Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour la catégorie '* Thrillers US (1980-…)'

Ocean’s eleven (id.) – de Steven Soderbergh – 2001

Posté : 18 janvier, 2021 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, SODERBERGH Steven | Pas de commentaires »

Ocean's eleven

Soderbergh s’empare d’un sympathique film de braquage des années 1960 qui réunissait le fameux rat pack de Frank Sinatra et Dean Martin et réunit une autre famille de cinéma, au moins aussi cool : George Clooney, Brad Pitt, Matt Damon, et quelques autres (Elliot Gould, Casey Affleck, Carl Reiner… du cool à la chaîne), vrai parenté, pour ce qui s’impose comme l’étendard du cool movie de la décennie, largement supérieur à l’original.

A vrai dire, Soderbergh lorgne au moins autant du côté des Sept mercenaires, en tout cas dans la première partie, avec Clooney dans le rôle de Yul Bryner, et Brad Pitt qui s’impose comme le digne héritier de Steve McQueen. Comme dans le classique de Sturges, le duo Clooney/Pitt rivalise de cabotinage pour se disputer la couronne du king of cool.

A ceci prêt qu’il y a d’emblée entre ces deux là bien plus de camaraderie que de compétition. Les personnages, et les acteurs, s’aiment, c’est flagrant, et cette complicité évidente joue un rôle majeur dans le plaisir immense que procure le film. Ocean’s 11 est d’ailleurs plus marquant, plus révolutionnaire même, en tant que film de bande, qu’en tant que film de braquage.

Le scénario est certes brillant, tient en haleine, et réussit à surprendre constamment, même si on sait bien que nos braqueurs maîtrisent parfaitement jusqu’au moindre détail. Mais ce sens du faux-semblant et de la manipulation, poussé ici au rang de grand art, reste le b-a-ba de ce genre.

Le plaisir repose vraiment sur les acteurs, sur ce qui le passe entre eux, sur la manière dont Soderbergh joue avec l’ironie et l’élégance de ses acteurs. Le casting, exceptionnel (il y a aussi Julia Roberts et Andy Garcia), aurait pu impressionner un autre cinéaste. Soderbergh, lui, sait capter l’alchimie qui les unit tous, pour en tirer un film léger, d’une fluidité parfaite. Inconséquent, et réjouissant.

Barry Seal : American Traffic (American Made) – de Doug Liman – 2017

Posté : 9 novembre, 2020 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, CRUISE Tom, LIMAN Doug | Pas de commentaires »

Barry Seal

Entre la fin des années 70 et le milieu des années 80, Barry Seal s’est fait une immense fortune en livrant des armes en Amérique du Sud pour la CIA… et en livrant de la drogue pour le cartel de Medellin. Ce type avait quelques atouts pour ça : il était un pilote d’avion chevronné, et il avait une forte tendance à foncer avant de réfléchir.

C’est une histoire vraie (inspirée de… en tout cas), et c’est aussi pour Tom Cruise la dernière velléité en date (et avant un bon moment, vraisemblablement) de rappeler qu’il est un acteur complet et très doué, avide de nouveaux rôles et de défis autres que purement physiques.

Il prend ici un plaisir évident à jouer les types dénués de tout sens moral, s’amusant même de son image de fonceur pour camper le yes man un peu bas du front. Même son fameux sourire « dents blanches éclatantes » a quelque chose de too much, qui flirte avec l’idiotie. Pas dupe, Tom Cruise, finalement jamais aussi bon désormais que quand il se moque de lui-même.

Image qui semble tirée d’une VHS, musique d’époque, arrêts sur image, voix off insistante, retours en arrière rigolards… Doug Liman tente le pastiche, mais singe surtout le Scorsese de Goodfellas ou de Casino. L’ambition est là, il faut la saluer, et le pari est par moments réussi. Mais Liman n’est décidément pas Scorsese, et son film n’atteint jamais la puissance de ses modèles.

Finalement, le vrai sujet du film, ce n’est ni cette Amérique magouillarde du tournant des années 80, ni Barry Seal lui-même, mais Tom Cruise, la star et l’acteur. Barry Seal n’est réussi que pour sa prestation toute en ironie. Et pour rappeler l’acteur curieux et complet qu’il fut avant de devenir le plus grand des action heroes.

Dark Waters (id.) – de Todd Haynes – 2019

Posté : 29 octobre, 2020 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, HAYNES Todd | Pas de commentaires »

Dark Waters

Quelque part entre Spotlight et Zodiac… Toute une tradition du cinéma américain, héritée des années 70 et de la paranoïa post-Watergate : un film-enquête au long cours, basé sur une histoire vraie, le combat d’un petit avocat qui se dresse contre un tout puissant adversaire.

En l’occurrence, une grande compagnie chimique bien sous tout rapport : c’est à elle qu’on doit le téflon, ce produit miracle qui a « libéré la ménagère ». Sauf que cette belle entreprise pourvoyeuse d’emplois par milliers pollue l’eau et empoissonne ses employés depuis longtemps, sans rien faire pour y remédier.

Et c’est la difficulté juridique, administrative et même morale de bousculer cet ordre établi que film Todd Haynes, grand réalisateur qui réussit à prendre prenantes et bouleversantes de longues années sans le moindre rebondissement, ou des heures passées dans un local face à des rangées d’archives.

Visuellement, c’est somptueux, avec un montage d’une force rare, et une superbe utilisation de la musique qui distille l’émotion avec une grande intensité. Le film l’est extrêmement (intense), il est aussi profondément humain, avec une empathie de chaque instant pour les petits, les paysans filmés sans angélisme mais avec honnêteté.

Cette honnêteté à laquelle se raccroche le personnage de Mark Ruffalo, formidable en avocat dont la quête tourne à l’obsession. Homme de loi habité et père de famille incapable de partager le poids de sa « mission » avec sa femme (Anne Hathaway, parfaite elle aussi).

Todd Haynes réussit son film parce qu’il entremêle parfaitement le scandale qu’il révèle dans toute son énorme dimension, et la dimension humaine, constamment centrale.

Spotlight (id.) – de Tom McCarthy – 2015

Posté : 20 juillet, 2020 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, McCARTHY Tom | Pas de commentaires »

Spotlight

Spotlight trouve sa place dans le cercle des films qui donnent furieusement envie de devenir journaliste. Comme Bas les masques, comme Les Hommes du président. De ces films qui, quand on est journaliste, donnent envie de travailler avec des rédacteurs en chef, des éditeurs, si courageux et intègres…

Spotlight est, avant tout, une déclaration d’amour au métier de journaliste, comme un hommage vibrant à une profession malmenée et menacée. Avant même d’être un film d’investigation, sur le scandale pédophile qu’une petite équipe de journalistes a révélé dans l’église de Boston au début des années 2000, Spotlight est un film sur ces femmes et ces hommes qui ont révélé ce scandale.

C’est à la fois bouleversant parce que d’une sincérité totale, et un peu trop monobloc. Pas de mesure, ou si peu, sur les méthodes de ces journalistes, filmés comme des chevaliers blancs d’une pureté immaculée. C’est d’ailleurs à peine une critique, juste une réserve : Spotlight manquerait simplement d’un poil d’aspérités.

Cela étant dit, le film est passionnant. L’histoire est édifiante : cette pédophilie qui se dévoile comme une sorte de réseau sans fin, dont les victimes semblent innombrables. Le réalisateur le raconte avec un classicisme très seventies, sans fioriture, les longs travellings au service du mouvement, vif et discret à la fois.

Le scénario a de multiples ramifications, mais Spotlight est avant tout un film de personnages, un film d’acteurs, tous formidables jusqu’aux plus petits seconds rôles : ce jeune père un peu abrupt, un peu désagréable, dont la brusquerie est un masque qui lui permet d’évoquer les sévices dont il a été victime enfant… superbe prestation.

Mark Ruffalo, Rachel McAdams, Liev Schreiber, Stanley Tucci, Michael Keaton… De grands acteurs, pour un film à l’ancienne, généreux et édifiant.

Police Frontière (The Border) – de Tony Richardson – 1982

Posté : 19 juillet, 2020 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, RICHARDSON Tony | Pas de commentaires »

Police Frontière

Ça commence d’une manière assez ridicule, avec l’un des tremblements de terre les plus cheap de l’histoire des tremblements de terre au cinéma, filmé avec une série de gros plans et une caméra secouée de manière totalement artificielle. Tout pourri, donc, et totalement inutile qui plus est. Impardonnable, donc.

Tony Richardson avait-il vraiment besoin de cette entrée en matière dramatique et faussement spectaculaire, alors que toute la suite de son film privilégie les détails, les regards empathiques mais sans éclats ? Ben non, bien sûr. Ce début ne gâche pas le film, mais il diffère le plaisir qu’on y prendra, portant une sorte de doute sur les scènes qui suivent.

Cela dit, Richardson finit par rattraper le coup, et par instaurer un rythme bien différent, nettement plus convaincant, quand il adopte le strict point de vue de Jack Nicholson, flic qui ne rêve que de retourner à la surveillance des forêts et des canards, mais que l’avidité et l’égoïsme de sa gourde de femme conduit à la police aux frontières, entre les Etats-Unis et le Mexique.

Et là, ce type plein d’empathie et de bienveillance est confronté à la violence des situations, et à la corruption qui gangrène son unité (incarnée par Harvey Keitel). Forcé de participer, même passivement, à des actes déshumanisants. Entre le fiasco de son couple et le naufrage de ses idéaux, ce flic se raccroche à ce qu’il trouve : une jeune Mexicaine totalement paumée (Elpidia Carrillo, que l’on reverra dans Predator), dont il deviendra une sorte d’ange gardien.

Il y a des courses-poursuites, des bagarres, des fusillades même. Mais toutes, si percutantes soient-elles, sont expédiées en quelques plans, avec un sens de la précision particulièrement efficace. Pour Richardson, le polar, musclé et tendu, est l’occasion de filmer les « dos mouillés », de montrer ces Mexicains en quête d’un lendemain plus souriant, mais sans illusion, avec honnêteté et sans misérabilisme.

Son film, de ce point de vue, est une grande réussite. Il semble, presque quarante ans plus tard, plus actuel que jamais.

Osterman Week-end (The Osterman Week-end) – de Sam Peckinpah – 1983

Posté : 18 juillet, 2020 @ 8:00 dans * Espionnage, * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, LANCASTER Burt, PECKINPAH Sam | Pas de commentaires »

Osterman week-end

Dernier baroud pour Peckinpah, grand cinéaste en bout de course, rongé par l’alcool, la drogue, l’échec de ses derniers films, et un système hollywoodien qui ne lui convient pas. Convoi, son précédent film, est sorti cinq ans plus tôt ; lui mourra l’année suivante. Pourtant, Osterman week-end, film mal-aimé, est l’œuvre d’un cinéaste en pleine possession de ses moyens.

Évacuons d’emblée le détail le plus problématique : les ralentis, si typiques des scènes de violence chez Peckinpah. D’une manière générale, l’effet a vieilli. C’est particulièrement vrai ici, où une poignée de moments de bravoure flirtent dangereusement avec le kitsch. Le constat est d’ailleurs vrai de beaucoup de films de cette époque (me suis toujours pas remis du Fury de De Palma…).

Mais ceci mis à part, la mise en scène de Peckinpah est d’une précision et d’une originalité remarquables, sur ce qui est une pure commande, l’adaptation d’un roman de Robert Ludlum à l’intrigue faussement complexe, qui joue avec les codes du film d’espionnage pour déboucher sur quelque chose de différent : une critique du pouvoir des images, de la manipulation des médias.

Peckinpah fait de ce thème le pilier de son travail de réalisateur, multipliant les écrans à l’image : écrans pour observer, pour dialoguer, pour manipuler, pour tromper, pour détruire… C’est assez brillamment fait, et Osterman week-end annonce d’une certaine façon le Invasion Los Angeles de John Carpenter. Que ce dernier choisisse pour le premier rôle féminin Meg Foster, qui joue ici l’épouse de Rutger Hauer, n’est peut-être pas un hasard…

Le casting, globalement, est excellent : Hauer, Dennis Hopper, Craig T. Nelson, tous parfaits (et sobres), John Hurt surtout, formidable en espion détruit. Burt Lancaster aussi, dont la filmographie reste classe jusqu’au bout…

Le choix des acteurs était important, parce que le cœur du film, c’est un huis clos dans une villa où la tension grandit peu à peu entre les protagonistes, l’un étant chargé de manipuler ses trois amis, dont il a appris qu’ils étaient des traîtres au service des Russes. Et la tension, d’abord latente, finit bel et bien par exploser, dans une séquence de chasse nocturne assez bluffante.

Avec son dernier film, Peckinpah réussit son rappel. Il signe un thriller paranoïaque, humain, et tendu comme un arc.

Mystic River (id.) – de Clint Eastwood – 2003

Posté : 14 juillet, 2020 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, EASTWOOD Clint (réal.) | Pas de commentaires »

Mystic River

Cueilli, une nouvelle fois, par l’émotion si pure et si forte que Clint Eastwood parvient à créer dans ses meilleurs films. Et celui-ci en fait partie. Bien sûr, il y a le roman dont il est tiré, grand noir de Dennis Lehane (auteur décidément bien servi au cinéma, du Gone Baby Gone de Ben Affleck au Shutter Island de Scorsese), sorte de tragédie grecque dans les rues de Boston. Une base solide.

Encore fallait-il rendre justice au roman, et encore fallait-il ne pas en rajouter au risque de rendre la noirceur de l’histoire insupportablement lacrymale. Ce qui n’aurait pas été difficile. Mais non. Eastwood sait que l’histoire est forte, et qu’il n’y a nul besoin d’en rajouter… Alors il signe un film digne des plus grands réalisateurs classiques, sobre et élégant, tout en retenue et en discrétion. Un petit chef d’œuvre de mise en scène où le rythme se fait lent, et l’émotion larvée.

Une émotion qui est celle de ses personnages principaux, en fait, à fleur de peau, comme emprisonnée, et qui éclate soudain de manière spectaculaire. Ces personnages… Trois amis d’enfance abîmés par l’enlèvement de l’un d’eux quand ils avaient 11 ans, séquestré pendant quatre jours par des pédophiles… Des années après, la fille de l’un d’eux est assassinée ; le deuxième, devenu flic, est chargé de l’enquête ; le comportement du troisième, celui qui avait été enlevé gamin, fait de lui le suspect idéal.

Sean Penn, Kevin Bacon, Tim Robbins, trois grands acteurs, absolument remarquables devant la caméra de Clint, qui sait décidément tirer le meilleur de ses comédiens. Oscar (mérité) pour le premier, Oscar (mérité) pour le troisième. Et rien pour le deuxième, éternel oublié, mais dont la prestation moins spectaculaire, est tout aussi brillante. C’est même lui qui donne son liant au film, le plus lucide sans doute, sur la tragédie dont le trio d’amis a été victime tant d’années plus tôt.

Le reste de la distribution (Laurence Fishburne, Marcia Gay Harden, Laura Linney) est à l’avenant. On notera au passage l’apparition inattendue, dans une unique scène, d’Eli Wallach, qui retrouve Eastwood (pas à l’écran bien sûr) presque quarante ans après Le Bon, la brute et le truand. Forcément savoureux…

Mystic River est un grand film noir, aux images glacées aussi belles que sans joie, à la musique elle aussi tout en retenue (c’est Clint lui-même qui compose), à la fois incroyablement intense, et d’une délicatesse extrême. Un pur Clint Eastwood, et un grand cru.

Le Mystère Von Bulow (Reversal of Fortune) – de Barbet Schroeder – 1990

Posté : 10 juillet, 2020 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, SCHROEDER Barbet | Pas de commentaires »

Le Mystère Von Bulow

Barbet Schroeder, compagnon de la Nouvelle Vague, ne me passionne jamais autant que quand il s’attaque au film de genre. Avec Le Mystère Von Bülow, il signe un excellent film de procès… en évitant soigneusement tous les passages obligés du genre, toutes les scènes du procès lui-même.

Inspiré d’une histoire vraie, certes, et qu’importe, le film se défait d’emblée de tout ancrage dans la réalité, en adoptant le point de vue de la victime. Un peu à la manière d’un Sunset Boulevard, mais en prenant le parti de ne pas tout livrer, de garder une part d’ombre, et de ne donner au final que des témoignages parcellaires, et discutables.

C’est même tout le sujet de ce film, qui évoque le procès en appel d’un riche homme accusé d’avoir voulu tuer sa femme, plongée depuis dans un coma irréversible : Barbet Schroeder met en scène le doute, l’incompréhension, potentiellement le mensonge… Von Bülow est un homme profondément antipathique. Soit parce que c’est un pervers manipulateur, soit parce que c’est un être froid et insondable qui ne laisse rien transpirer de ses émotions. L’un ou l’autre.

Jeremy Irons est extraordinaire dans ce rôle pas aimable, avec cet air de distinction rigide et supérieure, que traversent quelques éclairs d’une possible fêlure. Rien que son accent, exagérément élégant, désarme et crée le malaise. Glenn Close est parfaite aussi en victime pathétique. Tout comme Ron Silver, formidable en avocat humaniste que son client ramène régulièrement à sa judaïté.

Coupable ou innocent ? Bien sûr, la question est centrale dans ce film de procès. Mais on sent bien que Schroeder n’a pas la réponse. Et c’est ce doute qui est au cœur du formidable scénario de Nicholas Kazan (le fils d’Elia), d’une intelligence rare. C’est ce doute qui rend le personnage si passionnant, et qui fait de Claus Von Bülow l’un des éléments centraux de Schroeder dans sa quête de l’être machiavélique, centrale dans sa filmographie.

Lost Girls (id.) – de Liz Garbus – 2020

Posté : 24 mai, 2020 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2020-2029, GARBUS Liz | Pas de commentaires »

Lost Girls

Flics incompétents, témoins cyniques ou simplement insensibles… Les hommes n’ont pas le beau rôle, et c’est tout le sujet de ce beau film inspiré d’une histoire vraie : comment une femme larguée se débat pour survivre, et pour sa fille disparue, avec qui elle a failli en tant que mère.

Le sous-titre le dévoile : cette histoire de disparition n’a jamais été élucidée. Pas totalement, non, et je n’en dirais pas plus, même si on n’est clairement pas dans un polar à intrigue. Ce n’est pas le suspense qui importe ici, mais le portrait de cette femme pas aimable, pas aimante, mais qui se révèle à elle-même dans la tragédie.

Dans ce rôle âpre et intense, Amy Ryan est formidable. Au moins autant que dans Gone baby gone, l’excellent film de Ben Affleck dans lequel elle interprétait, déjà, la mère d’une enfant disparue (rôle qui lui avait d’ailleurs valu une nomination à l’Oscar du meilleur second rôle). Elle est même assez incroyable, bloc prêt à exploser face à un Gabriel Byrne étonnant en flic à la fois classe… et nul.

Lost Girls ne révolutionne pas le genre, auquel il n’apporte même pas grand chose de neuf, c’est vrai. Mais le regard (de femme) porté sur les victimes désemparées (des femmes) face à des flics butés (des hommes) est édifiant. Et la réalisatrice Liz Garbus soigne le moindre de ses plans, pour créer une atmosphère dérangeante et glauque, d’une grande force.

Sleepers (id.) – de Barry Levinson – 1996

Posté : 18 mai, 2020 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, DE NIRO Robert, LEVINSON Barry | Pas de commentaires »

Sleepers

Généreux et douteux, émouvant et agaçant… Sleepers est un film sincère, c’est une chose. C’est aussi un film ambitieux, c’en est une autre. C’est enfin un film discutable.

Sincère : Barry Levinson a de toute évidence beaucoup d’empathie pour ses personnages, gamins du quartier de Hell’s Kitchen dont la jeunesse a été volée par les sévices subits dans un centre de détention, où ils ont été envoyés après une connerie qui aurait pu être tragique. Aurait pu, parce que non : faire de ces gamins des criminels aurait amoindri l’empathie que le réalisateur veut nous faire partager pour ces personnages dont il magnifie la manière de se rendre justice.

Ambitieux : Levinson l’est aussi, trop sans doute. Auréolé de quelques succès fracassants (dont celui de Rain Man surtout), il se voit nettement plus haut qu’il ne l’est vraiment. Au niveau d’un Scorsese à vrai dire, dont le Goodfellas est la référence ultime et évidente pour Levinson, qui veut visiblement filmer son New York comme l’a fait Scorsese avant lui, avec la même fièvre. Raté.

Levinson est un honnête réalisateur, qui réussi quelques scènes très émouvantes. Toutes celles avec De Niro, prêtre compréhensif, sont particulièrement réussies. Celles avec Dustin Hoffman aussi, excellent en avocaillon alcoolique totalement à côté de la plaque. A vrai dire, Levinson est sans doute, avant tout, un directeur de grands acteurs. Pas un grand directeur d’acteurs : il ne fait pas de miracle avec le tiède Jason Patric (sauf une scène, face à De Niro, où il est d’une intensité inattendue). Mais un directeur de grands acteurs, qui sait mettre en valeur ses stars.

C’est déjà beaucoup, surtout pour un film avec un tel casting : on y croise aussi Brad Pitt, Vittorio Gassman et Kevin Bacon (dans un rôle difficile à porter). Mais est-ce suffisant ?

A certains moments, on dirait bien que oui. Mais il y a la longue partie du procès, où sont jugés deux des gamins devenus adultes, qui ont abattu l’un de leurs violeurs. Et cette longue séquence, filmée efficacement avec tous les effets habituels du film de procès, tombe totalement à plat tant les situations elles-mêmes sont peu crédibles, jusqu’au grand n’importe quoi.

Il y a un grand sujet dans ce film. Des grands sujets, même : la pédophilie, les conséquences des erreurs de jeunesse, la difficulté d’aller de l’avant après de tels traumatisme. Des sujets sans doute trop forts pour un réalisateur comme Levinson, et qui finissent par disparaître derrière l’autre sujet : la vengeance. Nettement plus racoleur.

12345...19
 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr