Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour la catégorie 'WESTERNS'

Un jeu risqué (Wichita) – de Jacques Tourneur – 1955

Posté : 15 juillet, 2017 @ 8:00 dans 1950-1959, MILES Vera, TOURNEUR Jacques, WESTERNS, Wyatt Earp / Doc Holiday | Pas de commentaires »

Un jeu risqué

Un écran large, de grands espaces désertiques, un soleil écrasant… Wichita est à peu près aux antipodes des films d’épouvante à petits budgets qui ont fait la réputation de Tourneur. Mais même avec de gros moyens, et avec le (superbe) Technicolor, Tourneur est un cinéaste immense, que l’on retrouve comme on l’aime : capable de faire naître la peur des scènes les plus anodines.

Ici, il lui suffit de filmer la douce Vera Miles sortir d’un hôtel au bras de Joel McCrea pour que l’on ressente instantanément le danger que rien d’autre ne vient appuyer. Plus tôt dans le film, une série de plans fixes sur un enfant, dont la chemise d’un blanc immaculé se découpe dans le nuit, devient insoutenable tant Tourneur suggère et repousse l’irruption implacable de la violence.

On le connaissait grand réalisateur de films d’épouvante, grand réalisateur de films noirs… Voilà qu’on le découvre aussi grand réalisateur de western, signant un modèle du genre, et ce dès la remarquable séquence d’ouverture autour du feu de camp. En tête d’affiche, une double-figure du genre : McCrea donc, dont la carrière est jalonnée de rôles mémorables d’hommes de l’Ouest ; et le plus célèbre de tous : Wyatt Earp, qu’il interprète dans le film.

Mais pas le Earp de O.K. Corrall, déjà entré dans la légende, que tant d’autres films immortaliseront. Wichita s’intéresse aux jeunes années du futur shérif de Tombstone : ses débuts d’homme de loi, après sa carrière de chasseur de bison. La chronologie de la vie de Earp est respectée, mais c’est à peu près tout : le film prend d’immenses libertés avec la réalité historique, pour jouer avec l’image légendaire que son simple nom véhicule.

Et ça fonctionne parfaitement, même si McCrea est sans doute un peu trop vieux pour jouer Earp à ce stade de sa vie. Mais l’acteur est parfait pour donner corps à cette volonté sans faille, qui ne demande qu’à rester en dehors des violences du monde, tout en refusant d’échapper à ses responsabilités. La vérité historique était sans doute nettement plus complexe, mais ce Earp-là est de ces figures qui ont fait la grandeur du western.

La Dernière Chevauchée (The Last Posse) – d’Alfred L. Werker – 1953

Posté : 2 juillet, 2017 @ 8:00 dans 1950-1959, WERKER Alfred, WESTERNS | Pas de commentaires »

La dernière chevauchée

C’est clairement l’un des grands mystères de l’histoire du western : comment ce film aussi formidable a-t-il pu rester à ce point méconnu, pour ne pas dire totalement inconnu, au fil des décennies ? Car cette petite production est une réussite éclatante, et ça saute aux yeux dès les toutes premières images: dans un noir et blanc magnifique, le retour d’une patrouille partie de longues journées sur les traces de braqueurs, et dont les survivants reviennent avec des visages fermées, graves, marqués par la fatigue et ce qu’ils ont vu…

D’emblée, on est autant marqué par la beauté des images (superbes gros plans sur ces gueules hantées par on ne sait quoi) que par l’originalité et l’ambition du propos, et par ces petits détails qui n’ont l’air de rien : comme le rôle joué par les femmes des cavaliers, qui s’immiscent dans le groupe pour être au côté de leurs compagnons, ramenant des personnages très typés à leur humanité la plus déroutante.

Et il y a Broderick Crawford, excellent acteur qui campe ici un shérif hanté non pas par son passé, mais par l’inaction : un homme d’action justement, qui fit si bien son travail des années plus tôt que la ville, civilisée grâce à ses pistolets, s’est subitement transformée en une sorte de mouroir dans lequel il dépérit à grands coups de whisky. Une épave, moquée par tous, pathétique, que plus personne n’écoute jusqu’à une sorte de renaissance grâce à l’action. Le personnage est passionnant, l’acteur est formidable.

Werker, pas vraiment réputé pour être un cinéaste majeur, semble en état de grâce. Il réussit toutes les scènes, et filme magnifiquement un scénario malin et original, qui nous révèle peu à peu les mystères de cette longue chevauchée à travers une série de longs flash-backs. Procédé certes pas nouveau, mais particulièrement efficace ici.

Pas la moindre faute de goût, mais la moindre baisse de régime… The Last Posse est décidément un véritable mystère. Un petit chef d’oeuvre que la postérité a soigneusement snobbé depuis plus de soixante ans. Un oubli que sa sortie en DVD pourrait bien, enfin, réparer.

* La Dernière Chevauchée est donc disponible dans la collection Westerns de Légende de Sidonis/Calysta, avec une présentation longue et enthousiaste de Bertrand Tavernier qui, lui non plus, ne connaissait pas le film. Et une autre plus courte de Patrick Brion.

La Loi du Colt (Al Jennings of Oklahoma) – de Ray Nazarro – 1951

Posté : 1 juillet, 2017 @ 8:00 dans 1950-1959, NAZARRO Ray, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Loi du Colt.jpg - Galerie de photos

Voilà un western qui s’inscrit dans la longue série des séries B inspirées des « exploits » d’authentiques figures de l’Ouest, sous-genre dont George Sherman fut l’un des petits maîtres, et la Universal l’un des plus grands pourvoyeurs dans ses années 50 qui marquent l’âge d’or du genre.

Celui-ci est signé Ray Nazarro, cinéaste guère réputé qui tire pourtant cette petite production vers le haut par sa manière d’utiliser les grands décors naturels lors des (rares, c’est vrai) séquences de chevauchées.

Le principal atout du film, c’est justement son personnage principal, interprété par l’excellent Dan Duryea. Al Jennings est un personnage hors du commun, dans l’histoire de l’Ouest et même du western : un avocat, dont le caractère impulsif va le conduire sur les chemins du banditisme.

L’introduction du film est elle aussi très originale et très séduisante. Une scène étonnante et inutile d’un strict point de vue de la narration : on y assiste à la naissance du personnage principal en pleine bataille de la guerre de Sécession, événement décalé et irrésistible vécu du point de vue de ses frères, enfants innocents ballottés par les soubresauts de l’histoire.

On peut regretter que certains seconds rôles soient un peu ternes à côté de Duryea, à commencer par la caution charme du film, Gale Storm. Mais La Loi du Colt, petit western qui n’en manque pas (de charme), est une très belle surprise.

Le Sabre et la Flèche (Last of the Comanches / The Sabre and the Arrow) – d’Andre De Toth – 1953

Posté : 26 juin, 2017 @ 8:00 dans 1950-1959, DE TOTH Andre, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Sabre et la flèche

Voilà un western qui commence là où beaucoup d’autres finissent : dans une petite ville assiégée par les Indiens. Dès la première image, De Toth nous plonge dans un univers où la mort rode, et fait irruption avec une violence rare. C’est une entrée en matière vraiment pas commune : après ce massacre largement suggéré, les quelques survivants se dévoilent, silhouettes chancelantes de soldats vaincus qui avancent péniblement dans le désert.

Les « héros » sont en sursis, et semblent autant vouloir rentrer chez eux qu’effacer la douleur de la défaite et des morts qu’ils trimbalent avec eux. L’héroïsme prend une forme inattendue et dramatique, que De Toth n’embellit jamais. Le choix de l’acteur principal va dans ce sens : loin des stars habituelles du genre, le massif Broderick Crawford est étonnant, et apporte beaucoup d’épaisseur (dans tous les sens du terme) à ce personnage dont la psychologie se limite à l’essentiel.

C’est sans doute la principale limite du film : le scénario, transposition westernienne de celui de Sahara avec Bogart, ne développe pas bien loin ces personnages. Les rebondissements attendus ne manquent pas, non plus. Mais l’écriture parfois approximative est largement compensée par les comédiens, tous excellents (parmi lesquels Barbara Hale en caution féminine, et Lloyd Bridges toujours parfait).

Surtout, Andre De Toth signe une mise en scène souvent magnifique. Bien aidé par un Technicolor flamboyant et très contrasté, le cinéaste apporte un soin rare à la composition de tous ses plans, utilisant la lumière, les ombres et surtout les contre-jours avec bonheur. Toute une scène de dialogue au crépuscule montre ainsi des silhouettes en ombres chinoises qui se découpent sur un ciel rougeoyante à couper le souffle. Plus tard, des pans de mur encadrent une croix en flammes qui surplombe Broderick Crawford… Le film est comme ça émaillé d’images sublimes qui font largement oublier les quelques faiblesses du scénario.

* DVD dans la collection Westerns de Légende chez Sidonis/Calysta, avec des présentations enthousiastes de Bertrand Tavernier et Patrick Brion.

Silverado (id.) – de Lawrence Kasdan – 1985

Posté : 23 juin, 2017 @ 8:00 dans 1980-1989, COSTNER Kevin, KASDAN Lawrence, WESTERNS | Pas de commentaires »

Silverado

Lawrence Kasdan aime le western, c’est un fait. Kevin Costner aussi, et c’est tant mieux que ces deux-là se soient rencontrés : ensemble, ils tourneront encore presque dix ans plus tard une fresque mal-aimée mais nettement plus ambitieuse, Wyatt Earp. Pour l’heure, Kasdan n’ambitionne vraiment qu’une chose : relancer un genre moribond. Mais ce qu’il réussit surtout à faire, c’est à lancer la carrière stagnante de Costner, en lui confiant le rôle le plus ouvertement cool et spectaculaire du film.

Et ce n’était pas évident qu’un jeunôt puisse surnager au milieu d’un tel casting : Kevin Kline, Scott Glenn et Danny Glover en tête, entourés par Brian Dennehy, Jeff Goldblum, Rosanna Arquette, Linda Hunt ou John Cleese. Certains (Cleese, Arquette) sont certes sacrifiés sur l’autel du trop-plein de personnages, mais la plupart des autres sont plutôt bien servis par une intrigue pas novatrice, mais pleine de rebondissements.

Après une entrée en matière alléchante (Scott Glenn attaqué par des bandits dans une cabane isolée, qui descend tous ses ennemis avant d’ouvrir la porte sur un paysage grandiose), le film se contente quand même très largement de remplir le cahier des charges. Les personnages sont fort sympathiques, le rythme est impeccable, mais tout cela a plutôt l’apparence d’un habile pastiche, sincère mais pas révolutionnaire.

Loin en tout cas du Pale Rider que Clint Eastwood a tourné la même année, et qui lui non-plus ne suffira pas à relancer le western, quasi-mort en ce milieu des années 80. Pour cela, il faudra attendre 1990 et Danse Avec Les Loups, première réalisation d’un certain Kevin Costner.

L’Aigle et le vautour (The Eagle and the Hawk) – de Lewis R. Foster – 1950

Posté : 22 juin, 2017 @ 8:00 dans 1950-1959, FOSTER Lewis R., WESTERNS | Pas de commentaires »

L'Aigle et le vautour (The Eagle and the Hawk) - de Lewis R. Foster - 1950 dans 1950-1959 LAigle%20et%20le%20vautour_zps41ge9h57

Voici un western relativement fauché, mais bourré de belles idées, à commencer par son tandem de héros : un Nordiste (Dennis O’Keefe) et un Sudiste (John Payne) amenés à travailler main dans la main pour découvrir ce qui se trame de l’autre côté de la frontière mexicaine, pendant que les Etats-Unis sont occupés à s’entre-déchirer. Plus que de faire se rencontrer deux partisans de camps opposés, c’est la manière dont ce tandem est mis en scène qui frappe, comment l’amitié naît entre ces deux hommes si différents. Une amitié qu’aucun des deux ne domine de quelque manière que ce soit, ce n’est pas si courant.

Cette drôle d’alchimie est parfaitement incarnée par deux acteurs que tout oppose également : O’Keefe ouvertement séducteur, voire suave ; et Payne, brut et animal. Entre ces deux-là, le courant passe immédiatement. Comme l’attirance sensuelle éclate dès la rencontre entre Payne et Rhonda Fleming, beau couple de cinéma que Dwan reformera notamment dans Slightly Scarlet. Ajoutons encore Thomas Gomez, étonnant mais très bien en général mexicain : le casting de cette petite production suffit à susciter l’envie.

Et il y a surtout tous ces détails qui parsèment le film et le tirent vers le haut : cet étonnant fétichisme des bottes qui conduit à plusieurs reprises le personnage d’O'Keefe à se retrouver en chaussettes, cette torture (qui me semble inédite dans un western) qui consiste à écarteler un homme attaché à des chevaux jusqu’à le démembrer (rien d’ouvertement gore, mais la seule évocation de la chose fait son petit effet), ou encore le running gag réjouissant autour des noms et de l’anonymat : « Smith ? On en a déjà trois… »

Et puis il y a la très belle photographie de James Wong Howe, avec ces magnifiques séquences nocturnes aux couleurs si chaudes et envoûtantes. Il faut dire que l’homme n’est pas un manchot : de Shangaï Express à Traître sur commande, sa carrière est jalonnée de grands films aux images sublimes. Lewis R. Foster en tire le meilleur, et c’est bien lorsque la photo est la plus spectaculaire que le film est le plus passionnant et le plus fort : lors des nombreuses scènes de nuit, et aussi lors d’un impressionnant duel dans les flammes.

Bref, que du bon dans ce western. Finalement, le seul point vraiment négatif, c’est la manière dont Rhonda Fleming, décidément magnifique, est réduite au rang de séduisant faire-valoir, caution féminine d’un film par ailleurs très masculin. Mais John Payne et Dennis O’Keefe, moi je kiffe.

L’Escadron noir (Dark Command) – de Raoul Walsh – 1940

Posté : 21 juin, 2017 @ 8:00 dans 1940-1949, WALSH Raoul, WAYNE John, WESTERNS | Pas de commentaires »

L'Escadron noir (Dark Command) - de Raoul Walsh - 1940 dans 1940-1949 LEscadron%20noir_zpszsvhdosx

Dix ans après La Piste des Géants, Raoul Walsh retrouve John Wayne, que le succès de Stagecoach venait de sortir d’autant d’années de séries B (au mieux), et reforme le couple que le jeune Duke formait avec Claire Trevor dans le film de John Ford. Alors oui, il y a de la romance dans l’air, et beaucoup d’action, dans ce western qui semble à première vue très mineur dans la filmographie de Walsh, en particulier à cette époque où il enchaînait les chefs d’œuvre.

Le film est surtout étrangement maladroit par moments, avec quelques rebondissements auxquels on a beaucoup de mal à croire. Le revirement du personnage joué par Walter Pidgeon est ainsi pour le moins étonnant : d’instituteur posé et attachant, il devient en quelques minutes un monstre sanguinaire qui sème la terreur dans plusieurs états. Ce personnage inspiré par le célèbre Quantrill (il s’appelle d’ailleurs Cantrell dans le film) ne manque pas d’intérêt : le moindre n’est pas de lui avoir collé une mère désespérée par le chemin qu’il décide de prendre. Mais Walsh échoue à développer une psychologie convaincante.

On peut d’ailleurs faire le même reproche à la quasi-totalité des personnages, y compris celui de John Wayne, lui aussi plein de promesses. Tiraillé entre son amour pour Claire Trevor et son sens du devoir qui l’oblige à arrêter le frère de cette dernière, il se transforme en héros tragique. Mais Walsh ne le filme que comme un vrai héros pur et sans tâche. Toujours impeccablement rasé et aux habits immaculés. Lisse, trop lisse, sans aspérité.

C’est la grande limite de ce film psychologiquement très faible, qui en revanche marque des points dans l’action pure. Autant les séquences dramatiques semblent filmées par dessus la jambe, autant les nombreuses scènes d’action sont formidables, filmées avec une belle intensité et, pour le coup, un immense sens dramatique. Et ça ne fait que s’améliorer au fil du métrage, avec une conclusion impressionnante, fusillade haletante dans une ville en flammes. Et les images sont particulièrement spectaculaires.

Avec Dark Escadron, Walsh s’impose comme un grand cinéaste d’action. Pour la psychologie, il a fait et fera nettement plus convaincant.

The Pony Express (id.) – de James Cruze – 1925

Posté : 19 mai, 2017 @ 8:00 dans 1920-1929, CRUZE James, FILMS MUETS, WESTERNS | Pas de commentaires »

The Pony Express (id.) - de James Cruze – 1925 dans 1920-1929 The%20Pony%20Express_zpsb3fb0sl4

Pas une seconde de temps mort dans ce western qui enchaîne à un rythme effréné les bagarres de saloons, les attaques d’Indiens, les chevauchées folles… tout ça sans oublier une histoire d’amour, la construction d’une église, et une histoire d’espionnage et de traîtres à la patrie ! Deux ans après The Covered Wagon, considéré comme la première grosse production westernienne, James Cruze tente de retrouver le même succès, et celui que John Ford avait rencontré l’année précédente avec son monumental Cheval de Fer.

Il y réussit plutôt bien. Même si le film de Cruze n’a pas l’ampleur et la force de celui de Ford, The Pony Express est une vraie réussite, passionnante et bourrée de rebondissements. Trop, peut-être : le film impressionne plus par son rythme que par la profondeur de ses personnages, qui restent le plus souvent à l’état de sympathiques stéréotypes : Ricardo Cortez en héros intrépide, charismatique et souriant ; Betty Compson en simple atout romantique ; ou Wallace Beery en faire-valoir brut et rigolo.

Il est évidemment question du Pony Express, et de ses débuts héroïques. Mais le sujet, contrairement au chemin de fer dans le chef d’œuvre de Ford, n’est pas central dans le film. S’ils jouent un rôle dans l’intrigue, et si Cruze nous offre quelques belles images de chevauchées dans de vastes étendues, ces premiers facteurs de l’Ouest sauvage ne sont là que pour illustrer ce qu’était encore cette Amérique là, sauvage, instable et pleine de dangers.

En cela, le film de Cruze pourrait être une sorte de préface au Cheval de Fer. Il y est déjà question de l’importance de communiquer d’une côte à l’autre, et de Lincoln dont l’annonce de l’élection est un moteur de l’histoire, à la fois comme le symbole d’une nation dont l’union est appelée à se confirmer, mais aussi comme le signe d’un conflit interne qui se profile.

Précurseur du western à grand spectacle, Cruze est particulièrement à l’aise dans les grandes séquences épiques. Si ces personnages manquent de profondeur, les grands moments de tension ou d’action sont d’une puissance dramatique assez impressionnante. Qu’ils se déroulent hors champs comme ce massacre d’une famille de pionnier, ou qu’ils se déroulent à l’écran comme cette ville assiégée par les Indiens, superbe séquence qui alterne gros plans et magnifiques plans larges. Du rythme et du mouvement : ce film n’en manque pas.

Condamné à être pendu (Law of the Lawless) – de William F. Claxton – 1964

Posté : 17 mai, 2017 @ 8:00 dans 1960-1969, CLAXTON William F., DE CARLO Yvonne, WESTERNS | Pas de commentaires »

Condamné à être pendu (Law of the Lawless) - de William F. Claxton - 1964 dans 1960-1969 Condamn%20%20tre%20pendu_zpsfs3gl5ov

On peut dire ce qu’on veut de ce petit western Paramount : mal fagoté, un peu naïf, filmé platement, plein de défauts, joué par des vedettes vieillissantes… Mais malgré tous ses défauts, il ne manque pas de charme. En grande partie grâce à ses acteurs d’ailleurs : même si leurs personnages ne sont pas exceptionnellement écrits, voire improbables, c’est toujours un plaisir de retrouver Bruce Cabot et William Bendix, le premier en tueur tiraillé par une envie de vie paisible, le second en shérif écœuré par l’injustice.

Surtout, il y a Yvonne De Carlo. Et ça, je dois avouer que ça suffit toujours à mon bonheur. Dix ans après La Belle Espionne, la quarantaine bien sonnée, les traits légèrement empâtés, elle rayonne toujours d’une beauté troublante, mélange d’érotisme et d’émotion à fleur de peau, de force et de fragilité. Elle n’a pas toujours été servie par les rôles les plus riches du western, et celui-ci n’est pas exempt de défauts. Mais son personnage évoque plutôt habilement le destin de ces femmes qu’un duel aux pistolets a fait veuves, habituelle silhouette d’arrière-plan qui se retrouve ici au cœur de l’intrigue.

Ce qui vaut d’ailleurs l’une des belles scènes du film : un simple dialogue autour d’une table de restaurant entre Yvonne De Carlo et Dale Robertson, ancien pistolero devenu juge, qui doit présider le procès d’un ami accusé de meurtre. Robertson aussi est impeccable. Vedette de seconde zone, il n’a jamais été un acteur particulièrement profond. Mais il a un charisme certain, et fait preuve d’une économie de moyen dans son jeu qui fait de son personnage une sorte d’ange qui annonce l’arrivée de la justice dans cet Ouest encore sauvage.

Cinéaste guère réputé, Claxton filme la plupart des scènes sans génie, et parfois même franchement maladroitement. Il réussit pourtant quelques scènes mémorables, notamment une fusillade suivie d’un affrontement à mains nus dont la violence, même si hors champs pour la majeure partie, est d’une brutalité rare dans le western américain de l’époque, sans doute déjà influencée par le western spaghetti qui explose cette même année (le générique du début évoque d’ailleurs clairement celui de Pour une poignée de dollars).

Et puis le film se termine par une séquence très attendue : celle de l’incontournable duel, annoncé dès les premières scènes. Mais l’affrontement, intense et parfaitement tendu, prend une dimension totalement inattendue, qui permet à ce western de se refermer en laissant une belle impression.

Nevada (id.) – d’Edward Killy – 1944

Posté : 28 avril, 2017 @ 8:00 dans 1940-1949, KILLY Edward, MITCHUM Robert, WESTERNS | Pas de commentaires »

Nevada (id.) - d'Edward Killy - 1944 dans 1940-1949 Nevada_zpslmovtlhm

On n’est clairement pas dans les sommets du western avec cette production RKO fauchée, et très loin des fulgurances esthétiques auxquelles le petit studio est souvent associé. En 60 minutes à peine, Edward Killy boucle sans génie mais avec un sens du rythme affirmé une histoire pleine de rebondissements signée Zane Grey, véritable marque des débuts du western.

Cette histoire-là a d’ailleurs déjà eu deux adaptations sur grand écran auparavant, l’une en 1927 et l’autre en 1935. L’intrigue est, il est vrai, plutôt habile : un aventurier est accusé de meurtre après qu’on a retrouvé sur lui une importante somme d’argent (qu’il a gagnée au jeu), correspondant à celle dérobée sur le corps de sa victime présumée. Il découvre un complot monté pour récupérer des terres riches en argent à des propriétaires infortunés.

Edward Killy affiche une désinvolture désarmante. La première scène donne le ton, avec ce cow-boy qui gratte sa guitare sur son cheval, en gardant un troupeau de vache, guitare qui disparaît comme par enchantement d’un plan à l’autre… C’est aussi le genre de film où un chapeau peut voler à la verticale à la suite d’un coup de feu, et où les fusillades, même à quelques mètres de distance, ne touchent personne.

Seule vraie bonne raison de voir le film : « Bob » Mitchum (c’est ainsi qu’il apparaît au générique), dans son premier grand rôle, qui remplace l’habituel acteur fétiche de Killy, Tim Holt, parti sous les drapeaux. Ce n’est pas encore le Mitchum de Out of the Past, certes. Mais à sa décharge, il n’a pas grand-chose à jouer avec ce personnage sans consistance. Et il tient plutôt bien sa place, celle d’un héros droit, courageux et sans ombre.

* DVD dans la collection Westerns de Légende de Sidonis/Calysta, avec une présentation très bienveillante par Patrick Brion, et un documentaire sur Robert Mitchum déjà présent dans d’autres titres de la collection.

12345...23
 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr