frankenstein. Le cinéma d’épouvante classique reste une influence majeure de la saga.

Mais cette fois, il y a un arrière-goût de déjà-vu. Et si le film ne manque pas de rythme, il manque en revanche de surprise. Et de francs éclats de rire : on regarde ça avec un certain plaisir, mais avec le sentiment aussi qu’on aurait préféré revoir les précédentes aventures du duo.

* Le film est ressorti en salles fin 2017 dans une séance double-programme avec Rasé de près, sous le titre Wallace et Gromit : cœurs à modeler.

Rasé de près (A close shave) – de Nick Park – 1995

Posté : 10 mars, 2018 @ 8:00 dans 1990-1999, COURTS MÉTRAGES, DESSINS ANIMÉS, PARK Nick | Pas de commentaires »

Wallace et Gromit Rasé de près

Après Une grande excursion et Un mauvais pantalon, Rasé de près venait clore une trilogie formidable mettant en scène le duo le plus enthousiasmant de l’histoire de la pâte à modeler, trilogie de courts métrages qui a depuis été prolongée à plusieurs reprises au cinéma et à la télévision.

A close shave est un hommage très réussi aux films d’horreurs des années 30, avec ses savants fous, ses machines infernales, mais aussi ses plaines embrumées et ses monstres inhumains. Tout ça pour rire, bien sûr, mais Nick Park filme sa comédie avec un sens du cadrage qui renvoie explicitement à l’imagerie du cinéma d’épouvante.

Le rythme est impressionnant, et repose en grande partie sur la complémentarité d’un Wallace souvent à côté de la plaque, et d’un Gromit (le chien, donc) plus lucide mais incapable de se faire comprendre. L’humour repose souvent sur le regard de Gromit en arrière-plan, tantôt attéré, tantôt inquiet, tantôt amusé.

A close shave, c’est aussi à peu près une trouvaille à chaque plan, souvent formidable, des inventions totalement délirantes et complètement inutiles du début, à la désopilante poursuite nocturne, avec un Shaun le mouton qui, dans sa toute première apparition, gagne d’emblée ses galons de vedette : le mouton sera par la suite le héros de sa propre série et d’un long métrage.

* Le film est resorti en salles fin 2017 dans une séance double-programme avec Sacré pétrin, sous le titre Wallace et Gromit : cœurs à modeler.

Alice Comedies, vol. 2 (Alice Comedies 2) – de Walt Disney – 1924, 1926, 1927, 2017

Posté : 26 février, 2018 @ 8:00 dans 1920-1929, 2010-2019, COURTS MÉTRAGES, DESSINS ANIMÉS, DISNEY Walt, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Alice Comedies

Ce programme de quatre courts métrages repose sur d’excellentes idées. Premièrement, il prouve que le muet garde toute sa force évocatrice pour les jeunes d’aujourd’hui. Deuxièmement, accompagner ces films oubliés de Disney d’une musique bien d’aujourd’hui (trois partitions formidables de l’Orchestre de Chambre d’Hôte, et une quatrième signée Manu Chao pour le dernier court) permet justement de sortir de l’oubli ce qui fut le premier grand succès de Disney au cinéma, avant la naissance de Mickey.

Entre 1923 et 1927, Walt Disney a réalisé une bonne cinquantaine de courts métrages dont l’héroïne est une jeune fille, jouée par une vraie comédienne (la toute jeune Virginia Davis d’abord, puis d’autres fillettes au fil des ans), qui évolue dans un monde de dessins animés. Un mélange qui n’est pas totalement inédit à l’époque : les frères Fleischer l’avaient expérimenté dès la fin des années 10. Mais Disney le perfectionne, permettant même parfois de vraies interactions entre Alice et les cartoons. C’est lui aussi qui fera passer ce dispositif dans une nouvelle ère quarante plus tard, avec Mary Poppins.

Côté animation, on est dans le Disney première période. Loin de la perfection visuelle et du réalisme de ses grandes œuvres à venir, Disney propose un dessin très épuré et une animation souvent sommaire, mais où le gag est roi, avec d’incroyables trouvailles visuelles qui n’auront plus leur place dans son cinéma à partir des années 30. Les Alice Comedies préfigurent sans doute davantage Tex Avery que Disney lui-même, finalement.

Alice Comedies Jour de pêcheJour de pêche (Alice’s fishy story) – 1924

C’est l’un des premiers courts métrages de la série, et Disney justifie encore la coexistence d’un personnage de chair et d’os et de cartoons, comme une histoire que raconte la fillette à ses copains. La partie animée n’occupe d’ailleurs que la moitié centrale du film, qui évoque très clairement pour la partie « live » la série des Petites Canailles, alors très en vogue.

Elle ne manque d’ailleurs pas de rythme, cette partie live, avec les gamins embarqués dans une voiture lancée à travers les grandes avenues encore champêtres d’Hollywood, et quelques belles trouvailles : ce chien qui joue du piano à la place d’Alice pour tromper la vigilance de la mère est tout de même très drôle.

La partie animée ne manque pas de charme non plus, et rappelle que les temps ont bien changé : à l’époque, on pouvait montrer des poissons se faire tuer dans un film familial ! Cela dit, l’interaction entre Alice (Virginia Davis) et son partenaire animé Julius le chat reste très minime.

Alice Comedies La Magie du cirqueLa Magie du cirque (Alice’s circus daze) – 1927

Ce court marque la première apparition de Loïs Hardwick, qui sera la dernière interprète d’Alice : à partir de 1928, le succès de Mickey portera Disney vers d’autres aventures. La fillette y fait un numéro avec Julius dans un cirque dont les artistes sont tous de drôles d’animaux. Il faudrait voir le film plusieurs fois d’affilée, tant les gags sont nombreux, simultanément, aux quatre coins de l’écran.

Alice elle-même n’est au cœur du court métrage que lors d’un spectaculaire numéro d’équilibre : elle trône en haut d’une bonne dizaines de chaises empilées l’une sur l’autre, sur le nez de Julius. C’est enlevé, drôle et bourré d’idées comiques typiques de cette époque : les chaises tombent l’une après l’autre, et Alice reste en l’air… Jouer avec la gravité était alors l’objet inépuisable de gags.

Alice Comedies L'ouest moutonneuxL’Ouest moutonneux (Alice in the Wooly West) – 1926

On retrouve d’ailleurs ce même jeu avec la gravité dans ce court qui se déroule dans l’univers du western, lors d’une bagarre d’anthologie entre Julius et le grand méchant de l’histoire : un braqueur de dilligence qui a enlevé Alice (interprétée cette fois par Margie Gay). C’est le plus rythmé des quatre courts, un enchaînement non stop de poursuites et de bagarres.

Les gags aussi s’enchaînent, toujours sur le thème de l’absurde et du burlesque. Alice joue les faire-valoir bien sûr, mais quelques plans plutôt bien fichus l’intègrent réellement dans l’action. Une vraie tornade !

Alice Comedies Alice joueuse de flûteAlice joueuse de flûte (Alice the piper) – 1924

Disney s’offre une parodie du fameux Joueur de flûte de Hamelin, avec Alice (jouée par Virginia Davis) dans le rôle titre, chargée de débarrassée le « château du roi » (en l’occurrence, la bicoque d’un vieillard) des rats qui lui gâchent la vie. Des rats aussi machiavéliques qu’imaginatifs, qui modifient l’annonce que placard le vieux : ce dernier promettait 5 dollars à celui qui l’aiderait ; eux changent l’affiche pour promettre 5000 dollars !

C’est cette annonce qui motive Alice et Julius, qui s’imaginent donc dans la peau du joueur de flûte. Sauf que ce qui marche dans les contes ne fonctionne pas forcément (encore) dans les films de Disney : à mi-film, le prétexte du film est balayé d’un revers de la main, et Alice et son comparse passent à tout autre chose, en troquant la flûte contre un aspirateur géant. C’est ça aussi qui caractérise le Disney des débuts : une totale liberté.

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