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Archive pour la catégorie 'WESTERNS'

Horizons lointains (The Far Horizon) – de Rudolph Maté – 1955

Posté : 17 octobre, 2017 @ 8:00 dans 1950-1959, MATÉ Rudolph, WESTERNS | Pas de commentaires »

Horizons lointains 1955

Pas franchement enthousiasmante, cette adaptation d’un roman qui narre les aventures authentiques (mais romancées) de la fameuse expédition Lewis and Clark qui, en 1807, traversa les territoires inexplorés de l’Ouest et permit aux Etats-Unis de s’étendre jusqu’au Pacifique. L’aventure est grande, pleine de péripéties, avec cette éternelle confrontation de l’homme et d’une nature qui, souvent, est plus grande que lui.

Oui, sauf que la production semble ne pas avoir confiance en son sujet, pourtant historique. Pourquoi y avoir greffer une romance ? Non pas un triangle, mais un carré amoureux, maladroit et guère convaincant… Comme si cette aventure hors du commun ne se suffisait pas à elle-même. Le problème, c’est que la production manque cruellement d’ampleur, et semble prendre un malin plaisir à enchaîner les clichés les plus éculés.

L’aventure est historique ? Le film se contente d’en illustrer quelques épisodes plus ou moins marquants, sur un modèle sans surprise: une scène pour les difficultés liées à la géographie, une scène pour une attaque d’Indiens, une autre pour souligner les tensions entre les deux héros… L’aventure humaine est hors du commun? Les personnages interprétés par Fred McMurray et Charlton Heston sont la plupart du temps sans aspérité. Les paysages sont superbes, au moins ? Oui, mais filmés sans le moindre lyrisme.

Et on n’évoquera que brièvement le sort réservé aux pauvres Indiens, présentés de la manière la plus caricaturale qui soit, digne des petits westerns de série des années 30. Et Donna Reed a beau y mettre beaucoup de sincérité, de charme, et de fond de teint, on a un peu de mal à voir l’Indienne qui sommeille en elle.

Le film n’est pas totalement raté pour autant. Il y a bien quelques passages bien filmés. La fin surtout, assez belle, et quelques plans éparses qui rappellent que Rudolph Maté n’est pas un manchot, et qu’il nous a habitués à mieux. Les plus beaux : un plan très court et très joliment construit montrant un Indien perché sur une branche surplombant un paysage superbe ; et un autre, plus long, montrant Charlton Heston qui sort de l’eau en portant Donna Reed. Là, l’espace de quelques instants, la barrière semble s’effacer entre ces deux êtres de cultures différentes, et la nature environnante. Ce que le film aurait pu mettre bien mieux en avant.

La Vallée de la peur (Pursued) – de Raoul Walsh – 1947

Posté : 13 octobre, 2017 @ 8:00 dans 1940-1949, MITCHUM Robert, WALSH Raoul, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Vallée de la peur

Un vrai mystère dans un western, sombre et profond, qui ne s’éclaire que dans les toutes dernières minutes… Ce n’est pas si courant, et c’est ce qui rend ce Walsh si atypique, et si fascinant. Dès la première scène, on est littéralement happé par le destin tragique d’un Robert Mitchum tout jeune, qui affiche une triste résignation face à son sort : on le découvre réfugié dans une ruine au milieu du désert, attendant presque sereinement les hommes qui vont venir pour le tuer.

Comment est-il arrivé là ? Qui sont ces hommes décidés à en finir avec lui ? Lui-même n’a pas toutes les réponses, et ce mystère le hante littéralement, comme il hante tout ce beau film. Le passé de Bob, il se le remémore lui-même au gré de ses souvenirs, avec la belle Teresa Wright venue le retrouver. Construit sur de longs flash-backs, le film joue la carte de l’originalité, et frappe fort.

Cette originalité permet d’ailleurs d’avaler l’intrigue elle-même, banale et peu crédible histoire de vengeance, simple prétexte que Walsh semble prendre moyennement au sérieux. Un Walsh particulièrement tourné vers la psychologie de ses personnages : de Bob Mitchum qui s’interroge sur la nature du mal et sur sa propre nature, à Judith Anderson, toujours excellente, dans un rôle auquel elle apporte ce trouble qu’elle trimbale de film en film.

Maverick (id.) – de Richard Donner – 1994

Posté : 9 octobre, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, DONNER Richard, WESTERNS | Pas de commentaires »

Maverick

Richard Donner est un veau. Ce n’est pas une nouveauté : il y a souvent dans ses films un rythme discutable, et une absence assez flagrante d’idées neuves. Maverick, adaptation rigolarde d’une série western des années 60, ne fait pas vraiment exception.

Un exemple : la scène où Jodie Foster et Mel Gibson se précipitent sans se voir vers la chambre de l’autre, clin d’œil appuyé aux grandes comédies hollywoodiennes des années 40 (et 30), qui passe totalement à côté de la force comique ET sexy de la situation.

Plus gênant encore : Donner ne sait pas filmer le poker, motif habituel du cinéma américain (qui a souvent donné de beaux moments dans d’autres films)… qui occupe pourtant une place centrale dans l’histoire de Maverick. Ignorant presque totalement les possibilités dramatiques du jeu, Donner se contente de filmer des cartes qui tombent au ralenti et des gueules déconfites, ne gardant qu’un ultime faux suspense franchement lourdaud.

Mais, il y a les acteurs. Et c’est à eux, et à eux seuls, que l’on doit le plaisir, bien réel malgré tout, que l’on prend par moments. Il y a James Garner, dans une sorte de version vieillie du personnage qu’il tenait dans la série originale. Et surtout le couple Jodie Foster/Mel Gibson, tous deux au sommet de leur gloire. Entre eux, le courant passe, c’est rien de le dire. Et leur couple s’inscrit d’avantage dans la tradition du slapstick que dans celle du western.

C’est bien un western pour rire, comme le confirme avec une joyeuse dérision Graham Greene en chef Indien, dans une quasi-parodie du rôle qu’il tenait dans Danse Avec les Loups. Il reconnaît ainsi qu’il sait choisir les plus beaux endroits pour installer ses camps, se souvenant sans doute des beaux décors naturels du film de Costner. Et là aussi, les paysages sont beaux, spectaculaires, et parfois même surprenants (comme ce village construit au pied des falaises).

Richard Donner « emprunte » sans vergogne, reprenant des motifs des comédies de Hawks, ou copiant éhontément une scène entière d’Indiana Jones et la dernière croisade (celle de la falaise). Le réalisateur semble tout entier tourné vers le plaisir qu’il a pris sur le tournage, invitant même Danny Glover pour un rapide clin d’œil plutôt rigolo à L’Arme fatale. Plaisir partagé par les acteurs, tous dans un registre léger qui fait mouche (James Coburn, Alfred Molina…). Un petit plaisir communicatif dont on peut ne pas se priver.

Nevada Smith (id.) – de Henry Hathaway – 1966

Posté : 1 octobre, 2017 @ 8:00 dans 1960-1969, HATHAWAY Henry, WESTERNS | Pas de commentaires »

Nevada Smith

Curieux western que ce Nevada Smith porté par un Steve McQueen assez formidable… mais au moins deux fois trop vieux pour le rôle. Cette question de l’âge pose surtout problème dans les premières scènes, et il en a visiblement conscience, le pauvre Steve : pour tenter d’être crédible dans la peau d’un tout jeune homme inexpérimenté en tout, qui décide de retrouver seul les hommes qui ont tué ses parents, il minaude et prend des airs censés être enfantins. Le résultat est… étonnant.

C’est qu’il a 36 ans, quand même, et derrière lui déjà une solide collection de personnages virils et bien adultes. Avec un tel bagage, on a un peu de mal à voir en lui le puceau qui ne connaît rien de la vie. Heureusement, le film est une vraie fresque, dont l’action se déroule sur de longues années. Le temps pour le jeunot de s’aguerrir, de prendre de la consistance, et d’aller enfin comme un gant à l’acteur, qui révèle une belle intensité avec ce personnage tellement obsédé par la vengeance qu’il en vient à causer lui-même des drames.

Le film n’est pas seulement étonnant par le personnage que joue McQueen. Il l’est aussi par son ton, et par sa construction audacieuse, faite de longs épisodes quasiment indépendants les uns des autres. A chaque étape de son voyage, l’atmosphère change, le décor aussi, et les seconds rôles qui font l’entourage de Max Sand, qui deviendra le Nevada Smith du titre. Ce sont ces rencontres qui font aussi la richesse du film, chacune d’entre elles influant d’une manière ou d’une autre sur la personnalité du héros.

Plutôt inhabituel, aussi, de voir autant de bons samaritains croiser la route d’un personnage en quête de vengeance : à chaque étape, une âme charitable qui va avoir son importance dans la construction de cet homme. Et toutes ces rencontres permettent de croiser des tas d’acteurs formidables et de seconds couteaux qu’on aime : Karl Malden, Martin Landau et Arthur Kennedy dans les rôles des trois tueurs, mais aussi Brian Keith, Ted De Corsia, Pat Hingle ou Howard Da Silva.

Il y a la beauté des paysages aussi, et surtout, magnifiée par un superbe Cinemascope qui souligne constamment la place de Max dans cette nature qui peut être belle et hostile. Tourné dans des décors naturels, le film n’a pas à proprement parler un discours écologique, mais la manière dont Hathaway filme ces paysages est à elle seule une ode à une vie près de la nature.

Le film est une sorte de prequel du roman The Carpetbaggers de Harold Robbins, dont l’adaptation a été réalisée par Edward Dmytryk deux ans plus tôt (sous le titre français Les Ambitieux), avec Alan Ladd dans le rôle d’un Nevada Smith « adulte ». Le film commence avec la mort de Jonas Cord (joué par Leif Erickson), personnage qu’interprète Brian Keith dans Nevada Smith, sorte de père spirituel du héros.

Le Grand Attentat (The Tall Target) – d’Anthony Mann – 1951

Posté : 27 septembre, 2017 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, MANN Anthony, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Grand Attentat

John Kennedy qui sauve le président Abraham Lincoln d’un attentat… On peut dire qu’il y a de l’ironie, bien involontaire bien sûr, derrière le pitch de ce Mann méconnu. Après avoir fait des débuts fulgurants dans le western (trois films formidables tournés en 1950 dont Winchester 73), le réalisateur reste dans l’Amérique du 19e siècle, avec de grandes figures westerniennes (Lincoln, le chemin de fer…), mais c’est bien un film noir qu’il signe. Ce sera même son tout dernier.

Et c’est, encore, un modèle de mise en scène et de précision que réussit Mann, bouclant en à peine une heure quinze un suspense exemplaire, qui avance à la vitesse de son train. Un bémol quand même : le noir et blanc signé Paul C. Vogel n’a pas la profondeur fascinante que donnait le chef op John Alton lorsque Mann enchaînait les chefs d’œuvre noirs.

Mais quel rythme ! Dans l’espace exigu du train, Mann signe un suspense que n’aurait pas renié Hitchcock, grand spécialiste du thriller sur rails (jusqu’au message écrit sur la buée d’une fenêtre, comme un clin d’œil à Une femme disparaît). Un espace clos qui donne tout son sel à une histoire aux rebondissements pour la plupart attendus.

Le scénario repose en grande partie sur la question d’identité et les faux semblants. Comment le flic John Kennedy peut-il prouver qu’il est bien celui qu’il prétend être ? Qui est ce mystérieux malade qui reste enfermé dans sa cabine ? Qui sont les traîtres et qui cherche à tuer Lincoln ?…

Pourtant, ce qui semble intéresser le plus Mann, c’est plutôt ce décor et ses contraintes. Tout le plaisir du film repose sur la manière dont Mann met son héros en mauvaise posture, devant faire preuve d’imagination pour l’en sortir. Le héros, c’est Dick Powell, acteur de comédies légères devenu sur le tard un formidable tough guy, dont la présence paraît aujourd’hui encore d’une étonnante modernité. En voiture !

La Diligence partira à l’aube (Stage to Thunder Rock) – de William F. Claxton – 1964

Posté : 16 septembre, 2017 @ 8:00 dans 1960-1969, CLAXTON William F., WESTERNS | Pas de commentaires »

La Diligence partira à l'aube

Les premières minutes font craindre le pire, pour ce petit western tardif qui réunit quelques anciennes vedettes de secondes zones : pas de rythme, une lumière vive et laide, des plans à la composition discutable (même s’il est difficile de juger honnêtement le film sur ce dernier point, la copie disponible ayant été recadrée en 4/3 comme tant d’autres films de cette époque). Bref, pas franchement enthousiasmant.

Il y a la distribution quand même : Scott Brady (qui semble avoir pris trente kilos au cours des dix dernières années, et souffle comme un âne dès qu’il a fait trois mètres), John Agar (toujours pas l’acteur le plus expressif de l’histoire du western), Lon Chaney Jr (toujours impeccable, lui) et Barry Sullivan (le réalisateur dans Les Ensorcelés) en shérif inflexible… D’accord, ce n’est pas l’affiche la plus impressionnante du monde, mais c’est plutôt sympa, ces réunions d’old-timers.

Surtout, il y a ces petits détails qui, peu à peu, tirent le film vers le haut. Le scénario, malin et pas franchement mis en valeur par la mise en scène de Claxton, les accumule, ces petits détails : un tueur à gages qui ne travaille que pour payer les soins de sa fillette aveugle, des Indiens qui traînent en espérant pouvoir s’installer dans une maison qui doit être désertée, une curieuse mère qui ne pense qu’à l’argent dont elle a besoin sans montrer la moindre affection pour ses enfants, ou ce père qui rattrape dans l’alcool tous les échecs de sa vie…

La particularité du film, plutôt rare pour un western au budget aussi modeste, c’est aussi le nombre de personnages importants : une famille de braqueurs, un shérif qui a arrêté l’un d’entre eux, le tueur à leurs trousses, un couple sur le point de perdre sa maison, leur fille ancienne prostituée qui se fait passer pour une enseignante… Et tout ce monde qui converge vers un relais de diligence, où ils doivent passer la nuit.

C’est là, lors de cette nuit passée dans le relais, que le film est le plus convainquant. A la lumière artificielle, la mise en scène de Claxton reprend du tonus. Et c’est dans ces moments d’attente, paradoxalement, que le film est le plus tonique, le plus passionnant. Et au final, La Diligence partira à l’aube mérite un bon satisfecit.

Le Bon, la brute et le truand (Il buono, il brutto, il cattivo) – de Sergio Leone – 1966

Posté : 29 août, 2017 @ 8:00 dans 1960-1969, EASTWOOD Clint (acteur), LEONE Sergio, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Bon, la brute et le truand

Film après film, la fameuse “trilogie du dollar” de Sergio Leone n’aura cessé de gagner en ambition, sans rien perdre de son originalité et de son esprit, ni de sa volonté de rendre hommage au grand western traditionnel américain tout en le dézinguant allègrement. Avec Pour une poignée de dollars puis Et pour quelques dollars de plus, Leone avait posé les bases esthétiques et thématiques que l’on retrouve ici démultipliées, et magnifiées.

A commencer par cette manière si nouvelle d’étirer l’action à l’extrême et de filmer les temps morts comme d’authentiques moments de vie. C’est flagrant dès la scène d’ouverture, long moment muet tout en faux semblants dans les rues désertiques et poussiéreuses d’une petite ville de l’Ouest. Ça l’est encore plus dans le mythique duel à trois (on doit dire “truel” ?) au milieu des tombes qui clôt le film, chef d’oeuvre de découpage qui sera maintes fois copié.

Surtout, Leone confirme, avec le soutien d’un Clint Eastwood déjà mythologique, son désir de rompre avec l’esprit chevaleresque et l’héroïsme des westerns classiques. Le “bon” qu’interprète Clint est en effet un type aussi peu fréquentable que le “truand” joué avec gourmandise par Eli Wallach. Et lorsque ce terme, “Le Bon”, apparaît à l’écran à la fin du long prologue, c’est juste après qu’il ait trahi son complice en l’abandonnant au beau milieu d’un désert. Ou comment s’amuser avec cynisme et jubilation des vieux mythes de l’Ouest…

Le Bon, la brute et le truand est un film d’une richesse à peu près inépuisable. Une véritable fresque historique, autant qu’une histoire assez traditionnelle de chasse aux trésors. Un film monumental construit, avec une fluidité exemplaire, comme une succession de moments d’anthologie tous inoubliables. Le visage de Clint brûlé par le soleil dans le désert ? La rencontre cruelle et émouvante de Tuco/Eli Wallach avec son frère moine ? Les musiciens de la prison qui jouent pour couvrir les cris des victimes de la “brute” Lee Van Cleef ? Difficile de dire quel est le moment le plus marquant de ces presque trois heures de pur plaisir.

Mais il y a là une ampleur qui fait plaisir à voir, et une manière fascinante de construire le films en épisodes qui pourraient être indépendants mais qui forment un tout absolument cohérent. Avec la guerre en civile en toile de fond, à la fois prétexte de l’intrigue, et fil conducteur d’un sous-texte curieusement pacifiste.

Car si Leone filme avec un plaisir ironique les trois personnages principaux qui se trahissent ou tentent constamment de s’entre-tuer, c’est une vision tragique de la guerre qu’il offre, avec ces colonnes de soldats fatigués, ou ces gros plans sur des visages encore jeunes mais d’une tristesse abyssale. Jusqu’à cette hallucinante séquence du pont, belle dénonciation des absurdités de la guerre. « J’avais encore jamais vu crever autant de monde », lance même un Clint Eastwood pourtant habitué à la violence…

Clint Eastwood, justement, qui refusera de prolonger cette période “spaghetti”, estimant qu’il y avait dans les films de Leone de moins en moins de place pour exister : lui qui était la seule vedette de Pour une poignée de dollars devait partager le haut de l’affiche avec Lee Van Cleef dans Et pour quelques dollars de plus. Cette fois, ils sont trois, et c’est vrai que Eli Wallach, extraordinaire, a clairement le rôle le plus spectaculaire et le plus réjouissant. Pourtant, le charisme de Clint joue à fond. Et même sans avoir grand-chose à jouer, il dévore littéralement l’écran dès qu’il apparaît. Un mythe !

On peut quand même émettre une petite réserve sur la version longue du film : vingt minutes rajoutées au métrage en 2002. Certes, ce montage “intégral” colle à la volonté première de Leone. Mais les sept scènes rajoutées n’apportent pas grand-chose à l’histoire, et auraient même tendance à mettre à mal la fluidité de l’ensemble. Et puis il n’existait plus que la version italienne de ces scènes. La majorité des comédiens étant américains, le choix de cette version n’est peut-être pas le plus judicieux. Clint Eastwood et Eli Wallach ont donc redoublé leurs personnages plus de trente-cinq ans après le tournage pour les scènes inédites, mais avec des voix qui ont énormément changé. Certains autres acteurs, morts, sont même doublés par d’autres voix (comme dans la version française), ce qui crée un sentiment étrange.

Un jeu risqué (Wichita) – de Jacques Tourneur – 1955

Posté : 15 juillet, 2017 @ 8:00 dans 1950-1959, MILES Vera, TOURNEUR Jacques, WESTERNS, Wyatt Earp / Doc Holiday | Pas de commentaires »

Un jeu risqué

Un écran large, de grands espaces désertiques, un soleil écrasant… Wichita est à peu près aux antipodes des films d’épouvante à petits budgets qui ont fait la réputation de Tourneur. Mais même avec de gros moyens, et avec le (superbe) Technicolor, Tourneur est un cinéaste immense, que l’on retrouve comme on l’aime : capable de faire naître la peur des scènes les plus anodines.

Ici, il lui suffit de filmer la douce Vera Miles sortir d’un hôtel au bras de Joel McCrea pour que l’on ressente instantanément le danger que rien d’autre ne vient appuyer. Plus tôt dans le film, une série de plans fixes sur un enfant, dont la chemise d’un blanc immaculé se découpe dans le nuit, devient insoutenable tant Tourneur suggère et repousse l’irruption implacable de la violence.

On le connaissait grand réalisateur de films d’épouvante, grand réalisateur de films noirs… Voilà qu’on le découvre aussi grand réalisateur de western, signant un modèle du genre, et ce dès la remarquable séquence d’ouverture autour du feu de camp. En tête d’affiche, une double-figure du genre : McCrea donc, dont la carrière est jalonnée de rôles mémorables d’hommes de l’Ouest ; et le plus célèbre de tous : Wyatt Earp, qu’il interprète dans le film.

Mais pas le Earp de O.K. Corrall, déjà entré dans la légende, que tant d’autres films immortaliseront. Wichita s’intéresse aux jeunes années du futur shérif de Tombstone : ses débuts d’homme de loi, après sa carrière de chasseur de bison. La chronologie de la vie de Earp est respectée, mais c’est à peu près tout : le film prend d’immenses libertés avec la réalité historique, pour jouer avec l’image légendaire que son simple nom véhicule.

Et ça fonctionne parfaitement, même si McCrea est sans doute un peu trop vieux pour jouer Earp à ce stade de sa vie. Mais l’acteur est parfait pour donner corps à cette volonté sans faille, qui ne demande qu’à rester en dehors des violences du monde, tout en refusant d’échapper à ses responsabilités. La vérité historique était sans doute nettement plus complexe, mais ce Earp-là est de ces figures qui ont fait la grandeur du western.

La Dernière Chevauchée (The Last Posse) – d’Alfred L. Werker – 1953

Posté : 2 juillet, 2017 @ 8:00 dans 1950-1959, WERKER Alfred, WESTERNS | Pas de commentaires »

La dernière chevauchée

C’est clairement l’un des grands mystères de l’histoire du western : comment ce film aussi formidable a-t-il pu rester à ce point méconnu, pour ne pas dire totalement inconnu, au fil des décennies ? Car cette petite production est une réussite éclatante, et ça saute aux yeux dès les toutes premières images: dans un noir et blanc magnifique, le retour d’une patrouille partie de longues journées sur les traces de braqueurs, et dont les survivants reviennent avec des visages fermées, graves, marqués par la fatigue et ce qu’ils ont vu…

D’emblée, on est autant marqué par la beauté des images (superbes gros plans sur ces gueules hantées par on ne sait quoi) que par l’originalité et l’ambition du propos, et par ces petits détails qui n’ont l’air de rien : comme le rôle joué par les femmes des cavaliers, qui s’immiscent dans le groupe pour être au côté de leurs compagnons, ramenant des personnages très typés à leur humanité la plus déroutante.

Et il y a Broderick Crawford, excellent acteur qui campe ici un shérif hanté non pas par son passé, mais par l’inaction : un homme d’action justement, qui fit si bien son travail des années plus tôt que la ville, civilisée grâce à ses pistolets, s’est subitement transformée en une sorte de mouroir dans lequel il dépérit à grands coups de whisky. Une épave, moquée par tous, pathétique, que plus personne n’écoute jusqu’à une sorte de renaissance grâce à l’action. Le personnage est passionnant, l’acteur est formidable.

Werker, pas vraiment réputé pour être un cinéaste majeur, semble en état de grâce. Il réussit toutes les scènes, et filme magnifiquement un scénario malin et original, qui nous révèle peu à peu les mystères de cette longue chevauchée à travers une série de longs flash-backs. Procédé certes pas nouveau, mais particulièrement efficace ici.

Pas la moindre faute de goût, mais la moindre baisse de régime… The Last Posse est décidément un véritable mystère. Un petit chef d’oeuvre que la postérité a soigneusement snobbé depuis plus de soixante ans. Un oubli que sa sortie en DVD pourrait bien, enfin, réparer.

* La Dernière Chevauchée est donc disponible dans la collection Westerns de Légende de Sidonis/Calysta, avec une présentation longue et enthousiaste de Bertrand Tavernier qui, lui non plus, ne connaissait pas le film. Et une autre plus courte de Patrick Brion.

La Loi du Colt (Al Jennings of Oklahoma) – de Ray Nazarro – 1951

Posté : 1 juillet, 2017 @ 8:00 dans 1950-1959, NAZARRO Ray, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Loi du Colt.jpg - Galerie de photos

Voilà un western qui s’inscrit dans la longue série des séries B inspirées des « exploits » d’authentiques figures de l’Ouest, sous-genre dont George Sherman fut l’un des petits maîtres, et la Universal l’un des plus grands pourvoyeurs dans ses années 50 qui marquent l’âge d’or du genre.

Celui-ci est signé Ray Nazarro, cinéaste guère réputé qui tire pourtant cette petite production vers le haut par sa manière d’utiliser les grands décors naturels lors des (rares, c’est vrai) séquences de chevauchées.

Le principal atout du film, c’est justement son personnage principal, interprété par l’excellent Dan Duryea. Al Jennings est un personnage hors du commun, dans l’histoire de l’Ouest et même du western : un avocat, dont le caractère impulsif va le conduire sur les chemins du banditisme.

L’introduction du film est elle aussi très originale et très séduisante. Une scène étonnante et inutile d’un strict point de vue de la narration : on y assiste à la naissance du personnage principal en pleine bataille de la guerre de Sécession, événement décalé et irrésistible vécu du point de vue de ses frères, enfants innocents ballottés par les soubresauts de l’histoire.

On peut regretter que certains seconds rôles soient un peu ternes à côté de Duryea, à commencer par la caution charme du film, Gale Storm. Mais La Loi du Colt, petit western qui n’en manque pas (de charme), est une très belle surprise.

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