Les Trois Vies d’Agnès – d’Agnès Varda – 2012
« C’est rigolo de changer de vie »… C’est toute la candeur, la curiosité et la vivacité d’esprit d’une artiste de 80 ans que résume Agnès Varda avec cette simple phrase, tirée d’un reportage télé en marge d’une exposition à Sète, dans le quartier de la Pointe Courte où elle réalisa bien des années plus tôt son premier film.
Les Trois Vies d’Agnès est un montage réalisé par Varda elle-même pour accompagner les expositions qui lui étaient alors de plus en plus souvent consacrées. Un film à part, donc, qui résume en quelques sortes son parcours artistique, dans toute sa diversité. Les « trois vies », c’est-à-dire Agnès Varda photographe, Agnès Varda cinéaste, et Agnès Varda plasticienne, ou plutôt artiste visuelle, « parce que le plastique, c’est autre chose ».
On y croise donc toutes les figures qui ont marqué son parcours, des pêcheurs de la Pointe Courte aux veuves de Noirmoutier (une installation à l’origine, avant de devenir un film plus linéaire pour la télévision). On retrouve les grandes figures de sa jeunesse photographe, des artistes de la rue Daguerre à Fidel Castro, en passant par Gérard Philipe dans les coulisses des premiers festivals d’Avignon.
Jacques Demy bien sûr, et pas mal d’autres fantômes. Mais aussi et surtout des installations très récentes, voire à venir : Varda n’a cessé de dresser des ponts entre les époques, de tisser des liens entre ses univers, et d’être dans le présent. Le documentaire lui-même est finalement assez codé, suite de petits modules pour illustrer les différentes étapes de son parcours. Mais il résume joliment la diversité et la cohérence de son œuvre.









