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Archive pour la catégorie 'GABIN Jean'

Du rififi à Paname – de Denys de La Patellière – 1966

Posté : 2 décembre, 2020 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1960-1969, DE LA PATELLIERE Denys, GABIN Jean | Pas de commentaires »

Du rififi à Paname

Paris, Tokyo, Londres… Des Italiens, des Allemands, des Américains qui, tous, parlent dans leurs langues… Un bon polar à la cool aux dimensions internationales, par un réalisateur symbole d’un certain cinéma franchouillard… A défaut d’être un grand film, une curiosité, pour sûr.

La distribution elle-même est une curiosité, qui voit défiler Gert Froebe, Daniel Ceccaldi, Mireille Darc, Claude Brasseur et George Raft autour du patron, Jean Gabin. Oui, George Raft, l’éternel gangster du cinéma américain des années 1930, qui rejoue une nouvelle fois sa partition, sans la dérision dont il faisait preuve dans Certains l’aiment chaud, mais avec cette pièce jetée du bout du pouce comme au bon vieux temps, la conviction en moins.

L’histoire, adaptée d’un roman d’Auguste Lebreton, ne manque pas d’ambition ni d’ampleur : une histoire de rivalité, de règlement de compte entre bandes de gangsters, avec portée internationale et affrontement entre jeunes loups et vieux briscards. Les dialogues signées Alphonse Boudard sont assez réjouissants, la musique de Georges Garvarentz a de l’ampleur

Manque surtout un vrai cinéaste, avec un regard et un sens aigu de la narration, du rythme et de l’image. On n’a droit qu’à La Patellière, faiseur sans génie qui ne sort de l’anonymat qu’à de rares moments : une courte scène dans un club superbement photographiée (par Walter Wottitz), une scène pleine de suspense dans une chambre d’hôtel

Et Gabin lui-même, surtout, qui s’offre un rôle de vrai méchant, guère sympathique. Gabin qui fait partie de ces acteurs, rares, qui apportent un liant aux films les moins maîtrisés, dès qu’ils apparaissent. Le principal problème du film, finalement, c’est qu’il en est absent durant de longues scènes

Du haut en bas – de Georg Wilhelm Pabst – 1933

Posté : 30 novembre, 2020 @ 8:00 dans 1930-1939, GABIN Jean, PABST Georg Wilhelm | Pas de commentaires »

Du haut en bas

Quelques belles surprises dans cette première partie de carrière de Gabin, déjà tête d’affiche mais pas encore immense vedette. C’est devant la caméra de Pabst qu’on le retrouve ici, footballeur vedette tout en sourires et en muscles saillants, incarnation d’une jeunesse saine et ouverte, dans un film-chorale particulièrement malin.

Pabst pose sa caméra dans la cour d’un immeuble d’habitations, et n’en sortira pas. Du haut en bas, des combles au rez-de-chaussée, Pabst promène son regard, pénétrant dans la loge de la concierge comme dans un grand appartement bourgeois, passant d’un habitant à l’autre, d’une classe sociale à l’autre, dans un beau mouvement plutôt virtuose malgré quelques approximations techniques, et avec un séduisant mélange de gravité et de légèreté.

Il est question de déclassement, des difficultés de communiquer quand on vient de mondes différents, ou de nouer une vraie relation entre un homme purement physique et une femme purement intellectuelle… Pabst n’élude rien de la cruauté des rapports humains : il met en scène une jeune domestique harcelée par un patron libidineux, un avocat ruiné expulsé et poussé au suicide, ou encore un sans domicile fixe obligé de faire la manche pour survivre. Mais les situations les plus glauques donnent systématiquement lieu à une pirouette souriante et joyeuse.

Beaucoup de vie dans ces récits croisés, portés par une distribution étonnante. Autour de Gabin, pivot et moteur du film, on croise Michel Simon en excentrique sans le sou, Vladimir Sokoloff en agent immobilier au grand cœur, Pauline Carton en couturière aussi sèche que bienveillante, l’ancienne muse des Renoir père et fils Catherine Hessling en amoureuse déçue, et même Peter Lorre en mendiant, pour ce qui est sauf erreur son unique rôle en français, avant son exil américain.

Pour l’amour du ciel (E’ più facile che un cammello…) – de Luigi Zampa – 1950

Posté : 28 novembre, 2020 @ 8:00 dans 1950-1959, FANTASTIQUE/SF, GABIN Jean, ZAMPA Luigi | Pas de commentaires »

Pour l'amour du ciel

Gabin a eu son Liliom, si si. Hélas, il ne l’a pas eu grâce à un Fritz Lang ou à un Frank Borzage, mais devant la caméra de Luigi Zampa, figure du néoréalisme italien qui en signe une variation à l’italienne, mélange de farce et d’humanisme tantôt séduisant, tantôt navrant.

Gabin est un grand patron un peu cynique, persuadé d’être un type bien. Le cœur sur la main, le sourire aux lèvres, toujours prompt à rappeler que lui aussi vient du peuple, en oubliant de dire que s’il est arrivé au sommet, c’est en épousant la fille du patron, qu’il n’a cessé depuis de tromper, laissant « de beaux souvenirs » à ses nombreuses conquêtes, sans jamais s’inquiéter de l’avenir de ces petits « souvenirs », devenus grands.

Alors quand il est fauché par un camion, forcément, il est tout surpris de se voir refusé l’accès au paradis, pour des brouilles, alors qu’un évêque proche du pape est en train de dîner chez lui. « Si c’est pas une référence, ça ! » Surtout que le pire de ses actes qu’on lui reproche concerne un type dont il n’a jamais entendu parler. Quand il obtient quelques heures de sursis sur terre, il sait que c’est ce type qu’il doit rendre heureux, coûte que coûte.

Le patron, c’est Gabin. Sa « victime », c’est Carette. Forcément, le plaisir de retrouver ses deux-là face à face est présent, et c’est le genre de plaisirs qu’on ne refuse pas, même si on est loin de La Grande Illusion. Loin, ne serait-ce que dans la vérité des personnages, jamais loin de la caricature. Parfois même au-delà, comme ce prétendu duc sossotant, grotesque, la comtesse bécasse, ou la fillette tête à claque.

Le personnage principal est à peine plus intéressant, mais il est campé par un Gabin assez étonnant, tout en retenue. Cette retenue filmée le plus souvent comme un contrepoint à l’hystérie ambiante est ce qu’il y a de plus réjouissant dans cette farce sur une trame sociale, à moins que ce ne soit un drame social filmé avec une légèreté toute burlesque… Une curiosité, disons.

La Nuit est mon royaume – de Georges Lacombe – 1951

Posté : 24 novembre, 2020 @ 8:00 dans 1950-1959, GABIN Jean, LACOMBE Georges | Pas de commentaires »

La Nuit est mon royaume

Il est grand, Jean Gabin. Grand acteur qui trouve là un rôle à sa mesure, original, celui d’un homme qui perd la vue. Le thème n’est pas nouveau dans le cinéma, mais il a rarement été traité avec autant de délicatesse et de réalisme que dans ce film. La présence de nombreux « vrais » aveugles n’est pas anodine. La prestation de Gabin n’en est que plus étonnante, d’une vérité étonnante.

Jamais dans l’excès, jamais dans l’emphase, toujours dans le geste vrai, et la parole percutante. L’une des belles idées du film, c’est d’avoir fait de son personnage un conducteur de locomotive. Forcément, le Gabin de La Bête humaine est là, figure immédiatement familière. Le drame n’en est que plus intime, et plus fort.

Georges Lacombe est un réalisateur honnête à défaut d’être un grand formaliste. Son film est modeste, et sincère. Au-delà du drame intime (Gabin retrouvera-t-il la vue, après son accident ?), c’est le quotidien de ce centre dédié aux aveugles qu’il filme, avec une profonde humanité et sans jamais la moindre complaisance, ou la moindre émotion facile.

Sans doute Lacombe s’est-il senti proche de la religieuse qui chapeaute ce petit monde, grande gueule au grand cœur (Suzanne Dehelly). Elle aussi est juste, comme l’est l’histoire d’amour qui se noue autour du braille entre le nouvel aveugle et sa jeune institutrice (Simone Valère). Joli moment, joli film, grand rôle.

Le Tonnerre de Dieu – de Denys de La Patellière – 1965

Posté : 22 novembre, 2020 @ 8:00 dans 1960-1969, DE LA PATELLIERE Denys, GABIN Jean | Pas de commentaires »

Le Tonnerre de Dieu

Comment passer à côté d’un grand rôle ? Eh bien en confiant la mise en scène d’un projet plutôt prometteur à un réalisateur comme Denys de La Patellière, qui semble incapable d’aller au bout d’une idée, de puiser toutes les richesses d’une situation, et même de terminer convenablement une scène, optant systématiquement pour un fondu au noir, comme s’il ne savait plus quoi faire de son matériau.

C’est dommage, parce qu’il y avait là la vraie matière, si ce n’est à un grand film, au moins à un grand rôle pour Jean Gabin, que l’on découvre alcoolisé à l’extrême, traînant la patte et la voix d’un troquet à l’autre. Et il a l’alcool mauvais ce riche propriétaire, marie détestable, homme fatigué des hommes, qui ramasse une prostituée comme il ramasse des animaux, en vieux vétérinaire qu’il est.

Il y a là des tas de bribes de beaux moments, et d’idées fortes. Cette prostituée (jouée par Michèle Mercier) que Gabin tire du ruisseau, cette épouse (Lilli Palmer) qui attend un signe d’amour, ce proxénète (Robert Hossein) lâche et ridicule, Gabin lui-même, odieux et touchant dans le même mouvement… Et il y a bien quelques beaux moments. Mais Denys de La Patellière balaye toutes ses idées fortes par une mise en scène trop nonchalantes, une incapacité à créer une vraie atmosphère et une cohérence sur le long terme.

Pas vraiment désagréable ce film, si ce n’est cette propension à aligner les dialogues tape-à-l’oreille à la Audiard (c’est Pascal Jardin qui s’y colle). Mais l’impression de passer à côté de quelque chose de plus mémorable est trop forte pour ne pas ressentir d’abord une vraie frustration.

Le Drapeau noir flotte sur la marmite – de Michel Audiard – 1971

Posté : 18 novembre, 2020 @ 8:00 dans 1970-1979, AUDIARD Michel, GABIN Jean | Pas de commentaires »

Le Drapeau noir flotte sur la marmite

Les chemins d’une intégrale nous mènent parfois dans de drôles d’endroits. Ce que c’est, quand même, que le jusqu’au boutisme… Bon, ce Drapeau noir… n’augurait rien de bien réjouissant. Au moins n’est-on pas déçu. Audiard a déjà une fâcheuse tendance à agacer quand il s’écoute écrire, voilà qu’il se met en tête de passer derrière la caméra (ce n’est pas son premier film, mais c’est le premier que je vois). Et… comment dire…

A vrai dire, inutile de taper sur le réalisateur : Audiard n’a visiblement aucune ambition de ce côté là. Avec Le Drapeau noir flotte sur la marmite, c’est une sorte de réunion de famille qu’il propose. Il adapte (avec l’auteur) un roman de René Fallet, confie la musique à Brassens, et réunit des acteurs qui sont ses compagnons de route depuis longtemps. Carnet, Pousse, Gabin… La cantine devait être copieuse et bien arrosée, sur le tournage.

Gabin en vieux loup de mer, dont on comprend vite qu’il n’a jamais navigué, appelé à la rescousse par son neveu cheminot pour construire un bateau… L’histoire est très conne, mais finalement pas plus qu’une autre quand on y pense. Les personnages sont caricaturaux ? Oui, mais les comédiens sont assez réjouissants. Tout ça pour dire que, en dépit de tous les défauts, en dépit de la laideur des images (assez radicale), de la nullité de la mise en scène, de dialogues complaisants, il faut reconnaître au film quelque chose qui n’est pas vraiment du charme… du confort, peut-être.

Gabin n’a sans doute accepté le film que par pure amitié : il était alors passé à autre chose, abordant la dernière partie de sa carrière en s’éloignant des dialogues d’Audiard qui l’avaient tant marqué. Il en fait beaucoup, et avec une sincère gourmandise, comme une ultime récréation potache avant de se recentrer sur des rôles plus consistants. Il y a même une tendresse inattendue qui finit par se dégager de cette aventure pas si pathétique qu’on ne peut pas vraiment défendre, mais qu’on n’a pas non plus envie d’entasser.

Le Baron de l’écluse – de Jean Delannoy – 1960

Posté : 17 novembre, 2020 @ 8:00 dans 1960-1969, DELANNOY Jean, GABIN Jean | Pas de commentaires »

Le Baron de l'écluse

Gabin… d’après Simenon… Deux noms dont l’association a souvent donné de belles choses, ne serait-ce que deux excellents Maigret (ici et ici) que venaient justement de réaliser Jean Delannoy. Sans avoir lu la nouvelle originale, on imagine bien ce qu’a fait Simenon de ce personnage de « baron » fauché qui vit au-dessus de ses moyens, flambant à Monte Carlo ou à Deauville, et découvrant une humanité plus simple et plus vraie près d’une petite écluse paumée de la Marne…

C’est d’ailleurs ce qu’il y a de plus réussi dans ce film : comme dans les livres de Simenon, des atmosphères liées à des lieux, dans lesquels on prend le temps de s’installer. L’écluse, surtout, où l’action arrive un peu tardivement, mais où le film gagne en épaisseur. La comédie légère de la première partie cède un peu la place à plus d’empathie… à une certaine tendresse, même.

Gabin y est donc un baron, pilier de la jet set, qui vit dans le luxe mais sans un sou en poche. Un « aventurier » superbe, et vieillissant. Il y a une pointe de nostalgie dans l’interprétation de Gabin : ce sourire affiché a la conscience du temps qui passe, et la volonté de garder de la légèreté, coûte que coûte.

C’est ainsi qu’il embarque une ancienne maîtresse (excellente Micheline Presle, délicieusement volage et intéressée) dans une croisière sur un bateau gagné au jeu. « Je n’ai jamais eu de bateau », lance-t-il comme un gamin devant un sapin de Noël. Mais le jeu se heurte à la réalité : un bateau, si beau soit-il, ça ne nourrit pas son homme, ni sa femme. Et tous les deux sont habitués à mener grand train en profitant de l’argent des autres…

Par bribes, le film séduit par la tendresse qui effleure entre Gabin et « Perle » (Micheline Presle), souvenir d’un passé flamboyant, ou la patronne du bar de l’écluse (Blanchette Brunoy), promesse d’un avenir apaisé. Mais la plupart du temps, les bonnes intentions sont gâchées par une mise en scène totalement aseptisée, sans relief, de Delannoy. Et étouffées par des dialogues envahissants d’Audiard, dans sa veine la plus tapageuse.

Reste le sourire de Gabin, son regard d’enfant, ce regard qu’on devine si bleu encore, même en noir et blanc.

Le Messager – de Raymond Rouleau – 1937

Posté : 16 novembre, 2020 @ 8:00 dans 1930-1939, GABIN Jean, ROULEAU Raymond | Pas de commentaires »

Le Messager

Avant ? La Belle Equipe, Les Bas-Fonds, Pépé le Moko et La Grande Illusion. Après ? Gueule d’amour, Le Quai des brumes, La Bête humaine et Le Jour se lève. Forcément, coincé au milieu d’une telle série de chefs d’œuvre, ce Messager fait bien pâle figure dans la filmographie de Gabin.

Raymond Rouleau n’est ni Renoir, ni Grémillon, ni Carné… et encore moins Duvivier à qui on pense lors des scènes africaines du film, rêvant de ce que ce grand cinéaste anthropologue aurait fait de ces séquences. Autre chose, assurément, que ces épisodes colonialistes, complaisantes voire méprisantes envers ces bons nègres filmés comme des éléments de décors pittoresques, plus que comme des personnages à part entière. Aurait-on seulement eu l’idée de filmer une actrice blanche seins nus avec autant de complaisance ?

Gabin, directeur dynamique qui plaque tout, job, épouse et fortune, pour vivre le grand amour avec une jeune secrétaire, Gaby Morlay. Sans le sou, il doit accepter un boulot de dix-huit mis au cœur de l’Ouganda, seul, loin de tout, loin de sa jeune femme aimante. Quand la compagnie qui l’emploie lui envoie un jeune assistant (Jean-Pierre Aumont), il se confie, parle de « sa » Marie, soir après soir… A tel point que le jeune gars tombe amoureux de cette femme qu’il ne connaît même pas. Il n’y a bien que Gabin pour ne pas s’en rendre compte…

L’histoire est forte, mais le film est très inégal. Après une première partie légère et quasi-comique, assez étonnante (à défaut d’être totalement convaincante), le film gagne en épaisseur en même temps que Gabin, plus touchant dans sa solitude. Il y a des longueurs, des baisses de rythme, mais lui est impérial, et booste le film à chacune de ses apparitions.

Inégal, donc, mais Rouleau l’emporte au final, en réussissant sa conclusion, tendue, forte et très émouvante. Gaby Morlay, parfois exaspérante, y est très juste, à la hauteur de l’intensité que dégage Gabin, grand, même dans un film mineur.

L’Âge ingrat – de Gilles Grangier – 1964

Posté : 13 novembre, 2020 @ 8:00 dans 1960-1969, GABIN Jean, GRANGIER Gilles | Pas de commentaires »

L'Âge ingrat

Ils ont créé ensemble une maison de production, la GAFER (pour GAbin et FERnandel). Forcément, ils ne pouvaient pas ne pas en profiter pour se retrouver. Trente ans (et des poussières) après Les Gaietés de l’escadron, Gabin et Fernandel sont devenus les poids lourds du cinéma français, de véritables institutions qui s’offrent ensemble une sorte d’escapade aussi estivale qu’inconséquente.

Gabin embarque toute sa famille pour la Côte d’Azur, où ils vont passer leurs vacances chez Fernandel et toute sa famille : la fille du premier (Marie Dubois) doit épouser le fils du second (Franck Fernandel). première grande réunion de famille, avec rires et engueulades, et beaucoup de petits riens.

Et on ne s’en plaindra pas : c’est généralement dans les petits riens que Grangier s’épanouit le plus. Mais là, quand même, il y va fort dans la logique des petits riens, avec ses scénaristes (Pascal Jardin et Claude Sautet) : Gabin qui lutte contre un moustique en pleine nuit, Gabin et Fernandel qui vident des Pastis en terrasse, Gabin qui manœuvre pour rentrer sa voiture au garage…

Très anecdotique, et très inconséquent, donc. Très dispensable, aussi, même s’il y a un petit charme à voir Gabin incarner les hommes sans histoire, d’une banalité confondante. Fernandel, lui, est dans son registre habituel. Leurs retrouvailles finales, quand même, donnent un peu de fond à ce film-carte postale : une bluette autour de deux patriarches qui doivent accepter que leurs enfants ont grandi et qu’ils n’ont plus besoin d’eux.

La Vierge du Rhin – de Gilles Grangier – 1953

Posté : 11 novembre, 2020 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1950-1959, GABIN Jean, GRANGIER Gilles | Pas de commentaires »

La Vierge du Rhin

Un port… une péniche… Encore, pourrait-on ajouter. Oui, mais ce décor va si bien à Gabin, au-delà des souvenirs qu’il renvoie depuis Quai des Brumes. La Vierge du Rhin n’est pas de ce niveau bien sûr : il n’a pas la même puissance dramatique, ni la même beauté formelle.

Mais quand même, le rythme forcément lent du transport fluvial va bien à Grangier, cinéaste nonchalant, jamais aussi à l’aise que quand il filme les temps morts. Les scènes de pur suspense et la course poursuite finale n’ont rien de honteux, mais sont tout juste fonctionnelles.

Grangier réussit nettement mieux tout ce qui tourne autour de Gabin lui-même. En partie parce que les autres acteurs (les actrices surtout, qui ont un rôle majeur mais manquent de naturel) ne sont pas à sa hauteur. Mais surtout parce que la lassitude de son personnage est faite pur la caméra languide du réalisateur.

Le côté polar est un peu tiré par les cheveux, mais le mystère qui entoure Gabin dans toute la première moitié du film fait mouche. Belle utilisation de la voix off, d’abord omniprésente : celle d’un personnage secondaire et antipathique, parti-pris pas franchement courant mais très séduisant.

Belle musique de Kosma aussi, qui donne à La Vierge du Rhin un joli aspect rétro, évoquant le Gabin d’avant-guerre, dont on croit apercevoir la silhouette, un peu plus massive, lorsqu’il apparaît la première fois, en arrière-plan…

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