Play it again, Sam

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Archive pour la catégorie 'CRUISE Tom'

Le dernier Samouraï (The Last Samurai) – d’Edward Zwick – 2003

Posté : 29 novembre, 2020 @ 8:00 dans 2000-2009, CRUISE Tom, WESTERNS, ZWICK Edward | Pas de commentaires »

Le Dernier Samouraï

Edward Zwick n’est pas le plus fin des réalisateurs, mais son cinéma a souvent une sincérité, une générosité et un souffle épique qui évoquent joyeusement le grand Hollywood. Encore que « joyeusement » n’est peut-être pas le terme le plus adapté, tant l’homme semble attiré par les grands destins sur fond de massacres ou de fins de mondes. C’est bien le cas avec ce Dernier Samouraï, qui s’achève par l’une des tueries les plus franches et radicales de ces dernières décennies.

Une véritable hécatombe, telle qu’on n’en voit pas si souvent, et que traverse un Tom Cruise christique, pas à l’abri des balles, mais comme insensible à leur effet… C’est qu’il morfle, le Tom, pendant ces 2h37 de film, passant allégrement à travers pas mal d’occasion de trépasser violemment et héroïquement. Mais à quoi bon : il n’est finalement qu’un témoin de cette disparition des Samouraïs, une manière hollywoodien de donner un point de vue occidental à de pan d’histoire.

Cruise interprète un officier américain ayant survécu aux combats meurtriers menés par Custer contre les Indiens, qui se réfugie dans l’alcool, et qui revit dans un village reculé du Japon où il a été fait prisonnier par des rebelles qu’il devait combattre. Un village magnifique, dans des montagnes magnifiques, pleines d’arbres en fleurs magnifiques, aux aurores magnifiques, où chacun vit dans une harmonie magnifique, et où il est hébergé par une femme magnifique, épouse d’un guerrier magnifique que lui-même a tué au combat.

Oui, Edward Zwick signe un film esthétiquement très beau, et très hollywoodien dans sa manière de jouer avec les images que l’on attend de ce Japon encore traditionnel. C’est le grand sujet du cinéma que s’approprie Zwick : la confrontation de la tradition et des influences occidentales. Certes, Ozu a fait nettement plus fin sur ce sujet. Mais dans le genre grosse machine hollywoodienne, celle-ci séduit par sa dimension classique et épique.

Outsiders (The Outsiders) – de Francis Ford Coppola – 1983

Posté : 12 novembre, 2020 @ 8:00 dans 1980-1989, COPPOLA Francis Ford, CRUISE Tom | Pas de commentaires »

Outsiders

Après le flop de Coup de cœur, Coppola devait trouver le bon sujet pour sauver sa société Zoetrope de la faillite… C’est un groupe d’étudiants qui le lui apporte sur un plateau, en lui demandant d’adapter cette histoire, quelque part entre West Side Story et Grease.

Loin de son univers, a priori : deux gangs de jeunes citadins qui s’affrontent. D’un côté, les Greasers, pauvres gamins sans argent et sans parents. De l’autre, les Socs, fils de riches vivants du bon côté de la ville, mais tout aussi paumés. Parce que quel que soit l’endroit d’où on le regarde, le coucher de soleil est le même, comme le dit l’un des personnages.

Les couchers de soleil… omniprésents et sublimes, comme le symbole d’une innocence perdue, de la perte, ou du début d’autre chose. Un symbole qui était déjà au cœur d’Autant en emporte le vent, auquel on pense fortement : pour les couleurs du crépuscule et ces superbes clairs obscurs, mais aussi parce que le libre lui-même revient régulièrement dans l’histoire.

De ce sujet improbable pour lui, Coppola tire un film d’une beauté renversante. Visuellement, donc, mais aussi et surtout pour cette déchirante nostalgie, ce sentiment de perte que Coppola instille par de longs plans d’une élégance folle, avec une utilisation magistrale et très subtiles de musiques et chansons célèbres (celles d’Elvis, notamment).

Totalement sous le charme de ce film tragique et superbe, et pas seulement pour son extraordinaire casting, qui voit les quasi-débuts de C. Thomas Howell, Matt Dillon, Rob Lowe, Ralph Macchio, Emilio Estevez, Patrick Swayze et Tom Cruise. De ce sujet presque anodin, Coppola tire tout simplement l’un de ses plus beaux films. Une merveille.

Barry Seal : American Traffic (American Made) – de Doug Liman – 2017

Posté : 9 novembre, 2020 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, CRUISE Tom, LIMAN Doug | Pas de commentaires »

Barry Seal

Entre la fin des années 70 et le milieu des années 80, Barry Seal s’est fait une immense fortune en livrant des armes en Amérique du Sud pour la CIA… et en livrant de la drogue pour le cartel de Medellin. Ce type avait quelques atouts pour ça : il était un pilote d’avion chevronné, et il avait une forte tendance à foncer avant de réfléchir.

C’est une histoire vraie (inspirée de… en tout cas), et c’est aussi pour Tom Cruise la dernière velléité en date (et avant un bon moment, vraisemblablement) de rappeler qu’il est un acteur complet et très doué, avide de nouveaux rôles et de défis autres que purement physiques.

Il prend ici un plaisir évident à jouer les types dénués de tout sens moral, s’amusant même de son image de fonceur pour camper le yes man un peu bas du front. Même son fameux sourire « dents blanches éclatantes » a quelque chose de too much, qui flirte avec l’idiotie. Pas dupe, Tom Cruise, finalement jamais aussi bon désormais que quand il se moque de lui-même.

Image qui semble tirée d’une VHS, musique d’époque, arrêts sur image, voix off insistante, retours en arrière rigolards… Doug Liman tente le pastiche, mais singe surtout le Scorsese de Goodfellas ou de Casino. L’ambition est là, il faut la saluer, et le pari est par moments réussi. Mais Liman n’est décidément pas Scorsese, et son film n’atteint jamais la puissance de ses modèles.

Finalement, le vrai sujet du film, ce n’est ni cette Amérique magouillarde du tournant des années 80, ni Barry Seal lui-même, mais Tom Cruise, la star et l’acteur. Barry Seal n’est réussi que pour sa prestation toute en ironie. Et pour rappeler l’acteur curieux et complet qu’il fut avant de devenir le plus grand des action heroes.

Walkyrie (Valkyrie) – de Bryan Singer – 2008

Posté : 14 janvier, 2020 @ 8:00 dans 2000-2009, CRUISE Tom, SINGER Bryan | Pas de commentaires »

Walkyrie

Walkyrie, c’est l’opération menée par une poignée de dignitaires allemands en 1944 pour éliminer Hitler et négocier la paix avec les Alliés.
C’est aussi, d’une point de vue cinématographique, l’une des toutes dernières velléités manifestes de Tom Cruise de sortie du rôle d’action hero dans lequel il s’est enfermé depuis, avec une volupté gourmande et une réussite évidente, mais en se privant de rôles plus surprenants dans lesquels il excelle pourtant.

C’est le cas avec ce personnage du colonel Von Stauffenberg, officier mutilé sur le front africain, devenu le pilier de cet attentat contre le Führer, dont on sait évidemment qu’il va échouer (on n’est pas chez Tarantino).

On connaît la fin, donc, et elle n’est pas joyeuse. La question réside donc sur la manière dont Singer nous conduit jusqu’à cette fin tragique. Il y a une belle ambition dans ce film, mais aussi quelques limites.

L’ambition, c’est de nous emmener au cœur de ce complot, en restant constamment au plus près des personnages, privilégiant les doutes et les peurs individuelles au détriment d’une action plus globale et plus spectaculaire. Choix gagnant : il y a là une belle intensité, en tout cas dans le dernier tiers du film.

Mais le film a ses limites, donc. Sans doute aurait-il gagné à développer le background des personnages principaux, à les ancrer davantage dans une humanité plus quotidienne. Singer se concentre totalement sur son récit, complexe et finalement peu spectaculaire.
Il le sait, d’ailleurs. Et pour éviter l’ennui, il profite de la moindre occasion (un téléphone qui sonne, un officier qui entre dans une pièce et qui tarde avant de parler…) pour créer un suspense artificiel.

Des facilités, pour le coup, qui retiennent le film au niveau d’un honnête film de genre, efficace et prenant. Ni plus, ni moins. Un film qui marque aussi le début de la collaboration entre Tom Cruise et Christopher McQuarrie, scénariste qui deviendra son bras droit attitré, marquant la suite de sa carrière comme l’avait fait Robert Towne au début des années 90.

Né un 4 juillet (Born on the fourth of july) – d’Oliver Stone – 1989

Posté : 5 mai, 2019 @ 8:00 dans 1980-1989, CRUISE Tom, STONE Oliver | Pas de commentaires »

Né un 4 juillet

Après Platoon et avant Entre ciel et terre, Stone poursuit sa trilogie du VietNam avec cette adaptation (avec l’auteur) du livre autobiographique de Ron Kovic, vétéran de guerre revenu à la vie civile cloué sur un fauteuil, qui deviendra l’un des grands activistes anti-guerre. Un film radicalement différent du précédent, et du suivant, avec lesquels il forme pourtant un ensemble d’une remarquable cohérence.

Stone aurait pu surfer sur le succès de Platoon en creusant le même sillon. Du VietNam, on ne voit pourtant que quelques épisodes, aussi brefs que traumatisants : le massacre « accidentel » de civils, femmes et enfants dans un village, la mort « accidentelle » d’un soldat américain tué par l’un des siens, et puis les blessures de Ron. Rien d’autre, juste ces images qui reviennent en flashs tout au long du film.

Le film parle du traumatisme de la guerre, plus que de la guerre elle-même. Et Ron Kovic est le symbole parfait de ce traumatisme, pour ce qu’il représente de la jeunesse sacrifiée de tout un pays, et pour son destin personnel. Stone mêle ces deux aspects avec beaucoup de force et beaucoup de pudeur aussi. Plus encore que dans Platoon peut-être, la mise en scène est entièrement raccord avec l’état d’esprit de son personnage principal, tantôt va-t-en guerre nationaliste, tantôt vétéran en colère, tantôt jeune homme paumé à la recherche désespérée d’un sens à donner à sa vie.

Il fallait un acteur intense pour donner vie à cette vision de Ron Kovic selon Oliver Stone. Tom Cruise est l’homme de la situation (et pas seulement parce qu’il est né un 3 juillet). Déjà remarqué dans La Couleur de l’argent ou dans Rain Man, son talent protéiforme explose littéralement dans ce film, qui lui donne l’occasion de jouer sur tous les tableaux, du gamin puceau et maladroit au poivrot rageur en fauteuil. Il est assez exceptionnel, sans jamais en faire trop.

Jamais dans la performance pure, jamais dans le clinquant, il incarne un type pas facile à aimer. Un petit con qui se transforme en handicapé plein d’aigreur, avant de trouver une sorte de rédemption tardive. Comme dans tous ses meilleurs films (de Platoon justement, à JFK), Oliver Stone laisse planer un doute sur le fond : son personnage est-il totalement convaincu, ou ne cherche-t-il pas avant tout à trouver un sens à cette vie gâchée ?

Une trajectoire dont Stone s’empare en tout cas pour faire l’un de ses films les plus habités, l’un de ses plus convaincants.

Jours de tonnerre (Days of thunder) – de Tony Scott – 1990

Posté : 10 mars, 2019 @ 8:00 dans 1990-1999, CRUISE Tom, SCOTT Tony | Pas de commentaires »

Jours de tonnerre

« D’après une histoire de Tom Cruise et Robert Towne ». Moi je veux bien qu’on mette en valeur le nom de la star, histoire de montrer qu’il s’implique dans ses films et ne se contente pas de prendre le chèque. Même à l’époque, on pouvait d’ailleurs difficilement reprocher à Cruise de paresse ou de facilité : il venait alors d’enchaîner Rain Man et Né un 4 juillet, et quels que soient les défauts et qualités de ces deux films, au moins témoignaient-ils d’une réelle ambition de la part de l’acteur.

N’empêche : comment peut-on mettre en valeur le fait que la star soit à l’origine de cette histoire ? Parce que ça a peut-être échappé à quelqu’un, mais… comment dire… eh bien il n’y a pas d’histoire dans ce film vrombissant. Ou si peu : de simples clichés éculés vus et revus dans des dizaines (des centaines, des milliers même) de films sur le sport. En bref : un jeune loup qui perd confiance, puis qui retrouve confiance. En chemin, il se fight avec un adversaire qui finira par devenir un pote, et tombe amoureux.

Est-ce qu’on s’ennuie ? Non, pas vraiment : Tony Scott filme les bagnoles plutôt bien, aussi bien en tout cas que les avions de Top Gun. Et même s’il n’évite pas l’impression répétitive du truc, enchaînant les courses pour masquer le vide du propos, sa volonté de nous embarquer littéralement au cœur de la course (l’univers des stock cars, pour ceux que ça intéresse) est payante, et il y a un vrai rythme dans ces innombrables séquences de course.

Quant à Tom Cruise, il est en roue libre, sans vouloir faire de mauvais jeu de mots. Comme absent, on ne l’a jamais vu aussi fade, ni avant ni après. Et Nicole Kidman? Pas mieux… De son personnage de médecin sexy et inconsistant, la belle ne sait pas trop quoi faire. Jamais l’histoire d’amour de ces deux-là ne fait d’étincelle : on sent bien que jamais les deux acteurs ne pourraient être ensemble dans la vraie vie. Si ?

Mission Impossible : Fallout (id.) – de Christopher McQuarrie – 2018

Posté : 8 octobre, 2018 @ 8:00 dans * Espionnage, 2010-2019, ACTION US (1980-…), CRUISE Tom, McQUARRIE Christopher | Pas de commentaires »

Mission Impossible Fallout

Christopher McQuarrie qui rempile à la tête de la saga, premier cinéaste à diriger deux Mission Impossible ? L’annonce semblait confirmer la sérialisation que prenait l’enthousiasmante machine à succès de Tom Cruise, sous l’influence de JJ Abrams. Sauf que c’est tout le contraire qui se produit : non seulement ce MI6 est très différent de MI5 (pourtant dû au même réalisateur, donc), mais il ouvre de nouvelles perspectives et rappelle que, avant d’être une machine à succès, la série est un formidable laboratoire pour réinventer le cinéma d’action, et ringardiser toutes les grosses productions hollywoodiennes d’aujourd’hui et d’hier.

Plus sombre, plus humain, plus riche, plus complexe, ce Fallout s’inscrit dans la continuité du précédent (c’est la première fois que l’on retrouve autant de personnages secondaires d’un film à l’autre, et que les intrigues se font suite), tout en changeant subtilement la donne. L’ouverture du film illustre bien ce changement de cap. Là où Rogue Nation commençait par une séquence d’action hallucinante… et totalement inutile à l’intrigue, Fallout commence comme un film noir, poisseux et dénué d’action.

Et c’est, d’emblée, fascinant : Ethan Hunt hanté par ses démons et visiblement plus vulnérable, une mission délivrée sur un appareil à bandes d’un autre âge, qui renvoie directement à la série originale (les références aux précédents films sont également légions) dans une esthétique rétro inquiétante et envoûtante… Le générique, qui arrive assez tardivement et dévoile des images des scènes clés à venir (une tradition depuis l’épisode 3), annonce des tonnes d’action. Mais plus que jamais, la psychologie des personnages est centrale.

Il y est beaucoup question de la responsabilité d’Ethan face à la violence, qu’il passe quand même son temps à amener dans les plus grandes villes du monde (ici, Londres et surtout Paris, où il offre l’expérience de sa vie à une actrice inconnue qui, l’espace d’une petite scène dans le rôle d’une fliquette que Tom Cruise sauve de la mort par un ébouriffant accès de violence, trouve de quoi raconter à ses enfants et petits-enfants pour le reste de sa vie !).

Le personnage n’a sans doute jamais été aussi complexe. Il faut dire que, jusqu’à présent, il manquait un alter ego de taille. Aucun des sidekicks de Cruise n’ont jamais fait le poids, malgré leurs qualités respectives. Jusqu’à l’apparition de Rebecca Ferguson, dont le personnage trouble d’Ilsa, agent britannique, fascinait déjà dans l’opus précédent. Elle gagne encore en profondeur, et ce sont ses rapports ambigus avec Ethan qui donnent quelques-unes des plus belles scènes.

A tel point qu’on ne peut que se réjouir de voir la trop douce et trop lisse Julia (la femme d’Ethan, interprétée depuis 2006 par Michelle Monagham) ne revenir sur le devant de la scène que pour lui trouver une sortie honorable, et sans doute définitive. De quoi attendre le prochain épisode avec impatience et confiance, tant le personnage d’Ilsa semble avoir encore beaucoup à livrer.

Fallout réserve d’ailleurs de longues plages étonnamment calmes, où l’action se fait plus discrète, plus classique, voire se passe hors écran. Une posture rare dans le cinéma d’action : McQuarrie et Cruise savent ménager leurs effets, réussissant une rencontre à peu près parfaite entre le cinéma d’espionnage et le film noir à l’ancienne, et le meilleur du cinéma d’action.

Car les séquences d’action sont ahurissantes. Evidemment, devrais-je ajouter, tant la saga est devenue au fil des épisodes le repère absolu en matière d’inventivité et d’efficacité dans le domaine. Toujours garantie sans écrans verts et avec un minimum d’effets numériques. Pour faire simple : on se contente d’effacer les câbles de sécurité, tout étant réalisé « pour de vrai » dans les vrais décors.

Le fait que Tom Cruise réalise lui-même ses cascades n’est, de fait, pas anecdotique : cette posture à peu près unique pour une star de son calibre permet au spectateur une immersion totale, qu’il saute d’un avion à très haute altitude au-dessus de Paris, qu’il s’accroche à un hélicoptère slalomant entre les montagnes (hélico que, bien sûr, il finira par piloter lui-même), qu’il saute d’un immeuble à l’autre à Londres (dans l’une des rares séquences franchement drôles… qui lui vaudra une cheville cassée), ou qu’il pilote sa moto dans les rues bondées de Paris… L’expérience est exceptionnelle.

Rain Man (id.) – de Barry Levinson – 1988

Posté : 13 août, 2018 @ 8:00 dans 1980-1989, CRUISE Tom, LEVINSON Barry | Pas de commentaires »

Rain Man

Il n’a pas tant vieilli que ça, ce très gros succès des 80s, peut-être parce qu’il pose un regard légèrement désenchanté déjà sur cette décennie clinquante. Le personnage de Tom Cruise est assez marquant en cela : le flambeur magnifique de Top Gun est à la dérive, deux ans plus tard. Les ray ban, le sourire carnassier et la jeunesse insolente sont toujours bien là, mais teintés d’un fort sentiment d’échec qui apparaît dès les premières scènes.

Par sa facture, le look des acteurs, et la musique, le film paraît certes un peu daté, mais le côté madeleine de Proust fonctionne à plein régime. Et qu’est-ce que vous voulez, c’est là que j’ai commencé à vraiment l’aimer, le Tom. Oui, je sais, je n’ai pas encore évoqué la prestation de Dustin Hoffman, assez génial dans le rôle de Raymond, l’autiste surdoué : rôle taillé pour l’Oscar qui ne pouvait décemment pas lui échapper cette année-là (les autres nommés se sont-ils déplacés ? Faudrait vérifier…).

Mais le jeu de Tom Cruise, moins spectaculaire, m’a toujours autant ému, voire plus. Et puis il faut souligner l’ambition de la jeune star, qui aurait pu se contenter d’enchaîner les rôles de jeune premier magnifique après son premier triomphe, mais qui préfère choisir un sujet plus grave, et un rôle plus en retrait. C’est comme ça qu’on bâti une filmographie comme la sienne.

Cela dit, le film est réussi avant tout parce que l’alchimie entre ces deux-là est parfaite. C’est à leur duo de frères si dissemblables que l’on doit tous les beaux moments du film. Et entre quelques passages un peu longuets, il y a des tas de moments de pure magie comme cette scène, superbe, où Charlie comprend que le « rain man » qui peuple ses souvenirs d’enfant n’est pas le fruit de son imagination.

Il faudrait d’ailleurs insister sur la beauté de ce titre, simple en apparence, et qui colle parfaitement à ce que raconte le film : le rapport à sa propre enfance perdue. Simplement et sincèrement émouvant.

La Momie (The Mummy) – d’Alex Kurtzman – 2017

Posté : 3 décembre, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, CRUISE Tom, FANTASTIQUE/SF, KURTZMAN Alex | Pas de commentaires »

La Momie

« Bon, les gars, faut trouver quelque chose. Vous êtes sûrs qu’on n’a pas un ou deux super-héros qui traînent dans les cartons ?
- Ben non patron. DC et Marvel se partagent à peu près tout ce qu’il y a sur le marché.
- Des jouets alors ? Des voitures-robots ? Des figurines à la con ? N’importe quoi…
- Rien de tout ça, patron. On a bien nos vieux monstres, mais ils n’ont pas servi depuis longtemps. Je sais même pas si les gens s’en souviennent. Vous savez ? L’homme invisible, le loup-garou, la créature de Frankenstein, Dracula. C’est un peu poussiéreux, mais bon…
- Eh ! Voilà l’idée de génie. On sort tout ça des cartons, on ripoline, on rajoute des cascades, le monde à sauver, et on lance toute une série de films qui seraient reliés les uns aux autres. Allez, on en annonce cinq, six… dix !
- Mais si ça marche pas ?
- Oh ta gueule. On passe pour quoi, nous, si on n’a pas notre univers étendu ? Tu veux quand même pas qu’on trouve une idée neuve à chaque nouvelle production ? Ce qu’il faut, c’est un lien entre tout ça. Tiens, on va mettre le Docteur Jekyll à la tête d’une organisation secrète qui œuvrerait dans l’ombre contre les forces du Mal, de nos jours, à Londres.
- Pourquoi Jekyll ?
- Tu préfères le fantôme de l’opéra ?
- Ben non.
- Bon, ben Jekyll alors.
- Et si on commençait par remettre la Momie au goût du jour ?
- Pourquoi la Momie ?
- Ben, un vieux monstre enterré depuis longtemps qui ressort au grand jour, vous voyez la symbolique pour notre Dark Uninerse…
- Le Dark Universe ! Pas mal comme appellation : c’est sombre, c’est Universal, c’est parfait. A propos, on fait quoi : horreur, action, humour ?… Oh, et puis oubliez la question, on va mélanger tout ça, toute façon tout sera recouvert par les effets spéciaux, on verra pas bien les détails.
- Dites, ça n’a rien à voir, mais Tom Cruise est disponible.
- De mieux en mieux, ce serait une super affiche pour un lancement. Bien, vous me grattez un scénar pour mélanger tout ça, et vous me glissez une séquence dans un avion en chute libre : Tom rêve de tourner en gravité zéro. Si on lui livre ça clé en main, il ne dira pas non. »

Et voilà comment la navrante folie hollywoodienne actuelle accouche d’un film qui ne ressemble à rien. Pas ennuyeux, et même assez plaisant par moments, mais d’une manière générale franchement navrant. Un film qui utilise l’islamisme radical comme un objet de dérision très léger, qui hésite constamment sur le ton à adopter, et qui tourne au grand-guignol.

Un film, surtout, conçu comme le lancement d’une série qui ne verra peut-être jamais le jour, vu l’accueil public plus que mitigé. C’est d’ailleurs tout le malheur qu’on souhaite à Tom Cruise, à qui on ne pardonnerait pas de rempiler, et à Russel Crowe qui, dans le rôle court mais central de Jekyll et Hyde, a signé pour l’ensemble du Dark Universe. Si c’est pas triste une carrière sur le déclin…

Jack Reacher : Never go back (id.) – d’Edward Zwick – 2016

Posté : 14 juillet, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, ACTION US (1980-…), CRUISE Tom, ZWICK Edward | Pas de commentaires »

Jack Reacher Never go back

Avec son style volontairement rétro, rencontre improbable du polar à la Bullitt et du film d’action à la Mission : Impossible, le premier Jack Reacher avait donné envie d’en voir un peu plus. Voilà qui est fait, avec cette suite qui a failli ne jamais voir le jour après le demi-succès du précédent. On prend donc le même et on recommence, avec Tom qui reprend son désormais habituel rôle de justicier très doué pour terrasser les méchants avec ses mains, avec un couteau, un flingue, ou tout ce qui lui tombe sous la main.

Un type dont on sait tellement qu’il peut à lui seul étendre quatre bad guys qu’on n’a même presque plus besoin de le montrer en pleine action. C’est ainsi que Edward Zwyck (qui retrouve Cruise après Le Dernier Samouraï) filme Cruise/Reacher pour la première fois : tranquillement assis à un comptoir tandis que ses « victimes » gisent par terre, dehors. Déjà mythique, et c’est bien comme ça que Reacher est écrit : comme une sorte de mythe dont tous les militaires semblent se raconter les exploits le soir au coin du feu.

Je l’ai souvent écrit sur ce blog : j’aime Tom Cruise, sa carrière, sa stature d’ultime grande star hollywoodienne, son envie si éclatante de faire de bons films, sans tenir compte des effets de mode. Mais comme tous ses fans, j’aimerais tellement le voir renouer avec des rôles plus consistants, où il aurait autre chose à jouer qu’un simple mouvement de sourcil pour annoncer qu’il va péter trois paires de jambes. Qu’il nous surprenne, quoi, comme il le faisait lorsqu’il tournait Né un 4 juillet, Magnolia, Eyes Wide Shut, ou La Guerre des Mondes

Cela dit, on prend un vrai plaisir devant ce polar bourré d’action. Pas pour l’aspect polar d’ailleurs, avec une intrigue à peu près aussi mince qu’un scénario de L’Agence tout risque. Mais pour les nombreuses et très réjouissantes scènes d’action, et tout particulièrement la dernière d’entre elle, formidable course-poursuite dans le vieux quartier français de La Nouvelle Orléans, en plein carnaval. Un véritable morceau d’anthologie assez superbement filmé, inventif et au rythme impeccable.

Mais là où le film est le plus réussi, là où il surprend un peu quand même, c’est lorsqu’il joue avec les failles de Jack Reacher. Le gars est un pur héros, plus intelligent, plus intuitif et plus balèze que qui que ce soit. Mais humainement, c’est une vraie tâche, incapable de faire confiance ou de partager quoi que ce soit. Sauf que cette fois, il doit s’improviser père de famille, et compagnon d’une femme à peu près aussi teigneuse que lui. Et voir le Tom se comporter comme un con avec cette ado qui pourrait bien être sa fille, et comme un macho à l’ancienne avec cette femme qu’il pourrait aimer, a quelque chose de franchement réjouissant. C’est quand il s’amuse de sa propre image que Cruise est le plus passionnant, pas quand il se prend au sérieux.

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