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Archive pour la catégorie 'COSTNER Kevin'

Three days to kill (id.) – de McG – 2014

Posté : 20 août, 2014 @ 3:10 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), COSTNER Kevin, McG | Pas de commentaires »

Three days to kill

Le bon côté d’abord : ça fait plaisir de retrouver Kevin Costner en tête d’affiche. Requinqué par le succès de la formidable mini-série Hatfield & McCoys et par ses seconds rôles remarqués dans Man of Steel et The Ryan Initiative, celui qui fut la plus grande star du début des années 90, celui à cause de qui des avocats et des huissiers s’appellent Kevin, aujourd’hui en France, Costner a droit à un action movie taillé pour lui par un Luc Besson qui tente de renouer avec lui les succès qu’il a connu avec Liam Neeson (Taken 1, 2, 3…).

Evidemment, ça, ce n’est pas une bonne nouvelle. Autant on peut saluer l’ambition de Besson réalisateur, autant Besson scénariste s’apparente à une photocopieuse doublée d’une machine à faire du cash. Avec Three days to kill, ce sont donc strictement les mêmes recettes que dans tous les films qu’il scénarise à la chaîne depuis vingt ans, que l’on retrouve : des fusillades, des poursuites en voiture, un humour lourdingue, des émotions faciles, et une morale pour le moins flottante.

Avec toujours un semblant d’idée originale. Ici : une maladie incurable dont souffre un tueur de la CIA (Costner, donc), qui le pousse à se rapprocher de sa femme et de sa fille dont il s’est éloigné depuis des années. C’est avec elles qu’on a droit aux scènes les plus sympathiques et émouvantes, même si les clichés sont à tous les étages, dans ce Paris de carte postale qui n’oublie absolument aucun passage obligé (la Tour Eiffel scintille, évidemment), pour être bien sûr de toucher un public international. Il faut dire que l’épouse est interprétée par Connie Nielsen qui, même quand elle n’a rien à jouer, est excellente, et que la gamine est jouée par Hailee Steinfel, la révélation de True Grit.

Besson donne aussi un rôle un peu grotesque à Amber Heard, curieux ange-gardien de Kevin, qui incite ce dernier à sortir de sa retraite en échange d’un sérum qui pourrait lui sauver la vie… mais lui file des hallucinations qu’il ne peut soigner qu’à la vodka. La belle ne sert pas à grand-chose dans le film, si ce n’est dans une séquence de tuerie qui tourne à l’engueulade autour de ce qu’est une moustache. De loin le passage le plus amusant.

Le scénario est particulièrement indigeste, entremêlant lourdement les tueries de Kevin et ses galères pour devenir un bon père. Mais il réserve pas mal de morceaux de bravoure qui auraient pu sauver le film. Las, c’est McG aux commandes, le réal de Charlie’s Angels et de Terminator Renaissance, dont le style syncopé fatigue et provoque l’ennuie dès la première scène d’action. A voir pour Costner, seulement pour lui…

• DVD chez Europa, avec quelques bonus promotionnels dans lesquels Costner et McG clament leur enthousiasme.

The Ryan Initiative (Jack Ryan : Shadow Recruit) – de Kenneth Branagh – 2013

Posté : 1 juillet, 2014 @ 8:26 dans 2010-2019, BRANAGH Kenneth, COSTNER Kevin | Pas de commentaires »

The Ryan Initiative

Après deux suites très dispensables (ici et ici) et un reboot en demi-teinte, le personnage d’analyste plongé dans l’action imaginé par Tom Clancy a droit à un nouveau départ, un film qui pose clairement les bases d’une nouvelle série, et s’impose, et de loin, comme le meilleur film depuis A la poursuite d’Octobre rouge, l’insurpassable chef d’œuvre de John McTiernan. Avec un beau casting, autour du sympathique Chris Pine dans le rôle titre : Keira Knightley dans le rôle de la fiancée de Ryan (tout sauf un rôle de faire-valoir), Kenneth Branagh le réalisateur qui s’offre un beau rôle de méchant loin des poncifs, et Kevin Costner dans le rôle du mentor, belle revanche pour l’acteur qui fut le premier approché pour le rôle en 1990, mais avait dû décliner l’offre, trop occupé à préparer un certain western

Le film commence plutôt mollement : la première partie, un peu laborieuse, présente à la fois le personnage de Ryan (plutôt bien cela dit, nous dévoilant pour la première fois l’accident qui lui a causé ces douleurs au dos) et les enjeux du film. Trop longue, maladroite, et convenue (la première scène d’action, dans la chambre d’hôtel, s’inscrit dans la lignée de quelques séquences mémorables de la trilogie Jason Bourne, l’efficacité en moins), la première demi-heure manque de caractère

Mais Kenneth Branagh finit par trouver le ton juste, lorsque son trio se reconstitue enfin : le couple et le mentor, avec le retour dans l’histoire de Keira Knightley et son intégration totale à l’action. C’est là seulement que le film prend toute sa dimension. Dès lors, Branagh trouve son parfait équilibre entre suspense, action, portrait de couple, espionnage.

Surtout, le film de Branagh est un habile mélange de classicisme et de modernité, tait d’union entre le cinéma d’action d’aujourd’hui, dont il évite soigneusement la tendance à la surenchère, et celui du début des années 90. L’efficacité et l’élégance d’Octobre Rouge, avec les enjeux de La Somme de toutes les peurs, tout en évacuant d’une manière très maligne et radicale toutes les dérives pyrotechniques, donnant à voir un cataclysme qui ne sera jamais à l’écran.

Si le film fonctionne si bien, c’est parce qu’il s’articule autour d’un trio parfaitement réussi (les meilleures scènes sont celles qui unissent Keira Knightley, Chris Pine et Kevin Costner). C’est aussi parce qu’il réussit une belle prouesse : s’inscrire ouvertement dans le monde poste-11 septembre, tout en réactivant le climat de la guerre et des grandes œuvres populaires qui lui sont attachés. En restant continuellement, malgré les enjeux planétaires, au plus près de ses personnages. Un tour de force.

• Le DVD est édité chez Paramount , avec en bonus le commentaire audio de Kenneth Branagh et Lorenzo di Bonaventura (le producteur), plusieurs scènes coupées ou allongées, et un documentaire assez convenu.

Wyatt Earp (id.) – de Lawrence Kasdan – 1994

Posté : 1 avril, 2014 @ 3:06 dans 1990-1999, COSTNER Kevin, KASDAN Lawrence, WESTERNS, Wyatt Earp / Doc Holiday | Pas de commentaires »

Wyatt Earp

D’accord, il y a bien deux ou trois longueurs, au cours de ces trois heures et quelque de projection. Mais rien, vraiment rien, qui puisse justifier la piètre réputation de ce western déjà tombé dans l’oubli. On ne peut pourtant que saluer l’ambition de Kasdan, rare dans ce genre, qui a osé oublier le mythe immortalisé par Ford (La Poursuite infernale), Sturges (Règlement de compte à O.K. Corral), pour proposer un portrait sans doute plus proche de la réalité, et surtout nettement plus nuancé.

Wyatt Earp est un homme courageux et par moments héroïques. C’est aussi un être dur et intransigeant, qui, tout au long d’une vie bien remplie, plonge dans l’alcool, devient un clochard voleur de chevaux, décime des troupeaux de bisons pour leurs peaux (le John Dunbar de Danse Avec Les Loups en pleurerait), laisse éclater sa vengeance, abat des hommes désarmés…

Quant au fameux règlement de compte de O.K. Corrall, c’est sans doute la version la plus anti-glamour que l’on ait pu en voir : huit hommes face à face, à deux mètres de distance, qui mitraillent sans vraiment viser… ne laissant debout que l’un d’eux : Earp lui-même. On est loin, très loin, des tireurs d’élite qui font la légende de l’Ouest.

Un parti-pris intéressant que Kasdan tient de bout en bout : jamais il ne cède à la tentation de faire de Earp un vrai héros. Au contraire, plus le personnage cède à ses démons, plus ses proches souffrent, ou meurent, et plus le malheur s’installe autour de lui. La rédemption, ici, passera par la vengeance la plus abjecte. Et la violence, dans Wyatt Earp, n’est pas non plus édulcorée : les morts sont douloureuses, souvent grotesques, et les survivants n’ont rien de glorieux.

La distribution est impressionnante : Gene Hackman, Tom Sizemore, Michael Madsen, Isabella Rossellini… Et dans le rôle de Doc Holliday, le trouble compagnon de Earp, tubard qui n’en finit pas de mourir, Dennis Quaid, méconnaissable. Le visage décharné, la toux rauque, il réussit une belle performance d’acteur, malgré un personnage mal dessiné, un peu brouillon. On sent bien que Kasdan lui préfère Earp lui-même : sa force, ses doutes, toute la complexité d’un mythe absolu qui est aussi un homme faillible.

Dans le rôle, Kevin Costner est remarquable. Aussi crédible en jeune homme un peu naïf et plein de beaux rêves, qu’en marshall revenu de tout à la présence magnétique et impressionnante. Lui qu’on a souvent comparé (dans ces années-là en tout cas) à un Gary Cooper, prouve qu’il peut également marcher dans les traces de John Wayne.

Quant à Kasdan, dont on a beaucoup reproché l’académisme lors de la sortie du film, le temps lui a donné raison : c’est avec un classicisme et un sens de l’image très fordien qu’il raconte cette épopée intime et impressionnante. Décidément, Wyatt Earp mérite d’être redécouvert.

Bodyguard (The Bodyguard) – de Mick Jackson – 1992

Posté : 14 février, 2014 @ 12:40 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, COSTNER Kevin, JACKSON Mick | Pas de commentaires »

Bodyguard Costner

“And IIIIIIIIiiiiIIIIIIIII will alwaaaayyyyyyys love you » chantait Whitney Houston devant un Kevin Costner stoïque mais troublé. C’était déjà les années 90, mais on jurerait qu’on était encore dans les années 80 : son cinéma sirupeux, ses chansons calibrées pour la FM, ses couples improbables. Triomphe lors de sa sortie en 1992, Bodyguard est un sommet du thriller romantico-sirupeux, baigné par une BO elle aussi triomphale. Whitney Houston est à son apogée, et Kevin Costner est la plus grande star du monde.

Ce sont les années d’or de Costner, qui enchaîne Danse Avec Les Loups, JFK ou encore Un monde parfait. Dans cette belle série, Bodyguard fait pâle figure. Plutôt plaisante, cette histoire d’amour entre une star capricieuse et son garde du corps semble constamment hésiter entre plusieurs tons. D’un côté, un film à la mode tourné comme un clip branché avec des effets romantiques du plus bel effet (ah ! ce foulard qui se coupe en retombant sur la lame d’un sabre japonais…). De l’autre, un thriller assez classique filmé plus traditionnellement, avec efficacité et même une certaine élégance.

En fait, le film est nettement plus sympathique lorsqu’il s’intéresse à l’univers de Frank Farmer, le personnage de Costner. Un bar à bière éclairé aux néons, une sublime cabane au bord d’un lac… Mick Jackson n’évite pas les clichés, mais crée une atmosphère américaine à l’ancienne qui fait mouche. L’univers tape-à-l’œil et clinquant de Rachel Marron, lui, est assez insupportable.

The Company Men (id.) – de John Wells – 2010

Posté : 16 janvier, 2014 @ 4:58 dans 2010-2019, COSTNER Kevin, WELLS John | Pas de commentaires »

The Company Men

Des films évoquant la Crise (avec un grand C) et ses ravages, il y en a eu beaucoup ces dernières années. Beaucoup de films engagés illustrant le cynisme de la finance et de ce monde des affaires où le profit et les statistiques priment sur l’humain.

Dans ce domaine, The Company Men n’apporte pas grand-chose. Bien sûr, le film présente le monde de l’industrie comme une immense machine qui a perdu son humanité au fil du temps. Le grand patron fut un entrepreneur courageux qui a bâti un empire, mais qui a fini par vendre son âme, licenciant sans ciller des milliers de personnes pour faire grimper les actions de sa boîte de quelques points.

Quant à ses « victimes », ce sont des pères de famille qui perdent du jour au lendemain tout ce qu’ils avaient, mais qui finissent, pour certains, par réaliser qu’ils ont là une opportunité de se recentrer vers les valeurs essentielles de la vie. Une sorte de seconde chance. Au goût amer, et parfois douloureux, certes, mais quand même…

Bref, tout pour faire un film bien populiste, à la morale irréprochable mais un rien trop facile. Pourtant, John Wells signe un beau film, d’un classicisme à l’ancienne. Cette légère naïveté du scénario est au service des personnages et de leur destin. Leur parcours personnel pourrait être noyé sous une pluie de guimauve, mais la mise en scène est constamment élégante et délicate, bouclant même la trajectoire tragique de l’un des personnages par une ellipse magnifique, qui frappe davantage les esprits que des effets lacrymaux trop appuyés…

Dans le rôle principal, surprise, Ben Affleck est assez formidable. Bien plus à l’aise que dans les superproductions boursouflées où il a trop donné, il rappelle tardivement qu’il n’est pas juste l’un des réalisateurs les plus excitants du moment, mais qu’il peut aussi être un comédien profond. Cadre trop payé viré du jour au lendemain, tiraillé entre la colère, la frustration, la honte, incapable d’apprécier l’amour de sa famille… il voit la vie qu’il s’était construite s’étioler doucement, pour ne plus se limiter qu’à l’essentiel, cet essentiel qu’il avait perdu de vue.

Tommy Lee Jones aussi est formidable, comme toujours, homme de confiance ravalant sa fierté et ses convictions tant qu’il le peut. Chris Cooper, grand acteur méconnu, est bouleversant en homme qui se retrouve au point de départ de sa vie, l’avenir en moins. Quant à Maria Bello, dans un rôle plus en retrait, elle est d’une justesse exemplaire, en DRH forcée de dresser la liste de ceux qui seront privés d’emploi…

Plus surprenant, John Wells s’offre un second rôle de luxe : Kevin Costner, alors au plus bas, qui joue le beau-frère artisan d’Affleck. Il révèle une facette encore peu utilisée de son talent, avec cet homme un peu rustre et peu aimable, qui révèle une personnalité plus complexe et attachante au fur et à mesure que le regard d’Affleck change sur son entourage.

Sur tous ces personnages, Wells, scénariste et réalisateur, porte un regard d’une bienveillance rare. Et ça fait un bien fou…

Hatfields and McCoys (id.) – mini-série créée par Ted Mann et réalisée par Kevin Reynolds – 2012

Posté : 4 décembre, 2013 @ 8:45 dans 2010-2019, COSTNER Kevin, MANN Ted, REYNOLDS Kevin, TÉLÉVISION, WESTERNS | 1 commentaire »

Hatfields and McCoys

Le western sied décidément bien à Kevin Costner, qui revient régulièrement à son genre fétiche depuis Silverado, qui l’a révélé en 1985. Il y a connu son plus grand triomphe (Danse Avec Les Loups, un classique), mais aussi sa première déconvenue de star (Wyatt Earp, un grand film malade à redécouvrir). C’est aussi avec le western qu’il a fait un retour remarqué il y a dix ans après une série d’échecs qui avaient égratigné son image (Open Range, un grand western classique).

Depuis : de bons films passés inaperçus, d’autres moins réussis, et même plusieurs direct-to-dvd… avant le retour en grâce du début des années 2010. Un second rôle remarqué dans Company Men, un autre plus inattendu dans Man of Steel… et un triomphe personnel à la télévision avec ce Hatfields and McCoys (pour son premier rôle sur le petit écran depuis La Mascotte, épisode d’Histoires fantastiques réalisé par Spielberg en 1985).

Cette mini-série de trois épisodes (environ 90 minutes chacun) s’inspire d’une histoire authentique très connue aux Etats-Unis, beaucoup moins chez nous. Au lendemain de la Guerre de Sécession, où ils combattirent côte à côte, deux hommes se brouillent et entraînent peu à peu leurs familles et leurs proches dans un affrontement sanglant qui se prolongera durant de longues années, entraînant de nombreux morts et conduisant deux Etats au bord d’une nouvelle guerre civile.

Hatfields and McCoys marque aussi les retrouvailles de Kevin Costner avec Kevin Reynolds, son réalisateur de Fandango, Robin des Bois et Waterworld. Et c’est un petit miracle qui se produit. Cinéaste au mieux maniéreux, au pire poussif, Reynolds dévoile une dimension de son talent qu’on ne lui connaissait pas, filmant d’une manière crue et brutale, tout en utilisant parfaitement les décors naturels, qui renforcent l’absurdité de cette guerre et de ces destins gâchés.

Formidable, cette mini-série est une réussite totale, qui rend palpable la violence extrême de l’époque, le poids de la culpabilité chez ses deux chefs de famille dont l’inflexibilité aura des répercussions terrifiantes, et l’absurdité de cet affrontement, dans une Amérique encore en train de se construire. Ce qui débouche sur des situations incroyables, chaque clan étant finalement déclaré hors-la-loi dans l’Etat de l’autre…

Humainement aussi, le film est déchirant, s’attachant longuement aux nombreux enfants des deux clans, qui grandissent dans la haine de l’autre sans même savoir pourquoi. Avec même la naissance d’une romance entre un fils Hatfield et une fille McCoy, promise à une fin tragique dont on ne nous privera pas…

Les acteurs sont exceptionnels, tous. Dans le rôle de Randall McCoy, Bill Paxton livre une prestation hallucinante, a priori plus sympathique que son ennemi, mais tellement protégé par ses préceptes religieux et sa foi en le Jugement divin qu’il en devient inhumain, conduisant sa famille à la perte…

Anse « Devil » Hatfield est un personnage tout aussi complexe, son double inversé : un père et un mari très humains, mais aussi un tueur et un meneur intraitable, prêt à commettre l’irréparable avec son propre fils… Dans le rôle, Kevin Costner est sidérant, révélant une puissance inédite.

Passionnant et terrifiant, Hatfields and McCoys est tout simplement le meilleur western de ces dernières années.

• A découvrir en coffret double-DVD chez Sony.

Treize jours (Thirteen Days) – de Roger Donaldson – 2000

Posté : 7 août, 2013 @ 3:09 dans 2000-2009, COSTNER Kevin, DONALDSON Roger | Pas de commentaires »

Treize jours (Thirteen Days) – de Roger Donaldson – 2000 dans 2000-2009 treize-jours

Avoir fait courir Kevin Costner dans les couloirs du Pentagone (dans le très réussi Sens unique) faisait-il de Roger Donaldson le réalisateur idéal pour ce Treize jours, dans lequel Kevin Costner arpente les couloirs de la Maison Blanche ? Evidemment non. Honnête artisan du cinéma de genre (on lui doit La Mutante, Cocktail ou le remake de Guet-Apens), Donaldson n’est, ici, jamais à la hauteur de son sujet.

Les treize jours du titre sont ceux de la fin 1962, durant lesquels la découverte de missiles soviétiques à Cuba a failli déclencher une troisième guerre mondiale. Le sujet aurait pu être traité de bien des façons : en plongeant au cœur d’une population américaine traumatisée par l’hypothèse d’une attaque nucléaire ; en mettant en perspective les intérêts géopolitiques des deux camps… Le scénario adopte plutôt le point de vue de trois hommes dont dépend le sort du monde : le président JFK, son frère Bobby, et le conseiller politique de Kennedy, Kenneth O’Donnel.

Il y a beaucoup de bonnes idées autour de ce scénario, qui s’intéresser aux conflits moraux des Kennedy (présentés comme la bonne conscience de l’Amérique), et qui fait de ce conseiller de l’ombre interprété par Costner un « frère de l’ombre ». Le scénario de David Self (le scénariste des Sentiers de la Perdition) met constamment en parallèle les négociations secrètes dans les arcanes de la Maison Blanche, et le portrait de ce Ken O’Donnel qui aime les Kennedy comme des frères, mais qui a constamment conscience de ne pas être des leurs.

Le choix des acteurs, aussi, est irréprochables : Bruce Greenwood et Steven Culp font des Kennedy très convaincant, et Kevin Costner est parfait, lui qui est un habitué de l’administration Kennedy, grâce à deux de ses meilleurs films (Un monde parfait se déroulait quelques jours avant le 22 novembre 63, et JFK évoquait la contre-enquête après l’assassinat).

Mais dès le générique de début, alors que les noms des acteurs apparaissent sur des stock-shots d’explosion nucléaire, on pressent que quelque chose cloche. Trop d’ambition, trop d’enjeux dans cette histoire. Et pas assez de personnalité et d’envergure chez ce cinéaste décidément pas taillé pour un tel sujet. Plate et sans imagination, la mise en scène de Donaldson n’est jamais à la hauteur, et ne parvient jamais à rendre tangible la tragédie qui se noue, pas plus que les tourments des protagonistes.

Pour « faire vrai », et peut-être pour renforcer la parenté avec JFK, Donaldson passe par moments de la couleur au noir et blanc, mais il n’est pas Oliver Stone qui, lui, avait du style alors. Dommage, parce que le sujet était plein de promesses, et parce que quelques passages sont plutôt réussis (la scène où Costner observe les Kennedy, conscient qu’il ne sera jamais des leurs, la belle prestation du représentant américain aux Nations Unies…). Mais Treize jours est sage, beaucoup trop sage. On ne s’ennuie pas vraiment : le scénario réserve d’innombrables surprises (toutes historiques). Mais ce sentiment d’être passé à côté d’un grand film est constamment palpable.

Instinct de survie (The New Daughter) – de Luis Berdejo – 2009

Posté : 12 janvier, 2013 @ 3:46 dans 2000-2009, BERDEJO Luis, COSTNER Kevin, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Instinct de survie (The New Daughter) – de Luis Berdejo – 2009 dans 2000-2009 instinct-de-survie

C’est vraiment pour Kevin Costner que j’ai vu ce direct to DVD qui fleure bon l’horror movie standard, énième resucée de L’Exorciste et autres films de possession et de maisons hantées. Et la présence derrière la caméra du scénariste de REC n’augurait rien de très bon non plus. Et alors ?

Alors le Kevin est décidément au creux le plus profond de sa carrière. Dans la série de ses petits films sortis dans l’indifférence générale, Swing Vote était très sympathique, et on pouvait trouver certaines qualités à Mr. Brooks. Mais difficile de défendre cette adaptation d’une nouvelle de John Connoly qui sonne faux dès les premières images, et encore plus faux dès les premiers dialogues.

Costner, lui, est sobre et juste, dans le rôle d’un père de famille que sa femme vient d’abandonner, le laissant seul avec leurs enfants, un petit garçon et une adolescente mal dans sa peau. Kevin et ses gosses s’installent dans une immense maison perdue au milieu d’un bois sombre (non, ce n’est pas le début d’un sketch de Bigard), où il espère reprendre goût à la vie, et aussi écrire son livre (ah oui, parce que depuis Shining, c’est toujours des écrivains en mal d’inspiration qui vont s’enfermer dans des maisons perdues loin de tout).

Mais la maison et ses alentours sont peuplés d’étranges créatures qui ressemblent à Golum et dont les apparitions sont annoncées par des nappes de brouillard tout droit sorties de Fog. Parce que Berdejo a vu beaucoup de films et que du coup il croit maîtriser parfaitement la grammaire du film qui fait peur. Sauf qu’il se contente de recopier ce qu’il a déjà vu 1000 fois ailleurs (et nous aussi), et que ça ne fonctionne pas du tout.

On pourrait sauver la dernière séquence, assez flippante celle-là, et pour le coup plutôt originale, mais le film est trop approximatif, trop anecdotique, trop passable, pour se permettre un final aussi glauque et cruel.

Postman (id.) – de Kevin Costner – 1997

Posté : 8 novembre, 2011 @ 1:33 dans 1990-1999, COSTNER Kevin, COSTNER Kevin (réal.), FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Postman

On dira ce qu’on voudra de Kevin Costner, mais il faut lui reconnaître un courage, et une opiniâtreté peu courants dans le cinéma hollywoodien. Deux ans à peine après le flop de Waterworld, qui lui a coûté sa couronne de mégastar, voilà qu’il remet ça avec un nouveau film post-apocalyptique. La poussière a remplacé l’eau, certes, mais quand même. On ne peut pas dire que ce courage aveugle lui ait réussit : Costner a une nouvelle fois mordu la poussière (mouais…) avec cette grosse production malade, imparfaite, naïve… et profondément attachante.

En 1997, et malgré les bides de ses précédents films, Postman était un film très attendu : c’était la première mise en scène de Costner après le triomphe de Danse Avec les Loups, qui plus est avec un western futuriste. L’attente était grande, et la punition a été sévère. Echec sans appel dans les salles, lynchage aux oignons par des critiques très remontés… et l’oubli comme seul avenir pour ce chant d’amour aux glorieux services de la Poste. Wow, wow… Le film méritait-il vraiment un tel sort ? Quitte à passer (une nouvelle fois) pour un défenseur aveugle et obstiné du sieur Costner, je clame haut et fort : non, il ne méritait pas.

L’histoire n’est pas plus conne que celle de tous les autres films post-apocalyptiques (et il y en a eu un paquet depuis 1997). Une quinzaine d’années après une guerre mondiale, le monde est devenu un vaste désert, où les survivants vivent en petites communautés, alors que l’insécurité règne partout. Un homme solitaire échappe de peu à la bande du sinistre Béthléem, qui sème la terreur partout où il passe. Après avoir trouvé le cadavre d’un postier, il enfile ses vêtements et se fait passer pour un agent des « Nouveaux Etats-Unis », dans le seul espoir qu’on lui offre à manger. Mais sa supercherie va éveiller un espoir nouveau chez quelques personnes, puis chez d’autres…

Comme dans Danse Avec les Loups (et plus tard dans Open Range), il y a dans Postman des paysages somptueux. Comme ses deux autres réalisations, Postman est aussi un film qui évoque frontalement, et amoureusement, la construction des Etats-Unis : Costner rend hommage aux pionniers, et surtout aux cavaliers du pony express qui ont risqué leur vie pour unifier le pays. En faisant de ce western une fable futuriste, Costner n’a pas évité toutes les maladresses, certes, et son film paraît parfois bien naïf, et dégage par moments un patriotisme un peu exaspérant. Mais ces défauts révèlent aussi l’honnêteté d’un cinéaste qui aime son pays et son histoire. Et le western, bien sûr.

Gonflé, aussi, Costner fait de son héros une icône bien malgré lui, qui aurait bien passé le reste de sa vie à s’occuper de lui seul. Il a enfin le culot de priver le spectateur (et le grand méchant Béthléem) du grand affrontement final vers lequel toute l’action semblait se diriger…On ne peut pas non plus nier qu’il y a derrière ces paysages grandioses et ces scènes spectaculaires un souffle lyrique et romantique devenus bien rares. Ben oui, même avec ce grand film malade, Kevin Costner prouve qu’il est immense…

Tin Cup (id.) – de Ron Shelton – 1996

Posté : 15 août, 2011 @ 3:26 dans 1990-1999, COSTNER Kevin, SHELTON Ron | Pas de commentaires »

Tin Cup

Même dans ses films les plus mineurs, Kevin Costner fait preuve d’une cohérence et d’une honnêteté qui me ravissent. Ses retrouvailles avec le réalisateur du très culte (aux Etats-Unis en tout cas) Duo à trois ne font pas exception : on sent clairement la touche Costner dans cette histoire d’un champion de golf déchu. On y retrouve son amour pour les valeurs du sport, et surtout son goût pour les Américains en marge. Et le film en est plein…

Loin de valoriser le sport comme un moyen d’élever socialement, Tin Cup valorise le geste plutôt que le but. Non seulement cet anti-héros ne quittera ni sa caravane sordide, ni ses potes un peu crasseux et très beaufs ; mais il y entraînera l’élégante femme qu’il aime (Rene Russo). Les cyniques que nous sommes tous ont bien du mal à croire en cette histoire d’amour effectivement improbable, mais qu’importe : ça fait du bien d’imaginer qu’une jolie psychanalyste puisse préférer un honnête looser à une vedette resplendissante mais faux-cul (Don Johnson, dans son dernier rôle marquant à ce jour).

D’une naïveté « à l’ancienne », cette romance tourne entièrement autour de la personnalité de Roy McAvoy (Costner), ancien golfeur de premier plan, relégué au rang de gérant d’un minable practice en limite de désert. Il aurait pu devenir le plus grand, mais sa fierté, son arrogance et son refus de jouer la prudence en ont fait un pestiféré, que son principal rival vient rechercher pour lui servir de caddie… Quand, finalement, il aura sa chance, il échouera en s’acharnant sur un coup impossible et inutile, alors qu’il lui suffisait « d’assurer » en jouant la prudence.

Mais échoue-t-il vraiment ? Meuh, non, bien sûr. Parce que s’il perd le titre qu’il convoitait, il gagne l’amour et l’estime de soi. Il reste un petit Ricain un peu raté, mais qui a su garder son âme. Z’êtes pas convaincu ? Tant pis, moi je trouve ça très émouvant. Et drôle, en plus, que demander de plus…

Et puis il y a le savoir-faire de Ron Shelton en matière de film de sport, qui fait de toutes les scènes de golf (et elles sont très nombreuses : l’essentiel du film se déroule sur un green) de réjouissants moments de cinéma, drôles et très joliment filmés.

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