Play it again, Sam

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Archive pour la catégorie 'PACINO Al'

Serpico (id.) – de Sidney Lumet – 1973

Posté : 19 novembre, 2016 @ 8:00 dans * Polars US (1960-1979), 1970-1979, LUMET Sidney, PACINO Al | Pas de commentaires »

Serpico

Inspiré d’une histoire authentique, Serpico n’est pas à proprement parler un film policier. Pas de véritable intrigue, pas même de grands méchants si ce n’est le système policier et judiciaire lui-même, gangrené par la corruption et la violence. Le film de Lumet est un pamphlet d’une grande puissance dénonçant une société où tout ou presque semble totalement pourri.

Surtout, c’est le portrait d’un flic obsédé par l’envie de bien faire. Pas un chevalier blanc, ni un héros décidé à faire le ménage, mais un simple flic écœuré par la corruption qui l’entoure. Il n’a aucune envie de combattre la corruption, ni même de dénoncer les ordures qui l’entourent au quotidien. Mais il ne demande qu’à faire son boulot à la manière qu’il croit juste.

Ce personnage, auquel Al Pacino apporte une intensité hallucinante, est devenu une sorte de mythe. Un repère en tout cas, dans l’histoire du polar américain, qui donnera lieu à des tas de dérivés dans les décennies qui suivent, mais rarement avec cette radicalité là. La plongée de Pacino dans la violence de ce New York d’avant les années 80 n’a jamais rien d’héroïque. Mais c’est aussi une plongée en obsession, glaçante et sans retour.

Pacino, habité, est absolument formidable. Pas encore cabot comme il le deviendra trop souvent plus tard, il trouve l’un de ses très grands rôles, un an après Le Parrain (et vingt ans avant L’Impasse, dont la scène d’ouverture ressemblera étrangement à celle de Serpico).

Tout n’est pas parfait dans Serpico. La musique, étonnante, est ainsi omniprésente et finit par agacer. Mais Lumet change pour de bon l’image du polar new-yorkais, qui ne sera jamais plus vraiment le même.

Panique à Needle Park (The Panic in Needle Park) – de Jerry Schatzberg – 1971

Posté : 14 juillet, 2016 @ 8:00 dans 1970-1979, PACINO Al, SCHATZBERG Jerry | Pas de commentaires »

Panique à Needle Park

30 ans, quasi-débutant au cinéma (on ne l’avait vu que dans l’obscur Me Nathalie deux ans plus tôt), mais déjà auréolé d’une belle réputation au théâtre, Al Pacino crevait l’écran avec ce rôle de junkie rencontrant l’amour à « Needle Park » (le parc de l’aiguille), quartier new-yorkais où se côtoient tous les drogués et tous les paumés de Big Apple.

A le voir ici, on comprend bien pourquoi Coppola va se battre pour l’imposer dans Le Parrain : charisme, force tranquille, douleur intérieure… Bobby est peut-être à mille lieues de Michael Corleone, mais sa manière d’aborder le rôle est bien là. Et ce naturel époustouflant qui permet à Pacino de jouer sur tous les registres dans un même mouvement. L’acteur absolu de ce Nouvel Hollywood qui commence.

Avec ce film, Schatzberg rompt radicalement avec la tradition hollywoodienne de la décennie précédente, en imposant un réalisme nouveau. C’est une fiction, bien sûr, mais on n’est pas loin du cinéma vérité. Tourné à « Needle Park », mettant en scène d’authentiques drogués (avec quelques gros plans de piquouzes difficilement supportables), parfois filmés à leur insu, Panique… est sans doute le premier film totalement convaincant sur la drogue et ses ravages, parce que c’est une authentique immersion qu’il nous propose.

Une immersion glauque, sans concession, et sans forcer la charge non plus. Les personnages que filme Schatzberg sont des paumés, aux errances pathétiques. Mais ce sont aussi des êtres attachants. Imaginer une vraie histoire d’amour au-milieu de ça n’y change rien : pour vivre avec Bobby, Helen (Kitty Winn, parfaitement en phase avec Pacino) devient addict, elle aussi.

La drogue qui devient une obsession de chaque instant, qui dévore tout… Sur l’affiche du film, en lettres plus grandes que le titre, il est écrit « God help Bobby and Helen ». Et c’est exactement ce que l’on ressent : cette envie que le destin les aide à sortir de cet engrenage. Le plus douloureux, ce sont les moments de lucidité teintée de rêve. Comme cette courte journée où les amoureux quittent le macadam, achètent un chien, jouent à une autre vie, et où Helen tente avec un désespoir mou de retarder le retour à la réalité. Déchirant.

* Le film rejoint Body Double et L’Année du Dragon dans la prestigieuse collection « coffret collector ultra limité », regroupant le blue ray, le DVD, de nombreux bonus, et surtout un formidable livre de 200 pages.

Glengarry (Glengarry Glenn Ross) – de James Foley – 1992

Posté : 1 juillet, 2014 @ 8:21 dans 1990-1999, FOLEY James, PACINO Al | Pas de commentaires »

Glengarry

C’est l’une des plus belles distributions de la décennie : Al Pacino, Jack Lemmon, Alan Arkin, Kevin Spacey (encore peu connu), Jonathan Pryce, Ed Harris, Alec Baldwin. Difficile de faire plus prestigieux, pour cette adaptation par l’auteur lui-même d’une pièce assez formidable de David Mamet, qui résonne plus de vingt ans plus tard d’une manière incroyablement actuelle.

Le huis-clos de la pièce est à peu près respecté : le film s’attache à une poignée de vendeurs immobiliers contraints à signer d’importants contrats dans la nuit, s’ils ne veulent pas être renvoyés. Mais pour signer de bons contrats, encore faut-il avoir de bons contacts. Et ces bons contacts prennent la forme de fiches qui, pour eux, sont autant de graals inaccessibles, enfermés dans un coffre, et justement dérobés au cours de la nuit.

Il y a un vrai suspense : qui a volé les fiches ? Mais le film prend surtout le temps de suivre les vendeurs dans leurs approches de clients qui sont en fait des cibles. Prêts à tout pour décrocher la signature synonyme de commissions faramineuses, les vendeurs jouent sur la corde sensible, font mine d’être à l’écoute des problèmes intimes de ceux à qui ils veulent soutirer leur argent coûte que coûte.

Ils ont du charisme et du charme, ces vendeurs au bagout à la sincérité calculée. Ils ont même un côté magnifique, porté par la prestance de comédiens hors normes qui savent donner de la dimension à leurs personnages. Mais d’emblée, lors d’une séquence d’humiliation totale par le représentant de leurs patrons, le masque était tombé : ces vendeurs prêts à tout sont des êtres pathétiques enfermés dans un métier totalement déshumanisé, où seul compte le rendement. Surtout prêts à tout pour sauver leur job et figurer en tête du classement des vendeurs.

Pacino est un peu en roue libre et mâchonne du chewing-gum un peu trop systématiquement (c’est son truc, quand il n’est pas trop bien dirigé), mais il a une présence exceptionnelle. Kevin Spacey, qu’on découvre bien avant American Beauty ou Usual Suspects, est formidable en yes man odieux et pathétique. Ed Harris et Alan Arkin sont eux aussi parfaits en veudeurs en rade qui font face chacun à leur manière à leurs échecs annoncés. Mais c’est surtout Jack Lemmon qui impressionne ici. Formidable en vendeur vieillissant confronté aux fantômes de l’échec et à une vie privée qui semble bien compliquée, l’acteur trouve son dernier très grand rôle, celui d’un homme en fin de course qui se dirige droit vers sa propre fin.

Le scénario est excellent, adaptation fidèle d’une pièce à la puissance assez incroyable, que j’ai pu voir sur la scène du Théâtre du Rond-Point il y a une quinzaine d’années (avec Michel Duchaussoy dans le rôle tenu ici par Lemmon). Mais le film doit tout au scénario et à ses interprètes. Aux commandes, James Foley échoue un peu à en faire une grande œuvre de cinéma, n’échappant jamais aux pièges du théâtre filmé. Dommage : le film est passionnant ; il aurait pu être génial.

88 minutes (id.) – de Jon Avnet – 2007

Posté : 28 mars, 2014 @ 4:05 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, AVNET Jon, PACINO Al | Pas de commentaires »

88 minutes

Pas si mal, ce thriller dont j’avais gardé un souvenir assez médiocre. Bien meilleur, en tout cas, que La Loi et l’ordre, navrant polar également réalisé par Jon Avnet (l’anagramme de « navet », remember ?) avec Pacino, et DeNiro.

Le film souffre quand même par moments du manque d’inspiration du réalisateur, qui fait des purs moments de suspense (la séquence d’ouverture, ou une autre scène dans un appartement dont on se demande s’il est vide ou non) d’interminables accumulations de clichés qui faisaient les belles heures des séries policières des années 70 et 80 style Starsky et Hutch.

Avnet est loin d’éviter tous les clichés. La fin est ainsi tellement attendue qu’elle en devient pénible. Les fausses pistes qui émaillent le film peuvent-elles encore tromper qui que ce soit, alors que le scénario, et la mise en scène, recyclent des recettes éprouvées depuis des décennies ? Par moments, quand même, Avnet dépasse les bornes.

Mais il y a, à côté de ça, des tas de belles idées originales et pertinentes, qui sortent 88 minutes du tout-venant du thriller hollywoodien. Pas le compte-à-rebours, vieux truc rabâché depuis toujours, mais le fait que le héros, Al Pacino, passe une bonne moitié du film l’oreille collée à son téléphone portable. Peu d’action physique, finalement, mais un suspense efficace qui passe essentiellement par ces appels que le psychologue, interprété par Pacino, reçoit à longueur de métrages.

Les « 88 » minutes du titre, c’est le temps qu’il lui reste à vivre, selon les dires d’un mystérieux interlocuteur. Une affirmation, ou une menace, qui pousse Pacino à se méfier de tous, à décortiquer ce qui est sa vie, et à se méfier des multiples femmes qui la peuplent : toutes celles qu’il baise sans vraiment s’en soucier. C’est aussi une particularité du film : faire du héros un queutard vieillissant qui collectionne les conquêtes féminines mais réalise, face à la crise, qu’il ne connaît réellement aucune des personnes qui l’entourent.

Dans le rôle, Pacino n’est pas étonnant comme il peut l’être dans ses grands jours. Mais, même en mode mineur, il est parfait et sort le film de l’anonymat.

Les derniers affranchis (Stand-up guys) – de Fisher Stevens – 2012

Posté : 7 novembre, 2013 @ 10:34 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, PACINO Al, STEVENS Fisher | Pas de commentaires »

Les derniers affranchis (Stand-up guys) – de Fisher Stevens – 2012 dans * Thrillers US (1980-…) les-derniers-affranchis

Voilà un film en demi-teinte, avec beaucoup de bonnes idées, mais aussi des limites qui apparaissent rapidement. Cette virée nocturne de vieux gangsters retirés qui se retrouvent vingt-huit ans après, à la sortie de prison de l’un d’eux, est l’occasion pour Al Pacino, Christopher Walken et Alan Arkin de jouer avec leur âge, sans chercher à s’embellir, mais sans apitoiement non plus.

Entre légèreté et nostalgie, filmé par l’ancien comédien moyen Fisher Stevens, ce baroud d’honneur de vieillards qui renouent avec la folie de leur jeunesse (« en mieux, parce que cette fois on en profite ») le temps d’une nuit qui doit être la dernière (l’un d’eux doit tuer l’autre au lever du jour) donne bien lieu à quelques moments de bravoure : deux-trois coups de feu, une poursuite en voiture, quelques coups de poings bien sentis… Mais l’essentiel est ailleurs : dans la relation de profonde amitié qui unit ces êtres trop habitués à vivre seuls.

Rien de grave ici : le ton est doux-amer, foncièrement léger. Sauf que c’est là que se trouve la principale limite du film : ’humour, globalement, tombe à plat, avec même quelques passages franchement gênants, comme ces vingt premières minutes qui tournent lourdement autour du priapisme d’un Pacino qui s’est bourré de pilules bleues. Pas vraiment drôle, mais vraiment embarrassant.

Mais le duo formé par Pacino (très en forme, mais sans en faire trop comme il en a un peu l’habitude ces dernières années) et Christopher Walken (qui lui ne fait rien, mais semble curieusement revivre derrière son visage fermé) fonctionne parfaitement, rejoints trop brièvement par Alan Arkin, réjouissant.

Ce qui fonctionne le mieux, c’est l’alchimie entre les personnages, et spécialement dans les séquences de déambulation nocturne. Là, côte à côte, ils n’ont besoin de rien dire pour être émouvants.

• Le film de Fisher Stevens n’a pas eu droit à une sortie cinéma, mais est disponible en DVD chez Metropolitan, avec une poignée d’interviews et de featurettes en bonus.

La Loi et l’Ordre (Righteous Kill) – de Jon Avnet – 2008

Posté : 30 juin, 2013 @ 5:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, AVNET Jon, DE NIRO Robert, PACINO Al | Pas de commentaires »

La Loi et l'Ordre (Righteous Kill) - de Jon Avnet - 2008 dans * Thrillers US (1980-…) la-loi-et-lordre

Je ne sais plus quel critique a souligné le premier que Avnet était l’anagramme de navet. Un peu facile, oui, mais faut reconnaître que le réalisateur n’est pas un auteur, et qu’il a une fâcheuse tendance à creuser des sillons déjà bien profonds. Ce qui n’est pas si grave, puisque ses films ne sont pas pires que le tout venant hollywoodien.

Sauf qu’avec La Loi et l’Ordre, Avnet mérite d’être giflé en place publique. Cette énième histoire de tueur en série, faux remake de Magnum Force, ne repose que sur une seule idée et une seule envie : réunir vraiment DeNiro et Pacino, en les filmant côte à côte comme ils ne l’avaient jamais été auparavant.

C’est un peu mince, surtout que pour arriver à ça, le film film emprunte les pires sentiers battus : un polar, bien sûr, bourré de clichés et franchement fatiguant, plein de ces effets tape-à-l’œil que l’on retrouve d’une production à l’autre, et avec des personnages qui frôlent le ridicule. La pauvre Carla Gugino, par exemple, est réduite à jouer une fliquette nympho excitée par la violence…

DeNiro et Pacino, versions parodiques d’eux-mêmes, ont à peu près trente ans de trop pour leurs rôles. Difficile de les imaginer comme des superflics. Difficiles, même, de les imaginer comme des super-acteurs : livrés à eux-mêmes, ils grimacent et cabotinent comme dans leurs pires prestations de ces dernières années. Triste…

Pourtant, c’est leur âge avancé qui sauve (un peu) le film. Parce qu’on sent derrière ces flics en bout de course un mélange d’urgence et de frustration, et l’absence de meilleurs lendemains les rend émouvants. A condition d’être particulièrement tolérants et de chercher au-delà des ambitions du réalisateur…

Un conseil, quand même, pour les nostalgiques de DeNiro et Pacino : mieux vaut se replonger dans le fameux fondu-enchaîné du Parrain 2, ou dans les champs/contre-champs de Heat. Deux occasions nettement plus enthousiasmantes de voir ces deux immenses acteurs partager l’écran.

Heat (id.) – de Michael Mann – 1995

Posté : 5 décembre, 2012 @ 4:46 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, DE NIRO Robert, MANN Michael, PACINO Al | Pas de commentaires »

Heat 1

La scène la plus attendue de Heat – le fameux face-à-face entre Pacino et DeNiro, attendu depuis plus de vingt ans, depuis ce mythique fondu-enchaîné qui faisait se croiser les deux acteurs dans Le Parrain 2 – est forcément la scène la plus décevante de ce monument du polar moderne. Parce que Mann se contente de champs / contre-champs d’abord, et puis parce que le dialogue, tendu et pourtant complice, laisse comme un arrière-goût d’inachevé…

Mise à part cette frustration, Heat est une merveille, un pur Mann, remake d’un téléfilm tourné dans les années 80 (L.A. Takedown) par Mann lui-même, et précurseur de ses grands chefs d’œuvre à venir : le personnage de DeNiro évoque le Tom Cruise de Collateral, pour ses méthodes et sa capacité à ne s’attacher à rien, mais aussi le Dillinger de Public Enemies pour son sens de l’honneur d’un autre temps.

De la même manière, le rapport entre le gangster DeNiro et le flic Pacino, mélange de détermination et de respect mutuel, évoque Dillinger/Purvis ou Cruise/Foxx.

Moins épuré que Collateral, moins flamboyant que Public Enemies, moins trouble que Miami Vice, Heat est loin d’être un brouillon, même si Mann reprendra, et améliorera, nombre d’éléments que l’on y trouve. Sa manière, si unique, de filmer la ville la nuit, par exemple, déjà magnifique par moments (la première soirée entre DeNiro et sa petite amie, sur la terrasse surplombant L.A., est superbe) sera encore sublimée dans ses films « numériques », Collateral et Miami Vice.

Mais Heat reste le grand œuvre de Mann, son film le plus ambitieux sur le plan humain. Jamais avant, et jamais depuis (jusqu’à présent) il n’a pris à ce point le temps de s’intéresser à ses personnages, leur réservant à chacun de longues séquences fortes et intimes. C’est d’ailleurs le plus long de ses films.

Heat 2

Heat est d’une noirceur, et d’une tristesse, abyssales. Et le fait qu’on entre à ce point dans l’âme des personnages renforce l’impact des quelques accès de violence. Surtout que Mann leur donne une tension extrême. A l’image de la fameuse fusillade dans les rues de L.A. après le braquage de la banque. Rarement une fusillade au cinéma aura été aussi tendue que celle-ci.

Ce n’est pas dans les dialogues que Heat est le plus fort. Mann est avant tout un cinéaste visuel, et ses seules images en disent bien plus sur ses personnages que n’importe quel discours. DeNiro qui réalise en pleine soirée avec ses amis, tous en couple, qu’il ne pense qu’à cette jeune femme qu’il vient de rencontrer ; Pacino qui sert violemment contre lui la mère d’un enfant assassiné, comme s’il voulait faire siennes toutes les douleurs de la ville ; Val Kilmer jetant un ultime regard à la femme qu’il aime (Ashley Judd)… Les moments les plus forts de Heat sont pour la plupart totalement dénués de paroles. Pas besoin de ça pour plonger au cœur de l’âme tourmentée de ces personnages.

Pacino et DeNiro, qui jouent au jeu du chat et de la souris, sont à la fois des opposés et des êtres semblables. Chez Mann, depuis Le Sixième Sens, le Bien a souvent tendance à se confondre avec le Mal. L’un comme l’autre, par leur choix de vie, sont condamnés à se couper du monde. « Je ne suis solitaire, je suis seul », lance un DeNiro particulièrement taiseux. Lorsque enfin ils se trouvent pour l’affrontement final, ils sont l’un comme l’autre plus seuls que jamais.

Un Flic pour cible (The Son of no one) – de Dito Montiel – 2011

Posté : 20 août, 2012 @ 10:22 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, MONTIEL Dito, PACINO Al | Pas de commentaires »

Un Flic pour cible (The Son of no one) – de Dito Montiel – 2011 dans * Thrillers US (1980-…) un-flic-pour-cible

Bon sang, quell casting : Juliette Binoche, Ray Liotta et Al Pacino à l’affiche d’un même film. De quoi donner bien des envies, même si le titre français laisse penser qu’il s’agit là de l’un de ses polars sans grand relief dans lesquels le grand Al, dont les trente premières années au cinéma constituent quand même un quasi-sans faute (allez donc vérifier ça sur imdb, c’est assez impressionnant !), a trop facilement tendance à se laisser enfermer depuis quelque temps (88 minutes, La Loi et l’ordre… pas flambant tout ça).

Alors ? Eh bien le titre français est stupide, conçu pour attirer un public adolescent qui, forcément, sera déçu par un film noir presque totalement dépouillé d’action. Quant au casting, il est certes impressionnant, mais tous les grands noms sont cantonnés à des seconds rôles sans grande envergure. Alors oui, c’est toujours un plaisir de voir le grand Al, mais il faut bien reconnaître qu’il n’est que l’ombre de lui-même dans un rôle à peine ébauché et limite caricatural. Il est plutôt sobre pourtant, mais sans rien à jouer, il ne fait pas de miracle.

Même chose pour Juliette Binoche dont on se demande bien ce qu’elle fait là. Dans un rôle totalement transparent (et pour le coup carrément caricatural) de journaliste d’investigation, elle ne risquait pas d’obtenir un second Oscar. Seul Ray Liotta tire assez bien son épingle du jeu, mais dans un emploi qu’il connaît par cœur, sans grande nuance et sans surprise.

De toute façon, ces trois-là (et aussi Katie Holmes, transparente comme toujours) se contentent de petits rôles. Le « son of no one » du beau titre US est joué par Channing Tatum, tout en intériorité. C’est d’ailleurs l’un des rares personnages vraiment intéressant de ce film étrange et mélancolique, réflexion sur les souvenirs, l’héritage et l’enfance perdue. Jeune flic affecté au même commissariat que son père, mort des années auparavant, il y est confronté aux fantômes de son passé par le biais de lettres anonymes qui l’accusent d’un mystérieux crime…

Dito Montiel ne manque pas d’ambition. Son film, entrecoupé de nombreux flash-backs qui ne révèlent le mystère qu’avec parcimonie, évite consciencieusement tout effet spectaculaire dans sa partie « contemporaine ». De la même manière, tous les acteurs affichent une espèce d’apathie et jouent en retrait sans jamais jouer la surenchère. Il réussit à instaurer une ambiance pesante et une souffrance lancinante très marquantes. Dommage que les seconds rôles soient si peu développés…

Bobby Deerfield (id.) – de Sydney Pollack – 1977

Posté : 25 mai, 2011 @ 3:40 dans 1970-1979, PACINO Al, POLLACK Sydney | Pas de commentaires »

Bobby Deerfield

Sur le papier, cette histoire d’amour représente le point culminant du mélodrame sirupeux. Un homme ne vivant que pour sa carrière (il est champion de course automobile), et passant totalement à côté de la vraie vie, insensible aux ravages qu’il peut faire autour de lui, trouve le grand amour auprès d’une jeune femme étrange qui elle est pleine de vie, et va lui apprendre à sortir de sa coquille, et à se révéler enfin à lui-même. Mais cette jeune femme pleine de vie est en phase terminale…

Sur le papier, donc, il y a des relents de Love Story qui m’auraient fait fuir sans me retourner si le film n’était pas une adaptation d’un roman d’Erich Maria Remarque, et qu’il ne marquait l’unique collaboration entre Al Pacino et Sydney Pollack. Comme on pouvait s’y attendre, Pollack évite soigneusement tous les pièges du mélo, et va même ouvertement dans la direction opposée, signant un film curieusement froid et dépassionné. C’est à la fois sa force et sa limite : sa force, parce que le film est à l’image de ce Bobby Deerfield, interprété avec beaucoup de retenue par Pacino ; et sa limite, parce qu’on a tendance à adopter le même comportement, lointain et distant.

Heureusement, il y a le personnage de Marthe Keller, dont on se demande si elle est folle ou seulement assoiffée de vie. Sa rencontre un Pacino qui pourrait être son double négatif est passionnante. Le film ne ressemble à vrai dire à aucun autre. Tantôt passionné, tantôt glacé. C’est la rencontre de deux êtres radicalement opposés, mais attirés par leurs douleurs respectives. C’est l’histoire d’un homme qui laisse sa vie s’envoler, sauvé par une femme qui ne peut rien faire pour retenir la sienne.

La séquence, scène de ménage d’une triste banalité, au cours de laquelle Pacino/Deerfield apprend de la bouche de sa petite amie (notre Anny Duperey) que la jeune femme dont il est tombé amoureux est mourante, est d’une beauté sidérante, d’une simplicité absolue, mais bouleversante. Le regard paniqué de Pacino, décidément immense, fait plonger en un éclair le film dans une autre dimension. Lui en a finit de passer à côté de sa vie ; le film devient alors solaire, et beau à pleurer.

City Hall (id.) – de Harold Becker – 1995

Posté : 24 mars, 2011 @ 12:14 dans 1990-1999, BECKER Harold, PACINO Al | Pas de commentaires »

City Hall

Entre deux nanars (Malice et Code Mercury, tous deux avec Alec Baldwin), Harold Becker signe cet excellent thriller politique qui nous plonge au cœur du city hall de New York. La figure centrale de ce film n’est autre que le maire de la « grosse pomme », présenté comme un grand maire, et un grand homme tout court. Et ça fait du bien : le propos est sans doute un peu naïf, et les personnages caricaturaux, mais le sujet est passionnant. Dommage d’ailleurs, qu’un rebondissement final téléphoné vienne gâcher un peu la fin du film : City Hall n’avait pas besoin de ça, la découverte des coulisses du pouvoir est suffisamment passionnante sans avoir à en rajouter.

C’est réellement les coulisses du pouvoir que l’on découvre ici : les journées interminables du maire et de son bras droit, jeune homme brillant totalement dévoué à son patron, qui s’apparente à une sorte de double bénéfique, homme de l’ombre quasiment aussi puissant que le maire. Ce jeune homme dénué de vie privée et d’ambition personnelle, c’est John Cusack, omniprésent à l’écran, mais curieusement en retrait par rapport au maire, interprété par un Al Pacino en grande forme. Lui n’est pas de toutes les scènes, mais son charisme bouffe l’écran, et sert parfaitement ce « grand maire », orateur génial et homme au grand cœur, dont on ne doute jamais de la sincérité, même quand il s’invite à l’enterrement d’un petit garçon noir, sortant un discours populiste et grandiloquent devant un auditoire d’abord hostile, mais rapidement séduit.

C’est too much, souvent, sans doute. Mais c’est aussi passionnant, et mené comme un thriller. Et puis le scénario (auquel Paul Schrader a participé), malin et intelligent, dévoile une grande violence qui se cache derrière les visages bienveillants des hommes politiques ; des liens discrets mais étroits entre les responsables politiques et la mafia new-yorkaise ; et des décisions cruciales qui se prennent dans les coulisses d’un opéra, ou dans l’arrière-salle d’un restaurant… Les non-dits sont omniprésents, le discours politique est souvent opaque et à double-tranchant, mais le propos est vraiment passionnant, et Harold Becker se révèle (comme dans Sea of Love, déjà avec Pacino) un excellent conteur.

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