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Archive pour la catégorie 'STALLONE Sylvester'

Get Carter (id.) – de Stephen T. Kay – 2000

Posté : 26 janvier, 2019 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, KAY Stephen T., STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Get Carter

Je ne dis pas que ce film est bon, ni même qu’il y a quelque chose à y sauver. A vrai dire, je serais tenté de dire l’inverse : si, sur le principe, on peut trouver une certaine excitation à voir Stallone dans un remake de ce petit classique hard boiled des seventies, tous les parti-pris sont simplement catastrophiques.

Bref, je ne dis pas que Get Carter est réussi, je dis juste qu’il est un maillon incontournable si on veut appréhender correctement la carrière hors normes de Stallone. Je ne dis d’ailleurs pas qu’il faut l’appréhender correctement. Juste que j’en ai envie.

Après les échecs (injustes, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire) de Daylight et Copland, Stallone sait qu’il doit se renouveler. Il le croit, en tout cas : quelques années plus tard, c’est en revenant à ses personnages fétiches qu’il finira par sortir de l’ornière. Son inspiration, en l’occurrence, est assez évidente : c’est du côté du Payback avec Mel Gibson que Stallone lorgne. Pourquoi pas.

Sauf que le film est aussi indispensable pour comprendre une bonne fois pour toutes l’importance d’un réalisateur aux commandes d’un film. Zooms utilisés à l’excès, plans désaxés, montage syncopé… Tout l’attirail lourdingue du réalisateur de bouses est réuni pour faire de ce film… eh bien une bouse. Ajoutez des dialogues lourdingues (« still pretty ? – yeah, like cat pee on the snow »).

Qu’est-ce qu’il reste ? Ben pas grand-chose. Pour l’anecdote : juste les retrouvailles de Stallone et Michael Caine, le Carter original qui avait autrement plus de classe, vingt ans après s’être donnés la réplique dans A nous la victoire, devant la caméra de John Huston. Ce n’était peut-être pas un chef d’œuvre, mais c’est un peu plus glorieux sur un CV.

A nous la victoire (Escape to Victory) – de John Huston – 1981

Posté : 21 janvier, 2019 @ 8:00 dans 1980-1989, HUSTON John, STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

A nous la victoire

Eh oui, Stallone a tourné sous la direction de John Huston. OK, pas pour le meilleur film de ce dernier (pas au top en ce tout début des années 80: il venait de réaliser Phobia), mais quand même. Sur un CV, un film de Huston, ça vous classe immédiatement un acteur…

Auréolé de sa jeune gloire rocky-esque, le trentenaire déjà fort musclé se voyait encore comme un possible acteur de composition à l’époque: entre deux épisodes de sa saga déjà bien entamée (cette année-là, il sort aussi Rocky 3), il s’essaye à différents genres, passant de l’univers de Norman Jewison (F.I.S.T.) au polar noir très seventies (Les Faucons de la nuit). Avec, donc, une sorte d’apothéose: être embauché par Huston en personne.

Sauf qu’on a connu Huston nettement plus impliqué que dans ce drôle de film d’évasion qui semble totalement anachronique en ce début de décennie, avec un camp de concentration qui ressemble plus à un club de vacances vaguement contraignant, avec ses gardiens débonnaires et ses tentatives d’évasion pour la forme. Tout ça passerait sans problème si le film était une comédie, mais non.

D’ailleurs, la toute première scène, sombre et intense, vient d’emblée souligner le danger mortel qui plane sur le personnage. Une belle scène d’ailleurs, visuellement très soignée comme toutes les (rares) séquences nocturnes qui suivront, et qui crée une atmosphère que l’on ne retrouvera à aucun moment. A se demander même si cette première scène n’a pas été rajoutée in fine pour rendre l’atmosphère du film moins « conviviale »…

Drôle de film en tout cas, qui évoque l’organisation d’un match de football entre des soldats prisonniers de tous les pays alliés qui doivent affronter une sélection nationale de la wehrmacht. Le climax, c’est bien sûr le match lui-même, « chorégraphié » par le mythique Pelé, qui joue lui-même au côté d’autres grands noms du foot que les spécialistes connaissent sans doute. Un match qui possède une force dramatique indéniable, même si Huston filme ça à l’arrache et monte à la va-comme-je-te-pousse.

Le film de sport a cette capacité d’emporter et d’émouvoir (même dans des réussites très discutables comme Rocky 4). C’est le cas ici. Quelques plans accrochent la rétine (celui sur Pelé à sa sortie du terrain, très beau), et cette caméra qui semble filmer n’importe comment finit par dégager une sorte de vérité brute et brouillonne, qui donne à la Marseillaise qui ne manque pas de retentir dans le stade une vraie force émotionnelle.

Pas un ratage complet, donc, mais Huston est visiblement en roue libre la plupart du temps et semble ne pas même chercher à créer une sorte de cohérence entre les personnages, livrés à eux-mêmes pour la plupart. Max Von Sydow en affable officier allemand, Michael Caine en entraîneur passionné, Sylvester Stallone en chien fou américain, Jean-François Stévenin en résistant très impliqué, ou Carole Laure (« introducing Carole Laure », comme le générique l’annonce, elle qui avait déjà une bonne dizaine d’année de carrière…). Aucun n’est mauvais, mais chacun semble faire son film dans son coin. C’est un peu gênant…

Rambo 3 (id.) – de Peter MacDonald – 1988

Posté : 9 janvier, 2019 @ 8:00 dans 1980-1989, ACTION US (1980-…), STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Rambo 3

Je dois faire un petit mea culpa. Rien de révolutionnaire, certes, mais il me faut reconnaître que Rambo 3, eh bien ça n’est pas si mal que ce que j’ai pu en dire dans d’autres chroniques, évoquant ce film comme l’une des pires bouses de la carrière de Stallone. D’abord, il a fait bien pire depuis (Evasion 2, quand même). Ensuite, ce troisième volet a certes un côté nanardesque, mais pas plus que l’épisode 2. Et puis, mine de rien, Stallone y fait déjà l’ébauche d’un retour aux sources, quant à la nature de son personnage. L’ébauche, j’ai dit.

Oui, Rambo reste comme dans le précédent une machine de guerre aux muscles soigneusement huilés et à la chevelure soyeuse. En cela, le film a les mêmes excès cruellement datés que Rambo 2, avec une esthétique très années 80 qui trouve son apogée lors d’un plan sublime : au début du film, Stallone se tourne pour la première fois face caméra dans un plan dramatisé à l’extrême qui inspirera des tas de caricatures… souvent moins caricaturales que l’original.

Mais quand même, ce Rambo 3 est loin d’être inintéressant. Le personnage, d’abord, affiche une lassitude et une envie de paix plus proches du film originel que de sa première suite. Et puis les parti-pris narratifs et esthétiques sont relativement ambitieux: plutôt que de se contenter d’un nouveau retour au VietNam, ou dans un autre pays à la végétation luxuriante, le film prend le contre-pied, et conduit le héros en Afghanistan, dans des paysages poussiéreux et dépouillés.

Visuellement, c’est très réussi. Différent des deux films précédents, mais avec une vraie ambition esthétique qui tape parfois à côté (quelques scènes sont un peu ternes), et qui fait parfois mouche, notamment lors d’une belle scène au fond d’une grotte, sombre et violente. D’une manière générale, les décors sont utilisés très efficacement. D’autant plus intéressant que ces décors sont à peu près inédits dans les grosses machines hollywoodiennes.

Il y a aussi une vraie bienveillance envers le peuple afghan, que le film prend le temps de mettre en scène, même si les facilités narratives et les stéréotypes sont bien là. Et même si on sent bien que cette bienveillance répond à une autre logique, qui pourrait se résumer ainsi : « tout ce qui peut faire chier les Soviétiques est bon à prendre ».

Mais le plus gros problème du film, c’est le colonel Trautman, ou Richard Crenna. Est-ce le personnage qui est mal dessiné ? Est-ce l’acteur qui joue mal ? Un peu des deux, sans doute. Trautman n’est en tout cas pas un personnage intéressant : son seul intérêt dans le premier film était de confronter Rambo à ses démons et à ses faiblesses. Ici, Trautman a un rôle central. D’abord comme représentant l’objectif de Rambo (le colonel est prisonnier des Russes), puis en tant que sidekick de notre héros.

Et c’est là que ça cloche. Absent, Trautman est une figure importante. Présent, il fait perdre à Rambo toute sa consistance, toute sa cohérence. Dans cette dernière partie, les deux personnages sont côte à côte et passent leur temps à se balancer des punchlines grotesques, se vannant face à l’armée russe qui menace de les faire passer de vie à trépas. Curieux et totalement hors sujet.

Ce drôle de flottement peut-il être mis sur le compte d’une production compliquée ? Russell Mulcahy, engagé pour réaliser sa première grosse production hollywoodienne, s’est fait virer tardivement pour différents artistiques comme on dit (tu m’étonnes : le résultat est aux antipodes de l’univers clipesque du gars), remplacé au pied levé par un Peter MacDonald qui n’était alors que réalisateur de la deuxième équipe. Le relatif échec du film pèsera sur la suite de sa carrière. Celle de Mulcahy ne fera pas illusion bien longtemps.

Rambo 2 : la mission (Rambo : First Blood, part 2) – de George Pan Cosmatos – 1985

Posté : 22 décembre, 2018 @ 8:00 dans 1980-1989, ACTION US (1980-…), COSMATOS George Pan, STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Rambo 2

1985 est une année charnière pour Stallone. Mine de rien, jusque là, l’acteur ne doit son succès qu’à Rocky (déjà trois films à son actif), et à un Rambo sombre, intense et humain. A part ça, quelques films de genre qui n’emportent pas l’adhésion des masses (Les Faucons de la nuit), des collaborations prestigieuses qui ne convainquent personne (Norman Jewison pour F.I.S.T., John Huston pour A nous la victoire), et des tentatives louables de se diversifier. C’est ainsi que, depuis le premier Rambo, il a mis en scène la suite de La Fièvre du samedi soir (Staying Alive), et donné la réplique à Dollie Parton dans une comédie musicale totalement oubliée (Rhinestone).

Autant dire que lui-même est conscient à la fois de ses forces et de ses limites. Et en cette année 1985, il opère un virage spectaculaire et payant, se créant un personnage bigger than life parfaitement dans son époque, qui fera de lui l’incarnation absolue de cette Amérique des années 80. Un virage totalement assumé, quitte à rompre avec l’essence même de ses personnages, sacrifiant leur humanité au profit d’une imagerie spectaculaire censée emportée les foules.

Triomphe il devait y avoir, triomphe il y eût, bien sûr. Pour Rocky 4, symbole de la grandeur américaine face à la menace rouge. Et pour Rambo 2, symbole d’une Amérique héroïque qui veut rompre avec les scandales étatiques et les traumatismes des décennies précédentes, impasse du VietNam en tête. A la recherche d’un succès après trois années vides, Stallone se réinvente en deux films… C’est d’ailleurs intéressant de noter qu’il se relancera également en enchaînant Rocky Balboa et John Rambo après dix ans de galères, et qu’il vient une nouvelle fois de renouer avec ses deux personnages fétiches après un petit flottement post-Expendables.

Revenons à ce Rambo 2 quand même, film d’action qui, mine de rien, contribue à révolutionner le genre. L’évolution depuis le premier film symbolise parfaitement l’évolution du genre au cours de ces quelques années. Plus musclé, plus explosif, plus mortel, clairement moins psychologique, Rambo 2 ouvre l’ère hollywoodienne des gros bras et de la surenchère. C’est un contre-pied total par rapport au Rambo originel, presque une trahison (pas tant dans les actes du personnage que pour l’absence assumée de psychologie). Mais c’est aussi d’une efficacité imparable.

Passons sur la mise en scène de Cosmatos, sur cette esthétique très marquée années 80, et sur cette manière de filmer avec amour et dévotion les muscles bandés et huileux de Stallone (c’est fou ce que casser des cailloux dessine parfaitement un corps… à méditer, amis bodybuilders). Le film bénéficie d’une très belle photo, chaude et lumineuse, de Jack Cardif, directeur de la photo légendaire qui a notamment travaillé sur Le Narcisse noir et African Queen. Un vétéran toujours très à l’aise dans ce Hollywood nouvelle génération.

Quant au scénario minimaliste de Stallone et James Cameron, il se contente grosso modo d’enchaîner les scènes d’action. Rambo tire, il plante, il pointe, il court, il grimace, il crie… Il dessoude à lui seul l’armée nord-vietnamienne et l’armée russe… avec une économie de mots dont on lui sait gré, tant ses rares tirades sont grotesques. Tout un symbole, oui.

Evasion 2 : le labyrinthe d’HADES (Escape Plan 2 : HADES) – de Steven C. Miller – 2018

Posté : 7 octobre, 2018 @ 8:00 dans 2010-2019, ACTION US (1980-…), MILLER Steven C., STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Evasion 2

Un mystère. Comment, après avoir connu une longue traversée du désert et réussi à redevenir une icône du cinéma musclé à l’âge où tous ses confrères sont renvoyés à leurs parterres de fleurs, Stallone a-t-il pu tomber aussi bas ? Lui qui, depuis qu’il a soufflé ses 60 bougies, s’impose comme le garant d’un cinéma d’action à l’ancienne brut et honnête, dépouillé de ses travers des années 80, réussit l’exploit de faire pire que tout ce qu’il a fait de pire.

Evasion 2 est de ce niveau-là, à faire passer Over the Top ou Cobra pour de grands films. Ou presque. On ne peut même pas dire que le film soit raté : c’est juste une sorte d’aberration, une accumulation de scènes qui ne prennent même pas la peine de s’enchaîner convenablement, une interminable succession de plans syncopés incapables de tirer quoi que ce soit des quelques ébauches d’idées.

En fait, cette suite n’a à peu près aucune raison d’être. Le film original valait avant tout pour la confrontation entre Stallone et Schwarzenegger. Le second étant absent, que reste-t-il ? Stallone ? Même pas, ou si peu… Succès très modeste dans la plupart des pays, le premier film avait cartonné sur le marché asiatique. La vraie vedette est donc un Chinois, membre de l’équipe de Breslin (Stallone, spécialiste en sécurité et évasion, donc), qui se fait enfermer dans une prison high tech.

D’un film d’évasion, on pourrait au moins s’attendre à des trouvailles scénaristiques qui permettraient aux prisonniers de se confronter à leur prison. Même pas : non seulement il est visuellement très laid, bourré de robots et de gadgets hich-tech plombés par des effets spéciaux d’un autre âge, mais il suffit d’un hacker qui n’a rien d’autre à faire que de regarder son écran tout au long du film pour tout faire péter. J’exagère à peine : l’imposant Dave Bautista arrive in fine pour dégommer quelques méchants.

Reste le plaisir de voir Stallone en action. Plaisir bien mince, et bien éphémère : sa présence à l’écran ne doit pas dépasser les 15 minutes. Et allez, je spoile, ça vous évitera de perdre 90 minutes : son principal acte de bravoure (si on excepte une fusillade et une bagarre assez plaisantes et 1 bon mot : « It’s bad to be back ») est de s’être fait greffer un émetteur-récepteur dans une dent. Gênant. Le pire là-dedans, c’est que Stallone a déjà tourné Evasion 3.

Rambo (First Blood) – de Ted Kotcheff – 1982

Posté : 17 septembre, 2018 @ 8:00 dans 1980-1989, ACTION US (1980-…), KOTCHEFF Ted, STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Rambo

Revoir le premier Rambo est frappant à plus d’un titre. Trois ans avant la première suite, qui fera du personnage une sorte de mythe, symbole des eighties extravagantes, la naissance de l’autre rôle culte de Stallone est encore très inscrit dans l’esthétique des années 70, comme Les Faucons de la nuit, film méconnu qu’il a tourné l’année précédente.

Surtout, John Rambo, ce vétéran du VietNam incapable de renouer avec la vie civile, est à peu près à l’opposée de ce qu’il représentera par la suite et pour la fin des temps (mais je m’avance peut-être), ce symbole d’une Amérique triomphante. Ce qu’il représente dans ce premier film, c’est plutôt la mauvaise conscience de cette Amérique qui tourne le dos à ceux qu’elle a sacrifiés.

Rambo est à la croisée des mondes : entre les 70s et les 80s, entre le Stallone humain et audacieux et la star bodybuildée et bigger than life. On sent constamment ce tiraillement, cette hésitation entre le film sombre et engagé, et le surhomme que Stallone assumera pleinement dès Rambo 2.

Parce que contrairement à Rocky, l’autre grande création de Stallone, Rambo n’est pas un alter ego de l’acteur : c’est un fantasme qui ne fait qu’affleurer dans ce premier film, de loin le plus intéressant de la saga. Certes, Rambo est un vétéran surentraîné, qui domine tous les flics lancés à sa poursuite et dynamite littéralement la ville qui l’a rejeté. Mais c’est aussi un homme totalement paumé, dépassé par la situation dans laquelle il s’enferme, et qui s’effondre comme un enfant devant cette figure de père que représente le colonel Trautman.

Une vraie caricature ce Trautman, joué au premier degré et sans nuances par un Richard Crenna ni crédible, ni sensible. Plus intéressant, le rôle de « grand méchant » est dévolu au shérif de la ville, dont le badge est monté à la tête. L’imposant Brian Dennehy donne une vraie profondeur à ce personnage qui se résume en fait à un sale con, plus pathétique que véritablement dangereux.

Ted Kotcheff fait le job efficacement. Si la dernière partie « urbaine » est un peu en-deçà, la première heure est parfaitement tendue, avec ce qu’il faut de scènes d’action pour faire de Rambo un personnage à part, mais avec une esthétique très seventies. Et on se prend à imaginer ce que cette partie « forestière » aurait donné devant la caméra d’un John McTiernan, par exemple.

Haute sécurité (Lock up) – de John Flynn – 1989

Posté : 9 novembre, 2017 @ 8:00 dans 1980-1989, ACTION US (1980-…), FLYNN John, STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Haute sécurité

Un film de prison de plus, tourné à une époque où à peu près tous les action-hero s’engouffraient dans ce sous-genre très en vogue. On est loin du Prisonnier d’Alcatraz ou de L’Evadé du même lieu : ce véhicule taillé sur mesure pour un Stallone très en forme et très musculeux se contente d’accumuler les grands poncifs attendus.

On a donc droit à un directeur tyrannique (joué par un Donald Stutherland en roue libre), des gardiens sadiques, des détenus très dangereux, d’autres fourbes, d’autres encore tellement tendres que l’on devine dès le premier plan qu’ils ne termineront pas le film vivant…

Les premières scènes laissent pourtant espérer quelque chose d’un peu plus original. Stallone y est un prisonnier en fin de peine, que l’on découvre alors qu’il est en permission. Ce qui, en soi, est déjà plutôt original. Et puis une nuit, ce prisonnier modèle est transféré sans qu’il sache pourquoi dans une prison haute sécurité nettement moins accueillante que celle où il purgeait sa peine, et où des conditions nettement plus terribles l’attendent.

Le film semble alors prendre le chemin d’un cauchemar judiciaire, pas très crédible certes, mais au moins intriguant. Sauf que le mystère n’a aucune place ici : tout est rapidement explicité, et la vérité n’a rien de renversante. On a donc droit à une simple histoire de vengeance, et à l’affrontement d’un homme victime du système et d’un tyran siphonné. Sans la moindre nuance, bien sûr.

Cela dit, cette série B (au moins dans l’esprit) se regarde sans ennui, sans surprise, et sans grande émotion envahissante. Bref, pas mal pour mettre son cerveau au repos. Ne pas oublier les bières…

Cobra (id.) – de George Pan Cosmatos – 1986

Posté : 30 octobre, 2017 @ 8:00 dans 1980-1989, ACTION US (1980-…), COSMATOS George Pan, STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Cobra

Régulièrement, je dresse ici les louanges d’un Stallone dont la sincérité m’a toujours touché, et qui continue à m’enthousiasmer par son amour d’un cinéma d’action aujourd’hui obsolète. Certes. Ce n’est pas pour autant que je vais défendre bec et ongles ce qui ne peut pas l’être. Et là, pour le coup, il atteint des sommets le Sly. Après les triomphes des too much Rocky 4 et Rambo 2 en 1985, la Sainte-Trinité qui a suivi (j’ai nommé : Cobra, Over the Top, Rambo 3) a été celle de la bonne grosse daube sans nuance.

Ah on peut toujours essayer de trouver des bonnes choses à ce Cobra : une série de courts plans qui présentent une vision sans fard des quartiers mal famés de Los Angeles et de ses laissés pour compte. Mais à peine a-t-on conscience d’être surpris par ces quelques images que George Pan Cosmatos (qui avait déjà signé Rambo 2, méga hit l’année précédente) nous assène une sorte de clip visuellement affreux à la gloire de Brigitte Nielsen, icône glamour toute pourrave vue, elle dans Rocky 4 (et alors Mrs Stallone).

Passons sur les jeans moule-cul de Stallone, ses lunettes de soleil même en pleine nuit, et l’allumette éteinte qu’il a constamment à la bouche… Ces tics vaguement cools ne sont rien à côté des outrances des scènes d’action, qui oublient pourtant d’invoquer le moindre second degré. Alors franchement, cette armée de tueurs qui veut instaurer un nouvel ordre… On dirait bien qu’on y croit pas, mais la vérité, c’est qu’on s’en fout totalement.

Le film lorgne en fait très clairement du côté de Dirty Harry : la présence d’Andrew Robinson (tueur dans le premier, flic borné dans le second) ne doit sans doute rien au hasard. Mais sans recul, sans idée, et sans un vrai réalisateur aux manettes. A oublier.

Creed : l’héritage de Rocky Balboa (Creed) – de Ryan Coogler – 2015

Posté : 17 juillet, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, COOGLER Ryan, STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Creed

On croyait sincèrement qu’il en avait fini avec ce personnage fétiche qui lui a tout donné en 1976, et qui lui a tout redonné en 2006. Dix ans après le très beau Rocky Balboa, c’est pourtant un tout jeune homme qui pousse Stallone à renfiler non pas les gants, qu’il a raccrochés depuis longtemps, mais la dégaine fatiguée et le feutre plus mou que jamais de Rocky : Ryan Coogler, réalisateur du remarqué Fruitvale Station, qui arrive à 30 ans (l’âge de Stallone à l’époque du premier Rocky) avec une belle idée et une admiration sans borne pour Stallone et son alter ego de cinéma.

Voilà donc Adonis Creed, le fils caché d’Appolo, jeune boxeur amateur né d’une liaison adultère mais élevé par la femme de son père, qui brûle du besoin d’exister par lui-même, et décide de se tourner pour de bon vers la boxe en demandant à celui qui fut le compagnon des dernières heures de son père de l’entraîner. Rocky Balboa himself, plus vieux de dix ans qu’il y a dix ans, seul, cabossé et fatigué, qui finit par se laisser embarquer de nouveau dans le rythme trépidant de la boxe, faisant pour le jeune Adonis ce que Mickey avait fait pour lui quelques décennies plus tôt.

Après un début un rien froid, qui peine à émouvoir tant on attend avec impatience l’apparition de Stallone/Rocky (qui n’arrive qu’au bout d’une quinzaine de minutes), la nostalgie commence à fonctionner, et le duo que forment le vieux briscard et son jeune protégé (excellent Michael B. Jordan) s’impose immédiatement comme l’une des grandes réussites du film.

Comme dans tous les Rocky, la boxe est bien plus qu’un simple prétexte. D’ailleurs, c’est lors du premier combat sur le ring que le film prend une autre dimension. Magnifique ce combat, filmé au plus près des corps dans un extraordinaire plan séquence qui tourne autour des personnages dans un mouvement qui emporte tout. Et qui se termine par l’une de ces étreintes viriles qui parsèment tous les Rocky, étreinte qui fait naître une émotion familière et immense chez le fan de la saga.

40 ans après le premier film, et même si celui-ci est le premier que Stallone n’a pas écrit lui-même, Creed est bel et bien un vrai Rocky. Et un grand Rocky, même : Coogler renoue avec le ton et l’émotion des meilleurs films de la série. Amoureux du personnage, il s’en montre à la hauteur, cite quelques scènes iconiques en les réinventant (la course dans les rues de Philadelphie, la montée des marches…), sans jamais les trahir, et sans tomber non plus dans une admiration bête et paralysante.

Le film est beau parce qu’il privilégie une émotion simple et forte, et parce qu’il met en scène des figures que l’on connait depuis toujours. Rocky bien sûr, personnage unique dans l’histoire du cinéma (je n’en connais pas d’autres qui auraient accompagné d’aussi près et aussi longtemps la carrière de leur interprète), et le fantôme d’Appolo Creed, qui pèse sur l’histoire comme un symbole du passé de Balboa, de cette jeunesse perdue et de ces proches disparus, dont on sait au moins depuis Rocky Balboa qu’ils sont au cœur de sa vie.

Le film est déchirant parce qu’il met en scène des personnages hantés par la mort, le handicap ou la déchéance physique. Mais il est aussi plein de vie et d’espoir : c’est au fond l’histoire de deux hommes qui réapprennent au contact l’un de l’autre à se battre et à regarder devant eux plutôt que derrière.

40 ans après ses débuts, Stallone ne triche pas, et affiche son âge, n’hésitant pas à apparaître abîmé et fatigué. Même dans un rôle qu’il (et qu’on) connaît par cœur, il réussit à surprendre par son intensité, livrant l’une de ses plus belles prestations après Copland… et le premier Rocky.

• Lire aussi : Rocky ; Rocky 2, la revanche ; Rocky 3, l’œil du tigre ; Rocky 4 ; Rocky 5 ; Rocky Balboa

Expendables 2 (id.) – de Simon West – 2012

Posté : 26 février, 2015 @ 5:31 dans 2010-2019, STALLONE Sylvester, WEST Simon | Pas de commentaires »

Expendables 2

Stallone, toujours scénariste, cède cette fois la place derrière la caméra à Simon West, le bourrin à qui on doit des œuvres aussi impérissables que Les Ailes de l’Enfer ou Tomb Raider. Résultat ? Dans la continuité du premier, avec des scènes d’action assez originales, mais qui souffrent d’un vrai problème de montage, trop serré, qui tue tout effet dramatique. Sans compter des excès gores inutiles, qui ne collent pas avec le côté fun du film.

Mais ce n’est pas dans l’action pure que Stallone et ses potes sont les plus à l’aise : là où le film est le plus réussi, et plus encore que le premier volet (et le troisième), c’est dans les scènes de camaraderie, que ce soit dans la carlingue de cet avion aussi abîmé que ses occupants, ou dans ce bar à l’ancienne qui sent bon les années 80.

Cet opus 2 a un côté catalogue (que le numéro 3, malgré son casting hallucinant, évitera habilement), lorsqu’il aligne les gros bras sans que les scénaristes sachent réellement quoi en faire. Bruce Willis et Arnold Schwarzenegger apparaissent et disparaissent sans réelle raison. Le nouveau venu Jean-Claude Van Damme serre la mâchoire dans un rôle de grand méchant sans aucune complexité. Et Chuck Norris déboule au milieu de tout ce bordel sur des airs westerniens, dégommant tous les méchants sans sourciller, caricature assumée de lui-même. « Who’s next ? Rambo ? » lance d’ailleurs un Willis rigolard.

Finalement, et à condition d’accepter le côté très approximatif de cette entreprise, tout ça est franchement plaisant. Parce qu’on sent chez le maître d’œuvre Stallone une sincérité totale. Il croit en ce cinéma à l’ancienne, il aime cette troupe qu’il a créée autour de lui. Nous aussi on y croit, et on adhère.

• Voir aussi : Expendables réalisé par Stallone lui-même, et Expendables 3 et son casting ultime de vieilles gloires.

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