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Archive pour la catégorie 'par acteurs'

Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal (Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull) – de Steven Spielberg – 2008

Posté : 14 août, 2010 @ 3:42 dans 2000-2009, FORD Harrison, SPIELBERG Steven | Pas de commentaires »

Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal

Dire qu’on attendait ce film avec impatience serait un euphémisme absolu. Depuis quinze ans, Harrison Ford, George Lucas et Steven Spielberg nous annonçaient que le scénario était prêt, que le tournage était imminent… Et puis rien… Alors forcément, quand on l’a annoncé une dernière fois, on attendait de voir pour y croire. Et puis on a vu. On a vu des images de tournage, forcément excitantes. On a vu une première image d’Harrison Ford en Indiana Jones, et là on s’est dit que, vingt ans après, il avait encore la classe, papy… Et puis on a appris que Karen Allen revenait dans le rôle de Marion, et là on s’est dit que waouh… Et puis on a vu la bande annonce, avec cet immense hangar qui nous replongeait d’un coup dans l’atmosphère des Aventuriers de l’Arche Perdue. Alors forcément, on avait hâte, et on avait conscience. Restait une épreuve, forcément risquée : voir le film.

Et on l’a vu. Trois fois déjà, pour être sûr de l’apprécier à sa juste valeur. Et alors ? Alors il y a deux films dans Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal : il y a la première demi-heure, et il y a le reste. Le reste, d’abord, est franchement décevant. Spielberg n’y est pour rien, d’ailleurs : très inventif sur le plan visuel (Spielberg n’est jamais aussi inspiré que quand il s’attaque au vrai cinéma populaire), il donne un rythme fou à un film qui, forcément, rempli son cahier des charges formidablement bien. Quelques séquences sont un peu molles du genou (le passage obligé du serpent, par exemple, ne restera pas dans les mémoires), mais c’est du vrai bon divertissement, avec des scènes d’action extraordinaires. Le principal problème, alors ? Il a un nom : George Lucas. Le producteur, qui n’a plus rien du génial artisan qu’il était au moment des Aventuriers de l’Arche perdue, a déjà plombé en partie son « autre » saga, Star Wars, avec une débauche d’effets numériques… Il n’est pas loin de recommencer avec Indiana Jones, ce qui est évidemment une erreur grossière, et en opposition avec l’esprit-même de cette série, qui rend hommage aux serials « bricolés » des années 30 et 40. Trop de numérique dans Indiana Jones, c’est aussi con qu’un exposé géopolitique dans James Bond. Et le problème, c’est que ça se voit très nettement dans quelques scènes d’action qui, du coup, ne dégagent pas cette impression de fraîcheur et de folie qui caractérisait les trois premiers volets.

Au rayon des (petites) déceptions, notons aussi le personnage incarné par Shia LaBeouf (qui n’y est pour rien d’ailleurs), dont l’alchimie avec Indy/Harrison Ford est loin d’être aussi enthousiasmante que celle entre Indy et son père (génial Sean Connery) dans La Dernière Croisade. Mais là, franchement, on chipote.

Je chipote d’autant plus que, avant cette heure et demie plutôt très sympathique, il y a la première demi-heure, qui est à classer dans le panthéon du cinéma spielbergien. Dès la première image (là aussi, un passage obligé : comme dans tous les volets de la franchise, le logo Paramount se fond dans un élément du décor ; ici : le monticule d’une taupe), Spielberg nous replonge dans une époque où il donnait ses lettres de noblesse au « pop corn movie ». A grands renforts de panoramiques magnifiques, de plongées-contre plongées étonnantes, avec une inventivité de chaque plan et un rythme ébouriffant, il nous ressuscite Indiana Jones, comme si les années n’avaient pas eu d’impact sur Harrison Ford, qui redevient celui qu’il était dans les années 80 dès qu’il enfile son fameux chapeau (dans un plan à montrer dans toutes les écoles de cinéma).

Face à lui, plus de Nazis, bien sûr : les années ont quand même passé, et on est désormais dans les années 50, en pleine guerre froide. Les méchants sont donc les Russes, et en particulier une femme officier droite dans ses bottes, incarnée avec un réjouissant second degré par Cate Blanchett, que l’on découvre dès cette première séquence. Mais que ce soit les Nazis ou les Russes, rien n’arrête Indy, qui finit par fausser compagnie à ses ennemis dans une poursuite en trois dimensions. Pas la 3D à la mode, avec des-lunettes-et-une-technique-géniale-qui-fait-qu’on-peut-oublier-d’avoir-un-scénario-on-s’en-fout-puisque-les-gens-viendront-quand-même-pour-voir-les-images-sortir-de-l’écran, mais une séquence au cours de laquelle Indy se déplace avec une aisance incroyable dans tous les sens : vers la gauche, la droite, le haut, le bas. Indy vole littéralement grâce à son fouet ; il chute de quinze mètres à travers une verrière ; court à dix mètres au-dessus du sol ; se balance en avant avant d’être propulsé en arrière ; il slalome, grimpe, saute… avant d’être éjecté à trois cents kilomètres-heure. Fin de la première séquence ? Pas tout à fait : il lui reste à être soufflé par une explosion nucléaire, et à admirer le champignon radioactif qui s’élève, dans un plan à couper le souffle.

Et là, c’est un autre film qui commence. Sympa et bien foutu certes, mais loin, très loin du vertige de cette première demi-heure d’anthologie.

* Voir aussi : Les Aventuriers de l’Arche perdueIndiana Jones et le Temple maudit, Indiana Jones et la Dernière Croisade et Indiana Jones et le cadran de la destinée.

Impitoyable (Unforgiven) – de Clint Eastwood – 1992

Posté : 14 août, 2010 @ 2:03 dans 1990-1999, EASTWOOD Clint (acteur), EASTWOOD Clint (réal.), WESTERNS | Pas de commentaires »

Impitoyable (Unforgiven) - de Clint Eastwood - 1992 dans 1990-1999 impitoyable

En cette bonne année 1992, cela faisait chaud au cœur de voir enfin les Oscars récompenser un grand film. Ce n’est pas si courant, l’Académie ayant recours au mauvais goût plus souvent qu’à son tour (pas besoin de chercher loin : cette même année, la statuette du meilleur acteur a échappé à Clint au profit d’Al Pacino pour Le Temps d’un week-end, qui n’est ni son meilleur film, ni sa meilleure prestation… mais il joue un aveugle, ce qui est le genre de trucs qui plaît bien aux votants). Bref, un grand film, signé par un cinéaste majeur enfin reconnu comme tel par son propre pays (Josey Wales, Honkytonk Man, Bronco Billy, Breezy, Chasseur blanc, cœur noir, Bird, les signes ne manquaient pas, pourtant, pour indiquer qu’Eastwood était un grand réalisateur dès les années 70)…

Mais oublions les Oscars, et replongeons-nous dans ce western crépusculaire dont on nous a dit et redit qu’il mettait un point final à la longue tradition du western. A vrai dire, le succès du film a surtout donné des idées à de nombreux cinéastes, et le genre, certes moribond depuis plusieurs décennies, a connu un nouveau souffle parfois enthousiasmant tout au long des années 90. Ce qui est vrai, c’est que Impitoyable est totalement dépouillé des ornements et du romantisme qui marquent le western depuis le temps du muet. Plus encore que John Ford avec L’Homme qui tua Liberty Valance, Eastwood démonte les mythes de l’Ouest sauvage un à un, avec une sorte de force tranquille impressionnante, et sans jamais forcer le trait.

Les images sont superbes, sans doute les plus belles qu’on ait pu voir dans le cinéma d’Eastwood. Mais elles sont aussi crues et froides, les gros plans mettant cruellement en valeur les rides des acteurs (à commencer par celles de Clint lui-même, dont le visage à lui seul porte toute la violence et la dureté de son passé). La manière dont le personnage de William Munny apparaît, père de famille vieillissant humilié par ses cochons, et incapable de monter à cheval ou d’utiliser son revolver, donne le ton : Eastwood ne se donne pas le beau rôle, pas plus qu’il ne va magnifier les autres personnages ou les situations. Quand Munny est au milieu des cochons, la boue n’a rien de glamour ; quand il tombe de cheval, c’est durement qu’il touche le sol. Plus tard, malade après avoir passé une nuit sous la pluie, c’est sans gloire et sans fierté qu’il rampera jusqu’à la sortie du saloon où Little Bill Daggett (Gene Hackman) se sera consciencieusement évertué à l’humilier.

Daggett est sans doute celui qui s’en sort mieux, dans le lot, même si sa fin n’a rien de glorieuse, et qu’il prend un plaisir visible à se défouler sur des hommes désarmés. Il est toutefois bien mieux traité que English Bob (Richard Harris), légendaire tueur d’Indien flanqué de son biographe officiel, et qui, après être apparu comme un pur héros de l’Ouest, est vite ramené (physiquement) au niveau du sol : battu et humilié, c’est piteusement qu’il quittera la ville. Le personnage de l’écrivain est particulièrement intéressant, car il symbolise mieux que quiconque le mythe de l’Ouest qui s’effondre, alors qu’il découvre que tout ce qu’il a écrit sur Bob est bien loin de la vérité, qui s’avère… moins héroïque. Dans l’Ouest sauvage, les duels à la John Wayne étaient visiblement plus rares que les exécutions dans le dos. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’Eastwood tient ce langage dans ses westerns, mais jamais il ne l’avait fait avec une telle force, et avec autant de dépouillement.

Dans Impitoyable, la violence n’a rien d’esthétique, et la mort ne vient pas facilement. Cette fois, c’est le Kid de Schofield (Jaimz Woolvett) qui en fera les frais. Lui qui s’inventait un passé de tueur sans pitié se rendra compte que tuer n’est ni facile à faire, ni encore moins facile à encaisser. Qu’il faut du temps pour se vider de son sang, et que ceux qu’on est amené à tuer ne sont pas des monstres sans visage humain. L’un au moins des deux cow-boys que Munny et ses comparses doivent exécuter n’est qu’un gamin qui s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Sa mort derrière les rochers est une longue séquence particulièrement traumatisante.

Rien d’héroïque, donc, dans ce film constamment juste. Sans la froide exécution de son ami Ned (Morgan Freeman), Munny ne serait sans doute jamais revenu tuer Daggett. Ce n’est que par soif de vengeance (à moins qu’il ne s’agisse tout simplement d’une froide colère), et pas porté par un sens de l’honneur qui lui serait personnel, que Munny réapparaît alors, comme revenant des enfers, et qu’il redevient le tueur sans pitié qu’il était dans sa jeunesse. Et sa vengeance est une explosion de violence et de rage qui fait froid dans le dos.

Son ami et biographe Richard Schiekel raconte qu’Eastwood gardait le scénario d’Impitoyable depuis une dizaine d’années, pas seulement parce qu’il attendait d’avoir le bon âge pour le rôle (il a acheté les droits du script écrit par David Webb Peoples, scénariste de Blade Runner, au début des années 80, alors que l’option de Francis Ford Coppola avait posée venait d’expirer), mais aussi parce qu’il savait que le film lui assurerait succès et reconnaissance, si sa carrière venait à tourner en rond. Et au début des années 90, c’est exactement ce qui arrive. Bird et Chasseur blanc, cœur noir, ont été des échecs populaires « logiques », mais les films d’action qu’il a tourné à la même époque n’ont pas non plus rencontré leur public. Pink Cadillac, et c’est un cas unique dans sa filmographie, n’est même pas sorti dans les salles françaises. Quant à La Relève, qu’il tourne juste avant Impitoyable, c’est sans doute son plus mauvais film derrière la caméra.

Considéré comme fini par beaucoup, Eastwood connaît une véritable résurrection grâce à Impitoyable, qui marque le début de la partie la plus passionnante de sa carrière. Désormais, il sera totalement libre de faire ce qu’il veut, et les deux décennies qui suivent seront magnifiques.

• La Warner a édité un DVD collector très recommandable, dans lequel on retrouve un portrait de Clint filmé par Richard Schiekel, un très beau making of, et surtout un épisode de la série télévisée Maverick, datant de 1959, et dans lequel Clint Eastwood (qui s’apprêtait à commencer le tournage d’une autre série de western, Rawhide, dont il tiendra la vedette pendant sept ans) joue le méchant de service. Cet épisode marque sa première collaboration avec James Garner, la star du show, qu’il retrouvera quarante-et-un ans plus tard pour Space Cow-Boys.

Les Cavaliers (The Horse Soldiers) – de John Ford – 1959

Posté : 13 août, 2010 @ 6:30 dans 1950-1959, FORD John, WAYNE John, WESTERNS | Pas de commentaires »

Les Cavaliers (The Horse Soldiers) - de John Ford - 1959 dans 1950-1959 les-cavaliers

Les Cavaliers a été, au moins pendant un temps (celui de mon adolescence), l’un des Ford les plus diffusés à la télévision. Et pourtant, j’ai l’impression que c’est l’un des plus mal compris. Parfois méprisé, souvent traité avec indifférence, ce western tardif, le premier tourné par Ford après La Prisonnière du Désert, souffre sans doute de la comparaison avec ce qui reste l’un des films les plus riches et aboutis du cinéaste. Mais il n’est définitivement pas le film va-t-en-guerre sans imagination qu’on nous présente trop souvent. Et non, John Wayne n’interprète pas comme on l’a un peu trop vite décrété un héros sans faille toujours prêt à faire le coup de feu. A vrai dire, la vérité me semble être totalement opposée avec ces jugements…

Bien sûr, The Horse Soldiers est avant tout un film d’aventures, avec ce qu’il faut de cavalcades, de fusillades, de suspense, de rebondissements et d’humour. Bref, un vrai film grand public qui n’a rien perdu de son efficacité, un demi siècle après sa sortie. Mais le film, qui marque aussi les retrouvailles de Ford avec la cavalerie après sa fameuse trilogie (Le Massacre de Fort Apache, La Charge héroïque et Rio Grande), possède aussi un sous-texte qui apparaît clairement dans de nombreuses séquences : c’est une charge contre l’idiotie et l’aveuglement de nombreux chefs de guerre. A bien des égards, le film apparaît comme une œuvre antimilitariste, ce qui en fait un film atypique de la part d’un cinéaste qui s’est personnellement engagé sur le front, durant la Seconde Guerre Mondiale et la guerre de Corée.

Et le personnage de Wayne lui-même ne cache pas son écœurement face aux sacrifices inutiles dus à des batailles imbéciles imposées par des stratèges planqués loin du front. La grande scène de bataille dans les rues de la ville est particulièrement marquante. John  Wayne est à l’opposée de tout ce qu’on a dit de lui pour ce film, et apparaît comme un spectateur impuissant dans ce qui est pourtant le moment fort du film. Il serait peut-être temps de réévaluer ce film qui n’est sans doute pas un Ford mineur.

Le film possède une gravité assez inattendue dans ce genre de production, et le sentiment étrange qu’il laisse à la fin n’est sans doute pas une volonté pure du cinéaste. C’est sur le tournage des Cavaliers qu’un des cascadeurs a trouvé la mort, plongeant Ford dans la dépression et l’alcool, et le poussant à ne pas tourner la grande bataille qui devait clore le film. Cet incident tragique est à l’origine de cette fin abrupte que l’on connaît, qui en a laissé plus d’un sur sa fin, mais qui me semble convenir parfaitement à ce que dit le film.

N’oublions pas, tout de même, que Les Cavaliers est aussi un vrai film de divertissement, avec un face à face assez musclé entre Wayne et William Holden, et un atout charme qui n’en manque pas : Constance Towers, en sympathisante sudiste, apporte une grande énergie et beaucoup d’humour au film. Mais l’innocence et l’insouciance qu’elle incarne pendant la majeure partie du film ne survivront pas aux horreurs de la guerre. Non, Les Cavaliers n’est pas le petit western sans ambition que l’on croit…

Le Faucon maltais (The Maltese Falcon) – de John Huston – 1941

Posté : 13 août, 2010 @ 2:02 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, BOGART Humphrey, BOND Ward, HUSTON John | Pas de commentaires »

Le Faucon maltais (The Maltese Falcon) - de John Huston - 1941 dans * Films noirs (1935-1959) le-faucon-maltais

Bien sûr, c’est un classique absolu, la meilleure adaptation du roman de Dashiel Hammett, le film qui a fait de Bogart un mythe vivant… Mais une fois qu’on a dit tout ça, on est loin d’avoir rendu l’hommage qui lui convient à ce chef d’œuvre qui reste, soixante-dix ans après sa sortie, la meilleure transposition à l’écran du fameux style « hard boiled » des romans de Hammett.

L’histoire est complexe, et n’a finalement que peu d’intérêt. Le détective Sam Spade reçoit la visite d’une jeune femme qui l’engage pour une enquête de routine. Archer, l’associé de Spade, s’en charge, mais il est assassiné. Le détective comprend vite que la jeune femme au nom imprononçable (Brigid O’Shaughnessy) cache bien des secrets. Elle et d’autres individus peu recommandables sont en fait sur la trace d’une mystérieuse statue de faucon qui représente une fortune immense…

Dès son premier film derrière la caméra (il était jusqu’alors un scénariste réputé), John Huston signe une œuvre visuellement exceptionnelle, où les ombres et les hors-champs sont merveilleusement utilisés. Mais en grand amoureux de littérature qu’il est, il s’attache surtout à respecter l’esprit du roman original (ce que n’avaient pas fait les précédentes adaptations), ce qui signifie une violence de ton inouïe. Il faut voir le sourire sadique de Bogie alors que, le poing fermé, il s’apprête à frapper Joel Cairo, génialement interprété par Peter Lorre. La caméra de Huston suit avec attention ce long mouvement qui n’en finit pas, Spade/Bogie semblant savourer avec délectation la terreur qu’il inspire à Cairo/Lorre. Le coup de poing qui suit apparaît presque comme une délivrance pour ce dernier.

Dans ce film, pas de place pour les sentiments. Cairo, justement, qui apparaît comme le plus émotif de tous les personnages, n’inspire que du mépris à tous ceux qui le côtoient. Brigid (Mary Astor, vedette depuis la fin du muet) et l’énorme Gutman (indispensable Sydney Greenstreet, qui commençait ici une longue collaboration avec Peter Lorre) sont eux prêts à tout pour arriver à leurs fins. Quant à Spade, il est sans doute l’un des personnages les plus complexes de l’histoire du film noir. Il utilise les femmes et n’hésite pas à les « jeter » lorsqu’elles deviennent trop pressantes (la manière dont il traite la veuve d’Archer, avec qui il avait une aventure, est d’une cruauté extrême). Mais d’un autre côté, il se révèle inflexible devant l’idée qu’il se fait de la justice. Les rapports qu’il entretient avec la police (l’un d’eux est interprété par Ward Bond, acteur fétiche de Ford et second rôle incontournable de l’époque) sont à la fois basés sur un grand respect… et sur une virilité à toute épreuve !

Et puis, surtout, il y a le cynisme hallucinant avec lequel il fait abstraction, sans la moindre hésitation, de ses sentiments personnels lorsqu’il s’agit de châtier la coupable. Il l’aime, mais elle mérite la prison. Et le regard paniqué de Mary Astor — l’unique mouvement de sincérité de son personnage — ne changera rien. Dur, cruel, inflexible, Spade lâche alors une tirade qui met le spectateur KO, quelque part entre une déclaration d’amour et une exécution froide : « I’ll be waiting for you. If they hang you, I’ll always remember you ».

Avec Huston, qu’il retrouvera pour quelques-uns de ses plus grands rôles, Bogie a trouvé celui qui, après des années de panouilles et de films oubliables, a su tirer le meilleur de lui. Avec Le Faucon Maltais, avec ses plans extraordinaires en contre plongée qui transforment Spade en icône, avec ses dialogues fabuleux (écrits par Huston), Bogart devient un mythe en l’espace de deux heures. Tant pis pour George Raft, à qui le rôle était destiné, mais qui a refusé de tourner avec un réalisateur débutant (il a aussi refusé High Sierra, et refusera également Casablanca… ce qui explique peut-être le relatif anonymat dans lequel l’histoire a plongé Raft, alors que Bogart restera à jamais l’un des grands mythes du 7ème art). Le Faucon Maltais, c’est « the stuff the dreams are made of »

 

• Les éditions Warner ont sorti il y a quelques années une magnifique édition collector en deux DVD, qui propose notamment une séance typique des années 40, avec courts métrages, dessins animés, bandes annonces et actualités. Indispensable pour les nostalgiques de l’âge d’or d’Hollywood.

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