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Archive pour la catégorie 'STALLONE Sylvester'

Copland (id.) – de James Mangold – 1997

Posté : 14 janvier, 2013 @ 11:42 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, DE NIRO Robert, MANGOLD James, STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Copland (id.) – de James Mangold – 1997 dans * Thrillers US (1980-…) copland

Le film qui a révélé James Mangold, le film qui a rappelé à tous qu’avant d’être une superstar de l’action, Stallone était un vrai acteur. Et peut-être le casting le plus excitant de la décennie. Keitel, De Niro, Liotta, Robert Patrick, Annabella Sciorra, en plus de Sly. Plutôt pas mal pour ce polar à l’ancienne, tendu, qui évite soigneusement toutes les facilités et les effets attendus.

Ecrit par Mangold, le film porte bien son nom : « Copland », c’est Garrison, New Jersey, petite ville tranquille où vivent des dizaines de flics de New York. Sauf que ces flics-là sont des pourris, qui entretiennent tous des liens plus ou moins serrés avec la mafia, ce que le shérif local (imaginez l’importance d’un shérif dans une ville de flic) tente désespérément de ne pas voir.

Stallone, donc, trente kilos de trop, la paupière tombante, les épaules voûtées, traverse le film comme cette tortue en peluche qui revient constamment. Une tortue incapable de sortir de sa coquille, flic raté parce qu’il a perdu l’usage d’une oreille en sauvant la vie de celle qui a préféré en épouser un autre, et parce qu’il est incapable de se révolter.

Sauf que ce raté absolu que les « vrais » flics regardent avec condescendance, et qu’on sent constamment sur le point d’éclater en sanglots (Stallone est très émouvant), ne peut plus encaisser. Pas d’héroïsme dans ses choix. Juste le constat qu’il lui est désormais impossible de laisser faire une fois de trop, alors que les flics semblent prêts aux pires crimes pour se couvrir.

Copland, c’est le réveil de la tortue. Et dans ce rôle pas facile, souvent en retrait, Stallone happe littéralement la caméra. Face au grand De Niro, face à un Keitel parfait, c’est lui qui attire le regard, souvent sans dire un mot. Parce qu’il dégage un mal-être et un sentiment de gâchis, le poids de ses années perdues. Sa prestation évoque un Rocky à qui personne n’aurait donné sa chance.

Ray Liotta aussi est formidable, dans un rôle plus convenu. Mais la relation virile, faite d’amitié et de défiance avec le personnage de Stallone, évoque un autre grand duo de cinéma : celui de Rio Bravo, que Mangold cite clairement dans une séquence à l’intérieur du poste de police, où Stallone se retrouve seul pour garder le type que les ripoux veulent tuer. Avec le cocaïnomane Liotta qui remplacerait l’alcoolique Dean Martin, et un Stallone qui se serait trouvé malgré lui dans les bottes de John Wayne, sans avoir ni sa carrure, ni son courage, ni sa détermination.

Expendables, unité spéciale (The Expendables) – de Sylvester Stallone – 2010

Posté : 4 décembre, 2012 @ 12:28 dans 2010-2019, STALLONE Sylvester, STALLONE Sylvester (réal.) | Pas de commentaires »

Expendables

Mieux vaut ne pas essayer de trouver dans ce premier Expendables autre chose que ce qu’il est basiquement : un pur film d’action viril à l’ancienne, un retour aux sources d’un genre né dans les années 80 et dans la sueur : l’actioner bourrin et macho, ce genre dont les héraults furent Schwarzie et Stallone. Autant dire que la rencontre entre les deux stars, aussi brève soit-elle, est de l’ordre du moment culte. Un simple clin d’œil, certes, mais que les cinéphages de ma génération attendaient depuis une vingtaine d’années. Et comme, en plus, il y a Bruce Willis qui leur donne la réplique, ben qu’est-ce que je voulais que je vous dise…

Plaisir coupable, ce Expendables ? Oh yeah… Du gros bras comme on n’en fait plus, des explosions gigantesques, des bagarres qui sentent la sueur, des tôles froissées « pour de vrai », des effets numériques réduits à la portion congrue… Stallone a compris avec ses deux précédents films (Rocky Balboa et John Rambo) qu’il avait tout à perdre à suivre le mouvement, et tout à gagner à rester fidèle à ce qu’il est : la star d’un cinéma d’un autre temps. Il joue ici la carte à fond.

C’est d’ailleurs ce qui est vraiment beau dans la renaissance de Stallone (très inattendue : qui aurait pu imaginer, il y a dix ans, qu’il ferait un come-back aussi spectaculaire la soixantaine passée ?) : lui qui est devenu une star grâce à sa seule volonté (la belle histoire du premier Rocky) est revenu au premier plan grâce à la même volonté et à la même sincérité.

Beau aussi : son refus de renier ce à quoi il doit la gloire, ses personnages fétiches comme le pur film d’action. Ici, donc, avec ce film de commando bien classique, au fond, il signe (à l’écriture, devant et derrière la caméra) un authentique film des années 80. La parenté la plus évidente ? Predator bien sûr, avec ce groupe de mercenaire bodybuildé et gonflé de testostérones.

Stallone, Statham, Couture, Crew et Jet Li… Difficile de faire plus virile et létale que cette équipe, dont les vannes hyper viriles rappellent celle de Schwarzenegger dans le film de John McTiernan. Un vrai film de mecs.

Efficaces et percutantes, sûr qu’elles le sont les nombreuses scènes d’action. Pourtant, c’est dans les petits moments en creux que la mise en scène de Stallone prend toute sa saveur, avec même des échos hawksiens lorsque l’humanité affleure sous les postures machistes de ces surhommes. Statham ébranlé par une déception amoureuse, que Stallone réconforte d’une réplique lapidaire. Mickey Rourke dont le masque se fissure lors d’une confession qui n’a pour but que d’ouvrir les yeux à un Stallone dans le doute… Le réalisateur n’appuie jamais le trait, mais ces petits moments rares donnent un supplément d’âme à ce film bourrin, mais d’une sincérité touchante.

• Voir aussi : Expendables 2, ainsi que Expendables 3 et son casting ultime de vieilles gloires.

Compte à rebours mortel (D-Tox) – de Jim Gillespie – 2002

Posté : 4 septembre, 2012 @ 1:45 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, GILLESPIE Jim, STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Compte à rebours mortel

On peut aimer un acteur en reconnaissant qu’il a une carrière largement dominée par les nanars et les ratages absolus. La preuve : j’aime Stallone. En grande partie pour Rocky bien sûr, mais aussi pour son incontestable présence. Et puis, voir celui qui fut l’une des plus grandes stars du monde tomber aussi bas a quelque chose d’émouvant : les échecs de Daylight et de Copland (deux excellents films, pourtant) au milieu des années 90 ont précipité la chute de Stallone, condamné à faire des apparitions pitoyables dans les troisièmes volets de Taxi et Spy Kids, et à tenir la tête d’affiche de films qui sortent dans l’indifférence générale.

Ce D-Tox, tentative de Stallone de toucher un public plus jeune (c’est le deuxième film du réalisateur de Souviens-toi… l’été dernier), est l’un des plus gros bides de la décennie. Honnêtement, on ne peut pas dire que cet échec soit injuste, tant le film accumule les poncifs et les effets faciles. Stallone y joue un flic (encore) qui enquête sur un tueur de flics (mouais), qui finit par assassiner sa fiancée. Du coup il a l’occasion de jouer les types bouleversés, perd le goût à la vie, se met à boire comme un trou. Bref, rien de bien nouveau.

Sauf que pour se remettre, il va s’isoler dans une ancienne base militaire perdue au cœur d’une nature sauvage et enneigée, et reconvertie en maison de repos pour flics dépressifs. Plutôt original, mais ça ne va jamais plus loin que le stade de l’idée : le film devient alors un film d’épouvante on ne peut plus classique. On sait que l’un des personnages est le fameux tueur, et les morts commencent à s’accumuler. Au lieu de faire front ensemble, les personnages n’en finissent pas de se séparer, et le casting de se décimer. Banal, quoi.

Kris Kristofferson, Charles Dutton, Tom Berenger, Robert Patrick et Stephen Lang cachetonnent. On est content de les voir, on est content de voir Stallone remonter la pente (dans le film), et on n’est pas mécontent que tout ça se termine pas trop lentement…

Rocky Balboa (id.) – de Sylvester Stallone – 2006

Posté : 10 mai, 2012 @ 2:17 dans 2000-2009, STALLONE Sylvester, STALLONE Sylvester (réal.) | Pas de commentaires »

Rocky Balboa

« Time goes by too fast, Paulie »

Il y en a eu des ricanements, lorsque Stallone a annoncé son intention de redonner vie à son personnage fétiche, seize ans après Rocky 5, trente ans après le premier Rocky… Des ricanements, parce que Stallone est trop vieux : à quelques mois de son soixantième anniversaire, difficile de l’imaginer remonter sur le ring. Et puis Stallone n’était plus repassé derrière la caméra depuis plus de vingt ans (depuis Rocky 4). Et puis depuis une décennie, sa carrière ne cesse de suivre la mauvaise pente : au cours des dernières années, il s’est contenté de jouer les guest stars (y compris dans Taxi 3, si ce n’est pas une déchéance, ça…), les maîtres de cérémonie dans les show télévisés, et les vedettes dans des films de seconds plans dont certains n’ont même pas eu les honneurs d’une sortie au cinéma. Les temps sont durs…

Mais ce sont justement tous ces éléments qui font paradoxalement la force de ce Rocky Balboa, le plus beau film de la série depuis le premier film, dont il parvient à retrouver la magie et l’émotion viscérale.

Avec Rocky Balboa, Stallone renoue avec l’essence de ce qui a fait la force de son personnage. C’est de nouveau l’histoire d’un homme en décalage total avec son environnement, incapable de respecter les règles que la société impose. Un homme qui reproche à son fils d’avoir oublié l’essentiel en chemin : rester fidèle à soi-même, quelles que soient les circonstances. Mais Rocky est un personnage de cinéma, une espèce de fantasme de ce que Stallone aimerait être… et ce dernier reconnaît à mi-mot que personne n’applique vraiment cette règle. Rocky le fait, lui, et il est bien le seul.

Seul face aux clients du restaurant qu’il a ouvert, et qui le voient comme une sorte de clown sympathique dont ils apprécient les vieilles histoires de boxeur. Seul face aux officiels qui refusent de redonner à cet homme vieillissant une licence de boxe. Seul aussi face à ses proches, qui eux se sont tous résignés : son fils devenu un employé respectable de la finance ; et Paulie qui, lorsque Rocky lui lance « Time goes by too fast, Paulie », lui répond « Not fast enough to me »

Le temps qui passe est au cœur de cette renaissance de Rocky. Car si Stallone retrouve la volonté absolue qui était la sienne, et celle de son personnage, en 1976, rien n’est tout à fait pareil. Stallone et Rocky n’ont plus 30 ans, ils en ont presque 60. Et Adrian n’est plus une jeune femme timide à séduire ; elle est morte d’un cancer, laissant Rocky seul face à ses souvenirs et sa nostalgie. Non, rien n’est comme avant. La volonté est là, parce que Rocky ressent toujours cette « bête » dans son ventre, qui ne demande qu’à sortir. Comme Stallone qui sait depuis longtemps qu’il doit retrouver Rocky. Mais en 1976, cette soif de se heurter à la dure réalité était pleine de promesses, pleine d’avenir. En 2006, pour le boxeur vieillissant comme pour le vétéran du film d’action, l’avenir est plutôt derrière…

Stalllone/Rocky sait que c’est la dernière fois de sa vie qu’il monte sur le ring. Et ces adieux sont d’une beauté déchirante, terriblement émouvants. Le plus bel au-revoir que l’on pouvait rêver pour Rocky ; la plus belle renaissance qui soit pour Stallone, qui retrouve sa rage de vaincre et son public.

• Lire aussi : Rocky ; Rocky 2, la revanche ; Rocky 3, l’œil du tigre ; Rocky 4 ; Rocky 5 ; Creed, l’héritage de Rocky Balboa

Rocky 5 (id.) – de John G. Avildsen – 1990

Posté : 10 mai, 2012 @ 2:10 dans 1990-1999, AVILDSEN John G., STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Rocky 5

« My ring’s outside »

Rocky est un baromètre d’une grande justesse pour évaluer l’évolution de la carrière de Stallone. A travers ce personnage, l’acteur (et scénariste) se livre avec une honnêteté manifeste à un travail d’introspection surprenant de la part d’une star dont les choix sont loin d’être tous aussi sympathiques. Et avec ce cinquième volet, Stallone dit haut et fort qu’il est temps pour lui de rompre avec l’image de super-héros qui lui colle à la peau depuis le milieu des années 80, et qui ne font plus autant recette depuis quelques films.

Pour Stallone, cette volonté ne sera ni très intelligente, ni vraiment payante (il cherchera à changer son image avec deux comédies calamiteuses, un remake d’Oscar et Arrête ou ma mère va tirer !). Pour Rocky, par contre, elle est salvatrice. Loin des excès impardonnables de Rocky 4, Rocky 5 marque un retour aux sources pour l’ancien boxeur de seconde zone de Philadelphie, qui retrouve son ancien quartier après avoir perdu toute sa fortune suite aux magouilles de son comptable. Pire : les coups reçus lors de son combat contre Drago dans le précédent film ont des conséquences terribles pour son corps, si bien que les médecins lui interdisent désormais de combattre.

Ruiné, incapable de remonter sur le ring, Rocky doit faire face au ressentiment de son fils lorsqu’il devient l’entraîneur d’un jeune boxeur qui lui permet de vivre sa passion par procuration, et qu’il considère comme son propre fils. Avec ce cinquième film, Stallone revient aux valeurs premières de son personnage. Le vieux quartier n’est qu’un décor, mais il permet de retrouver l’atmosphère populaire et gouailleuse du premier film. Et le choix de laisser les rênes de la réalisation à Avildsen, le réalisateur du premier Rocky en 1976, n’est pas anodin : Stallone veut retrouver la magie du premier film.

Il n’est pas loin d’y réussir. Imparfait, Rocky 5 est bien meilleur que les trois premières suites. Le personnage retrouve son humanité et, c’est un détail qui compte, ses vieux oripeaux. Burgess Meredith, dont le personnage est mort dans Rocky 3, fait même une apparition « fantomatique » et nostalgique. Surtout, soucieux de ne pas laisser les scènes de boxe prendre le dessus sur les personnages, Stallone se permet de ne pas faire monter Rocky sur le ring, concédant juste une bagarre de rue musclée.

Cette audace et cette simplicité ne convaincront pas le public, hélas : Rocky 5 sera, et de loin, le plus gros échec de la saga. Il faudra attendre plus de quinze ans avant qu’il revienne.

• Lire aussi : Rocky ; Rocky 2, la revanche ; Rocky 3, l’œil du tigre ; Rocky 4Rocky Balboa ; Creed, l’héritage de Rocky Balboa

Rocky 4 (id.) – de Sylvester Stallone – 1985

Posté : 10 mai, 2012 @ 2:05 dans 1980-1989, STALLONE Sylvester, STALLONE Sylvester (réal.) | 1 commentaire »

Rocky 4

Alors là, je passe… C’est du grand n’importe quoi que ce quatrième épisode, de loin le plus mauvais de la saga Rocky. Stallone est au sommet de sa gloire en 1985 (cette année, il sort Rambo 2 et Rocky 4, deux de ses plus gros succès), et il enchaînera avec ses plus grosses merdes : Cobra, Over the top et Rambo 3, qui feront de lui la caricature de lui-même, le symbole du capitalisme américain que les Guignols continuent à parodier vingt-cinq ans plus tard.

Rocky 4, en fait, n’est que caricature. Rocky, devenu symbole des Etats-Unis (la preuve : son pote Appolo lui offre un short aux couleurs du drapeau américain), part en Russie pour affronter l’immense Ivan Drago (Dolph Lundgren), géant blond symbole, lui, d’une URSS déshumanisée. Il veut venger la mort d’Appolo, que Drago a exécuté lors d’un combat d’exhibition qui a tourné au drame.

Arrivé en Russie, il s’entraîne, combat, et finira par gagner devant un public russe d’abord hostile à cet Américain arrogant, et qui finira par l’acclamer, conquis par le courage et la générosité de ce petit homme qui terrasse l’immense machine soviétique. Ben oui, c’est aussi simple, aussi caricatural, et aussi débile que cela. Aussi court, aussi : tellement que Stallone a été obligé d’insérer, au milieu du film, un montage interminable (plus de 5 minutes !) des images les plus marquantes des trois précédents films.

Stallone va très, très loin dans la caricature. Il n’y a qu’à voir les entraînements montrés en parallèle des deux boxeurs : Drago dans une salle aseptisée et grouillant d’appareils électroniques ; Rocky luttant contre lui-même dans la nature hostile et couverte de neige. Mouais…

Mais quand on aime, on pardonne tout (ou pas ?), et retrouver ce personnage est toujours un plaisir, même devenu aussi caricatural. Et puis Stallone réussit tout de même à glisser quelques jolis moments plus nostalgiques, évoquant même, à travers le personnage d’Appolo, le temps qui passe inexorablement, et cruellement. Sur le long terme, cela deviendra le sujet principal de cette saga imparfaite, mais profondément humaine.

• Lire aussi : Rocky ; Rocky 2, la revanche ; Rocky 3, l’œil du tigreRocky 5 ; Rocky Balboa ; Creed, l’héritage de Rocky Balboa

Rocky 3, l’œil du tigre (Rocky III) – de Sylvester Stallone – 1981

Posté : 10 mai, 2012 @ 2:01 dans 1980-1989, STALLONE Sylvester, STALLONE Sylvester (réal.) | Pas de commentaires »

Rocky 3

Stallone/Rocky, même combat ? Avec ce personnage dont il maîtrise la destinée (c’est lui qui a écrit les scénarios de tous les films), la star fait preuve en tout cas d’une clairvoyance et d’une sincérité qui poussent au respect.

Dans ce troisième volet, Rocky est devenu une star et se plie aux règles du star-system, jusqu’à devenir une caricature de lui-même : il se ridiculise dans des publicités, participe à des show télévisés, affronte un monstre du catch (Hulk Hogan dans une séquence culte et un peu lourdingue), et finit par perdre sa personnalité, son amour-propre, et son « œil du tigre », cette volonté à toute épreuve qui l’a amené au sommet.

C’est tout le sujet de ce troisième volet, comme si Stallone, dont le statut de star ne cesse de croître, témoignait qu’il n’était pas dupe, et qu’il avait bien l’intention de continuer à se mettre en danger. On ne peut pas dire que les années qui suivront lui donneront raison, mais bon… Les « Rocky » ont toujours été des parenthèses de mise à nu pour la star.

Ce n’est pas le meilleur épisode, loin s’en faut. Stallone envoie fort les violons de l’émotion (Mickey, le vieil entraîneur joué par Burgess Meredith, meurt), et les chansons sont hyperprésentes, aussi cultes que datées. Pourtant, on prend une nouvelle fois un vrai plaisir, un peu régressif cette fois. La vie privée de Rocky passe un peu plus au second plan, ici, en particulier cet enfant, visiblement encombrant pour Stallone, que le scénariste s’arrangera pour éclipser jusqu’à ce qu’il le mette enfin au centre de l’histoire dans Rocky 5.

Cela dit, la boxe aussi passe au second plan. Les deux grands combats contre Mister T. n’ont pas le suspense des deux précédents films : on sait dès le début du premier que Rocky va se prendre une pignée ; et l’issue du second ne fait aucun doute. D’ailleurs, alors que les combats contre Appolo Creed allaient jusqu’au dernier round, ceux-là sont dégagés en deux ou trois reprises. Stallone ne s’intéresse qu’au destin de son personnage : son embourgeoisement, et sa renaissance qui passe par les bas-fonds les plus miteux. Pas très léger, mais efficace.

• Lire aussi : Rocky ; Rocky 2, la revanche ; Rocky 4 ; Rocky 5 ; Rocky Balboa Creed, l’héritage de Rocky Balboa

Rocky 2, la revanche (Rocky II) – de Sylvester Stallone – 1979

Posté : 10 mai, 2012 @ 1:58 dans 1970-1979, STALLONE Sylvester, STALLONE Sylvester (réal.) | Pas de commentaires »

Rocky 2

Trois ans après le formidable premier volet, Stallone a eu tout juste le temps de prouver qu’il était un vrai comédien (avec F.I.S.T. de Norman Jewison), et de s’essayer à la mise en scène (avec La Taverne de l’Enfer). Et le voilà qui revient avec une vraie suite. « Vraie », parce que ce Rocky 2 se contente, d’une certaine manière, de prolonger l’univers et les recettes du premier.

Le résultat est tout à fait honorable, d’autant plus que les scènes de boxe sont encore plus spectaculaires et percutantes que dans le précédent film. Mais à quoi bon ? Pour sympathique qu’elle soit, cette première suite est un peu vaine. Bien sûr, on est heureux de retrouver ce personnage si touchant, et de le voir affronter une nouvelle fois le champion Appolo Creed. On est heureux aussi de revoir ce vieux Burgess Meredith, dans le rôle qui a éclipsé aux yeux du public d’aujourd’hui un demi-siècle d’une carrière prestigieuse. On est heureux, aussi, de revoir Adrian (l’autre rôle de sa vie avec celui de Connie Corleone du Parrain 1, 2 et 3, pour Talia Shire), que Rocky finit par épouse, et à qui elle donne un fils.

Le cocktail est le même que pour le premier film, mais le contexte a changé. Stallone, comme Rocky, n’est plus ce looser qui ne peut compter que sur son étoile et sa volonté pour sortir de l’anonymat. L’enjeu est radicalement différent, et ça fait toute la différence. Pas de quoi bouder son plaisir, d’autant plus qu’il se termine par un combat d’anthologie.

• Lire aussi : Rocky ; Rocky 3, l’œil du tigre ; Rocky 4 ; Rocky 5 ; Rocky Balboa ; Creed, l’héritage de Rocky Balboa

Rocky (id.) – de John G. Avildsen – 1976

Posté : 9 mai, 2012 @ 1:54 dans 1970-1979, AVILDSEN John G., STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »


Rocky (id.) - de John G. Avildsen - 1976 dans 1970-1979 rocky

Stallone est un acteur profondément attachant. Bien sûr, il a fait des nanars, et plus souvent qu’à son tour. Mais il y a Rocky, ce personnage qu’il a créé de toutes pièces, seul dans sa petite piaule d’apprenti comédien sans le sous, qui a fait de lui un vrai acteur, puis une grande star, et qu’il a retrouvé tout au long de sa carrière. Un refuge pour l’acteur, un double idéal de lui-même. Rocky est l’un des personnages récurrents les plus attachants de toute l’histoire du cinéma, et ce seul personnage fait de Stallone un acteur profondément attachant. Oui, on peut avoir une passion pour Ford, Walsh, Hitchcock, Lang et Borzage, et aimer Stallone. Grâce à Rocky.

Rocky, premier du nom, c’est l’histoire d’un tocard qui, à 30 ans, enchaîne les petits boulots et les combats de boxe de quatrième zone. Un raté. La frontière entre le personnage et l’acteur-scénariste est évidemment très ténue. Stallone lui-même est cantonné aux apparitions furtives et aux rôles alimentaires. Il bouffe sa vache maigre, et c’est ce régime forcé qui lui inspire ce qui sera le personnage de sa vie.

On connaît l’histoire, digne d’un scénario de film. Stallone, depuis des années, se contente d’apparitions furtives (notamment dans le Bananas de Woody Allen), ou de productions peu reluisantes (un film érotique, qui ressortira le succès venu sous le titre racoleur L’Etalon italien). Candidat malheureux lors d’une audition pour un rôle important, il réussit à glisser aux producteurs qu’il a quelques scénarios dans un tiroir. L’un de ces manuscrits est celui de Rocky, qui porte à la fois l’influence des grands films de boxe (Sang et Or, en particulier), et de sa propre vie. Les producteurs sont enthousiastes, et offrent une fortune à l’apprenti comédien, qui refuse pourtant de céder son scénario si on ne lui confie par le rôle principal.

Stallone a conscience que c’est la chance de sa vie, et que ce personnage lui appartient. Tenace, il finit par emporter le morceau. Le genre de destins qui n’existe que dans les films. Résultat : le film, réalisé par un vétéran qui signe là sa réalisation la plus inspirée, décroche l’Oscar du meilleur film devant Taxi Driver (mais pas celui du meilleur réalisateur, obtenu par Scorsese), et Stallone celui du meilleur scénario. C’est la naissance d’un acteur qui tournera quelques films ambitieux, avant de se concentrer sur sa carrière de star. C’est aussi la naissance de l’un des personnages les plus attachants de l’histoire du cinéma.

Petit loubard, gentille brute un peu balourd, Rocky Balboa est un boxeur raté cantonné dans les combats de bas d’affiche qui n’intéressent pas grand monde et qui ne lui rapportent que quelques billets. Pas suffisamment pour vivre : il doit jouer les gros bras pour un recouvreur de fond qui lui confie les sales besognes tout en le considérant comme son fils. Rocky a 30 ans, et n’a plus guère d’illusion. Il se contente de boire des bières avec son pote Paulie, un lourdaud vulgaire et aigri, en espérant séduire à grands coups de vannes foireuses sa sœur Adrian, vendeuse gourde et gauche dans une animalerie.

Ce sont les bas-fonds de Philadelphie qu’Avildsen filme. Sans complaisance, et sans misérabilisme. Juste avec un réalisme un rien sordide : il n’y a pas vraiment d’avenir, ici. Sauf si le destin s’en mêle. Et le destin, c’est le pari du champion du monde poids lourds, Appolo Creed, qui décide d’affronter un boxeur inconnu, pour convoquer le « rêve américain ». Le choix se porte sur Rocky.

Les combats de boxe sont d’un réalisme rarement vu à l’époque. Mais c’est le ton du film qui marque les esprits : Rocky est un personnage parfaitement émouvant. Une brute au grand cœur d’enfant qui évolue dans un monde aux règles cruelles, qui le dépassent. Rocky, comme Stallone, finira par jouer avec ces règles, et à en devenir l’un des symboles. Mais il ne cessera jamais, régulièrement, de revenir à ce qu’il est vraiment : un grand naïf aux muscles saillants, et au vague à l’âme.

• Lire aussi : Rocky 2, la revanche ; Rocky 3, l’œil du tigre ; Rocky 4 ; Rocky 5 ; Rocky Balboa ; Creed, l’héritage de Rocky Balboa

Driven (id.) – de Renny Harlin – 2001

Posté : 17 août, 2011 @ 11:03 dans 2000-2009, HARLIN Renny, STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Driven

En 1993, la collaboration avec Renny Harlin avait réussi à Stallone : déjà au fond du trou après ses désastreuses tentatives comiques (L’Embrouille est dans le sac et Arrête ou ma mère va tirer… aïe !!), la star retrouvait les sommets du box-office avec Cliffhanger. Au début des années 2000, la situation est peut-être encore plus critique pour l’acteur, qui n’a plus connu un seul gros succès depuis cinq ou six ans. L’idée de retrouver le réalisateur de Die Hard 2 semblait bonne, alors, d’autant plus que Stallone réalisait là un vieux rêve : un film dédié à la course automobile, qu’il écrit seul (comme au bon vieux temps de Rocky) et produit.

Son idée première était de situer l’histoire dans les coulisses du championnat de Formule 1 : à l’époque, on a d’ailleurs beaucoup vu Stallone sur les Grands Prix. Mais pour des problèmes de droits et d’autorisations, il a dû se replier sur le championnat Cart américain. Franchement, ça ne change pas grand-chose. Surtout pour ceux qui, comme moi, se contrefichent totalement des voitures puissantes qui font du bruit.

Et pourtant, ce film plein de promesses n’a pas fait pschittt, mais un retentissant plouff !, précipitant le déclin de l’acteur, dont les films suivants sortiraient directement en DVD. C’est moche pour celui qui fut l’une des plus grandes stars du monde. Cet échec et le mépris qui entoure encore le film étaient-ils justifiés ?

Sur le scénario, sans doute : Stallone nous ressort une histoire déjà vue mille fois, sans grande originalité ni surprise. Un pilote vieillissant en semi-retraite est appelé à la rescousse pour épauler un jeune espoir à qui manque « l’œil du tigre ». La réalisation tape-à-l’œil et clipesque d’Harlin a, elle aussi, tout pour agacer : un montage épileptique, de brusques mouvements de caméra, des micro-zooms… bref, tout plutôt que le bon vieux plan fixe.

Mais curieusement, ça marche ! Malgré tout ces défauts, malgré des dialogues abscons et une caméra qui caresse amoureusement les carlingues de bagnoles (qu’importe si on n’appelle pas ça comme ça !), le film a un petit quelque chose de fascinant, y compris dans ses pures scènes de courses automobiles. Y compris dans cette scène incroyable de course-poursuite dans les rues. Y compris dans le personnage stéréotypé au possible de Burt Reynolds, vieux briscard cynique.

Comment le film peut-il fonctionner aussi bien ? Stallone n’y est sans doute pas étranger, parce que son empreinte est omniprésente : depuis Rocky V, dix ans plus tôt, tous ses meilleurs films sont empreints d’une nostalgie personnifiée par sa gueule et ses épaules fatiguées (avec pour points d’orgue Copland et Rocky Balboa). C’est le cas ici aussi, où le contraste entre cette star d’hier au visage apaisant, et le style syncopé de Harlin, crée un cocktail étonnant, et fascinant.

Et puis il y a l’absence de méchant, qui est franchement une bonne nouvelle. Celui qui aurait dû jouer ce rôle, le pilote Beau Brandenburg (Til Schweiger) est même le personnage le plus abouti, et le plus émouvant, de ce film qui, décidément, ne mérite pas sa réputation.

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