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Archive pour la catégorie '* Thrillers US (1980-…)'

A History of Violence (id.) – de David Cronenberg – 2005

Posté : 5 novembre, 2014 @ 2:40 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, CRONENBERG David | Pas de commentaires »

A History of Violence

Il y a un grand malentendu à propos de ce film : non, A History of Violence n’est pas une grande réflexion sur la violence et ses effets, comme le matériel promo qui l’accompagne, et la première partie du film, le laissent penser. Cette première partie est trompeuse, et c’est à peu près tout ce qu’on peut dire sans déflorer le film et ses rebondissements. Elle laisse en tout cas un sentiment d’inachevé franchement frustrant, tant les pistes qui y sont ébauchées sont passionnantes et pleines de promesses.

Dans le rôle d’un monsieur tout le monde soudain confronté à une violence extrême à laquelle rien ne l’avait préparé, Viggo Mortensen est exceptionnel. Bouleversant même, tant on sent chez lui ce vague sentiment d’inachevé d’un homme qui a tout pour lui, mais dont la vie presque idéale est hanté par une sorte de malaise, comme une envie d’autre chose, de sortir de cette routine si confortable. C’est en tout cas ce que l’on ressent devant ce couple magnifique (Mortensen et Maria Bello) qui semble courir après cette étincelle de la jeunesse dont, apparemment ils ont dû se priver…

Le vague désir de l’aventure, de l’exceptionnel. Et puis cette rencontre soudaine, comme la réponse à une prière muette : une menace, la violence extrême, et la réaction héroïque quasi-irréelle de ce « monsieur tout le monde » transformé en star du jour. Et là encore, la promesse d’une belle réflexion sur les effets de cet héroïsme non réfléchi, et de la médiatisation soudaine…

Mais très vite, le film, adapté d’un roman graphique, prend une autre direction. Impossible d’en dire plus sans gâcher la suite. Mais ce que réussit in fine Cronenberg, ce n’est pas cette grande réflexion sur la violence, mais un formidable film noir, dans la grande lignée du genre. L’un des plus beaux de ces dernières décennies, avec un Mortensen marchant clairement dans les pas de Robert Mitchum de la grande période.

Il faut un peu de temps pour digérer la frustration de toutes les pistes abandonnées après cette première partie fabuleuse. Mais lorsqu’on se laisse aller au pur plaisir du film de genre, A History of Violence s’impose comme ce qu’il est : un chef d’œuvre du film noir, tendu et dérangeant, une sorte de remake extrême de Out of the Past peuplé de personnages fascinants (mention spéciale à William Hurt, hallucinant en gangster totalement allumé).

Car ce qui compte tout de même avant tout, ce sont les personnages, et cette famille américaine si parfaite, bousculée par l’irruption de la violence. La dernière scène, superbe, renoue finalement avec le thème initial du film. Pour un final absolument bouleversant.

Cartel (The Counselor) – de Ridley Scott – 2013

Posté : 5 novembre, 2014 @ 2:23 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, SCOTT Ridley | Pas de commentaires »

Cartel

Loin de ses grandes productions souvent dominées par le bruit et la fureur, Ridley Scott se glisse totalement dans l’univers de Cormac McCarthy, co-producteur du film, qui signe ici son premier scénario original. A vrai dire, l’écrivain sort d’une quasi pré-retraite, puisque son dernier roman (La Route qui lui a valu le prix Pulitzer) remonte à 2006. Depuis, McCarthy a atteint une autre dimension, avec l’adaptation de son dernier livre, et surtout celle de No Country for Old Men.

Cartel évoque souvent le film des frères Coen : on y retrouve les grandes étendues du désert américain, une violence viscérale et des personnages totalement déglingués. Mais la parenté entre les deux films reste relative, et trompeuse comme l’est la participation de Javier Bardem. L’acteur en fait beaucoup, comme souvent, mais ses apparitions renvoient immanquablement au personnage de No country… qui lui colle à la peau, et dont on a du mal à l’en dégager.

Ce n’est sans doute pas le choix de casting le plus heureux de ce film à l’affiche impressionnante : Brad Pitt en trafiquant de drogue trop détaché (des retrouvailles avec Scott, qui lui avait donné son premier petit rôle marquant dans Thelma et Louise), Cameron Diaz en croqueuse de diamants qui révèle peu à peu une complexité inattendue, et Penelope Cruz cantonnée à un rôle de jolie fiancée douce et sexy.

Mais c’est une nouvelle fois Michael Fassbender qui impressionne par sa présence et sa capacité à donner une intensité à tous ses personnages, aussi difficiles soient-ils. On s’en était rendu compte avec son rôle de négrier ignoble dans 12 year’s a slave, et même avec celui de l’androïde dans Prometheus, le précédent Scott : Fassbender est l’un des plus grands acteurs du moment.

Son talent éclate dès la première scène, longue étreinte amoureuse très dialoguée, dont on sent que McCarthy a voulu faire un grand moment brillant et irrévérencieux, qui l’était sans doute sur le papier, mais qui semble horriblement artificiel à l’écran. Fassbender, pourtant, y est particulièrement juste, capable de sortir les dialogues les plus improbables avec une conviction qui emporte l’adhésion.

C’est en tout cas le principal défaut du film : on sent que McCarthy s’écoute écrire, multipliant ces dialogues décalés à la Tarantino qu’il étire souvent inutilement. Le résultat, c’est une première heure qui manque de rythme et qui peine à donner corps aux personnages, d’autant qu’on reste constamment loin de l’action, comme si le trafic de drogue dont on ne voit que le voyage d’un camion, fil rouge qui revient constamment, était un cadre irréel sans rapport direct avec ces personnages.

Mais cette approche est le cœur même du film, et illustre parfaitement le destin de Fassbender, avocat qui se laisse attirer par l’argent facile de la drogue, sans réaliser que les choix qu’il fait dans des décors chaleureux et confortables l’entraîneront inexorablement dans un monde de violence dont il ne pourra plus se sortir, sans plus rien en maîtriser.

Dommage que cette première moitié soit si longue. Car dans la dernière partie, implacable, les défauts du film s’estompent et disparaissent, pour illustrer magistralement cette irruption soudaine, brutale et irrésistible de la violence. Finalement, c’est une pure trame de film noir que McCarthy choisit, tout en livrant une vision réaliste et dérangeante du monde de la drogue.

Son univers sombre et bousculant sied parfaitement à Ridley Scott, qui signe sa mise en scène la plus sobre (et même élégante par moments, si si) depuis des années. Sobre et d’une efficacité imparable : on ne sort pas indemne de cette descente aux enfers qui laisse un goût de souffre…

• DVD chez Fox, avec une poignée de documentaires promotionnels et les bandes annonces d’autres films en vente.

Sabotage (id.) – de David Ayer – 2014

Posté : 3 novembre, 2014 @ 6:19 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), AYER David | Pas de commentaires »

Sabotage

Après Le Dernier Rempart, Arnold Schwarzenegger confirme avec Sabotage sa volonté manifeste de revenir à l’écran sans oublier les dix ans qui ont passé depuis sa « précédente carrière ». A 65 ans bien tapé, Schwarzie ne peut plus guère espérer être crédible en gros bras dézinguant à tout va. Alors le voilà en gros bras vieillissant dézinguant à tout va. Version moins cartoonesque et plus âpre, en choisissant des cinéastes capables de donner corps à ce désir d’intensité sans doute lié à son âge.

C’est donc à David Ayer qu’il fait appel, cinéaste très en vogue qui a mine de rien donné un coup de fouet au « film de flic urbain » en lui apportant un réalisme, une tension et une violence extrême… ainsi qu’un style caméra à l’épaule systématique hyper efficace mais un rien agaçant. Mais comme Kim Jee-won, pour le grand film de son retour, n’avait pas retrouvé la magic touch de ses films coréens, Ayer semble ici trop désireux de reinventer l’image de Schwarzenegger, comme il l’a dit à longueur d’interview.

Alors oui, Sabotage est loin, très loin de End of Watch, le précédent film du cinéaste à l’intensité hallucinante. On reconnaît bien la patte de Ayer, son réalisme extrême lorsqu’il filme des opérations de police, et l’impact de ses scènes de violence. Et Sabotage ne manque pas de qualités, avec sa manière plutôt originale de revisiter la trame des Dix Petits Nègres… ou de Predator.

On aurait aimé d’ailleurs que le film aille plus loin dans ce parallèle avec le chef d’œuvre de McTiernan, que Ayer, également co-scénariste, se concentre totalement sur ce jeu de massacre en remplaçant l’alien par les cartels, et la jungle par les bas-fonds urbains. Et le film fait illusion dans les premières scènes : dans le fourgon qui emmène ces agents de la DEA hyper-entraînés en opération, les vannes graveleuses et les démonstrations de virilité démesurée rappellent celles de Dutch et de ses hommes dans l’hélicoptère qui les mène au cœur de la jungle…

Mais rapidement, Ayer s’amuse à brouiller les pistes, transformant la virée glauque et violente en en jeu de faux semblants avec lequel il est nettement moins à l’aise. Au point de nous laisser totalement perplexe, jusqu’à une dernière séquence sombre et westernienne plutôt bien troussée. En demi-teinte, donc, mais le noir sied bien au Schwarzenegger nouvelle génération. De quoi laisser pas mal d’espoir pour les années à venir… si le « tunnel » rétro (le nouveau Terminator dont il vient de finir le tournage, ses probables suites, et le nouveau Conan) ne lui prennent pas tout son temps…

• DVD chez Metropolitan, avec un documentaire promotionnel qui donne la parole à toute l’équipe du film. Très pros comme toujours à Hollywood, acteurs et réalisateur disent beaucoup de bien les uns des autres, et cherchent à donner un message au film. Au menu aussi, près d’une demi-heure de scènes coupées et une fin alternative.

L’Inspecteur Harry est la dernière cible (The Dead Pool) – de Buddy Van Horn – 1988

Posté : 15 octobre, 2014 @ 1:59 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, EASTWOOD Clint (acteur), VAN HORN Buddy | Pas de commentaires »

L'Inspecteur Harry est la dernière cible

A la fin des années 80, Clint Eastwood arrive dans une sorte d’impasse. Sa fameuse logique de carrière, selon laquelle un film de genre permet de combler les déficits de ses œuvres plus personnelles, atteint sa limite. Et l’âge venant, Clint sait qu’il ne pourra pas jouer indéfiniment les superflics. Contre toute-attente, il sort une dernière fois l’inspecteur Harry de sa retraite, désireux d’offrir à la Warner un succès garanti, alors qu’il vient d’achever le tournage de Bird, film auquel il tient particulièrement en dépit de toute logique commerciale.

Mieux : avant de tourner un autre film très personnel, hommage à John Huston et African Queen (Chasseur Blanc, cœur noir), il enchaîne les tournages de deux polars, dont il confie la réalisation à son fidèle responsable des cascades, Buddy Van Horn. Ce sera La Dernière Cible, celui des cinq « Harry » qui connaîtra le succès le plus modeste ; et Pink Cadillac, un nanar tout juste sympathique qui sera un désastre commercial, et ne sortira pas même dans les salles françaises.

Ses films plus personnels ne connaissant qu’un succès commercial d’estime, Eastwood est alors dans le plus grand creux de sa carrière, depuis ses premiers succès vingt-cinq ans plus tôt. Déconnecté du public, il tentera de surfer sur la nouvelle mode des action-movies avec La Relève. Mais ce n’est que lorsqu’il abandonnera toute logique de carrière, et qu’il se contentera de faire ce dont il a envie qu’il enchaînera ses meilleurs films : avec Impitoyable, c’est une nouvelle ère, la plus passionnante, qui s’ouvrira pour lui.

Voilà pour le contexte. Du film lui-même, pas grand-chose à dire, une fois que l’on connaît sa raison d’être, et la personnalité du réalisateur : Van Horn, le collaborateur de toujours, que l’on a même vu incarner le shérif dans les flash-backs de L’Homme des hautes plaines, et qu’Eastwood semble remercier pour sa fidélité plus que pour un talent que, de toute évidence, il n’a pas. Van Horn n’est qu’un yes-man qui signe une réalisation propre mais purement fonctionnelle.

Peu de surprise dans ce Dirty Harry numéro cinq, qui reprend les mêmes recettes que les précédents films. Au détour d’un repas aux chandelles entre Harry et une journaliste (Patricia Clarkson), la brève évocation du passé de Callahan, et la lumière chaude et intime du restaurant, laisse en suspense une petite touche d’émotion et de nostalgie, rapidement balayée par une énième fusillade. On peut noter aussi la présence de Liam Neeson, pas terrible dans l’un de ses premiers rôles d’envergure. Ou encore l’une des premières apparitions à l’écran de Jim Carrey, dans celui de la star du rock qui trépasse à la fin de la première bobine.

On peut surtout s’amuser du sort réservé à une critique de cinéma acerbe que l’on devine inspirée par Pauline Kael, la grande prêtresse de la critique américaine, farouche détracteur d’Eastwood qui fut l’une des seules à descendre en flamme Bird lors de sa présentation à Cannes.

Mais le film ne semble avoir qu’un objectif : nous conduire à cette incroyable poursuite en voitures dans les rues de San Francisco entre la Ford de Callahan et un modèle réduit… clin d’œil un rien parodique aux grandes poursuites du polar des années 70, qui faisaient les grandes heures de Bullitt, French Connection… ou Dirty Harry.

• Voir aussi les quatre précédents épisodes de la saga Callahan, très inégaux : L’Inspecteur Harry,Magnum Force, L’Inspecteur ne renonce jamais et Le Retour de l’Inspecteur Harry.

Le Retour de l’Inspecteur Harry (Sudden Impact) – de Clint Eastwood – 1983

Posté : 18 septembre, 2014 @ 2:27 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, EASTWOOD Clint (acteur), EASTWOOD Clint (réal.) | 1 commentaire »

Le Retour de l'Inspecteur Harry

« Go ahead, make my day ! »

En 1983, Clint Eastwood a 53 ans et reste une star toute puissante, mais un cinéaste pas encore tout à fait reconnu par la critique. L’année précédente, son magnifique Honkytonk Man n’a pas déchaîné les enthousiasmes, pas plus que le très beau et très personnel Bronco Billy, faux western déroutant et comédie douce-amère à la Capra. A cette époque, Eastwood est en plein dans sa logique « un film personnel – un film commercial ». Après les échecs commerciaux de ses deux films précédents, quoi de mieux, donc, que de renouer avec son personnage le plus populaire, Dirty Harry en personne.

Ce retour n’avait alors rien d’évident : le dernier film de la série, le faiblard The Enforcer remontait déjà à sept ans, et Clint s’était éloigné depuis du polar pur et dur : sa seule incursion dans le genre, L’Epreuve de force, relevait avait un aspect parodique poussé à l’extrême. D’ailleurs, en retrouvant son personnage fétiche, et en assurant lui-même la réalisation de ce quatrième volet (c’est le seul Dirty Harry qu’il signe), Eastwood entend bien en faire ce qu’il veut. C’est-à-dire ne pas prendre au sérieux ce personnage qu’il a jusque là interprété au premier degré, mais dont il fait ici une sorte de parodie de lui-même.

Flic las et écoeuré, Harry Calahan se transforme dans Sudden Impact en une sorte de chevalier moderne privé d’affect et de perspective, et qui semble attirer toute la violence et toute la haine de San Francisco. Le film, surtout dans sa première partie, enchaîne ainsi les fusillades sans raison ni logique, comme s’il remplissait un simple cahier des charges. Le scénario est fait de multiples rebondissements, grotesques et inutiles, et donne la part belle aux petites phrases censées restées dans l’histoire. C’est d’ailleurs réussi : que reste-t-il de Sudden Impact si ce n’est « Smith, Wesson, and me » et « Go ahead, make my day », deux phrases cultes qu’Eastwood sort dans la même scène, en quelques secondes seulement.

Mais parfois, au détour d’un plan qui s’allonge plus qu’il ne faudrait, des accords de jazz se mettent à résonner, et la patte d’Eastwood apparaît subrepticement. La vérité, c’est qu’Eastwood semble peu intéressé par ce personnage condamné à revivre inlassablement les mêmes écueils (fusillades, embuscades, et bureaucratie), et dont il fait une machine affublée d’un chien pêteur !

Ce qui l’intéresse visiblement beaucoup plus, c’est le personnage joué par Sandra Locke (leur dernier film en commun, si on exclut Vanessa, l’épisode de la série Amazing Stories), hantée par un viol dont elle et sa sœur ont été victimes dix ans plus tôt. La descente aux enfers de cette jeune femme en apparence si fragile, mais lancée dans une croisade vengeresse et violente, est le vrai sujet du film.

Là, on retrouve toute l’ambiguïté du personnage de Harry. Où se situe la justice ? Jusqu’où peut-on aller quand l’institution n’est pas efficace ? Là, enfin, le film devient troublant et fascinant, à mesure que Callahan paraît tiraillé par cette interrogation. Jusqu’à une séquence finale virtuose et crépusculaire dans un parc d’attraction à l’abandon. Laissé pour mort, Callahan réapparaît comme s’il sortait de la nuit, silhouette menaçantee et presque surnaturelle, une apparition fantômatiqu, figure redondante du cinéma d’Eastwood, de L’Homme des hautes plaines à Impitoyable.

Sans un mot, Eastwood impose alors sa marque. Avec nettement plus de force que lorsqu’il enchaîne les bons mots un peu lourdingues et les rebondissements inutiles.

• Pour l’intégrale Harry Callahan, voir aussi L’Inspecteur Harry, Magnum Force, L’Inspecteur ne renonce jamais et La Dernière Cible.

Le Pacte (Seeking Justice) – de Roger Donaldson – 2011

Posté : 30 août, 2014 @ 5:18 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), DONALDSON Roger | Pas de commentaires »

Le Pacte

Il y a une intention plutôt louable à l’origine de ce thriller efficace à défaut d’être vraiment excitant : la volonté d’apporter une réponse complexe aux vigilante films qui continuent à polluer régulièrement le cinéma américain, avec des nanars très douteux auxquels il arrive que même les plus grands prennent part (A vif, de Neil Jordan, avec Jodie Foster, une aberration). La première partie est d’ailleurs franchement réussie, et pose de vraies questions, sur la tentation de faire justice soi-même.

Nicolas Cage, très à l’aise mais sans surprise, interprète un mari sans histoire, dévasté lorsque sa femme se fait violer. Abordé par un étrange étranger (Guy Pearce), il accepte sous le choc la proposition qu’on lui fait : une mystérieuse organisation va éliminer le violeur. En échange, un service lui sera demandé, un jour. Ce jour arrive, et le piège se referme sur le gentil mari, forcé de se demander jusqu’où il peut aller pour ceux qu’il aime.

La première demi-heure tient ses promesses. Le piège qui se referme sur Nicolas Cage, ses hésitations, les étapes qu’il franchit les unes après les autres. Et puis… Ben et puis pas grand-chose. Les questions que le début du film a soulevé restent en suspense, la psychologie des personnages s’estompe (le professeur n’a pas l’air de prendre plus mal que ça de s’être transformé en fugitif), et Roger Donaldson nous rappelle que son talent se situe dans le pur film de genre…

Plus rien d’original, donc, et la critique de l’auto-défense se transforme en un pétard mouillé. Le Pacte devient alors un thriller assez classique mais très efficace, qui propose une plongée dans les rues de la Nouvelle Orléans encore marquées par la tempête Katrina. On oublie les promesses initiales du film, on se laisse aller au jeu un peu facile de la paranoïa à tout va qui s’installe (la moitié de la ville semble impliquée dans le complot), on profite des grands moments de suspense très efficaces (la scène dans le supermarché désaffecté), on se dit que, quand même, Nicolas Cage n’a pas l’air très impliqué, et on regretterait presque de ne pas avoir de pop corn sous la main.

Les Faucons de la nuit (Nighthawks) – de Bruce Malmuth – 1981

Posté : 29 août, 2014 @ 3:51 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, MALMUTH Bruce, STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Les Faucons de la nuit

En 1981, l’année de sa sortie, Les Faucons de la nuit devait déjà sembler anachronique, tant il fleure bon les années 70. Le look qu’arbore Stallone ne ment pas : manteau en cuir, grosses lunettes et barbe d’une semaine… c’est le flic à la sauce Serpico que tente de retrouver l’obscur réalisateur Bruce Malmuth. Avec un bonheur, disons, mitigé.

Ce n’est quand même pas un hasard si, d’une part, le nom de Malmuth est totalement tombé dans l’oubli, et si ce film demeure largement méconnu, alors que Stallone était déjà une star quand il l’a tourné (c’était aussi l’année de Rocky 3). Plein de bonnes intentions, Les Faucons de la nuit est un film souvent très maladroit, et écrit avec des moufles.

Le scénario ne fait pas grand cas de la vraisemblance, avec ces deux flics bad-ass (Stallone et Billy Dee Williams, qui venait de connaître une gloire éphémère avec L’Empire contre-attaque) qui passent leurs journée à monter des traquenards pour délinquants ; la psychologie des personnages se résume à… rien du tout ; et les principaux rebondissements dramatiques du film sont gâchés par des ficelles énormes (lorsque Stallone propose au boss qu’il ne pouvait pas blairer trois minutes plus tôt d’aller manger chinois lorsque leur opération serait terminée, on comprend tout de suite que le boss en question ne s’en sortira pas).

Il y a pourtant du très bon, dans ce polar urbain qui s’inscrit dans une prestigieuse lignée de classique des seventies (Dirty Harry en tête), et qui pose mine de rien des questions complexes et avant-gardistes : s’interroger, vingt ans avant le 11 septembre, sur les méthodes acceptables à utiliser contre le terrorisme, paraît bien en avance sur son temps. Le fait d’avoir limité l’ennemi à un homme (Rutger Hauer) plutôt qu’à une organisation, ou une « cause », en limite l’impact, mais tout de même…

Visuellement aussi, quelques fulgurances viennent sortir le film de l’anonymat : une poignée d’images jouant habilement sur la profondeur de champs, une séquence nocturne joliment stylisée, ou encore une poursuite dans le métro parfaitement haletante… Mais ces passages franchement passionnants alternent constamment avec des procédés nettement plus discutables. Jusqu’au dénouement final qui, en une poignée de plans (et de secondes), parvient à alterner le meilleur (quelques gros plans joliment tendus) et le grand guignol (le corps qui s’effondre en virevoltant).

Imparfait, Les Faucons de la Nuit reste toutefois une curiosité plutôt recommandable pour les admirateurs de Stallone.

Three days to kill (id.) – de McG – 2014

Posté : 20 août, 2014 @ 3:10 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), COSTNER Kevin, McG | Pas de commentaires »

Three days to kill

Le bon côté d’abord : ça fait plaisir de retrouver Kevin Costner en tête d’affiche. Requinqué par le succès de la formidable mini-série Hatfield & McCoys et par ses seconds rôles remarqués dans Man of Steel et The Ryan Initiative, celui qui fut la plus grande star du début des années 90, celui à cause de qui des avocats et des huissiers s’appellent Kevin, aujourd’hui en France, Costner a droit à un action movie taillé pour lui par un Luc Besson qui tente de renouer avec lui les succès qu’il a connu avec Liam Neeson (Taken 1, 2, 3…).

Evidemment, ça, ce n’est pas une bonne nouvelle. Autant on peut saluer l’ambition de Besson réalisateur, autant Besson scénariste s’apparente à une photocopieuse doublée d’une machine à faire du cash. Avec Three days to kill, ce sont donc strictement les mêmes recettes que dans tous les films qu’il scénarise à la chaîne depuis vingt ans, que l’on retrouve : des fusillades, des poursuites en voiture, un humour lourdingue, des émotions faciles, et une morale pour le moins flottante.

Avec toujours un semblant d’idée originale. Ici : une maladie incurable dont souffre un tueur de la CIA (Costner, donc), qui le pousse à se rapprocher de sa femme et de sa fille dont il s’est éloigné depuis des années. C’est avec elles qu’on a droit aux scènes les plus sympathiques et émouvantes, même si les clichés sont à tous les étages, dans ce Paris de carte postale qui n’oublie absolument aucun passage obligé (la Tour Eiffel scintille, évidemment), pour être bien sûr de toucher un public international. Il faut dire que l’épouse est interprétée par Connie Nielsen qui, même quand elle n’a rien à jouer, est excellente, et que la gamine est jouée par Hailee Steinfel, la révélation de True Grit.

Besson donne aussi un rôle un peu grotesque à Amber Heard, curieux ange-gardien de Kevin, qui incite ce dernier à sortir de sa retraite en échange d’un sérum qui pourrait lui sauver la vie… mais lui file des hallucinations qu’il ne peut soigner qu’à la vodka. La belle ne sert pas à grand-chose dans le film, si ce n’est dans une séquence de tuerie qui tourne à l’engueulade autour de ce qu’est une moustache. De loin le passage le plus amusant.

Le scénario est particulièrement indigeste, entremêlant lourdement les tueries de Kevin et ses galères pour devenir un bon père. Mais il réserve pas mal de morceaux de bravoure qui auraient pu sauver le film. Las, c’est McG aux commandes, le réal de Charlie’s Angels et de Terminator Renaissance, dont le style syncopé fatigue et provoque l’ennuie dès la première scène d’action. A voir pour Costner, seulement pour lui…

• DVD chez Europa, avec quelques bonus promotionnels dans lesquels Costner et McG clament leur enthousiasme.

Mad Dog and Glory (id.) – de John McNaughton – 1993

Posté : 6 août, 2014 @ 1:20 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, DE NIRO Robert, McNAUGHTON John | Pas de commentaires »

Mad Dog and Glory

Mad Dog and Glory fait partie de ces films qui, sur le papier, ne frappent pas vraiment l’esprit, mais pour lesquels une sorte de miracle s’est produit. Tout, absolument tout, fonctionne parfaitement dans cet OVNI qui n’est ni vraiment un polar, ni totalement une comédie, qui fait passer en trois secondes du rire le plus franc aux larmes les plus… humides.

DeNiro en flic… Rien de bien original a priori. Mais ce flic-là est un type transparent, un homme sans envergure, conscient de sa médiocrité, qui rêve à sa fenêtre du grand amour et regrette de ne pas être le grand flic héroïque et burné qu’il fantasme devant sa télé. Un solitaire qui passe à côté de sa vie et s’en rend parfaitement compte. Jusqu’à ce qu’il rencontre un faux comique mais vrai parrain de la mafia (Bill Murray, formidable) à qui il sauve la vie et qui lui offre la compagnie d’une jeune femme qu’il a sous sa coupe, Uma Thurman…

On n’attendait pas John McNaughton dans un tel registre : le réalisateur venait de se faire remarquer avec le fameux Henry, portrait of a serial killer, plongée glauque et hyper réaliste dans le mental d’un tueur en série. Le ton, ici, est radicalement différent. Pas vraiment léger : les trois personnages principaux sont tous confrontés à la brutalité et à l’hostilité du monde qui les entoure (chacun à sa manière), et la violence est bien réelle, dès la séquence d’ouverture. Mais on a là d’authentique innocents plongés dans un univers qui ne leur correspond pas. Même Bill Murray, finalement, qui finit par lancer un « regarde qui sont mes associés ! » qui en dit long sur sa propre solitude…

Surtout, perdus au beau milieu d’une faune de machos trop virils (voir la bagarre d’anthologie entre David Caruso et Mike Starr – « attention à la fenêtre en verre ! »), le couple Uma Thurman – Bob De Niro est absolument irrésistible. Et McNaughton parvient à saisir l’incroyable alchimie entre ces deux solitudes, notamment lors d’une séquence d’une fraîcheur bouleversante, celle de la première étreinte. D’abord gênée (« j’ai besoin de faire de l’exercice – Maintenant ? – Non, en général »), puis simplement maladroite. Mais d’une beauté réellement rare, bouleversant…

Joe (id .) – de David Gordon Green – 2013

Posté : 1 juillet, 2014 @ 8:30 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, GREENE David Gordon | Pas de commentaires »

Joe

Difficile de ne pas comparer Joe avec Mud : dans les deux films, il s’agit d’une histoire d’amitié filiale entre un adolescent laissé pour compte et un repris de justice, qui s’apportent une sorte de rédemption réciproque, dans un Sud des Etats-Unis ravagé par la crise qui n’a laissé que chômage, alcoolisme et pauvreté.

Pourtant, les deux films sont radicalement différents. Mud était une adaptation à peine voilée de Tom Sawyer, un film du point de vue de l’enfance qui s’achève, à la manière du Moonfleet de Fritz Lang. Dans Joe, il ne reste plus guère que des résidus de cette enfance morte-née, de vagues apparences qui ne trompent pas bien longtemps : « Tu as crus que je n’étais qu’un gosse », hurle le jeune Tye Sheridan (petit prodige à la présence exceptionnelle) en rouant de coups celui qui pensait profiter de sa jeunesse.

Une enfance que cet adolescent au regard trop marqué par la vie ne peut qu’imaginer et rêver, avec d’indicibles regrets, se raccrochant avec la volonté de la dernière chance à une famille qui ne ressemble à rien et à un lien affectueux qui n’existe pas avec son père biologique. Dans le rôle, Gary Poulter est fabuleux ; véritable SDF qui rêvait d’être comédien, il a été repéré dans la rue pour ce film, mais ses démons l’ont rattrapé, et il est mort avant même la sortie du film en salles…

Ces regrets et cette enfance perdue, ce sont aussi les démons de Joe, un homme au passé chargé et sans grand avenir, dont on apprend au détour d’une conversation qu’il a eu une famille. Ce rôle blessé, c’est enfin celui de la renaissance pour Nicolas Cage, dont on attendait depuis des années d’avoir de nouveau envie de le suivre, trop occupé qu’il était à enchaîner les merdes indignes de son talent pour rembourser ses dettes.

Joe est un film douloureux. Glauque, même, parfois à la limite du supportable. Dans la première partie surtout, le réalisateur se complaît à filmer l’humanité dans ce qu’elle a de plus misérable, jusqu’à l’excès. Autant Mud était une œuvre pleine de vie, nostalgique sans être naïve, autant Joe est un film mortifère, où les êtres semblent dénués de tout espoir. A l’exception de ce tandem improbable duquel renaîtront l’espoir et la vie (un peu lourdement soulignée par l’empoisonnement des vieux arbres, puis par la plantation de jeunes pousses), non sans avoir suivi un itinéraire bien sombre…

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