Play it again, Sam

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Archive pour la catégorie 'RYAN Robert'

L’Appât (The Naked Spur) – d’Anthony Mann- 1953

Posté : 8 juillet, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, MANN Anthony, RYAN Robert, STEWART James, WESTERNS | Pas de commentaires »

L'Appât

Le plus simple, le plus épuré, et peut-être le plus intense des westerns tournés par le duo James Stewart – Anthony Mann. L’intrigue tient en quelques lignes : un homme en traque un autre pour la prime liée à sa capture, et doit composer avec des rencontres impromptues.

De cet homme, de ces hommes même, on ne saura pas grand-chose. Pas tout en tout cas. Mais Mann n’a pas besoin de dévoiler tous les mystères pour faire ressentir l’intensité des rapports humains, ou le trouble qui habite chacun. Et l’intensité, ici, est omniprésente, avec des personnages qui semblent tous trimbaler des tombereaux de douleurs.

La palme, bien sûr, à James Stewart, exceptionnel de rage de moins en moins contenue, dont la voix chevrotante n’a peut-être jamais été aussi douloureuse qu’ici. La scène des rapides, où il refuse de laisser partir le corps qu’il veut ramener à tout prix, est absolument bouleversant, tant elle en dit sur la souffrance du gars.

Et puis il y a la manière dont Mann filme ses acteurs dans les décors naturels, peut-être unique dans l’histoire du western, voire du cinéma. La définition même de l’épure : pas un détail de ce décor n’est là par hasard, le moindre recoin, le moindre rocher, la moindre branche apparaissant à l’écran joue un rôle dans l’action.

Rien n’est laissé au hasard, tout est précis, juste et direct. Un parti-pris qui donne au film une force, une évidence, et une immédiateté uniques. The Naked Spur est un chef d’œuvre d’une densité impressionnante.

Les Douze Salopards (Dirty Dozen) – de Robert Aldrich – 1967

Posté : 15 avril, 2018 @ 8:00 dans 1960-1969, ALDRICH Robert, RYAN Robert | Pas de commentaires »

Les Douze Salopards

Un classique qu’on ne présente plus, bien sûr, d’une efficacité imparable et d’une grande violence, dont la construction a inspiré des tas de films de guerre depuis, jusqu’au Full Metal Jacket de Kubrick vingt ans plus tard : une première partie consacrée à l’entraînement des soldats, une seconde à la mission elle-même. Et entre les deux, une spectaculaire rupture de ton.

Si le film reste à ce point marquant cinquante ans après, ce n’est peut-être pas tant pour sa violence et son efficacité, qui ont été égalées voire dépassées depuis, mais pour la trajectoire de ses personnages, douze salopards donc, condamnés à mort ou à de très lourdes peines de prison, qui trouvent une sorte de rédemption dans la mission suicide pour laquelle ils ont été choisis.

Il y a une approche presque christique dans le personnage de Lee Marvin, officier chargé de mener ces repris du justice vers un combat juste. Christique avec une forte propension à défourailler et à mettre des coups, certes, mais christique tout de même. La fameuse rupture entre les deux parties du film est d’ailleurs une scène de repas où les douze salopards sont attablés côte à côte, le long d’une table couverte de victuailles, autour d’un Lee Marvin qui apporte la bonne parole. La référence à la Cène est alors évidente.

Quant aux douze apôtres, on peut dire qu’ils ont de la gueule : Donald Sutherland, Charles Bronson, John Cassavettes, Clint Walker, Jim Brown, Trini Lopez… et Telly Savalas dans le rôle d’un Judas pour qui on ne va pas s’embarrasser d’un quelconque pardon ! Une sacrée distribution, donc, à laquelle il faut ajouter Robert Ryan, Ernest Borgnine, George Kennedy ou Richard Jaeckel. Que du bon tout ça !

Pris au piège (Caught) – de Max Ophüls – 1949

Posté : 25 février, 2018 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, OPHÜLS Max, RYAN Robert | Pas de commentaires »

Pris au piège Caught

Ce n’est pas le plus célèbre des films américains d’Ophüls. Tourné juste après sa superbe adaptation de Lettres d’une inconnue (qui l’impose enfin à Hollywood après des années d’errements), Caught a en commun avec le précédent film qu’il est le portrait d’une jeune femme aux idéaux très forts, confrontée à ce que la relation amoureuse peut avoir de plus fort.

La comparaison s’arrête à peu près là. Car si le personnage de Louis Jourdan était un salaud par omission, celui de Robert Ryan, dont je ne dirais jamais assez qu’il est un acteur fabuleux, est un homme réellement machiavélique. Un vrai méchant de cinéma, à peine crédible tant il est odieux et dénué de toute compassion. Une pure ordure, donc, qui aurait facilement pu tomber dans le grand-guignol. Mais c’est Robert Ryan, donc, et ce type a un talent inouï pour être constamment juste quel que soit son emploi. Il l’est, ici encore.

L’héroïne, c’est Barbara Bel Geddes, qui sera la poteau de James Stewart dans Sueurs froides, et qui trouve ici l’un de ses plus beaux rôles : celui d’une femme qui croit trouver le prince charmant et réalise trop tard qu’elle est tombée sur un monstre. Et que le prince charmant, le vrai, est un médecin pauvre mais désintéressé, qu’interprète James Mason, sorte de double négatif de Ryan.

Soyons honnête : il faut une bonne demi-heure pour qu’Ophüls impose réellement son style et se démarque de l’imagerie habituelle du film noir. Il y a comme un air de déjà vu dans cette première partie. Mais la cruauté qui finit par se dégager, associée à une superbe humanité, finissent par créer une atmosphère inattendue et envoûtante, renforcée par des ellipses audacieuses et magnifiques.

Le génie d’Ophüls fait le reste. Ce travelling superbe qui traverse les pièces du cabinet médical laisse carrément béat d’admiration. Et cette scène, toute simple, où Mason et son pote médecin parlent avec une chaise vide entre eux, détail qui souligne subtilement et de manière évidente l’absence de la jeune femme, est un moment d’une grande beauté.

La Femme aux maléfices (Born to be bad) – de Nicholas Ray – 1950

Posté : 30 avril, 2017 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, RAY Nicholas, RYAN Robert | Pas de commentaires »

La Femme aux maléfices

On la voit venir de loin, la Joan Fontaine, avec son air de sainte-nitouche et son petit sourire de chacal. Une authentique femme fatale dont on imagine dès sa première apparition qu’elle va semer le malheur sur son passage. Hélas, c’est bien là la plus grande faiblesse du film : sans doute Joan Fontaine a-t-elle été choisie (par Howard Hughues, qui venait de prendre le contrôle de la RKO) parce qu’elle est l’image même de la douceur et de la bonté. Mais alors, pourquoi avoir rendu d’emblée si évidentes les intentions de la fausse douce ?

L’actrice est irréprochable, apportant un heureux mélange de passion et de machiavélisme à un personnage pas si simple que cela. Mais le film aurait sans doute gagné à laisser planer le mystère plus longtemps sur la présence de cette louve dans la bergerie. C’est d’autant plus dommage que le pur film noir qui nous ai promis réserve bien des surprises, en jouant constamment sur la nuance des sentiments, et sans tomber dans le noir profond.

Nicholas Ray, encore jeune dans le métier (c’est son cinquième film, il n’a pas encore 40 ans), sait mettre en avant ces petits détails qui révèlent les failles des personnages et de leurs sentiments. La séquence où Joan Fontaine instille la suspicion dans le couple formé par Joan Leslie et Zacharie Scott est en cela formidable, parce que rien n’y est surjoué ou lourdement asséné.

Le cinéaste peut, c’est vrai, compter sur un casting exceptionnel, avec aussi Mel Ferrer, et surtout Robert Ryan, dont je continue à me demander s’il sait mieux que personne choisir les bons films, ou si c’est sa simple présence qui donne aux films dans lesquels il joue cette dimension si particulière. Encore une fois, il fait mieux que donner une épaisseur à son personnage d’amant éconduit : il crée une sorte de lien intangible entre tous les personnages de ce drame. Si le film est une réussite, c’est au moins en partie grâce à lui.

Sept secondes en enfer (Hour of the Gun) – de John Sturges – 1967

Posté : 11 décembre, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, RYAN Robert, STURGES John, WESTERNS, Wyatt Earp / Doc Holiday | Pas de commentaires »

Sept secondes en enfer

Le réalisateur du classique Règlement de comptes à OK Corral qui renoue avec le plus célèbre gunfight de l’histoire de l’Ouest. C’est une bien belle idée, d’autant plus que ce western-là commence exactement là où beaucoup d’autres s’arrêtent : par le fameux règlement de compte à O.K. Corral.

Sturges ne signe pas pour autant une suite de son classique : les acteurs sont différents, le ton est différent, la situation même est différente. D’ailleurs un carton l’annonce au début : c’est l’histoire véridique que l’on va découvrir. Bon… c’est vrai que ce genre de carton est là pour attester bien des versions radicalement différentes de la vie de Earp.

Un beau film, et surtout un beau personnage : le célèbre marshall Wyatt Earp, tiraillé entre sa soif de vengeance familiale, et ce sens du devoir et de la loi qu’il tente douloureusement de conserver. Un homme de l’Ouest pris en étau entre deux visions de la vie, deux époques aussi : celle de l’Ouest sauvage, et celle de l’Est qui représente la civilisation. Un thème archi rabâché dans le western, mais qui se renouvelle joliment ici, notamment avec cette figure du juge encore impuissant face à la violence, qui doit se résoudre à laisser en liberté ceux qu’il sait coupables. Mais le système est en place, le changement c’est pour bientôt.

Réussie aussi, l’amitié virile et touchante entre Holliday (Jason Robards, excellent mais très loin du personnage imposé par Kirk Douglas dans le classique de Sturges) et Earp (James Gardner, qui reprendra ce rôle 20 ans plus tard dans le malin Meurtre à Hollywood de Blake Edwards), qui atteint une sorte d’apogée nostalgique dans cet étonnante maison de repos du Colorado, où « Doc » va affronter son pire ennemi : lui-même, ses démons.

Le film privilégie l’attente et la psychologie des personnages. Mais Sturges y place de belles fulgurances dans l’action, avec cette violence sèche et brutale qui sort de n’importe où : un coup de feu à travers une fenêtre fermée dans le calme d’une salle de billard, un duel entre deux hommes fatigués (Robert Ryan, dans le rôle de Ike Clanton, est une nouvelle fois formidable).

Il y a pourtant quelque chose qui ne prend pas totalement dans ce film. Difficile de mettre le doigt sur ce « quelque chose », tant Sturges semble inspiré dans sa manière de mener l’action, de diriger ses comédiens… Malgré toutes ses qualités, malgré le vrai plaisir qu’on y prend, l’alchimie des grands westerns de Sturges ne se retrouve pas complètement.

Nous avons gagné ce soir (The Set-Up) – de Robert Wise – 1949

Posté : 4 novembre, 2016 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, RYAN Robert, WISE Robert | Pas de commentaires »

Nous avons gagné ce soir

Superbe film au noir et blanc somptueux, peinture glauque et sans concession d’un monde qui semble sans grand espoir : celui de la boxe et de ses petits combats minables qui se succèdent sans passion.

Robert Ryan, une nouvelle fois formidable, incarne l’un de ces boxeurs, un « vieux » de 35 ans qui enchaîne les défaites et qui ne parvient pas à raccrocher les gants. Un homme fatigué qui trimbale sa carcasse usée en rêvant vaguement d’une autre vie avec la femme qu’il aime.

Celle qu’il aime… Le film ne sort que rarement du gymnase où les boxeurs s’affrontent, et où elle n’a pas voulu se rendre ce soir-là. Pourtant, elle semble omniprésente, dans le regard angoissé de Ryan.

Pour parler de boxe, Robert Wise filme les gens : les boxeurs qui attendent dans « l’antichambre » où ils se préparent, et où certains rêvent de seconde chance ; mais aussi les spectateurs dans le public, habités par une rage insoupçonnable à première vue, comme cette dame digne qui se met à hurler « tue-le, tue-le », ou ce jeune homme qui n’a plus le moindre regard pour sa petite amie, ou cet autre qui avale toutes les cochonneries du monde au fil des combats.

Une véritable faune interlope, dont le « spécimen » le plus étonnant est un aveugle qui assiste au combat, accompagné par un ami qui lui décrit les coups, et qui vit les affrontements comme s’il était sur le ring. Qui est-il ? Wise laisse libre court à l’imagination du spectateur… Ici, le passé ne peut être qu’imaginé, et l’avenir semble bien incertain.

Non, ce n’est pas un chant d’amour pour la boxe. Rien de glorieux dans ce combat montré in extenso: quatre rounds de trois minutes âpres et d’une violence qui n’a rien de romantique. Et les regards désabusés des habitués ne laisse guère de place aux espoirs démesurés.

Mais Wise signe un pur film d’amour. Il y a quelque chose de tragique dans l’absence de cette jeune femme (Audrey Totter) qui n’assiste pas au combat de cet homme, et dans son errance nocturne. Comme il y a quelque chose de déchirant dans la manière dont lui, Ryan, scrute la salle pour tenter de la retrouver. Quant au suspense final, dans une poignée de séquences qui flirtent avec le film noir, il ne conduit que vers une violence libératrice, l’un des happy ends les plus douloureux et les plus émouvants qui soient…

La Femme sur la plage (Woman on the Beach) – de Jean Renoir – 1947

Posté : 28 octobre, 2016 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, RENOIR Jean, RYAN Robert | Pas de commentaires »

La Femme sur la plage

Contrairement à d’autres réfugiés français pendant l’occupation (Duvivier ou Gabin, par exemple), Jean Renoir n’a pas fait qu’un passage éclair à Hollywood : il s’y est installé longuement, prenant même la nationalité américaine. Il ne gardera pourtant pas un grand souvenir de cette période, marquée par ses difficultés à rentrer dans le moule hollywoodien.

On sent clairement ces difficultés dans Woman on the Beach, le dernier de ses films tournés sur le sol américain. Il y a bien quelques moments très beaux, comme cette tendresse soudaine qui rapproche Joan Bennett et son mari Charles Bickford au coin du feu, ou cette scène où Robert Ryan chevauche sur une plage baignée par la brume, comme dans un rêve éveillé. Mais il y a surtout une impression de maladresse, parfois presque gênante, qui se dégage de l’ensemble.

Renoir a pourtant participé au scénario (il est crédité, en tout cas). Mais l’évolution des personnages laisse par moments dubitatifs. On a en tout cas toutes les peines à s’attacher à ce triangle amoureux (pourtant interprété par de grands comédiens) qui semble annoncer un pur film noir.

Produit par la RKO, le film ressemble à effectivement à s’y méprendre à un film noir. Un anti-héros hanté par la guerre (Ryan), une femme que l’on devine fatale (Bennet), un mari aveugle (mais l’est-il vraiment ?) et gênant (Bickford)… Avec des personnages comme ceux-là, on voit venir le truc de loin. Et effectivement, Ryan va se décider à éliminer son rival. Sauf que ce n’est pas si simple…

Jouer avec les codes de ce genre si américain aurait pu inspirer Renoir. Mais le réalisateur semble constamment trop contraint, mal à l’aise avec des scènes et une atmosphère qu’on lui a sans doute imposés. Woman on the Beach est un film plutôt agréable, et qui ne manque pas d’un certain charme, par moments. Mais il était temps que Renoir se décide à quitter Hollywood, tout de même…

La Maison de Bambou (House of Bamboo) – de Samuel Fuller – 1955

Posté : 17 octobre, 2016 @ 8:00 dans * Films de gangsters, * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, FULLER Samuel, RYAN Robert | Pas de commentaires »

La Maison de Bambou

Polar ? Film d’amour ? Choc des civilisations ? Impossible de restreinte La Maison de Bambou à un genre trop précis : le film de Fuller est d’une immense richesse. Passionné depuis toujours par l’Asie, le cinéaste découvre réellement le Japon avec ce film que Zanuck l’envoie tourner sur place, uniquement en décors réels. Le résultat, du point de la véracité des images, est stupéfiant.

Souvent tourné au milieu de la « vraie » foule, le film dégage une authenticité que peu de films hollywoodiens ont réussi à atteindre avant ou depuis. A tel point qu’on peine à croire que Fuller n’avait jamais mis les pieds au Japon avant le tournage : la vision que le film donne du pays est loin, très loin des clichés habituels des occidentaux. Sa manière de filmer les gens et la vie au plus près crée une proximité qui fait beaucoup pour l’atmosphère si atypique du film.

Entre l’attaque du train qui précède le générique et l’extraordinaire fusillade finale, le film regorge de morceaux de bravoure qui, tous, s’inscrivent dans les paysages que Fuller filme admirablement : face au Mont Fuji au début (avec un magnifique plan d’un cadavre d’Américain se découpant sur la mythique montagne), ou dans une espèce de fête foraine en pleine ville à la fin.

Mais entre ces deux extrêmes aussi, Fuller est constamment inspiré par les décors naturels, qui semblent avoir largement dicté sa manière de filmer son histoire. Il y a notamment un sublime travelling suivant Shirley Yamaguchi qui traverse le quartier populaire où elle vit, et où elle découvre l’animosité de ses voisins à l’égard de celle qui se laisse séduire par un étranger.

C’est un thème fort du film : la présence américaine dans ce Japon de l’après-guerre. Une présence qui semble pour le meilleur dans les premières images, qui montrent Japonais et Américains travaillant main dans la main pour le maintien de la paix. Mais cette vision idyllique ne tarde pas à avoir du plomb dans l’aile, avec des policiers véreux, et ce gang meurtrier dirigé par le grand Robert Ryan, une nouvelle fois extraordinaire en gangster qui voit son monde s’écrouler autour de lui.

Le film tourne autour de lui, de son influence, même si, techniquement, ce n’est pas lui le héros, mais Robert Stack, dans l’un de ses meilleurs rôles. Un sale type, semble-t-il dans les premières scènes, sans allure, sans morale et sans un sou, qui finit par être admis au côté du chef de gang avant de dévoiler sa véritable nature. Il y a l’histoire d’amour, magnifique, délicate et sensuelle, entre Robert Stack et Shirley Yamaguchi. Mais il y a aussi un inattendu triangle amoureux qui ne dit pas son nom entre Ryan, Stack, et Cameron Mitchell, qui nous offre une hallucinante scène de jalousie.

Et tout ça est filmé dans un Cinemascope d’une beauté renversante de chaque plan. Un film d’une richesse infinie, donc, et dont chaque aspect semble parfaitement abouti. La Maison de Bambou est un grand film d’amour, un grand polar, un grand suspens, et une merveilleuse plongée dans ce Japon de la reconstruction. Un chef d’œuvre, oui.

* DVD dans la collection « Hollywood Légende », avec une présentation passionnante de 30 minutes par François Guérif.

La Horde sauvage (The Wild Bunch) – de Sam Peckinpah – 1969

Posté : 16 octobre, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, PECKINPAH Sam, RYAN Robert, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Horde sauvage

Comme dit l’ami Clint dans Le Bon, la brute et le truand : « J’ai jamais eu autant de mecs se faire tuer. » Peckinpah a-t-il voulu aller plus loin encore ? Il le fait à vrai dire, peut-être pas pour la quantité de cadavres laissés sur le bord de la piste (si quelqu’un connaît quelqu’un qui a envie de faire les comptes…), mais au moins pour l’impact de la violence.

Comme le même Clint le fera vingt ans plus tard dans Impitoyable, Peckinpah se débarrasse complètement du glamour de la violence, et de toute notion de bien ou de mal. En tout cas de bien. Il y a bien quelques beaux sentiments dans cet univers d’hommes où la vie des femmes ne pèse pas bien lourd : une certaine idée de l’honneur et de la fidélité. Mais ces sentiments ont quelque chose de déjà très archaïque.

On a évidemment beaucoup parlé de la violence du film ; de cette première séquence qui se conclue, dans le sang, par une terrible fusillade au cœur de la foule ; ou de cet incroyable carnage final où les cadavres tombent les uns après les autres. Mais c’est bien le côté archaïque qui marque les esprits.

Sur le fond, finalement, le film est assez classique. Mais dans la forme, il fait en quelque sorte le lien entre le western classique et la violence du spaghetti, avec un montage rapide et percutant pour le coup révolutionnaire, et qui sera maintes fois copié. Mais le film est formidable parce qu’il raconte l’histoire d’hommes vieillissants, qui ont compris que leur temps se termine, mais qui ne savent pas comment tourner la page.

William Holden en chef de gang au bout du rouleau, Ernest Borgnine en complice conscient du dilemme de son ami, Robert Ryan en chasseur fatigué des effusions de sang, Edmond O’Brien en vieil ours rigolard, ou encore Warren Oates et Ben Johnson en hommes de main forts en gueule… C’est un casting exceptionnel qu’a rassemblé Peckinpah. Des vieux de la vieille pour la plupart, qui appartiennent eux aussi à une autre époque, celle de l’âge d’or d’Hollywood.

L’Ouest n’est plus ce qu’il était, le XXème siècle est bien entamé, l’Amérique a tourné la page des cow-boys. Et c’est un gamin qui donnera le coup de grâce. Il est temps de passer la main ? La dernière image sonnera comme une ultime révolte : ce n’est plus tout à fait comme avant, mais on n’est pas encore mort…

Racket (The Racket) – de John Cromwell – 1951

Posté : 18 septembre, 2016 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, CROMWELL John, MITCHUM Robert, RYAN Robert | Pas de commentaires »

Racket

Il y a de bien belles idées dans ce noir méconnu. En vrac : un attentat contre la famille d’un flic qui n’est pas sans évoquer le Règlement de comptes de Fritz Lang (tourné deux ans plus tard), une course poursuite haletante qui se termine sur le toit d’un parking, un homme de loi véreux pour qui les notions de bien et de mal se décident aux intérêts qu’il peut en titrer, ou encore un jeune flic droit et courageux qui volerait presque la vedette au vrai héros du film.

Ce héros pourtant, c’est Bob Mitchum, impeccable en policier incorruptible. On peut le préférer en anti-héros victime du destin, rôle qu’il a tenu dans une quantité de films noirs plus mémorables encore que celui-ci, mais il y a toujours chez Mitchum ce petit quelque chose quasi-imperceptible qui fait de chacune de ses scènes un pur moment de cinéma, même si lui paraît ne rien faire pour cela.

Pour revenir au jeune flic, second rôle joliment dessiné, c’est clairement l’une des belles surprises du film. Surtout qu’il est joué par William Talman, tellement marqué par son rôle de tueur psychopathe à l’œil mort du Voyage de la Peur (qu’il tournera lui aussi deux ans plus tard) que ses premières scènes sèment le trouble. A tort bien sûr : Talman est ici un vrai chevalier blanc, brave et tragique.

Autre bon choix de casting : le toujours formidable Robert Ryan. Et autant Mitchum et Talman sont de vrais gentils, autant Ryan est ici une pure ordure, qui règle ses comptes et ses problèmes à coups de flingues grâce à son armée de tueurs. Ce n’est pas pour autant un méchant totalement monolithique. Il y a même un petit côté pathétique qui serait presque touchant (j’ai dit « presque »), dans ce personnage de caïd déjà dépassé par un crime organisé qui se modernise et se complexifie en misant plus sur la politique que sur la violence.

Il manque sans doute à Racket un liant, une fluidité qu’aurait sans doute donné un scénario moins bavard (les dix premières minutes sont un peu lourdes) et un réalisateur plus intense que John Cromwell, plus connu pour ses bluettes ou ses films lacrymaux (on lui doit l’une des versions du Petit Lord Fauntleroy, en 1936) que pour ses films noirs. Etonnamment à l’aise dans les scènes d’action et de suspense, il peine à donner corps à ce polar en pays corrompu.

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