Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour la catégorie 'STEWART James'

Alcoa Premiere : Tacle aux crampons (Alcoa Premiere Theater : Flashing Spikes) – de John Ford – 1962

Posté : 21 mars, 2011 @ 11:27 dans 1960-1969, FORD John, STEWART James, TÉLÉVISION, WAYNE John | Pas de commentaires »

Alcoa Theatre Tacle

C’est le dernier film réalisé par Ford pour la télévision. Le cinéaste n’a jamais fait le bégueule face au petit écran, pour lequel il a signé notamment un court métrage pour la série anthologique Screen Directors Playhouse (Rookie of the Year) et un épisode de la série western Wagon Train, dont la vedette était son acteur fétiche, Ward Bond. Flashing Spikes inaugurait la seconde saison de Alcoa Premiere Theater, un show présenté par Fred Astaire : chaque semaine, l’acteur introduisait un nouveau film de 52 minutes dans un décor approprié.

Curieusement, Flashing Spikes est l’occasion pour Ford de replonger dans l’univers du base ball, le sport national américain, qu’il n’avait vraiment abordé que dans Rookie of the Year, et jamais pour le grand écran. La comparaison ne s’arrête pas là : les deux films mettent tous les deux en scène un jeune joueur à l’avenir prometteur, une ancienne gloire du sport dont la carrière a été brisée par un scandale, et un journaliste qui joue un rôle important.

Le journaliste, ici, c’est Carleton Young, grand acteur fordien des dernières années, scribouillard haineux et détestable (mais Ford s’empresse de préciser que la plupart des journalistes sont des professionnels passionnés et sérieux !), spécialiste du base-ball qui déteste ce sport et ceux qui le pratiquent. Le moteur du film est sa volonté de ruiner la réputation d’un jeune joueur (Patrick Wayne, le fiston), en l’accusant de toucher des pots de vin, et de fricoter avec un ancien champion accusé de s’être lui-même laissé acheter.

Ce vieux briscard, c’est James Stewart, qui s’amuse à se vieillir en chaussant d’immenses lunettes, alors qu’il est déjà visiblement trop vieux pour le rôle. Mais c’est James Stewart, et il est forcément excellent, même si on ne croit à aucun moment en sa culpabilité.

Le récit est cousu de fil blanc, mais sa construction en un long flash back est assez audacieuse : il faut de longues minutes pour qu’on comprenne tous les tenants et aboutissants de cette histoire. Léger et plutôt inconséquent, ce film mineur dans l’immense œuvre fordienne se regarde avec un plaisir gourmand, succession de petits moments savoureux (comme cette apparition surprenante de John Wayne en sergent arbitre odieux d’une partie de base-ball improvisée en pleine guerre de Corée). Après le très sombre L’Homme qui tua Liberty Valance, Ford s’offre une parenthèse sur un thème et un ton bien plus légers. Savourons…

Le Lien sacré (Made for each other) – de John Cromwell – 1939

Posté : 15 mars, 2011 @ 3:14 dans 1930-1939, BOND Ward, CROMWELL John, STEWART James | Pas de commentaires »

Le Lien sacré

Une comédie romantique de plus ? Pas vraiment : Le Lien sacré est même un film franchement atypique dans lequel on suit le quotidien d’un jeune couple (Carole Lombard et James Stewart, évidemment charmants) et ses difficultés à faire face aux petites contrariétés du quotidien. Dès la première image, un carton nous l’annonce : John Mason, notre « héros », n’est qu’un New Yorkais lambda parmi 7,5 millions d’autres individus tout aussi ordinaires. Et les contrariétés que lui et sa jeune femme, épousée en quelques jours lors d’un déplacement professionnel, rencontrent en s’installant, n’ont rien d’exceptionnel : un salaire trop juste pour s’installer dans une plus grande maison (celle-ci est tout à fait convenable), un travail trop prenant pour profiter de la vie et voyager, une belle-mère un peu acariâtre qui vit à demeure, et un bébé qui pousse les jeunes parents à s’interroger sur leur vie…

Rien que de très banal, donc, et c’est ça qui est beau, même si la fin du film est un peu gâchée par un rebondissement tragique très lacrymal et très efficace (ah on pleure et on a peur, c’est sûr), qui viendra régler comme par miracle toutes les difficultés de notre couple, mais qui du coup passe totalement à côté du vrai sujet de ce film par ailleurs très beau. Dans la dernière demi-heure, le film devient plus lyrique, plus extraordinaire, sans doute. Mais hélas, toutes les questions que soulevait le début du film : comment surmonter tous ces minuscules écueils qui, dans tous les couples, viennent contrarier la passion des premiers jours. « J’aurais dû garder cette poussière et la mettre dans un coffre », regrette le jeune mari, en faisant allusion à la poussière qu’il a retirée de l’œil de sa future femme, lors de leur première rencontre.

On sent bien que les scénaristes ont été bien en peine de mener leur sujet au bout. Après une première heure passionnante, ils ont recours à un rebondissement un peu facile, qui vient ruiner le bel équilibre que le film avait atteint. Dommage, surtout que le couple formé par les deux stars est vraiment réussi. Stewart est génial, comme toujours. Et Carole Lombard parvient magnifiquement à faire exister un personnage qui est pourtant souvent en retrait, mais auquel elle apporte une belle profondeur, et une dimension à la fois comique et tragique.

Dans un second rôle remarqué, on retrouve aussi l’excellent Charles Coburn, dans l’un de ses premiers rôles, à 65 ans, il interprète l’un de ses personnages qui feront sa réputation jusqu’à la fin des années 50 : celui d’un vieil homme un peu revêche au premier abord, mais qui laisse vite apparaître sa bonhomie…

Fenêtre sur cour (Rear Window) – d’Alfred Hitchcock – 1954

Posté : 11 janvier, 2011 @ 5:49 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, HITCHCOCK Alfred, STEWART James | Pas de commentaires »

Fenêtre sur cour

Qu’est ce qu’il y a de si exceptionnel dans le cinéma d’Hitchcock ? Réponse : absolument tout, et ce Rear Window en est l’une des preuves les plus éclatantes. Qu’on soit bien clair : le film est un pur exercice de style, les ficelles sont grosses comme une corde à nœuds, et toutes les intentions du maître sont dissécables à l’envie (ce n’est pas pour rien que les films d’Hitchcock sont parmi les plus étudiés en école de cinéma : tout y est explicable, compréhensible, clair)… Bref, de n’importe quel autre cinéaste, on se dirait que tout est trop voyant, tiré par les cheveux, réfléchi, qu’il manque la magie du moment, l’impromptu, le délire. Sauf que chez Hitchcock, il ne manque rien. Sa maîtrise totale de la mise en scène ne réduit par la portée de son œuvre, bien au contraire : elle en constitue l’essence même. Et Hitchcock a ce petit plus qui manque à la plupart des réalisateurs, et qu’un esprit scientifique pourrait qualifier ainsi : la « magic touch ».

Ici, ce doigté magique fonctionne à plein. Hitch est dans sa période la plus créatrice, et Rear Window est l’un des sommets de sa filmographie (qui en compte tellement…). Pourtant, il ne choisit pas la facilité en enfermant strictement sa caméra dans une pièce assez étroite, d’où elle ne sortira jamais, pas plus que le personnage principal, L.B. Jeffries, un photographe cloué sur une chaise roulante après un accident, et condamné à observer à la dérobée la vie de ses voisins par la fenêtre, alors que la canicule exacerbe les sentiments de chacun.

Dès le générique de début, qui se déroule sur les stores de l’appartement qui se lèvent comme le rideau sur l’écran d’un cinéma, Hitchcock annonce son intention : son thriller est une mise en abîme du cinéma lui-même, qui fait du personnage principal un spectateur (voyeur) comme les autres. Malin : en plaçant son héros dans la même situation que le spectateur lambda, y compris au moment le plus tendu, Hitchcock renforce de manière étourdissante le suspense qui plane sur le film.

Hitchcock ne s’évite aucun écueil, mais ne commet pas la moindre faute de goût, pas la plus petite baisse de tension. A son personnage de photographe aventurier (James Stewart, qui est de chaque scène, est génial), il associe une gravure de mode (Grace Kelly, à se damner, et particulièrement touchante) ? On flirte avec les lieux-communs, mais Hitchcock transcende cette relation impossible, en faisant de la future princesse une quasi-victime du fossé social qui les oppose. Il faut voir la beauté de chacun des plans qui réunit les deux stars : tous semblent sortir d’un tableau d’un grand maître de la Renaissance…

On pourrait disséquer longuement chaque détail du film : la présentation du personnage de James Stewart grâce à un plan montrant quelques objets personnels ; les toilettes sublimes de Grace Kelly ; l’apparition prémonitoire d’Alfred (en réparateur d’horloge, dans le dernier plan des appartements voisins avant le fameux crime supposé)… On peut aussi souligner à quel point Hitchcock parvient à donner de l’épaisseur aux voisins, qu’on ne voit pourtant que de loin, à la dérobée, sans entendre ce qu’ils disent. Madame « cœur brisée », solitude déchirante sauvée de la mort par la musique, est franchement émouvante, comme le cri de cette femme qui, après la mort de son chien, reproche à tous ses voisins de vivre dans l’indifférence la plus totale.

Cela faisait pas mal de mois que je ne m’étais pas plongé dans l’univers d’Hitchcock, et Fenêtre sur cour constitue une bien belle porte d’entrée.

Nick, gentleman détective (After the Thin Man) – de W.S. Van Dyke – 1936

Posté : 6 octobre, 2010 @ 6:24 dans * Films noirs (1935-1959), 1930-1939, BOND Ward, STEWART James, VAN DYKE W.S. | Pas de commentaires »

Nick, gentleman détective (After the Thin Man) - de W.S. Van Dyke - 1936 dans * Films noirs (1935-1959) nick-gentleman-detective

Après le plaisir immense pris avec L’Introuvable, le premier épisode de la série The Thin Man, je me suis précipité sur la première des cinq suites, avec un bonheur tout aussi grand, même si l’effet de surprise n’est plus là. Toujours réalisé par W.S. Van Dyke, ce Nick, Gentleman détective fonctionne parfaitement, malgré un scénario un peu plus paresseux que pour le premier film. Ici, on a un peu de mal à croire vraiment en l’intrigue, et le vrai coupable saute aux yeux, tellement le scénario et la mise en scène font tout pour qu’il soit insoupçonnable. C’était d’ailleurs déjà le cas du film précédent. Et ici aussi, c’est au cours d’une réception à laquelle participent tous les protagonistes de l’intrigue que Nick démasquera le coupable, dans un final que n’aurait pas renié Agatha Christie.

Qu’importe si les recettes sont éculées : l’intérêt de cette série repose ailleurs, essentiellement sur l’alchimie étonnante entre Myrna Loy et William Powell. Et même sans l’effet de surprise, ces deux-là sont toujours aussi réjouissants. Toujours aussi imbibés, aussi : malgré le code Hayes mis en place dans l’intervalle, ce couple de riches oisifs qui s’amusent en enquêtant (ici, sur la disparition inquiétante du mari de la cousine de Myrna Loy), picole à la moindre occasion. C’est ici un peu moins appuyé, et un peu moins drôle, que dans L’Introuvable, mais une telle résistance à l’alcool force le respect (un exemple à ne pas suivre, cela va sans dire…).

Il y a dans Nick, gentleman détective un mélange des genres savoureux, poussé à son extrême : Van Dyke enchaîne des scènes très sérieuses et inquiétantes (la découverte du corps dans le sous-sol, après une longue séquence hyper angoissantes), et de purs moments de comédie, comme cette incroyable séquence où Nick et Nora tentent de récupérer un papier important dont leur incontournable chien Asta s’est emparé. On est en plein suspense, et le film se permet cette longue digression comique qui n’en finit pas. Et ça marche !

Il y a un intérêt tout autre, aussi, à ce film : c’est la présence dans un second rôle très important du jeune James Stewart, qui n’était pas encore une star, mais qui était déjà un acteur génial. Dans un rôle taillé sur mesure pour lui, il illumine chaque scène dans lesquelles il apparaît. Il ne leur vole pas la vedette, mais il tient parfaitement sa place face à Myrna Loy et William Powell, que l’on retrouvera très vite pour le troisième film. La fin de Nick, gentleman détective apparaît d’ailleurs comme un teaser très alléchant, puisque le couple attend un heureux événement. Avec des parents alcooliques, ça promet…

1234
 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr