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Archive pour la catégorie 'WESTERNS'

Hondo, l’homme du désert (Hondo) – de John Farrow – 1953

Posté : 6 novembre, 2016 @ 8:00 dans 1950-1959, BOND Ward, FARROW John, WAYNE John, WESTERNS | Pas de commentaires »

Hondo

Plein de belles idées dans ce western porté par un Duke hyper charismatique, à commencer par un ton : une sorte de nostalgie, mais sans la moindre once de contemplation. La dernière réplique du film résume bien cette approche : « C’est la fin d’un mode de vie. – Oui, et c’est dommage, c’était un beau mode de vie. » prononcé par un John Wayne qui ne prend pas même le temps de s’arrêter pour y repenser. Il est temps de regarder droit devant…

Il y a des blancs, des Indiens, des affrontements sanglants. Mais pourtant, il y a une vraie bienveillance dans ce film qui, à l’image du personnage métis de Wayne, respecte et admire même les deux modes de vie, celui des Indiens et celui des blancs, renvoyés dos à dos pour la violence de leurs luttes respectives.

Film engagé ? Non, mais regard lucide d’un cinéaste qui préfère les zones troubles à un manichéisme de parti-pris… Un cinéaste qui filme la violence sans complaisance, mais avec un vrai sens du spectaculaire : l’efficacité purement hollywoodienne n’est en rien sacrifiée à l’intelligence du regard.

Mais le plus réussi, ce sont les séquences intimes. Et elles sont nombreuses, en particulier dans le premier tiers du film, qui se résume à une sorte de huis-clos dans un ranch à la frontière du désert, avec uniquement trois personnages. Étonnant, et d’une grande justesse, d’autant plus que les personnages sont atypique.

L’apparition de John Wayne d’abord, l’air hagard et dangereux, laisse planer le doute sur la nature du personnage. Surtout, sa relation avec la débutante Géraldine Page, dont le physique loin des canons de beauté hollywoodien apporte une troublante vérité, est magnifique.

Il y a aussi, au milieu d’une mise en scène parfois un peu anonyme, quelques plans splendides. Parfois très fugitifs, comme ce gros plan de Wayne se découpant dans la nuit, avec une lumière chaleureuse qui prend, quelques secondes durant, des allures très fordiennes.

Le Roi et quatre reines (The King and four queens) – de Raoul Walsh – 1956

Posté : 1 novembre, 2016 @ 8:00 dans 1950-1959, WALSH Raoul, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Roi et quatre reines

Walsh n’est décidément pas un cinéaste comique. Loin d’être déshonorant, ce western tardif avec Clark Gable contient de biens beaux moments, mais l’humour qui tourne autour de cet homme enfermé dans une propriété habitée par quatre belles veuves tombe le plus souvent un peu à plat.

C’est d’ailleurs une idée assez géniale qui est au cœur de ce film : placer un aventurier séducteur dans une demeure isolée au cœur du désert où vivent les veuves de quatre bandits et leur belle-mère, qui attend désespérément le retour de l’un de ses fils, et où un « trésor de guerre » est censé être caché.

Avec cette histoire pleine de promesses, Walsh souffle le chaud et le froid, en changeant constamment de ton. Tantôt léger, en filmant un Clark Gable minaudant au milieu de son harem. Tantôt grave et bouleversant lorsqu’il s’intéresse au personnage de la mère, rongée par l’incertitude relative au sort de ses fils, et à sa culpabilité de ne pas avoir su en faire des hommes honnêtes.

C’est, et de loin, le plus beau personnage du film, le seul à rester constamment en dehors de la comédie. Jo Van Fleet, actrice oscarisée pour A l’Est d’Eden, lui apporte une belle et sombre gravité, sa présence pesant constamment sur l’atmosphère du film.

Le personnage de Gable, lui, est nettement plus léger, comme hermétique même à toute gravité. La première partie, pourtant, laisse imaginer un destin tragique. Faisant même penser que le Clint Eastwood des Proies, le beau film cruel de Siegel, s’en inspirerait directement. C’est peut-être le cas d’ailleurs, mais dans une version nettement plus pessimiste.

Le Roi et quatre reines aurait pu être un grand film cruel, mais se contente d’être un fort sympathique divertissement. Tourné entre l’excellent Les Implacables et le magnifique L’Esclave libre, il est en tout cas le plus anecdotique des trois films que Clark Gable et Raoul Walsh ont enchaînés ensemble.

Les Eperons noirs (Black Spurs) – de R.G. Springsteen – 1965

Posté : 31 octobre, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, SPRINGSTEEN R.G., WESTERNS | Pas de commentaires »

Les Eperons noirs

Plein de belles idées dans ce petit western de séries : un homme sans histoire se transforme en chasseur de primes ; un prêtre au passé trouble prêche en jouant des poings ; deux villes se disputent l’arrivée du chemin de fer ; un manipulateur fait naître le chaos dans une petite ville tranquille…

Et pourtant, on s’ennuie ferme devant un spectacle aussi terne. Réalisateur prolifique ces années-là, R.G. Springsteen a tourné des tas de westerns demeurés obscurs. A voir celui-ci, pas difficile de comprendre pourquoi : le gars n’a visiblement pas un talent démesuré, ni pour rythmer son récit, ni pour donner du relief à ses personnages, ni même pour filmer correctement les scènes d’actions.

Seuls passages plutôt réussis : les scènes de bar. Le chaos qui y règne réussit plutôt à Springsteen, qui sait qu’il peut se contenter de poser sa caméra au milieu de la foule, qui s’animera d’elle-même.

Pas grand-chose à sauver, donc, si ce n’est de belles idées et le rêve de ce qu’un grand cinéaste aurait pu en faire. On se console quand même avec une belle distribution de vieux briscards, franchement sur le retour : Rory Calhoun, Scott Brady, Bruce Cabot, et Linda Darnell dans son tout dernier rôle.

Autant en emporte le vent (Gone with the wind) – de Victor Fleming – 1939

Posté : 30 octobre, 2016 @ 8:00 dans 1930-1939, BOND Ward, FLEMING Victor, WESTERNS | Pas de commentaires »

Autant en emporte le vent

Y a-t-il un film qui symbolise mieux que celui-ci ce que fut l’âge d’or d’Hollywood ? Sa démesure, son ambition, mais aussi sa capacité à transcender les émotions et, tout simplement, raconter des histoires. Deux séquences résument la richesse de ce film fleuve de plus de trois heures trente.

La première, c’est bien sûr le siège d’Atlanta, et l’incendie incroyablement spectaculaire auquel cherchent à échapper les héros, qui traversent dans leur chariot une ville plongée dans le chaos, où tout est mouvement et menace. Une séquence d’anthologie, avec des dizaines de figurants, des décors grandioses et une superbe lumière rouge dramatique.

La seconde en est l’antithèse : dans une petite pièce fermée, un groupe de femmes attend avec angoisse le retour de leurs hommes. Elles ne se parlent pas vraiment : l’une d’elles lit aux autres un roman de Dickens pour tromper leur anxiété. Rien de spectaculaire dans cette scène, rien de remarquable non plus dans ce décor presque austère, mais une tension palpable.

Ce monument du cinéma, c’est aussi la vision d’un homme, David O. Selznick, producteur et seul maître à bord. C’est lui qui a voulu cette adaptation du roman de Margaret Mitchell. C’est lui qui a choisi les acteurs, imposant le casting le plus couru de toute l’histoire du cinéma pour le rôle central de Scarlett O’Hara. C’est lui aussi qui a confié les rênes du projet à Victor Fleming.

Mais à quel point Fleming a-t-il su simposer sa marque ? Difficile à dire. Tourné à la même époque, son Docteur Jekyll et Mr. Hyde était une belle réussite, mais n’avait rien de comparable avec la flamboyance de Gone with the wind. Peu importe finalement. Ce qui compte, c’est le souffle de la mise en scène, la beauté des images.

On est loin du cinéma vérité qui sera en vogue quelques décennies plus tard : tourné en studio, le film est basé sur une perpétuelle recherche esthétique, avec des couleurs très marquées, et de superbes ombres chinoises se découpant sur des ciels dramatiques, la musique inoubliable de Max Steiner jouant bien fort. Et qu’est ce que c’est beau !

Gone with the Wind, c’est l’histoire d’un monde qui s’effondre (le Sud balayé par la guerre de Sécession), et d’un idéal qui cherche à surnager. C’est aussi l’histoire d’une femme amoureuse d’une idée qu’elle se fait de l’amour. Mais c’est surtout l’histoire d’un rendez-vous manqué entre deux êtres faits pour s’aimer. Scarlett O’Hara et Rhett Butler, deux égoïstes que les remous de l’Histoire vont révéler à eux-mêmes.

Elle, odieuse et terriblement humaine, capable des pires horreurs, prête à sacrifier le bonheur de sa sœur pour obtenir ce qu’elle veut, mais pourtant formidablement émouvante. Un superbe rôle pour Vivien Leigh, actrice intense et délicate qui ne cesse de m’émerveiller. Lui ? Un rustre, brutal, un rien vulgaire, et magnifique en même temps. Un rôle taillé pour Clark Gable, qui était d’ailleurs le seul choix de Selznick. Et qui a rarement été aussi bon qu’ici.

Autour d’eux, un idéal amoureux, donc, pour Scarlett : Ashley (Leslie Howard), l’image même de ce Sud balayé par la guerre, indéfiniment accroché à sa splendeur passée, un homme mou et indécis. Et puis un ange, Mélanie, d’une pureté et d’une bonté presque irréelle (et qui plus est avec la beauté de Olivia de Havilland). C’est d’ailleurs l’une des grandes forces du film : le casting formidable, qui compte aussi Thomas Mitchell dans le rôle du père, ou l’inoubliable Hattie McDaniel dans le rôle de Mamie, qui fit d’elle la première actrice noire oscarisée.

Bref, que des personnages qui semblent parfaitement à leur place. Et au milieu de tout ça, deux cygnes noirs (qui dansent dans une belle séance de bal en se moquant des regards inquisiteurs), définitivement faits l’un pour l’autre, mais qui ne s’épargnent rien. Car la grande histoire d’amour de ce monument du romanesque, c’est l’histoire d’un terrible échec, plein de cruauté et de douleurs, parsemé de déclarations d’amour à sens unique, et qui se conclue par un cinglant et magnifique « Frankly my dear, I don’t give a damn! »

La Ville sous le Joug (The Vanquished / The Gallant Rebel) – d’Edward Ludwig – 1953

Posté : 25 octobre, 2016 @ 8:00 dans 1950-1959, LUDWIG Edward, WESTERNS | Pas de commentaires »

La ville sous le joug

Un vétéran de la guerre civile rentre chez lui pour découvrir que sa ville du Sud est terrorisée par le cruel administrateur qui y a été nommée…

Si le film est marquant, ce n’est pas tant pour l’histoire elle-même, finalement assez classique (on a déjà vu cent fois ces petites villes placées sous la coupe d’un tyran, ou les conséquences de la guerre civile sur la population du Sud), que pour la place qu’y tiennent les femmes.

Deux personnages féminins qui semblent classiques : la douce blonde, et la fourbe rousse. Mais c’est elles qui prendront les choses en main, elles qui feront bouger les choses dans un sens ou dans l’autre, jusqu’à en venir aux mains lors d’une scène de rage particulièrement intense, la douce menaçant sa rivale d’une paire de ciseaux. Et quitte à laisser le pauvre John Payne à la ramasse de sa propre histoire.

Inattendue aussi, la construction du film, qui laisse d’abord planer un léger doute (léger, vraiment) sur la véritable nature de Payne.
Surtout, il faut attendre quasiment une heure pour entendre le premier coup de feu. Jusque là, c’est plutôt un western de salons (et de saloons), psychologiquement violent. Après ça, cela dit, l’action ne s’arrête quasiment plus.

La Horde sauvage (The Wild Bunch) – de Sam Peckinpah – 1969

Posté : 16 octobre, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, PECKINPAH Sam, RYAN Robert, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Horde sauvage

Comme dit l’ami Clint dans Le Bon, la brute et le truand : « J’ai jamais eu autant de mecs se faire tuer. » Peckinpah a-t-il voulu aller plus loin encore ? Il le fait à vrai dire, peut-être pas pour la quantité de cadavres laissés sur le bord de la piste (si quelqu’un connaît quelqu’un qui a envie de faire les comptes…), mais au moins pour l’impact de la violence.

Comme le même Clint le fera vingt ans plus tard dans Impitoyable, Peckinpah se débarrasse complètement du glamour de la violence, et de toute notion de bien ou de mal. En tout cas de bien. Il y a bien quelques beaux sentiments dans cet univers d’hommes où la vie des femmes ne pèse pas bien lourd : une certaine idée de l’honneur et de la fidélité. Mais ces sentiments ont quelque chose de déjà très archaïque.

On a évidemment beaucoup parlé de la violence du film ; de cette première séquence qui se conclue, dans le sang, par une terrible fusillade au cœur de la foule ; ou de cet incroyable carnage final où les cadavres tombent les uns après les autres. Mais c’est bien le côté archaïque qui marque les esprits.

Sur le fond, finalement, le film est assez classique. Mais dans la forme, il fait en quelque sorte le lien entre le western classique et la violence du spaghetti, avec un montage rapide et percutant pour le coup révolutionnaire, et qui sera maintes fois copié. Mais le film est formidable parce qu’il raconte l’histoire d’hommes vieillissants, qui ont compris que leur temps se termine, mais qui ne savent pas comment tourner la page.

William Holden en chef de gang au bout du rouleau, Ernest Borgnine en complice conscient du dilemme de son ami, Robert Ryan en chasseur fatigué des effusions de sang, Edmond O’Brien en vieil ours rigolard, ou encore Warren Oates et Ben Johnson en hommes de main forts en gueule… C’est un casting exceptionnel qu’a rassemblé Peckinpah. Des vieux de la vieille pour la plupart, qui appartiennent eux aussi à une autre époque, celle de l’âge d’or d’Hollywood.

L’Ouest n’est plus ce qu’il était, le XXème siècle est bien entamé, l’Amérique a tourné la page des cow-boys. Et c’est un gamin qui donnera le coup de grâce. Il est temps de passer la main ? La dernière image sonnera comme une ultime révolte : ce n’est plus tout à fait comme avant, mais on n’est pas encore mort…

Les Conquérants (Dodge City) – de Michael Curtiz – 1939

Posté : 9 octobre, 2016 @ 8:00 dans 1930-1939, BOND Ward, CURTIZ Michael, WESTERNS | Pas de commentaires »

Les Conquérants

En 1939, tout change pour le western, cantonné depuis le début de la décennie à de modestes productions. John Ford redonne ses lettres de noblesse au genre, et la Warner fait de Dodge City l’un de ses films prestigieux avec des moyens immenses, un réalisateur prestigieux, et des stars de premier plan, Errol Flynn et Olivia de Havilland, le couple-vedette de plusieurs grands films d’aventures de la Warner.

Michael Curtiz a donc les moyens de ses ambitions pour ce grand western épique et intime à la fois. Les moyens et visiblement une vraie liberté. Le cinéaste signe non seulement l’une de ses mises en scènes les plus impressionnantes, mais il s’offre aussi, comme de petits plaisirs gourmands, une poignée de plans superbement cadrés et éclairés, véritables tableaux filmés qui exaltent l’harmonie entre l’homme et la nature, plans qui émaillent tout le long métrage.

Un chariot surplombant une vallée baignée dans la brume ; un groupe de cavaliers dont l’image se reflète dans une rivière paisible ; un couple s’éloignant au soleil couchant… Des images fugaces, mais d’une beauté renversante, qui donnent curieusement un ton unique à ce film au superbe Technicolor. Curtiz prouve avec ce film qu’il n’est pas juste l’habile faiseur que l’on présente souvent, mais qu’il peut être un véritable auteur, qui sait créer une intimité inattendue dans n’importe quelle circonstance. C’est notamment ce qu’il fait avec ses beaux plans entre Olivia et Errol filmés de l’intérieur d’un chariot en mouvement.

Si le film est aussi réussi, c’est aussi parce qu’il trouve le parfait équilibre entre l’intime et le spectaculaire : cette hallucinante bagarre de saloon est un moment de cinéma que l’on n’est pas prêt d’oublier, comme cette impressionnante fusillade dans un wagon en feu… Et aussi parce que Curtiz ose les vraies ruptures de ton, qui lui permettent de passer avec efficacité et élégance d’une scène de quasi-comédie à la mort forcément tragique d’un enfant. Gonflé, casse-gueule, et parfaitement réussi.

L’Ultime chevauchée (Raiders of Old California) – d’Albert C. Gannaway – 1957

Posté : 8 octobre, 2016 @ 8:00 dans 1950-1959, GANNAWAY Albert C., WESTERNS | Pas de commentaires »

L'Ultime chevauchée
L’un de ces petits westerns que la Republic Pictures produisait à la chaîne parfois avec de bonnes idées, mais toujours avec un scénario réduit à l’essentiel : tout pour enchaîner les scènes d’action le plus rapidement possible. Quitte à sacrifier le rythme au profit d’un montage haché parfois édifiant. Et toujours avec des comédiens de seconde zone, d’où émergent quelques gueules.

La principale gueule, ici, c’est Lee Van Cleef, dans le rôle d’un homme de main particulièrement cruel bien sûr. Mais quand il est à l’écran, on ne voit que lui, ses yeux inquiétants, son rictus sadique. Il faut dire que face à lui, le héros est interprété par Faron Young, une petite vedette de la country qui a tenté une carrière au cinéma, en ne jouant que des rôles qui portaient son nom, et dont les qualités d’acteur et le charisme se réduisent à une manière très personnelle de remettre sa mèche rebelle sur ses cheveux gominés.

On a donc le shérif Faron Young et son juge de père qui débarquent en Californie pour faire la lumière sur les activités d’un puissant propriétaire terrien qui opprime les fermiers, et qui a construit sa richesse durant la guerre du Mexique, sans doute pas tout à fait légalement… Bref, il y aura plein de rebondissements, une attaque d’Indiens (de trois Indiens pour être précis, on est dans un budget très limité), quelques chevauchées sauvages, une poignée de fusillades, et surtout pas mal de bagarres.

Et c’est là que Gannaway sauve son film. Autant le raconteur d’histoire est médiocre, autant l’homme d’action est percutant. Quelques plans vraiment dynamiques et des situations plutôt originales… On sent soudain, dans toutes ces séquences d’action, une vraie gourmandise de cinéaste, une envie de filmer la vitesse et la brutalité qui fait plaisir à voir.

Il faut voir le tout petit Faron Young se ruer sur Lee Van Cleef avec rage. Ou le même dévaler une colline en se battant avec un Indien. Ou encore des cavaliers qui se réfugient dans une rivière souterraine, décor inattendu. Et la caméra qui suit l’action au plus près avec de beaux travellings. Ça n’en fait pas un grand western, et ça n’en fait pas oublier les mille défauts, mais ça suffit pour le rendre bien sympathique, malgré tout.

* Le DVD vient de sortir dans la collection d’Artus Films au titre très exagéré : « Les grands classiques du western ». Avec une présentation de Georges Ramaïoli, dont on ne peut que vanter l’érudition… et regretter l’absence totale de ferveur.

Le Shérif d’El Solito (The Hard Man) – de George Sherman – 1957

Posté : 5 octobre, 2016 @ 8:00 dans 1950-1959, SHERMAN George, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Shérif d'El Solito

Plutôt inspiré Sherman, pour ce petit western malin et plutôt original sur un aspect: le personnage le moins intéressant est aussi celui qui donne du rythme au film. C’est donc le shérif du titre français, et surtout le « dur » du titre original : Guy Madison, un représentant de la loi qui s’est taillé une réputation de gâchette facile. Réputation injuste, comme l’atteste une belle séquence d’ouverture brutale et sèche… sous une pluie battante.

Il n’a pas trop d’aspérité, ce personnage central, malgré les doutes qu’il laisse deviner concernant ses propres méthodes. Surtout que son interprète n’est pas exactement l’acteur le plus charismatique et le plus profond de l’histoire du western. Il en a en tout cas bien moins (d’aspérité) que les autres personnages centraux du film : le « vrai » shérif (Robert Burton) qui n’est pas à proprement parler un lâche mais qui aspire à une mort paisible, grand propriétaire (Lorne Greene) cruel et sans pitié qui perd inexorablement de sa superbe, et surtout la femme de ce dernier (Valerie French), manipulatrice cynique et fatale.

C’est plutôt rare : le moteur de l’action n’est pas la volonté de posséder plus de terres, ou d’imposer sa puissance. Non, ce qui provoque directement la violence et les drames, c’est la sexualité de la jeune femme, qui multiplie les amants, et dynamite au passage l’image de l’héroïne westernienne, alors que son destin au côté du héros semblait écrit d’avance. Un personnage assez passionnant… hélas interprété par une actrice pour le coup sans relief.

D’ailleurs, c’est bien Guy Madison qui inspire le plus George Sherman. Et plus que la psychologie pourtant pleine de promesses des personnages, c’est l’homme d’action qu’il place au cœur du film. Il semble ainsi y avoir deux Sherman : celui des décors hollywoodiens, un peu trop sage par moment, et celui des extérieurs où il utilise Madison pour donner un rythme soudainement trépidant à son film.

Les quelques duels aux revolvers sont remarquablement filmées, mais ce sont surtout les bagarres à mains nues qui impressionnent, Madison s’imposant comme un grand homme d’action, aux gestes secs et marquants, que la caméra de Sherman met parfaitement en valeur. Elle utilise aussi très bien les quelques décors naturels, comme dans ce magnifique travelling vertical qui suit Madison descendant une colline à cheval, droit vers la caméra.

Tout n’est pas de ce niveau, loin de là. Mais ce petit western jamais sorti en salles en France (et pas diffusé à la télé depuis une quarantaine d’années), mérite d’être découvert.

* Il vient de rejoindre la collection Westerns de Légende chez Sidonis/Calysta, avec une présentation de Patrick Brion.

Le Dernier Train de Gun Hill (Last Train from Gun Hill) – de John Sturges – 1959

Posté : 29 septembre, 2016 @ 8:00 dans 1950-1959, DOUGLAS Kirk, STURGES John, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le dernier train de Gun Hill

Il suffit parfois de rien : le message d’un ami qui vient de revoir l’un de ces westerns qui ont bercé mon adolescence. Suffisant pour donner envie de redécouvrir ce John Sturges un peu oublié, perdu entre deux classiques du genre (le cinéaste l’a tourné entre Règlement de compte à OK Corral et Les Sept Mercenaires, deux références), et pas vu depuis au moins vingt ans.

Les premières minutes sont plutôt cruelles. Un prologue pourtant dramatique (une femme violée et tuée devant les yeux de son fils), mais filmé avec une platitude remarquable, sans le moindre souffle et sans la moindre force, dans un décor visiblement droit sorti du précédent classique de Sturges (la scène romantique de Burt Lancaster/Wyatt Earp).

On craint alors le pire. Mais l’entrée en scène de l’ami Kirk Douglas, rescapé du OK Corral, donne un coup de peps à mise en scène de Sturges, qui semble retrouver tout son allant et toute son inspiration. Elle est formidable cette première scène, qui nous montre un shérif rigolard évoquant avec les enfants de sa ville tranquille des heures plus troublées qu’ils n’ont pas connu, et dont on devine qu’il va bientôt être rattrapé par la violence. Parce que cette femme violée et tuée, c’est la sienne…

Par le plus grand des hasards (soyons indulgents sur les facilités scénaristiques), le shérif Kirk découvre sur le lieu du drame une selle qui le mène droit au coupable, qui n’est autre que le fils de son meilleur ami, qui lui sauva la vie jadis. Tout ça est un peu tiré par les cheveux, certes. Mais qu’importe, le cinéma de genre est pavé de ces petits trucs improbables. Et ce truc-là donne au film une belle gravité.

Le meilleur ami, c’est Anthony Quinn, dans l’une de ses très belles interprétations, toute en sobriété et en présence magnétique. Si le personnage de Kirk Douglas impressionne par sa volonté et son jusqu’au boutisme, c’est lui, Quinn, qui donne au film ses meilleurs moments. Tiraillé entre son attachement sincère pour cet ami de longue date, et son refus de laisser son fils, pourtant totalement con, se faire pendre. Un beau sujet de tragédie.

Qu’importe aussi si la fin, décevante, laisse un sentiment d’inachevé. Il y a dans ce western une tension qui ne retombe jamais, et une force viscérale qui trouve son apogée lors d’une séquence d’incendie apocalyptique que n’aurait pas renié Eastwood. Sturges ne révolutionne pas le genre (le thème rappelle souvent Le Train sifflera trois fois ou 3h10 pour Yuma), mais il lui offre une belle réussite. Ambiance La Dernière Séance, comme dit mon pote…

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