Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour la catégorie 'CRUISE Tom'

Eyes Wide Shut (id.) – de Stanley Kubrick – 1999

Posté : 11 novembre, 2016 @ 8:00 dans 1990-1999, CRUISE Tom, KUBRICK Stanley | Pas de commentaires »

Eyes Wide Shut (id.) - de Stanley Kubrick - 1999 dans 1990-1999 Eyes%20Wide%20Shut_zpsfo2tkwqd

C’est beau quand un grand cinéaste tire sa révérence sur un chef d’œuvre. C’est le cas de Kubrick, mort avant la sortie d’Eyes Wide Shut, qui signe tout simplement son meilleur film, l’adaptation d’une nouvelle d’Arthur Schnitzler troublante et déroutante, qui exerce une incroyable fascination dès la première image.

La publicité du film, avant même le tournage, a été entièrement basée sur le couple Nicole Kidman / Tom Cruise, alors le plus en vue à Hollywood, et que Kubrick met en scène dans une intimité totalement impudique. Les deux stars se sont d’ailleurs totalement investi, mettant plusieurs projets en suspens pour se plier aux exigences du cinéaste, et à un tournage à rallonge. Cruise surtout, qui est de toutes les scènes et qui est le véritable pivot du film, qui est resté à Londres pour les besoins du tournage pendant plus d’un an et demi.

Il faut dire que Kubrick, méticuleux à l’extrême, pouvait rester des semaines sur une même scène jusqu’à obtenir ce qu’il voulait. Il n’a pas hésité non plus à remplacer Harvey Keitel par Sydney Pollack en cours de tournage, retournant toutes ses scènes. Jennifer Jason Leigh en a fait les frais : indisponible lorsque les scènes dans lesquelles elle figurait devaient être retournées, elle a été remplacée par Marie Richardson.

Mais le résultat est là. Rien ne semble être dû au hasard dans cette somptueuse déambulation nocturne qui nous plonge dans les méandres tortueux et obscurs de la psyché de Cruise, riche médecin dont le confort d’une vie parfaitement rangée vole en éclat lorsque sa femme lui fait un aveu : un an plus tôt, elle a été tentée par une aventure extra-conjugale. Une pulsion, une envie, une pensée… Suffisant pour remettre en question tout un équilibre, toute une vie.

Cette longue séquence cruauté est d’une violence assez incroyable. Pas pour les aveux qui sont faits, finalement plutôt mineurs, mais pour leur froideur et leur côté définitif. Kidman est parfaite dans ce registre. Et Cruise est formidable en golden boy qui perd sa superbe, doucement mais inexorablement.

Il n’a d’ailleurs jamais été aussi intense, Cruise. Loin de ses rôles d’action hero, et de son habituel dynamisme volontaire, il est ici un homme confronté aux doutes et au soudain inconfort de la vie. Un homme pour qui les apparences étaient un mode de vie, et qui a soudain conscience que toutes ses décisions pourraient avoir un impact définitif sur sa vie.

C’est fascinant de le voir errer de fantasme en fantasme, multipliant les occasions de donner corps à son trouble sexuel sans jamais aller au bout, se retrouvant dans une mystérieuse soirée où le sexe et la mort semblent étroitement liés, sommet d’une déambulation sans doute plus mentale que physique.

Visuellement, c’est d’une beauté sidérante. Et Eyes Wide Shut, derrière son troublant mystère, est un chef d’œuvre totalement fascinant, dont le « happy end » est un sommet de cruauté.

Mission Impossible : Rogue Nation (id.) – de Christopher McQuarrie – 2015

Posté : 4 septembre, 2016 @ 8:00 dans * Espionnage, 2010-2019, ACTION US (1980-…), CRUISE Tom, McQUARRIE Christopher | Pas de commentaires »

Mission Impossible : Rogue Nation (id.) - de Christopher McQuarrie - 2015 dans * Espionnage Mission%20Impossible%20Rogue%20Nation_zps9rdmjzwa

Cette cinquième mission impossible est l’exemple parfait pour souligner la suprématie et la limite du Tom Cruise d’aujourd’hui. Les lecteurs de ce blog le savent : j’aime la star, sa filmographie hallucinante et son statut unique dans le Hollywood de ces vingt dernières années. La dernière des grandes stars, c’est lui. Et même si sa stature s’est quelque peu émoussée ces dernières années, il reste la pierre angulaire de tous ses films, ou presque.

Cruise n’est pas, et n’a jamais été, un simple faiseur de succès. Il aime le cinéma, affiche une belle (et rare) ambition, et cherche constamment à se lancer des défis. C’est encore le cas actuellement, même s’il s’agit désormais le plus souvent de défis physiques et pyrotechniques. Une mégastar dont le pouvoir est tel qu’on le laisse s’accrocher à la plus haute tour du monde (dans l’épisode précédent), ou ici à un avion qui prend son envol. Pour de vrai. Et dire que, dans les années 70, les Français étaient fiers de leur Bebel qui s’accrochait à un hélicoptère…

Bref… Ce MI5 porte en lui toutes les contradictions de la star. Il s’agit bien d’un film d’action époustouflant, l’un des meilleurs si ce n’est le meilleur de ces dernières années. Un pur moment de plaisir cinématographique, inventif, haletant et visuellement assez formidable. En un sens, on peut dire sans rougir que Tom Cruise continue un exceptionnel sans-faute avec cette série qui booste depuis vingt ans le cinéma d’action américain.

Mais cette fois, il manque tout de même un petit quelque chose qui faisait l’originalité de ces films : l’effet de surprise. Elle semble bien finie l’époque où chacun des films était confié à un cinéaste différent qui amenait sa (forte) personnalité. Après l’élégance de De Palma, John Woo avait signé un vrai film personnel avec son romantisme exacerbé, avant que JJ Abrams fasse des débuts remarqués, transposant sur grand écran l’efficacité imparable de ses séries TV.

Seulement voilà, JJ est resté producteur, et son influence est, depuis manifeste : l’homme de télé a mine de rien transformé la franchise de Tom Cruise en série de luxe, dont chaque épisode répond aux mêmes ambiances, aux mêmes mécaniques, et reprend le même groupe de comédiens. L’épisode 4 était tout de même formidable, et celui-ci aussi. Mais n’empêche : il y a cette petite frustration de ne plus être surpris et bousculé que par l’inventivité des séquences d’action.

Au moins la recette est-elle, et de plus en plus, assumée. C’est même ce qui est assez formidable dans ce nouvel opus, où Tom Cruise et Christopher McQuarrie, scénariste et réalisateur, assument leur ambition d’enchaîner les morceaux de bravoure, d’une manière totalement décomplexée, sans toujours trouver de liens logiques entre eux. Les personnages passent ainsi d’un pays à l’autre sans même faire semblant de trouver une raison, la fameuse scène de Tom accroché à l’avion ne sert à rien, et tout ça n’a effectivement aucune importance !

La recette fonctionne toujours parfaitement et, franchement, on ne fait pas mieux dans le genre aujourd’hui. D’ailleurs, ce n’est pas pour la prochaine mission que le renouvellement devrait arriver : le sixième opus devrait être une nouvelle fois écrit et réalisé par Christopher McQuarrie. Ce serait la première fois qu’un réalisateur rempilerait pour une mission de plus.

La Firme (The Firm) – de Sydney Pollack – 1993

Posté : 30 juin, 2015 @ 2:01 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, CRUISE Tom, POLLACK Sydney | Pas de commentaires »

La Firme (The Firm) - de Sydney Pollack - 1993 dans * Thrillers US (1980-…)

Pas encore action-hero à plein temps, Tom Cruise commence à collectionner les cinéastes prestigieux à ce stade de sa carrière. Une jeune star qui peut choisir le projet qu’il veut, tourner avec qui il veut, et dont l’avenir promet d’être brillant. Une description qui correspond à Tom Cruise-acteur, aussi bien qu’à son personnage dans La Firme : on jurerait que le rôle a été écrit sur mesure pour lui, Pollack s’amusant de cette image de golden boy à qui tout réussi pour le confronter à un piège infernal sans issue possible.

Pollack est en terrain connu dans ce film adapté d’un roman de John Grisham : l’histoire d’un jeune avocat courtisé par toutes les grandes boîtes des Etats-Unis, qui accepte la proposition d’une firme puissante dont l’aspect très familial cache une vérité nettement plus sordide. On est dans un thriller paranoïaque dans la lignée des Trois Jours du Condor. En plus simpliste, quand même, parce qu’avec cette histoire de descente aux enfers, Grisham et les scénaristes (parmi lesquels Robert Towne) n’y vont pas avec le dos de la cuillère.

C’est du gros, gros méchant que doit affronter Tom Cruise, avec son innocence et son humanité retrouvées alors qu’il est au fond du trou. Jusqu’à la caricature, mais avec un savoir faire immense, un vrai sens de l’action (une belle course poursuite, notamment) et surtout une capacité à donner de l’épaisseur à des personnages a priori pas exceptionnels.

C’est le cas des nombreux seconds rôles de prestige que l’on croise le temps de deux ou trois scènes pour la plupart : Holly Hunter assez inattendue, Ed Harris raide et cabot mais superbement pitoyable, et surtout Gary Busey, éternel méchant de service qui trouve ici le rôle de sa vie le temps de deux petites apparitions inoubliables, jubilatoire en détective privé grande gueule.

C’est le cas aussi de Gene Hackman qui, lui, est étonnamment sobre dans le rôle du salaud désigné, mais dont l’humanité transparaît petit à petit, révélant les fêlures de l’homme, miroir terrible et vieilli du personnage de Tom Cruise.

La qualité de l’interprétation est pour beaucoup dans le plaisir que l’on prend devant ce Pollack séduisant, mais mineur.

Horizons lointains (Far and away) – de Ron Howard – 1992

Posté : 21 mai, 2015 @ 3:57 dans 1990-1999, CRUISE Tom, HOWARD Ron, WESTERNS | Pas de commentaires »

Horizons lointains (Far and away) - de Ron Howard - 1992 dans 1990-1999 Horizons%20lointains_zpsun2lesus

OK, Ron Howard est un réalisateur qui manque singulièrement de personnalité. OK, son film échoue lamentablement à restituer l’ampleur lyrique des grandes fresques hollywoodiennes d’autrefois. Alors même que c’est son ambition première. Mais j’ai toujours eu pour ce film une tendresse que, après l’avoir revu, je ne m’explique pas encore tout à fait.

Peut-être cette tendresse repose-t-elle sur ce petit grain de folie que Howard inculque par moments à sa fresque par ailleurs beaucoup trop sage : ce coup de fourche aux fesses de Tom Cruise, ce soudain coup de poing donné à un cheval récalcitrant… Peut-être est-ce dû à la réussite du couple formé par Tom Cruise et Nicole Kidman, qu’on aurait bien vu interprété par Gary Cooper et Katherine Hepburn dans les années 30-40.

Ou peut-être est-ce simplement une forme de reconnaissance face à la générosité du récit, qui nous entraîne de l’Irlande de 1892 frappée par la misère (le vieux continent étant une terre de bouseux pour le très hollywoodien Ron Howard), à la « course aux terres » d’Oklahoma (les Etats-Unis étant bien sûr la terre de toutes les possibilités).

Et c’est vrai que, si la mise en scène manque constamment de ce souffle qui aurait fait toute la différence, le scénario est lui d’une ambition rare. Durant deux heures vingt, Ron Howard tente de renouer avec la grande tradition de la fresque d’aventures, suivant le parcours de ces deux Irlandais que tout oppose, et qui tentent ensemble l’aventure du nouveau continent, comme tant d’autres pionniers.

Horizons lointains est un bel hommage au grand cinéma romanesque hollywoodien, à défaut d’y trouver directement sa place…

* Blue ray à petit prix chez Universal, sans bonus.

Edge of tomorrow (id.) – de Doug Liman – 2014

Posté : 16 février, 2015 @ 4:48 dans 2010-2019, CRUISE Tom, FANTASTIQUE/SF, LIMAN Doug | Pas de commentaires »

Edge of tomorrow (id.) - de Doug Liman - 2014 dans 2010-2019 Edgeoftomorrow_zps81871ee5

Un mix entre Un Jour sans fin et Starship Troopers ? C’est ce que propose, sans rire, le réalisateur de La Mémoire dans la peau en adaptant le roman graphique du japonais Hiroshi Sakurazaka All you need is kill. Un officier de l’armée américaine se retrouve mêlé à de jeunes recrues chargées de débarquer en France pour affronter des envahisseurs extraterrestres, se fait tuer en quelques minutes, et se réveille le matin même, avec la même journée à revivre, encore et encore…

La comédie d’Harold Ramis reste une référence incontournable dans son genre. Pour l’originalité de son sujet, mais aussi pour la manière dont elle traitait l’interminable recommencement, la répétition sans fin des mêmes événements, sans jamais lasser. On se demandait ainsi ce que pouvait apporter les gros sabots de Liman et les effets spéciaux d’une grosse machine de SF hollywoodienne à ce thème plein de possibilités, mais aussi possiblement casse-gueule.

Pour être honnête, la réponse est « pas grand-chose ». Edge of tomorrow est une réussite grâce au savoir-faire indéniable d’une réalisateur qui, à défaut d’avoir un univers visuel bien marqué, sait tenir une audience en haleine. Grâce surtout à un scénario co-écrit par Christopher McQuarrie qui, depuis Usual Suspects, s’y connaît en matière de faux semblants. Et c’est là que le film est le plus original : lorsqu’il joue avec la perception du spectateur, et des personnages secondaires, présentant des événements comme s’ils étaient inédits alors que le « héros » les a déjà vécus sans doute des dizaines de fois.

Ce héros qui n’en est pas un est aussi l’une des grandes réussites du film. Parce qu’il joue constamment sur l’image d’action-hero et de sauveur du monde que trimballe de plus en plus souvent Tom Cruise. Jamais aussi bon que quand il joue avec sa propre image, la star fait plus qu’habiter le film : il en est le moteur, et la raison d’être.

Il est d’ailleurs de tous les plans, à la fois fidèle à son image et d’une étonnante fraîcheur. C’est sans doute la clé de sa position encore unique dans le cinéma hollywoodien : film après film, et même dans des univers a priori hyper calibrés, Cruise parvient à ajouter une pierre nouvelle. Même dans le seul genre de la science fiction, après les deux chefs d’oeuvre de Spielberg (Minority Report et La Guerre des mondes) et le très réussi Oblivion, cela commence à ressembler à une œuvre.

Top Gun (id.) – de Tony Scott – 1986

Posté : 1 juillet, 2014 @ 8:13 dans 1980-1989, CRUISE Tom, SCOTT Tony | Pas de commentaires »

Top Gun (id.) – de Tony Scott – 1986 dans 1980-1989 TopGun_zps9a3ddee6

La sortie dans une belle edition blue ray de ce film étendard de la culture pop des eighties est l’occasion de redécouvrir le film qui a fait de Tom Cruise la plus grande star de sa génération à seulement 24 ans, lui qui venait d’être remarqué dans Risky Business (un succès) et Legend (un échec), sans doute le film le plus oublié de Ridley Scott.

Changement de style, donc, avec l’autre frangin Scott qui, avec ce Top Gun, crée une imagerie qui fera école dans les dix ans qui suivront. Pour le pire plus que pour le meilleur, d’ailleurs : héroïsme primaire, glorification du corps et de l’uniforme, musiques sirupeuses et esthétique criarde, Top Gun est le symbole de ce qui s’est fait à peu près de pire dans le cinéma américain.

Le scénario tient sur une plaque d’identification, et le film étire à l’envi des scènes qui n’apportent rien d’autres que des images qui renforcent la cool attitude des personnages : une interminable partie de beach volley pour mettre en valeur les corps musclés et bronzés des pilotes, d’innombrables chevauchées à moto de Tom dans le crépuscule… Le film semble bien souvent n’être qu’une succession de clips illustrant des chansons guimauve qui furent des tubes.

On devrait le détester, ce film, et pourtant… Est-ce pour les images, tout de même souvent très belles ? Est-ce pour les répliques cool et cultes qu’on se récitait en boucle dans les cours de récréation ? Est-ce pour la naissance de la star Tom Cruise ? Toujours est-il que le film garde une vraie côte de sympathie, malgré des séquences aériennes trop longues, et une histoire d’amour qui paraît hors de propos.

Non, Top Gun est une histoire d’hommes entre eux. La vraie love story, ce n’est pas celle qui unit Tom Cruise à Kelly McGillis, mais celle entre l’interprète de Maverick et celui d’Iceman, Val Kilmer. Leur attirance-répulsion, marquée par l’admiration, la rivalité, et une espèce d’amour vachard, est le vrai sujet de ce film qui, malgré tout ses aspects typiquement années 80, supporte plutôt bien l’épreuve du temps.

Et puis il y a Tom Cruise, à la jeunesse insolente, qui donne le ton au film. Sa performance, ici, n’est pas particulièrement nuancée. Mais il est de toutes les scènes, et son charisme, sa présence hors du commun, font énormément pour la réussite du film. Autant que ce que le film a apporté à la carrière de la star…

• Le digibook que Paramount vient d’éditer propose une quantité de bonus sur le blue ray, notamment un très long et très intéressant making of dans lequel interviennent aussi bien Tom Cruise que Jerry Bruckenheimer, Tony Scott ou Val Kilmer. Le livre, lui, est essentiellement une succession de belles illustrations et de citations du film.

Des hommes d’honneur (A few good men) – de Rob Reiner – 1992

Posté : 27 juin, 2014 @ 4:53 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, CRUISE Tom, REINER Rob | Pas de commentaires »

Des hommes d’honneur (A few good men) – de Rob Reiner – 1992 dans * Thrillers US (1980-…) Deshommesdhonneur_zps4c1f918a

Rob Reiner s’attaque au film de procès, genre à part entière du cinéma américain. Et c’est une nouvelle grande réussite pour le réalisateur de Princess Bride et Misery, qui a prouvé au tournant des années 80/90 qu’il était l’un des grands noms du cinéma populaire américain, quel que soit le genre auquel il touche. Des genres souvent très codifiés, auxquels il arrive souvent apporte un regard neuf. C’est le cas cette fois encore, avec ce film de prétoire hyper-efficace qui confronte astucieusement la justice américaine et le sens du devoir des marines.

On sent que le réalisateur prend plaisir à filmer ses comédiens dans leur numéro, Jack Nicholson en tête, au cabotinage maîtrisé, et dont le personnage est une caricature assumée. Face à lui, il fallait un jeune acteur hors du commun pour faire le poids, notamment lors de la fameuse scène de l’interrogatoire. Qui d’autre que Tom Cruise pour cela, celui qui avait déjà formé des tandems parfaits avec Paul Newman (La Couleur de l’Argent) ou Dustin Hoffman (Rain Man). En avocat à la jeunesse éclatante, Cruise est une nouvelle fois parfait, même si le rôle, taillé sur mesure pour lui, n’apporte pas grand-chose à sa gloire.

Rob Reiner a aussi la bonne idée de ne pas tomber dans le piège de l’amourette facile. Et on imagine que c’était tentant, en ayant pour vedettes les deux stars les plus hots du début des années 90 : Cruise et Demi Moore, sexy en diable en uniforme. Une ou deux allusions, quelques regards en coins… mais chaque plan laissant entrevoir la possibilité d’une idylle est désamorcé par une réplique qui recentre sur l’essentiel : le procès qui se prépare.

Même s’il aborde aussi un sujet politiquement un peu incorrect (les marines sont ils des êtres d’un autre temps ?), le film est avant tout un pur plaisir de cinéma, peuplé de seconds rôles qu’on adore (J.T. Walsh, Kevin Bacon, Kevin Pollack, Kiefer Sutherland…), l’œuvre d’un cinéaste qui a donné ses lettres de noblesse au pop-corn movie.

Oblivion (id.) – de Joseph Kosinski – 2013

Posté : 5 septembre, 2013 @ 1:38 dans 2010-2019, CRUISE Tom, FANTASTIQUE/SF, KOSINSKI Joseph | Pas de commentaires »

Oblivion (id.) – de Joseph Kosinski – 2013 dans 2010-2019 oblivion

Difficile aujourd’hui de voir une grosse production hollywoodienne sans super-héros et sans apocalypse. Tom Cruise refusant toujours d’endosser cape et masque avant de s’envoler (te sens pas obligé de tomber là-dedans, Tom), c’est donc sur une Terre ravagée par des années de guerre avec de mystérieux extraterrestres qu’on le retrouve. Lui aussi…

Mais une fois encore, Cruise confirme non seulement qu’il reste la dernière grande star à l’ancienne, mais aussi qu’il a un flair unique pour choisir ses films. De tous les films post-apocalyptiques sortis ces dernières années (et il y en a eu beaucoup trop), Oblivion est sans doute le plus réussi, le plus original, et le moins con.

On est en 2077, et la Terre est désormais inhabitable. Les humains se sont réfugiés dans une colonie spatiale qui a besoin des dernières ressources de notre planète pour fonctionner. De cette colonie, on ne verra rien. Jack Harper (Tom Cruise) est resté sur Terre, lui, chargé d’assurer la sécurité des machines qui extraient l’eau des océans. Vivant dans une base toute en transparences, il ne côtoie que son binôme, une jeune femme qui n’attend que le jour où elle pourra rejoindre la colonie.

Ce jour approche, mais Jack, lui, ne veut pas quitter cette planète, rêvant à la civilisation qui a pourtant disparu avant même sa naissance. Jusqu’au jour où un vaisseau se crashe, et qu’une belle inconnue en sort indemne…

Sans dévoiler les nombreux rebondissements finaux, Oblivion est une superproduction d’auteur, qui ne fait pas grand-chose pour le confort du spectateur. Beaucoup de « temps morts », beaucoup de plans de Tom Cruise dans une nature immense et déserte, et des révélations qui donnent au happy-end de rigueur un arrière-goût âpre, en même temps qu’elles lancent des questions existentielles et créent le malaise.

Difficile d’en dire plus sans déflorer les surprises que réserve le film… Tout n’y est pas parfait d’ailleurs, il y a quelques longueurs, et les seconds rôles ne sont pas à la hauteur du personnage principal. Mais Tom Cruise, lui, est formidable. Poursuivant un sans-faute hors du commun, il rappelle aussi que la SF est un genre qui lui va bien. Après Minority Report et La Guerre des mondes de Spielberg (deux chefs d’œuvre), on le retrouvera bientôt dans l’intriguant Edge of Tomorrow de Doug Liman. Vivement.

• Le film de Joseph Kosinski vient de sortir en DVD et blue ray chez Universal.

La Guerre des mondes (War of the Worlds) – de Steven Spielberg – 2005

Posté : 4 juillet, 2013 @ 4:37 dans 2000-2009, CRUISE Tom, FANTASTIQUE/SF, SPIELBERG Steven | 1 commentaire »

La Guerre des mondes (War of the Worlds) - de Steven Spielberg - 2005 dans 2000-2009 la-guerre-des-mondes

Remake d’un classique un peu cheap des années 50, nouvelle adaptation d’un roman très daté de HG Wells, cette Guerre des mondes version 2005 est sans doute la plus grosse production de Spielberg, le film le plus démesuré de sa filmographie. Mais c’est aussi, grâce à un paradoxe qui colle parfaitement à sa filmo, le plus personnel de ses films, celui dans lequel se retrouvent toutes ses obsessions, toutes ses figures récurrentes, et toute sa sensibilité…

Impossible de faire le tour de ce chef d’œuvre impressionnant, qui est non seulement l’un des sommets de sa carrière, mais aussi l’un des meilleurs films de la décennie, tout simplement. Notons juste que le film est peut-être celui qui illustre le mieux la rupture qu’a marqué, à Hollywood aussi, le 11 septembre. Des dizaines de films (post)apocalyptiques suivront, mais jamais avec autant de subtilité que celui-ci, et jamais avec un tel ancrage dans le quotidien de l’Amérique « normale ».

Car le point de vue adopté par Spielberg ici n’a rien « d’extraordinaire » : jamais la caméra ne s’éloigne de ce père de famille divorcé, un type on ne peut plus ordinaire interprété par un Tom Cruise qui n’a jamais été aussi bien. Non seulement ce mec n’est pas un surhomme (il ne jouera d’ailleurs aucun rôle dans le dénouement de cette guerre), mais il n’est même pas un type remarquable (genre James Stewart dans les films de Capra). Non, c’est un homme un peu immature, père pas terrible, ex-mari détesté par ses anciens beaux-parents, un type qui n’a à peu près rien réussi, surtout pas d’être respecté par qui que ce soit…

Et c’est son point de vue d’homme ordinaire que le film va suivre de bout en bout, nous plongeant ainsi véritablement au cœur de la population d’abord, puis au cœur de la masse des survivants en exode. Il y a dans ce personnage de père, qui révèle peu à peu ses failles terribles et sa détermination plus forte que tout à sauver ses enfants (dont la petite Dakota Fanning, dans l’une des meilleures prestations d’enfants qui soit), quelque chose de bouleversant. On sent Spielberg, lui dont la filmographie est marquée par la décomposition de sa propre famille lorsqu’il était enfant, particulièrement attaché dans ce combat du père.

Il y a des passages déchirants : le moment où Tom Cruise qu’il doit tuer froidement Tim Robbins s’il ne veut pas mettre sa fille en danger ; et celle où, dans le chaos de la guerre qui l’entoure, il doit choisir de laisser partir l’un de ses enfants pour ne pas perdre l’autre. Un passage qui fait furieusement penser au Choix de Sophie

Si l’ombre du 11 septembre plane évidemment sur le film, c’est surtout celle de la deuxième guerre mondiale qui domine cette Guerre des mondes, comme c’est le cas pour beaucoup d’autres films de Spielberg. L’occupation, l’extermination d’un peuple, mais aussi le cycle de la vie, qui reprend immanquablement ses droits, même après les périodes les plus barbares… L’inspiration de Spielberg est évidente, mais traitée avec une parfaite intelligence.

Faisons-nous mal, et imaginons deux secondes ce que Michael Bay aurait fait d’un tel scénario, avec de tels moyens… Assurément pas la même chose ! Avec le plus imposant de ses blockbusters, avec des effets spéciaux omniprésents, des décors gigantesques, des tas de figurants… Spielberg, lui, signe son film le plus intime, le plus intelligent, et le plus émouvant.

Et il le fait avec un style ébouriffant. Pas le moindre plan anodin ici, pas la plus petite baisse de régime. Dès les premières images, la mise en scène de Spielberg est absolument exceptionnelle, très longs plans (souvent aidés par les effets numériques) d’une fluidité hallucinante qui suivent au plus près des personnages ballottés par le cours dramatique de l’histoire.

C’est du très grand art, et un plaisir de cinéma immense.

Jack Reacher (id.) – de Christopher McQuarrie – 2012

Posté : 3 juin, 2013 @ 10:08 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), CRUISE Tom, McQUARRIE Christopher | 1 commentaire »

Jack Reacher (id.) – de Christopher McQuarrie – 2012 dans * Thrillers US (1980-…) jack-reacher

Jack Reacher n’a pas eu le succès qu’il méritait, mais la tiédeur de son accueil populaire n’est pas une surprise. Dans un certain sens, c’est un film d’un autre temps, qui évite la surenchère d’action et d’effets spéciaux de rigueur aujourd’hui. Un film qui aurait pu être réalisé dans les années 70, avec son thème du vigilante et sa poursuite en voiture que n’aurait reniée ni Friedkin, ni Frankenheimer. Ou même dans les années 30 : ce héros sans vie réelle, sans identité propre, visiblement taillé pour devenir un héros récurrent, évoque Le Saint de la série de films originels, ou d’autres personnages de cette époque.

C’est d’ailleurs ce qui séduit et déroute à la fois : Jack Reacher est un personnage totalement en dehors des critères actuels, l’un de ces héros dont le public raffolait avant l’avènement de la télévision et des séries. Des héros dont on savait qu’on les retrouverait dans d’autres décors, avec d’autres seconds rôles, un autre emploi, mais toujours justicier. De Cheyenne Harry à Simon Templar en passant par The Thin Man, le cinéma américain d’avant-guerre en est peuplé.

Hélas, le succès très relatif du film semble condamner tout retour de Jack Reacher. Hélas, car il y a dans ce film un décalage constant qui fait mouche. Un humour qu’on n’attend pas, une certaine manière de prendre son temps et d’éviter toute surenchère, et une interprétation qui, mine de rien, est constamment étonnante.

Christopher McQuarrie, loin quand même de l’intelligence dont il avait fait preuve avec le scénario de Usual Suspects, s’amuse à filmer des personnages dont on doute constamment de la nature et du prochain acte. Tom Cruise, parfait comme toujours ; Werner Herzog, stoïque et glaçant ; Jai Courtney, nettement moins insupportable que dans Die Hard 5 ; Robert Duvall (qui retrouve Tom Cruise plus de vingt ans après Jours de Tonnerre), irrésistible… Tous, même la douce Rosamund Pike, donnent l’impression de pouvoir passer d’un côté à l’autre de la loi.

A ce petit jeu, le personnage de Jack Reacher pourrait être le moins intéressant, mais Tom Cruise, acteur décidément doué, impose une interprétation sensible et nuancée. Sa prestation ne ressemble à aucune autre de ses films précédents.

Parfois lent, parfois déroutant, Jack Reacher n’est ni un film moderne, ni un film à l’ancienne. C’est un film en dehors du temps, qui devrait donc durer, et être réévalué…

12
 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr