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Archive pour la catégorie 'MURPHY Audie'

Représailles en Arizona (Arizona Raiders) – de William Witney – 1965

Posté : 7 septembre, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, MURPHY Audie, WESTERNS, WITNEY William | Pas de commentaires »

Représailles en Arizona

Le film commence par un incroyable prologue, interminable monologue face caméra d’un journaliste qui raconte la vie et les exactions de Quantrill (Quantrell, dans le film). Une séquence apparemment ajoutée au film après sa sortie, peut-être pour sa diffusion à la télévision. Assez hallucinante… et totalement inutile, une voix off résumant en quelques secondes la même chose, lorsque le film commence vraiment. Une curiosité, en tout cas, dont l’originalité donne d’emblée un ton différent au film.

C’est en effet un western assez atypique. Si les personnages sont relativement convenus, la construction du film l’est beaucoup moins, avec ces premières scènes qui racontent la chute de Quantrill, et qui ressemblent dans leur aspect spectaculaire et dans leur rythme, au final attendu. Mais ce n’est que le début.

Audie Murphy (qui retrouve Quantrill quinze ans après Kansas Raiders) est excellent, particulièrement intense dans le rôle d’un ancien héros de guerre, ancien hors-la-loi, qui hésite sur le chemin à suivre.

Excellent aussi, Buster Crabbe, dans le rôle secondaire du capitaine Andrews. Sans doute le rôle de la maturité le plus marquant, pour l’ancien interprète de Flash Gordon. Très charismatique.

Aux commandes, William Witney, qui fut l’un des grands spécialistes du serial, et dont la mise en scène est assez formidable, à la fois pour le rythme qu’il donne au film, et pour l’utilisation des décors, en particulier dans ce village indien dont les murs, les croix, et le moindre relief donnent une profondeur aux images.

Feu sans sommation (The Quick Gun) – de Sidney Salkow – 1964

Posté : 11 juillet, 2016 @ 8:00 dans 1950-1959, MURPHY Audie, SALKOW Sidney, WESTERNS | Pas de commentaires »

Feu sans sommation

Après deux ans d’absence, un cowboy revient dans sa ville natale dont il est parti dans un bain de sang, et où plus personne ou presque ne veut de lui. Avant d’arriver, il apprend qu’une bande de tueurs s’apprête à mettre la ville à feu et à sang. Malgré l’animosité de ses anciens amis, il décide de leur venir en aide…

De ce scénario de Steve Fisher, tiré de son propre roman, la Columbia a déjà tiré deux films : Top Gun en 1955, et Noose for a Gunman en 1960. Cette troisième version, tournée par un réalisateur qui ne m’a jamais emballé jusqu’à présent (Le Shérif de fer et Last Man of Earth, deux films assez catastrophiques), à une époque où le western américain est pour le moins en déclin, n’augurait donc rien de très bon. Rien de très ambitieux, en tout cas.

La surprise n’en est que plus grande, avec ce film qui, visuellement, ressemble à s’y méprendre à un western Universal des années 50. Ce qui est un grand compliment. A l’époque de sa sortie, alors que Pour une poignée de dollars imposait une nouvelle vision du genre, The Quick Gun devait ressembler à un film totalement dépassé. Aujourd’hui, paradoxalement, le film reste passionnant, et a nettement moins vieilli que la plupart des westerns « dans l’air du temps » des années 60.

La mise en scène de Salkow est très classique, et sans grande surprise la plupart du temps. Mais le réalisateur sait donner un rythme absolument parfait à son film. Et les séquences de nuit (grosso modo la seconde moitié du métrage) sont magnifiques, avec ces visions de la ville prise d’assaut et entourée de barrages enflammés.

Une scène, surtout, impressionne: le face-à-face précédant l’explosion de violence, entre la bande de malfaiteurs (menée par Ted de Corsia) et le shérif prêt à aller au bout de sa mission. Il y a quelque chose de déchirant et de superbe dans cette image de silhouettes découpées sur une nuit d’un gris profond, dont on sait bien que la quiétude qu’elle inspire ne va pas tarder à voler en éclats.

Dans le rôle de ce shérif droit et intègre, James Best (qui restera pour la postérité un shérif nettement moins strict: celui de la série Shérif, fais moi peur) est étonnant. A priori, l’acteur manque de charisme et son jeu paraît emprunté. Mais il apporte un mélange de droiture et de vulnérabilité absolument parfaits à son rôle, qui aurait pu n’être qu’un faire-valoir d’Audie Murphy, la star du film.

Au contraire, toute la première partie doit beaucoup à la complicité qui unit les deux acteurs, aux jeux pourtant radicalement différents. L’amitié complexe entre ces deux personnages est l’une des grandes réussites du film. Une bien belle surprise.

* Le DVD vient de rejoindre la collection Westerns de Légende chez Sidonis/Calysta, avec une présentation par Patrick Brion, qui semble ne pas donner grand crédit au film.

Duel sans merci (Duel at Silver Creek) – de Don Siegel – 1952

Posté : 6 janvier, 2015 @ 2:27 dans 1950-1959, MURPHY Audie, SIEGEL Don, WESTERNS | Pas de commentaires »

Duel sans merci

Ce qu’il y a de vraiment beau dans ces westerns de série des années 50, en tout cas dans les meilleurs d’entre eux, ce sont les petits accrocs, ces détails plus ou moins flagrants qui éveillent l’attention, surprennent, bousculent… alors que tout nous fait croire qu’on est en terrain connu.

Les décors sont souvent les mêmes, le Technicolor est souvent flamboyant, les personnages sont souvent caricaturaux. Et ici, la logique est même poussée à l’extrême, avec des surnoms qui sonnent comme ces cartes de visite : Lighting, Dusty, Silver Kid… On se croirait dans un inventaire du folklore westernien.

Mais dans ce western de jeunesse, loin de ses incursions dans le genre dans les années 60 et 70 comme Sierra Torride (comme Ça commence à Vera Cruz est loin de ses polars à venir), Siegel ne s’empare des stéréotypes que pour mieux s’en amuser.

Première surprise : le « héros » interprété par la star Audie Murphy, fils d’un chercheur d’or assassiné froidement, disparaît complément de l’écran après cinq minutes, et pour un bon quart d’heure, pour revenir en simple bras droit du vrai personnage central, un shérif qui tente de cacher son handicap campé par l’impeccable Stephen MacNally.

C’est ce dernier aussi qui narre l’histoire, dans une voix off très peu westernienne qui évoque bien plus les grands films noirs des années 40, dont Siegel semble s’être beaucoup inspiré. Jusqu’au personnage très inattendu de Faith Domergue, véritable femme fatale, manipulatrice meurtrière comme on en a très rarement vu dans le genre.

Le film est aussi l’un des premiers à offrir un beau rôle secondaire à Lee Marvin, dix ans avant … Liberty Valance, et déjà très à l’aise pour jouer les sales types (même si celui-ci n’est pas un « méchant » à proprement parler).

Dans les scènes d’action, sèches et brutales, Siegel annonce aussi le cinéma américain des décennies à venir, tout en s’inscrivant dans la longue tradition d’un genre parfaitement balisé. Trait d’union parfait entre deux époques…

Le Tueur du Montana (Gunsmoske) – de Nathan Juran – 1953

Posté : 8 août, 2013 @ 5:21 dans 1950-1959, JURAN Nathan, MURPHY Audie, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Tueur du Montana (Gunsmoske) – de Nathan Juran – 1953 dans 1950-1959 le-tueur-du-montana

Dans la longue liste des westerns avec Audie Murphy, celui-ci est une grande réussite. D’une grande simplicité, cette petite production sort du lot par une belle interprétation (Susans Cabot est bien jolie, et Murphy, qui ne joue pas les durs en serrant la mâchoire, a rarement été aussi convaincant), et d’excellents dialogues, percutants et souvent drôles.

Murphy, précédé de sa réputation de tueur (qui, de fait, n’a jamais tué), commande un whisky dans un saloon. Le bartender lui demande alors : « Pour le boire ou le jeter à quelqu’un ? »… L’ensemble des dialogues est à l’avenant : vifs, originaux et réjouissants.

Pour autant, le réalisateur Nathan Juran, petit artisan dont la carrière est d’avantage marquée par les décors qu’il a créés pour de nombreux films (dont Qu’elle était verte ma vallée) que par ses propres réalisations, particulièrement dans le fantastique (L’Attaque de la femme de 50 pieds, Le Septième voyage de Sinbad…), prend son film comme ce qu’il est : un petit western de genre, sans prétention et efficace.

Le résultat est assez brillant : une histoire classique de western (un tueur est engagé par celui qu’il était chargé de tuer, tombe amoureux de sa fille, doit convoyer un troupeau, et se retrouve confronté à son meilleur ami), tournée avec un grand sens de la concision (1h15, pas une minute de plus), et avec une réalisation qui tire le meilleur de ses beaux décors naturels.

La traversée à hauts risques de la montagne, qui constitue l’un des clous du film, se limite à l’écran à un chariot qui doit descendre une pente courte, mais raide. Ce pourrait être cheap et ridicule, mais le réalisateur réussit à imposer un souffle et une tension qui font mouche.

Avec ce western-là, sa deuxième réalisation, l’inégal et mal aimé Nathan Juran prouve qu’il peut avoir l’étoffe des grands artisans du genre.

Le Tueur du Montana fait partie de la dernière fournée en dates des Westerns de Légende, la fameuse collection éditée par Sidonis. En bonus, comme toujours, une présentation du film par Patrick Brion, amoureux sincère du genre. On retrouve également un portrait d’Audie Murphy par le même Brion, déjà en bonus d’autres titres de la collection.

Kansas en feu (Kansas Raiders) – de Ray Enright – 1950

Posté : 4 juillet, 2013 @ 1:18 dans 1950-1959, CURTIS Tony, ENRIGHT Ray, MURPHY Audie, WESTERNS | Pas de commentaires »

Kansas en feu (Kansas Raiders) - de Ray Enright - 1950 dans 1950-1959 kansas-en-feu

Autour de 1950, d’innombrables westerns mettent en scène d’authentiques figures de l’Ouest : John Wesley Hardin dans Victime du Destin, Jim Bowie dans Sur le territoire des Comanches… Le summum du genre étant d’associer plusieurs grands noms, en prenant évidemment beaucoup de libertés avec la vérité historique (Sam Bass et Calamity Jane dans La Fille des Prairies…). Kansas en feu s’inscrit dans cette veine, avec des têtes d’affiche prestigieuses.

Les frères James, les moins connus frères Younger et Kit Dalton, cinq gamins qui ont souffert des violences de la guerre civile et qui rêvent de se faire du Yankee, rejoignent la bande de guerilleros du Colonel Quantrill… Tous ces noms sont authentiques, et sont associés à des tueries qui n’ont pas de nom.

Il y a effectivement une violence assez impressionnante dans le film de Ray Enright : la bande de Quantrill enchaîne les massacres, que leur leader justifie en s’imaginant comme un chef de guerre dont les actions sont indispensables à la victoire du Sud. C’est l’excellent Brian Donlevy, grande figure du film noir (La Clé de verre), formidable dans le rôle de ce leader charismatique particulièrement complexe. Impitoyable, manipulateur, sanguinaire, il est aussi pathétique et curieusement noble et attachant, prisonnier de ses propres mensonges, et de ses propres horreurs.

Des cinq jeunots qui le rejoignent, Jesse James est le leader naturel. Un rôle sur mesure pour Audie Murphy et son mélange unique de juvénilité (le visage poupin d’un gamin qui n’a pas l’habitude de boire du whisky) et de rage (l’exécution de son adversaire lors du combat au couteau). Ses quatre amis et lui ont l’allure d’une bande de jeunes hommes normaux, à peine sortis de l’adolescence, qui aiment se chamailler mais sont aussi soudés qu’une grande famille.

Parmi eux, il y a le jeune Tony Curtis (Kit Dalton), dans l’un de ses premiers films. Second rôle encore en retrait, qui n’allait pas tarder à devenir l’une des plus grandes vedettes de la Universal.

Dans ce western passionnant et joliment réalisé, les tueurs paraissent bien sympathiques. Très attachants, même si la voix off est là pour nous rappeler qu’il s’agit là des débuts de cinq bandits sanguinaires, formés par un mentor monstrueux…

Le Bagarreur solitaire (The Wild and the Innocent) – de Jack Sher – 1959

Posté : 2 juillet, 2013 @ 5:29 dans 1950-1959, MURPHY Audie, SHER Jack, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Bagarreur solitaire (The Wild and the Innocent) – de Jack Sher – 1959 dans 1950-1959 le-bagarreur-solitaire

Le Bagarreur solitaire : un titre français idiot, visiblement choisi uniquement pour mettre en valeur la vedette du film, Audie Murphy. Mais l’acteur est « l’innocent » du titre original, un très jeune trappeur descendu de ses montagnes pour vendre des peaux en ville, après deux années de chasse. Un gamin à peine sorti de la puberté qui ne joue pas sur le côté dur et bagarreur de Murphy, mais sur son éternel aspect juvénile. Malgré ses 35 ans, il interprète bel et bien un gamin qui n’a jamais connu de femme, jamais bu d’alcool, et qui n’imagine pas que ce bel hôtel d’où il voit sortir tant de belles femmes puisse être un lieu de débauche…

Contrairement à ce que ce titre français peut laisser penser, The Wild and the Innocent est un western d’une totale légèreté, une bluette charmante et amusante qui ne se prend pas au sérieux. Pas même vraiment lors du climax du film, le seul événement réellement dramatique et violent, filmé avec une légèreté pas loin de l’inconséquence. Pendant ce court passage, le film de Sher flirte avec quelque chose de plus grave, et évoque un message vaguement puritain. Mais très vite, le ton redevient celui léger.

Tant mieux, parce que ce western est avant tout une comédie : l’histoire d’un innocent et d’une sauvageonne (Sandra Dee, jolie blonde aux grands yeux étonnés) qui se rencontrent par hasard, et qui débarquent en ville le jour de la fête nationale. Chacun de son côté va découvrir les attraits et les mesquineries de la civilisation, dans cette cité en liesse où toutes les couches de la société sont mélangées.

La peinture de cette ville américaine est joliment dessinée, et les personnages fort attachants, quoi que caricaturaux. Quant à la mise en scène de  Jack Sher (scénariste et réalisateur éphémère, à qui on doit une version des Voyages de Gulliver), elle donne au film un bel élan. Voilà un western bien original, et décidément charmant.

Le Bagarreur solitaire vient d’être réédité chez Universal, dans un DVD à petit prix, sans le moindre bonus. Tourné en cinemascope, le film n’est hélas disponible que recadré pour les vieilles télévision 4/3. Probablement la réédition d’un ancien support home video.

La Parole est au colt (Gunpoint) – de Earl Bellamy – 1966

Posté : 11 mars, 2013 @ 3:37 dans 1960-1969, BELLAMY Earl, MURPHY Audie, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Parole est au colt (Gunpoint) – de Earl Bellamy – 1966 dans 1960-1969 la-parole-est-au-colt

Pilier de la télévision des années 60 et 70 (le gars a travaillé sur Max la Menace, Starsky et Hutch ou encore Pour l’amour du risque… quelle carrière !), Earl Bellamy a également signé quelques westerns pour le cinéma comme ce Gunpoint, énième variation sur le thème, hyperclassique dans le genre, de la course poursuite.

Réalisé sans génie, mais avec métier, le film sort pourtant de la production lambda par une utilisation maligne et efficace de décors minéraux impressionnants. Le film fait de l’économie de moyen l’un de ses principes de base. Cette économie de moyen en fait un film simple et tendu, sans la moindre baisse de régime.

Audie Murphy, en fin de carrière, est à l’aise et très intense dans un rôle taillé sur mesure pour lui : un shérif dur et taiseux qui se lance sur les traces d’un gang qui a enlevé son ex-fiancée. Surtout, la star est entourée de quelques seconds rôles remarquables : le patron de casino, méchant tout désigné au début du film, qui se révèle bien plus complexe, et plutôt sympathique, dont la relation avec Murphy est trouble et passionnante.

L’adjoint du shérif, aussi, est un ex-officier de l’armée qui vit mal d’être dirigé par un jeunôt qui le méprise un rien… Derrière un aspect très classique, et un relatif anonymat, le film sort du lot avec quelques trouvailles de scénario malignes et originales.

Le Kid du Texas (The Kid from Texas) – de Kurt Neumann – 1950

Posté : 3 janvier, 2013 @ 11:53 dans 1950-1959, MURPHY Audie, NEUMANN Kurt, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Kid du Texas (The Kid from Texas) - de Kurt Neumann - 1950 dans 1950-1959 le-kid-du-texas

Le « Kid » du titre, c’est évidemment William Bonney, alias Billy le Kid, dans une énième version de sa légende qu’une voix off nous promet d’emblée fidèle à la réalité historique. Oui, encore. Que le film de Kurt Neumann colle ou non à la réalité importe peu : le film respecte le mythe, et fait de Bonney une sorte d’icône tragique et romantique.

Hanté par la mort du seul homme à lui avoir donné sa chance, rongé par son amour pour une femme d’un autre monde, totalement inaccessible, et pour laquelle il ira jusqu’à la mort (dans un dénouement sans doute très loin de la réalité, pour le coup, mais beau et terriblement émouvant), ce Billy le Kid-là est à la fois un gamin perdu et un tueur dévoré par la rage.

La plus belle idée du film (outre cette très belle dernière scène), c’est d’avoir confié le rôle à Audie Murphy, dont ce n’est que le quatrième film et le premier western (un genre qui constituera désormais l’essentiel de sa filmo). Visage poupin, petit gabarit, moue boudeuse, Audie Murphy dégage une aura inquiétante malgré son physique. Peut-être parce qu’il est connu pour avoir été le soldat le plus décoré de la seconde guerre mondiale ; peut-être parce que son regard impénétrable ne manque jamais de semer le trouble : a-t-il envie d’éclater en sanglot, ou d’égorger son adversaire ? Le doute constant profite particulièrement à ce personnage.

La mise en scène de Kurt Neumann, surtout connu pour être le réalisateur de La Mouche noire, classique du fantastique, est assez paresseuse et anonyme. Mais la présence de Murphy, son investissement impressionnant dans les scènes d’action (à cheval, un flingue à la main, il est très à l’aise), son interprétation très habitée, font du Kid du Texas une belle réussite.

Le Survivant des Monts lointains (Night Passage) – de James Neilson – 1957

Posté : 4 avril, 2011 @ 9:28 dans 1950-1959, MURPHY Audie, NEILSON James, STEWART James, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Survivant des Monts lointains (Night Passage) - de James Neilson - 1957 dans 1950-1959 le-survivant-des-monts-lointains

Pour un peu, lorsque le mot « fin » apparaît sur l’écran large (très, très large), on s’attendrait à voir Eddy Mitchell se retourner vers la caméra, dans une salle de cinéma très fifties… C’est du pur cinoche que ce western à grand spectacle auquel ne manque qu’un véritable auteur derrière la caméra, pour en faire l’une des réussites majeures du genre. La réalisation de l’obscur James Neilson est soignée (très appliquée, même), et totalement au service du grand spectacle. C’est un artisan dénué d’une personnalité affirmée, mais très à l’aise pour remplir, et bien, le cahier des charges.

Et si on doit rappeler le cahier des charges des films hollywoodiens de l’époque, précisons que la télévision faisait son apparition dans les foyers ricains, et que les producteurs rivalisaient d’imagination pour faire venir les spectateurs en masse dans les salles obscures. C’est donc la décennie où les écrans s’élargissent considérablement (celui-ci est tourné en « technirama », pour ceux que ça intéresse), où les couleurs se font plus vives, et où les décors spectaculaires font leur retour.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Night Passage remplit parfaitement son contrat. Dès le générique, lorsque le nom de James Stewart dévore l’écran (on imagine l’effet que ça devait faire dans les salles immenses aujourd’hui disparues), et que des dizaines de figurants apparaissent dans des décors (naturels) grandioses et magnifiques, on sait qu’on va être transporté dans un cinéma hollywoodien de haute volée. Et on n’est pas déçu…

Les ingrédients de l’histoire sont hyper-rabachés dans l’histoire du cinéma, et plus particulièrement du western : c’est l’éternel affrontement de deux frères ayant choisi chacun un côté différent de la loi, et qui vont devoir choisir à nouveau entre leur famille d’adoption et leur famille de sang ; un affrontement qui se déroule sur fond de construction de chemin de fer, thème lui aussi éculé dans le western, qui symbolise à merveille la confrontation entre deux mondes, les terres encore sauvages et la civilisation en marche.

L’histoire elle-même passe rapidement au second plan, même si les rebondissements sont suffisamment nombreux pour nous tenir en haleine. James Stewart est excellent en ancien agent des chemins de fer contraint à gagner sa vie en jouant de l’accordéon, et qui ne rêve que de reprendre du service. Mais le tandem qu’il forme avec son très jeune frère Audie Murphy ne fonctionne pas tout à fait : à aucun moment on ne se dit que ces deux-là vont s’entre-déchirer, ce qui enlève beaucoup du suspense qui aurait dû planer sur le film.

Mais les séquences impressionnantes se succèdent : des scènes de bagarres ou de gunfights bien sûr, mais ce sont curieusement les moments plus calmes qui se révèlent les plus magistraux. Cette scène muette où, après avoir rencontré un personnage à la Calamity Jane (interprété par Olive Carey), James Stewart traverse la montagne par un tunnel de mineurs ; celle encore où Stewart calme (temporairement) les esprits des ouvriers en improvisant un bal en plein air ; et surtout celle où le même Stewart voyage avec son jeune protégé (Brandon de Wilde, le p’tit gars de L’Homme des Vallées perdues) sur le wagon ouvert d’un train, surplombant un paysage de montagne absolument sublime. C’est cette image qui reste en tête bien longtemps après le mot fin…

 

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