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Archive pour la catégorie 'NEWMAN Paul'

Luke la main froide (Cool Hand Luke) – de Stuart Rosenberg – 1967

Posté : 23 septembre, 2018 @ 8:00 dans 1960-1969, NEWMAN Paul, ROSENBERG Stuart | Pas de commentaires »

Luke la main froide

Quinze ou vingt ans que je n’avais pas vu ce film, qui avait bercé ma prime cinéphilie. Et, bonheur ! Je le redécouvre avec la même émotion, et le même plaisir immense.

Cool Hand Luke est, définitivement, un film magnifique, et peut-être le plus beau rôle de Paul Newman. Le plus iconique en tout cas. Jamais sa cool attitude légendaire, cette nonchalance apparente cachant un mal-être évident, n’ont été aussi bien utilisés que dans ce petit chef-d’œuvre.

D’un strict point de vue visuel et de rythme, le film est une merveille. Stuart Rosenberg, en état de grâce, enchaîne les plans superbes, sublimant une nature immense et pourtant austère, parfait contrepoint à la situation des personnages.

Des prisonniers, donc, purgeant des peines très variées pour des méfaits très divers. Newman, lui, a décapité des parcmètres un soir de beuverie, espèce de double tragique de son personnage dans Cat on a hot tin roof. Un jeune homme désœuvré, perdu entre l’enfance et l’âge adulte, souffrant d’une jeunesse gâchée, et confrontée à la barrière cruelle des générations. « What we’ge got, here, is failure to communicate » : cette phrase lancée par le gardien en chef illustre bien cette barrière.

Parenthèse dans un film presque exclusivement masculin, la rencontre avec Arletta, la mère crevarde, est l’une des plus belles scènes de toute la filmographie de Newman, un moment absolument bouleversant qui vous tire des larmes qui n’en finissent plus de couler.

Il y a des tas de moments inoubliables, comme ça. L’incroyable scène du gobage des œufs, la sublime scène du deuil, l’affrontement homérique avec George Kennedy (formidable), brute qui réalise peu à peu l’absurdité de sa posture…

Autant de moments qui soulignent les difficultés du rapport à l’autorité, de la maturité… Ce personnage de Luke est inoubliable, symbole d’une certaine idée de la liberté, face à une société répressive et liberticide. Un acteur en état de grâce, dans un film magnifique.

La Chatte sur un toit brûlant (Cat on a hot tin roof) – de Richard Brooks – 1958

Posté : 15 juillet, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, BROOKS Richard, NEWMAN Paul | Pas de commentaires »

La Chatte sur un toit brûlant

« What we’ve got here is failure to communicate… » La célèbre réplique de Luke la main froide aurait pu s’appliquer à cette sublime adaptation d’une pièce de Tennessee Williams, peut-être le sommet de la carrière d’Elizabeth Taylor. Et de Paul Newman d’ailleurs, dont le rôle dans Luke… sera une sorte de prolongement.

La moiteur, le mal-être, la cruauté, le désir contrarié, le besoin d’amour… Richard Brooks signe un film vraiment magnifique, déchirant et troublant, qui respecte les codes du théâtre (unité de lieu, de temps) tout en étant une grande oeuvre cinématographique : la caméra est évidemment importante, tout comme la construction des plans et le montage, chaque détail se conjuguant pour creuser la psyché de ces personnages abîmés.

Un exemple, simple et beau : Newman, qui repousse les avances de Liz, sa femme dont il ne supporte plus les attentions, avant de se réfugier derrière la porte de la salle de bain où il se laisse brièvement aller au contact de la nuisette de la jeune femme. En quelques secondes, le drame qui se noue au sein de ce couple malade prend une dimension inattendue, bouleversante.

Liz Taylor, douloureusement sexy, est magnifique. Paul Newman, fermé et mutique durant une grande partie du film, est d’une intensité incroyable. Burl Ives, monstre plein de fêlures, est impressionnant. La caméra passe de l’un à l’autre pour dresser une sorte de portrait multiple de l’incapacité à partager ses sentiments pour affronter la vie. « J’ai le courage de mourir, auras-tu celui de vivre ? » lance le père à son fils.

De la très belle pièce de Tennessee Williams, Brooks tire un authentique chef d’oeuvre : c’est avant tout le parcours intérieur de Brick, le fils en quête d’amour, rongé par la culpabilité et le dégoût de soi-même. C’est l’histoire d’un fils qui peine à s’accepter en tant qu’homme, à accepter ce que les autres lui offrent : le long chemin vers la paix, qu’il finira par trouver au cours d’un face-à-face père-fils d’une beauté renversante.

Ce film, je l’aimais déjà passionnément quand j’étais adolescent. Des années après, il garde la même force et la même beauté. Le même trouble aussi, fascinant mystère autour de cet ami suicidé dont l’évocation ne fait qu’effleurer une homosexualité latente pourtant bien présente. Paul Newman est un homme perdu qui peine à se trouver. Sa quête de lui-même est magnifique.

L’Arnaqueur (The Hustler) – de Robert Rossen – 1962

Posté : 5 septembre, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, NEWMAN Paul, ROSSEN Robert | Pas de commentaires »

L'Arnaqueur

Paul Newman disait en 1987, lorsqu’il reprenait le rôle d’Eddie Felson dans La Couleur de l’Argent, que c’est dans le beau film de Martin Scorsese qu’il se trouvait pour la première fois bon acteur. Un signe flagrant d’autoflagellation très injustifié. Parce que même si c’est avec sa suite tardive, vingt-cinq ans plus tard, que Newman décrochera l’Oscar, il est absolument magnifique dans le film de Robert Rossen, superbe portrait d’un pur looser.

Et il fallait un interprète habité pour ce rôle, variation sur fond de billard de Sang et Or, le sublime « film de boxe » que Robert Rossen avait réalisé avec John Garfield, autre looser magnifique du cinéma américain. Comme pour la boxe, Rossen filme d’une manière incroyablement dynamique les innombrables parties de billard qui émaillent le film. Non comme de simples interludes, mais comme autant de marches (vers le haut ou vers le bas ?) dramatiquement franchies par Felson/Newman.

L’atmosphère est purement fascinante, grâce aussi à une photo sublime et à une interprétation de première classe : Piper Laurie en alcoolique paumée, à des années lumière de ses fantaisies des années 50, et Jackie Gleason dans le rôle du rival dont la superbe tranche cruellement avec l’attitude autodestructrice de Newman. Le regard désolé qu’il porte à ce dernier, qui se laisse entraîner par son obsession, est un grand moment de cinéma.

Détective privé (Harper) – de Jack Smight – 1966

Posté : 20 mai, 2016 @ 8:00 dans * Polars US (1960-1979), 1960-1969, NEWMAN Paul, SMIGHT Jack | Pas de commentaires »

Détective privé

Il en fait des tonnes, Paul Newman, surjouant sa cool attitude, cette non-chalance travaillée qui fait son incroyable charme. D’un autre acteur, ce serait insupportable. Mais lui a cette classe folle et une ironie teintée d’autodérision qui emportent l’adhésion. Et tout spécialement dans ce film noir qui sonne très sixties, mais dont le scénario semble tiré d’une armoire laissée fermée pendant vingt ans…

Plus que l’intrigue gentiment tarabiscotée, ses faux-semblants et ses innombrables rebondissements, c’est cette impression que Jack Smight filme un scénario de la grande époque du noir qui fascine et séduit. Sur le papier, Harper, adaptation d’un roman de Ross MacDonald, aurait pu être une sorte de double du Grand Sommeil. A l’écran, le résultat est pourtant radicalement différent. Et dans cette différence, c’est toute l’évolution du cinéma de genre américain qui apparaît.

Pas forcément toujours pour le meilleur : il manque au film de Smight la suprême atmosphère de celui de Hawks. Mais la référence est flagrante, jusqu’à la participation de Lauren Bacall, flanquée d’une jeune femme un rien névrosée (sa belle-fille ici, et plus sa sœur). Quant à Newman, il est une sorte de version années 60 du privé à la Bogart. Donc très différent : filmé dans son terne quotidien (la scène d’ouverture), prêt à implorer sa femme (Janet Leigh) de ne pas le quitter, et passant le plus clair du film à se prendre des coups…

La comparaison pourrait être écrasante, mais Smight a l’intelligence de faire le film à sa manière. Avec un grand sens du rythme et de la dérision, et même une certaine élégance. A tel point qu’on aurait presque souhaiter voir Newman et Smight s’atteler réellement à un remake du Grand Sommeil. Un remake qui sera bel et bien réalisé quelques années plus tard, mais par un tâcheron et sans éclair de génie. Quant à Newman, il retrouvera le rôle de Harper neuf ans plus tard dans La Toile d’araignée qui, non, n’est pas le remake du film noir homonyme des années 50… avec Lauren Bacall.

Butch Cassidy et le Kid (Butch Cassidy and the Sundance Kid) – de George Roy Hill – 1969

Posté : 27 janvier, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, HILL George Roy, NEWMAN Paul, WESTERNS | Pas de commentaires »

Butch Cassidy et le Kid

Ce premier film réunissant Newman et Redford a à peu près les mêmes qualités et les mêmes défauts que dans son « double » au royaume des gangsters, L’Arnaque, que le même George Roy Hill réalisera avec le même tandem et dans le même esprit. Dans les deux cas, il s’agit d’un hommage tantôt rigolard, tantôt sombre, à un genre fondateur du cinéma américain: le film de gangster là, le western ici.

Un hommage d’une sincérité qui force le respect, mais tellement respectueux qu’il en devient trop lisse, trop poli. Plutôt que de donner un nouveau souffle au genre, comme d’autres cinéastes le font à cette époque (Leone en Italie, Peckinpah aux States), Hill choisit une approche qui le rapproche davantage du pastiche.

George Roy Hill est un cinéaste très ambitieux. Dès le générique, son amour du genre et des figures fondatrices de l’Amérique est flagrante, avec cette série d’images en noir et blanc qui renvoient directement au cinéma primitif. Mais il lui manque une pointe de génie et de folie, et il manque au film ce souffle qui ne revient que dans une poignée de scènes: le premier tué de Butch Cassidy, et surtout l’inoubliable mort des deux héros en Bolivie.

Butch Cassidy et le Kid est un film agréable et plaisant comme l’hommage vibrant qu’il est. Mais il manque à cette grosse production cette étincelle que l’on retrouve dans la plupart des séries B que produisait la Universal à la pelle dans les années 50.

Mais il y a Redford et Newman. Entre eux, l’alchimie est parfaite. C’est à eux que le film doit sa renommée, à la magie qui se produit lorsque ces deux-là partagent l’affiche. Dans L’Arnaque, ces moments seront finalement assez rares. Dans Butch Cassidy, le duo fonctionne à plein régime. Et même lorsqu’il ne se passe rien, il se produit quelque chose entre eux. La magie du cinéma.

Quintet (id.) – de Robert Altman – 1979

Posté : 26 février, 2015 @ 5:44 dans 1970-1979, ALTMAN Robert, FANTASTIQUE/SF, NEWMAN Paul | Pas de commentaires »

Quintet

L’unique incursion d’Altman et de Newman dans la science-fiction est une œuvre d’un pessimisme et d’une noirceur extrêmes, un film post-apocalyptique à peu près totalement dénué d’espoir… à l’exception de l’apparition fugitive d’une simple oie sauvage survolant les étendues glacées de ce monde mort.

Dans cette micro-société installée dans les ruines d’une ville prise dans la glace, les derniers vestiges d’humanité et de société explosent littéralement devant la caméra d’Altman, et l’avenir avec. Le monde que le cinéaste décrit est terrifiant : recouvert de neige et de glace, où la notion de famille et d’amitié a disparu, ou plus personne ne naît, ou les cadavres sont laissés aux chiens qui rodent comme les vautours dans un ancien temps dont personne ne semble se souvenir… une sorte de dernier carré désabusé qui attend la fin de l’humanité comme une délivrance.

Un film glacial dans tous les sens du terme, pas loin de l’abstraction, entièrement basé sur un jeu totalement obscur, dont la vérité cachée ne sera dévoilée qu’à la fin du film, sans qu’elle apporte grand-chose d’ailleurs.
Scénar un peu léger quand même, et musique pas toujours très inspirée. Mais Altman, en choisissant le dépouillement et la quasi-absence de couleur (seul le rouge du sang vient percer le blanc omniprésent), réussit à instaurer une ambiance assez fascinante.

Le cinéaste retrouve étrangement des motifs qu’il avait déjà utilisés dans John McCabe, western lui aussi pessimiste mais nettement moins austère : la neige, le jeu comme refuge, l’homme traqué… Dans le rôle principal, Paul Newman en fait tellement peu qu’il est formidable, tout comme Bibi Andersson, qui apporte une vraie complexité à un personnage sans grande vie apparente.

• Le film est édité en DVD dans la collection Universal Classics.

L’Arnaque (The Sting) – de George Roy Hill – 1973

Posté : 15 octobre, 2014 @ 1:36 dans 1970-1979, HILL George Roy, NEWMAN Paul | Pas de commentaires »

L'Arnaque

Après le western, le film de gangster. Cinéaste attitré de Paul Newman et Robert Redford, qu’il a été le seul à réunir, et qu’il a également dirigé seuls (La Kermesse des aigles pour Redford, La Castagne pour Newman), George Roy Hill reforme le tandem mythique de Butch Cassidy et le Kid, et l’alchimie entre ces deux-là est toujours aussi magique… lorsqu’ils sont effectivement réunis à l’écran.

C’est l’une des deux grandes limites du film : Redford et Newman ont bien quelques scènes en commun, mais la plupart du temps assez anecdotiques. Les moments les plus forts du film ne reposent quasiment jamais sur la complicité manifeste des deux stars, mais sur l’un ou l’autre, alternativement. Le tandem semble ainsi se passer le relais à plusieurs reprises tout au long du film, plutôt que vraiment se donner la réplique.

L’autre limite, c’est l’application extrême que met Hill à recréer l’époque des années 30. La reconstitution est belle, bluffante même. Les décors et les costumes sont parfaits, les personnages semblent bel et bien sortis d’un film de gangster des années 30, et une musique bien d’époque omniprésente souligne le moindre rebondissement. Mais tout cela paraît hyper soigné, et manque tellement de vie. Le découpage en chapitres semble n’exister que pour préciser que tout cela n’est qu’un grand livre d’images. Un pastiche appliqué, l’œuvre d’un réalisateur qui l’a toujours été, appliqué, mais sans une vraie personnalité.

Cela dit, cette immense arnaque à tiroirs et pleine de faux semblants, que n’aurait pas renié David Mamet, reste un film léger et profondément réjouissant. Et on prend un plaisir fou à voir les deux stars monter leur arnaque et tromper leur monde. Et nous tromper nous-mêmes, spectateurs et victimes consentantes. Un plaisir frustrant certes, mais un plaisir gourmand quand même…

Le Verdict (The Verdict) – de Sidney Lumet – 1982

Posté : 7 août, 2013 @ 3:28 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, LUMET Sidney, NEWMAN Paul | Pas de commentaires »

Le Verdict (The Verdict) – de Sidney Lumet – 1982 dans * Thrillers US (1980-…) le-verdict

La justice est omniprésente dans l’œuvre de Lumet, qui a réussi tout au long de sa carrière à revenir régulièrement dans les salles d’audience tout en se renouvelant constamment. Loin du huis-clos de son premier film, 12 hommes en colère (deux des jurés, Jack Warden et Ed Binns, font d’ailleurs partie de la distribution de The Verdict), tourné vingt-cinq ans plus tôt, ce film passionnant co-écrit par David Mamet est le portrait d’un avocat raté et alcoolique qui semble tout droit sorti d’un roman noir.

C’est un rôle en or, que quelques grands noms ont pourtant refusé : Redford surtout, peu enclin à interpréter un type aussi peu séduisant que ce poivrot queutard et adepte de l’apitoiement sur soi-même. Paul Newman, son ancien complice de Butch Cassidy et de L’Arnaque, lui, n’a jamais eu peur d’abîmer son image. Et il livre ici l’une des grandes interprétations de sa carrière.

Fatigué et immature à la fois, Newman est grand, faisant de son personnage un vrai minable qui semble s’écœurer lui-même. On le découvre, avocat ayant perdu toute ambition, squattant les salons funéraires pour inciter les familles dans le deuil à l’engager pour poursuivre d’éventuels responsables. On le voit traîner sa médiocrité dans les bars, draguant et s’alcoolisant auprès de compagnons de beuverie dont il ne connaît sans doute même pas les noms.

Pour que ce type franchement méprisable se prenne enfin en main, il faudra la « rencontre » avec pire que lui : une jeune femme plongée dans un coma dont elle ne peut, elle, pas se sortir. Dès lors, le grand procès qui va suivre, où il jouera le rôle de David contre un Goliath tout puissant (l’Eglise), sera pour lui le seul chemin de la rédemption.

Jamais Lumet ne tombe dans la caricature ou dans la facilité. L’avocat joué par Newman ne devient pas un chevalier blanc, mais reste ancré dans sa solitude (malgré sa rencontre avec une charmante Charlotte Rampling) et son égoïsme. Cette croisade qu’il mène devant la justice, il l’a fait au moins autant pour lui-même que pour la victime, conscient qu’il s’agit là de sa dernière chance.

Face à lui, il retrouve un brillant avocat, à la tête d’un grand cabinet parfaitement organisé et respecté de tous. C’est James Mason (à qui il s’était déjà frotté dans Le Piège, dix ans plus tôt), l’exact inverse de ce que lui est devenu.
Lumet réussit sur tous les tableaux : dans le portrait de ce type qui s’est enfermé dans sa solitude, et dans la figure plus attendue du film de procès, genre à part entière du cinéma américain dont il respecte tous les codes avec une grande efficacité.

Un peu trop vite considéré comme un film mineur du cinéaste, Le Verdict est une grande réussite. Il vaut aussi le coup d’œil pour une curiosité : il s’agit de l’un des premiers films du jeune Bruce Willis. Pas encore révélé par la série télé Clair de Lune, l’apprenti comédien est l’un des figurants présents (longuement) dans le public de la salle de tribunal. Il n’est qu’une silhouette muette. Une quinzaine d’années plus tard, il retrouvera Newman dans Un homme presque parfait, de Robert Benton.

• Belle qualité d’image pour le blue ray « collector » édité chez Fox. Un bel objet riche en bonus (que je n’ai hélas pas pu visionner).

Le Piège (The Mackintosh Man) – de John Huston – 1973

Posté : 2 juin, 2013 @ 6:28 dans * Polars US (1960-1979), 1970-1979, HUSTON John, NEWMAN Paul | Pas de commentaires »

Le Piège (The Mackintosh Man) – de John Huston – 1973 dans * Polars US (1960-1979) le-piege

Film de genre, oeuvre sans doute mineure dans la filmographie de Huston, The Mackintosh Man est un thriller assez formidable, que le cinéaste réussit constamment à sortir des sentiers battus.

Le scénario, signé Walter Hill, est excellent, ménageant mystère et suspense. Newman interprète un espion chargé d’une mission très particulière : se faire condamner à une lourde peine de prison, dans le but d’infiltrer une organisation criminelle qui a mis au point un réseau d’évasion.

Mais Huston magnifie ce scénario original et efficace, en prenant systématiquement le contre-pied du film d’espionnage. Paul Newman n’a pas grand-chose d’héroïque, le « méchant » James Mason est charmant, et Dominique Sanda, le quota charme du film, est absolument glaciale. Le film excelle aussi par l’utilisation des décors, exceptionnelle et originale.

Les marécages d’Irlande dans une séquence d’évasion inoubliable et étonnante. Le plan où Paul Newman quitte la maison en feu et se dirige droit vers ces marécages barrés jusqu’à l’horizon de murs de pierres est inoubliable.
Dans ce film de genre, Huston excelle à créer des atmosphères, des ambiances. La longue séquence qui se déroule dans un petit village d’Irlande est incroyablement vivante.

Les séquences londoniennes, plus anecdotiques, n’en sont pas moins très réussies, grâce là encore à l’utilisation des décors : un marché à ciel ouvert, une station de métro, le Parlement… Autant de décors très british dont Huston fait des personnages à part entière, qui donnent le ton de chaque scène.

Changement d’ambiance, encore, avec le dénouement à Malte, île de rêve et de danger qui, pour les amateurs de Huston et de son premier film, évoque forcément beaucoup de choses.

Le Rideau déchiré (Torn Curtain) – d’Alfred Hitchcock – 1966

Posté : 22 septembre, 2012 @ 12:44 dans * Polars US (1960-1979), 1960-1969, HITCHCOCK Alfred, NEWMAN Paul | Pas de commentaires »

Le Rideau déchiré (Torn Curtain) – d’Alfred Hitchcock – 1966 dans * Polars US (1960-1979) le-rideau-dechire

OK, le couple Paul Newman / Julie Christie ne fonctionne pas vraiment. OK, on a un peu de mal à voir le scientifique qui se cache derrière la mâchoire carrée de Newman. Et OK, on sent bien que Hitchcock ne filme pas ses acteurs avec autant de passion que lorsqu’il filmait Cary Grant et Grace Kelly. Et pour cause, les deux stars maisons ont été imposées à un réalisateur éprouvé par l’échec de Marnie, par les pontes de Universal. Julie Christie, surtout, ne correspond vraiment pas à l’image de la blonde hitchcockienne, sophistiquée et sauvage à la fois, et pleine de mystères.

Mais ces réserves mises à part, Torn Curtain est loin d’être le ratage que l’on dit souvent. Le film marque le retour au thriller d’espionnage pour Hitchcock. Mais La Mort aux trousses est passée par là, et le résultat n’a pas grand-chose à voir avec les grands films du genre qu’il a réalisés dans les années 30 ou 40. De fait, on retrouve ici nombre d’éléments qui semblent tout droit sortis de son chef d’œuvre de 1959 : les plans très larges dans les champs entourant Berlin rappellent ceux qui ont vu Cary Grant affronter le fameux avion ; les héros piégés dans une salle de spectacle bondée évoquent la scène des enchères de North by Northwest

Surtout, l’époque de la seconde guerre mondiale est révolue. En pleine guerre froide, Hitchcock se montre bien plus septique, et nettement plus cynique : la frontière entre les gentils et les méchants est ainsi particulièrement ténue. Car si Newman, faux traître à sa patrie américaine, passe à l’Est devant une fiancée médusée, c’est pour voler à un illustre savant des formules qu’il est incapable de trouver seul. Et lorsque la fiancée accepte d’aider son savant de mec, elle pense encore qu’il est bel et bien un traître. Ajoutons que la fuite du couple fera bien des dégâts collatéraux auxquels ils feront à peine attention : leur simple passage à Berlin Est causera de graves problèmes au couple de fermiers, aux passagers du bus, ou encore à cette pathétique « comtesse » polonaise, interprétée par une Lila Kedrova inoubliable.

On sent bien que Hitchcock n’a pas une tendresse débordante pour ses personnages. Mais comme souvent chez le cinéaste, l’important est moins dans l’intrigue que dans la manière de la raconter. Ici, le suspense repose en partie sur un étirement étonnant de moments qui pourraient être anodins. Une discussion filmée de loin et dont on n’entend rien ; un voyage en bus ; une visite dans un musée ; un échange entre deux savants à base d’obscures formules mathématiques… et bien sûr cette incroyable scène de meurtre.

Flanqué d’un « guide » durant son séjour à Berlin, le professeur Paul Newman se voit obligé de le tuer avec l’aide d’une fermière. Mais les complices improvisées ne peuvent pas faire usage d’une arme à feu, qui attirerait l’attention. La mort du « pauvre » Gromek est ainsi l’une des plus traumatisantes de l’histoire du cinéma. Poignardé, étranglé, battu à coups de pelles, et asphyxié dans une gazinière, il mettra de longues minutes à mourir.

On sent bien que cette séquence, montée sans la moindre note de musique, dans un silence effrayant, est l’une des raisons qui ont poussé Hitchcock à faire ce film. C’est en tout cas la scène la plus mémorable d’un film dont la richesse et la complexité sont à redécouvrir.

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