Play it again, Sam

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Archive pour la catégorie '* Thrillers US (1980-…)'

Le Dernier Samaritain (The Last Boy Scout) – de Tony Scott – 1992

Posté : 21 décembre, 2012 @ 2:18 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, ACTION US (1980-…), SCOTT Tony | Pas de commentaires »

Le Dernier Samaritain

Une petite pensée pour Tony Scott qui, à défaut d’avoir été un grand auteur, a incarné tout un pan du cinéma populaire hollywoodien des années 80 et 90. On peut lui reprocher ou lui en donner crédit, mais le benjamin des frères Scott a contribué à inventer un nouveau type de films d’action, mélange souvent douteux de cool attitude, de punchlines plus ou moins drôles, de noirceur sidérale, et d’action tous azimut.

Dans le genre, The Last Boy Scout est un petit classique, l’un de ces buddy movies improbables (un détective privé miteux associé à une ancienne gloire du football américain) qui se tournaient à la chaîne à l’époque. L’action est très spectaculaire (même si la mise en scène clipesque de Scott a tendance à atténuer l’effet percutant de ces séquences) ; l’humour très… trop… enfin, bien gras ; les personnages bien sombres (Bruce Willis dans son numéro d’alcoolique usé jusqu’à la corde qu’il continue à égrener, 20 ans plus tard), et en même temps très, très cools…

Pas grand-chose de plus à dire sur ce film peuplé de méchants caricaturaux, si ce n’est que la victime qui se fait dessouder au début est jouée par une inconnue nommée Halle Berry, que Damon Wayans est plutôt moins tête à claque que la plupart des sidekicks dont on affublait les héros à l’époque…

Bruce Willis fait du Bruce Willis. Mais même quand il fait le minimum syndical, ce type est l’incarnation la plus parfaite de ce cinéma d’action hollywoodien. Et au début des années 90, il est au sommet de son charisme.
C’est peut-être pas énorme, mais ce nanar agaçant et plutôt bien foutu supporte assez bien l’épreuve du temps. Vingt ans après, ça reste un bon actioner qui n’est violent et cruel que pour le fun. No hard feeling…

Heat (id.) – de Michael Mann – 1995

Posté : 5 décembre, 2012 @ 4:46 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, DE NIRO Robert, MANN Michael, PACINO Al | Pas de commentaires »

Heat 1

La scène la plus attendue de Heat – le fameux face-à-face entre Pacino et DeNiro, attendu depuis plus de vingt ans, depuis ce mythique fondu-enchaîné qui faisait se croiser les deux acteurs dans Le Parrain 2 – est forcément la scène la plus décevante de ce monument du polar moderne. Parce que Mann se contente de champs / contre-champs d’abord, et puis parce que le dialogue, tendu et pourtant complice, laisse comme un arrière-goût d’inachevé…

Mise à part cette frustration, Heat est une merveille, un pur Mann, remake d’un téléfilm tourné dans les années 80 (L.A. Takedown) par Mann lui-même, et précurseur de ses grands chefs d’œuvre à venir : le personnage de DeNiro évoque le Tom Cruise de Collateral, pour ses méthodes et sa capacité à ne s’attacher à rien, mais aussi le Dillinger de Public Enemies pour son sens de l’honneur d’un autre temps.

De la même manière, le rapport entre le gangster DeNiro et le flic Pacino, mélange de détermination et de respect mutuel, évoque Dillinger/Purvis ou Cruise/Foxx.

Moins épuré que Collateral, moins flamboyant que Public Enemies, moins trouble que Miami Vice, Heat est loin d’être un brouillon, même si Mann reprendra, et améliorera, nombre d’éléments que l’on y trouve. Sa manière, si unique, de filmer la ville la nuit, par exemple, déjà magnifique par moments (la première soirée entre DeNiro et sa petite amie, sur la terrasse surplombant L.A., est superbe) sera encore sublimée dans ses films « numériques », Collateral et Miami Vice.

Mais Heat reste le grand œuvre de Mann, son film le plus ambitieux sur le plan humain. Jamais avant, et jamais depuis (jusqu’à présent) il n’a pris à ce point le temps de s’intéresser à ses personnages, leur réservant à chacun de longues séquences fortes et intimes. C’est d’ailleurs le plus long de ses films.

Heat 2

Heat est d’une noirceur, et d’une tristesse, abyssales. Et le fait qu’on entre à ce point dans l’âme des personnages renforce l’impact des quelques accès de violence. Surtout que Mann leur donne une tension extrême. A l’image de la fameuse fusillade dans les rues de L.A. après le braquage de la banque. Rarement une fusillade au cinéma aura été aussi tendue que celle-ci.

Ce n’est pas dans les dialogues que Heat est le plus fort. Mann est avant tout un cinéaste visuel, et ses seules images en disent bien plus sur ses personnages que n’importe quel discours. DeNiro qui réalise en pleine soirée avec ses amis, tous en couple, qu’il ne pense qu’à cette jeune femme qu’il vient de rencontrer ; Pacino qui sert violemment contre lui la mère d’un enfant assassiné, comme s’il voulait faire siennes toutes les douleurs de la ville ; Val Kilmer jetant un ultime regard à la femme qu’il aime (Ashley Judd)… Les moments les plus forts de Heat sont pour la plupart totalement dénués de paroles. Pas besoin de ça pour plonger au cœur de l’âme tourmentée de ces personnages.

Pacino et DeNiro, qui jouent au jeu du chat et de la souris, sont à la fois des opposés et des êtres semblables. Chez Mann, depuis Le Sixième Sens, le Bien a souvent tendance à se confondre avec le Mal. L’un comme l’autre, par leur choix de vie, sont condamnés à se couper du monde. « Je ne suis solitaire, je suis seul », lance un DeNiro particulièrement taiseux. Lorsque enfin ils se trouvent pour l’affrontement final, ils sont l’un comme l’autre plus seuls que jamais.

Millenium, les hommes qui n’aimaient pas les femmes (Millenium – The Girl with the Dragon Tatoo) – de David Fincher – 2011

Posté : 30 novembre, 2012 @ 10:53 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, FINCHER David | 1 commentaire »

Millenium, les hommes qui n’aimaient pas les femmes (Millenium – The Girl with the Dragon Tatoo) – de David Fincher – 2011 dans * Thrillers US (1980-…) millenium-fincher

D’un best seller plutôt surestimé (moins, quand même, que ses deux suites assez ennuyeuses), David Fincher tire un film étonnant, à la fois classique et décalé, constamment entre deux tons. D’un côté, Millenium est un film de serial killer passionnant, mais qui évoque tout à la fois Seven (pour le côté biblique des tueries) et Zodiac (pour la quête sans fin de la vérité). De l’autre, c’est une critique absolument effrayante d’une société (la Suède, mais pas que…) où la personne la plus équilibrée est une jeune femme asociale et mal dans sa peau, pupille de la nation considérée comme folle.

Fincher a eu raison de se focaliser sur le premier volume, plus linéaire, mais aussi plus riche que les deux suivants. Il y trouve tous les ingrédients du pur film de genre, qu’il met à sa sauce décapante. L’esprit n’est pas si loin de Zodiac, voir même de Fight Club.

Grand journaliste au fond du trou pour avoir osé s’attaquer à un puissant homme d’affaires, Mikael Blonkvist (Daniel Craig) trouve la rédemption en acceptant d’enquêter sur la disparition de la nièce d’un riche industriel, survenu quarante ans plus tôt. Il se rend dans une île où réside toute la famille de son nouvel « employeur », et c’est un condensé exagéré et grotesque de ce que la société fait de pire qu’il découvre sur place…

Société gangrenée par son passé, secrets de famille étouffants, innocence perdue… Fincher trouve dans ce best seller pas génial matière à explorer ses propres démons. Le double regard de Blonkvist, blanc chevalier pas si preux et pas si intègre, et de Lisbeth, rebelle incapable de se plier aux règles abjectes d’une société qui l’est tout autant, ne fait que renforcer le malaise que l’on ressent.

Malaise qui n’est pas tant dû aux crimes horribles du tueur en série (thème traité avec une nonchalance étonnante), qu’à l’hypocrisie ambiante de cette micro-société.

Une nouvelle fois, Fincher prouve que, débarrassé de ses tics d’ancien clippeur, il est devenu l’un des plus grands. Même avec Millenium qui n’atteint pas les sommets de Zodiac ou The Social Network, il signe un film fort, dérangeant, mais tout de même élégant. Ils ne sont pas si nombreux à réussir ce genre de prouesses…

Les Pleins pouvoirs (Absolute Power) – de Clint Eastwood – 1997

Posté : 18 septembre, 2012 @ 1:53 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, EASTWOOD Clint (acteur), EASTWOOD Clint (réal.) | Pas de commentaires »

Les pleins pouvoirs

« What a stimulating discussion »

J’ai toujours énormément aimé ce film, peut-être le plus « pictural » de tous les Eastwood (avec Minuit dans le jardin du bien et du mal, tourné peu après). Tourné entre deux films « importants » (avant, c’était Sur la route de Madison) qui lui ont valu les faveurs de la critique, ce polar classique sur le fond fait apparemment figure de parenthèse, voire de retour en arrière dans sa filmographie, au cœur d’une décennie particulièrement faste pour l’acteur-réalisateur. A tort.

Les premières images du film, furtive rencontre de Clint et de sa fille Alison reproduisant les œuvres d’art d’un grand musée, donnent le ton d’un film qui donne constamment la sensation d’être un tableau de maître en mouvement. Il y a dans la mise en scène d’Eastwood, dans son sens du cadre, et dans la lumière (signée Jack Green), une beauté et une élégance rares dans le cinéma américain contemporain, une image au grain d’une belle finesse, et un jeu sur les couleurs plutôt rare dans l’œuvre d’Eastwood, qui se détournera de plus en plus de la couleur après ce très beau film.

Mais Absolute Power reste un vrai film de série, un pur suspense d’une belle efficacité avec une intrigue certes un peu tirée par les cheveux, mais captivante. Eastwood lui-même interprète un cambrioleur de haut vol, qui assiste à un crime qui va lui changer la vie : alors qu’il est en pleine action dans une riche demeure, l’arrivée impromptue de mystérieux visiteurs le pousse à se réfugier dans une chambre forte secrète, dotée d’un miroir sans teint. Il ne perd rien de la scène qui suit : le président des Etats-Unis qui maltraite la jeune épouse de son mentor, cette dernière étant finalement abattue par les garde-corps de l’homme le plus puissant du monde.

Traqué par les services secrets, il sait qu’il doit disparaître, et tente de renouer contact avec sa fille, jouée par Laura Liney. Si Eastwood traite l’intrigue policière avec moins de désinvolture  que dans Jugé coupable, on sent qu’il est bien plus intéressé par les relations entre les personnages : entre le cambrioleur et sa fille ; entre le président (Gene Hackman, dans un décalque du rôle qu’il jouait dans Sens unique) et son bras droit (Judy Davis, inquiétante) ; entre l’un des garde du corps (l’excellent Scott Glenn) et sa conscience…

Ma préférée : la relation entre Eastwood et le flic interprété par Ed Harris. Le plaisir manifeste que les deux hommes ont à se retrouver face à face, dans une poignée de scènes bien plus longues que nécessaires, mais qu’on aimerait voir se prolonger encore plus, est particulièrement communicatif. « Plaisir » : c’est ce qui guide visiblement Eastwood dans ce film chaleureux et généreux. Le réalisateur prend plaisir à enrichir sa palette ; l’acteur prend plaisir à partager ses scènes avec des seconds rôles exceptionnels.

« Quelle discussion excitante ! » s’enthousiasme d’ailleurs Clint après un dialogue avec Ed Harris, ponctué par de grands sourires de l’un et de l’autre. Des sourires que l’on partage, et comment, devant ce film totalement décomplexé d’un cinéaste arrivé à un stade où il peut tout se permettre, et qui choisit de rester un artisan à l’ancienne, d’une époque où la richesse des seconds rôles faisait aussi la valeur d’un film.

Présumé innocent (Presumed Innocent) – d’Alan J. Pakula – 1990

Posté : 18 septembre, 2012 @ 1:33 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, FORD Harrison, PAKULA Alan J. | Pas de commentaires »

Présumé innocent

Que ce film de tribunal est bavard ! Ce genre très américain implique certes la présence de très nombreux dialogues, mais là… Pakula a beaucoup de mal à sortir de ces diatribes qui n’en finissent plus. C’est d’ailleurs plutôt bien écrit, et assez prenant, mais l’absence d’une vraie vision de cinéaste pèse sur ce film empesé.

Harrison Ford, impeccable, interprète le bras droit d’un procureur général à la veille du scrutin pour sa réélection. Le meurtre d’une collaboratrice de son cabinet, jeune et belle femme de loi ambitieuse avec qui il a eu une liaison passionnée, vient bouleverser la campagne électorale. D’autant plus que tous les indices semblent accuser le pauvre Harrison, qui est bientôt inculpé.

L’histoire est suffisamment intrigante pour qu’on ne s’ennuie jamais, et Ford a un charisme évident. Mais son rôle n’est pas aussi complexe que celui de son épouse, jouée par Bonnie Bedelia. C’est elle qui incarne l’aspect le plus passionnant du film : la frustration sexuelle et ses effets sur leur couple.

Hélas, on a connu Pakula bien plus inspiré. Le réalisateur se contente de poser sa caméra où il le peut, manifestement sans volonté de construire ses cadres. Le résultat n’est pas désagréable, mais frustrant la plupart du temps. Dans la première partie, surtout, le film étonne par sa plastique totalement dénuée d’une quelconque originalité, ou d’identité.

Le film, en fait, est à l’image de son personnage principal : Ford est toujours sur la réserve et contient toutes ses émotions. L’acteur ne hausse jamais le ton, Pakula non plus. En adoptant le strict point de vue de Ford, personnage tout en intériorité, il aurait pu réaliser une œuvre habitée et puissante. Mais la retenue de la mise en scène tient surtout du manque d’inspiration.

Cela dit, encore une fois, on ne s’ennuie pas, et le thème musical de John Williams, envoûtant, est une grande réussite.

The Game (id.) – de David Fincher – 1997

Posté : 6 septembre, 2012 @ 3:24 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, FINCHER David | Pas de commentaires »

The Game (id.) - de David Fincher - 1997 dans * Thrillers US (1980-…) the-game

Autant Fight Club est le film le plus surestimé de Fincher, autant The Game est son chef d’œuvre le plus méconnu. Mal aimé, considéré à tort comme mineur et jamais vraiment réévalué depuis sa sortie il y a quinze ans, ce film est forme de trompe-l’œil est celui par lequel Fincher a commencé à remiser ses trucs de clippeur. Son premier film « mature », réalisé avec un classicisme et une élégance qui préfigure ses grandes œuvres à venir, de Zodiac à Social Network.

Faux thriller, faux film de complot, mais vrai film de manipulation, The Game est un pur plaisir de cinéma, une œuvre sur le pouvoir du cinéma et de la mise en scène que n’aurait pas reniée Hitchcock. Et avec un personnage principal magnifiquement écrit, et interprété par un Michael Douglas au sommet de son talent.

Homme d’affaire aussi riche et puissant que profondément seul, Douglas est un sale type, qui vit avec le souvenir d’un père qui s’est suicidé lorsqu’il était enfant. Divorcé, il s’est coupé de tous ses proches à force d’intransigeance et d’égoïsme. Dans son immense bâtisse familiale, où il vit seul, il mène une non-vie sinistre et froide. Jusqu’à ce que son petit frère, interprété par Sean Penn, lui offre un cadeau mystérieux : une sorte de jeu de rôle dont il ignore tout.

Du jour au lendemain, son quotidien change du tout au tout, avec de petits incidents apparemment sans gravité qui s’accumulent, créant une sourde menace. Bientôt, sa vie semble menacée, et un piège machiavélique se referme sur lui.

La force du film est de ne jamais quitter le point de vue de Michael Douglas. Les événements qui surviennent nous semblent aussi incompréhensibles que pour le personnage. David Fincher s’amuse à nous manipuler, comme le personnage de Douglas est manipulé tout au long du film. Ses réactions à lui illustrent nos émotions, et résument la puissance du cinéaste, démiurge tout puissant lorsqu’il maîtrise son art.

Et Fincher le maîtrise parfaitement. Avec ses rebondissements innombrables, son efficacité à toute épreuve et sa belle élégance, The Game rappelle les chef d’œuvre d’Hitchcock, lorsque le cinéaste maîtrisait le moindre détail de ses films, et amenait le spectateur exactement où il voulait. C’est ce miracle que Fincher réédite avec ce petit bijou à redécouvrir d’urgence.

Compte à rebours mortel (D-Tox) – de Jim Gillespie – 2002

Posté : 4 septembre, 2012 @ 1:45 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, GILLESPIE Jim, STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Compte à rebours mortel

On peut aimer un acteur en reconnaissant qu’il a une carrière largement dominée par les nanars et les ratages absolus. La preuve : j’aime Stallone. En grande partie pour Rocky bien sûr, mais aussi pour son incontestable présence. Et puis, voir celui qui fut l’une des plus grandes stars du monde tomber aussi bas a quelque chose d’émouvant : les échecs de Daylight et de Copland (deux excellents films, pourtant) au milieu des années 90 ont précipité la chute de Stallone, condamné à faire des apparitions pitoyables dans les troisièmes volets de Taxi et Spy Kids, et à tenir la tête d’affiche de films qui sortent dans l’indifférence générale.

Ce D-Tox, tentative de Stallone de toucher un public plus jeune (c’est le deuxième film du réalisateur de Souviens-toi… l’été dernier), est l’un des plus gros bides de la décennie. Honnêtement, on ne peut pas dire que cet échec soit injuste, tant le film accumule les poncifs et les effets faciles. Stallone y joue un flic (encore) qui enquête sur un tueur de flics (mouais), qui finit par assassiner sa fiancée. Du coup il a l’occasion de jouer les types bouleversés, perd le goût à la vie, se met à boire comme un trou. Bref, rien de bien nouveau.

Sauf que pour se remettre, il va s’isoler dans une ancienne base militaire perdue au cœur d’une nature sauvage et enneigée, et reconvertie en maison de repos pour flics dépressifs. Plutôt original, mais ça ne va jamais plus loin que le stade de l’idée : le film devient alors un film d’épouvante on ne peut plus classique. On sait que l’un des personnages est le fameux tueur, et les morts commencent à s’accumuler. Au lieu de faire front ensemble, les personnages n’en finissent pas de se séparer, et le casting de se décimer. Banal, quoi.

Kris Kristofferson, Charles Dutton, Tom Berenger, Robert Patrick et Stephen Lang cachetonnent. On est content de les voir, on est content de voir Stallone remonter la pente (dans le film), et on n’est pas mécontent que tout ça se termine pas trop lentement…

Sherlock Holmes (id.) – de Guy Ritchie – 2009

Posté : 31 août, 2012 @ 12:43 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, ACTION US (1980-…), RITCHIE Guy, Sherlock Holmes | Pas de commentaires »

Sherlock Holmes

Guy Ritchie réussit un petit miracle avec cette adaptation audacieuse, explosive, moderne, et pourtant fidèle à l’œuvre de Conan Doyle. Il y avait pourtant de quoi avoir peur : Holmes, adepte du combat de rue ? Mouais… sauf que la baston est une manière pour lui de canaliser son hyperactivité intellectuelle. Une intrigue qui flirte dangereusement avec le paranormal ? Mouais… sauf que Ritchie redresse la barre à la dernière minute, expliquant tout de manière rationnelle… comme le faisait Conan Doyle lui-même.

Alors oui, on regarde le film avec une méfiance constante, en s’attendant à peu près au pire, déjà parce que le sieur Ritchie n’a pas fait que du bon par le passé. Et on se dit que, à un moment ou un autre, il va faire le mauvais choix. D’ailleurs, l’intrigue n’est ni vraiment convaincante, ni particulièrement intéressante. Mais au final, c’est un grand soulagement qui domine : Ritchie a tenu sa barre constamment, il ne s’est pas fourvoyé, et il signe un Sherlock Holmes fidèle à son modèle, et très enthousiasmant.

On se fout de l’histoire ? Qu’importe : même dans les livres de Conan Doyle, l’intrigue elle-même n’était pas toujours passionnante. Ce qui compte bien sûr, ce sont les déductions impressionnantes et réjouissantes de Holmes, et ses rapports avec Watson. Et dans ces deux domaines, le film fait des miracles. Côté déductions, Ritchie parvient à nous glisser dans le cerveau hyper actif du détective, avec ses images clipesques un peu maniérées qui pour une fois font sens. Côté relation, c’est peut-être encore plus réussi…

Ritchie instille une dose très marquée et très humoristique d’homosexualité refoulée entre les deux hommes, et fait de ce tandem un vrai couple qui ne dit pas ce qu’il est, mais qui partage passions et engueulades… Une relation qui a son pendant « hétéro » : l’histoire d’amour non consommée entre Holmes et Irène (Rachel MacAdams) est très belle, aussi.

Ces deux relations illustrent joliment les deux aspects contradictoires et complémentaires de Holmes, qui regrette le vie de couple avec Watson tout en tombant amoureux de la seule femme avec laquelle il ne peut pas vivre, et symbolise son incapacité à vivre en société. C’est parfois touchant, et surtout très drôle.

Surtout que Holmes est interprété par l’excellent Robert Downey Jr, génial acteur trop longtemps oublié, à la fois charismatique et doté d’un second degré toujours réjouissant. Face à lui, Jude Law est très bien aussi en Watson.

Ajoutons à cela, et ce n’est pas le moins réussi, une vision plastiquement superbe du Londres de la fin du XIXème siècle, avec une mise en scène constamment inspirée (on pourrait dire que Ritchie a réussi là ce que Pitof avait lamentablement raté avec son Vidocq)… Et voilà l’adaptation de Sherlock Holmes la plus audacieuse, la plus excitante, la plus explosive et la plus fidèle depuis des décennies…

Les Nerfs à vif (Cape Fear) – de Martin Scorsese – 1992

Posté : 25 août, 2012 @ 1:41 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, DE NIRO Robert, MITCHUM Robert, SCORSESE Martin | Pas de commentaires »

Les Nerfs à vif 92

Tout juste trente ans après le classique de Jack Lee Thompson, Martin Scorsese en tire un remake remarquablement fidèle dans la trame. A quelques nuances près, l’histoire est la même. Mais ces nuances ne sont pas anodines.

La raison de la colère de Max Cady est, en particulier, nettement plus trouble. Alors qu’il voulait se venger du type qui avait témoigné contre lui dans le film de 62, il s’en prend cette fois à l’avocat qui l’a mal défendu, dissimulant volontairement un rapport qui aurait pu lui éviter la prison, choisissant de bafouer les droits de son client pour éviter qu’un monstre soit remis en liberté.

Cela ne change pas fondamentalement le film, mais cela renforce le personnage de Max Cady, personnification du mal qui résume à lui seul toutes les limites (incontournables) de la loi et de la justice humaines.

Dans le rôle, Robert DeNiro en fait des tonnes (un personnage excessif qu’il ne cessera de singer par la suite, hélas), mais il est absolument terrifiant, à l’image du Robert Mitchum de La Nuit du Chasseur, dont il reprend la folie apparente et l’imagerie biblique (c’est à ce rôle du grand Mitchum, plus qu’à son Max Cady de 62, que ce Max Cady-là fait penser).

La force du personnage, comme dans le film original, réside dans le fait qu’il est à la fois horrible et repoussant, et très attirant (le Mal est souvent séduisant, et c’est ici tout le sujet du film). La fille de Sam Bowden en fera les frais, dans une relation d’attirance-répulsion bien plus sexuellement explicite et dérangeante que dans le film de Thompson. Il faut dire que Juliette Lewis est l’actrice idéale pour lui apporter le trouble qui manquait trente ans plus tôt.

Plus appuyés aussi, les défauts de Sam Bowden, ici interprété par un Nick Nolte parfait, dans un rôle pas facile face au numéro de De Niro. Arrogant et peu aimable sous les traits de Gregory Peck, il est ici un véritable manipulateur un rien méprisable, qui a fait condamner son client sans lui dire ce qu’il pensait de lui, et qui agit avec la même lâcheté dans sa vie privée : un type qui n’a ni le cran de quitter sa femme avec qui il ne s’entend plus, ni celui de coucher avec la jeune femme qui est tombée amoureuse de lui, et avec laquelle il se contente de flirter, pour le plus grand malheur de la jeune femme, et pour le plus bonheur de son ego à lui…

Une évidence : Scorsese est bien meilleur réalisateur que Jack Lee Thompson. Mais le talent du cinéaste ne se sent vraiment que dans la dernière partie, variation nettement plus spectaculaire de celle de 62, climax apocalyptique à couper le souffle.

La première moitié du film est moins concluante : Scorsese donne l’impression d’hésiter entre différents styles, et peine un peu à vraiment installer l’angoisse (qui finit quand même par devenir franchement oppressante).

Mais il y a l’immense plaisir, que nous réserve Scorsese, d’avoir offert de petites apparitions à Martin Balsam et Gregory Peck, et un rôle un peu plus consistant à Robert Mitchum. Une manière pour lui, qui signait son premier film de genre, de dresser un pont avec le Hollywood de sa jeunesse…

La Relève (The Rookie) – de Clint Eastwood – 1990

Posté : 21 août, 2012 @ 6:18 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, ACTION US (1980-…), EASTWOOD Clint (acteur), EASTWOOD Clint (réal.) | Pas de commentaires »

La Relève

Ça n’intéressera personne, mais La Relève est le premier Eastwood que j’ai vu au cinéma. J’avais 14 ans, j’étais déjà un grand fan, et je me souviens avoir adoré ça. Plus de vingt ans après, le revoir montre bien à quel point la sensibilité de spectateur évolue avec le temps : difficile de reconnaître la touche Eastwood derrière ce polar efficace et explosif, mais dénué d’une quelconque originalité.

Echaudé par les échecs (francs ou relatifs) de ses derniers films, et alors qu’il venait de raccrocher le Smith et Wesson de Calahan à l’issue d’un cinquième volet un peu poussif, Eastwood est à la croisée des chemins. Il a 60 ans, et sait qu’il ne pourra plus longtemps jouer les gros bras. Cette Relève, qui porte bien son nom, sonne ainsi comme un baroud d’honneur pour un acteur populaire qui allait de plus en plus se tourner vers sa casquette de cinéaste, et qui n’allait pas tarder à sortir des cartons le scénario qu’il gardait depuis plus d’une décennie : celui de Impitoyable.

C’est d’ailleurs étonnant de constater qu’Eastwood réalisateur a enchaîné son plus mauvais film et son plus grand chef d’œuvre. Comme si, avant de signer son grand-œuvre (et d’obtenir enfin la récompense de ses pairs), il lui fallait prouver qu’il pouvait encore être dans l’ère du temps. C’est d’ailleurs la dernière fois (la seule, d’ailleurs) que le réalisateur Eastwood se plie à la mode du moment. Dans la lignée de L’Arme fatale et de nombreux autres polars de la fin des années 80, La Relève est en effet un « buddy movie » très classique (un vieux flic irrascible, une jeune recrue trop bien élevée), qui joue sur l’opposition des caractères et sur la surenchère spectaculaire.

Dans le domaine du spectaculaire, il faut reconnaître que le film est très convaincant, dominé par quelques séquences très originales et très impressionnantes, en particulier une course poursuite sur l’autoroute avec un camion transportant des voitures de luxe, et l’hallucinante explosion d’un immeuble dont les deux héros échappent en sautant du cinquième étage à bord d’une décapotable. Même à une époque où on a à peu près tout vu en matière de cascades pyrotechniques, ce moment reste réellement bluffant.

Pour le reste, à part quelques séquences nocturnes où on retrouve vaguement le style Eastwood, le film est très oubliable. Dans les rôles des méchants, Sonia Braga et Raul Julia sont aussi truculents et démodés qu’Alan Rickman dans Piège de Cristal : c’était génial en 1990, c’est à peine supportable aujourd’hui. Charlie Sheen, dans le rôle du « rookie » du titre, n’a pas le quart de la moitié du charisme d’Eastwood, qui lui se contente de recycler ses rôles passés, de Dirty Harry au Tom Highway du Maître de guerre. Pas vraiment glorieux, mais pas honteux non plus.

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