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Archive pour la catégorie 'CRUISE Tom'

Mission Impossible : Fallout (id.) – de Christopher McQuarrie – 2018

Posté : 8 octobre, 2018 @ 8:00 dans * Espionnage, 2010-2019, ACTION US (1980-…), CRUISE Tom, McQUARRIE Christopher | Pas de commentaires »

Mission Impossible Fallout

Christopher McQuarrie qui rempile à la tête de la saga, premier cinéaste à diriger deux Mission Impossible ? L’annonce semblait confirmer la sérialisation que prenait l’enthousiasmante machine à succès de Tom Cruise, sous l’influence de JJ Abrams. Sauf que c’est tout le contraire qui se produit : non seulement ce MI6 est très différent de MI5 (pourtant dû au même réalisateur, donc), mais il ouvre de nouvelles perspectives et rappelle que, avant d’être une machine à succès, la série est un formidable laboratoire pour réinventer le cinéma d’action, et ringardiser toutes les grosses productions hollywoodiennes d’aujourd’hui et d’hier.

Plus sombre, plus humain, plus riche, plus complexe, ce Fallout s’inscrit dans la continuité du précédent (c’est la première fois que l’on retrouve autant de personnages secondaires d’un film à l’autre, et que les intrigues se font suite), tout en changeant subtilement la donne. L’ouverture du film illustre bien ce changement de cap. Là où Rogue Nation commençait par une séquence d’action hallucinante… et totalement inutile à l’intrigue, Fallout commence comme un film noir, poisseux et dénué d’action.

Et c’est, d’emblée, fascinant : Ethan Hunt hanté par ses démons et visiblement plus vulnérable, une mission délivrée sur un appareil à bandes d’un autre âge, qui renvoie directement à la série originale (les références aux précédents films sont également légions) dans une esthétique rétro inquiétante et envoûtante… Le générique, qui arrive assez tardivement et dévoile des images des scènes clés à venir (une tradition depuis l’épisode 3), annonce des tonnes d’action. Mais plus que jamais, la psychologie des personnages est centrale.

Il y est beaucoup question de la responsabilité d’Ethan face à la violence, qu’il passe quand même son temps à amener dans les plus grandes villes du monde (ici, Londres et surtout Paris, où il offre l’expérience de sa vie à une actrice inconnue qui, l’espace d’une petite scène dans le rôle d’une fliquette que Tom Cruise sauve de la mort par un ébouriffant accès de violence, trouve de quoi raconter à ses enfants et petits-enfants pour le reste de sa vie !).

Le personnage n’a sans doute jamais été aussi complexe. Il faut dire que, jusqu’à présent, il manquait un alter ego de taille. Aucun des sidekicks de Cruise n’ont jamais fait le poids, malgré leurs qualités respectives. Jusqu’à l’apparition de Rebecca Ferguson, dont le personnage trouble d’Ilsa, agent britannique, fascinait déjà dans l’opus précédent. Elle gagne encore en profondeur, et ce sont ses rapports ambigus avec Ethan qui donnent quelques-unes des plus belles scènes.

A tel point qu’on ne peut que se réjouir de voir la trop douce et trop lisse Julia (la femme d’Ethan, interprétée depuis 2006 par Michelle Monagham) ne revenir sur le devant de la scène que pour lui trouver une sortie honorable, et sans doute définitive. De quoi attendre le prochain épisode avec impatience et confiance, tant le personnage d’Ilsa semble avoir encore beaucoup à livrer.

Fallout réserve d’ailleurs de longues plages étonnamment calmes, où l’action se fait plus discrète, plus classique, voire se passe hors écran. Une posture rare dans le cinéma d’action : McQuarrie et Cruise savent ménager leurs effets, réussissant une rencontre à peu près parfaite entre le cinéma d’espionnage et le film noir à l’ancienne, et le meilleur du cinéma d’action.

Car les séquences d’action sont ahurissantes. Evidemment, devrais-je ajouter, tant la saga est devenue au fil des épisodes le repère absolu en matière d’inventivité et d’efficacité dans le domaine. Toujours garantie sans écrans verts et avec un minimum d’effets numériques. Pour faire simple : on se contente d’effacer les câbles de sécurité, tout étant réalisé « pour de vrai » dans les vrais décors.

Le fait que Tom Cruise réalise lui-même ses cascades n’est, de fait, pas anecdotique : cette posture à peu près unique pour une star de son calibre permet au spectateur une immersion totale, qu’il saute d’un avion à très haute altitude au-dessus de Paris, qu’il s’accroche à un hélicoptère slalomant entre les montagnes (hélico que, bien sûr, il finira par piloter lui-même), qu’il saute d’un immeuble à l’autre à Londres (dans l’une des rares séquences franchement drôles… qui lui vaudra une cheville cassée), ou qu’il pilote sa moto dans les rues bondées de Paris… L’expérience est exceptionnelle.

Rain Man (id.) – de Barry Levinson – 1988

Posté : 13 août, 2018 @ 8:00 dans 1980-1989, CRUISE Tom, LEVINSON Barry | Pas de commentaires »

Rain Man

Il n’a pas tant vieilli que ça, ce très gros succès des 80s, peut-être parce qu’il pose un regard légèrement désenchanté déjà sur cette décennie clinquante. Le personnage de Tom Cruise est assez marquant en cela : le flambeur magnifique de Top Gun est à la dérive, deux ans plus tard. Les ray ban, le sourire carnassier et la jeunesse insolente sont toujours bien là, mais teintés d’un fort sentiment d’échec qui apparaît dès les premières scènes.

Par sa facture, le look des acteurs, et la musique, le film paraît certes un peu daté, mais le côté madeleine de Proust fonctionne à plein régime. Et qu’est-ce que vous voulez, c’est là que j’ai commencé à vraiment l’aimer, le Tom. Oui, je sais, je n’ai pas encore évoqué la prestation de Dustin Hoffman, assez génial dans le rôle de Raymond, l’autiste surdoué : rôle taillé pour l’Oscar qui ne pouvait décemment pas lui échapper cette année-là (les autres nommés se sont-ils déplacés ? Faudrait vérifier…).

Mais le jeu de Tom Cruise, moins spectaculaire, m’a toujours autant ému, voire plus. Et puis il faut souligner l’ambition de la jeune star, qui aurait pu se contenter d’enchaîner les rôles de jeune premier magnifique après son premier triomphe, mais qui préfère choisir un sujet plus grave, et un rôle plus en retrait. C’est comme ça qu’on bâti une filmographie comme la sienne.

Cela dit, le film est réussi avant tout parce que l’alchimie entre ces deux-là est parfaite. C’est à leur duo de frères si dissemblables que l’on doit tous les beaux moments du film. Et entre quelques passages un peu longuets, il y a des tas de moments de pure magie comme cette scène, superbe, où Charlie comprend que le « rain man » qui peuple ses souvenirs d’enfant n’est pas le fruit de son imagination.

Il faudrait d’ailleurs insister sur la beauté de ce titre, simple en apparence, et qui colle parfaitement à ce que raconte le film : le rapport à sa propre enfance perdue. Simplement et sincèrement émouvant.

La Momie (The Mummy) – d’Alex Kurtzman – 2017

Posté : 3 décembre, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, CRUISE Tom, FANTASTIQUE/SF, KURTZMAN Alex | Pas de commentaires »

La Momie

« Bon, les gars, faut trouver quelque chose. Vous êtes sûrs qu’on n’a pas un ou deux super-héros qui traînent dans les cartons ?
- Ben non patron. DC et Marvel se partagent à peu près tout ce qu’il y a sur le marché.
- Des jouets alors ? Des voitures-robots ? Des figurines à la con ? N’importe quoi…
- Rien de tout ça, patron. On a bien nos vieux monstres, mais ils n’ont pas servis depuis longtemps. Je sais même pas si les gens s’en souviennent. Vous savez ? L’homme invisible, le loup-garou, la créature de Frankenstein, Dracula. C’est un peu poussiéreux, mais bon…
- Eh ! Voilà l’idée de génie. On sort tout ça des cartons, on ripoline, on rajoute des cascades, le monde à sauver, et on lance toute une série de films qui seraient reliés les uns aux autres. Allez, on en annonce cinq, six… dix !
- Mais si ça marche pas ?
- Oh ta gueule. On passe pour quoi, nous, si on n’a pas notre univers étendu ? Tu veux quand même pas qu »on trouve une idée neuve à chaque nouvelle production ? Ce qu’il faut, c’est un lien entre tout ça. Tiens, on va mettre le Docteur Jekyll à la tête d’une organisation secrète qui œuvrerait dans l’ombre contre les forces du Mal, de nos jours, à Londres.
- Pourquoi Jekyll ?
- Tu préfères le fantôme de l’opéra ?
- Ben non.
- Bon, ben Jekyll alors.
- Et si on commençait par remettre la Momie au goût du jour ?
- Pourquoi la Momie ?
- Ben, un vieux monstre enterré depuis longtemps qui ressort au grand jour, vous voyez la symbolique pour notre Dark Uninerse…
- Le Dark Universe ! Pas mal comme appellation : c’est sombre, c’est Universal, c’est parfait. A propos, on fait quoi : horreur, action, humour ?… Oh, et puis oubliez la question, on va mélanger tout ça, toute façon tout sera recouvert par les effets spéciaux, on verra pas bien les détails.
- Dites, ça n’a rien à voir, mais Tom Cruise est disponible.
- De mieux en mieux, ce serait une super affiche pour un lancement. Bien, vous me grattez un scénar pour mélanger tout ça, et vous me glissez une séquence dans un avion en chute libre : Tom rêve de tourner en gravité zéro. Si on lui livre ça clé en main, il ne dira pas non. »

Et voilà comment la navrante folie hollywoodienne actuelle accouche d’un film qui ne ressemble à rien. Pas ennuyeux, et même assez plaisant par moments, mais d’une manière générale franchement navrant. Un film qui utilise l’islamisme radical comme un objet de dérision très léger, qui hésite constamment sur le ton à adopter, et qui tourne au grand-guignol.

Un film, surtout, conçu comme le lancement d’une série qui ne verra peut-être jamais le jour, vu l’accueil public plus que mitigé. C’est d’ailleurs tout le malheur qu’on souhaite à Tom Cruise, à qui on ne pardonnerait pas de rempiler, et à Russel Crowe qui, dans le rôle court mais central de Jekyll et Hyde, a signé pour l’ensemble du Dark Universe. Si c’est pas triste une carrière sur le déclin…

Jack Reacher : Never go back (id.) – d’Edward Zwick – 2016

Posté : 14 juillet, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, ACTION US (1980-…), CRUISE Tom, ZWICK Edward | Pas de commentaires »

Jack Reacher Never go back

Avec son style volontairement rétro, rencontre improbable du polar à la Bullitt et du film d’action à la Mission : Impossible, le premier Jack Reacher avait donné envie d’en voir un peu plus. Voilà qui est fait, avec cette suite qui a failli ne jamais voir le jour après le demi-succès du précédent. On prend donc le même et on recommence, avec Tom qui reprend son désormais habituel rôle de justicier très doué pour terrasser les méchants avec ses mains, avec un couteau, un flingue, ou tout ce qui lui tombe sous la main.

Un type dont on sait tellement qu’il peut à lui seul étendre quatre bad guys qu’on n’a même presque plus besoin de le montrer en pleine action. C’est ainsi que Edward Zwyck (qui retrouve Cruise après Le Dernier Samouraï) filme Cruise/Reacher pour la première fois : tranquillement assis à un comptoir tandis que ses « victimes » gisent par terre, dehors. Déjà mythique, et c’est bien comme ça que Reacher est écrit : comme une sorte de mythe dont tous les militaires semblent se raconter les exploits le soir au coin du feu.

Je l’ai souvent écrit sur ce blog : j’aime Tom Cruise, sa carrière, sa stature d’ultime grande star hollywoodienne, son envie si éclatante de faire de bons films, sans tenir compte des effets de mode. Mais comme tous ses fans, j’aimerais tellement le voir renouer avec des rôles plus consistants, où il aurait autre chose à jouer qu’un simple mouvement de sourcil pour annoncer qu’il va péter trois paires de jambes. Qu’il nous surprenne, quoi, comme il le faisait lorsqu’il tournait Né un 4 juillet, Magnolia, Eyes Wide Shut, ou La Guerre des Mondes

Cela dit, on prend un vrai plaisir devant ce polar bourré d’action. Pas pour l’aspect polar d’ailleurs, avec une intrigue à peu près aussi mince qu’un scénario de L’Agence tout risque. Mais pour les nombreuses et très réjouissantes scènes d’action, et tout particulièrement la dernière d’entre elle, formidable course-poursuite dans le vieux quartier français de La Nouvelle Orléans, en plein carnaval. Un véritable morceau d’anthologie assez superbement filmé, inventif et au rythme impeccable.

Mais là où le film est le plus réussi, là où il surprend un peu quand même, c’est lorsqu’il joue avec les failles de Jack Reacher. Le gars est un pur héros, plus intelligent, plus intuitif et plus balèze que qui que ce soit. Mais humainement, c’est une vraie tâche, incapable de faire confiance ou de partager quoi que ce soit. Sauf que cette fois, il doit s’improviser père de famille, et compagnon d’une femme à peu près aussi teigneuse que lui. Et voir le Tom se comporter comme un con avec cette ado qui pourrait bien être sa fille, et comme un macho à l’ancienne avec cette femme qu’il pourrait aimer, a quelque chose de franchement réjouissant. C’est quand il s’amuse de sa propre image que Cruise est le plus passionnant, pas quand il se prend au sérieux.

Eyes Wide Shut (id.) – de Stanley Kubrick – 1999

Posté : 11 novembre, 2016 @ 8:00 dans 1990-1999, CRUISE Tom, KUBRICK Stanley | Pas de commentaires »

Eyes Wide Shut

C’est beau quand un grand cinéaste tire sa révérence sur un chef d’œuvre. C’est le cas de Kubrick, mort avant la sortie d’Eyes Wide Shut, qui signe tout simplement son meilleur film, l’adaptation d’une nouvelle d’Arthur Schnitzler troublante et déroutante, qui exerce une incroyable fascination dès la première image.

La publicité du film, avant même le tournage, a été entièrement basée sur le couple Nicole Kidman / Tom Cruise, alors le plus en vue à Hollywood, et que Kubrick met en scène dans une intimité totalement impudique. Les deux stars se sont d’ailleurs totalement investi, mettant plusieurs projets en suspens pour se plier aux exigences du cinéaste, et à un tournage à rallonge. Cruise surtout, qui est de toutes les scènes et qui est le véritable pivot du film, qui est resté à Londres pour les besoins du tournage pendant plus d’un an et demi.

Il faut dire que Kubrick, méticuleux à l’extrême, pouvait rester des semaines sur une même scène jusqu’à obtenir ce qu’il voulait. Il n’a pas hésité non plus à remplacer Harvey Keitel par Sydney Pollack en cours de tournage, retournant toutes ses scènes. Jennifer Jason Leigh en a fait les frais : indisponible lorsque les scènes dans lesquelles elle figurait devaient être retournées, elle a été remplacée par Marie Richardson.

Mais le résultat est là. Rien ne semble être dû au hasard dans cette somptueuse déambulation nocturne qui nous plonge dans les méandres tortueux et obscurs de la psyché de Cruise, riche médecin dont le confort d’une vie parfaitement rangée vole en éclat lorsque sa femme lui fait un aveu : un an plus tôt, elle a été tentée par une aventure extra-conjugale. Une pulsion, une envie, une pensée… Suffisant pour remettre en question tout un équilibre, toute une vie.

Cette longue séquence cruauté est d’une violence assez incroyable. Pas pour les aveux qui sont faits, finalement plutôt mineurs, mais pour leur froideur et leur côté définitif. Kidman est parfaite dans ce registre. Et Cruise est formidable en golden boy qui perd sa superbe, doucement mais inexorablement.

Il n’a d’ailleurs jamais été aussi intense, Cruise. Loin de ses rôles d’action hero, et de son habituel dynamisme volontaire, il est ici un homme confronté aux doutes et au soudain inconfort de la vie. Un homme pour qui les apparences étaient un mode de vie, et qui a soudain conscience que toutes ses décisions pourraient avoir un impact définitif sur sa vie.

C’est fascinant de le voir errer de fantasme en fantasme, multipliant les occasions de donner corps à son trouble sexuel sans jamais aller au bout, se retrouvant dans une mystérieuse soirée où le sexe et la mort semblent étroitement liés, sommet d’une déambulation sans doute plus mentale que physique.

Visuellement, c’est d’une beauté sidérante. Et Eyes Wide Shut, derrière son troublant mystère, est un chef d’œuvre totalement fascinant, dont le « happy end » est un sommet de cruauté.

Mission Impossible : Rogue Nation (id.) – de Christopher McQuarrie – 2015

Posté : 4 septembre, 2016 @ 8:00 dans * Espionnage, 2010-2019, ACTION US (1980-…), CRUISE Tom, McQUARRIE Christopher | Pas de commentaires »

Mission Impossible Rogue Nation

Cette cinquième mission impossible est l’exemple parfait pour souligner la suprématie et la limite du Tom Cruise d’aujourd’hui. Les lecteurs de ce blog le savent : j’aime la star, sa filmographie hallucinante et son statut unique dans le Hollywood de ces vingt dernières années. La dernière des grandes stars, c’est lui. Et même si sa stature s’est quelque peu émoussée ces dernières années, il reste la pierre angulaire de tous ses films, ou presque.

Cruise n’est pas, et n’a jamais été, un simple faiseur de succès. Il aime le cinéma, affiche une belle (et rare) ambition, et cherche constamment à se lancer des défis. C’est encore le cas actuellement, même s’il s’agit désormais le plus souvent de défis physiques et pyrotechniques. Une mégastar dont le pouvoir est tel qu’on le laisse s’accrocher à la plus haute tour du monde (dans l’épisode précédent), ou ici à un avion qui prend son envol. Pour de vrai. Et dire que, dans les années 70, les Français étaient fiers de leur Bebel qui s’accrochait à un hélicoptère…

Bref… Ce MI5 porte en lui toutes les contradictions de la star. Il s’agit bien d’un film d’action époustouflant, l’un des meilleurs si ce n’est le meilleur de ces dernières années. Un pur moment de plaisir cinématographique, inventif, haletant et visuellement assez formidable. En un sens, on peut dire sans rougir que Tom Cruise continue un exceptionnel sans-faute avec cette série qui booste depuis vingt ans le cinéma d’action américain.

Mais cette fois, il manque tout de même un petit quelque chose qui faisait l’originalité de ces films : l’effet de surprise. Elle semble bien finie l’époque où chacun des films était confié à un cinéaste différent qui amenait sa (forte) personnalité. Après l’élégance de De Palma, John Woo avait signé un vrai film personnel avec son romantisme exacerbé, avant que JJ Abrams fasse des débuts remarqués, transposant sur grand écran l’efficacité imparable de ses séries TV.

Seulement voilà, JJ est resté producteur, et son influence est, depuis manifeste : l’homme de télé a mine de rien transformé la franchise de Tom Cruise en série de luxe, dont chaque épisode répond aux mêmes ambiances, aux mêmes mécaniques, et reprend le même groupe de comédiens. L’épisode 4 était tout de même formidable, et celui-ci aussi. Mais n’empêche : il y a cette petite frustration de ne plus être surpris et bousculé que par l’inventivité des séquences d’action.

Au moins la recette est-elle, et de plus en plus, assumée. C’est même ce qui est assez formidable dans ce nouvel opus, où Tom Cruise et Christopher McQuarrie, scénariste et réalisateur, assument leur ambition d’enchaîner les morceaux de bravoure, d’une manière totalement décomplexée, sans toujours trouver de liens logiques entre eux. Les personnages passent ainsi d’un pays à l’autre sans même faire semblant de trouver une raison, la fameuse scène de Tom accroché à l’avion ne sert à rien, et tout ça n’a effectivement aucune importance !

La recette fonctionne toujours parfaitement et, franchement, on ne fait pas mieux dans le genre aujourd’hui. D’ailleurs, ce n’est pas pour la prochaine mission que le renouvellement devrait arriver : le sixième opus devrait être une nouvelle fois écrit et réalisé par Christopher McQuarrie. Ce serait la première fois qu’un réalisateur rempilerait pour une mission de plus.

La Firme (The Firm) – de Sydney Pollack – 1993

Posté : 30 juin, 2015 @ 2:01 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, CRUISE Tom, POLLACK Sydney | Pas de commentaires »

La Firme

Pas encore action-hero à plein temps, Tom Cruise commence à collectionner les cinéastes prestigieux à ce stade de sa carrière. Une jeune star qui peut choisir le projet qu’il veut, tourner avec qui il veut, et dont l’avenir promet d’être brillant. Une description qui correspond à Tom Cruise-acteur, aussi bien qu’à son personnage dans La Firme : on jurerait que le rôle a été écrit sur mesure pour lui, Pollack s’amusant de cette image de golden boy à qui tout réussi pour le confronter à un piège infernal sans issue possible.

Pollack est en terrain connu dans ce film adapté d’un roman de John Grisham : l’histoire d’un jeune avocat courtisé par toutes les grandes boîtes des Etats-Unis, qui accepte la proposition d’une firme puissante dont l’aspect très familial cache une vérité nettement plus sordide. On est dans un thriller paranoïaque dans la lignée des Trois Jours du Condor. En plus simpliste, quand même, parce qu’avec cette histoire de descente aux enfers, Grisham et les scénaristes (parmi lesquels Robert Towne) n’y vont pas avec le dos de la cuillère.

C’est du gros, gros méchant que doit affronter Tom Cruise, avec son innocence et son humanité retrouvées alors qu’il est au fond du trou. Jusqu’à la caricature, mais avec un savoir faire immense, un vrai sens de l’action (une belle course poursuite, notamment) et surtout une capacité à donner de l’épaisseur à des personnages a priori pas exceptionnels.

C’est le cas des nombreux seconds rôles de prestige que l’on croise le temps de deux ou trois scènes pour la plupart : Holly Hunter assez inattendue, Ed Harris raide et cabot mais superbement pitoyable, et surtout Gary Busey, éternel méchant de service qui trouve ici le rôle de sa vie le temps de deux petites apparitions inoubliables, jubilatoire en détective privé grande gueule.

C’est le cas aussi de Gene Hackman qui, lui, est étonnamment sobre dans le rôle du salaud désigné, mais dont l’humanité transparaît petit à petit, révélant les fêlures de l’homme, miroir terrible et vieilli du personnage de Tom Cruise.

La qualité de l’interprétation est pour beaucoup dans le plaisir que l’on prend devant ce Pollack séduisant, mais mineur.

Horizons lointains (Far and away) – de Ron Howard – 1992

Posté : 21 mai, 2015 @ 3:57 dans 1990-1999, CRUISE Tom, HOWARD Ron, WESTERNS | Pas de commentaires »

Horizons lointains

OK, Ron Howard est un réalisateur qui manque singulièrement de personnalité. OK, son film échoue lamentablement à restituer l’ampleur lyrique des grandes fresques hollywoodiennes d’autrefois. Alors même que c’est son ambition première. Mais j’ai toujours eu pour ce film une tendresse que, après l’avoir revu, je ne m’explique pas encore tout à fait.

Peut-être cette tendresse repose-t-elle sur ce petit grain de folie que Howard inculque par moments à sa fresque par ailleurs beaucoup trop sage : ce coup de fourche aux fesses de Tom Cruise, ce soudain coup de poing donné à un cheval récalcitrant… Peut-être est-ce dû à la réussite du couple formé par Tom Cruise et Nicole Kidman, qu’on aurait bien vu interprété par Gary Cooper et Katherine Hepburn dans les années 30-40.

Ou peut-être est-ce simplement une forme de reconnaissance face à la générosité du récit, qui nous entraîne de l’Irlande de 1892 frappée par la misère (le vieux continent étant une terre de bouseux pour le très hollywoodien Ron Howard), à la « course aux terres » d’Oklahoma (les Etats-Unis étant bien sûr la terre de toutes les possibilités).

Et c’est vrai que, si la mise en scène manque constamment de ce souffle qui aurait fait toute la différence, le scénario est lui d’une ambition rare. Durant deux heures vingt, Ron Howard tente de renouer avec la grande tradition de la fresque d’aventures, suivant le parcours de ces deux Irlandais que tout oppose, et qui tentent ensemble l’aventure du nouveau continent, comme tant d’autres pionniers.

Horizons lointains est un bel hommage au grand cinéma romanesque hollywoodien, à défaut d’y trouver directement sa place…

* Blue ray à petit prix chez Universal, sans bonus.

Edge of tomorrow (id.) – de Doug Liman – 2014

Posté : 16 février, 2015 @ 4:48 dans 2010-2019, CRUISE Tom, FANTASTIQUE/SF, LIMAN Doug | Pas de commentaires »

Edge of tomorrow

Un mix entre Un Jour sans fin et Starship Troopers ? C’est ce que propose, sans rire, le réalisateur de La Mémoire dans la peau en adaptant le roman graphique du japonais Hiroshi Sakurazaka All you need is kill. Un officier de l’armée américaine se retrouve mêlé à de jeunes recrues chargées de débarquer en France pour affronter des envahisseurs extraterrestres, se fait tuer en quelques minutes, et se réveille le matin même, avec la même journée à revivre, encore et encore…

La comédie d’Harold Ramis reste une référence incontournable dans son genre. Pour l’originalité de son sujet, mais aussi pour la manière dont elle traitait l’interminable recommencement, la répétition sans fin des mêmes événements, sans jamais lasser. On se demandait ainsi ce que pouvait apporter les gros sabots de Liman et les effets spéciaux d’une grosse machine de SF hollywoodienne à ce thème plein de possibilités, mais aussi possiblement casse-gueule.

Pour être honnête, la réponse est « pas grand-chose ». Edge of tomorrow est une réussite grâce au savoir-faire indéniable d’une réalisateur qui, à défaut d’avoir un univers visuel bien marqué, sait tenir une audience en haleine. Grâce surtout à un scénario co-écrit par Christopher McQuarrie qui, depuis Usual Suspects, s’y connaît en matière de faux semblants. Et c’est là que le film est le plus original : lorsqu’il joue avec la perception du spectateur, et des personnages secondaires, présentant des événements comme s’ils étaient inédits alors que le « héros » les a déjà vécus sans doute des dizaines de fois.

Ce héros qui n’en est pas un est aussi l’une des grandes réussites du film. Parce qu’il joue constamment sur l’image d’action-hero et de sauveur du monde que trimbale de plus en plus souvent Tom Cruise. Jamais aussi bon que quand il joue avec sa propre image, la star fait plus qu’habiter le film : il en est le moteur, et la raison d’être.

Il est d’ailleurs de tous les plans, à la fois fidèle à son image et d’une étonnante fraîcheur. C’est sans doute la clé de sa position encore unique dans le cinéma hollywoodien : film après film, et même dans des univers a priori hyper calibrés, Cruise parvient à ajouter une pierre nouvelle. Même dans le seul genre de la science fiction, après les deux chefs d’oeuvre de Spielberg (Minority Report et La Guerre des mondes) et le très réussi Oblivion, cela commence à ressembler à une œuvre.

Top Gun (id.) – de Tony Scott – 1986

Posté : 1 juillet, 2014 @ 8:13 dans 1980-1989, CRUISE Tom, SCOTT Tony | Pas de commentaires »

Top Gun

La sortie dans une belle édition blue ray de ce film étendard de la culture pop des eighties est l’occasion de redécouvrir le film qui a fait de Tom Cruise la plus grande star de sa génération à seulement 24 ans, lui qui venait d’être remarqué dans Risky Business (un succès) et Legend (un échec), sans doute le film le plus oublié de Ridley Scott.

Changement de style, donc, avec l’autre frangin Scott qui, avec ce Top Gun, crée une imagerie qui fera école dans les dix ans qui suivront. Pour le pire plus que pour le meilleur, d’ailleurs : héroïsme primaire, glorification du corps et de l’uniforme, musiques sirupeuses et esthétique criarde, Top Gun est le symbole de ce qui s’est fait à peu près de pire dans le cinéma américain.

Le scénario tient sur une plaque d’identification, et le film étire à l’envi des scènes qui n’apportent rien d’autres que des images qui renforcent la cool attitude des personnages : une interminable partie de beach volley pour mettre en valeur les corps musclés et bronzés des pilotes, d’innombrables chevauchées à moto de Tom dans le crépuscule… Le film semble bien souvent n’être qu’une succession de clips illustrant des chansons guimauve qui furent des tubes.

On devrait le détester, ce film, et pourtant… Est-ce pour les images, tout de même souvent très belles ? Est-ce pour les répliques cool et cultes qu’on se récitait en boucle dans les cours de récréation ? Est-ce pour la naissance de la star Tom Cruise ? Toujours est-il que le film garde une vraie côte de sympathie, malgré des séquences aériennes trop longues, et une histoire d’amour qui paraît hors de propos.

Non, Top Gun est une histoire d’hommes entre eux. La vraie love story, ce n’est pas celle qui unit Tom Cruise à Kelly McGillis, mais celle entre l’interprète de Maverick et celui d’Iceman, Val Kilmer. Leur attirance-répulsion, marquée par l’admiration, la rivalité, et une espèce d’amour vachard, est le vrai sujet de ce film qui, malgré tout ses aspects typiquement années 80, supporte plutôt bien l’épreuve du temps.

Et puis il y a Tom Cruise, à la jeunesse insolente, qui donne le ton au film. Sa performance, ici, n’est pas particulièrement nuancée. Mais il est de toutes les scènes, et son charisme, sa présence hors du commun, font énormément pour la réussite du film. Autant que ce que le film a apporté à la carrière de la star…

• Le digibook que Paramount vient d’éditer propose une quantité de bonus sur le blue ray, notamment un très long et très intéressant making of dans lequel interviennent aussi bien Tom Cruise que Jerry Bruckenheimer, Tony Scott ou Val Kilmer. Le livre, lui, est essentiellement une succession de belles illustrations et de citations du film.

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