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Pulsions (Dressed to kill) – de Brian De Palma – 1980

Posté : 4 février, 2013 @ 5:27 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, DE PALMA Brian | Pas de commentaires »

Pulsions (Dressed to kill) – de Brian De Palma – 1980 dans * Thrillers US (1980-…) pulsions

De tous les hommages que De Palma a rendus à Hitchcock (et il y en a eu beaucoup), celui-ci est le plus évident : le cinéaste a dû voir et revoir Psycho un nombre incalculable de fois avant d’écrire le script de ce film viscéral. On y trouve d’autres allusions à Hitch (la manière dont il filme le musée évoque une scène de Sueurs froides), mais c’est bien la référence à Psycho qui s’impose.

Dans Pulsions, De Palma réinvente la mythique scène de la douche (deux fois, dont une fois dans un ascenseur), réécrit la fameuse scène d’explication du psy (qui clôt le film d’Hitchcock), nous refait le coup de la tête d’affiche qui disparaît très prématurément, sans oublier le retournement de situation finale que l’on voit arriver gros comme une maison.

De Palma, d’ailleurs, ne fait pas grand effort pour nous préserver l’effet de surprise. Les allusions à Psycho sont tellement évidentes que le spectateur a déjà une grille de lecture toute faite, et qu’on devine rapidement le rôle joué par le psychiatre interprété par Michael Caine.

Pulsions ne joue donc pas sur l’effet de surprise, mais se révèle un pur exercice de style, comme les aimait Hitchcock. La première demi-heure, notamment, est étonnante. La caméra de De Palma suit Angie Dickinson, quinqua frustrée sexuellement, dans les dédales d’un musée où elle allume un inconnu pour se persuader qu’elle est encore désirable (elle l’est !). Une séquence que De Palma fait durer, sa caméra restant au plus près du visage d’Angie tandis qu’elle avance, hésite, recule et cède. Troublant et impressionnant.

La suite se situe sur un autre registre, mais est tout aussi virtuose. L’heure qui suit est une succession de trois moments de terreurs, dont Nancy Allen, jolie prostituée devenue la proie d’un mystérieux tueur, est le cœur. D’abord dans le métro, puis sans le savoir dans la gueule du loup, et enfin prise au piège dans une salle de bain… Qu’importe alors ce qui amène ces situations, qu’importent les incohérences du scénario, ou les trucs d’écriture facile… Tout ce qui compte ici, c’est la manière dont De Palma distille la peur, et il le fait comme peu d’autres cinéastes avant lui.

De Palma étire là encore ces séquences au maximum, toujours sans le moindre effet de surprise : des plans de coupe nous préviennent de tout, évitant qu’un sursaut soudain vienne brouiller le malaise persistant du spectateur.

C’est peut-être bien le film le plus terrifiant de De Palma, et ma plus grande sueur froide depuis bien longtemps…

Blow Out (id.) – de Brian De Palma – 1981

Posté : 31 janvier, 2013 @ 7:01 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, DE PALMA Brian | Pas de commentaires »

Blow Out (id.) – de Brian De Palma – 1981 dans * Thrillers US (1980-…) blow-out

De Blow-up, De Palma n’a repris que le prétexte de départ : un homme pense avoir enregistré un crime… sur photo dans le film d’Antonioni, sur bande-son dans Blow Out, le héros étant ici un preneur de sons pour films d’horreur tout pourris. Un argument de départ qui est pour De Palma l’occasion de signer une œuvre très personnelle, nouvelle réflexion brillantissime sur l’image et la perception.

Dans le rôle du preneur de son, hanté par une erreur passée qui a tourné à la tragédie, John Travolta est formidable. Sur le point d’entamer sa longue traversée du désert pré-Pulp Fiction, il trouve paradoxalement le meilleur rôle de sa carrière : un type en apparence droit et intègre, mais bien plus complexe que ça, condamné à répéter les mêmes erreurs et à vivre avec elles ad vitam eternam.

Du crime dont Travolta est le témoin, le scénario imagine un complot politique avec maître-chanteur, policier douteux, et homme de main meurtrier (John Lithgow). Mais cette intrigue n’est elle aussi qu’un prétexte. Ce qui intéresse De Palma, c’est son couple de héros : Travolta et Nancy Allen, jeune délurée idiote et adorable. Et c’est surtout le jeu sur l’image et le son, sur la manière dont l’un et l’autre se complètent…

Blow Out est une petite merveille de mise en scène, qui s’amuse constamment à recoller les pièces manquantes de la perception, seule manière d’appréhender correctement les choses, et d’agir. La manière dont il filme la séquence nocturne de prise de son est absolument sublime : les sons d’abord, puis l’origine de ce bruit, en gros plans avec Travolta en arrière-plan.

La fin du film est extraordinaire, dans le contexte du Liberty Day, qui ancre Blow Out dans l’histoire trouble des Etats-Unis (le film que monte Travolta à partir de son enregistrement évoque évidemment celui de Zapruder ; le crime s’inspire d’un accident à scandale de Ted Kennedy…

Comme dans d’autres films de De Palma (Les Incorruptibles, L’Impasse), il y a aussi une grande scène de gare, fausse course poursuite et vraie tragédie en marche. Avant une fin traumatisante et désespérée, absolument inoubliable.

Effraction (Trespass) – de Joel Schumacher – 2012

Posté : 24 janvier, 2013 @ 5:21 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, SCHUMACHER Joel | Pas de commentaires »

Effraction (Trespass) – de Joel Schumacher – 2012 dans * Thrillers US (1980-…) effraction

Depuis le temps que je pense que Joel Schumacher est un cinéaste sous-estimé ! Il fallait bien que ça arrive, enfin, qu’il filme son chef-d’œuvre, un thriller tendu de bout en bout, huis-clos original et oppressant, soutenu par une Nicole Kidman plus nuancée et troublante que jamais, et par un Nicolas Cage au sommet de son talent protéiforme.

Non, je déconne. La vérité, alors ? Effraction est une pure bouse, sans le moindre intérêt. Tout sonne faux dans ce huis-clos qui se veut oppressant, mais qui se résume à 1 heure 25 de cris effarouchés des deux Nic aux prises avec une bande de voleurs qui ont envahi leur hideuse maison de riches. Oui, parce que le film, vérification faite, ne dure qu’1 heure 25, mais ces 85 minutes sont interminables.

Cage n’a jamais été aussi médiocre, Kidman paraît engoncée dans ses lèvres botoxées qui expriment de la même manière la peur (avec une bouche en cul de poule qui fait « aahhhh !! » très fort) et le trouble dans les flash-backs (avec une bouche en cul de poule qui ne fait rien).

Les rapports entre ces deux-là ne sont jamais crédibles. Leur fille est une ado détestable qui n’est sauvée que parce que ses parents sont pires… A quoi se raccrocher ? On assiste à ces cris interminables avec un vague intérêt poli, en se disant que, quand même, les lunettes de Nic Cage sont très laides, qu’il faudrait penser à retirer à Joel Schumacher son permis de filmer, et que cette impression de perdre son temps est très désagréable.

Gone baby gone (id.) – de Ben Affleck – 2007

Posté : 24 janvier, 2013 @ 11:07 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, AFFLECK Ben | Pas de commentaires »

Gone baby gone (id.) – de Ben Affleck – 2007 dans * Thrillers US (1980-…) gone-baby-gone

Décidément, Dennis Lehane est bien servi au cinema. Après avoir été adapté par Clint Eastwood (Mystic River) et Martin Scorsese (Shutter Island), c’est au tour de Ben Affleck de s’intéresser à l’œuvre du génial écrivain. Oui, bien sûr, sur le papier, Ben Affleck fait pale figure face à Clint et Marty. D’autant plus qu’il s’agit du premier film réalisé par une star bovine et dans le creux de la vague. Bref, pas forcément le type sur lequel on aurait musé le plus…

Sauf que Ben Affleck est autant un acteur fade et inintéressant qu’un cinéaste fin et inspiré. Et ce qu’il réussit avec Gone baby gone est assez magnifique. C’est bien simple : il n’y a à peu près aucune faute de goût, aucune facilité, aucun faux pas dans cette première réalisation, qui rend parfaitement justice à un roman dur, fort, et diablement complexe, que ce soit par l’intrigue elle-même ou par les enjeux moraux qu’elle véhicule.

Gone baby gone, le roman (à lire absolument aux éditions Rivage Noir), est le troisième des six romans (dont le dernier, sorti l’an dernier, est justement la suite tardive de Gone baby gone) mettent en scène un couple de détective, Patrick Kenzie et Angie Gennaro. Les fans de Lehane (dont je suis) seront un peu déstabilisés par les personnages principaux, assez différents de ce qu’ils sont dans le livre. Angela, surtout, perd ses illusions et les derniers relents de légèreté dans le livre. Interprétée ici par Michelle Monaghan, elle paraît dès les premières images être au bord de la dépression, ne donnant jamais le change ?

Kenzie, lui, a le visage poupon de Casey Affleck (le frangin), et c’est une idée grandiose. Parce que c’est un acteur passionnant, et parce que ces faux airs d’enfants tranchent radicalement avec la volonté jusqu’au-boutiste et la violence à fleur de peau de ce personnage.

Dans Gone baby gone, nos deux détectives sont engagés pour retrouver la petite fille d’une toxico insupportable. Trafiquants, pédophiles, ripoux… les mauvaises pistes et les mauvaises rencontres se succèdent, jusqu’à un dénouement que je me garderai bien de dévoiler ici, mais qui laisse au fond un sentiment de malaise tenace, et violent.

Le roman est dur, insoutenable même parfois, en particulier lors de l’affrontement avec la « famille » de pédophiles. Le film d’Affleck a l’intelligence, et le courage, de ne rien édulcorer, tout en évitant toute surenchère de violence visuelle. A l’image de cette séquence des pédophiles, traitée avec une concision et une force rare (une série de flashs qui nous font ressentir toute l’horreur et toute la tension insupportable de ce moment), le film n’est jamais racoleur, toujours sur la note juste.

De la même manière, Affleck retranscrit parfaitement l’atmosphère de Boston, cette impression que donnait Lehane de nous amener au cœur de son quartier, par le regard de Patrick Kenzie. On ressent la vie de ces quartiers, emplis de gueules pas possibles, et où la violence et la drogue sont des compagnons de vie.

Affleck frappe fort et juste. Gone baby gone est l’œuvre d’un grand réalisateur.

Usual Suspects (The Usual Suspects) – de Bryan Singer – 1996

Posté : 23 janvier, 2013 @ 12:31 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, SINGER Bryan | Pas de commentaires »

Usual Suspects (The Usual Suspects) – de Bryan Singer – 1996 dans * Thrillers US (1980-…) usual-suspects

Quinze ans après, Usual Suspects reste le sommet de la carrière de Bryan Singer, et une référence incontournable pour le « film de manipulation ». On a beau l’avoir vu une demi-douzaine de fois, on a beau le connaître par cœur, on marche toujours à 100% dans cette histoire machiavélique tournant autour d’un génie du crime mythique. Et il ne faudrait pas sous-estimer le travail de Singer, cinéaste souvent bien moins inspirée qu’ici, qui fait mieux que servir le scénario génial de Christopher McQuarrie.

Complexe, malin, tordu, le scénario aurait pu donner tout autre chose devant la caméra élégante d’un David Mamet, autre expert es-manipulation (La Prisonnière espagnole). De ce criminel mystérieux au cœur de l’intrigue, la mise en scène de Singer fait une légende, un mythe, une chimère, la meilleure incarnation du Diable. Dès que son nom est cité, par un Hongrois qui parle dans sa langue, tout s’arrête. « Keizer Soëze »… Il ne faut pas plus que ce nom, et le regard soudain fixe de tous ceux qui l’entendent, pour qu’on retienne son souffle, et que le film prenne une autre dimension.

Sans que l’on sache quoi que ce soit de lui (on n’en saura d’ailleurs pas grand-chose), Keyzer Soëze fait instantanément son entrée dans la cour des grands criminels de l’histoire du cinéma. La caméra de Singer, travail intelligent et complexe sur la dissimulation, sur l’imperceptibilité, sur le mensonge, donne une âme à ce personnage qu’on ne voit pas, et dont on ne sait même pas s’il existe.

Difficile de raconter le film comme ça. En résumant à l’extrême, on a cinq criminels (Gabriel Byrne, fascinant ; Kevin Spacey et Benicio Del Toro, deux révélations ; Stephen Baldwin et Kevin Pollack, dans leurs meilleurs rôles) réunis pour une séance d’identification, qui se retrouvent pris au piège par ce mystérieux Keyzer Soëze qui se sert d’eux.

La construction du film est brillante, faite de flash-backs et de sauts dans le temps. Ce pourrait être un film de scénariste, mais Singer en fait une pure œuvre de cinéma, dont tous les rebondissements, tous les plans, mènent inexorablement vers le coup de théâtre final, et cette voix off : « And like that… he’s gone… »

Drive (id.) – de Nicolas Winding Refn – 2011

Posté : 18 janvier, 2013 @ 5:31 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, WINDING REFN Nicolas | Pas de commentaires »

Drive (id.) – de Nicolas Winding Refn – 2011 dans * Thrillers US (1980-…) drive

Avec cette bombe, sa deuxième réalisation américaine, le Danois Nicolas Winding Refn renoue avec une tradition qui remonte à l’âge d’or d’Hollywood, selon laquelle les cinéastes européens qui s’attaquaient au cinéma de genre américain transcendaient ces genres en les respectant profondément, tout en leur apportant leur propre sensibilité.

Drive, sur le papier, est un pur film noir, dont l’histoire tient sur un coin de nappe : un solitaire qui vit de ses talents de conducteur accepte de participer à un braquage pour sauver la jeune femme qu’il aime et le fils de cette dernière. Mais le braquage tourne mal, et le solitaire se retrouve au cœur d’un piège mortel. On a déjà vu 1000 fois depuis les années 40 et l’histoire, ici, n’apporte guère de surprise.

Mais il y a un génie derrière la caméra (qui a d’ailleurs obtenu le prix de la mise en scène à Cannes pour ce film) et forcément, ça change tout. A l’arrivée, Drive est plus qu’un chef d’œuvre et un film déjà culte : c’une expérience sensorielle qui ne ressemble à rien d’autre¸ un voyage en apesanteur dans une ville aliénante (L.A.) et dans l’esprit torturé d’un jeune homme capable de faire face à n’importe quelle difficulté, à l’exception de l’échec de sa propre vie…

La première séquence, quasi-muette, nous mène du côté d’un Michael Mann. Comme son aîné, NWR vise (et réussit) à nous emmener dans un trip sensoriel à travers les rues nocturnes de Los Angeles, quasi-irréelles. Pour Refn, les mots n’ont visiblement pas grand sens, et encore moins d’importance. Les dialogues, rares, ne disent pas grand-chose. Et les personnages eux-mêmes semblent totalement incapables d’aligner plus de deux mots.

Pourtant, les face-à-face entre le conducteur solitaire (Ryan Gossling) et la jeune mère dont il tombe amoureux (Carey Mulligan) sont bouleversants. Un plan qui s’éternise sur des regards trop habitués d’être tristes, une esquisse de sourire… Il n’en faut pas plus à Refn pour déclencher des torrents d’émotion, et nous ouvrir les cœurs de ses personnages.

Dans ce film noir habité par une bande son pop et psychédélique à tomber par terre, tout n’est que mélancolie, soulignée par des ralentis magnifiques, un montage exceptionnel, et une manière bouleversante de filmer les visages. Pardonnons à Refn la surenchère de violence de la dernière partie, qui casse un peu l’envoûtement : Drive est une virée qu’on n’est pas prêt d’oublier…

Copland (id.) – de James Mangold – 1997

Posté : 14 janvier, 2013 @ 11:42 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, DE NIRO Robert, MANGOLD James, STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Copland (id.) – de James Mangold – 1997 dans * Thrillers US (1980-…) copland

Le film qui a révélé James Mangold, le film qui a rappelé à tous qu’avant d’être une superstar de l’action, Stallone était un vrai acteur. Et peut-être le casting le plus excitant de la décennie. Keitel, De Niro, Liotta, Robert Patrick, Annabella Sciorra, en plus de Sly. Plutôt pas mal pour ce polar à l’ancienne, tendu, qui évite soigneusement toutes les facilités et les effets attendus.

Ecrit par Mangold, le film porte bien son nom : « Copland », c’est Garrison, New Jersey, petite ville tranquille où vivent des dizaines de flics de New York. Sauf que ces flics-là sont des pourris, qui entretiennent tous des liens plus ou moins serrés avec la mafia, ce que le shérif local (imaginez l’importance d’un shérif dans une ville de flic) tente désespérément de ne pas voir.

Stallone, donc, trente kilos de trop, la paupière tombante, les épaules voûtées, traverse le film comme cette tortue en peluche qui revient constamment. Une tortue incapable de sortir de sa coquille, flic raté parce qu’il a perdu l’usage d’une oreille en sauvant la vie de celle qui a préféré en épouser un autre, et parce qu’il est incapable de se révolter.

Sauf que ce raté absolu que les « vrais » flics regardent avec condescendance, et qu’on sent constamment sur le point d’éclater en sanglots (Stallone est très émouvant), ne peut plus encaisser. Pas d’héroïsme dans ses choix. Juste le constat qu’il lui est désormais impossible de laisser faire une fois de trop, alors que les flics semblent prêts aux pires crimes pour se couvrir.

Copland, c’est le réveil de la tortue. Et dans ce rôle pas facile, souvent en retrait, Stallone happe littéralement la caméra. Face au grand De Niro, face à un Keitel parfait, c’est lui qui attire le regard, souvent sans dire un mot. Parce qu’il dégage un mal-être et un sentiment de gâchis, le poids de ses années perdues. Sa prestation évoque un Rocky à qui personne n’aurait donné sa chance.

Ray Liotta aussi est formidable, dans un rôle plus convenu. Mais la relation virile, faite d’amitié et de défiance avec le personnage de Stallone, évoque un autre grand duo de cinéma : celui de Rio Bravo, que Mangold cite clairement dans une séquence à l’intérieur du poste de police, où Stallone se retrouve seul pour garder le type que les ripoux veulent tuer. Avec le cocaïnomane Liotta qui remplacerait l’alcoolique Dean Martin, et un Stallone qui se serait trouvé malgré lui dans les bottes de John Wayne, sans avoir ni sa carrure, ni son courage, ni sa détermination.

Le Solitaire (Thief) – de Michael Mann – 1981

Posté : 13 janvier, 2013 @ 1:18 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, MANN Michael | Pas de commentaires »

Le Solitaire (Thief) – de Michael Mann – 1981 dans * Thrillers US (1980-…) le-solitaire

Un braqueur de haut vol fidèle en amitié, qui prépare son dernier coup avant de se ranger avec la jeune femme qu’il aime ? Ce n’est pas le De Niro de Heat, mais le James Caan du Solitaire, premier long métrage cinéma de Michael Mann. Quinze ans avant le face-à-face De Niro / Pacino, les obsessions du cinéaste sont déjà bien en place, même si on ne retrouve pas encore cette confusion entre Bien et Mal, qui sera sa marque de fabrique dans tous ses grands polars à venir, de Sixième Sens à Public Enemies.

Avec cette œuvre de jeunesse, Mann frappe déjà assez fort, signant un film tendu et implacable qui, malgré quelques longues séquences en creux (notamment un très long dialogue entre Caan et Tuesday Weld, qui sonne étonnamment faux), ne laisse jamais retomber la tension. D’ailleurs, le film a rapidement fait l’objet d’un petit culte qui est toujours d’actualité.

Il faut quand même reconnaître que Thief a pris un petit coup de vieux. Et pas seulement à cause de la veste en cuir de Caan et des lunettes pas possibles de Robert Prosky, le grand méchant de l’histoire. L’esthétique, très datées eighties, et surtout la musique électronique à peine écoutable aujourd’hui, sont quand même des fardeaux qui, trente ans après, pèsent lourdement sur le film.

Mann est par ailleurs (et surtout à l’époque) meilleur formaliste que directeur d’acteurs. Ici, la hargne bondissante de James Caan a par moment un peu de mal à convaincre.

Cela dit, le rythme est, la plupart du temps, impeccable. Et Mann nous gratifie déjà de quelques belles séquences nocturnes qui ne semblent brouillonnes que parce qu’on les compare avec celles de Collateral ou Miami Vice, autrement plus envoûtantes. Reste que ces images de nuit urbaine dépassent largement ce qu’on pouvait voir ailleurs, au début des années 80 ou depuis.

Le Solitaire est un peu plus qu’un brouillon : c’est le portrait sombre et violent d’un homme qui, après avoir passé des années en prison, refuse toutes les attaches et toutes les règles qui lui seraient imposées. Du pur Mann dans le texte.

On peut quand même s’amuser à noter les nombreuses ébauches que Mann développera dans sa filmographie à venir : la plage de Sixième Sens, le casse de Heat

On peut aussi s’amuser à reconnaître, dans un minuscule rôle (trois secondes à l’écran, pas plus) William Petersen, qui deviendra le héros du premier chef d’œuvre de Mann, Manhunter.

Le Silence des Agneaux (The Silence of the Lambs) – de Jonathan Demme – 1990

Posté : 7 janvier, 2013 @ 7:01 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, DEMME Jontahan | Pas de commentaires »

Le Silence des Agneaux (The Silence of the Lambs) – de Jonathan Demme – 1990 dans * Thrillers US (1980-…) le-silence-des-agneaux-1

C’est la marque des chefs-d’œuvre : j’ai beau avoir vu ce monument une bonne demi-douzaine de fois, j’ai beau connaître par avance quasiment chaque plan à venir, je suis toujours aussi terrifié par ce Silence des Agneaux (y a-t-il eu plus beau titre de film, dans toute l’histoire du cinéma ?), film qui a révolutionné le thriller, lancé la mode des tueurs en série au cinéma, et posé des bases qui serviront à des dizaines de films ou séries télé (à commencer par Twin Peaks et X-Files, dont la Scully est un copié-collé de Clarice Starling).

Le film a inspiré quelques bons thrillers, et une quantité incroyable de films mineurs, voire de nanars. Mais c’est frappant de constater, plus de vingt ans après, à quel point le film de Demme n’a rien perdu de sa force. Le parti-pris du réalisateur y est pour beaucoup. Au-delà du personnage de Hannibal Lecter, manipulateur machiavélique interprété avec un sadisme et une élégance glaçants par Hopkins, c’est aussi l’authenticité qui frappe.

Ni poisseux à l’extrême comme Seven, ni porté par un enjeu dramatique personnel aussi fort que L’Enjeu, Le Silence des Agneaux est totalement ancré dans une réalité parfaitement tangible. Et c’est ce réalisme, ce quotidien palpable, qui font froid dans le dos…

le-silence-des-agneaux-2 dans 1990-1999

Clarice Starling, l’apprenti agent du FBI que son patron (Scott Glenn, dans le rôle de sa vie) envoie sonder l’âme de Lecter dans l’espoir secret de démasquer un tueur en série en iberté, est une jeune femme un peu froide et plouc, qui n’a rien d’un super agent. Et le tueur qu’elle recherche (Ted Levine, étonnant et effrayant) est un pur malade qui n’a pas l’intelligence démesurée et l’aspect calculateur qui caractérisent la plupart des serial killers à venir du cinéma américain, qui lorgneront tous, sans l’égaler jamais, sur Hannibal, porté au rang de mythe.

Nul autre film, non plus, ne retrouvera une relation aussi trouble et glaçante (encore) que celle qui « unit » Clarice et Lecter, mélange de répulsion et de respect. Les face-à-face entre ces deux-là sont à la fois fascinants et d’une tension à peine supportable.

La tension, d’ailleurs, est à peu près omniprésente dans le film, allant crescendo jusqu’à un face-à-face dans le noir qui reste (même quand on en connaît parfaitement l’issue) l’un des moments les plus authentiquement terrifiants de toute l’histoire du cinéma.

Snake Eyes (id.) – de Brian De Palma – 1998

Posté : 2 janvier, 2013 @ 5:31 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, DE PALMA Brian | Pas de commentaires »

Snake Eyes (id.) – de Brian De Palma – 1998 dans * Thrillers US (1980-…) snake-eyes

L’obsession de De Palma pour le voyeurisme, la perception et les écrans en tous genres trouve avec Snake Eyes, chef d’œuvre méconnu, un magnifique aboutissement. Comme si le cinéaste avait voulu résumer avec ce film tout un pan de sa filmographie. Tout, dans thriller implacable, tourne autour de la perception, de la mise en scène, et du rôle démiurgique de celui qui choisit les images. C’est même le sujet principal du film.

Comme souvent chez De Palma, grand admirateur d’Hitchcock (c’est, assez curieusement, peut-être le plus hitchcockien de ses films, dans sa facture et ses partis-pris de mise en scène ; même Nicolas Cage fait penser au James Stewart de Sueurs froides), le film commence par un long (et faux) plan-séquence, de près de 15 minutes.

Sans coupure apparente (comme dans La Corde), ce premier quart d’heure, d’une ébouriffante virtuosité, présente les personnages, les décors, la situation, et pose les bases que le film ne cessera de décortiquer par la suite. Nicolas Cage, génial dans l’un de ses meilleurs rôles, est un flic corrompu et flambeur d’Atlantic City, qui assiste à un match de boxe dans une salle bondée, au côté de son ami officier des services secrets (Gary Sinise), chargé d’assurer la sécurité d’un important politicien. Mais ce dernier est assassiné sous le regard de 14 000 personnages, de dizaines de caméras, et de Rick Santoro – Nick Cage, qui sans s’en rendre compte ont assisté à des tas d’indices au cours de ces 15 minutes à couper le souffle qui prennent fin à l’instant précis où le crime est commis.

Cette première partie est brillante, impressionnante, et il fallait bien la virtuosité et la maîtrise de De Palma, et la folie furieuse de Cage (folie qui a rarement été aussi bien utilisée qu’ici) pour tenir la distance.

La suite est d’une intelligence et d’une efficacité rares. Pendant les 80 minutes suivantes, Rick/Nick décortique tout ce qu’il a vu sans y porter vraiment attention, et De Palma revient sur tous ces indices qu’il a distillés mine de rien, disséquant son long plan séquence initial en multipliant les points de vue, et les moyens mis à disposition par la technologie : retours en arrière, avances rapides, zooms, arrêts sur images… Snake Eyes a quelque chose d’une version jusqu’au-boutiste d’un film comme Blow out.

C’est toute l’idée géniale du film : nous avoir tout montré sans en avoir l’air, et sans montage et sans trucage apparents, avant d’y revenir en regardant à la loupe tous les aspects de ces images. Il faut voir Snake Eyes pour comprendre le cinéma de De Palma. Il faut voir Snake Eyes parce que c’est l’un de ses meilleurs films. Il faut voir Snake Eyes parce que c’est un thriller haletant et intelligent. Il faut voir Snake Eyes parce que c’est un chef d’œuvre.

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