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Archive pour la catégorie 'DESSINS ANIMÉS'

Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary – de Rémi Chayé – 2020

Posté : 26 novembre, 2020 @ 8:00 dans 2020-2029, CHAYE Rémi, DESSINS ANIMÉS, WESTERNS | Pas de commentaires »

Calamity

Ce qui frappe en premier, c’est l’extrême simplicité des dessins. Ce qui frappe ensuite, c’est l’extrême richesse que cache cette apparente simplicité. Dans le fond et sur la forme, Calamity est une merveille, un western animé féministe… Rien que ça. Et un film où la poésie, l’humain, l’action et l’engagement vont de pair.

Allez, disons-le. Avec son approche esthétique aux antipodes des grosses productions américaines, avec son authentique approche féministe et la générosité de son récit, Calamity est tout simplement l’un des meilleurs films d’animation de ces dernières années. En tout cas parmi les quelques-uns que votre serviteur a vus. Un film euphorisant et bouleversant, qui semble aussi pertinent dans sa peinture de l’Ouest sauvage que dans ce qu’il dit de la place des femmes dans la société.

Ce n’est pas un biopic. Le « une » du titre souligne que l’ambition se dirige plutôt vers le symbole que vers la vérité historique. Le film ne s’intéresse d’ailleurs qu’à un court épisode de cette enfance : quelques semaines durant le long voyage vers l’Ouest que fait la famille de la future Calamity Jane au sein d’une caravane à travers les vastes étendues pleines de dangers.

Jeune adolescente, Martha Jane Cannary y choque tout le monde par son refus de rester cloîtrer dans le rôle qu’on réserve aux femmes. Elle aussi veut vivre pleinement, goûter à cette liberté habituellement interdite aux femmes. Monter à cheval, conduire un chariot, porter des pantalons, avoir des cheveux courts… Martha aspire non pas à « être un homme », mais à vivre sa vie telle qu’elle l’entend.

La beauté du film tient surtout à sa manière d’être intelligent en s’inscrivant dans une logique de serial, d’être contemplatif et riche en action et en rebondissement, de confronter la jeune héroïne à de nombreux antagonistes sans jamais tomber dans un manichéisme primaire. Bref, d’éviter soigneusement toutes les cas habituelles. Et en ne cherchant pas à plaire à un public spécifique, Calamity s’impose comme un film d’apprentissage universel. Beau, très beau.

Scooby (Scoob!) – de Tony Cervone – 2020

Posté : 25 septembre, 2020 @ 8:00 dans 2020-2029, CERVONE Tony, DESSINS ANIMÉS | Pas de commentaires »

Scooby

S’autoriser un petit plaisir régressif avec ses enfants, se replonger avec délectation dans une série animée au pitch immuable – des monstres qui terrorisent la ville et dont on finit par découvrir qu’il s’agit de M. Machin déguisé – et réaliser sans surprise mais avec abattement que Hollywood, en 2020, est devenu une machine monstrueuse qui abîme tout…

Ce pitch immuable tient le temps du prologue, qui suit la rencontre des personnages habituels de la série. Là, brièvement, on retrouve l’humour et l’esprit joyeusement régressif de la série de notre enfance. La suite prend une toute autre direction, avec de vrais monstres sortis des enfers, des super-héros, une menace pour la survie du monde. Le minimum syndical pour toute grosse production, donc.

On y croise aussi Capitaine Caverne, Diabolo et Satanas, et d’autres personnages de l’écurie Hanna-Barbera, dont on se demande bien ce qu’ils viennent faire là. La réponse est simple, et atterrante : Warner a les mêmes ambitions que Universal qui voulait développer son univers de monstres avec son lamentable La Momie, soit avoir son propre univers animé déclinable à l’envi. Surtout ne plus inventer : user les marques connues jusqu’à la corde.

Space Jam (id.) – de Joe Pytka – 1996

Posté : 27 juin, 2020 @ 8:00 dans 1990-1999, DESSINS ANIMÉS, FANTASTIQUE/SF, PYTKA Joe | Pas de commentaires »

Space Jam

En 1996, Michael Jordan est revenu au basket après avoir tenté une reconversion dans le base ball qui a laissé à peu près tout le monde dubitatif. De nouveau au sommet, il s’essaye au cinéma avec ce film familial qui surfe sur le succès, encore relativement récent, de Qui veut la peau de Roger Rabbit ?

Le voilà donc dans son propre rôle, appelé à la rescousse par Bugs Bunny et l’ensemble des Looney Tunes, qui doivent impérativement gagner un match de basket face à des extraterrestres qui ont volé le talent de joueurs de la NBA. Oui, raconté comme ça, ça a l’air con. Et en fait, eh bien c’est con. Mais c’est à voir en famille, ça ne se prend pas au sérieux, et c’est plutôt rigolo, alors…

Assez amusante, aussi, cette manière dont Michael Jordan s’amuse lui-même de sa propre déconvenue de joueur de base-ball. Cette autodérision rend le bonhomme quand même franchement sympathique. Et puis c’est Michael Jordan, quand même.

Autre bon point: l’apparition d’un Bill Murray en roue libre, comme on l’aime. Lunaire et inattendu, l’air d’en avoir rien à foutre, et simplement génial. Il n’a pas beaucoup de scènes, il disparaît d’une manière aussi inattendue qu’il était apparu, mais sa seule présence est un plaisir qui ne se boude pas.

Klaus (id.) – de Sergio Pablos – 2019

Posté : 24 février, 2020 @ 8:00 dans 2010-2019, DESSINS ANIMÉS, PABLOS Sergio | Pas de commentaires »

Klaus

Que voilà un dessin animé enthousiasmant ! Première réalisation de l’Espagnol Sergio Pablos, premier long métrage d’animation produit par Netflix. Bref, rien ne présageait une telle réussite, et un film si original.

Cette histoire d’un jeune héritier trop gâté qui se retrouve coincé dans une petite ville perdue au fin-fond du Grand Nord, dans une communauté divisée par une vieille querelle ancestrale, n’est pas en soi révolutionnaire. C’est l’éternelle histoire de rédemption et de découverte des sentiments les plus purs, dans les conditions les plus extrêmes.

Mais Sergio Pablos fait le choix d’une animation traditionnelle aux éclairages soignés, et d’un trait de dessin dynamique et moderne, avec des décors aussi simples que spectaculaires. Autant de choix esthétiques qui donnent au film une couleur très originale et très séduisante.

Il y a aussi un humour ravageur, beaucoup d’émotion, un rythme impeccable, et une pointe de méchanceté bienvenue. Surtout, il y a un scénario assez formidable, qui raconte quand même la naissance du Père Noël : comment le mythe est né, comment les rênes ont été choisis, et comment il est devenu universel, dans une vibrante ode à l’ouverture et aux différentes cultures.

C’est drôle, c’est surprenant, c’est intelligent, et c’est même profond. Ce blog ne se fait pas vraiment une spécialité du cinéma d’animation, mais ce Klaus s’installe tranquillement dans le haut du panier.

Vic le Viking (Vic the Viking and the Magic Sword) – d’Eric Cazes – 2019

Posté : 17 février, 2020 @ 8:00 dans 2010-2019, CAZES Eric, DESSINS ANIMÉS | Pas de commentaires »

Vic le Viking

Le fils d’un chef viking désespère de voir son père enfin reconnaître ses vrais qualités… Cette adaptation en long métrage d’une série animée qui a bercé l’enfance des quadras d’aujourd’hui est une jolie réussite, sans prétention et sans excès de quoi que ce soit. Juste une belle histoire de transmission, sur l’éternel sujet du passage de l’enfance à l’âge adulte.

Beaucoup d’humour, beaucoup de rebondissements, quelques effets saisissants (la belle scène du bateau surfant entre deux eaux), et une réappropriation maligne du mythe de Odin et de ses fils ennemis, dont Thor, qu’on a plutôt plaisir à retrouver avec son marteau, mais sans les Avengers.

Bref, du cinéma d’animation très recommandable pour les fêtes de fin d’année. Pas du cinéma d’auteur, mais pas de la grosse guimauve abêtissante non plus.

Shaun le mouton : la ferme contre-attaque (A Shaun the Sheep Movie : Farmageddon) – de Will Becher et Richard Phelan -2019

Posté : 18 janvier, 2020 @ 8:00 dans 2010-2019, BECHER Will, DESSINS ANIMÉS, PHELAN Richard | Pas de commentaires »

Shaun le mouton la ferme contre-attaque

Ça sent la mauvaise idée à plein nez : pour son deuxième long métrage, Shaun le mouton, le personnage en pâte à modeler, s’offre une rencontre avec un extraterrestre. Loin, donc, des aventures plus terre-à-terre auxquelles il était habitué dans la série télé qui lui était consacrée.

On retrouve tout de même l’esprit de Nick Park, cet humour anglais qui avait fait le succès de Wallace et Gromit. Mais dilué dans une avalanche de références aux grands (ou moins grands) films de science fiction, qui ont le mérite d’occuper le papa qui sans ça aurait tendance à s’ennuyer un peu.

D’ailleurs, le film est un remake qui ne dit pas son nom de E.T. : même histoire d’un alien paumé sur terre qui veut « phone home » pour retrouver les siens, même scène de rencontre dans la grange, même apparition inquiétante des agents du gouvernement, même volonté de donner un faciès trop mignon à l’extraterrestre…

A part ça, on a droit aux clins d’œil les plus attendus (le plan de la lune de E.T., la musique d’X-Files et celle de Rencontre du 3e type), et d’autres plus surprenants : le « transformer » qui grimpe une tour comme King Kong avant lui (bof), le toast qui sort comme se dressait le monolyte de 2001 (réjouissant). Et beaucoup, beaucoup d’autres.

Mais c’est quand il se défait de cette volonté de citer les anciens que ce Shaun le mouton est le plus réussi. Le gag initial des frites, ou le concours de conneries des moutons dans la ferme… On retrouve là l’ADN du studio Ardman, un peu brièvement hélas.

Le Retour de Mary Poppins (Mary Poppins returns) – de Rob Marshall – 2018

Posté : 20 juin, 2019 @ 8:00 dans 2010-2019, DESSINS ANIMÉS, FANTASTIQUE/SF, MARSHALL Rob | Pas de commentaires »

Le retour de Mary Poppins

Il fallait oser, quand même, signer cinquante ans après la suite d’un classique indémodable de la culture populaire. Pas un remake, ni un reboot, mais une vraie suite, qui reprend les personnages, les décors et le ton du film original, tout en tenant compte du temps passé : en racontant l’histoire des gamins Banks de Mary Poppins, devenus adultes, et des enfants de Michael.

Rob Marshall relève le défi avec un plaisir gourmand et contagieux. On le sait déjà, l’homme aime la comédie musicale américaine, genre tombé en désuétude depuis des décennies, qu’il ne cesse de revisiter. Avec cette suite éminemment casse-gueule, il renoue avec la grandeur du genre, avec cette vision de pur cinéma qui était déjà au cœur du premier Mary Poppins.

Bien sûr, il y a beaucoup de passages obligés, et Marshall n’en oublie aucun. Le balai des ramoneurs laisse la place à celui, très beau, des falotiers (ceux qui allument et éteignent les réverbères) ; on a évidemment droit à une séquence dans un décor animé ; on retrouve l’opposition entre l’univers des enfants et toutes ses possibilités, et celui des adultes dominé par l’argent… Quand, au détour d’une chanson, il trouve un improbable successeur au fameux Supercalifragilistisexpialidocius, on se dit quand même que l’hommage est un peu appliqué. Soit.

N’empêche que la magie est bien au rendez-vous. Et que si cette suite n’a pas la fraîcheur de l’original, elle en retrouve l’inventivité et cette indéfectible foi en la bienveillance, avec ses sentiments nobles et ses méchants à la Capra (Colin Firth est parfait en banquier avide qui semble tout droit sorti de La Vie est belle), et ses seconds rôles hauts en couleur (Meryl Streep impeccable en cousine gentiment timbrée de Mary Poppins).

Quant à la plus célèbre des nounous, on la retrouve tel qu’elle a toujours été, ou presque. Emily Blunt sait comment jouer le personnage : elle a sans doute vu et revu le film original pour s’inscrire dans l’exacte continuité de Julie Andrews. Mais elle le fait avec un naturel idéal, et un charme désarmant. Absolument parfaite, donc.

Finalement, la seule déception concerne l’absence de Julie Andrews. Dick Van Dyke apparaît bien, jouant le (vieux) fils du (vieux) banquier qu’il interprétait déjà dans le premier film (où il tenait donc deux rôle), le temps d’une scène réjouissante. Mais Julie Andrews a refusé de tenir le rôle qu’on lui réservait. Pas difficile d’ailleurs d’imaginer de quel rôle il s’agit : celui de la vendeuse de ballons que l’on voit dans la toute dernière partie, et que tient finalement Angela Lansbury (qui a failli interpréter Mary Poppins en 1964). Qu’importe, c’est bien l’ombre de Julie Andrews qui apparaît alors, celle d’un classique qui a droit, très tardivement, à une suite belle et digne.

Minuscule 2 : les mandibules du bout du monde – de Thomas Szabo et Hélène Giraud – 2018

Posté : 8 mars, 2019 @ 8:00 dans 2010-2019, DESSINS ANIMÉS, GIRAUD Hélène, SZABO Thomas | Pas de commentaires »

Minuscule 2

On prend les mêmes et on recommence, pour un nouveau voyage plein d’humour et d’émotion dans l’univers du très petit. Chez les insectes, donc, héros de ce long métrage entre animations et prises de vue réelles. Le principe était le même pour le premier film, et pour la série télé qui avait précédé : les décors et les accessoires sont tous authentiques, et filmés « pour de vrai », tandis que les héros sont des créatures numériques ajoutées en post-production.

Une coccinelle, donc, à la recherche de son fils (ou de sa fille, ça n’a pas vraiment d’importance), et qui doit quitter sa forêt hivernale du Mercantour pour s’envoler en direction de la Guadeloupe, terre foisonnante en matière d’insectes. Et ses amis l’araignée et la fourmi, qui savent compter les uns sur les autres depuis le premier film, et qui embarquent à bord d’un bateau pirate (une maquette) pour traverser l’Atlantique…

Visuellement, c’est bluffant, tant les décors sont importants, et magnifiquement mis en valeur. C’est aussi d’une grande inventivité, le moindre écueil étant motif de gag, voire d’émotion forte. C’est aussi plein de références cinématographiques : même si ces références sont moins omniprésents que dans le premier film, les réalisateurs s’amusent quand même à citer les films de Ray Harrihausen ou les classiques du cinéma d’aventures et de pirates.

Minuscule 2, c’est aussi un bel éloge de l’entraide, et un pur plaisir de cinéma.

Les Aristochats (The Aristocats) – de Wolfgang Reitherman – 1970

Posté : 15 janvier, 2019 @ 8:00 dans 1970-1979, DESSINS ANIMÉS, REITHERMAN Wolfgang | Pas de commentaires »

Les Aristochats

Walt Disney est mort, vive Walt Disney ! Mort en 1966 durant la production du Livre de la Jungle, le tout puissant oncle Walt avait certes donné lui-même le feu vert à la mise en chantier des Aristochats, mais ce long métrage est le premier auquel il n’ait pas directement participé. Et on aurait bien envie de dire que ça change un peu les choses.

Non pas que les précédents soient ratés, ni même qu’il s’est passé une révolution dans la logique du studio, mais quand même. Ce qui frappe d’emblée, c’est le style visuel du film, avec ces dessins comme sortis directement d’un carnet de croquis, qui rompent avec la perfection et l’extrême réalisme qui marque la plupart des longs métrages depuis Blanche-Neige, le tout premier.

Et puis le ton, le rythme, très jazzy. Dans Le Livre de la jungle déjà, quelques scènes révélaient un certain goût pour le jazz. Mais sans commune mesure avec les grands moments des Aristochats, ce bœuf improvisé dans un squat parisien, et cet air inoubliable chanté (en français et en anglais) par Maurice Chevalier lui-même.

L’histoire, simple prolongement de La Belle et le Clochard et des 101 dalmatiens, n’apporte pas grand-chose de nouveau à la gloire de Disney. Mais la forme, elle, a quelque chose de franchement enthousiasmant, et même d’euphorisant. « Tout le monde veut devenir un cat, parce que un chat quand il est cat, retombe sur ses pattes… »

Astérix et le secret de la potion magique – de Alexandre Astier et Louis Clichy – 2018

Posté : 3 janvier, 2019 @ 8:00 dans 2010-2019, ASTIER Alexandre, CLICHY Louis, DESSINS ANIMÉS | Pas de commentaires »

Astérix Le Secret de la potion magique

Quatre ans après Le Domaine des Dieux, Alexandre Astier et Louis Clichy remettent ça, non pas avec l’adaptation d’une BD, mais avec une histoire originale voulue comme un hommage à l’esprit de Goscinny et Uderzo. Esprit que l’on retrouve effectivement, mâtiné comme le précédent long métrage de celui d’Astier, qui s’autocite avec gourmandise lorsque les quelques notes de Kaamelott retentissent dans les troupes des Romains.

Le film a les qualités et les défauts du précédent : la même manière de respecter l’esprit de la bande dessinée tout en l’ancrant dans l’époque actuelle, mais aussi un certain manque de folie, que la fin toute en excès, comme un clin d’œil au très mal aimé (et pour cause) album Le Ciel lui tombe sur la tête, ne permet pas d’oublier.

Le plus intéressant dans ce nouveau long métrage, c’est la volonté d’Astier d’évoquer un thème inattendu : celui du temps qui passe, du vieillissement, à travers l’histoire du druide Panoramix qui, se sentant diminué par l’âge, se cherche un successeur. Une manière d’inscrire le plus intemporel des héros de BD dans une réalité qui lui échappait jusqu’à présent.

Astier rompt aussi avec quelques habitudes très ancrées. Il féminise ainsi (un peu) cette tribu très patriarcal, en mettant notamment les femmes du village en première ligne face aux Romains. Homme de troupe, il écarte aussi longuement l’homme providentiel Astérix au profit d’une union forcée entre les Gaulois et les Romains face à un ennemi plus menaçant. Les temps ne sont plus ce qu’ils étaient…

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