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Archive pour la catégorie 'COURTS MÉTRAGES'

Suspense (id.) – de Lois Weber et Phillips Smalley – 1913

Posté : 20 avril, 2018 @ 8:00 dans 1895-1919, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS, POLARS/NOIRS, SMALLEY Phillips, WEBER Lois | Pas de commentaires »

Suspense

Un an avant de signer son premier long métrage, Lois Weber réalise ce film court mais formidable, sorte de modèle absolu de tout ce que sera le cinéma de suspense dans les cent ans à venir (et même un peu plus).

L’utilisation du split-screen (particulièrement efficace), le montage alterné, les gros plans… Tout est déjà là, et totalement maîtrisé, pour raconter la course poursuite d’un mari qui se précipite chez lui pour sauver sa femme (Lois Weber elle-même) d’un rôdeur qui les menacent, elle et leur enfant.

C’est d’une efficacité impressionnante, et d’une grande modernité : le son mis à part, le film serait-il réalisé différemment aujourd’hui ? Pas sûr…

D’ailleurs, des plans entiers semblent avoir été copiés par de grands cinéaste : le Kubrick de Shining (la main à travers la porte), le Hitchcock de Psychose, avec cette montée des marches qui se termine en très gros plan. Qui évoque, c’est vrai, un plan célèbre de The Musketeers of Pig Alley, réalisé par un certain Griffith un an plus tôt.

Watchtower over tomorrow (id.) – de John Cromwell, Harold F. Kress (et Alfred Hitchcock) – 1945

Posté : 25 mars, 2018 @ 8:00 dans 1940-1949, COURTS MÉTRAGES, CROMWELL John, DOCUMENTAIRE, HITCHCOCK Alfred, KRESS Harold F. | Pas de commentaires »

Watchtower over tomorrow

Ce court documentaire (une quinzaine de minutes) est produit au lendemain de la seconde guerre mondiale dans le but d’expliquer au public l’intérêt des Nations Unies, alors sur le point d’être créés, pour éviter une troisième guerre mondiale.

« Why can’t we organize a world where the people could work and live in peace ? » interroge la voix off de John Nesbitt, tandis que les images d’Américains vivant tranquillement s’enchaînent.

Forcément très didactique, le film mélange habilement images documentaires et stock shots, avec la vision d’une mappemonde qui revient régulièrement pour rappeler l’enjeu planétaire du projet, et quelques séquences tournées pour l’occasion. Un procédé efficace qui donne de la vie au film, entre deux séquences purement explicatives.

On y voit notamment Lionel Stander, en ouvrier indélicat qui lit le journal par-dessus l’épaule de l’employé de bureau Grant Mitchell, dans le bus qui les ramènent tous deux à leurs domiciles. Les deux hommes se lancent alors dans une discussion autour de ce projet de Nations Unies, avant que le narrateur, toujours en voix off, ne les interpelle.

Signé John Cromwell et Harold F. Kress, co-écrit par Ben Hecht, le film a bénéficié de l’apport d’Hitchcock. De quelle manière ? Il semble que sa participation ait surtout concerné l’écriture du film, plus que la mise en scène elle-même, même si les sources ne sont pas très claires à ce sujet.

Alfred Hitchcock présente : Poison (Alfred Hitchcock presents : Poison) – d’Alfred Hitchcock – 1958

Posté : 17 mars, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, HITCHCOCK Alfred, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Alfred Hitchcock présente Poison

Hitchcock inaugure lui-même la quatrième saison de sa série avec un épisode particulièrement éprouvant. Pas ou peu d’humour ici, mais un suspense assez étouffant basé sur une idée particulièrement simple : en Malaisie, un homme est coincé dans son lit après qu’un serpent aspic s’est lové sur son ventre, sous les draps…

Hitchcock étire le suspense avec une efficacité rare, jouant sur le contraste entre l’homme alité et immobile (James Donald, qu’Hitchcock dirigera de nouveau dans son épisode suivant, The Crystal Trench) et son ami exubérant et curieusement détaché (Wendel Corey, le pote de James Stewart dans Fenêtre sur cour).

Invisible jusqu’à la dernière scène, le serpent est pourtant omniprésent, et occupe constamment les pensées, créant un malaise qui ne cesse de croître, jusqu’à une conclusion traumatisante qu’Hitchcock, sadique, annonce bien en avance. Et plus il retarde le moment fatidique, plus la tension monte, et plus le choc est rude.

Alfred Hitchcock présente : Le Plongeon (Alfred Hitchcock presents : Dip in the pool) – d’Alfred Hitchcock – 1958

Posté : 16 mars, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, HITCHCOCK Alfred, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Alfred Hitchcock présente Le plongeon

Efficace mais anodin, ce 35e épisode de la saison 3, réalisé par le maître en personne. La logique de la série repose le plus souvent sur un switch final qui assomme ou surprend le spectateur. Cette fois-ci, ce switch semble être l’unique point d’intérêt d’Hitchcock, qui précède ce dénouement d’une histoire de pari perdu inutilement complexe, qui peine à vraiment intéresser.

Cette complexité inhabituelle chez le cinéaste, d’habitude toujours attentif à l’efficacité de son récit, étouffe un thème qui aurait pu être passionnant : celui du nouveau riche qui cherche maladroitement sa place dans la haute société, dans ce bateau qui traverse l’Atlantique. Surtout que le personnage, interprété par Keenan Wynn, est plutôt réussi.

La conclusion du film, cela dit, est assez réjouissante. Et si on la voit venir de loin, cela ne fait que renforcer le plaisir forcément un rien sadique qu’on y prend. Détail amusant : dans cette histoire où tout repose sur un cri de femme qui ne viendra pas, Hitchcock dirige brièvement celle qui fut la première scream queen du cinéma : Fay Wray, dans un rôle secondaire.

Sacré pétrin (A matter of loaf and death) – de Nick Park – 2008

Posté : 11 mars, 2018 @ 8:00 dans 2000-2009, COURTS MÉTRAGES, DESSINS ANIMÉS, PARK Nick | Pas de commentaires »

Wallace et Gromit Sacré pétrin

Treize ans après A close shave, le dernier court métrage en date de Wallace et Gromit, et surtout trois ans après un long métrage qui a fait date (Le mystère du lapin-garou), Nick Park offrait à son duo vedette un quatrième court (le dernier à ce jour, en tout cas pour le cinéma). Le plaisir de les retrouver est certes intact, mais ce Sacré pétrin n’amène pas grand-chose à la gloire du studio Aardman.

Il y a quelques très beaux moments dans ce film, dont le titre original est un clin d’œil au cinéma de Michael Powell (A matter of life and death) : la scène du vélo lancé à toute allure, celle du lustre, et surtout l’affrontement final dans le grenier d’une maison transformée en moulin qui évoque furieusement celui de Frankenstein. Le cinéma d’épouvante classique reste une influence majeure de la saga.

Mais cette fois, il y a un arrière-goût de déjà-vu. Et si le film ne manque pas de rythme, il manque en revanche de surprise. Et de francs éclats de rire : on regarde ça avec un certain plaisir, mais avec le sentiment aussi qu’on aurait préféré revoir les précédentes aventures du duo.

* Le film est ressorti en salles fin 2017 dans une séance double-programme avec Rasé de près, sous le titre Wallace et Gromit : cœurs à modeler.

Rasé de près (A close shave) – de Nick Park – 1995

Posté : 10 mars, 2018 @ 8:00 dans 1990-1999, COURTS MÉTRAGES, DESSINS ANIMÉS, PARK Nick | Pas de commentaires »

Wallace et Gromit Rasé de près

Après Une grande excursion et Un mauvais pantalon, Rasé de près venait clore une trilogie formidable mettant en scène le duo le plus enthousiasmant de l’histoire de la pâte à modeler, trilogie de courts métrages qui a depuis été prolongée à plusieurs reprises au cinéma et à la télévision.

A close shave est un hommage très réussi aux films d’horreurs des années 30, avec ses savants fous, ses machines infernales, mais aussi ses plaines embrumées et ses monstres inhumains. Tout ça pour rire, bien sûr, mais Nick Park filme sa comédie avec un sens du cadrage qui renvoie explicitement à l’imagerie du cinéma d’épouvante.

Le rythme est impressionnant, et repose en grande partie sur la complémentarité d’un Wallace souvent à côté de la plaque, et d’un Gromit (le chien, donc) plus lucide mais incapable de se faire comprendre. L’humour repose souvent sur le regard de Gromit en arrière-plan, tantôt attéré, tantôt inquiet, tantôt amusé.

A close shave, c’est aussi à peu près une trouvaille à chaque plan, souvent formidable, des inventions totalement délirantes et complètement inutiles du début, à la désopilante poursuite nocturne, avec un Shaun le mouton qui, dans sa toute première apparition, gagne d’emblée ses galons de vedette : le mouton sera par la suite le héros de sa propre série et d’un long métrage.

* Le film est resorti en salles fin 2017 dans une séance double-programme avec Sacré pétrin, sous le titre Wallace et Gromit : cœurs à modeler.

Alfred Hitchcock présente : L’inspecteur se met à table (Alfred Hitchcock presents : Lamb to the slaughter) – d’Alfred Hitchcock – 1958

Posté : 7 mars, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, HITCHCOCK Alfred, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Alfred Hitchcock présente L'Inspecteur se met à table

Et si les policiers mangeaient sans le savoir l’arme du crime sur lequel ils enquêtent ? Cette idée assez formidable est au cœur de ce film écrit par Roald Dahl, et mis en scène avec ironie par un Hitchcock très en forme. Cet épisode, le 28e de la saison 3, est d’ailleurs l’un des plus célèbres de la série anthologique.

Tout repose pourtant entièrement sur le twist final. Le crime lui-même, la manière dont il est maquillé, tout cela n’a pas grand-chose d’original. Mais Hitchcock réussit à faire d’un gigot qui cuit dans un four l’élément central de son film. L’action, d’ailleurs, dure très exactement le temps qu’il faut à ce gigot pour aller du congélateur à l’estomac des policiers…

La même année que Vertigo, Hitchcock retrouve pour l’occasion Barbara Bel Geddes, dans un rôle central cette fois, celui de la femme bafouée et finalement meurtrière. Elle est excellente dans ce personnage de fausse ingénue qui observe les enquêteurs avec un regard moins inquiet qu’amusé, et qui finit par éclater de rire dans un plan face caméra qui évoque curieusement le dernier plan d’un film à venir, pourtant radicalement différent : Psychose.

Soupçons : Pris au piège (Suspicion : Four o’clock) – d’Alfred Hitchcock – 1957

Posté : 6 mars, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, HITCHCOCK Alfred, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Suspicion Four o'clock

Au milieu des années 50, entre deux films majeurs, Hitchcock trouve le temps de se passionner pour la télévision, alors en plein essor. Non content d’être le créateur, producteur, hôte et réalisateur occasionnel de la série Alfred Hitchcock presents, le cinéaste trouve le temps de créer une nouvelle série anthologique, constituée de films deux fois plus longs (45 minutes). Four o’clock, qu’il réalise lui-même, est l’épisode qui inaugure cette série.

Hitchcock, cette fois, n’apparaît pas comme il le fait dans Alfred Hitchcock présente, où il introduit le court-métrage par une intervention ouvertement décalée sans rapport avec l’histoire qui suit. Son absence à l’écran n’est pas anodine : même si l’esprit reste globalement le même, le second degré et l’humour qui se retrouvent régulièrement dans sa première série laissent place ici à une noirceur totale.

Porté par E.G. Marshall, seul à l’écran la plupart du temps, et filmé le plus souvent en gros plan, le film repose sur un suspense machiavélique : un homme qui s’apprête à tuer sa femme qu’il croit infidèle est attaché et bâillonné par des cambrioleurs dans sa cave, à côté de la bombe qui doit exploser à 16h précises… Le génie d’Hitchcock éclate lorsque l’heure fatidique approche : le montage frénétique, les plans de plus en plus rapprochés, les axes décalés… soulignent la terreur grandissante de Marshall.

Le film regorge de belles idées narratives : l’emplacement de voiture resté sec, les montres et horloges omniprésentes… Ces dernières occupent constamment une place de choix dans le cadre pour rappeler que le temps qui passe, pour le coup, est mortel (le personnage principal, d’ailleurs, est horloger).

Notons au passage l’apparition, dans le rôle d’un cambrioleur, de Harry Dean Stanton, alors à ses débuts : cette année-là, il fait aussi ses premiers pas au cinéma.

The Fighting Generation (id.) – d’Alfred Hitchcock – 1944

Posté : 5 mars, 2018 @ 8:00 dans 1940-1949, COURTS MÉTRAGES, HITCHCOCK Alfred | Pas de commentaires »

The Fighting Generation

Jennifer Jones peut se vanter d’avoir tourné avec Hitchcock, même s’il ne s’agit, pour la toute jeune actrice qui venait d’être révélée par Le Chant de Bernadette, que d’un court-métrage destiné à promouvoir les « bons de guerre », afin de supporter financièrement l’engagement militaire de l’Amérique sur le front du Pacifique.

La belle apparaît dans le rôle d’une infirmière qui soigne un blessé pas comme les autres : celui-ci est un ami d’enfance, qui appartient à la même génération qu’elle, celles des combattants (d’où le titre, oui). Un passé commun qui lui donne le sentiment de connaître intimement tous les soldats de cette guerre.

Hitchcock n’est pas crédité au générique, mais c’est bien lui qui dirige l’actrice dans ce petit film long de deux minutes seulement, et qui se limite à deux plans simples et fonctionnels, cadrant Jennifer Jones en plan rapproché face caméra. Ses autres contributions à l’effort de guerre sont nettement plus intéressantes, mais The Fighting Generation est une curiosité incontournable dans une découverte intégrale du cinéma d’Hitchcock…

Alice Comedies, vol. 2 (Alice Comedies 2) – de Walt Disney – 1924, 1926, 1927, 2017

Posté : 26 février, 2018 @ 8:00 dans 1920-1929, 2010-2019, COURTS MÉTRAGES, DESSINS ANIMÉS, DISNEY Walt, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Alice Comedies

Ce programme de quatre courts métrages repose sur d’excellentes idées. Premièrement, il prouve que le muet garde toute sa force évocatrice pour les jeunes d’aujourd’hui. Deuxièmement, accompagner ces films oubliés de Disney d’une musique bien d’aujourd’hui (trois partitions formidables de l’Orchestre de Chambre d’Hôte, et une quatrième signée Manu Chao pour le dernier court) permet justement de sortir de l’oubli ce qui fut le premier grand succès de Disney au cinéma, avant la naissance de Mickey.

Entre 1923 et 1927, Walt Disney a réalisé une bonne cinquantaine de courts métrages dont l’héroïne est une jeune fille, jouée par une vraie comédienne (la toute jeune Virginia Davis d’abord, puis d’autres fillettes au fil des ans), qui évolue dans un monde de dessins animés. Un mélange qui n’est pas totalement inédit à l’époque : les frères Fleischer l’avaient expérimenté dès la fin des années 10. Mais Disney le perfectionne, permettant même parfois de vraies interactions entre Alice et les cartoons. C’est lui aussi qui fera passer ce dispositif dans une nouvelle ère quarante plus tard, avec Mary Poppins.

Côté animation, on est dans le Disney première période. Loin de la perfection visuelle et du réalisme de ses grandes œuvres à venir, Disney propose un dessin très épuré et une animation souvent sommaire, mais où le gag est roi, avec d’incroyables trouvailles visuelles qui n’auront plus leur place dans son cinéma à partir des années 30. Les Alice Comedies préfigurent sans doute davantage Tex Avery que Disney lui-même, finalement.

Alice Comedies Jour de pêcheJour de pêche (Alice’s fishy story) – 1924

C’est l’un des premiers courts métrages de la série, et Disney justifie encore la coexistence d’un personnage de chair et d’os et de cartoons, comme une histoire que raconte la fillette à ses copains. La partie animée n’occupe d’ailleurs que la moitié centrale du film, qui évoque très clairement pour la partie « live » la série des Petites Canailles, alors très en vogue.

Elle ne manque d’ailleurs pas de rythme, cette partie live, avec les gamins embarqués dans une voiture lancée à travers les grandes avenues encore champêtres d’Hollywood, et quelques belles trouvailles : ce chien qui joue du piano à la place d’Alice pour tromper la vigilance de la mère est tout de même très drôle.

La partie animée ne manque pas de charme non plus, et rappelle que les temps ont bien changé : à l’époque, on pouvait montrer des poissons se faire tuer dans un film familial ! Cela dit, l’interaction entre Alice (Virginia Davis) et son partenaire animé Julius le chat reste très minime.

Alice Comedies La Magie du cirqueLa Magie du cirque (Alice’s circus daze) – 1927

Ce court marque la première apparition de Loïs Hardwick, qui sera la dernière interprète d’Alice : à partir de 1928, le succès de Mickey portera Disney vers d’autres aventures. La fillette y fait un numéro avec Julius dans un cirque dont les artistes sont tous de drôles d’animaux. Il faudrait voir le film plusieurs fois d’affilée, tant les gags sont nombreux, simultanément, aux quatre coins de l’écran.

Alice elle-même n’est au cœur du court métrage que lors d’un spectaculaire numéro d’équilibre : elle trône en haut d’une bonne dizaines de chaises empilées l’une sur l’autre, sur le nez de Julius. C’est enlevé, drôle et bourré d’idées comiques typiques de cette époque : les chaises tombent l’une après l’autre, et Alice reste en l’air… Jouer avec la gravité était alors l’objet inépuisable de gags.

Alice Comedies L'ouest moutonneuxL’Ouest moutonneux (Alice in the Wooly West) – 1926

On retrouve d’ailleurs ce même jeu avec la gravité dans ce court qui se déroule dans l’univers du western, lors d’une bagarre d’anthologie entre Julius et le grand méchant de l’histoire : un braqueur de dilligence qui a enlevé Alice (interprétée cette fois par Margie Gay). C’est le plus rythmé des quatre courts, un enchaînement non stop de poursuites et de bagarres.

Les gags aussi s’enchaînent, toujours sur le thème de l’absurde et du burlesque. Alice joue les faire-valoir bien sûr, mais quelques plans plutôt bien fichus l’intègrent réellement dans l’action. Une vraie tornade !

Alice Comedies Alice joueuse de flûteAlice joueuse de flûte (Alice the piper) – 1924

Disney s’offre une parodie du fameux Joueur de flûte de Hamelin, avec Alice (jouée par Virginia Davis) dans le rôle titre, chargée de débarrassée le « château du roi » (en l’occurrence, la bicoque d’un vieillard) des rats qui lui gâchent la vie. Des rats aussi machiavéliques qu’imaginatifs, qui modifient l’annonce que placard le vieux : ce dernier promettait 5 dollars à celui qui l’aiderait ; eux changent l’affiche pour promettre 5000 dollars !

C’est cette annonce qui motive Alice et Julius, qui s’imaginent donc dans la peau du joueur de flûte. Sauf que ce qui marche dans les contes ne fonctionne pas forcément (encore) dans les films de Disney : à mi-film, le prétexte du film est balayé d’un revers de la main, et Alice et son comparse passent à tout autre chose, en troquant la flûte contre un aspirateur géant. C’est ça aussi qui caractérise le Disney des débuts : une totale liberté.

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