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Archive pour la catégorie 'DOUGLAS Kirk'

L’Ombre d’un géant (Cast a giant shadow) – de Melville Shavelson – 1966

Posté : 17 septembre, 2017 @ 8:00 dans 1960-1969, DOUGLAS Kirk, SHAVELSON Melville, WAYNE John | Pas de commentaires »

L'Ombre d'un géant

On sent bien que Melville Shavelson, scénariste et réalisateur dont j’avoue ne connaître aucun autre film, a pris à cœur cette grosse production consacrée à la naissance de l’Etat d’Israël, véritable hommage au courage du peuple juif. Cet engagement du cinéaste fait à la fois la force et la faiblesse du film. La force parce qu’on ne peut qu’être séduit par la sincérité du propos, et par le soin apporté à l’écriture et à la mise en scène, ample et souvent spectaculaire. La faiblesse parce qu’on sent aussi la crainte de ne pas être à la hauteur du sujet derrière l’extrême application, parfois, et ce désir d’être didactique tout en étant admiratif.

Le film est finalement trop dans l’hommage pour être tout à fait honnête, hélas. Aussi attachant soit-il, le film pêche par trop d’académisme et trop d’application, et manque probablement d’un peu de recul. Cela dit, ça fonctionne plutôt bien, comme une succession de moments forts souvent bien réalisés. Dans les transitions, la réussite est plus discutable, comme dans les quelques flash-backs assez calamiteux, dont le seul intérêt semble être d’étoffer le rôle tenu par John Wayne.

Wayne fait partie des « special appearances » du film, avec Yul Brynner et Frank Sinatra. Mais c’est Kirk Douglas qui tient le rôle principal : celui, bien réel, d’un ancien officier de l’armée américaine qui accepte de conseiller, puis d’unifier et de diriger la toute jeune armée israélienne. Excellent, comme toujours, l’ami Kirk incarne parfaitement ce mélange de force et de doutes qui caractérise son personnage.

D’ailleurs, le film n’est jamais aussi bon que quand il s’intéresse à lui, à la manière dont il s’éprend de la cause israélienne, coup de foudre personnifiée par une jeune et belle combattante (Senta Berger, qui lui ferait presque oublier l’épouse qu’il a laissée à New York, et qui est quand même interprétée par Angie Dickinson. Ces errements de cœur, l’évolution de la perception de « son » Amérique et de cette terre d’Israël qu’il découvre, sont les plus belles réussites de ce film imparfait mais à la sincérité séduisante.

Seuls sont les indomptés (Lonely are the brave) – de David Miller – 1962

Posté : 16 février, 2017 @ 8:00 dans 1960-1969, DOUGLAS Kirk, MILLER David, POLARS/NOIRS, WESTERNS | Pas de commentaires »

Seuls sont les indomptés

Un cowboy se réveille près de son cheval, dans un paysage désertique. Une première image classique de western. Mais alors qu’il selle son compagnon, un étrange bourdonnement se fait entendre, de plus en plus pressant. Le cowboy lève les yeux vers les premières lueurs du jour : trois avions de chasse passent dans le ciel.
A peu près tout est dit dans cette première scène sobre, au noir et blanc superbement granuleux. Seuls sont les indomptés est le portrait d’un homme perdu dans son époque, un cowboy qui n’envisage sa vie que libre et sans contrainte, sans attache, un authentique solitaire né 80 ans trop tard, interprété par Kirk Douglas, une nouvelle fois immense.

Il y a ainsi une très belle scène avec Gena Rowlands, femme dont on comprend qu’il l’a aimée, mais l’a poussée à épouser son meilleur ami. « Tu en voulais trop », lui rappelle-t-elle. « Je n’en voulais pas assez », corrige-t-il. « Je ne voulais pas de maison, ni de cuisine aménagée, je ne voulais que toi. »

Un homme qui ne se « rêve » pas en homme libre, mais qui va au bout de ce qu’il est, fulminant quand sa route croise des barbelés (un vieux thème du western classique), se faisant volontairement enfermée en prison pour aider son ami à s’évader… avant de réaliser que son ami, lui, a finalement accepté l’époque qui est la leur, et les règles et contraintes qui vont avec.

Seuls sont les indomptés n’est pas un film parfait : quelques rebondissements discutables, le personnage de brute un rien caricatural joué par George Kennedy, ou les apparitions, tout au long du film, d’un camionneur (Carroll O’Connor) dont on imagine bien vite qu’il représente une sorte de destin fatal, procédé téléphoné pas très heureux.

Mais il y a surtout la nostalgie d’une certaine Amérique, qui prend toute sa dimension dans la longue séquence de la traque, entre un Kirk Douglas qui retrouve un décor pur enfin digne de l’Ouest sauvage… perturbé par l’apparition d’un hélicoptère et de voitures, et un shérif nonchalant et fatigué (Walter Matthau, réjouissant), dont on ressent la sympathie qu’il a pour cet homme qui va au bout de ses passions. Le symbole magnifique d’une époque révolue où la liberté était la première des valeurs.

Histoire de détective (Detective Story) – de William Wyler – 1951

Posté : 13 octobre, 2016 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, DOUGLAS Kirk, WYLER William | Pas de commentaires »

Histoire de détective

Il ne faut pas se fier au titre : le film n’a rien à voir avec un polar. Ou plutôt si, fions-nous au titre : c’est bel et bien l’histoire d’un détective que raconte Wyler, mais uniquement par le versant humain du personnage. La première fausse piste passée, et une fois avéré le fait que l’enquête autour de ce médecin avorteur joué par George Macready n’a d’autre intérêt que l’impact qu’il a sur le détective en question, alors le film se dévoile pour ce qu’il est vraiment : le portrait d’un homme malade.

L’homme malade, c’est Kirk Douglas, formidable en flic trop obnubilé par des principes qui cachent (mal) le traumatisme d’une jeunesse ratée. Un jusqu’au-boutiste rigide et incapable de la moindre sensibilité, un bloc inflexible qui, comme le dit l’un de ses collègues (l’excellent William Bendix), arrêterait sa propre mère.

Unité de temps, unité de lieu (ou presque)… Le film est l’adaptation (par Philip Yordan) d’une pièce à succès de Sidney Kingsley qui raconte la descente aux enfers, en une soirée, d’un flic confronté à ses propres démons. Wyler n’évite d’ailleurs pas toujours le carcan du théâtre filmé, avec des dialogues qui semblent un peu trop découpés et théâtraux.

Et paradoxalement, ce sont les quelques plans filmés à l’extérieur du commissariat qui rappellent le plus les origines théâtrales du projet, tant elles rompent le rythme du récit. A l’exception quand même de la scène du « panier à salade », admirablement tendue. Lorsqu’il reste confiné à l’intérieur de cette grande pièce, Wyler utilise en tout cas parfaitement son décor, faisant naître un sentiment de claustrophobie grandissant.

Mais plus le film avance, plus le personnage de Kirk Douglas dévoile ses fêlures, et plus la caméra se rapproche de lui, faisant constamment monter la tension, jusqu’à une conclusion bouleversante. Wyler, il est vrai, peut s’appuyer sur des acteurs formidables et, pour le coup, pas du tout théâtraux. A commence par Kirk lui-même, clairement dans la plus grande période de sa carrière : celle de ses plus grands films et de ses plus grands défis d’acteur. Ce personnage, peu aimable, en est clairement un.

Il y a quand même une exception, une actrice dont le jeu semble prendre le contrepoint de tous les autres : Lee Grant, dans le rôle de la petite voleuse à la tire qui hante tout le film de sa présence. Elle en fait des tonnes, trop sans doute, mais il se dégage une étrange émotion de ce personnage un peu cinglé. C’est elle en tout cas qui décrochera un prix d’interprétation à Cannes, pour ce rôle.

Le Gouffre aux chimères (Ace in the Hole / The Big Carnival) – de Billy Wilder – 1951

Posté : 30 septembre, 2016 @ 8:00 dans 1950-1959, DOUGLAS Kirk, WILDER Billy | Pas de commentaires »

Le Gouffre aux chimères

Décidément très sombre, Billy Wilder, au tournant des années 50. Tourné après Sunset Boulevard, ce Ace in the Hole est sans doute le plus cynique de tous ses films, une charge d’une rare violence contre… Contre quoi d’ailleurs ? Le comportement des journalistes prêts à manipuler la vérité (et la vie des gens) pour une bonne histoire ? Celui de leurs lecteurs avides de drames humains qui se précipitent sur les lieux d’une tragédie comme ils se rendent à une fête foraine ?

Et ce n’est pas une simple formule. Autour de la mine où un homme est coincé depuis des jours, c’est effectivement une véritable foire qui se forme, « grâce » aux arrangements avec la vérité d’un journaliste prêt à tout pour retrouver les grâces des grands journaux nationaux, lui qui se morfond depuis des mois dans un petit canard de province qu’il méprise avec toute la force de son dédain.

C’est Kirk Douglas, dans l’un de ses très grands rôles. Un sale type, qui ne se cache pas. Une vision détestable du journaliste, l’antithèse en quelques sortes du Bogart de Bas les masques. Un homme pourtant, à qui il faudra du temps pour réaliser que derrières les histoires qu’il livre au lecteur comme on nourrit un vautour, il y a des drames humains. Et qu’il y joue un rôle quoi qu’il en dise, lui qui répète sans cesse qu’il relate les mauvaises nouvelles, qu’il ne les crée pas…

Pas réjouissante, la vision de l’humanité de Wilder dans ce film. On y croise aussi des flics corrompus, des Indiens avides ou encore une épouse pas vraiment éplorée, tous bien décidés à profiter du drame. Et au milieu de ce grand carnaval, un homme enseveli et son père qui erre au milieu de la foule, toujours plus seul à mesure que cette dernière grandit. Les images de ce petit homme infirme claudiquant de dos au cœur de la foule sont peut-être les plus belles de ce film fort et cruel.

Le Dernier Train de Gun Hill (Last Train from Gun Hill) – de John Sturges – 1959

Posté : 29 septembre, 2016 @ 8:00 dans 1950-1959, DOUGLAS Kirk, STURGES John, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le dernier train de Gun Hill

Il suffit parfois de rien : le message d’un ami qui vient de revoir l’un de ces westerns qui ont bercé mon adolescence. Suffisant pour donner envie de redécouvrir ce John Sturges un peu oublié, perdu entre deux classiques du genre (le cinéaste l’a tourné entre Règlement de compte à OK Corral et Les Sept Mercenaires, deux références), et pas vu depuis au moins vingt ans.

Les premières minutes sont plutôt cruelles. Un prologue pourtant dramatique (une femme violée et tuée devant les yeux de son fils), mais filmé avec une platitude remarquable, sans le moindre souffle et sans la moindre force, dans un décor visiblement droit sorti du précédent classique de Sturges (la scène romantique de Burt Lancaster/Wyatt Earp).

On craint alors le pire. Mais l’entrée en scène de l’ami Kirk Douglas, rescapé du OK Corral, donne un coup de peps à mise en scène de Sturges, qui semble retrouver tout son allant et toute son inspiration. Elle est formidable cette première scène, qui nous montre un shérif rigolard évoquant avec les enfants de sa ville tranquille des heures plus troublées qu’ils n’ont pas connu, et dont on devine qu’il va bientôt être rattrapé par la violence. Parce que cette femme violée et tuée, c’est la sienne…

Par le plus grand des hasards (soyons indulgents sur les facilités scénaristiques), le shérif Kirk découvre sur le lieu du drame une selle qui le mène droit au coupable, qui n’est autre que le fils de son meilleur ami, qui lui sauva la vie jadis. Tout ça est un peu tiré par les cheveux, certes. Mais qu’importe, le cinéma de genre est pavé de ces petits trucs improbables. Et ce truc-là donne au film une belle gravité.

Le meilleur ami, c’est Anthony Quinn, dans l’une de ses très belles interprétations, toute en sobriété et en présence magnétique. Si le personnage de Kirk Douglas impressionne par sa volonté et son jusqu’au boutisme, c’est lui, Quinn, qui donne au film ses meilleurs moments. Tiraillé entre son attachement sincère pour cet ami de longue date, et son refus de laisser son fils, pourtant totalement con, se faire pendre. Un beau sujet de tragédie.

Qu’importe aussi si la fin, décevante, laisse un sentiment d’inachevé. Il y a dans ce western une tension qui ne retombe jamais, et une force viscérale qui trouve son apogée lors d’une séquence d’incendie apocalyptique que n’aurait pas renié Eastwood. Sturges ne révolutionne pas le genre (le thème rappelle souvent Le Train sifflera trois fois ou 3h10 pour Yuma), mais il lui offre une belle réussite. Ambiance La Dernière Séance, comme dit mon pote…

Nimitz, retour vers l’enfer (The Final Countdown) – de Don Taylor – 1980

Posté : 10 septembre, 2016 @ 8:00 dans 1980-1989, DOUGLAS Kirk, FANTASTIQUE/SF, TAYLOR Don | Pas de commentaires »

Nimitz, retour vers l'enfer

Sans même évoquer l’âge d’or de Spartacus, rappelons juste que Kirk Douglas a commencé sa carrière avec des seconds rôles dans L’Emprise du Crime et La Griffe du Passé. Une entrée en matière bien fourbe pour souligner que, décidément, sa fin de carrière est nettement moins glorieuse que ses premiers pas. Contrairement à son éternel complice Burt Lancaster qui, lui, aura réussi à avoir une filmographie passionnante de bout en bout, Douglas enchaîne alors les films poussifs, à de rares exceptions près.

Celui-ci s’inscrivait dans une vogue de films inspirés par la SF (de War Games à Firefox) qui, tous ou presque, ont particulièrement mal vieilli. Mais ce qui gêne le plus dans ce Nimitz, ce n’est pas cet aspect un peu ringard des effets spéciaux (qui au final sont très rares), mais le scénario lui-même, basé sur ce qui se révèle une fausse bonne idée qui fait flop.

Plein de promesses pourtant, ce sujet : un porte-avion de 1980 se retrouve propulsé par accident en 1941, à la veille de l’attaque des Japonnais sur Pearl Harbor, attaque qu’il pourrait empêcher à lui seul grâce à son exceptionnelle puissance de feu. Sans doute ce sujet aurait-il fait un bon épisode à La Quatrième dimension. Mais le cas de conscience que cette situation procure débouche sur pas grand-chose. Jamais le scénario ne tire profit de cette belle idée de départ.

Alors pour occuper le temps (il faut quand même tenir plus d’une heure trente), le pas très talentueux Don Taylor multiplie les interminables plans d’avion filmés tellement platement que le Tony Scott de Top Gun passe en comparaison pour l’égal d’un John Ford ! Et que dire des dialogues ? Les scénaristes (ils s’y sont mis à quatre) ne savent tellement pas quoi faire d’un sujet qui soulève pourtant bien des questions, qu’ils ne font parler les personnages que de la météo. Finalement moins surpris par le fait d’avoir été propulsé quarante ans en arrière que par des nuages qui se forment sur leurs têtes…

Du coup, les acteurs n’ont pas grand chose à jouer. Kirk Douglas passe le film à boire du café affalé sur son siège de commandement, et Martin Sheen joue les témoins de luxe sans jamais interférer vraiment sur les événements. On est bien content de les voir, mais c’est bien peu.

* DVD chez Sidonis/Calysta, avec un documentaire sur Pearl Harbor.

Spartacus (id.) – de Stanley Kubrick (et Anthony Mann) – 1960

Posté : 14 août, 2015 @ 12:23 dans 1960-1969, CURTIS Tony, DOUGLAS Kirk, KUBRICK Stanley, MANN Anthony | Pas de commentaires »

Spartacus

Kubrick a décidément marqué tous les genres qu’il a abordés. Avec Spartacus (commencé par Anthony Mann, à qui on doit les premiers plans du film), c’est tout simplement l’un des plus beaux péplums du monde qu’il réalise. Pour ne pas dire LE plus beau. Superproduction et drame intime, le film est une merveille sur tous les plans. Si le film est si réussi, c’est parce que malgré l’ampleur des moyens et la beauté fulgurante des images, c’est le couple Jean Simmons-Kirk Douglas qui est au coeur de tout, incarnation superbe de tous les rêves brisés de ces esclaves.

« Did they hurt you? » murmure Spartacus le gladiateur à la belle esclave jouée par Jean Simmons avec laquelle il a noué une relation uniquement basée sur le regard, privés de tout autre contact. Et ce simple murmure, bouleversant, équivaut à la plus déchirante des déclarations d’amour. Cette histoire d’amour est, tout au long des trois heures du film, le fil conducteur, le moteur et l’âme de Spartacus, fresque grandiose dont les moyens immenses sont toujours au service des personnages.

La mise en scène de Kubrick est exceptionnelle. Parfois minimaliste, comme cette série de plans très simples dans les cellules qui souligne l’isolement extrême et cruel des gladiateurs. Avec, aussi, une utilisation très intelligente des ellipses, qui évitent l’accumulation de scènes de combats qui n’auraient rien apporté au propos. Mais même s’il ne se complaît pas dans l’étalage de ses moyens, Kubrick assume l’aspect superproduction de son film, avec de superbes plans de foule ou encore l’impressionnante marche des légions romaines lors de la grande bataille.

Sans jeu de mots pourri, les morceaux de bravoure sont légions. Les moments de calme en sont d’autant plus forts, comme cette parenthèse bouleversante durant laquelle le personnage de Tony Curtis dit un poème aux esclaves en fuite, sublime partage des beautés et des espoirs de la vie.

Le film trouve le parfait équilibre entre ces moments de pure beauté et les scènes d’action, durant lesquelles les acteurs donnent de leur personne. Y compris la star Kirk Douglas, dont on voit bien pendant l’évasion qu’il a lui-même fait ses cascades. Aussi formidable pour sa présence physique hors norme que pour le mélange de force et de douleur qu’il apporte à son personnage. L’un des plus beaux moments du film est son regard perdu lorsque le gladiateur joué par Woody Strode (magnifique dans un rôle quasi-muet) refuse de le tuer, signant par là-même son propre arrêt de mort.

Comme dans la plupart des grosses productions de l’époque, Kubrick a droit à une distribution très prestigieuses. Souvent un cadeau empoisonné, avec la difficulté que l’on imagine pour que chacun trouve sa place. Mais le cinéaste parvient à faire exister chacun d’entre eux, et de quelle manière. Laurence Olivier, Charles Laughton (monstrueux et terriblement humain), Peter Ustinov, John Gavin (inattendu en César), Charles McCraw, John McIntire… tous trouvent ici l’un de leurs meilleurs rôles.

Spartacus est un chef d’oeuvre comme le péplum en a peu connu. Le génie de Kubrick y est pour beaucoup, l’implication totale de l’acteur et producteur Kirk Douglas aussi. Quant au scénario, signé Dalton Trumbo, il est lui aussi exceptionnel, osant « infliger » au spectateur une ultime demi-heure d’une noirceur et d’un pessimisme déchirants.

Le Duel des héros (Draw !) – de Steven Hilliard Stern – 1976/1984

Posté : 6 février, 2015 @ 6:16 dans 1970-1979, 1980-1989, DOUGLAS Kirk, STERN Steven Hilliard, TÉLÉVISION, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Duel des héros

Il y a une petite incertitude, quant à l’origine de ce film. Il semble que ce western ait été tourné en 1976 pour la télévision, mais qu’il ait eu droit à une petite carrière sur grand écran huit ans plus tard. Information à prendre toutefois avec beaucoup de précaution…

Ce qui semble plus sûr, par contre, c’est que le sujet ait été apporté par Kirk Douglas, et que l’acteur, clairement pas dans la période la plus glorieuse de son immense carrière, ait longtemps cherché à l’interpréter au côté de son vieux complice Burt Lancaster. Finalement, c’est à James Coburn qu’il donne la réplique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le pauvre sent à plein nez le « choix bis », dans un rôle écrit pour un acteur de l’âge de Douglas (Coburn a 12 ans de moins, et la différence d’âge est flagrante).

Mais le principal problème du film, c’est l’incapacité du réalisateur à opter pour un ton précis : son western est-il noir et réaliste, ou flirte-t-il avec la parodie ? A force de ne pas choisir, Stern n’est jamais réellement convaincant.

L’histoire, pourtant, était assez originale et pleine de promesses : un vieux pistolero rangé des affaires se réfugie dans l’hôtel d’une petite ville après avoir tué un shérif en légitime défense. Alors que la population veut le lyncher, un ancien homme de loi débarque : un homme qui l’a longtemps poursuivi, avant de déposer les armes et de devenir alcoolique…

Le Duel des héros n’est pas un ratage absolu : on est toujours heureux de revoir ce vieux Kirk, toujours très en forme malgré ses 60 ans bien tapés. Mais Coburn, aussi sympathique soit-il, n’est clairement pas du même niveau. Et le film manque cruellement d’une quelconque unité. Comme si Stern était aussi tenté par Une corde pour te pendre (le premier western de Douglas) et Cactus Jack (une parodie du genre, tournée à la même époque).

• Sidonis fait les fonds de tiroir, cette fois, pour son incontournable collection « Westerns de Légende ». En bonus : une simple présentation par Patrick Brion.

L’Homme qui n’a pas d’étoile (The Man without a star) – de King Vidor – 1955

Posté : 30 août, 2013 @ 4:35 dans 1950-1959, DOUGLAS Kirk, VIDOR King, WESTERNS | Pas de commentaires »

L’Homme qui n’a pas d’étoile (The Man without a star) - de King Vidor - 1955 dans 1950-1959 lhomme-qui-na-pas-detoile

De ce chef d’œuvre du western, vu il y a bien quinze ans, je me souvenais de la chanson-titre, interprétée par Frankie Laine : l’une des chansons les plus marquantes de toute l’histoire du genre (avec « My darling Clementine » et une poignée d’autres). A le revoir, ce qui marque le plus, c’est de constater avec quelle perfection et quelle évidence le film combine des éléments inoubliables, et une grande simplicité.

Le scénario, signé Borden Chase (quelle carrière, quand même, allez donc jeter un œil à sa filmographie) et D.D. Beauchamps (qui a travaillé sur Le Barrage de Burlington), est d’une rare intelligence, et va bien au-delà du simple postulat de base, hyper classique.

C’est l’histoire d’un cow-boy sans le sou qui se retrouve au cœur d’un affrontement entre gros et petits éleveurs. Un thème récurrent dans l’histoire du western, qui évoque l’arrivée des barbelés dans les « open ranges » : la fin de l’Ouest sauvage et des grands espaces ouverts, et l’arrivée du capitalisme, d’une économie de plus en plus organisée. La lutte entre les puissants et les modestes ne se règle plus uniquement à coups de revolvers, mais aussi par une guerre économique.

Une mise en scène formidablement fluide, un montage au cordeau (pas un plan superflu, pas une minute inutile), une manière presque unique d’intégrer la musique (et notamment la chanson de Laine) à l’histoire jusque dans la bouche des personnages… Vidor signe l’un des plus grands westerns de la décennie, malgré un tournage chaotique, marqué par des affrontements constants entre le cinéaste et sa star, Kirk Douglas.

L’acteur entendait bien imposer sa vision du film. Difficile d’affirmer ce que l’on doit vraiment à l’un, et ce que l’on doit à l’autre, mais une chose est sûre : Douglas appose sa marque. Son interprétation, toute en énergie explosive (impressionnant lorsqu’il passe d’un rictus de tueur à un large sourire de fêtard), donne un ton à peu près unique et un rythme exceptionnel au film.

L’Homme qui n’a pas d’étoile est totalement à l’image de son interprétation : enlevé, souvent très léger (Douglas discute tranquillement à table tandis qu’on entend son jeune partenaire se battre dehors, hors champs), mais pourtant complexe et d’une grande profondeur, et bouleversant. Car ce type avide de liberté, qui apprend malgré tout à composer avec des règles de plus en plus contraignantes, surmonte toutes les épreuves mais arrive à une triste conclusion : il n’a plus sa place dans ce monde en mutation.

La Caravane de feu (The War Wagon) – de Burt Kennedy – 1967

Posté : 17 juin, 2013 @ 1:56 dans 1960-1969, DOUGLAS Kirk, KENNEDY Burt, WAYNE John, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Caravane de feu (The War Wagon) – de Burt Kennedy – 1967 dans 1960-1969 la-caravane-de-feu

La Caravane de feu semble n’avoir été fait qu’avec deux idées fortes : associer John Wayne et Kirk Douglas, et transposer le film de cambriolage, genre très en vogue dans les années 60, dans l’Ouest sauvage. Verdict ? Honorable, dirons-nous.

Le film ressemble quand même à un grand truc un peu informe, la plupart du temps. Un véhicule confortable pour deux stars dont l’apogée est déjà derrière elles. Deux hommes de l’Ouest vieillissants qui jouent ici gentiment avec leur image. Sans l’abîmer ni la remettre en question, sans prendre le moindre risque.

L’affrontement de ces deux monstres du cinéma tourne un peu en rond, sur le mode semi-parodique. Le scénario nous les présente comme deux ennemis mortels qui font alliance pour le seul appât du gain, mais on ne sent pas la moindre menace entre ces deux-là. Leurs face-à-face virils et faussement dangereux ne sont jamais pris au sérieux. Ce qui donne au film une légèreté pas désagréable, mais qui nous prive de la tension que cela aurait pu donner.

La transposition du film de cambriolage est un poil plus intéressante, parce que ce western respecte absolument tous les codes du genre : le « cerveau » qui réunit une bande hétéroclite, les préparatifs, le braquage à proprement parler, et la répartition du butin, où le plan parfaitement huilé vole en éclats…

C’est tellement fidèle à ce qu’on a vu cent fois en costumes contemporains, et même si le film a tous les attraits d’un vrai western, que tout effet de surprise tombe à plat. Surtout que le scénario est franchement paresseux, tout entier dirigé vers la vraie star du film : ce fourgon blindé que les cinq voleurs se préparent à attaquer. Le fourgon est tellement central dans l’entreprise de Burt Kennedy que le réalisateur le met en scène dès qu’il le peut tout au long du film, le faisant traverser le champ à la première occasion.

Kennedy n’a rien d’un auteur, mais c’est un honnête réalisateur, qui signe un western tout à fait honorable, avec des acteurs impeccables (Bruce Cabot, qui fut la vedette de King Kong quelques décennies plus tôt, en grand méchant ; Bruce Dern, récent prix d’interprétation à Cannes pour Nebraska, en porte-flingue vite flingué), une belle musique très westernienne de Dimitri Tiomkin, et de belle scènes d’action bien spectaculaires. Un pur divertissement bien sympathique, quoi…

La Caravane de feu est disponible pour la première fois en blue ray, dans une édition simple et pas chère (sans le moindre bonus), chez Universal.

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