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Archive pour la catégorie 'BOND Ward'

Pacific Express (Union Pacific) – de Cecil B. De Mille – 1939

Posté : 2 novembre, 2010 @ 2:04 dans 1930-1939, BOND Ward, De MILLE Cecil B., STANWYCK Barbara, WESTERNS | Pas de commentaires »

Pacific Express (Union Pacific) - de Cecil B. De Mille - 1939 dans 1930-1939 pacific-express

Cecil B. De Mille est entré dans l’histoire pour de mauvaises raisons. De lui, on ne retient généralement que ces péplums et ses grandes fresques bibliques, alors qu’il s’agit là de la partie (infime) la moins intéressante de sa filmographie. Et si, plutôt, on redécouvrait ses comédies de mœurs si grinçantes du muet… Et si, enfin, on revoyait ses westerns : Une aventure de Buffalo Bill et ce Pacific Express, deux chef d’œuvre du genre. Pacific Express, surtout, est un film immense, dans tous les sens du terme, peut-être bien le meilleur film de De Mille…

Immense, parce que, fidèle à sa réputation, le cinéaste ne fait dans l’intimiste. Dans l’intime, oui ; dans l’intimiste, non. Comme John Ford quinze ans plus tôt (Le Cheval de Fer), De Mille mobilise des moyens immenses pour raconter la construction du chemin de fer, qui doit relier les deux côtes américaines. Et comme chez Ford, De Mille met tout l’argent (et il y en a) qu’il a à sa disposition sur l’écran, sans jamais se laisser envahir par le gigantisme. Pacific Express est une très grosse production, avec des décors gigantesques, et des milliers de figurants. Mais c’est aussi un triangle amoureux filmé au plus près des acteurs. Et dans tous les cas, c’est magnifique.

De Mille nous fait sentir ce qu’avait d’exceptionnelle la vie sur les rails : le personnage, central, interprété par Barbara Stanwyck, est en cela unique, et inoubliable. C’est réellement une fille du rail, une jeune femme qui a vécu toute sa vie sur les chantiers de construction du chemin de fer : son père est le mécanicien de l’une des locomotives qui suit l’avancement des travaux. Ce beau personnage de western, à la fois forte et amoureuse, est le pivot du film : celui qui ajoute une dimension tragique à l’affrontement des deux personnages masculins principaux.

Le premier (joué par Robert Preston) est le partenaire d’un bandit (l’excellent fourbe Brian Donlevy), payé pour retarder le chantier par tous les moyens. Le second (Joël McCrea, un peu trop lisse), est un agent du gouvernement chargé du maintien de l’ordre. Classique, bien sûr, sauf que Robert et Joël sont amis de longue date, qu’ils aiment la même femme, et qu’ils se retrouvent dans deux camps qui risquent bien de se déclencher une guerre sanguinaire…

Pas le moindre temps mort dans ce film mené à 100 à l’heure, malgré la lenteur des travaux. On assiste à des traversées interminables de désert, à des franchissements de montagne, à une attaque d’Indiens mémorables, à des bagarres de saloon, à des duels… C’est foisonnant, impressionnant, et passionnant, et les personnages sont de merveilleux stéréotypes parfaitement dessinés. Les seconds rôles sont également excellents : on reconnaît notamment Anthony Quinn, en second couteau particulièrement détestable, dans les premières scènes du film.

Mais le vrai personnage principal du film, c’est le train lui-même, qui avance pas à pas dans des paysages gigantesques. C’est autour de lui que ce petit monde (pas si petit d’ailleurs : le chantier emploie des milliers de personnes) gravite exclusivement. Autour de lui que se construisent et se déconstruisent les villes, au fur et à mesure que le chantier avance (dans des scènes de « déménagement » extraordinaires). C’est avec lui que Barbara Stanwyck vit sa plus belle histoire d’amour, qui, lorsqu’elle est contrariée, donne la plus jolie scène : chassée du chantier, la belle vit sa dernière nuit dans le train, et c’est un immense sentiment de nostalgie qui nous envahit. Et c’est très beau…

Nick, gentleman détective (After the Thin Man) – de W.S. Van Dyke – 1936

Posté : 6 octobre, 2010 @ 6:24 dans * Films noirs (1935-1959), 1930-1939, BOND Ward, STEWART James, VAN DYKE W.S. | Pas de commentaires »

Nick, gentleman détective (After the Thin Man) - de W.S. Van Dyke - 1936 dans * Films noirs (1935-1959) nick-gentleman-detective

Après le plaisir immense pris avec L’Introuvable, le premier épisode de la série The Thin Man, je me suis précipité sur la première des cinq suites, avec un bonheur tout aussi grand, même si l’effet de surprise n’est plus là. Toujours réalisé par W.S. Van Dyke, ce Nick, Gentleman détective fonctionne parfaitement, malgré un scénario un peu plus paresseux que pour le premier film. Ici, on a un peu de mal à croire vraiment en l’intrigue, et le vrai coupable saute aux yeux, tellement le scénario et la mise en scène font tout pour qu’il soit insoupçonnable. C’était d’ailleurs déjà le cas du film précédent. Et ici aussi, c’est au cours d’une réception à laquelle participent tous les protagonistes de l’intrigue que Nick démasquera le coupable, dans un final que n’aurait pas renié Agatha Christie.

Qu’importe si les recettes sont éculées : l’intérêt de cette série repose ailleurs, essentiellement sur l’alchimie étonnante entre Myrna Loy et William Powell. Et même sans l’effet de surprise, ces deux-là sont toujours aussi réjouissants. Toujours aussi imbibés, aussi : malgré le code Hayes mis en place dans l’intervalle, ce couple de riches oisifs qui s’amusent en enquêtant (ici, sur la disparition inquiétante du mari de la cousine de Myrna Loy), picole à la moindre occasion. C’est ici un peu moins appuyé, et un peu moins drôle, que dans L’Introuvable, mais une telle résistance à l’alcool force le respect (un exemple à ne pas suivre, cela va sans dire…).

Il y a dans Nick, gentleman détective un mélange des genres savoureux, poussé à son extrême : Van Dyke enchaîne des scènes très sérieuses et inquiétantes (la découverte du corps dans le sous-sol, après une longue séquence hyper angoissantes), et de purs moments de comédie, comme cette incroyable séquence où Nick et Nora tentent de récupérer un papier important dont leur incontournable chien Asta s’est emparé. On est en plein suspense, et le film se permet cette longue digression comique qui n’en finit pas. Et ça marche !

Il y a un intérêt tout autre, aussi, à ce film : c’est la présence dans un second rôle très important du jeune James Stewart, qui n’était pas encore une star, mais qui était déjà un acteur génial. Dans un rôle taillé sur mesure pour lui, il illumine chaque scène dans lesquelles il apparaît. Il ne leur vole pas la vedette, mais il tient parfaitement sa place face à Myrna Loy et William Powell, que l’on retrouvera très vite pour le troisième film. La fin de Nick, gentleman détective apparaît d’ailleurs comme un teaser très alléchant, puisque le couple attend un heureux événement. Avec des parents alcooliques, ça promet…

Le Faucon maltais (The Maltese Falcon) – de John Huston – 1941

Posté : 13 août, 2010 @ 2:02 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, BOGART Humphrey, BOND Ward, HUSTON John | Pas de commentaires »

Le Faucon maltais (The Maltese Falcon) - de John Huston - 1941 dans * Films noirs (1935-1959) le-faucon-maltais

Bien sûr, c’est un classique absolu, la meilleure adaptation du roman de Dashiel Hammett, le film qui a fait de Bogart un mythe vivant… Mais une fois qu’on a dit tout ça, on est loin d’avoir rendu l’hommage qui lui convient à ce chef d’œuvre qui reste, soixante-dix ans après sa sortie, la meilleure transposition à l’écran du fameux style « hard boiled » des romans de Hammett.

L’histoire est complexe, et n’a finalement que peu d’intérêt. Le détective Sam Spade reçoit la visite d’une jeune femme qui l’engage pour une enquête de routine. Archer, l’associé de Spade, s’en charge, mais il est assassiné. Le détective comprend vite que la jeune femme au nom imprononçable (Brigid O’Shaughnessy) cache bien des secrets. Elle et d’autres individus peu recommandables sont en fait sur la trace d’une mystérieuse statue de faucon qui représente une fortune immense…

Dès son premier film derrière la caméra (il était jusqu’alors un scénariste réputé), John Huston signe une œuvre visuellement exceptionnelle, où les ombres et les hors-champs sont merveilleusement utilisés. Mais en grand amoureux de littérature qu’il est, il s’attache surtout à respecter l’esprit du roman original (ce que n’avaient pas fait les précédentes adaptations), ce qui signifie une violence de ton inouïe. Il faut voir le sourire sadique de Bogie alors que, le poing fermé, il s’apprête à frapper Joel Cairo, génialement interprété par Peter Lorre. La caméra de Huston suit avec attention ce long mouvement qui n’en finit pas, Spade/Bogie semblant savourer avec délectation la terreur qu’il inspire à Cairo/Lorre. Le coup de poing qui suit apparaît presque comme une délivrance pour ce dernier.

Dans ce film, pas de place pour les sentiments. Cairo, justement, qui apparaît comme le plus émotif de tous les personnages, n’inspire que du mépris à tous ceux qui le côtoient. Brigid (Mary Astor, vedette depuis la fin du muet) et l’énorme Gutman (indispensable Sydney Greenstreet, qui commençait ici une longue collaboration avec Peter Lorre) sont eux prêts à tout pour arriver à leurs fins. Quant à Spade, il est sans doute l’un des personnages les plus complexes de l’histoire du film noir. Il utilise les femmes et n’hésite pas à les « jeter » lorsqu’elles deviennent trop pressantes (la manière dont il traite la veuve d’Archer, avec qui il avait une aventure, est d’une cruauté extrême). Mais d’un autre côté, il se révèle inflexible devant l’idée qu’il se fait de la justice. Les rapports qu’il entretient avec la police (l’un d’eux est interprété par Ward Bond, acteur fétiche de Ford et second rôle incontournable de l’époque) sont à la fois basés sur un grand respect… et sur une virilité à toute épreuve !

Et puis, surtout, il y a le cynisme hallucinant avec lequel il fait abstraction, sans la moindre hésitation, de ses sentiments personnels lorsqu’il s’agit de châtier la coupable. Il l’aime, mais elle mérite la prison. Et le regard paniqué de Mary Astor — l’unique mouvement de sincérité de son personnage — ne changera rien. Dur, cruel, inflexible, Spade lâche alors une tirade qui met le spectateur KO, quelque part entre une déclaration d’amour et une exécution froide : « I’ll be waiting for you. If they hang you, I’ll always remember you ».

Avec Huston, qu’il retrouvera pour quelques-uns de ses plus grands rôles, Bogie a trouvé celui qui, après des années de panouilles et de films oubliables, a su tirer le meilleur de lui. Avec Le Faucon Maltais, avec ses plans extraordinaires en contre plongée qui transforment Spade en icône, avec ses dialogues fabuleux (écrits par Huston), Bogart devient un mythe en l’espace de deux heures. Tant pis pour George Raft, à qui le rôle était destiné, mais qui a refusé de tourner avec un réalisateur débutant (il a aussi refusé High Sierra, et refusera également Casablanca… ce qui explique peut-être le relatif anonymat dans lequel l’histoire a plongé Raft, alors que Bogart restera à jamais l’un des grands mythes du 7ème art). Le Faucon Maltais, c’est « the stuff the dreams are made of »

 

• Les éditions Warner ont sorti il y a quelques années une magnifique édition collector en deux DVD, qui propose notamment une séance typique des années 40, avec courts métrages, dessins animés, bandes annonces et actualités. Indispensable pour les nostalgiques de l’âge d’or d’Hollywood.

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