Play it again, Sam

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Archive pour la catégorie 'Catégories'

Peaky Blinders (id.) – saison 3 – créée par Steven Knight – 2016

Posté : 18 février, 2019 @ 8:00 dans * Films de gangsters, * Polars européens, 2010-2019, KNIGHT Steven, MIELANTS Tim, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Peaky Blinders saison 3

Sauvé de la mort in extremis par les hommes de Churchill, Thomas Shelby est désormais redevable envers l’homme fort d’Angleterre. Y compris le jour de son mariage tant attendu avec la belle Grace, la femme qu’il aime, l’unique personne capable de contenir sa rage. Mais la violence appelle la violence, et la tragédie guerre. Lorsqu’elle arrive, c’est tout un fragile équilibre qui explose.

Comme un fascinant fil rouge, le « Red Right Hand » de Nick Cave rythme une nouvelle fois cette ébouriffante troisième saison, tantôt envoûtante, tantôt rageuse, tantôt éthérée. L’utilisation de cette chanson, et d’autres, reste l’une des grandes particularités de la série de Steven Knight, la première sans doute à utiliser le « Lazarus » de David Bowie et le « You want it darker » de Leonard Cohen, deux chansons marquées par la mort.

C’est dire si la mort est omniprésente dans cette saison, qui marque le basculement de la famille Shelby, et la fin d’une époque. La violence est rare, elle n’en est que plus percutant et traumatisante. L’esthétisme fascinant de la série n’enlève strictement rien au poids de cette violence, qui est plus que jamais le sujet du show : la violence et ses conséquences, au cœur de tous les drames qui se nouent.

Dans le rôle de Thomas, le chef de la famille Shelby, Cilian Murphy est d’une intensité rare. Cette troisième saison lui donne la possibilité de donner toute l’étendue de son talent, son personnage passant par à peu près tous les états inimaginables, de la paix intérieure à la douleur la plus vive en passant par la folie, la rage et le cynisme. Un personnage tiraillé par ses démons, dont on ne peut qu’imaginer tout ce qu’il peut encore donner à la série.

Le personnage de son frère Arthur est tout aussi passionnant, homme de main rongé par ses péchés, qui lutte contre ses démons, mais que sa fureur mal renfermée rattrape sans cesse. Comme la tante Polly, femme forte et fière, rattrapée par ses désirs de femme et de mère, en rupture avec la violence dans laquelle s’est enfermée la famille Shelby. Deux personnages magnifiques, portés par deux acteurs particulièrement habités, Helen McCrory et Paul Anderson.

Peaky Blinders dresse une peinture sans concession de l’Angleterre des années 20 avec ses politiciens véreux et ses hommes d’église peu fréquentables. La série de Steven Knight, visuellement magnifique, et totalement addictive, continue son sans-faute. Vivement la suite.

* Voir aussi la saison 1 et la saison 2.

Allen in movieland (id.) – de Dick McDonough – 1955

Posté : 14 février, 2019 @ 8:00 dans 1950-1959, CURTIS Tony, EASTWOOD Clint (acteur), McDONOUGH Dick, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Allen in movieland

Voilà une curiosité dans la carrière de Clint Eastwood. 25 ans, sous contrat à la Universal depuis quelques mois, Clint venait alors de décrocher sa première panouille à l’écran dans La Revanche de la créature (sorti trois mois plus tôt dans les salles américaines). Et il fait ici sa toute première apparition télévisée, dans un programme destiné à promouvoir les dernières productions de la Universal.

Intéressant à plus d’un titre, ce programme démontre d’abord qu’à l’époque, on ne se contentait pas de diffuser les bandes annonces. Allen in movieland met en scène la vedette de télévision Steve Allen, vedette de la télévision, choisi pour incarner Benny Goodman dans un biopic, que l’on voit découvrir les studios dans une série de scènes humoristiques.

Il y croise de nombreuses vedettes maison : Tony Curtis qui répète des cascades de son nouveau film (Les Années sauvages), Audie Murphy qui évoque son film autobiographique L’Enfer des hommes, Piper Laurie qui pousse la chansonnette, ou encore Jeff Chandler. Ce dernier présente son dernier film (La Muraille d’or avec Jane Russell), prouve qu’il a un beau timbre de voix… et devient le premier à prononcer le nom de Clint Eastwood à l’écran !

Le narrateur du programme explique le fonctionnement du studio, et notamment la politique visant à prendre des jeunes talents sous contrats pour les former (et les avoir sous la main). C’est ce que connaît Clint à cette époque, et le voilà jouant les utilités auprès de deux autres jeunes acteurs (Rex Reason et Grant Williams) dans un court métrage adapté de Bright Victory.

Il y est d’ailleurs très bien, même si son rôle n’est qu’un contrepoint à ceux de ses deux comparses : un jeune soldat devenu aveugle qui s’en prend amèrement à l’officier qui tente de l’aider, sans réaliser que ce dernier a lui-même perdu la vue. Un simple observateur, à l’exception d’une réplique percutante qui « ouvre les yeux » du jeune soldat.

Comme un petit signe du destin : ce passage est suivi par un numéro dansant sur la musique de « That all black magic », chanson de Harold Arlen et Johnny Mercer que Clint Eastwood utilisera quelques décennies plus tard dans Minuit dans le jardin du bien et du mal (chantée alors par Kevin Spacey).

Et puis, pour ce grand amoureux de jazz, cette expérience a dû être marquante : dans la scène finale de Allen in movieland, tout le cast se réunit autour de Steve Allen et de Benny Goodman lui-même, qui se lancent dans un duo piano-clarinette. On y voit très clairement Clint Eastwood dodelinant de la tête et affichant un large sourire derrière l’épaule de Goodman. Classe.

Les Aventuriers du Far West : The Last Letter (Death Valley Days : The Last Letter) – série créée par Ruth Woodman – épisode réalisé par Stuart R. McGowan – 1956

Posté : 10 février, 2019 @ 8:00 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, EASTWOOD Clint (acteur), McGOWAN Stuart R., TÉLÉVISION, WESTERNS, WOODMAN Ruth | Pas de commentaires »


Death Valley Days The Last Letter

Les débuts de Clint Eastwood ont décidément été plus satisfaisants à la télévision qu’au cinéma, où ses tout premiers rôles se limitent à de brèves apparitions le plus souvent sans consistances. En 1956, il a bien droit à son nom au générique et à d’avantage de scènes que d’habitude dans The First Travelling Saleslady, mais son personnage est un cliché souriant sur patte, rigolo mais totalement inconsistant.

Cette même année, il trouve son premier rôle intéressant dans cet épisode d’une série au long cours, commencée à la radio dès les années 30, anthologie racontant des épisodes plus ou moins authentiques et plus ou moins glorieux de la conquête de l’Ouest, vers la Californie. En l’occurrence : l’histoire d’Alexander Todd, chercheur d’or qui découvre qu’il est plus facile pour lui de faire fortune en créant un service postal entre les mineurs et San Francisco.

Ce personnage authentique est interprété par William Pullen, acteur aperçu (si on cherche bien) dans Eve et Victime du Destin, et qui campe un Todd particulièrement peu attachant. Deuxième au générique, Clint Eastwood, tout jeune et légère moustache, est, de loin, le personnage le plus intéressant de l’épisode : un mineur solitaire et taciturne, qui a perdu goût à la vie et refuse d’adhérer au service postal.

Et il est très bien, le jeunôt Clint, très émouvant dans le rôle de ce pionnier malheureux au bord de la dépression, à qui le réalisateur réserve les deux plus beaux moments : des gros plans sur son visage résigné et fatigué, qui révèlent déjà l’intensité de sa présence. Bien plus en tout cas que les panouilles qu’il a eu l’occasion de faire sur grand écran jusque là.

Highway Patrol : Motorcycle A (id.) – épisode réalisé par Lambert Hillyer – 1956

Posté : 30 janvier, 2019 @ 8:00 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, EASTWOOD Clint (acteur), HILLYER Lambert, POLARS/NOIRS, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Highway Patrol Motorcycle A

Clint Eastwood a tourné face à Broderick Crawford. Juste ça, ça mérite que l’on jette un œil à cet épisode d’une série télé totalement oubliée aujourd’hui : Highway Patrol, show totalement à la gloire des forces de l’ordre, dans la lignée (mais en plus policée) des polars de série B des années 40, genre où Anthony Mann ou Richard Fleischer ont fait des débuts très remarqués.

On n’est clairement pas à ce niveau là : Highway Patrol est tout juste sympathique, grâce surtout à la présence décidément toujours marquante de son acteur principal, Broderick Crawford donc, voix grave et profonde qu’on écoute sans moufter, tant le gars dégage une autorité naturelle. Sympathique, mais aussi anonyme dans sa mise en scène, et modeste dans son propos.

Si on en parle ici, c’est donc parce que le jeune Clint Eastwood, entre deux apparitions sans envergure sur grand écran, tient ici un second rôle un peu plus consistant : celui d’un motard en blouson de cuir victime de la hargne d’un patron de bar, bien décidé à débarrasser sa petite ville de la présence des bikers, qu’il accuse de tous les maux de la terre depuis qu’une bande à motos à mis la ville à sac, estropiant par la même occasion sa femme.

Sauf que Clint et son pote sont des motards sympas qui ne voulaient que manger un morceau. Et sauf que la mesquinerie du cafetier va se terminer en drame. Heureusement, Broderick Crawford et les flics de la Highway Patrol ne sont pas dupes, et ils vont remettre les choses à leur place en moins de trente minutes : le temps que dure cet épisode.

Ce n’est pas inoubliable, loin s’en faut, mais c’est une (petite) étape dans la carrière de Clint…

LIVRE : Mireille Balin, la star foudroyée – de Frank Bertrand – 2014

Posté : 18 janvier, 2019 @ 8:00 dans LIVRES | Pas de commentaires »

LIVRE Mireille Balin La star foudroyée

Est-ce le regard de Mireille Balin, ses lèvres qui esquissent un sourire, ou ce corps qu’elle met en valeur avec une liberté évidente ? Les photos que l’on trouve dans ce livre sont fascinantes, comme si l’actrice, les yeux tournés vers l’objectif, lançait un défi à quiconque oserait la juger…

Mireille Balin, c’est l’une des grandes actrices oubliées du cinéma français. Deux fois partenaire de Jean Gabin (Pépé le Moko et Gueule d’amour), dont elle fut la maîtresse avant d’être celle de Tino Rossi, la jeune femme a eu la mauvaise idée de tomber amoureuse d’un officier allemand pendant l’occupation, et de ne pas même chercher à faire profil bas. Elle fut donc l’une des grandes victimes de l’épuration : enfermée et violée à la libération, l’homme de sa vie sans doute assassiné (son corps n’a jamais été identifié), elle terminera sa vie seule et miséreuse…

Une destinée tragique que Frank Bertrand (auteur qui vient de mourir) évoque avec une passion communicatives. Plutôt qu’une biographie traditionnelle, La star foudroyée est bien une évocation de cette vie fulgurante, sous la forme d’une enquête, autour de seize cahiers écrits par un personnage-prétexte et retrouvés par hasard par le narrateur, qui découvre en même temps que le lecteur le pouvoir de fascination de la Balin.

Quel personnage ! Femme libre, femme détachée aussi, sans doute, pour le meilleur et pour le pire. Mireille Balin traverse sa carrière de star naissante comme elle traversera sa déchéance à venir : avec un détachement dont on ne sait s’il relève de la fierté ou d’une certaine indifférence à son propre sort. Un beau livre en tout cas, dont on ressort avec un vrai sentiment de révolte, et une envie de revoir ses grands films…

Les Aristochats (The Aristocats) – de Wolfgang Reitherman – 1970

Posté : 15 janvier, 2019 @ 8:00 dans 1970-1979, DESSINS ANIMÉS, REITHERMAN Wolfgang | Pas de commentaires »

Les Aristochats

Walt Disney est mort, vive Walt Disney ! Mort en 1966 durant la production du Livre de la Jungle, le tout puissant oncle Walt avait certes donné lui-même le feu vert à la mise en chantier des Aristochats, mais ce long métrage est le premier auquel il n’ait pas directement participé. Et on aurait bien envie de dire que ça change un peu les choses.

Non pas que les précédents soient ratés, ni même qu’il s’est passé une révolution dans la logique du studio, mais quand même. Ce qui frappe d’emblée, c’est le style visuel du film, avec ces dessins comme sortis directement d’un carnet de croquis, qui rompent avec la perfection et l’extrême réalisme qui marque la plupart des longs métrages depuis Blanche-Neige, le tout premier.

Et puis le ton, le rythme, très jazzy. Dans Le Livre de la jungle déjà, quelques scènes révélaient un certain goût pour le jazz. Mais sans commune mesure avec les grands moments des Aristochats, ce bœuf improvisé dans un squat parisien, et cet air inoubliable chanté (en français et en anglais) par Maurice Chevalier lui-même.

L’histoire, simple prolongement de La Belle et le Clochard et des 101 dalmatiens, n’apporte pas grand-chose de nouveau à la gloire de Disney. Mais la forme, elle, a quelque chose de franchement enthousiasmant, et même d’euphorisant. « Tout le monde veut devenir un cat, parce que un chat quand il est cat, retombe sur ses pattes… »

Retour à Glennascaul (Return to Glennascaul) – de Hilton Edwards – 1953

Posté : 14 janvier, 2019 @ 8:00 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, EDWARDS Hilton, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Retour à Glennascaul

Une curiosité : profitant de l’une des innombrables interruptions du tournage d’Othello, dans lequel ils interprètent respectivement Brabantio et Iago, Hilton Edwards et Micheál Mac Liammóir produisent ce court métrage que le premier réalise, et qui évoque « a story that is told in Dublin », une histoire de fantômes bien sûr, comme on les aime dans ces terres celtiques.

Les deux hommes, fondateurs du Gate Theater à Dublin, sont parmi les artistes plus respectés d’Irlande à cette époque. Mais si ce court métrage est si remarquable, cela est surtout dû à la présence d’Orson Welles lui-même, qui joue avec délectation le jeu de la mise en abyme : cette histoire de fantômes est racontée en flash-backs, par un automobiliste en panne que Welles, sorti du plateau de son Othello, prend en stop.

Cette introduction permet de filmer les coulisses de ce tournage épique. Sans en dévoiler grand-chose d’ailleurs : le plateau est d’avantage évoqué que réellement montré, avec de superbes images presque expressionnistes qui portent clairement la marque de Welles. A-t-il participé à la mise en scène de ce petit film ? Officiellement, non, mais on jurerait qu’il a au minimum inspiré très ouvertement Hilton Edwards.

Le « style Orson Welles » revient constamment au cours du film, mais avec une pointe d’ironie qui vient contrebalancer la légère angoisse qui pointe le bout de son nez. Il y a aussi une belle utilisation de cette petite musique lancinante qui contribue à donner son ton particulier au film. Et puis la voix off, omniprésente, d’Orson Welles, qui se présente d’une manière que les auditeurs de l’époque connaissaient bien : « Ladies and gentlemen, this is your obedient servant… »

LIVRE : Martin Scorsese, mes plaisirs de cinéphile – collectif – 1998

Posté : 7 janvier, 2019 @ 8:00 dans LIVRES, SCORSESE Martin | Pas de commentaires »

LIVRE Martin Scorsese mes plaisirs de cinéphile

Un petit livre passionnant qui se picore ou se dévore, au choix, mais avec gourmandise : la même gourmandise avec laquelle Scorsese évoque son travail, ses collaborations ou ses plaisirs de cinéphile, pour reprendre le titre du livre. Un livre qui est en fait une sorte de compilation de textes et entretiens parus dans Les Cahiers du cinéma entre 1995 et 1998, essentiellement à l’époque de Casino et de son documentaire fleuve Voyage à travers le cinéma américain.

Scorsese sait parler de son cinéma mieux que la plupart des autres cinéastes. Il sait aussi parler du cinéma en général mieux que quiconque, avec une manière toute personnelle en tout cas, en mettant constamment ses expériences de spectateur en parallèle avec sa vie et son environnement. Ce pourrait être égocentré, mais c’est passionnant, parce que ça dit beaucoup de ses propres films, de ses propres recherches formelles et thématiques.

Scorsese évoque sa collaboration privilégiée avec DeNiro, film après film. Il rend hommage à d’autres grands noms du cinéma, à l’occasion de leur disparition ou de programmations qui leur sont dédiées : d’Ophüls à Hitchcock en passant par Orson Welles ou Abel Ferrara, ce qu’il dit de ces cinéastes éclaire toujours sa propre vision de cinéaste. La manière dont il met en parallèle James Stewart et Robert Mitchum, disparus à quelques jours d’intervalle, est également brillante.

Que les textes (écrits par Scorsese lui-même ou par d’autres, comme ce passionnant entretien sa monteuse Thelma Schoonmaker) parlent des films de Scorsese ou du cinéma qui l’a marqué, il y a toujours cette même capacité à évoquer des images nettes et des plaisirs de cinéphiles, qui reviennent page après page. L’art du réalisateur est abordée avec force et passion.

La place du cinéphile aussi, et c’est assez fascinant de voir tout ce qui a changé depuis une vingtaine d’années. En cette fin des années 90, Scorsese évoque longuement la difficulté de découvrir certains réalisateurs un peu oubliés comme Anthony Mann, Phil Karlson ou d’autres. En creux, ces constats disent beaucoup sur l’évolution récente de la cinéphilie, due notamment à l’explosion du DVD dans un premier temps. Les propos de Scorsese ne perdent pourtant rien de leur pouvoir évocateur. Et ce livre donne une furieuse envie de revoir tous ses films, et tant d’autres…

Astérix et le secret de la potion magique – de Alexandre Astier et Louis Clichy – 2018

Posté : 3 janvier, 2019 @ 8:00 dans 2010-2019, ASTIER Alexandre, CLICHY Louis, DESSINS ANIMÉS | Pas de commentaires »

Astérix Le Secret de la potion magique

Quatre ans après Le Domaine des Dieux, Alexandre Astier et Louis Clichy remettent ça, non pas avec l’adaptation d’une BD, mais avec une histoire originale voulue comme un hommage à l’esprit de Goscinny et Uderzo. Esprit que l’on retrouve effectivement, mâtiné comme le précédent long métrage de celui d’Astier, qui s’autocite avec gourmandise lorsque les quelques notes de Kaamelott retentissent dans les troupes des Romains.

Le film a les qualités et les défauts du précédent : la même manière de respecter l’esprit de la bande dessinée tout en l’ancrant dans l’époque actuelle, mais aussi un certain manque de folie, que la fin toute en excès, comme un clin d’œil au très mal aimé (et pour cause) album Le Ciel lui tombe sur la tête, ne permet pas d’oublier.

Le plus intéressant dans ce nouveau long métrage, c’est la volonté d’Astier d’évoquer un thème inattendu : celui du temps qui passe, du vieillissement, à travers l’histoire du druide Panoramix qui, se sentant diminué par l’âge, se cherche un successeur. Une manière d’inscrire le plus intemporel des héros de BD dans une réalité qui lui échappait jusqu’à présent.

Astier rompt aussi avec quelques habitudes très ancrées. Il féminise ainsi (un peu) cette tribu très patriarcal, en mettant notamment les femmes du village en première ligne face aux Romains. Homme de troupe, il écarte aussi longuement l’homme providentiel Astérix au profit d’une union forcée entre les Gaulois et les Romains face à un ennemi plus menaçant. Les temps ne sont plus ce qu’ils étaient…

Le Grinch (The Grinch) – de Yarrow Cheney et Scott Mosier – 2018

Posté : 26 décembre, 2018 @ 8:00 dans 2010-2019, CHENEY Yarrow, DESSINS ANIMÉS, FANTASTIQUE/SF, MOSIER Scott | Pas de commentaires »

Le Grinch

En 2000, Jim Carrey avait incarné le Grinch dans une adaptation live de ce roman pour enfants du Dr Seuss. Avec une certaine folie et une méchanceté que l’on retrouve dans cette nouvelle adaptation, animée cette fois. Une adaptation que l’on doit au studio Illumination. Evidemment, aurais-je envie d’ajouter, tant le personnage rentre parfaitement dans le cahier des charges du studio depuis Moi, moche et méchant et Le Lorax.

Derrière chaque méchant se cache un cœur qui ne demande qu’à grossir et à s’exprimer. On se doute bien que cette morale redondante sera de nouveau illustrée avec ce Grinch version 2018. Et bien sûr, on n’est pas déçu. Il y a donc bien un côté répétitif un peu facile : comme le moche et méchant Gru, le Grinch s’attaque aux enfants (le premier crevait un ballon, le second détruit un bonhomme de neige), ne supporte pas la joie de vivre, et va fendre l’armure face à la bonté.

La méchanceté n’est que façade, mais elle est assez réjouissante. Les bons sentiments sont attendus, mais ils touchent leur cible. Et même si le film répond à tout ce qu’on peut attendre d’un film d’animation mainstream, ce Grinch là est une réussite, bourrée de gags irrésistibles et de trouvailles visuelles assez rigolotes (le vêtement vert qu’enfile le Grinch sur son corps vert).

C’est surtout le rythme qui fait mouche, cette manière d’enchaîner les gags à la manière d’un cartoon de l’âge d’or, avec des décors pleins de ressources (surtout la « grotte » du Grinch) et une utilisation réjouissante de la musique. La meilleure scène : celle où le Grinch tente désespérément d’échapper à une chorale de Noël dans des rues pleines de vie et de bonheur qui sont pour lui comme un décor de film d’horreur.

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