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Archive pour la catégorie 'WESTERNS'

Le Masque de Zorro (The Mask of Zorro) – de Martin Campbell – 1998

Posté : 16 septembre, 2021 @ 8:00 dans 1990-1999, CAMPBELL Martin, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Masque de Zorro

Entre deux bons James Bond (Goldeneye et Casino Royale, de loin ses meilleurs films), Martin Campbell s’empare d’un autre mythe, celui de Zorro, qu’il dépoussière à sa manière explosive et spectaculaire. C’est parfois réussi, parfois lourdingue, parfois épique, parfois approximatif. Bref, inégal.

Surtout, Campbell donne l’impression d’hésiter constamment sur le ton à donner. Sombre ? La séquence de la prison est rude. Cartoonesque ? Les nombreuses séquences d’action sont particulièrement vivifiantes, et se moquent pour le coup totalement du réalisme ou même de la vraisemblance.

Anthony Hopkins est un Diego de la Vega vieillissant mais toujours bondissant, qui nous réserve des enchaînements de gym qu’on aurait presque envie de noter comme un jury de J.O. Merci les doublures, dont le temps de présence à l’écran est très important : celle d’Hopkins comme celle d’Antonio Banderas qui, dans le rôle de l’héritier de Zorro, se révèle lui aussi très acrobate. Des scènes entières que Banderas a pu observer depuis sa caravane tandis que la doublure faisait le job !

Mais il y a les scènes plus intimes, qui sont souvent très réussies. Parce que l’alchimie entre les deux acteurs fonctionne bien, et que les scènes d’entraînement sont franchement drôles. Et parce que la rencontre entre Banderas et Catherine Zeta-Jones fait des étincelles. On leur doit d’ailleurs le plus beau moment du film : un tango sexy et sous tension auquel Campbell apporte un vrai soin. Le cinéaste est d’ailleurs très inspiré lorsque l’action se fait musicale, comme lorsque l’entraînement du nouveau Zorro épouse le rythme d’un danseur de claquettes.

Pour le reste, c’est assez convenu. Vengeance, manipulation, suspense, passage de flambeau… et une longue séquence tournée dans une immense mine pour l’unique raison que c’est un terrain de jeu parfait pour un final spectaculaire, comme un hommage appuyé au Steven Spielberg d’Indiana Jones et le Temple maudit. Pour un peu, on s’attendrait à entendre les notes de John Williams retentir. Ce n’est pas le cas : c’est James Horner qui s’y colle. Et sa partition est pour beaucoup dans le plaisir que l’on prend au film.

Winchester ’73 (id.) – d’Anthony Mann – 1950

Posté : 15 septembre, 2021 @ 8:00 dans 1950-1959, MANN Anthony, STEWART James, WESTERNS, Wyatt Earp / Doc Holiday | Pas de commentaires »

Winchester 73

Glissons rapidement sur l’épisode « indien » de Winchester 73, sur un Rock Hudson un peu engoncé sous un faux nez et un maquillage pas franchement convaincant de Sioux. Etrange et courte séquence qui détonne même par ses transparences approximatives… Ce petit préambule pour souligner que Winchester 73 n’est pas un western parfait. Voilà pour les réserves. Pour le reste, Winchester 73 n’est peut-être pas un western parfait, donc. Mais c’est un grand, un très grand western.

Un western historique déjà, qui marque la première collaboration de James Stewart avec Anthony Mann, qui deviendrait son réalisateur de prédilection, et avec qui il tournerait surtout une série impressionnante de formidables westerns. Et qui contribue aussi à cette mutation du genre vers une atmosphère plus sombre, plus profonde aussi, en même temps qu’il contribue au renouveau de James Stewart, qui s’engageait alors dans une nouvelle partie de sa carrière plus axée sur des rôles tourmentés.

Le rôle qu’il tient dans Winchester 73 n’est pas si loin de celui qu’il tiendra dans L’Appât du même Mann. Il n’est pas encore totalement passé du côté obscur, et garde une certaine pureté. Mais il est déjà mû par la soif de vengeance. Une vengeance basée d’ailleurs sur un quasi-poncif du genre : l’opposition de deux frères radicalement opposés, qui se vouent une haine mortelle. Stewart et Stephen McNally, en l’occurrence.

De ce postulat de départ, le scénariste Borden Chase tire une merveille de construction, magnifiée par la mise en scène tendue et sèche de Mann. Un film qui suit une sorte de cercle fascinant, à travers le parcours d’une winchester 73, considérée comme l’arme la plus précise du monde, qui passe de main en main pour revenir à son premier propriétaire, et accomplir la vengeance qui ne cesse d’être différée.

Et quelles mains : celles de John McIntire, Dan Duryea, Rock Hudson, et même brièvement celles d’un tout jeune Tony Curtis. On croise aussi Shelley Winters, le précieux Millard Mitchell (grand second rôle oublié), Will Geer qui fait un truculent Wyatt Earp, et des tas de gueules incontournables du western. Mann est encore un nouveau venu dans le genre (la même année, il réalise Les Furies et La Porte du Diable), mais il en maîtrise déjà totalement les codes.

Il en magnifie aussi les situations, donnant une dimension incroyable à ses séquences de ville (superbe plan en plongée d’une brutalité extrême, vue de la chambre d’un hôtel), comme aux longs moments dans les vastes paysages. Il joue aussi avec le poids des grands mythes : l’apparition de Wyatt Earp bien sûr, mais aussi l’omniprésence dans les dialogues de la tuerie de Little Big Horn, comme un traumatisme qui annonce la fin d’une époque. Le thème central de tout bon western, finalement.

Il était une fois dans l’Ouest (C’era una volta il West) – de Sergio Leone – 1968

Posté : 22 août, 2021 @ 8:00 dans 1960-1969, LEONE Sergio, WESTERNS | Pas de commentaires »

Il était une fois dans l'Ouest

Après Le Bon, la brute et le truand, grande fresque d’une ampleur impressionnante, Leone signe ce que beaucoup considèrent comme le sommet du western spaghetti, l’aboutissement d’un style, un film plus important encore. Il était une fois dans l’Ouest est pourtant un film extraordinairement plus simple, en tout cas d’un point de vue narratif : un tueur à la solde du puissant patron d’une société de chemin de fer doit abattre une veuve dont la présence gène l’avancée de la voie, mais trouve sur son chemin deux aventuriers qui, chacun à sa manière, se dresse contre lui.

Si on résume le film, on en arrive à une quasi-épure westernienne. Leone semble avoir condensé les thèmes les plus éculés du genre, revisitant les passages obligés de tout western jusqu’à se citer lui-même dans la mise en place des duels au début et à la fin du film. Une simplification à l’extrême qui n’a rien d’un abandon, bien au contraire : dans ses meilleurs moments, Il était une fois dans l’Ouest représente même l’aboutissement de la geste cinématographique de Leone.

La séquence d’ouverture, célèbre, est réjouissante : Leone y étire l’action d’une manière plus extrême que jamais. Longues minutes, interminables et envoûtantes à la fois, faites de très gros plans et de plans très larges, des gueules de Woody Strode, Jack Elam et Al Muloch tout en sueurs, attendant le train dans des paysages qui semblent ne pas avoir de fin. Moment en suspens dont Leone avait le secret, et que seules les notes d’harmonica viennent bousculer.

La première partie du film est extraordinaire, d’une puissance visuelle (et sonore) assez sidérante. La tuerie de la famille McBain, étouffante avec ce sourire si cruel d’Henry Fonda, dans le plus grand contre-emploi de sa carrière. La rencontre d’Harmonica et de Cheyenne (Charles Bronson et Jason Robards, impériaux), superbement éclairée dans la taverne paumée. L’apparition de Claudia Cardinale, dont la beauté filmée par Leone est tout simplement bouleversante. Ou ce fameux mouvement de caméra qui la suit dans la gare avant de s’élever et de dévoiler cette ville qui se construit au milieu d’un Ouest très sauvage.

Ce plan là est l’un des plus beaux de toute l’histoire du western. Un moment de pur cinéma qui semble être ce vers quoi toute l’œuvre de Leone tendait jusqu’à présent : un mélange de simplicité et d’ampleur, l’humanité du personnage et l’importance du point de vue… Là, dans ces quelques instants, la puissance émotionnelle du langage cinématographique vous met les larmes aux yeux.

Ce qui frappe surtout, c’est à quel point la musique d’Ennio Morricone fait partie intégrante de la narration et du langage cinématographique. Elle souligne, voire crée l’émotion, s’arrêtant pour accentuer un effet, se faisant douce ou grandiose. Plus que jamais, sans doute, Morricone et Leone sont les coauteurs indissociables de ce film, mariage idéal de l’image et du son.

Les deux heures quarante ne sont pas tout à fait à la hauteur de cette première partie sidérante. Le film, si beau soit-il, n’est sans doute pas aussi tenu que Le Bon, la brute et le truand. Mais cet ultime spaghetti de Leone est une merveille, volontiers dérangeante, avec le plus beau rôle de femme du cinéma de Leone (loin pour autant d’être un plaidoyer féministe), avec une humanité et une cruauté qui annoncent le chef d’œuvre total du cinéaste, son chant du cygne, Il était une fois en Amérique.

Libre comme le vent (Saddle the wind) – de Robert Parrish (et John Sturges) – 1958

Posté : 17 août, 2021 @ 8:00 dans 1950-1959, PARRISH Robert, STURGES John, WESTERNS | Pas de commentaires »

Libre comme le vent

Deux frères très différents qui finiront par s’affronter, une femme trop belle entre les deux, des barbelés qui viennent remettre en cause le principe des grands espaces ouverts, un grand propriétaire face à de petits fermiers, un gunman qui débarque en ville pour affronter le héros, auréolé d’une réputation de fine gâchette… Rarement un western aura brassé autant de thèmes si classiques avec une telle originalité.

Avec ce film, ramassé et d’une intensité folle, Parrish transcende littéralement le genre qu’il donne l’impression, sur le papier, de servir aveuglement. Tout, en fait, est surprenant, audacieux, fracassant. Le tueur qui débarque au début du film, joué par un Charles McGraw toujours parfait, étonnamment digne, et au destin totalement inattendu, presque grotesque. Le puissant propriétaire, dont le grand Donald Crisp fait une sorte d’incarnation de la justice et de la sagesse. Et puis ces deux frères si différents, campés par deux comédiens effectivement très différents : Robert Taylor, d’un classicisme instinctif, et John Cassavetes, très Actor’s studio.

D’emblée, Robert Parrish sème une espèce de trouble dans sa manière de mettre en scène le premier duel, comme un acte fondateur dont la violence ne cessera d’avoir des effets tragiques. Superbement réalisé, ce duel fait surtout éclater la dimension morale et désespérée de ce western, en apparence si classique, qui se révèle en fait être une véritable tragédie familiale. Tout, dans le comportement des deux frères comme dans la pure mise en scène de leur relation, semble annoncer le dénouement.

Parrish sème des petits cailloux, comme ça. Mais en nous faisant croire qu’il nous mène en terrain connu, il nous guide en fait dans un monde dont la violence a quelque chose de tristement banale. La figure du fermier vêtu de son uniforme de vainqueur nordiste, incarné par Royal Dano, est particulièrement forte, « vainqueur » dont la pauvre destinée renvoie directement à l’absurdité d’une guerre qui n’a en fait engendré que victimes et chaos.

Petite production d’une intensité folle, et vraiment ambitieux dans sa peinture de la violence et de ses effets. Sans rien dévoiler de la conclusion, disons simplement qu’elle est probablement unique dans l’histoire du western, et qu’elle confirme la profonde empathie que le cinéaste a pour ses personnages, et le dégoût profond qu’il témoigne à la violence, dont personne, jamais, ne sort vraiment vainqueur.

Godless (id.) – mini-série de Scott Franck – 2017

Posté : 6 juillet, 2021 @ 8:00 dans 2010-2019, FRANK Scott, TÉLÉVISION, WESTERNS | Pas de commentaires »

Godless

Godless ne révolutionne pas le western, et ce n’est pas une critique. Scott Franck, créateur de la mini-série et réalisateur des sept épisodes, aime visiblement le genre, pour sa simplicité et son intensité. L’une des constantes du western, c’est la coexistence des grands espaces vierges et somptueux, et d’une violence constamment tapie, toujours prête à exploser. C’est exactement ce qui est au cœur de Godless.

Le contexte, quand même, est très original : l’essentiel de l’action se déroule à La Belle, petite ville minière au nom prémonitoire, dont tous les hommes valides ont été tués dans une explosion deux ans plus tôt. Ne restent plus qu’une poignée de vieillards, les enfants, et surtout les femmes qui découvrent qu’elles sont capables de vivre par elles-mêmes. Tout un symbole féministe, bien sûr, dont Scott Franck fait le décor plus que le sujet de Godless.

L’histoire, elle, est à la fois simple et dépouillée. Un chef de bande écume le pays avec sa horde franchement sauvage pour retrouver celui qu’il considérait comme son fils et qui l’a trahit : Roy Goode, jeune homme ballotté par le destin, écœuré par les crimes de son « père » de substitution, étonnant Jeff Daniels.

Godless laisse le sentiment d’une violence extrême, notamment parce que l’ultime épisode réserve un carnage plus terrible encore que La Horde sauvage, justement. Pourtant, elle est relativement rare, la violence. Rare et expéditive, toujours percutante, et souvent inattendue. Les coups de feu sont percutants, les impacts font mal, les têtes explosent, les membres sont arrachés… Du genre qui marque et qui fait mal.

Cette violence frappe les esprits, durablement. Mais Godless est aussi une série qui sait prendre son temps, et adopter le tempo de cet Ouest encore sauvage, qui vit au gré de la nature et des saisons. Cette nature omniprésente, parfois dangereuse, souvent belle. On y vit, on s’y délasse, on y communie, et on y crève aussi, durement et salement.

On y parle peu, et lentement, et chaque parole compte. Ni vraiment contemplatif, ni enragé, Godless est une série profondément humaine, qui ne parle en fait que de désir et de frustration. Il y a là des tas de couples qui tentent difficilement de se former, constamment troublées par l’ordre établi, même dans ces terres encore sauvages : deux femmes qui peinent à se dire qu’elles s’aiment, un jeune blanc amoureux d’une noire, une immigrée séduite par le détective qui la recherchait…

Ce pourrait faire l’effet d’un étalage, d’une espèce de liste des couples impossibles. Mais non, et c’est peut-être là que Godless est finalement le plus réussi, dans la vérité qui se dégage de ces personnages, nombreux et tous également passionnants. C’est beau, parce que Scott Franck sait capter les regards, les gestes retenus, les phrases tues. Entre Roy, l’homme traqué, et Alice, la rescapée, rien ou presque ne se passe. Mais ce rien, par l’élégant classicisme et le souffle discret de la mise en scène (et la musique, magnifique), a des allures de passion folle.

La Chevauchée de la vengeance (Ride Lonesome) – de Budd Boetticher – 1959

Posté : 2 juillet, 2021 @ 8:00 dans 1950-1959, BOETTICHER Budd, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Chevauchée de la vengeance

Une première scène, admirable de tension : affrontement simple et frontal de deux hommes dans un paysage de roches où la menace invisible est palpable, omniprésente, petit chef d’œuvre d’introduction, d’une efficacité absolue.

Une dernière image, superbe et apocalyptique, d’un homme seul devant un arbre en feu, au cœur d’une clairière vers laquelle toute l’action se dirigeait. L’image, dramatique et visuellement somptueuse, d’un destin qui s’accomplit…

Entre ces deux grands moments, à peine 1h10 d’un western épuré et radical, l’un des sommets de la collaboration entre Randolph Scott et Budd Boetticher. Scott tel qu’en lui-même, minéral et déterminé, hanté – encore – par la mort de son épouse des années plus tôt.

Une histoire de vengeance, donc, une nouvelle fois, qui vient troubler un schéma westernien que l’on croît connaître par cœur : celui du chasseur de prime traqué par le frère de sa proie, qui fait alliance de circonstance avec un rival qui finira par se retourner contre lui.

Schéma classique, mais western constamment surprenant, et étrangement apaisé, bienveillant, et optimiste malgré la noirceur et la violence du propos. Boetticher utilise ces personnages archétypaux et ces paysages si typiques du genre pour détourner les poncifs du western.

L’histoire de vengeance devient celle d’accomplissements personnels, un western humain, original, et passionnant.

Le Vengeur agit au crépuscule (Decision at Sundown) – de Budd Boetticher – 1957

Posté : 6 avril, 2021 @ 8:00 dans 1950-1959, BOETTICHER Budd, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Vengeur agit au crépuscule

Troisième des sept films que Randolph Scott tourne avec Boetticher. Pas le plus connu, pas le plus réussi, pas le moins intéressant non plus. Mine de rien, le duo (Scott co-produit le film) bouscule allégrement les codes du western dans ce film aussi court (à peine 1h15) que surprenant.

On est pourtant dans un schéma qui paraît bien classique, une sorte de double inversé de Quatre étranges cavaliers, le chef d’œuvre de Dwan : les deux héros débarquent dans une petite ville le jour où l’homme qu’ils traquent doit se marier avec la jolie fille d’une grande famille.

Il y a de la vengeance dans l’air : comme souvent chez Boetticher, Scott incarne un homme hanté par son passé, dont la femme est morte de manière violente. Et on imagine bien que celui qu’il recherche depuis trois ans, et que joue John Carroll, n’est pas étranger à cette mort. Mais cette intrigue classique n’est là que pour mieux être détournée, voire éclater en morceaux.

Tout est absurde dans cette histoire : la pseudo attaque qui ouvre le film, au cours de laquelle le personnage de Scott attend longuement son partenaire qui tarde à apparaître ; son coup de sang idiot durant le mariage qui le pousse à se laisser encercler dans une étable où il passe les trois-quarts du film coupé de la ville et du drame ; la vengeance elle-même, sans vouloir en dire trop…

Le personnage de Scott n’est finalement qu’une idée, une sorte de caricature dont la superbe prend un sacré coup dans l’aile au contact de la réalité. En cela, la fin du film est franchement superbe, tournant le dos assez radicalement aux poncifs du genre. La prestation de Randolph Scott est alors aussi intense qu’émouvante. Celle de John Carroll, « méchant » bien surprenant, est peut-être la meilleure de sa carrière.

Sur le thème souvent emprunté de la collectivité qui renoue avec sa conscience perdue, Boetticher ne cesse de surprendre, met en scène un barman philosophe (« Si vous étiez barman depuis aussi longtemps que moi, vous ne vous feriez pas autant d’illusion sur les hommes »), ou un pasteur alcoolique… Surprenant, toujours, un petit western d’une vivacité folle.

Tension à Rock City (Tension at Table Rock) – de Charles Marquis Warren – 1956

Posté : 27 mars, 2021 @ 8:00 dans 1950-1959, WARREN Charles Marquis, WESTERNS | Pas de commentaires »

Tension à Rock City

Charles Marquis Warren, créateur et auteur de la série Rawhide qui révéla un certain Clint Eastwood, a aussi à son actif quelques westerns pour le cinéma. Celui-ci ne paye pas de mine, à première vue. Petit budget (même pour la RKO), pas de grandes vedettes (Richard Egan, Cameron Mitchell, Dorothy Malone, et une toute jeune Angie Dickinson), une intrigue minimaliste, et un décor de petite ville de l’Ouest qu’on nous ressort film après film.

Petit film, mais loin d’être inintéressant. Parce que sous ses faux airs de Rio Bravo avant l’heure (une horde menaçante veut tirer de prison l’un des siens), ce western adopte une intimité étonnante, pas loin de la psychanalyse. Il y a bien des méchants, oui, mais qui n’ont qu’un rôle purement fonctionnel dans l’histoire : leur disparition n’a d’intérêt que pour l’impact qu’elles ont sur les personnages.

Richard Egan, ex bandit qui fuit la réputation honteuse qui le suit, et qui ne cesse de le rattraper par l’intermédiaire d’une chanson populaire qu’un type de passage a toujours la bonne idée de fredonner dans les saloons. Cameron Mitchell en shérif apeuré, hanté par un épisode violent et humiliant dont on ne saura rien. Entre eux, un gamin, Billy Chapin, tout juste sorti de La Nuit du Chasseur. Et une femme belle à damner, mais douce : Dorothy Malone, la formidable Dorothy Malone, incarnation de ce que chacun a à gagner, ou à perdre.

Dans ce western là, l’action est rare, et concise. L’affrontement le plus rude n’est pas celui des héros face aux bandits armés, mais les héros face à eux-mêmes, à leurs tourments intérieurs. Ce n’est pas tout à fait nouveau, mais c’est assez justement mis en image ici, avec une économie de moyens qui frappe juste. Les sentiments ne sont jamais exubérants, mais ils sont forts, et jamais pris à la légère.

Cela donne quelques belles scènes d’amitié taiseuse, et un duel à la fois classique dans sa forme (deux gars face à face dans la rue) et unique dans sa manière de confronter deux hommes dont on sent qu’ils s’aiment et se respectent.

La Belle de San Francisco (Flame of Barbary Coast) – de Joseph Kane – 1945

Posté : 25 mars, 2021 @ 8:00 dans 1940-1949, KANE Joseph, WAYNE John, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Belle de San Francisco

San Francisco, cité du jeu et du vice, « nettoyée » en 1906 par un tremblement de terre… On connaît l’histoire, elle a déjà donné lieu à l’un des premiers classiques du cinéma catastrophe, le bien nommé San Francisco de W.S. Van Dyle, avec Clark Gable. Le film de Joseph Kane, tourné dix ans plus tard, insiste nettement moins sur le côté « purificateur » et la dimension religieuse de la catastrophe. Le séisme, d’ailleurs, n’apparaît que tardivement et d’une manière étonnamment furtive.

Quelques minutes, à peine, qui servent surtout de moteur pour faire évoluer le curieux trio de personnages au cœur du film : John Wayne en cowboy du Montana, qui s’impose sur la Barbary Coast de San Francisco, le quartier du jeu, pour ravir la belle Ann Dvorak, chanteuse star du puissant patron des lieux : Joseph Schildkraut, parfait de charme et de cynisme.

Joseph Kane a des moyens limités : c’est une production Republic qui ne permet sans doute pas de s’attarder sur les séquences de destruction. Ceci explique peut-être cela, La Belle de San Francisco est en quelque sorte à San Francisco ce que Ouragan sur la Louisiane était à L’Incendie de Chicago. Avec dans les deux cas un John Wayne encore un peu minot en cowboy naïf confronté au cynisme de la grande ville.

Il est déjà très bien, dans un registre assez léger. Mais c’est Joseph Schildkraut qui séduit vraiment, en « méchant » suave qui donne un ton et une sensation de danger bien loin des clichés. Joseph Kane n’est pas le cinéaste le plus excitant du monde. Sa mise en scène est efficace mais manque parfois de souffle. Mais il a pour lui un excellent scénario de Borden Chase, qui joue habilement avec les codes du western.

On découvre ainsi John Wayne, chapeau sur la tête, et pieds nus face à l’océan. Les scènes de « saloon » deviennent de véritables morceaux de music-hall. Les bagarres tournent systématiquement court, tout comme les duels… Côté grande fresque, Kane montre ses limites. Sur la comédie humaine, en revanche, il fait mouche.

La Mission (News of the World) – de Paul Greengrass – 2020

Posté : 22 mars, 2021 @ 8:00 dans 2020-2029, GREENGRASS Paul, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Mission

Encore une victime du Covid… Saloperie, qui nous prive de tant de films en salles. Celui-ci, western qui sait prendre son temps et nous immerger dans un univers plein de beautés et de dangers, aurait certainement eu de la gueule sur grand écran. Quelques scènes, surtout, auraient sans doute eu une autre dimension : la belle séquence de la tempête de sable, et cette apparition quasi-fantômatique des Indiens Kiowas…

Même à la maison, News of the World est, quand même, un western qui a une dimension rare. Il faut dire que Paul Greengrass, cinéaste d’habitude très surestimé pour son abus tape-à-l’œil des caméras portées et mouvantes, met pour une fois la pédale douce à ses tics censés nous plonger dans l’action la plus réaliste qui soit. Et en calmant les mouvements saccadés de sa caméra, il approche ici une vérité inédite chez lui.

La caméra est toujours à l’épaule, les plans ne sont jamais totalement fixes, mais quand même… On sent Greengrass tenté par un classicisme fordien sans doute inspiré par ses paysages, et par le rythme lent de ce Sud américain de 1870, où l’action est rare et fulgurante. Pas tout à fait le monde des pionniers, pas non plus le monde moderne… une sorte d’entre-deux où la nature garde toute sa place, où les personnages vivent au gré des couchers de soleil, des intempéries et des accidents de voyage.

Tom Hanks retrouve son réalisateur de Capitaine Phillips. Il est ici un vétéran de la guerre de Sécession, du camp des vaincus, veuf, seul, qui vit désormais d’une ville à l’autre, où il lit aux habitants les nouvelles du monde, jusqu’à ce qu’il trouve une fillette d’une dizaine d’années, blanche arrachée aux Indiens qui l’avait enlevée lorsqu’elle était toute petite. Elle aussi dans une sorte d’entre-deux, ni blanche, ni Indienne…

Il est extraordinaire, Tom Hanks. Simple et intense, naturel et habité. Ce rôle ne lui vaudra sans doute pas un Oscar : trop retenu, trop pudique, pas assez spectaculaire. Mais cette simplicité même, et la justesse de la moindre de ses intentions, sont formidables. Immense acteur, quand même, qui semble se bonifier film après film.

News of the World est à son image, pudique et sensible. L’émotion reste ainsi discrète, d’abord comme étouffée par la grandeur des paysages, puis affleurant dans les regards de cet homme et de cette fillette dont les univers ont volé en éclat. Encore un effort, et Paul Greengrass pourrait bien devenir un vrai cinéaste classique. Son cinéma y gagnerait à coup sûr.

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