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Archive pour la catégorie 'WESTERNS'

Dead Man (id.) – de Jim Jarmush – 1995

Posté : 1 février, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, JARMUSH Jim, MITCHUM Robert, WESTERNS | Pas de commentaires »

Dead Man

Jarmush est un cinéaste qui a son rythme bien à lui, lent et envoûtant, qui relève souvent plus du trip hallucinogène que de la simple recherche d’efficacité. Avec Dead Man, ce ton singulier trouve peut-être son aboutissement : cette lente déambulation hallucinée atteint des sommets avec cette histoire d’un homme mort sur le chemin d’un étrange ailleurs.

On peut essayer d’analyser cet étrange western dont le héros se fait descendre dès la première partie, et qui passe le reste du film à errer dans des paysages déserts où les seuls êtres qu’il croise sont des morts en sursis. On peut imaginer qu’il s’agit d’une réflexion sur la vie, la mort, et ce long cheminement interne qui consiste à passer de l’un à l’autre.

Et puis on peut aussi choisir de se laisser emporter par cette étrange poésie, se laisser envoûter par ce rythme lancinant que personnifie si bien Johnny Depp (jamais aussi fascinant que quand il se place ainsi, entre vie et trépas, comme dans Sweeney Todd ou d’une certaine manière Edward aux mains d’argent), et que soulignent les quelques accords et riffs de guitare de Neil Young, qui signe une partition minimaliste qui participe à l’envoûtement.

Du western, Jarmush tire l’esprit le plus pur, et les figures les plus symboliques, qui donnent d’ailleurs lieu à quelques grands numéros d’acteurs, de Michael Wincott à John Hurt en passant par le grand Bob Mitchum, dont c’est la dernière apparition sur grand écran (on fait plus pourri, comme adieux), ou le hiératique Lance Henricksen.

Jarmush n’évite pas quelques notes de mauvais goût (un gros plan sur un crâne écrasé… beurk et bof). Mais son film, fascinant dès la première image, est l’un des westerns les plus originaux qui soit, et l’un des plus beaux de l’après-Impitoyable.

3 heures pour tuer (Three Hours to kill) – d’Alfred L. Werker – 1954

Posté : 27 janvier, 2017 @ 8:00 dans 1950-1959, WERKER Alfred, WESTERNS | Pas de commentaires »

Trois heures pour tuer

Avec son air de ne pas faire grand-chose, Dana Andrews apporte toujours ce petit quelque chose de plus que je ne saurais pas définir, une sorte d’assurance selon laquelle le film, quel que soit son degrés de réussite, ne sera pas anodin. Ils ne sont pas si nombreux à avoir ce petit quelque chose : les plus grands en fait, dont Andrews fait bien partie. On l’aime dans le noir bien sûr, et Preminger n’y est pas pour rien, lui qui l’a dirigé dans une poignée de films inoubliables (et pas seulement Laura). Mais le western est un genre qui lui va également particulièrement bien.

Soyons clair : 3 heures pour tuer n’est pas du niveau de L’Etrange Incident, autre histoire de lynchage avec Andrews. Mais le film ne manque pas de qualités, et l’interprétation de l’acteur est peut-être la plus grande de toutes: il apporte le trouble et la pointe de mystère qu’il faut, à ce personnage de fugitif qui revient dans sa petite ville trois ans après l’avoir fuie, pour découvrir qui est l’auteur du meurtre dont il a été accusé à tort.

C’est presque un scénario de film noir, avec une introduction un peu mystérieuse, un long flash-back, et une enquête à hauts risques au cours de laquelle plusieurs suspects se dessinent. Une véritable enquête policière, ce qui n’est pas si courant dans le western, doublée d’une charge contre les sombres visages de la « foule » toujours prompte à juger, à condamner et à exécuter. Tout n’est pas d’une grande finesse dans cette charge, et la fin propose son lot de bons sentiments.

Mais Werker, réalisateur méconnu et souvent intéressant (c’est lui qui a signé l’excellent Il marchait dans la nuit, souvent attribué à Anthony Mann), utilise parfaitement les limites que son scénario lui impose : celles de la ville dont on ne sort presque pas, et surtout celles du temps, ces trois heures que Dana Andrews a devant lui pour démasquer celui qui lui a volé sa vie. Et le suspense tient parfaitement ses promesses.

Seul vrai regret : le second rôle dans lequel est cloîtré la formidable Donna Reed, actrice trop mal utilisée qui tient une place à part dans mon cœur de cinéphile depuis que, adolescent, je suis tombé raide dingue d’elle, comme James Stewart, en voyant La Vie est belle

* DVD très recommandable dans la collection Westerns de Légende de Sidonis/Calysta, avec l’habituelle présentation de Patrick Brion, et une évocation de la carrière de Dana Andrews par le même Patrick Brion.

Le Piège (Until they get me) – de Frank Borzage – 1917

Posté : 22 janvier, 2017 @ 8:00 dans 1895-1919, BORZAGE Frank, FILMS MUETS, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Piège Until they get me

Dix ans avant ses grands chefs d’œuvre muet, Borzage est déjà un cinéaste intéressant. Il a abandonné sa brève carrière d’acteur, et s’est entièrement consacré à celle, déjà prolifique, de réalisateur. Un réalisateur de genre, qui affiche déjà un goût prononcé pour la romance et le mélodrame, mais d’une manière bien moins délicate que dans une merveille comme Seventh Hour.

Until they get me est un curieux et séduisant petit western, qui commence comme un drame à suspense… pour se désintéresser totalement au bout de 20 minutes et jusque dans les toutes dernières scènes de celui qui était pourtant le personnage principal, et donne son titre au film.

« Until they get me » : c’est ce que dit ce brave cow-boy victime d’une série de malchances lorsque le film commence. En une journée, il devient un fugitif après avoir tué en légitime défense un poivrot à qui il voulait acheter un cheval et qui pète un câble quand son carafon se brise par accident ; et découvre en arrivant chez lui que sa femme est morte en accouchant de son petit garçon. Forcé de prendre la fuite, il promet de revenir voir son fils chaque année pour son anniversaire… « until they get me ».

Une histoire dramatique, à laquelle Borzage apporte un rythme formidable et une belle délicatesse. Mais dans sa fuite, le cow-boy rencontre une jeune fille victime de sévices qui prend la fuite à ses côtés, avant de rencontrer le ranger qui pourchasse notre héros. C’est là que le héros disparaît totalement, pour laisser le champs à la jeune fille et son protecteur…

La longue partie qui commence est plus convenue, et ressemble curieusement aux films que Mary Pickford enchaînait alors. Mais cette œuvre de jeunesse est une curiosité bien sympathique.

Sept secondes en enfer (Hour of the Gun) – de John Sturges – 1967

Posté : 11 décembre, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, RYAN Robert, STURGES John, WESTERNS, Wyatt Earp / Doc Holiday | Pas de commentaires »

Sept secondes en enfer

Le réalisateur du classique Règlement de comptes à OK Corral qui renoue avec le plus célèbre gunfight de l’histoire de l’Ouest. C’est une bien belle idée, d’autant plus que ce western-là commence exactement là où beaucoup d’autres s’arrêtent : par le fameux règlement de compte à O.K. Corral.

Sturges ne signe pas pour autant une suite de son classique : les acteurs sont différents, le ton est différent, la situation même est différente. D’ailleurs un carton l’annonce au début : c’est l’histoire véridique que l’on va découvrir. Bon… c’est vrai que ce genre de carton est là pour attester bien des versions radicalement différentes de la vie de Earp.

Un beau film, et surtout un beau personnage : le célèbre marshall Wyatt Earp, tiraillé entre sa soif de vengeance familiale, et ce sens du devoir et de la loi qu’il tente douloureusement de conserver. Un homme de l’Ouest pris en étau entre deux visions de la vie, deux époques aussi : celle de l’Ouest sauvage, et celle de l’Est qui représente la civilisation. Un thème archi rabâché dans le western, mais qui se renouvelle joliment ici, notamment avec cette figure du juge encore impuissant face à la violence, qui doit se résoudre à laisser en liberté ceux qu’il sait coupables. Mais le système est en place, le changement c’est pour bientôt.

Réussie aussi, l’amitié virile et touchante entre Holliday (Jason Robards, excellent mais très loin du personnage imposé par Kirk Douglas dans le classique de Sturges) et Earp (James Gardner, qui reprendra ce rôle 20 ans plus tard dans le malin Meurtre à Hollywood de Blake Edwards), qui atteint une sorte d’apogée nostalgique dans cet étonnante maison de repos du Colorado, où « Doc » va affronter son pire ennemi : lui-même, ses démons.

Le film privilégie l’attente et la psychologie des personnages. Mais Sturges y place de belles fulgurances dans l’action, avec cette violence sèche et brutale qui sort de n’importe où : un coup de feu à travers une fenêtre fermée dans le calme d’une salle de billard, un duel entre deux hommes fatigués (Robert Ryan, dans le rôle de Ike Clanton, est une nouvelle fois formidable).

Il y a pourtant quelque chose qui ne prend pas totalement dans ce film. Difficile de mettre le doigt sur ce « quelque chose », tant Sturges semble inspiré dans sa manière de mener l’action, de diriger ses comédiens… Malgré toutes ses qualités, malgré le vrai plaisir qu’on y prend, l’alchimie des grands westerns de Sturges ne se retrouve pas complètement.

Desert Gold (id.) – de James P. Hogan – 1936

Posté : 6 décembre, 2016 @ 8:00 dans 1930-1939, HOGAN James P., WESTERNS | Pas de commentaires »

Desert Gold

A quelques exceptions près (Une aventure de Buffalo Bill de Cecil B. De Mille), on ne peut pas dire que 1936 soit une grande année de western. D’ailleurs, le genre vit une sorte de purgatoire depuis La Piste des Géants, dont il ne sortira vraiment qu’avec La Chevauchée fantastique, en 1939. Entre-temps, des dizaines, voire des centaines de bandes tournées pour la plupart à la va-vite, sans argent ni grand talent, et pas plus d’ambitions.

Dans cette logique pas glorieuse, Desert Gold ferait presque figure de chef d’œuvre. Soyons clair : c’est mal fichu, mal écrit (d’après un roman de l’incontournable Zane Grey), la plupart du temps mal filmé, en tout cas mal monté, mal mis en musique. Et en prime, la distribution, plutôt alléchante sur le papier (une vedette de serial, Buster Crabbe ; une vedette du muet sur le retour, Monte Blue ; et une vedette en devenir, Robert Cummings), livre des prestations discutables.

Pourtant, on ne s’ennuie pas totalement devant ce petit western mal fagoté. Deux raisons à ça… La première, la plus valable peut-être : c’est court, à peine plus de 55 minutes, et c’est vrai qu’il ne faudrait pas beaucoup plus. La seconde : dans la dernière partie, James P. Hogan utilise plutôt habilement les rochers de ses décors extérieurs, pour quelques sympathiques scènes d’action où le réalisateur fait preuve d’un peu plus d’ambition.

Reste qu’on ne peut pas complètement se passionner pour les aventures de cet ingénieur des mines (Tom Keene, aussi souriant que dans La Naissance d’un empire), flanqué d’un stagiaire maladroit (Cummings, qui en fait des tonnes en caution comique lourdingue), qui prend fait et cause pour le chef indien (Crabbe, qui lui ne fait rien du tout) contre son propre patron aux méthodes sanguinaires (Blue, sobre et pas très inquiétant). Tout petit western…

* Le film fait partie de la dernière moisson en date de la collection Westerns de Légende, chez Sidonis/Calysta.

Le Trésor des Collines rouges (Treasure of Ruby Hills) – de Frank McDonald – 1955

Posté : 2 décembre, 2016 @ 8:00 dans 1950-1959, McDONALD Frank, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Trésor des Collines rouges

Réalisateur prolifique, Frank McDonald n’a pas signé beaucoup de films franchement mémorables, souvent contraint par des budgets pour le moins étriqués. Ce petit western ne fait pas exception. Même s’il n’est pas dénué d’intérêt, il souffre quand même d’un manque flagrant de moyens, qui pousse le réalisateur à limiter les scènes tournées en décors naturels, et à privilégier les intérieurs.

Pourquoi pas d’ailleurs, sauf que le sujet ne s’y prête pas vraiment, et aurait mérité la mise en valeur de grands espaces que l’on ne fait qu’entrapercevoir (avec, au fond, ce qui ressemble fort à des poteaux électriques ou des antennes…). L’histoire, assez classique, reprend le thème souvent utilisé dans le genre des gros éleveurs qui se disputent la main-mise sur toute une région. Avec une belle idée, quasiment pas exploitée : l’arrivée du « héros » avec l’acte de propriété de la principale source d’eau de la région.

Dans ce rôle, Zachary Scott tranche plutôt radicalement avec les grandes figures westerniennes. Il est clairement un choix de série B, mais son charme étrange, sa dégaine un peu maladroite, et cette assurance qui ne convainc pas vraiment servent plutôt le personnage. Plus en tout cas que le scénario, approximatif et plein de trous, et la mise en scène souvent étrangement statique. C’est notamment le cas lors des rares fusillades, dont on finit par se demander si elles ne sont pas parodiques tant elles manquent d’entrain.

A une exception près quand même : le duel attendu entre Zachary Scott et Lee Van Cleef, qui prend le temps de terminer son verre de whisky avant de dégainer. Il fait bien… Il y a, comme ça, quelques petits moments qui sauvent le film de l’anonymat total, deux personnages féminins plutôt réussis, un vieux patron d’hôtel assez rigolo… Pas de quoi crier au génie, mais suffisant pour y prendre un peu de plaisir.

* DVD dans la collection « Les Grands Classiques du Western » (oui, c’est survendu !) chez Artus Films, avec une présentation érudite et intéressante par Georges Ramaïoli.

La Naissance d’un Empire (Tide of Empire) – d’Allan Dwan – 1929

Posté : 30 novembre, 2016 @ 8:00 dans 1920-1929, DWAN Allan, FILMS MUETS, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Naissance d'un empire

Difficile de se repérer avec précision dans l’imposante filmographie d’Allan Dwan, mais ce Tide of Empire semble être son tout dernier film muet. Il bénéficie en tout cas d’une vraie bande son, où quelques bruitages (bruits de castagnettes, coups de feu, cris de poulets…) sont mêlés à la musique. Ce qui, très honnêtement, n’apporte pas grand-chose, et ferait même presque perdre de la magie du muet. Cela dit, muet, le film l’est bel et bien.

C’est aussi l’une des très grosses productions de celui qui fut l’un des cinéastes fétiches de Douglas Fairbanks. Un western dont l’ampleur rappelle celle du Cheval de Fer de Ford, et annonce La Piste des géants de Walsh, à la fois pour les moyens déployés (des centaines de figurants, de nombreux décors, et quelques trucages remarquables comme ce saut de la mort au-dessus d’un large ravin,figure certes classique du western muet, mais dont le montage hyper efficace renforce le suspense) et pour le sujet central, pour lequel le titre donne un bel indice.

Comme souvent dans les grandes fresques, il est question d’un monde qui s’effondre, et d’un autre qui s’annonce, dans cette Californie des années 1840 bousculée par la fièvre de l’or. Et on a le droit à toute l’imagerie liée à cet épisode : les villes champignons qui apparaissent en quelques jours, les longues files humaines formés par ces aventuriers en quête de fortune, les lynchages sommaires…

Mais Dwan raconte cette histoire à travers la romance de deux symboles que, forcément, tout oppose: d’un côté la fille d’un riche propriétaire hispanique, de l’autre l’un de ces aventuriers blancs dont l’arrivée renverse totalement l’ordre établi. Une idée pas neuve, certes (même en 1929), mais parfaitement exploitée par Dwan, aussi à l’aise dans les scènes intimes que dans les grands mouvements de foule. D’autant plus que les deux acteurs, Renée Adorée et Tom Keene, sont plutôt excellents (malgré les sourires constants de ce dernier), et rendent parfaitement crédibles leur attirance-répulsion si complexe.

En fait, le film fait mouche sur à peu près tous les registres : le suspense, l’émotion, l’humour (avec le personnage haut en couleurs, hélas pas suffisamment exploité, du geôlier et de ses prisonniers ambulants), l’action bien sûr. Et visuellement, c’est souvent très spectaculaire, et filmé par un cinéaste qui reste encore à redécouvrir. Il faut voir cet éblouissant travelling arrière filmé à la grue sur une ville-champignon grouillante de vie ; ou ce plan serré sur des bottes qui suivent des traces de sang sur un plancher… Allan Dwan est un grand !

Sept hommes à abattre (Seven Men from now) – de Budd Boetticher – 1956

Posté : 28 novembre, 2016 @ 8:00 dans 1950-1959, BOETTICHER Budd, WESTERNS | Pas de commentaires »

Sept hommes à abattre

La première apparition de Randolph Scott dans un western de Budd Boetticher (six autres collaborations suivront) donne le ton : il fait nuit et la pluie tombe à torrents. Deux hommes se sont abrités sous un rocher. Soudain, une silhouette apparaît de dos, comme si elle sortait de la caméra… C’est Scott, mutique et minéral, apparition mystérieuse dont on ne se demande pas longtemps ce qu’elle recherche…

Il ne s’agit pas de se réchauffer au coin du feu ici, mais d’une histoire de vengeance, brute et rude, que Boetticher filme avec une sécheresse et un sens de l’épure formidable. Tout ce qui fera la richesse et la particularité de cette incroyable œuvre commune est déjà là.

On a beaucoup dit que les westerns d’Anthony Mann utilisaient merveilleusement les décors. C’est le cas aussi de Boetticher, tout particulièrement dans les scènes d’action. Scott ne se cache pas simplement derrière les rochers qui se dressent dans ce paysage désertique : il s’y glisse, il y rampe, et pénètre les moindres aspérités de la roche, comme s’il ne faisait plus qu’un avec cet environnement.

Le film est court, extrêmement tendu, et entièrement tourné vers la vengeance, comme l’est le personnage de Scott, ancien shérif à la recherche des assassins de sa femme. Du coup, la romance qui s’ébauche avec le très beau personnage de Gail Russell ne fait qu’évoquer ce qui aurait pu être dans d’autres circonstances. Et cela donne un moment magnifique, lorsque Scott, au dernier moment, détourne son visage et renonce à un baiser qui aurait tout changé, et enfourche son cheval pour repartir sans un regard derrière lui.

La relation qu’il noue avec Lee Marvin serait, en comparaison, presque plus charnelle. Entre ces deux là, il y a un mélange de haine et d’affection assez troublant. Tout ça est filmé avec une sobriété exemplaire. Ce Seven Men from now est absolument formidable…

L’Attaque de la malle poste (Rawhide) – de Henry Hathaway – 1951

Posté : 18 novembre, 2016 @ 8:00 dans 1950-1959, HATHAWAY Henry, WESTERNS | Pas de commentaires »

L'Attaque de la malle poste

Très attiré par le huis-clos, Hathaway, en cette année 1951 : avec l’exemplaire 14 heures, dont l’action tourne essentiellement autour de la façade d’un immeuble, c’est avec le western que le cinéaste nous plonge dans un lieu confiné et étouffant. Et au passage, il signe une date dans l’histoire du genre : un chef d’œuvre oppressant dont la tension ne retombe pas une seconde.

Les premières images montrant une diligence chevaucher à travers de grandes étendues désertes sont trompeuses. La voix off qui salue le travail hallucinant de ces ancêtres de nos facteurs aussi. Car lorsque la caméra se pose sur l’un des relais perdus au milieu de nulle part où les chevaux sont changés, et où les passagers se reposent quelques instants avant de repartir, elle (la caméra) ne repart plus. Jusqu’au mot fin.

Toute l’action se déroule dans l’enceinte de ce relais quasi-désert où un microcosme se crée devant nos yeux. Deux hommes solitaires d’abord, dans la grande tradition du genre : le vieux de la vieille responsable du relais, et le petit jeune qu’il doit former (ce qui passe par une scène irrésistible où il désespère de le voir se laver et se raser chaque jour), interprété par Tyrone Power, l’incontournable interprète d’Hathaway.

Et puis une femme et son bébé, obligés de rester sur place. Et puis une bande de bandits qui vont semer la terreur… et mettre un terme étonnant à tout semblant d’action. Car désormais, jusqu’à la toute dernière partie du film, c’est la peur qui domine, et l’immobilisme forcé de ceux qui devraient être les héros, et qui passent un long moment à creuser dans le mur, action anti-spectaculaire au possible, et qui plus est vouée à l’échec.

Rien ne se passe, ou presque, mais quelle tension ! Au sommet de son art, Hathaway maîtrise parfaitement le temps et l’espace, dilatant le premier pour mieux rendre le second inquiétant. Cela donne quelques scènes remarquables, comme cette longue nuit où chacun attend en silence, et ces plans magnifiques de l’un des bandits guettant dehors, la maison se découpant derrière lui dans l’obscurité, images inquiétantes et d’une beauté étourdissante.

Avec style et élégance, avec discrétion et efficacité, Hathaway signe un modèle de western… qui ne ressemble à aucun autre. Une petite merveille absolument passionnante.

Les Sept Mercenaires (The Magnificent Seven) – de John Sturges – 1960

Posté : 14 novembre, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, STURGES John, WESTERNS | Pas de commentaires »

Les Sept Mercenaires

Un peu fâché avec la mode dévorante des remakes, je profite de la sortie en salles des Sept Mercenaires d’Antoine Fuqua pour revoir l’original de Sturges. Et oui, je sais, ce choix est très discutable, puisque cet « original » était déjà un remake, celui d’un chef d’œuvre du film de sabre signé Kurosawa. Mais reconnaissez que cette première version westernienne a, quand même, une classe folle.

John Sturges est au sommet de son art quand il filme ce petit classique westernien, totalement jouissif. On pourrait essayer de lui retirer tout mérite, et estimer que la réussite du film tient essentiellement à son casting impeccable. Jugez plutôt : Steve McQueen, Yul Brynner, James Coburn, Charles Bronson ou Robert Vaughn côté mercenaires… Eli Wallach côté grand méchant.

Et tout ce petit monde qui cabotine joyeusement, imposant à chacun des personnages une personnalité propre inoubliable. Dès la scène du corbillard, première rencontre des deux héros McQueen et Brynner, c’est à un véritable concours de cabotinage que se livrent les deux acteurs, mais un concours réjouissant, sans jamais écraser l’autre. Et à ce petit jeu, c’est Steve McQueen qui s’impose.

Coburn aussi est formidable, incroyable en lanceur de couteau quasi-muet, à la dégaine impossible. Quant à Robert Vaughn, plus en retrait, il incarne un personnage pour le moins inattendu, fine gâchette écrasée par la peur. Bronson, lui, est un dur au cœur tendre particulièrement touchant. Et Horst Buchholz, héritier désigné de Toshiro Mifune, il parvient à s’imposer en face d’aînés quand même très impressionnants.

Mais ne retenir que les acteurs serait injuste pour le réalisateur. Car Sturges sait donner une belle atmosphère à son film. Et il se révèle aussi à l’aise dans l’extraordinaire affrontement final, que dans la première demi-heure quasiment dénuée de toute action, où il ose instaurer un faux rythme pour mieux présenter ses personnages.

De la même manière, il y a du fond dans ce film d’action réjouissant. Une manière de filmer la violence pour mieux la dénoncer. Une manière aussi de mettre en valeur la vacuité d’une vie consacrée à la violence : face à l’arrogance de la jeunesse, Sturges met en scène des hommes murs confrontés à leur propre mal-être, sans rêve et sans avenir. Et c’est beau.

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