Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour la catégorie '* Thrillers US (1980-…)'

A most violent year (id.) – de J.C. Chandor – 2014

Posté : 6 février, 2015 @ 6:24 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, CHANDOR J.C. | Pas de commentaires »

A most violent year

En trois films seulement (après les intenses Margin Call et All is lost), J.C. Chandor est devenu, mine de rien, l’un des cinéastes les plus passionnantes et excitants du moment. Derrière son apparente simplicité, A most violent year est un film joliment ambitieux, qui fait bien plus que renouer avec les grands films du « Nouvel Hollywood » : c’est l’atmosphère d’une époque que Chandor entreprend de faire revivre ici, celle de 1981 en l’occurrence, considérée comme « l’année la plus violente » de l’histoire de New York.

Sa réussite impressionne d’autant plus que tout paraît d’une simplicité et d’une évidence absolues. Le film semble être l’oeuvre d’un cinéaste déjà au sommet de son art, qui maîtrise parfaitement la tension, sans ressentir le besoin d’avoir recours à de grosses ficelles. Malgré la complexité de l’intrigue (le film raconte les efforts d’un immigré aux Etats-Unis pour gravir les échelons dans le commerce du pétrole), le cinéaste semble avoir une confiance absolue en l’intelligence du spectacteur, et en son propre art.

Son film est ainsi une sorte de tragédie grecque qu’aurait remodelé le cynisme de cette société qu’il décrit, où l’argent et le pouvoir semblent tout dominer. Une tragédie marquée par de rares éclats de violence, d’autant plus marquants qu’ils viennent ponctuer d’impressionnantes montées en tension, que Chandor maîtrise d’une manière impressionnante.

Le cinéaste nous livre notamment l’une des plus incroyables poursuite en voiture de ces dernières années, digne des grandes figures du genre des années 70 (on pense furieusement à French Connection), qui place le spectateur littéralement derrière le volant, le plongeant soudainement au coeur du chaos, et de la violence réfrénée du « héros ».

Ce buisenessman qui refuse ouvertement de céder au ganstérisme, aurait été un rôle idéal pour Al Pacino dans les années 70. Ce n’est pas un hasard si Chandor a choisi le formidable Oscar Isaac (déjà magnifique dans Inside Llewyn Davis), dont la ressemblance avec Pacino saute aux yeux, d’autant plus qu’il adopte souvent les mêmes postures. Difficile de ne pas penser à Serpico, ou à Scarface, dont le personnage serait une sorte de double apaisé.

Brillant et haletant, le film atteint des sommets lorsqu’il s’agit d’évoquer le cynisme de cette société dominée par le fric, et l’hypocrisie d’un personnage qui jure qu’il restera fidèle à la loi… mais dont la part sombre a le visage séduisant et froid de sa femme, jouée par Jessica Chastain. Même dans un rôle en retrait, cette dernière irradie le film de sa présence dérangeante. L’actrice est, décidément, de tous les films américains les plus excitants, ces dernières années.

Le Sortilège du Scorpion de Jade (The Curse of the Jade Scorpion) – de Woody Allen – 2001

Posté : 30 décembre, 2014 @ 5:42 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, ALLEN Woody, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Le Sortilège du Scorpion de Jade

Lors de sa sortie en salles, c’est ce film qui m’avait très durablement fâché avec le cinéma de Woody Allen (jusqu’à Blue Jasmine, pour tout dire). Je trouvais alors qu’il s’agissait là d’un pur râbachage de la part d’un cinéaste à bout de souffle, qui recyclait jusqu’à plus soif ses vieux thèmes, avec un humour de plus en plus graveleux. Le regard toujours énamouré de la critique d’alors ne faisait que renforcer mon agacement.

Quelques années plus tard, revoir ce film que Woody Allen a depuis largement descendu en flamme lui-même est une heureuse surprise. Une comédie policière tantôt poussive, tantôt jubilatoire où Woody incarne un personnage qui ne lui ressemble pas tout à fait : le super détective d’une société d’assurance, qui devient cambrioleur sans le savoir en étant victime d’un hypnotiseur. De quoi réserver quelques gags bien sentis (Woody sous contrôle qui jette hors de son lit la « bombe » Charlize Theron, qui n’en revient pas), et s’amuser des dialogies sans grande surprise mais toujours percutants de Woody.

On est quand même dans la veine la plus mineure du cinéaste. Un peu en panne d’inspiration au tournant du millénaire, Woody ressort de ses vieux cartons la figure du magicien asiatisant qui lui avait réussi dans Alice (et qu’il retrouvera avec bonheur dans Magic in the Moonlight), l’ambiance film noir qui lui avait valu l’un de ses grands succès avec Meurtre mystérieux à Manhattan, et l’Amérique de la fin des années 30 qui lui avait inspiré La Rose pourpre du Caire. Mais il reste constamment très en deça de tous ces films références.

Le plus réussi dans ce film, c’est la relarion vacharde qui unit Woody lui-même, stéréotype de cette Amérique d’avant-guerre, macho et séducteur, et sa nouvelle patronne (Helen Hunt), peau de vache bien décidée à trouver sa place dans ce monde d’hommes et à se débarasser des dinosaures génés par l’ascencion d’une femme. Forcément, il y a de la romance dans l’air, que Woody aborde en se moquant joyeusement du politiquement correct.

On peut voir Le Sortilège du Scorpion de Jade comme une fable sur le pouvoir de la fiction, et du cinéma en particulier. Grâce à la magie de l’hypnose (ou celle du cinéma), Woody peut se rêver une histoire d’amour avec la partenaire la plus inaccessible pour lui. La fiction plus belle que la réalité ? Oui, mais les deux finissent par se confondre, comme toujours dans le cinéma de Woody Allen.

Mulholland Drive (id.) – de David Lynch – 2001

Posté : 7 novembre, 2014 @ 2:03 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, LYNCH David | Pas de commentaires »

Mulholland Drive

Rêves insouciants et cruelles désillusions dans la Cité des Anges… Lynch s’attaque à la machine à rêve dans ce cauchemar éveillant fascinant et mystérieux.

Qui est cette brune brûlante et amnésique, beauté revenue de tout qui manque de se faire assassiner sur Mulholland Drive avant de rencontrer la blonde pure et innocente destinée à une grande carrière d’actrice ? Quel est le mystérieux lien qui unit ces deux jeunes femmes que tout oppose, deux versants opposés d’un même rêve hollywoodien ?

Tout au long des deux premières heures, on ne peut qu’accumuler les questions sans réponse, et se laisser envoûter par les images hypnotiques d’une élégance folle, et par la musique voluptueuse d’Angelo Badalamenti, par cette étrange quête d’identité entrecoupée de scènes fascinantes qui semblent sans rapport avec l’histoire des deux jeunes femmes (les deux hommes qui viennent affronter les rêves de l’un d’eux dans un coffee shop, la mauvaise passe d’un réalisateur confronté au fiasco de sa vie professionnelle et de son couple), et par la troublante attirance des deux héroïnes (Laura Harring et Naomi Watts, révélée par ce film).

Lynch s’amuse à nous promener dans cet Hollywood de rêve et de carte postale, mais dont les routes sinueuses (ce fameux Mulholland Drive qui serpente dans les hauteurs de Los Angeles) conduisent directement au cauchemar. Sans que l’on comprenne réellement tout ce qui se passe à l’écran, mais qu’importe : c’est le plaisir de cinéma le plus total, le plus absolu, que Lynch nous offre. Comme pour Twin Peaks ou Lost Highway, ses deux chef d’œuvre, Lynch signe un film sensoriel, trip enthousiasmant et fascinant.

Curieusement, et contrairement aux deux précédents films, les dernières minutes soulèvent les nombreuses zones d’ombre, et donnent les clés (littéralement) de tout ce qui précède. Mais à rendre son film plus explicite, plus compréhensible, Lynch gâche un peu le plaisir trouble et dérangeant. Surtout que l’explication, même si elle révèle les déceptions à la hauteur de leurs rêves de ces starlettes en quête de gloire de cinéma, n’est pas tout à fait à la hauteur du trip magnifique des deux premières heures de ce projet pensé pour être le point de départ d’une série TV à la Twin Peaks, et devenu un grand film lynchien, inoubliable.

A fleur de peau (Underneath) – de Steven Soderbergh – 1996

Posté : 6 novembre, 2014 @ 2:18 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, SODERBERGH Steven | Pas de commentaires »

A fleur de peau

Le Criss Cross de Siodmak avait-il besoin d’un remake ? Réponse sans appel après avoir revu ce polar esthétisant de Soderbergh : non. En reprenant très fidèlement les rebondissements du film original, en choisissant certains acteurs visiblement pour leur ressemblance avec ceux de 1949, le cinéaste rencontre très vite la limite de son entreprise.

Car au petit jeu de la comparaison, A fleur de peau est systématiquement perdant. La construction qui multiplie les allers-retours temporels est bien moins efficace que la longue spirale infernale choisir par Siodmak, et les acteurs sont tous plus ternes : le trio Peter Gallagher- Alison Elliott-William Fichtner fait bien pâle figure face à Burt Lancaster, Yvonne de Carlo et Dan Duryea.

Surtout, Soderbergh multiplie les cadres savamment composés mais totalement vains, faits de carrés de couleurs vives et de cadres dans le cadre, comme s’il voulait rompre absolument avec le classicisme des images de Siodmak. OK, mais à quoi bon ?

Finalement, j’ai sans doute eu un grand tort : regarder ce remake aussitôt après l’original. Forcément, la comparaison est inévitable, et elle n’est jamais à l’avantage de Soderbergh. Une belle idée originale, quand même : le beau rôle, pas suffisamment exploité d’Elisabeth Shue, image du destin heureux qu’aurait pu avoir les personnages sans ces pulsions autodestructrices.

A History of Violence (id.) – de David Cronenberg – 2005

Posté : 5 novembre, 2014 @ 2:40 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, CRONENBERG David | Pas de commentaires »

A History of Violence

Il y a un grand malentendu à propos de ce film : non, A History of Violence n’est pas une grande réflexion sur la violence et ses effets, comme le matériel promo qui l’accompagne, et la première partie du film, le laissent penser. Cette première partie est trompeuse, et c’est à peu près tout ce qu’on peut dire sans déflorer le film et ses rebondissements. Elle laisse en tout cas un sentiment d’inachevé franchement frustrant, tant les pistes qui y sont ébauchées sont passionnantes et pleines de promesses.

Dans le rôle d’un monsieur tout le monde soudain confronté à une violence extrême à laquelle rien ne l’avait préparé, Viggo Mortensen est exceptionnel. Bouleversant même, tant on sent chez lui ce vague sentiment d’inachevé d’un homme qui a tout pour lui, mais dont la vie presque idéale est hanté par une sorte de malaise, comme une envie d’autre chose, de sortir de cette routine si confortable. C’est en tout cas ce que l’on ressent devant ce couple magnifique (Mortensen et Maria Bello) qui semble courir après cette étincelle de la jeunesse dont, apparemment ils ont dû se priver…

Le vague désir de l’aventure, de l’exceptionnel. Et puis cette rencontre soudaine, comme la réponse à une prière muette : une menace, la violence extrême, et la réaction héroïque quasi-irréelle de ce « monsieur tout le monde » transformé en star du jour. Et là encore, la promesse d’une belle réflexion sur les effets de cet héroïsme non réfléchi, et de la médiatisation soudaine…

Mais très vite, le film, adapté d’un roman graphique, prend une autre direction. Impossible d’en dire plus sans gâcher la suite. Mais ce que réussit in fine Cronenberg, ce n’est pas cette grande réflexion sur la violence, mais un formidable film noir, dans la grande lignée du genre. L’un des plus beaux de ces dernières décennies, avec un Mortensen marchant clairement dans les pas de Robert Mitchum de la grande période.

Il faut un peu de temps pour digérer la frustration de toutes les pistes abandonnées après cette première partie fabuleuse. Mais lorsqu’on se laisse aller au pur plaisir du film de genre, A History of Violence s’impose comme ce qu’il est : un chef d’œuvre du film noir, tendu et dérangeant, une sorte de remake extrême de Out of the Past peuplé de personnages fascinants (mention spéciale à William Hurt, hallucinant en gangster totalement allumé).

Car ce qui compte tout de même avant tout, ce sont les personnages, et cette famille américaine si parfaite, bousculée par l’irruption de la violence. La dernière scène, superbe, renoue finalement avec le thème initial du film. Pour un final absolument bouleversant.

Cartel (The Counselor) – de Ridley Scott – 2013

Posté : 5 novembre, 2014 @ 2:23 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, SCOTT Ridley | Pas de commentaires »

Cartel

Loin de ses grandes productions souvent dominées par le bruit et la fureur, Ridley Scott se glisse totalement dans l’univers de Cormac McCarthy, co-producteur du film, qui signe ici son premier scénario original. A vrai dire, l’écrivain sort d’une quasi pré-retraite, puisque son dernier roman (La Route qui lui a valu le prix Pulitzer) remonte à 2006. Depuis, McCarthy a atteint une autre dimension, avec l’adaptation de son dernier livre, et surtout celle de No Country for Old Men.

Cartel évoque souvent le film des frères Coen : on y retrouve les grandes étendues du désert américain, une violence viscérale et des personnages totalement déglingués. Mais la parenté entre les deux films reste relative, et trompeuse comme l’est la participation de Javier Bardem. L’acteur en fait beaucoup, comme souvent, mais ses apparitions renvoient immanquablement au personnage de No country… qui lui colle à la peau, et dont on a du mal à l’en dégager.

Ce n’est sans doute pas le choix de casting le plus heureux de ce film à l’affiche impressionnante : Brad Pitt en trafiquant de drogue trop détaché (des retrouvailles avec Scott, qui lui avait donné son premier petit rôle marquant dans Thelma et Louise), Cameron Diaz en croqueuse de diamants qui révèle peu à peu une complexité inattendue, et Penelope Cruz cantonnée à un rôle de jolie fiancée douce et sexy.

Mais c’est une nouvelle fois Michael Fassbender qui impressionne par sa présence et sa capacité à donner une intensité à tous ses personnages, aussi difficiles soient-ils. On s’en était rendu compte avec son rôle de négrier ignoble dans 12 year’s a slave, et même avec celui de l’androïde dans Prometheus, le précédent Scott : Fassbender est l’un des plus grands acteurs du moment.

Son talent éclate dès la première scène, longue étreinte amoureuse très dialoguée, dont on sent que McCarthy a voulu faire un grand moment brillant et irrévérencieux, qui l’était sans doute sur le papier, mais qui semble horriblement artificiel à l’écran. Fassbender, pourtant, y est particulièrement juste, capable de sortir les dialogues les plus improbables avec une conviction qui emporte l’adhésion.

C’est en tout cas le principal défaut du film : on sent que McCarthy s’écoute écrire, multipliant ces dialogues décalés à la Tarantino qu’il étire souvent inutilement. Le résultat, c’est une première heure qui manque de rythme et qui peine à donner corps aux personnages, d’autant qu’on reste constamment loin de l’action, comme si le trafic de drogue dont on ne voit que le voyage d’un camion, fil rouge qui revient constamment, était un cadre irréel sans rapport direct avec ces personnages.

Mais cette approche est le cœur même du film, et illustre parfaitement le destin de Fassbender, avocat qui se laisse attirer par l’argent facile de la drogue, sans réaliser que les choix qu’il fait dans des décors chaleureux et confortables l’entraîneront inexorablement dans un monde de violence dont il ne pourra plus se sortir, sans plus rien en maîtriser.

Dommage que cette première moitié soit si longue. Car dans la dernière partie, implacable, les défauts du film s’estompent et disparaissent, pour illustrer magistralement cette irruption soudaine, brutale et irrésistible de la violence. Finalement, c’est une pure trame de film noir que McCarthy choisit, tout en livrant une vision réaliste et dérangeante du monde de la drogue.

Son univers sombre et bousculant sied parfaitement à Ridley Scott, qui signe sa mise en scène la plus sobre (et même élégante par moments, si si) depuis des années. Sobre et d’une efficacité imparable : on ne sort pas indemne de cette descente aux enfers qui laisse un goût de souffre…

• DVD chez Fox, avec une poignée de documentaires promotionnels et les bandes annonces d’autres films en vente.

Sabotage (id.) – de David Ayer – 2014

Posté : 3 novembre, 2014 @ 6:19 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), AYER David | Pas de commentaires »

Sabotage

Après Le Dernier Rempart, Arnold Schwarzenegger confirme avec Sabotage sa volonté manifeste de revenir à l’écran sans oublier les dix ans qui ont passé depuis sa « précédente carrière ». A 65 ans bien tapé, Schwarzie ne peut plus guère espérer être crédible en gros bras dézinguant à tout va. Alors le voilà en gros bras vieillissant dézinguant à tout va. Version moins cartoonesque et plus âpre, en choisissant des cinéastes capables de donner corps à ce désir d’intensité sans doute lié à son âge.

C’est donc à David Ayer qu’il fait appel, cinéaste très en vogue qui a mine de rien donné un coup de fouet au « film de flic urbain » en lui apportant un réalisme, une tension et une violence extrême… ainsi qu’un style caméra à l’épaule systématique hyper efficace mais un rien agaçant. Mais comme Kim Jee-won, pour le grand film de son retour, n’avait pas retrouvé la magic touch de ses films coréens, Ayer semble ici trop désireux de reinventer l’image de Schwarzenegger, comme il l’a dit à longueur d’interview.

Alors oui, Sabotage est loin, très loin de End of Watch, le précédent film du cinéaste à l’intensité hallucinante. On reconnaît bien la patte de Ayer, son réalisme extrême lorsqu’il filme des opérations de police, et l’impact de ses scènes de violence. Et Sabotage ne manque pas de qualités, avec sa manière plutôt originale de revisiter la trame des Dix Petits Nègres… ou de Predator.

On aurait aimé d’ailleurs que le film aille plus loin dans ce parallèle avec le chef d’œuvre de McTiernan, que Ayer, également co-scénariste, se concentre totalement sur ce jeu de massacre en remplaçant l’alien par les cartels, et la jungle par les bas-fonds urbains. Et le film fait illusion dans les premières scènes : dans le fourgon qui emmène ces agents de la DEA hyper-entraînés en opération, les vannes graveleuses et les démonstrations de virilité démesurée rappellent celles de Dutch et de ses hommes dans l’hélicoptère qui les mène au cœur de la jungle…

Mais rapidement, Ayer s’amuse à brouiller les pistes, transformant la virée glauque et violente en en jeu de faux semblants avec lequel il est nettement moins à l’aise. Au point de nous laisser totalement perplexe, jusqu’à une dernière séquence sombre et westernienne plutôt bien troussée. En demi-teinte, donc, mais le noir sied bien au Schwarzenegger nouvelle génération. De quoi laisser pas mal d’espoir pour les années à venir… si le « tunnel » rétro (le nouveau Terminator dont il vient de finir le tournage, ses probables suites, et le nouveau Conan) ne lui prennent pas tout son temps…

• DVD chez Metropolitan, avec un documentaire promotionnel qui donne la parole à toute l’équipe du film. Très pros comme toujours à Hollywood, acteurs et réalisateur disent beaucoup de bien les uns des autres, et cherchent à donner un message au film. Au menu aussi, près d’une demi-heure de scènes coupées et une fin alternative.

L’Inspecteur Harry est la dernière cible (The Dead Pool) – de Buddy Van Horn – 1988

Posté : 15 octobre, 2014 @ 1:59 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, EASTWOOD Clint (acteur), VAN HORN Buddy | Pas de commentaires »

L'Inspecteur Harry est la dernière cible

A la fin des années 80, Clint Eastwood arrive dans une sorte d’impasse. Sa fameuse logique de carrière, selon laquelle un film de genre permet de combler les déficits de ses œuvres plus personnelles, atteint sa limite. Et l’âge venant, Clint sait qu’il ne pourra pas jouer indéfiniment les superflics. Contre toute-attente, il sort une dernière fois l’inspecteur Harry de sa retraite, désireux d’offrir à la Warner un succès garanti, alors qu’il vient d’achever le tournage de Bird, film auquel il tient particulièrement en dépit de toute logique commerciale.

Mieux : avant de tourner un autre film très personnel, hommage à John Huston et African Queen (Chasseur Blanc, cœur noir), il enchaîne les tournages de deux polars, dont il confie la réalisation à son fidèle responsable des cascades, Buddy Van Horn. Ce sera La Dernière Cible, celui des cinq « Harry » qui connaîtra le succès le plus modeste ; et Pink Cadillac, un nanar tout juste sympathique qui sera un désastre commercial, et ne sortira pas même dans les salles françaises.

Ses films plus personnels ne connaissant qu’un succès commercial d’estime, Eastwood est alors dans le plus grand creux de sa carrière, depuis ses premiers succès vingt-cinq ans plus tôt. Déconnecté du public, il tentera de surfer sur la nouvelle mode des action-movies avec La Relève. Mais ce n’est que lorsqu’il abandonnera toute logique de carrière, et qu’il se contentera de faire ce dont il a envie qu’il enchaînera ses meilleurs films : avec Impitoyable, c’est une nouvelle ère, la plus passionnante, qui s’ouvrira pour lui.

Voilà pour le contexte. Du film lui-même, pas grand-chose à dire, une fois que l’on connaît sa raison d’être, et la personnalité du réalisateur : Van Horn, le collaborateur de toujours, que l’on a même vu incarner le shérif dans les flash-backs de L’Homme des hautes plaines, et qu’Eastwood semble remercier pour sa fidélité plus que pour un talent que, de toute évidence, il n’a pas. Van Horn n’est qu’un yes-man qui signe une réalisation propre mais purement fonctionnelle.

Peu de surprise dans ce Dirty Harry numéro cinq, qui reprend les mêmes recettes que les précédents films. Au détour d’un repas aux chandelles entre Harry et une journaliste (Patricia Clarkson), la brève évocation du passé de Callahan, et la lumière chaude et intime du restaurant, laisse en suspense une petite touche d’émotion et de nostalgie, rapidement balayée par une énième fusillade. On peut noter aussi la présence de Liam Neeson, pas terrible dans l’un de ses premiers rôles d’envergure. Ou encore l’une des premières apparitions à l’écran de Jim Carrey, dans celui de la star du rock qui trépasse à la fin de la première bobine.

On peut surtout s’amuser du sort réservé à une critique de cinéma acerbe que l’on devine inspirée par Pauline Kael, la grande prêtresse de la critique américaine, farouche détracteur d’Eastwood qui fut l’une des seules à descendre en flamme Bird lors de sa présentation à Cannes.

Mais le film ne semble avoir qu’un objectif : nous conduire à cette incroyable poursuite en voitures dans les rues de San Francisco entre la Ford de Callahan et un modèle réduit… clin d’œil un rien parodique aux grandes poursuites du polar des années 70, qui faisaient les grandes heures de Bullitt, French Connection… ou Dirty Harry.

• Voir aussi les quatre précédents épisodes de la saga Callahan, très inégaux : L’Inspecteur Harry,Magnum Force, L’Inspecteur ne renonce jamais et Le Retour de l’Inspecteur Harry.

Le Retour de l’Inspecteur Harry (Sudden Impact) – de Clint Eastwood – 1983

Posté : 18 septembre, 2014 @ 2:27 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, EASTWOOD Clint (acteur), EASTWOOD Clint (réal.) | 1 commentaire »

Le Retour de l'Inspecteur Harry

« Go ahead, make my day ! »

En 1983, Clint Eastwood a 53 ans et reste une star toute puissante, mais un cinéaste pas encore tout à fait reconnu par la critique. L’année précédente, son magnifique Honkytonk Man n’a pas déchaîné les enthousiasmes, pas plus que le très beau et très personnel Bronco Billy, faux western déroutant et comédie douce-amère à la Capra. A cette époque, Eastwood est en plein dans sa logique « un film personnel – un film commercial ». Après les échecs commerciaux de ses deux films précédents, quoi de mieux, donc, que de renouer avec son personnage le plus populaire, Dirty Harry en personne.

Ce retour n’avait alors rien d’évident : le dernier film de la série, le faiblard The Enforcer remontait déjà à sept ans, et Clint s’était éloigné depuis du polar pur et dur : sa seule incursion dans le genre, L’Epreuve de force, relevait avait un aspect parodique poussé à l’extrême. D’ailleurs, en retrouvant son personnage fétiche, et en assurant lui-même la réalisation de ce quatrième volet (c’est le seul Dirty Harry qu’il signe), Eastwood entend bien en faire ce qu’il veut. C’est-à-dire ne pas prendre au sérieux ce personnage qu’il a jusque là interprété au premier degré, mais dont il fait ici une sorte de parodie de lui-même.

Flic las et écoeuré, Harry Calahan se transforme dans Sudden Impact en une sorte de chevalier moderne privé d’affect et de perspective, et qui semble attirer toute la violence et toute la haine de San Francisco. Le film, surtout dans sa première partie, enchaîne ainsi les fusillades sans raison ni logique, comme s’il remplissait un simple cahier des charges. Le scénario est fait de multiples rebondissements, grotesques et inutiles, et donne la part belle aux petites phrases censées restées dans l’histoire. C’est d’ailleurs réussi : que reste-t-il de Sudden Impact si ce n’est « Smith, Wesson, and me » et « Go ahead, make my day », deux phrases cultes qu’Eastwood sort dans la même scène, en quelques secondes seulement.

Mais parfois, au détour d’un plan qui s’allonge plus qu’il ne faudrait, des accords de jazz se mettent à résonner, et la patte d’Eastwood apparaît subrepticement. La vérité, c’est qu’Eastwood semble peu intéressé par ce personnage condamné à revivre inlassablement les mêmes écueils (fusillades, embuscades, et bureaucratie), et dont il fait une machine affublée d’un chien pêteur !

Ce qui l’intéresse visiblement beaucoup plus, c’est le personnage joué par Sandra Locke (leur dernier film en commun, si on exclut Vanessa, l’épisode de la série Amazing Stories), hantée par un viol dont elle et sa sœur ont été victimes dix ans plus tôt. La descente aux enfers de cette jeune femme en apparence si fragile, mais lancée dans une croisade vengeresse et violente, est le vrai sujet du film.

Là, on retrouve toute l’ambiguïté du personnage de Harry. Où se situe la justice ? Jusqu’où peut-on aller quand l’institution n’est pas efficace ? Là, enfin, le film devient troublant et fascinant, à mesure que Callahan paraît tiraillé par cette interrogation. Jusqu’à une séquence finale virtuose et crépusculaire dans un parc d’attraction à l’abandon. Laissé pour mort, Callahan réapparaît comme s’il sortait de la nuit, silhouette menaçantee et presque surnaturelle, une apparition fantômatiqu, figure redondante du cinéma d’Eastwood, de L’Homme des hautes plaines à Impitoyable.

Sans un mot, Eastwood impose alors sa marque. Avec nettement plus de force que lorsqu’il enchaîne les bons mots un peu lourdingues et les rebondissements inutiles.

• Pour l’intégrale Harry Callahan, voir aussi L’Inspecteur Harry, Magnum Force, L’Inspecteur ne renonce jamais et La Dernière Cible.

Le Pacte (Seeking Justice) – de Roger Donaldson – 2011

Posté : 30 août, 2014 @ 5:18 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), DONALDSON Roger | Pas de commentaires »

Le Pacte

Il y a une intention plutôt louable à l’origine de ce thriller efficace à défaut d’être vraiment excitant : la volonté d’apporter une réponse complexe aux vigilante films qui continuent à polluer régulièrement le cinéma américain, avec des nanars très douteux auxquels il arrive que même les plus grands prennent part (A vif, de Neil Jordan, avec Jodie Foster, une aberration). La première partie est d’ailleurs franchement réussie, et pose de vraies questions, sur la tentation de faire justice soi-même.

Nicolas Cage, très à l’aise mais sans surprise, interprète un mari sans histoire, dévasté lorsque sa femme se fait violer. Abordé par un étrange étranger (Guy Pearce), il accepte sous le choc la proposition qu’on lui fait : une mystérieuse organisation va éliminer le violeur. En échange, un service lui sera demandé, un jour. Ce jour arrive, et le piège se referme sur le gentil mari, forcé de se demander jusqu’où il peut aller pour ceux qu’il aime.

La première demi-heure tient ses promesses. Le piège qui se referme sur Nicolas Cage, ses hésitations, les étapes qu’il franchit les unes après les autres. Et puis… Ben et puis pas grand-chose. Les questions que le début du film a soulevé restent en suspense, la psychologie des personnages s’estompe (le professeur n’a pas l’air de prendre plus mal que ça de s’être transformé en fugitif), et Roger Donaldson nous rappelle que son talent se situe dans le pur film de genre…

Plus rien d’original, donc, et la critique de l’auto-défense se transforme en un pétard mouillé. Le Pacte devient alors un thriller assez classique mais très efficace, qui propose une plongée dans les rues de la Nouvelle Orléans encore marquées par la tempête Katrina. On oublie les promesses initiales du film, on se laisse aller au jeu un peu facile de la paranoïa à tout va qui s’installe (la moitié de la ville semble impliquée dans le complot), on profite des grands moments de suspense très efficaces (la scène dans le supermarché désaffecté), on se dit que, quand même, Nicolas Cage n’a pas l’air très impliqué, et on regretterait presque de ne pas avoir de pop corn sous la main.

1...34567...14
 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr