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Archive pour la catégorie 'COURTS MÉTRAGES'

Charlot fait une cure (The Cure) – de Charles Chaplin – 1917

Posté : 21 septembre, 2017 @ 8:00 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot fait une cure

* Titre alternatif (VO) : The Water Cure

* Titre alternatif (VF) : La Cure

Tourné entre Easy Street et The Immigrant, deux films majeurs, The Cure fait figure de récréation, pour Chaplin. Ce court n’est évidemment pas le meilleur de cette période, peut-être parce que, contrairement à ses plus grandes réussites, celui-ci fait l’impasse sur l’émotion : on est ici dans la pure farce, d’une efficacité imparable, mais qui marque un petit recul, très temporaire, par rapport au précédent film de Chaplin.

La logique du film est celle de quantité d’œuvres de jeunesse : Chaplin choisit un décor, qu’il met à profit pour imaginer un tas de gags. Ici, il s’agit d’un hôtel de cure, où de riches clients viennent soigner leurs maladies de riches : la goutte pour Eric Campbell, la boisson pour Charlot, qui a troqué son habit et son chapeau informes contre une veste blanche et un canotier.

Car Charlot n’est pas un vagabond ici : pas question de se moquer de l’alcoolisme des pauvres, fléau trop sensible à l’époque. En revanche, rire de riches bien oisifs s’adonnant plus ou moins consciemment à la boisson est une source éternelle de gags. Et même si Chaplin recycle l’éternel thème de l’ivresse, il le fait avec inventivité et rythme, et en faisant du décor l’élément central de l’humour.

Toute l’action tourne ainsi autour d’un puits autour duquel les curistes se retrouvent pour boire l’eau purifiante et tuer le temps. Et c’est là que les meilleurs gags se déroulent : un spectaculaire plongeon involontaire de l’éternel souffre-douleur Eric Campbell, et surtout une dégustation très drôle de Charlot, dont le visage fermé s’illumine lorsqu’il réalise que l’eau est curieusement alcoolisée…

Même petit, un Chaplin période Mutual fait toujours des grands moments du burlesque.

Taris, roi de l’eau / La Natation par Jean Taris – de Jean Vigo – 1931

Posté : 19 septembre, 2017 @ 8:00 dans 1930-1939, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VIGO Jean | Pas de commentaires »

Taris roi de l'eau

Avant de passer au presque long métrage avec son Zéro de conduite, Jean Vigo signe ce petit documentaire d’à peine dix minutes consacré au champion de natation Jean Tarif, qu’il filme lors de ses entraînements et met en scène pour présenter ses techniques de nage.

Ce court métrage serait anecdotique si Vigo n’y utilisait pas à peu près toutes les possibilités de l’art cinématographique, avec des innovations formelles et techniques qui, aujourd’hui encore, continuent à fasciner.
Gros plans, ralentis, marche arrière, surimpressions… Toutes les techniques sont bonnes pour plonger le spectateur, littéralement, dans le bain de la piscine où le film a été tourné, au plus près d’un homme totalement à l’aise dans l’élément liquide.

Franchement, les explications de Taris concernant le crawl n’ont pas le moindre intérêt. Mais la beauté formelle des images et l’enchaînement des plan a quelque chose de poétique et d’hypnotisant.

Carrotblanca (id.) – de Douglas McCarthy – 1995

Posté : 3 septembre, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, COURTS MÉTRAGES, DESSINS ANIMÉS, McCARTHY Douglas | Pas de commentaires »

Carrotblanca

Bugs Bunny dans le rôle de Bogart, Titi dans celui de Peter Lorre, Sylvestre en Paul Henreid, sans oublier Daffy Duck au piano de Sam, et une demi-douzaine d’autres personnages… Les grandes figures du cartoon made in Warner sont réunis pour cet hommage à Casablanca, parodie un peu paresseuse du chef d’œuvre de Michael Curtiz.

Malgré les apparences, ce petit dessin animé n’a pas été réalisé dans les années 40, et ne fait pas partie de ces innombrables cartoons qui détournaient les grands succès de l’époque. Sorti en 1995, le film fait plutôt figure de pastiche, mais le savoir-faire semble avoir en grande partie disparu.

Jamais surprenant, ce court se contente grosso modo d’enchaîner les moments clés de Casablanca en les parodiant. Seul détail vraiment savoureux : le sourire très « lorrien » de Titi dont la voix, les deux seules dents et le regard évoquent irrésistiblement l’interprète d’Ugarte.

Charlot policeman (Easy Street) – de Charles Chaplin – 1917

Posté : 22 octobre, 2016 @ 8:00 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot policeman

Titres alternatifs (VF) : Le Policeman ; Charlot ne s’en fait pas

Le film est à peine commencé, et mon fils de 4 ans m’interroge : « Pourquoi il n’a pas sa canne, Charlot ? » Ça, c’est le génie de Chaplin. Un détail, qui n’en est pas un, et c’est tout un équilibre qui est remis en question. Ce Charlot va-t-il nous faire rire ? Oui, bien sûr, mais pas que…

Ce n’est pas tout à fait la première fois que l’humour de Chaplin se teinte d’une certaine gravité. Mais jamais encore il ne l’avait fait avec un tel réalisme. Si Charlot n’a pas sa canne au début d’Easy Street, c’est parce qu’il représente plus que jamais les laissés-pour-compte, les pauvres, les malheureux. Et que son habituelle superbe n’est pas de mise.

Comme il le fera, notamment, dans The Kid, Chaplin filme des quartiers pauvres très inspirés de ceux de sa propre jeunesse, à Londres. Easy Street, c’est le symbole de ces quartiers miséreux qu’il a fréquentés si longtemps, et qui marqueront à jamais sa vie et son cinéma.

On rit, et beaucoup dans ce court métrage, mais Chaplin filme aussi la pauvreté et la misère comme il ne l’avait jamais fait. Jusqu’à mettre en scène un drogué en train de se piquer, vision d’un réalisme incroyable dans une comédie.

Audacieux et irrésistible, Easy Street est un pur chef d’œuvre, qui annonce déjà l’ambition des longs métrages de Chaplin.

Charlot patine (The Rink) – de Charles Chaplin – 1916

Posté : 21 octobre, 2016 @ 8:00 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot patine

Titre alternatif (VF) : Patinage

Charlot patine fait partie de ces courts métrages dont le seul titre résume l’idée première de Chaplin : des films-concepts dont ses débuts ont été remplis. Mais Chaplin n’est plus un débutant, et son sens de la mise en scène est désormais bien affirmé, tout comme cette manière si personnelle d’associer humour et poésie.

Qu’importe l’intrigue, cette histoire très classique d’amour, de jalousie et de rancœur, tout dirige vers les deux longues séquences de patinage autour desquelles le film s’articule. Le pourquoi importe peu : c’est le comment qui enthousiasme !

Les patins au pied, le petit homme se transforme en un véritable danseur, aux mouvements si fluides qu’ils en deviennent quasiment irréels. Face à l’immense Eric Campbell et à une dizaine de patineurs en colère, il affiche une assurance et une vivacité superbes…
Tellement doué qu’il remettra le couvert vingt ans plus tard dans une séquence géniale des Temps modernes.

Charlot fait du golf (???) – de Charles Chaplin – 1917 (?)

Posté : 25 septembre, 2016 @ 8:00 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot fait du golf

Ne cherchez pas dans les filmographies officielles : Charlot fait du golf n’existe pas. Cette rareté d’à peine trois minutes a été découverte dans les archives de la famille, sans que l’on sache à quoi ces images étaient destinées, ni même quand elles ont été tournées. Seule certitude : elles datent d’avant fin 1917. Outre Chaplin, le film met en effet en scène Albert Austin et Eric Campbell, et ce dernier est mort dans un accident de voiture le 20 décembre de cette année-là.

Les images qui nous sont parvenues se limitent en fait à deux scènes sur un terrain de golf : dans la première, Charlot assiste moqueur aux efforts malheureux de Campbell pour taper dans sa balle ; la seconde étant une variation sur le même thème, Austin ayant cette fois pris la place du souffre-douleur de Charlot.

Peut-être Chaplin cherchait-il l’inspiration sur ce terrain de golf… Il ne semble pas l’avoir trouvée : son vagabond se contente de quelques mimiques bien rodées, mais sans génie ni passion. Éternel perfectionniste, on peut imaginer que Chaplin s’est rendu compte qu’il n’allait nulle part avec cette ébauche de film, et qu’il est passé à autre chose. Reste une vraie curiosité, forcément indispensable pour tous les amoureux de Chaplin.

A propos de Nice – de Jean Vigo et Boris Kaufman – 1930

Posté : 15 septembre, 2016 @ 2:50 dans 1930-1939, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, FILMS MUETS, KAUFMAN Boris, VIGO Jean | Pas de commentaires »

A propos de Nice

Premier film de Jean Vigo, ce montage virtuose d’images muettes tournées avec son complice Boris Kaufman dans les rues de Nice a été réalisé dans le cadre d’une série de films dédiés à plusieurs villes françaises. Au-delà de l’intérêt historique évident (on assiste bien aux premiers pas d’un cinéaste majeur – malgré sa très courte carrière), le film dévoile déjà le cynisme et la lucidité du jeune réalisateur.

Le film a, à première vue, un petit côté carte postale dont Vigo se joue habilement. Cette ville, il l’a découverte lors de son enfance difficile lorsque, malade, il avait été envoyé en cure dans le Sud de la France. La vision qu’il porte sur les riches oisifs qui peuplent les beaux quartiers niçois ne fait guère de doute : des contre-plongées cruelles soulignent les artifices de femmes vieillissantes trop fardées ; une série de plans successifs montre des hommes paressant sur des chaises.

Les images sont fortes, mais c’est surtout le montage qui donne le ton. Montage qui met en parallèle les riches s’abandonnant au soleil et les pauvres reclus dans des ruelles sales et privées de lumière ; ou encore une parade fleurie et festive, et le travail des petites gens qui cueillent ces mêmes fleurs en se cassant le dos. Pas toujours très délicat (surtout lorsqu’à un plan de fête répond le cortège d’un enterrement), mais diablement efficace.

Dans ce Nice, jamais les riches des cartes postales et les pauvres des bas-fonds ne se croisent. A une exception près : un plan fugitif dans lequel une femme se détourne avec un dégoût manifeste d’une mendiante qui s’approche de lui. Pas sûr que ce film soit un chant d’amour à Nice.

Les Berceaux – de Jean Epstein – 1931

Posté : 18 mars, 2016 @ 8:00 dans 1930-1939, COURTS MÉTRAGES, EPSTEIN Jean, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Les Berceaux

Jean Epstein a tourné des clips ? Si, si… En 1931, le cinéaste est engagé par la firme Synchro Ciné pour mettre en images une chanson, célèbre alors si l’on en croit le générique: Les Berceaux, un poème de Sully Prudhomme mis en musique par Gabriel Fauré, et interprété pour l’occasion par Louis Gaudin (« de l’Opéra Comique »).

Une curiosité, donc, mais pas si étrange que cela : Les Berceaux, chanson de marin joliment mélancolique, permet à Epstein de s’inscrire dans la lignée de ses « poèmes bretons », initiés avec Finis Terrae. Le petit film qu’il réalise porte clairement sa marque, avec quelques expérimentations visuelles, des plans très composés, et l’omniprésence de la nature.

Le film, ancêtre des clips que l’on connaît aujourd’hui, fait coller les images avec les paroles de la chanson. Un exercice de style intéressant et fort sympathique, à défaut d’être follement personnel.

Le film figure dans le coffret DVD consacré à Epstein chez Potemkine.

Charlot machiniste (Behind the screen) – de Charles Chaplin – 1916

Posté : 8 février, 2016 @ 8:00 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot machiniste

Titre alternatif (VF) : Charlot fait du cinéLe Machiniste

Titre alternatif (VO) : The Pride of Hollywood ; Los Fallen Angeles

Ce n’est pas la première fois que Chaplin filme les coulisses du cinéma. Déjà à la Keystone, il avait tourné A Film Johnnie et The Masquerader dans le même décor, avant d’y revenir avec His New Job, son premier film à la Essanay. Désormais à la Mutual, Chaplin renoue donc avec ce qui semble être l’un de ses thèmes de prédilection: les coulisses du monde du spectacle.

L’émotion pure des Feux de la Rampe paraît en tout cas bien loin : avec Behind the screen, Chaplin signe une pure comédie très drôle, mais sans grande ambition, si ce n’est celle de se replonger, déjà, à l’époque de ses débuts à l’écran. La « méthode Keystone » est en effet omniprésente dans ce film. Pas tant pour la qualité des gags (Chaplin a fait du chemin depuis deux ans, et ce court est bien plus drôle que ses premiers films) que pour l’hommage amusé qu’il y rend à la compagnie de Mack Sennett.

Charlot y est l’homme à tout faire d’un plateau où se tournent en même temps une comédie « tarte à la crème » et un film dramatique en costume. L’effervescence du plateau, l’approximation des gags du film dans le film (on n’a pas d’idée ? terminons le film par une bataille de tarte à la crème)… Tout renvoie à l’esprit Keystone dans ce court qui est tout de même loin d’être le plus ambitieux de ceux qu’il a tournés pour la Mutual.

Il y a tout de même quelques gags mémorables. Le plus célèbre est cette image de Charlot se transformant en homme-hérisson en empilant sur son dos onze chaises. Le plus audacieux, pour l’époque, est ce baiser échangé avec Edna Purviance déguisée en homme, devant un Eric Campbell se moquant ouvertement de cette « grande folle ». Mais le plus drôle reste sans doute la scène de la pause déjeuner, à mourir de rire : Charlot mesurant les tourtes d’Eric Campbell pour s’assurer que ce dernier est bien capable de tout engloutir, ou faisant un sandwich d’un os de poulet dégusté par l’incontournable Albert Austin.

Mineur, mais très drôle… Une nouvelle réussite, donc, pour Chaplin.

Charlot usurier (The Pawnshop) – de Charles Chaplin – 1916

Posté : 7 février, 2016 @ 8:00 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot usurier

Titre alternatif (VF) : Charlot chez l’usurier ; L’usurier ; Charlot brocanteur ; Le Brocanteur

Titre alternatif (VO) : High and low finance ; At the sign of the dollar

Chaplin joue ici la carte de la comédie pure, délaissant totalement l’émotion qui marque souvent ses meilleurs films. Pourtant, The Pawnshop est un chef d’œuvre, l’un de ses classiques qui résume le mieux son génie comique.

Comme souvent, c’est le lieu et la fonction exercée par Charlot qui est à l’origine de la plupart des gags. Petit employé d’un usurier, il voit passer entre ses mains des tas d’objets dont il tire systématiquement un potentiel comique insoupçonné.

Le plus mémorable peut-être : cette dissection clinique d’un réveil par un Charlot qui veut vérifier son bon état de marche, avant de le rendre à son propriétaire en pièces détachées avec un non définitif de la tête, après que les morceaux épars se sont mis à bouger, comme animés d’une vie propre…

C’est tout le talent de Chaplin que ce film met en valeur : cette capacité unique à donner une vie aux objets inanimés les plus anodins. Entre ses mains, un plumeau semble danser à travers l’espace. Entre ses jambes, un escabeau semble vouloir se débarrasser de lui. Coincé sur sa tête, une contrebasse semble se mettre à marcher…

Chef d’œuvre de mise en scène et d’inventivité, The Pawnshop pousse à un niveau de perfection rarement égalé le sens du rythme et du détail de Chaplin. Une merveille hilarante et irrésistible.

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