Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour la catégorie 'FORD Harrison'

La Guerre des Etoiles / Star Wars, épisode IV : un nouvel espoir (Star Wars : Episode IV – A New Hope) – de George Lucas – 1977

Posté : 26 janvier, 2017 @ 1:49 dans 1970-1979, FANTASTIQUE/SF, FORD Harrison, LUCAS George | Pas de commentaires »

Star Wars épisode 4

Bon, plantons le décor. Des années que je n’avais pas vu Star Wars, depuis que, agacé par l’épisode II, j’avais abandonné la deuxième trilogie en cours de route. Depuis, bien des films m’ont confirmé que Lucas n’a pas inventé grand-chose, qu’il s’est contenté d’utiliser sa cinéphilie pour recycler des éléments déjà vus dans des tas de films de SF dès les années 30, notamment dans le serial Flash Gordon, qu’il a allègrement pillé. Mais quand on est père et que les enfants réclament à corps et à cris de découvrir cet univers qui revient en force désormais chaque année, il faut savoir se sacrifier…

Eh bien oui, il recycle, le George Lucas, et son histoire a un côté presque naïf, avec des personnages archétypaux en diable, et un manichéisme porté à l’extrême (d’un côté la combinaison noire de Darth Vader, de l’autre la tunique blanche de Luke Skywalker, entre les deux la colère qui est mauvaise). Mais dès l’apparition de ces mots si familiers « Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine… », et surtout dès que le texte inaugural se met à défiler sur les étoiles (ça aussi, c’est piqué à Flash Gordon) tandis que le thème de John Williams se met à résonner… On oublie toutes nos réserves initiales et on se laisse embarquer.

Et le voyage est formidablement réjouissant, fable initiatique où le Bien et le Mal sont clairement identifiés, peuplés d’êtres aux physiques improbables, qui met en scène un Empire tyrannique et des rebelles prêts à donner leur vie pour gagner leur liberté. Un thème intemporel donc, et un film qui inscrit d’emblée la saga en devenir du côté du mythe, moins pour la mise en scène (efficace) que pour le caractère justement archétypal de ses personnages principaux, même s’il faudra attendre les films suivants pour en apprécier toutes les complexités.

C’est aussi le film qui révèle Harrison Ford, dont le personnage de mercenaire est à peu près le seul à ne pas être totalement d’un bloc, plus complexe en tout cas que le juvénile Mark Hamill. Un homme au passé trouble capable d’abattre froidement un chasseur de primes qui le traquait, même si dans la version retravaillée en 1997, Lucas a eu la douteuse idée de modifier cette scène pour que Han Solo (Ford) se trouve en état de légitime défense.

Cette version de 1997, devenue la version officielle du film, est d’ailleurs discutable à plus d’un titre. Les nouveaux effets spéciaux, ajoutés pour mieux coller à la nouvelle trilogie qui se préparait, n’ajoutent au mieux pas grand-chose, et dans le pire des cas sonnent aujourd’hui particulièrement faux, et semblent plus dépassés que les trucages parfois bricolés de 1977. C’est surtout le cas pour les créatures numériques rajoutées pour remplir le cadre, et de la scène ajoutée avec un Jabba the Hut lisse et transparent.

Reste que tous ces personnages sont entrés dans l’histoire, que Carrie Fisher et Mark Hamill semblent nés pour interpréter Leia et Luke, qu’on prend un plaisir fou à voir ces jeunôts côtoyer des vieux de la vieille comme Alec Guinness ou Peter Cushing, et que Dark Vador a une allure impressionnante, et une voix (celle de James Earl Jones) qui met tout le monde d’accord. Prêt à poursuivre le voyage…

* Les deux premières trilogies sont réunies dans un beau coffret de 9 blue ray, avec des tas de bonus : des interviews, des making of d’époque ou récents, plein de documentaires… Plus de 40 heures de bonus, promet le packaging.

La saga Star Wars

Indiana Jones et la dernière Croisade (Indiana Jones and the Last Crusade) – de Steven Spielberg – 1989

Posté : 8 janvier, 2016 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, FORD Harrison, SPIELBERG Steven | Pas de commentaires »

Indiana Jones et la dernière croisade

Spielberg ne l’a jamais caché : il regrette la noirceur et la violence extrême d’Indiana Jones et le Temple maudit, avec notamment le sort réservé aux enfants… Pour son troisième Indy, le cinéaste souhaitait revenir à un pur divertissement, nettement plus léger. Avec George Lucas, il revient donc aux fondamentaux du mythe, en reprenant tous les ingrédients qui avaient fait le succès des Aventuriers de l’Arche perdue.

Le plus célèbre (et improbable) des archéologues part donc une nouvelle fois à la recherche d’un symbole religieux fort: après l’Arche d’Alliance, le Saint Graal. Il renoue aussi avec son emploi d’enseignant, retrouve au passage des compagnons de la première heure (Marcus et Sallah) et des ennemis qu’il connaît bien (« Nazis, I hate these guys »).

Un prologue, un détour par l’université, et une quête qui le fait voyager à travers continents… Spielberg s’inscrit clairement dans la lignée du premier Indy, en en reprenant la construction, et l’idée d’enchaîner les morceaux de bravoure sans temps mort, en renouant avec l’esprit « serial » et en se moquant totalement de la vraisemblance.

A trop vouloir faire oublier la noirceur du précédent, le cinéaste va parfois un peu loin dans la comédie, n’évitant pas quelques gags un rien lourdingues (l’aviateur privé d’ailes qui double la voiture dans le tunnel, franchement…). Mais Spielberg réussit à faire de ce Indiana Jones 3 l’un des sommets du pop-corn movie tel qu’on le connaissait alors.

Harrison Ford a toujours une classe folle en aventurier jusqu’au-boutiste, capable d’affronter n’importe quel danger sans l’ombre d’une hésitation. Mais la grande idée du film, c’est de lui avoir donné une histoire (beau prologue, avec River Phoenix dans le rôle du jeune Indiana Jones), et surtout de le confronter à une figure paternelle qui fait ressortir les failles de ce héros absolu.

Et pas n’importe quel père : Sean Connery, absolument génial en scientifique plus doué pour la recherche que pour le rôle de père. Entre Connery et Ford, l’alchimie est totale. Dès leur première rencontre, il se passe quelque chose entre ces deux-là, de totalement irrésistible. Hilarant, avec un rien d’émotion… Il faut les voir côte à côte sur un side-car pourchassé par des Nazis, Indy effaçant un sourire devant le regard sévère de son père, devant qui cet aventurier sans peur semble redevenir un enfant.

Drôle, inventif, décoiffant, Indiana Jones et la dernière croisade n’a pas la prétention d’être autre chose que ce la saga est depuis le début : un pur divertissement, sans arrière-pensée et sans message. Juste un immense plaisir à savourer sans modération.

* Voir aussi : Les Aventuriers de l’Arche perdue, Indiana Jones et le Temple maudit, et Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal.

Indiana Jones et le Temple maudit (Indiana Jones and the Temple of Doom) – de Steven Spielberg – 1984

Posté : 30 décembre, 2015 @ 2:38 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, FORD Harrison, SPIELBERG Steven | Pas de commentaires »

Indiana Jones et le temple maudit

Après avoir créé un mythe, encore fallait-il le faire vivre… Pour cette première suite après le « miracle » de … l’Arche perdue, le tandem Spielberg-Lucas n’a pas choisi entre la fantaisie la plus légère et la violence la plus sombre : le Temple maudit est un pur film d’aventures avec son lot d’action échevelée et l’humour irrésistible du personnage ; c’est aussi, et de loin, l’épisode le plus noir, le plus dérangeant et le plus gore de la saga.

Le cocktail est curieux, parfois un peu indigeste, comme si Lucas et Spielberg avaient chacun voulu apposer leur signature, sans que les deux comparses n’arrivent à trouver une vision commune. D’ailleurs, le réalisateur ne cachera pas que ce deuxième « Indy » lui a quelque peu échappé, et regrettera ouvertement de ne pas en avoir fait un pur divertissement comme les autres films de la série.
La peur et le rire sont parfaitement imbriqués cela dit, mais s’ajoute à ce savoureux mélange des séquences limite gores (le cœur arraché, en particulier), et un aspect grand-guignol qui a plutôt mal vieilli. Comme les gags à répétition autour de l’étrange nourriture que les personnages sont obligés d’ingurgiter…

Mais Spielberg, réalisateur, nous offre de beaux, de grands moments de cinéma : de superbes images qui mettent en valeur les splendides décors naturels, et qui évoquent joliment les grands films d’aventure des années 50 du style Mogambo. On sait qu’Indiana Jones est né de l’amour des deux amis pour le vieux cinéma de genre hollywoodien. Avec ce deuxième opus, Spielberg et Lucas confirment cette approche cinéphile.

Dans la séquence d’ouverture, qui prend le contre-pied total du premier film, Spielberg semble même s’offrir un grand plaisir en évoquant à la fois la comédie musicale, le film noir, le film d’aventures… et la saga James Bond, dont Spielberg rêvait de réaliser un épisode au début des années 80.

Après ces vingt premières minutes complètement folles, le film continue à se démarquer des Aventuriers… : alors que, dans le précédent film, Indy était lancé dans une sorte de voyage perpétuel, cette « suite » (dont l’action se déroule curieusement en 1935, un an avant celle du premier film) renonce aux voyages : la quasi-totalité du film se déroule en effet à l’intérieur même d’une montagne, loin donc des grands espaces auxquels on avait déjà attaché le héros le plus mythique de la décennie.

Dans le rayon des surprises, il y a aussi les « sidekicks » d’Indy, qui confirme son caractère d’aventurier un rien goujat et irresponsable, puisqu’il entraîne dans ses aventures une belle blonde tête à claque (Kate Capshaw, qui allait devenir Mme Spielberg) et un gamin débrouillard (le petit Asiatique qu’on reverra dans Les Goonies), sources intarissables de comédie.

Mais le plus drôle, et le plus intense à la fois, c’est Harrison Ford, une nouvelle fois génial dans le rôle de sa vie. Aussi à l’aise dans l’action pure que dans la comédie, Ford est formidable lorsqu’il donne à son archéologue des airs outrés ou lorsqu’il affiche son petit sourire satisfait. Même dans un film bancal et inégal comme celui-là, le plaisir de le voir enfiler les frusques d’Indiana Jones est immense, et rare.

* Voir aussi : Les Aventuriers de l’Arche perdue, Indiana Jones et la Dernière Croisade, et Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal.

Les Aventuriers de l’Arche perdue (Raiders of the Lost Ark) – de Steven Spielberg – 1981

Posté : 14 décembre, 2015 @ 4:55 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, FORD Harrison, SPIELBERG Steven | Pas de commentaires »

Les Aventuriers de l'Arche perdue

Steven Spielberg invente le film d’aventures non-stop avec ce premier Indiana Jones. L’histoire est connue : imaginé par George Lucas, porté à l’écran par le roi du pop-corn movie, le personnage est un hommage aux grands serials des années 30 à 50, ces ancêtres des feuilletons télé dont chaque épisode se terminait par un « cliffhanger » toujours plus improbable et spectaculaire…

Les Aventuriers de l’Arche perdue est construit comme tel, comme une succession ininterrompue de morceaux de bravoure, avec un héros capable d’affronter tous les dangers, tous les ennemis… jusqu’à faire face à une armée entière, celle du IIIe Reich, incarnation du Mal absolu. Le sujet du film est on ne peut plus simple: c’est l’éternel affrontement du bien et du mal, dans sa forme la plus manichéenne, et la plus divertissante. Un pur plaisir de cinéma totalement assumé.

Le réalisme et la vraisemblance n’ont pas droit de cité ici : on est clairement dans le mythe cinématographique. D’ailleurs, dès sa première apparition à l’écran, Harrison Ford / Indiana Jones est filmé comme tel : un mythe, dont l’entrée en scène doit être aussi marquante que celles de Sean Connery en James Bond dans Dr No, ou de Bogart alias Rick dans Casablanca. Pas étonnant que le personnage soit devenu presque instantanément l’une des figures populaires les plus immédiatement identifiables, l’un des symboles les plus universels du cinéma… avec un certain Charlot.

Figure déterminée sortant de l’ombre, silhouette découpée dans le soleil levant… La mise en scène de Spielberg ne cesse de sublimer cet « archéologue » dont la véritable occupation est à vrai dire « héros ultime ». Mais si le personnage est à ce point mythique, il le doit aussi à son interprète : lorsque Harrison Ford, chemise ouverte sur un poitrail en sueur, remet son Fedora sur sa tête, c’est un véritable miracle qui se produit. Indiana Jones est le rôle de sa vie, c’est rien de le dire.

Quant à ce premier film, le meilleur de la saga, il reste l’un des chefs d’œuvre de Spielberg, un film totalement décomplexé, un immense bonheur de cinéphile, dont le plaisir reste le même vision après vision. If adventure has a name, it must be Indiana Jones…

* Voir aussi : Indiana Jones et le Temple mauditIndiana Jones et la Dernière Croisade, et Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal.

Expendables 3 (id.) – de Patrick Hughes – 2014

Posté : 5 janvier, 2015 @ 12:21 dans 2010-2019, FORD Harrison, HUGHES Patrick, STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Expendables 3

La logique de la franchise ronronne un peu dans ce troisième opus qui reprend sans surprendre les recettes éprouvées dans les deux premiers films. Stallone, star et scénariste, imagine bien une confrontation entre les vieux de la vieille et de jeunes recrues, les opposant sur leurs méthodes plutôt que sur leur esprit, mais c’est surtout l’aspect gentiment nostalgique qui fonctionne à plein. Le film n’est d’ailleurs jamais aussi réjouissant que quand Stallone joue sur son propre vieillissement et sur sa figure de héros du passé.

On sent aussi Stallone très à l’aise dans les séquences qui mettent en valeur la camaraderie virile de ces gros bras. Mais ce troisième opus laisse surtout la part belle aux séquences d’action, que le jeunôt Patrick Hughes filme plutot efficacement. L’ultime séquence, en particulier, interminable guerilla dans les ruines d’un immeuble, qui joue aussi bien sur la profusion des personnages que sur l’immensité d’un décor aussi vaste que haut (même si Hughes n’a pas le génie du Tsui Hark de Time and Tide pour filmer les fusillades en trois dimensions…).

Pour ce pur plaisir régressif, Stallone a réuni le casting définitif. Outre les jeunes stars du catch mis en scène avec une certaine tendresse, mais condamnés à rester dans l’ombre des gros bras d’antan, c’est tout le cinéma populaire des années 80 et 90 qui défile autour des piliers, Stallone et Statham. Schwarzenegger, Lundgren et Jet Li sont toujours de la partie. Et si Bruce Willis, en froid avec Stallone, a été remercié, il est remplacé par Harrison Ford himself (qui, évoquant son prédécesseur, lance un revanchard « He’s out of the picture »). Trois nouvelles recrues de choix, aussi : Wesley Snipes, Antonio Banderas et Mel Gibson, réjouissant en méchant ultime.

Une telle affiche avait tout de la mauvaise idée, et pouvait tourner au défilé de célébrités un peu vain. Mais non : le film réussit à mettre en valeur tout ce petit monde, sans oublier qui que ce soit au passage (à l’exception de Jet Li, qui se contente d’une apparition sans consistance dans la dernière partie). Ce n’est pas le moindre mérite de Stallone et de son réalisateur.

• DVD chez Metropolitan, avec un bêtisier très sympathique, une scène de baston un peu allongée, et une poignée de documentaires sur la promotion française du film, lors de l’avant-première à Paris et sur la Croisette.

• Voir aussi : Expendables, premier du nom, et Expendables 2.

Frantic (id.) – de Roman Polanski – 1987

Posté : 27 février, 2014 @ 2:42 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, FORD Harrison, POLANSKI Roman | Pas de commentaires »

Frantic

Après l’échec cinglant de Pirates, Polanski revient avec un thriller, genre qu’il a peu fréquenté jusqu’alors, mais qu’il s’approprie d’une manière très personnelle. Lui qui a dû quitter l’Amérique où il avait fait sa vie pour s’installer en France filme la détresse d’un Américain perdu à Paris, sans connaître grand-chose de la ville, et sans en parler la langue… D’abord et avant tout un pur film de genre, efficace et passionnant, mais dans lequel le cinéaste semble dire beaucoup de sa propre expérience d’exilé plongé dans une culture qui n’est pas la sienne.

Dans le rôle principal, Harrison Ford est formidable. C’est peut-être la plus belle période de sa carrière : entre deux Indiana Jones (Le Temple maudit et La Dernière Croisade), l’acteur venait de trouver deux rôles en or chez Peter Weir (Mosquito Coast et Witness). Avec Frantic, il casse une nouvelle fois son image d’aventurier, imposée par Lucas et Spielberg : il interprète un grand médecin qui n’a rien d’héroïque, mais forcé de se confronter à la violence lorsque sa femme disparaît mystérieusement, et que personne ne prend cette absence au sérieux, ni la police, ni le consulat américain.

Toute l’histoire est racontée de son point de vue, et c’est l’idée la plus importante du film, qui nous met dans la peau de ce monsieur tout le monde confronté à une situation exceptionnelle, et emmuré par les frontières de la langue et des cultures. Le principe n’est pas nouveau : John Frankenheimer avait déjà fait de ce choc des cultures l’un des moteurs de French Connection 2. Mais Polanski va plus loin, en en faisant le sujet central de son film.

Incapable de se faire comprendre, Walker/Ford plonge dans un monde qui n’est pas le sien : pas la même langue, pas les mêmes codes, pas la même musique même (un leitmotiv qui revient tout au long du film), et obligé de « faire équipe » avec une jeune femme qui est son opposée en tout. Beaucoup plus jeune, beaucoup moins sérieuse, beaucoup moins honnête… c’est le rôle qui a révélé la nature extraordinaire d’Emmanuelle Seigner qui, hélas, ne sera convenablement exploitée par la suite que par Polanski lui-même, son pygmalion et compagnon.

D’un scénario très hitchcockien (avec un vrai macguffin que n’aurait pas renié le maître), Polanski tire une virée sinistre et presque irréelle dans un décor qui, lui, est criant de vérité : les bas-fonds d’une ville de carte postale dont on découvre le glauque revers. Un cauchemar éveillé marqué par cette étrange rencontre de deux êtres que tout oppose et qui n’aurait jamais dû se croiser, mais qui se rapprochent peu à peu, sans jamais franchir la ligne, mais en baissant la garde lors d’une troublante et magnifique scène dans une boîte de nuit. Là, lors d’une courte scène de danse, tout se lit sur le visage de Ford : la fatigue, la peur, l’urgence, l’attirance, la culpabilité…

Formellement, tout n’est pas aussi réussi que ce moment fascinant. Mais Polanski tient son suspense de bout en bout, et filme un Paris comme on l’a rarement vu…

Danger immédiat (Clear and present danger) – de Phillip Noyce – 1994

Posté : 5 février, 2014 @ 2:20 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, ACTION US (1980-…), FORD Harrison, NOYCE Philip | Pas de commentaires »

Danger immédiat

Cette suite par d’emblée dans la bonne direction : creuser le sillon qui n’avait été qu’ébauché dans Jeux de guerre, lors d’une séquence mémorable de tuerie virtuelle. Dans ce nouveau « Jack Ryan », l’analyste de la CIA, promu directeur adjoint suite à la maladie de son mentor (toujours joué par James Earl Jones), est confronté au cynisme des plus hautes sphères de l’Etat, lancées dans une guérilla sans morale face aux barons de la drogue.

Pris entre deux feux, Ryan est plus que jamais le symbole de la pureté et de l’innocence. Trop parfois, quitte à devenir la caricature de lui-même lors d’une tirade mémorable : « Ce n’est pas noir ou blanc, c’est bien ou mal ! »

Toujours aux manettes (hélas !), Phillip Noyce n’est pas devenu un grand réalisateur en deux ans. Le manque de rythme, l’anonymat de la mise en scène, la manière souvent convenue de filmer les dialogues… Tout cela plombe un film par ailleurs trop long.

Mais le scénario, plus complexe et plus ambitieux, est une réussite. Et puis le film, en revenant aux fondamentaux de l’œuvre de Tom Clancy, relègue la vie privée de Ryan au second plan, et avec elle la femme de Ryan, toujours interprétée par une Anne Archer au visage curieusement momifié, assez insupportable.

Ses face-à-face avec Harrison Ford en sont presque dérangeants, tant le contraste entre leurs deux jeux est frappant. Elle totalement inexpressive, lui absolument remarquable. Il est, cette fois encore, la raison d’être et le meilleur atout de cette honnête séquelle.

• A l’occasion de la sortie en salles de The Ryan Initiative, Paramount vient d’éditer un coffret, DVD ou blue ray, regroupant les quatre premiers films consacrés à Jack Ryan (A la poursuite d’Octobre rouge, Jeux de guerre, Danger immédiat et La Somme de toutes les peurs), avec des interviews d’époque plutôt intéressantes, consacrées à la gestation des films.

Jeux de guerre (Patriot Games) – de Phillip Noyce – 1992

Posté : 5 février, 2014 @ 2:16 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, ACTION US (1980-…), FORD Harrison, NOYCE Philip | Pas de commentaires »

Jeux de guerre

Après le formidable A la poursuite d’Octobre Rouge, les producteurs ont rapidement mis en chantier une suite des aventures de Jack Ryan. Deux suites, même : les droits de Jeux de guerre et de Danger immédiat avaient été achetés à Tom Clancy, et des scénarios ont été commandés pour les deux. Finalement, il a été décidé de privilégier le premier, davantage axé sur la vie privé de Jack Ryan.

Sauf que Alec Baldwin, qui souhaitait monter sur scène, a rejeté l’offre, et qu’il a fallu lui trouver un remplaçant. C’est Harrison Ford qui s’y colle. La star avait déjà été approchée pour le précédent film, mais il estimait alors que le seul rôle intéressant était celui de l’officier russe finalement joué par Sean Connery. Cette deuxième chance lui vaudra l’un de ses plus gros succès populaires de la décennie.

Le film n’a pourtant pas bonne réputation. Beaucoup lui reprochent son manichéisme outrancier, et la condamnation sans nuance de l’IRA. Cette critique est un peu excessive et injuste. Manichéen, le film l’est assurément. Mais il ne fait pas des indépendantistes irlandais des monstres absolus. Le grand méchant, joué par Sean Bean, n’est finalement mû que par une soif de vengeance personnelle, un méchant plutôt classique du cinéma américain. Quant au groupuscule auquel il appartient, qui tente de tuer un membre de la famille royale, il s’agit d’une branche dissidente de l’IRA, qui marque de manière radicale sa rupture avec le mouvement officiel, dès les premières séquences.

Cette précision faite, on peut trouver bien d’autres défauts au film, dus avant tout à la personnalité du réalisateur : Phillip Noyce, pas vraiment un foudre de guerre, faiseur un peu mollasson que le monde a découvert grâce à son Calme Blanc made in Australia, et qui tournera par la suite des films oubliables comme Le Saint ou Salt. Avec une propension affirmée à passer à côté de ses sujets…

D’un thème fort (jusqu’où un homme « normal » est-il prêt à aller pour défendre sa famille, et « faire ce qui est bien » ?), Noyce tire un thriller honnête et assez efficace, mais anonyme et sans la moindre aspérité à laquelle se raccrocher.

Pour Harrison Ford, le film inaugure en quelque sorte une décennie toute entière consacrée à ces thrillers dont il est le héros, le sujet, et la seule raison d’être. Presque un genre en soi : « le thriller des années 90 avec Harrison Ford monsieur tout-le-monde intègre et droit qui se retrouve plongé au cœur de la violence ». Et dans ce rôle, bien sûr, il est parfait.

Il y a quand même deux grandes scènes très réussies. La première d’abord : celle où Ryan, témoin d’un attentat, ne peut s’empêcher d’intervenir. Et surtout celle où il assister, par écran interposé, au massacre de terroristes qu’il a lui-même localisés, et dont on ne voit que de vagues silhouettes à l’écran.

Une séquence quasi-muette et statique, mais qui est la seule à rompre avec le manichéisme du film. Soudain, le gentil sans peur et sans reproche laisse transparaître doutes et dégoût, en réalisant que les méthodes que son camp utilise ne sont pas si différentes de celles des monstres qu’il traque…

• A l’occasion de la sortie en salles de The Ryan Initiative, Paramount vient d’éditer un coffret, DVD ou blue ray, regroupant les quatre premiers films consacrés à Jack Ryan (A la poursuite d’Octobre rouge, Jeux de guerre, Danger immédiat et La Somme de toutes les peurs), avec des interviews d’époque plutôt intéressantes, consacrées à la gestation des films.

Présumé innocent (Presumed Innocent) – d’Alan J. Pakula – 1990

Posté : 18 septembre, 2012 @ 1:33 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, FORD Harrison, PAKULA Alan J. | Pas de commentaires »

Présumé innocent

Que ce film de tribunal est bavard ! Ce genre très américain implique certes la présence de très nombreux dialogues, mais là… Pakula a beaucoup de mal à sortir de ces diatribes qui n’en finissent plus. C’est d’ailleurs plutôt bien écrit, et assez prenant, mais l’absence d’une vraie vision de cinéaste pèse sur ce film empesé.

Harrison Ford, impeccable, interprète le bras droit d’un procureur général à la veille du scrutin pour sa réélection. Le meurtre d’une collaboratrice de son cabinet, jeune et belle femme de loi ambitieuse avec qui il a eu une liaison passionnée, vient bouleverser la campagne électorale. D’autant plus que tous les indices semblent accuser le pauvre Harrison, qui est bientôt inculpé.

L’histoire est suffisamment intrigante pour qu’on ne s’ennuie jamais, et Ford a un charisme évident. Mais son rôle n’est pas aussi complexe que celui de son épouse, jouée par Bonnie Bedelia. C’est elle qui incarne l’aspect le plus passionnant du film : la frustration sexuelle et ses effets sur leur couple.

Hélas, on a connu Pakula bien plus inspiré. Le réalisateur se contente de poser sa caméra où il le peut, manifestement sans volonté de construire ses cadres. Le résultat n’est pas désagréable, mais frustrant la plupart du temps. Dans la première partie, surtout, le film étonne par sa plastique totalement dénuée d’une quelconque originalité, ou d’identité.

Le film, en fait, est à l’image de son personnage principal : Ford est toujours sur la réserve et contient toutes ses émotions. L’acteur ne hausse jamais le ton, Pakula non plus. En adoptant le strict point de vue de Ford, personnage tout en intériorité, il aurait pu réaliser une œuvre habitée et puissante. Mais la retenue de la mise en scène tient surtout du manque d’inspiration.

Cela dit, encore une fois, on ne s’ennuie pas, et le thème musical de John Williams, envoûtant, est une grande réussite.

Cowboys et envahisseurs (Cowboys and Aliens) – de Jon Favreau – 2011

Posté : 7 février, 2012 @ 7:25 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, FAVREAU Jon, FORD Harrison, WESTERNS | Pas de commentaires »

Cowboys et envahisseurs

Mais que ce film est fainéant… L’idée de départ, une invasion extraterrestre en plein Far West, était particulièrement excitante. Confier les rôles principaux à Daniel Craig et Harrison Ford faisait même saliver. Et la présence derrière la caméra de Jon Favreau, à qui on doit Iron Man et sa suite, laissait présager un blockbuster original, ambitieux et explosif.

A l’arrivée, il y a bien des explosions, beaucoup, et des grosses encore. Mais à part ça ? Des poncifs, des emprunts éhontés (le mélange des genres est l’occasion de puiser aussi bien du côté du western que du côté du film fantastique : de Impitoyable à Predator, toutes les références incontournables y passent), et une propension remarquable à foirer tous les débuts de pistes intéressantes.

Il y avait au moins un thème qui aurait pu sortir le film de la paresse dans laquelle il se complaît : la menace des « démons » oblige les ennemis d’hier (hommes de loi, riches propriétaires corrompus, hors-la-loi, petites gens, et même Indiens) à faire front commun. Un sujet en or ? Ben pas pour Jon Favreau, qui présente cette alliance impossible comme une évidence torchée en deux plans. Bon…

A vrai dire, il fait même bien pire, en invoquant un personnage féminin qui fait joli, certes (Olivia Wilde a des atouts, c’est sûr), mais qui bousille complètement le sujet même du film (vous n’avez qu’à le voir pour comprendre).

Qu’est-ce qu’on a, à part ça ? Une grosse production efficace, explosive, et anonyme, qui aurait mérité mille fois mieux.

Et les deux stars, dans tout ça ? Absolument irréprochables : Daniel Craig et Harrison Ford se contentent de faire ce pour quoi on les a embauchés, à défaut d’avoir un directeur d’acteur pour les guider. Ford s’en sort le mieux : son personnage de vieille teigne a beau ne pas être très crédible, l’acteur lui donne une vraie épaisseur. Rien que pour lui…

123
 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr