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Archive pour la catégorie 'WESTERNS'

L’Ange et le mauvais garçon (Angel and the Badman) – de James Edward Grant – 1947

Posté : 9 avril, 2018 @ 8:00 dans 1940-1949, GRANT James Edward, WAYNE John, WESTERNS | 1 commentaire »

L'Ange et le mauvais garçon

Scénariste réputé (on lui devra de nombreux films avec John Wayne, dont son Alamo), James Edward Grant n »a réalisé que deux films, dont cet excellent western pacifique, charmant et très original.

La toute première image semble donner le ton : John Wayne déboule dans le champs de la caméra sur son cheval, se retourne, et tire sur ses poursuivants… C’est donc à un western tout en bruit et en fureur que l’on va assister. Raté : ces coups de feu pré-génériques sont les seuls que Duke tirera de tout le film.

Blessé, le voilà recueilli par une famille de quakers qui bannit la violence de sa vie, estimant que ce qui peut arriver de pire à un homme, c’est d’en tuer un autre et d’ainsi perdre son âme. Malgré la chaleur des parents et les beignets faits maison, il s’en ficherait sans doute, notre Duke, s’il n’y avait la fille de la maison, qui a la douceur piquante de Gail Russell.

Et elle n’a pas froid aux yeux, cette petite quaker, dont le franc parler et l’absence de détour réussissent à faire rougir cet aventurier de John Wayne, pourtant habitué à une vie de débauche et aux filles faciles. On la voit venir, la belle rédemption. Le drame aussi, avec ce salaud de Bruce Cabot qui est bien décidé à dessouder le repenti.

Charmant, donc, mais pas naïf pour autant : si on voit bien qui est le mauvais garçon, on a un sérieux doute sur la question de « l’ange » : est-ce réellement Gail Russell, et son sourire qui vous pousserait à accepter la mort sans rechigner ? Ou est-ce ce vieux briscard de Harry Carey, toujours impeccable en shérif qui semble constamment sortir de nulle part, le fusil à la main ?

La question est posée : Angel and the Badman n’est pas totalement aussi pacifique qu’il le prétend. C’est en tout cas une grande réussite, portée par des comédiens absolument réjouissants.

A l’ombre des potences (Run for cover) – de Nicholas Ray – 1955

Posté : 28 mars, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, CAGNEY James, RAY Nicholas, WESTERNS | Pas de commentaires »

A l'ombre des potences

Après Johnny Guitare, Nicholas Ray reste dans le western, et signe un très beau film intime, qui n’oublie pas de remplir le cahier des charges en matières d’action : on a droit à quelques fusillades, coups de poing et chevauchées particulièrement intenses. Mais la violence est autant psychologique que physique. Et quand elle est physique, elle est brève et cinglante.

Ray s’intéresse vraiment à la psychologie de ses personnages, ce qui est déjà remarquable. Mais surtout, il évite soigneusement tous les poncifs du genre, tous les rebondissements attendus. On a pourtant là les ingrédients d’un western classique : un cavalier solitaire au passé mystérieux (James Cagney, parfait), qui arrive dans une petite ville pas si tranquille et qui prend sous son aile un jeune homme un peu paumé qui cherche sa place dans la société.

Le choix de John Derek, gueule d’ange au visage innocent, est formidable. Pas qu’il soit l’acteur le plus renversant du monde, mais on lui confierait le bouton de la bombe H, tant il respire la bonté et la bienveillance. Et puis, s’il déconnais, on lui accorderait sans doute même une seconde chance…

Le film est entièrement basé sur la relation entre ces deux-là, entre le gamin qui enchaîne les erreurs, et ce vieux briscard de Cagney qui ne cesse de lui renouveler sa confiance, lui-même cherchant à rester fidèle à ses principes et à ses convictions, quoi qu’il se passe.

Il est question de seconde chance donc, mais aussi de jugement et de bienveillance, sentiment finalement rarement à l’honneur dans le western. Et qui donne quelques moments magnifiques, comme la longue séquence de la demande en mariage, huis clos superbement photographié et très économe en dialogues, entre Cagney, sa promise (la Suédoise Vivecas Lindfords, parfaite et pleine de vie) et le père de cette dernière (Jean Hersholt, présence intense et chaleureuse). Là, la délicatesse de Ray atteint des sommets.

Mais Ray sait aussi être lyrique dans sa manière de filmer ses personnages dans des paysages époustouflants, tantôt séduisant, tantôt inquiétants. Malgré toutes ses qualités, et elles sont nombreuses, Run for cover fait partie des films les plus méconnus de Ray. Bien injuste…

Le Fouet d’argent (The Silver Whip) – de Harmon Jones – 1953

Posté : 9 mars, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, JONES Harmon, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Fouet d'argent

Un western avec trois personnages principaux, ce n’est pas si courant. Trois héros auxquels le scénario apporte le même intérêt, trois hommes très différents, parfois antagonistes, mais liés par une même amitié dont on sent bien qu’elle sera plus forte que les épreuves : le jeunot Robert Wagner, et surtout les solides Rory Calhoun et Dale Robertson, deux gueules incontournables du western de série B des années 50.

Incidemment, c’est aussi la rencontre de deux mondes : Calhoun et Robertson incarnent tous deux un Ouest déjà révolu, conscients que leur univers est en pleine mutation, et que l’avenir se fera avec des jeunes comme Wagner. Cette modernité est particulièrement frappante avec la petite amie de ce dernier, que l’on découvre allongée sur un fauteuil, les jambes nues bien en évidence, belle jeune femme dont la liberté annonce d’autres temps.

Le film met bien en valeur la relation de ces trois hommes, personnalités complémentaires qui représentent à eux trois l’image du western. D’un côté ce jeune homme qui rêve d’aventures (et surtout de conduire une diligence) et de marcher sur les traces de ses aînés. De l’autre son protecteur (Robertson), qui voudra aller jusqu’au bout pour venger la mort de la femme qu’il aimait. Et puis le meilleur ami de ce dernier (Calhoun), shérif qui croit dur comme fer en la justice.

Harmon Jones, dont on avait déjà dit beaucoup de bien de La Cité des tueurs ou de 24 heures de terreur, deux autres westerns portés par Dale Robertson, excelle aussi à diriger ses seconds rôles, comme ce vieil homme qui cite constamment des poètes ou dramaturges.

Il y a aussi une très belle utilisation des décors de montagne lors de la séquence de traque, ou du relais de diligence lors de la fusillade. Dans les deux cas, il utilise chaque interstice, chaque espace entre deux barrières, ou entre deux rochers, pour renforcer la violence et le sentiment de danger. C’est d’une efficacité imparable, et en plus c’est esthétiquement une réussite. 

Montagne rouge (Red Mountain) – de William Dieterle (et John Farrow) – 1951

Posté : 1 mars, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, DIETERLE William, FARROW John, WESTERNS | Pas de commentaires »

Montagne rouge

Des tas de bonnes idées, quelques très beaux moments, un scénario bancal et des dialogues impossibles. Ce western imparfait a au moins le mérite de l’originalité. Pas dans les dialogues, donc, qui accumulent les poncifs et les grandes tirades patriotiques. Pas non plus pour la psychologie des personnages, franchement discutables. Mais pour les situations inattendues et une certaine ambition dans la mise en scène.

Le film renouvelle ainsi le thème éternel de la rivalité amoureuse. Lisbeth Scott est ainsi ballottée entre son fiancé Arthur Kennedy et celui qui est à la source de leurs ennuis : Alan Ladd. Ce dernier brouille les pistes, dans la première partie. Après avoir sauvé Kennedy du lynchage, on découvre qu’il est le responsable du meurtre pour lequel son nouveau compagnon a été condamné sans procès. Avant d’apprendre qu’il est un soldat sudiste sur le point de rejoindre la bande sanguinaire de Quantrill (joué par John Ireland).

Toujours impec, Ladd forme un beau duo antagoniste avec Arthur Kennedy (acteur parfait), constamment sur le point de s’entre-tuer, mais dont on devine l’amitié qui aurait pu les lier s’il n’y avait cette violence omniprésente… et la belle Lisbeth entre eux. Toute la première partie joue constamment sur le renversement des situations : l’un passe de sauveur à geôlier, l’autre de la reconnaissance à la haine… Et puis il y a Lisbeth Scott, donc, femme forte qui a bien des égards domine l’action, loin des personnages habituels de femmes dans les westerns.

Les Rôdeurs de la plaine (Flaming Star) – de Don Siegel – 1960

Posté : 6 février, 2018 @ 8:00 dans 1960-1969, SIEGEL Don, WESTERNS | Pas de commentaires »

Les Rôdeurs de la plaine

On ne peut pas dire que la filmographie d’Elvis soit la plus brillante du monde. Dans la grande majorité de ses films, les producteurs se contentent de jouer sur son image de star à la belle gueule. Autant dire que ce Flaming Star fait figure de brillante exception. Parce qu’Elvis s’y révèle d’une grande intensité, et très crédible en métis, fils des amours d’un blanc (John McIntire, toujours impeccable) et d’une Indienne (Dolores Del Rio, toujours très belle, trente-cinq ans après ses débuts). Et parce que le film est excellent, tout simplement.

Siegel, cinéaste qui sait mieux que quiconque filmer la violence sèche, est fidèle à sa réputation avec cette histoire de conflit naissant entre des colons qui vivaient en paix jusque là, et les Kiowas qui se sentent à juste titre lésés de leurs terres. Mais le réalisateur dévoile aussi un vrai sens du tragique, rare dans son oeuvre. Car le ton n’est pas à la rigolade dans ce western crépusculaire : pour le personnage d’Elvis, symbole de l’harmonie impossible entre ces peuples, le destin est pavé de sang et de mort.

Le film est beau, notamment parce que Siegel ne surinterprète pas les événements tragiques qu’il filme. Il commence son film par une scène d’insouciance autour d’un anniversaire, et cela suffit pour faire ressentir le sentiment de gâchis, presque de paradis perdu. La belle harmonie qui règne entre tous ne tient en fait qu’à un fil. Et Elvis, qui pousse gentiment la chansonnette lors de ce moment d’insouciance, n’aura plus l’occasion de mettre en avant son organe, ce qui était pourtant un passage obligé sur tous ses films.

Même dans cette scène d’ailleurs, l’insouciance est toute relative, et la chanson qu’entonne Elvis est loin de son registre habituel. Les fans du chanteur ont toutefois pu se consoler avec la très belle chanson du générique… et en réalisant à quel point Elvis est un acteur convaincant, et subtil, qui sait donner à son personnage un mélange de force et de fragilité.

Déchirant, le film est parsemé de scènes de violence et de morts qui, toutes, frappent juste et fort. Celle de l’ami Indien d’Elvis, celle du père, celle de la mère surtout, visuellement somptueuse avec ce vent qui balaye tout. Siegel signe là son meilleur western, utilisant les grands espaces comme il le fait de ses décors urbains habituels.

La Mission du commandant Lex (Springfield Riffle) – d’Andre De Toth – 1952

Posté : 29 janvier, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, COOPER Gary, DE TOTH Andre, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Mission du commandant Lex

De l’action, du suspense, du rythme… Andre De Toth ne s’embarrasse guère de psychologie pour ce western d’une efficacité imparable, qui ne repose que sur le rythme, le suspense et l’action. Même dans les rapports humains d’ailleurs, qui semblent résumés à leur forme la plus basique, le film réserve quelques beaux moments, comme lorsque Gary Cooper accepte avec douleur que sa femme le prenne pour un traître…

S’il n’est pas totalement révolutionnaire, le scénario est assez original : on est en pleine guerre de Sécession, et Gary Cooper y interprète un officier qui infiltre les rangs ennemis pour démasquer un traître, passant ainsi lui-même pour un traître aux yeux de tous ceux qu’il aime et qui le respectent, à commencer par son jeune fils, qu’on ne verra que brièvement à la fin, mais que le film utilise comme une sorte de fil rouge dramatique passionnant. Ce thème de la taupe n’est pas si courant dans le western.

Et c’est une grande réussite, et pas uniquement grâce à Gary Cooper, impérial : De Toth s’y connaît en cinéma d’action, et ne laisse jamais son récit perdre de son intensité, réussissant même quelques séquences franchement originales. La scène de l’évasion pour commencer, dont la pénombre tranche avec la lumière vive des scènes extérieures. Ou encore cette spectaculaire scène d’incendie, provoqué pour déloger les voleurs de chevaux. Il y a comme ça quelques moments qui frappent les esprits, dans ce western passionnant.

Le Souffle de la violence (The Violent Men) – de Rudolph Maté – 1954

Posté : 26 janvier, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, MATÉ Rudolph, STANWYCK Barbara, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Souffle de la violence

Il y a comme un air de déjà vu lorsque commence ce western : l’histoire de petits éleveurs tyrannisés par un grand propriétaire tout puissant, on a déjà vu ça cent fois. Et puis cette petite ville poussiéreuse avec ses rues bien alignées, ses escaliers de pilier, et son arbre central… En cherchant bien, on doit pouvoir trouver quelques dizaines de westerns qui y ont été tournés.

Drôle de film aussi, où deux des co-vedettes n’apparaissent qu’après plus de vingt minutes. Surtout que quand ces deux-là apparaissent, le film prend une toute autre dimension : Barbara Stanwyck et Edward G. Robinson (rien que ces deux noms-là accolés, ça renvoie à la grande histoire du cinéma !), en couple de propriétaires dont les actes violents semblent contredits par leur tendresse et leur douceur dans l’intimité. Mouais…

Il n’a pas un si mauvais fond, Robinson, homme tout puissant mais diminué par des jambes mortes. Un homme surtout manipulé par une femme ambitieuse et calculatrice. Ce n’est d’ailleurs pas la seule, dans ce western où les femmes sont loin d’être réduites aux rôles de faire-valoir qu’on leur réserve souvent dans le genre. Car si Robinson se fait balader par sa femme qui le trompe avec son propre frère (Brian Keith), Glenn Ford, dans le rôle du héros, n’est pas beaucoup plus malin : sa fiancée, elle, ne voit en lui que son billet pour quitter l’Ouest.

La réussite du film doit beaucoup à ces personnages, qui échappent constamment aux stéréotypes du western que l’on attend avec une telle histoire. Son originalité repose aussi sur la manière dont la violence est abordée. Là encore, jamais comme on l’attend : loin des fusillades frontales et spontanées habituelles, la « guerre » qui éclate prend des allures de véritable conflit. Le personnage de Glenn Ford, ancien officier, utilise les tactiques et ruses qu’il a sans doute découvertes sous les drapeaux, et ça change tout. Comme le duel final, totalement « dé-romantisé », prend un étonnant aspect réaliste.

La mise en scène de Rudolph Maté manque sans doute un peu de rythme, et le film n’évite pas certaines baisses de régime. Mais l’originalité du scénario fait la différence, et il faut mettre au crédit de Maté la beauté des images, tournées intégralement en extérieurs, et la profondeur de champs qui souligne constamment l’immensité de la nature.

Cette profondeur de champs donne en particulier une séquence formidable : après avoir laissé brûler son ranch, Glenn Ford attend avec ses hommes derrière des rochers, guettant l’arrivée de ses ennemis qui se rapprochent lentement. De ce plan fixe naît une tension formidable, qui annonce l’explosion de violence à venir.

La Kermesse de l’Ouest (Paint your wagon) – de Joshua Logan – 1969

Posté : 15 janvier, 2018 @ 8:00 dans 1960-1969, EASTWOOD Clint (acteur), LOGAN Joshua, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Kermesse de l'Ouest

Sur le tournage de Paint your wagon, Clint Eastwood s’est juré d’être désormais son propre maître, et de prendre définitivement sa carrière en main. Plus question pour lui de renouveler une telle expérience, et de participer de nouveau à une telle débauche de moyens. Ce n’est pas tant le fait qu’il s’agit là d’un très gros budget qui pose problème : Clint lui-même tournera encore de grosses productions. C’est le fait que « débauche » et « moyens » sont ici totalement indissociables.

Y’a-t-il un seul plan « modeste » ? Une seule image qui semble ne pas avoir coûté une fortune ? Et que dire de cet extraordinaire décor de ville-champignon littéralement avalé dans une séquence hallucinante, variation sur le mode de la farce de Sodome et Gomorrhe… Et pourquoi pas après tout. Sauf que là, cette débauche de moyens (oui, j’insiste) n’est pas au service de la vision d’un cinéaste : elle EST la vision du cinéaste.

Le problème est flagrant dès les toutes premières images, qui montrent un convoi de chariot avançant à travers de grandes plaines. Une image classique du western, que Ford, pour ne citer que lui, a souvent filmé à sa manière frontale, au cœur de l’action. Joshua Logan, lui, multiplie les angles de prise de vue, place sa caméra devant, derrière, sur le côté, et même à bord d’un hélicoptère, comme si cette succession de points de vue allaient donner du rythme à cette introduction.

Mais de rythme, point l’ombre de la queue d’un, dans ce film par moments sympathique, voire amusant, mais constamment too much : trop tape-à-l’oeil, trop prétentieux, trop long aussi. Deux heures et demi pour un western musical aux enjeux dramatiques franchement anecdotiques… On est bien tenté d’abandonner la partie à deux ou trois reprises. Heureusement, une poignée de moments musicaux nous rattrapent par la manche, par leur douce mélancolie : la chanson de la pluie notamment, et surtout celle où Lee Marvin déambule dans la ville, pensant à sa liberté perdue.

« I’m an ex-citizen of nowhere. Sometimes, I get mighty home-sick. »

Dans ce joli moment mélancolique, la voix sourde de Marvin et son regard noir font des merveilles. Et comme si le fait d’avoir vraiment quelque chose à filmer lui ouvrait les yeux, Logan filme cette scène avec une simplicité qui tranche avec le reste du film. Une sorte de parenthèse douce-amère qui ne dure pas, cela dit…

Comme ne dure pas le regard mélancolique de Marvin, qui par ailleurs en fait des tonnes, reléguant ses co-stars au statut de faire-valoirs : Jean Seberg, pourtant fort jolie et surprenante en jeune femme bien décidée à fonder un foyer avec deux maris, et Clint Eastwood donc, qu’on ne verra plus jamais autant en retrait qu’ici. Ses moues offusquées ne trompent pas : on sent bien qu’il se demande ce qu’il fait là, avec son brushing impeccable et ses joues parfaitement rasées, à chanter (plutôt bien d’ailleurs, c’est qu’il a un beau filet de voix) des chansons ineptes :

« I talk to the trees, but they don’t listen to me… »

Ben non, ils n’écoutent pas…

Grands noms de la comédie musicale, Alan Jay Lerner et Fredeick Loewe ont le vent en poupe à cette époque : les films qu’ils ont eux-mêmes adaptés de leurs spectacles Gigi et My fair lady ont été des triomphes. Mais Paint your wagon n’avait pas connu le même succès sur scène. Le thème n’a pas la même force. Les numéros musicaux sont nettement moins emballants (et pourraient d’ailleurs quasiment tous être coupés du film sans qu’on perde quoi que ce soit à l’histoire). Bref… Si une bonne idée ne fait pas forcément un bon film, une mauvaise idée…

La première balle tue (The Fastest Gun alive) – de Russell Rouse – 1956

Posté : 18 novembre, 2017 @ 8:00 dans 1950-1959, ROUSE Russell, WESTERNS | Pas de commentaires »

La première balle tue

Oui, d’accord, il est un peu caricatural le grand méchant, tueur persuadé d’être le tireur le plus rapide de l’Ouest, et qui ne pense qu’à affronter en duel ceux que la foule désigne comme les tenants du titre… Mais il est joué par Broderick Crawford, et le brave type qu’il veut affronter, c’est Glenn Ford. Alors même si on peut préférer La Cible humaine de Vidor sur le même thème, on peut aussi prendre un plaisir fou à revoir ce western au rythme parfait.

Ça commence par un duel justement, que remporte l’imposant Broderick Crawford, plus inquiétant que jamais avec son regard noir, sa silhouette massive et sa voix caverneuse. Pourtant, l’action est plutôt rare, et même le grand duel final très attendu se résume à une suite (impressionnante) de gros plans sur les revolvers qui se déchargent. Audacieux, pour un western avec un tel titre et un tel sujet. Le film s’autorise même un curieux et réjouissant intermède, avec un impressionnant numéro de danse lors d’une fête qui réunit tous les habitants de la ville.

Mais Russell Rouse, réalisateur méconnu qui peut être excellent (on lui doit le noir New York Confidential, déjà avec Broderick Crawford), excelle à faire grandir la tension. D’abord autour du personnage de Glenn Ford, homme tranquille qui cache secrètement un mystérieux passé et une aptitude hors du commun à dégainer, et qui ne supporte plus le mépris quotidien dont il est l’objet pour ne jamais porter d’arme.

La tension devient même étouffante avec l’arrivée des trois bandits (dont l’excellent John Dehner, dans un rôle de méchant débonnaire très original) qui occupent la ville déserte, tandis que les bons habitants sont enfermés dans l’église où le drame se noue en parallèle. Jusqu’à l’affrontement des deux duellistes : l’un tout de blanc vêtu qui sort de l’église, l’autre en noir qui vient du saloon. Tout un symbole, bien sûr.

Rio Lobo (id.) – de Howard Hawks – 1970

Posté : 13 novembre, 2017 @ 8:00 dans 1970-1979, HAWKS Howard, WAYNE John, WESTERNS | Pas de commentaires »

Rio Lobo

Quatre ans après El Dorado, Hawks fait un ultime baroud d’honneur avec ce western qui sera son tout dernier film. Comme son précédent, celui-ci reprend une partie de la trame de Rio Bravo, avec une nouvelle version du siège d’une prison, dans laquelle se réfugient une poignée de personnages autour du grand héros John Wayne.

Mais les temps ont changé. Le grand héros est devenu un vieux cow-boy bedonnant et « confortable », comme le disent tour à tour les femmes qu’il rencontre. Et il n’y a plus guère que les hommes pour croire que tout est encore comme avant. On est en 1970, l’âge d’or du western est révolu, et tout particulièrement les héros infaillibles comme John Wayne. D’où une étrange sensation d’anachronisme qui se dégage de ce film au budget modeste et à la réussite qui l’est tout autant.

C’est un peu comme si le moule avait été cassé, et que Hawks faisait ce qu’il pouvait pour recoller les morceaux. Oui, les temps ont changé. La remarquable fluidité de Rio Bravo n’est plus qu’un souvenir. Rio Lobo avance son histoire ambitieuse avec une certaine difficulté, comme si plus rien n’était facile. Ce n’est pas pour autant l’oeuvre d’un vieillard sénile et nostalgique : Hawks semble se moquer de lui-même comme il se moque de Wayne, en soulignant ses faiblesses dans des situations qu’il a déjà traversées auparavant.

Surtout, Hawks confronte ces hommes trop fiers pour accepter le changement, à des femmes d’une stupéfiante modernité : trois beaux personnages de femmes fortes et volontaires, aux caractères bien affirmés, qui s’amusent des regards énamourés des hommes et de leur romantisme démodé. Parmi elles : Shery Lansing, qui deviendra plus tard la première femme patronne d’un studio hollywoodien.

Dans ce récit ample aux rebondissements multiples, très loin finalement de la construction épurée d’un Rio Bravo, Hawks réussit en tout cas quelques séquences étonnantes, à commencer par cette épique attaque de train, où les armes utilisées sont de la graisse, un nid de frelons et des cordes tendues… Ou cet étonnant jeu du chat et de la souris entre Nordistes et Sudistes au début du film… Ou encore la savoureuse apparition d’un Jack Elam gentil pour une fois, qui reprend à son compte le rôle de vieux râleur que tenait jadis Walter Brennan.

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