Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour la catégorie '* Thrillers US (1980-…)'

Fréquence interdite (Frequency) – de Gregory Hoblit – 2000

Posté : 30 octobre, 2022 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, FANTASTIQUE/SF, HOBLIT Gregory | Pas de commentaires »

Fréquence interdite

Vu à sa sortie en salles, ce polar fantastique m’avait laissé un souvenir assez fort. Le revoir un peu plus de vingt ans après confirme tout le bien que j’en pensais, et cette impression d’un film malin et joliment nostalgique, qui m’a encore tiré une petite larme… ou deux… voire même un truc qui ressemblerait presque à un sanglot.

Bref, toujours emballé par cette histoire d’un homme de 1999 qui tombe sur la radio que son père, mort trente ans plus tôt, utilisait quand il était gosse. Et la voix qu’il finit par entendre, c’est celle de ce père qui le hante depuis qu’il est gosse. Comment cela est-il possible ? On n’en sait rien et on s’en fiche : sans doute est-ce grâce à ces aurores boréales qui illuminent la nuit de 1999 comme elles le faisaient déjà en 1969… Qu’importe d’ailleurs, mais cela donne de bien belles images.

La partie la plus casse-gueule est la plus belle : celle où le père (Dennis Quaid) et le fils (Jim Caviezel) entrent en contact et comprennent ce qui leur arrive. Un scénario malin qui joue habilement sur les détails les plus anodins pour nous faire gober le truc (un carreau cassé, une brûlure sur un bureau…), une mise en scène sobre et d’une efficacité imparable, et deux acteurs qui même sans partager l’écran (ni l’époque) forment un duo parfaitement assorti…

Le film de Gregory Hoblit (qui n’a jamais fait aussi bien au cinéma, ni avant ni après) est beau parce qu’il fait peu de cas du mystère de ce postulat de base. Il ne s’intéresse qu’à ces retrouvailles d’un fils privé depuis trop longtemps de son père. On y croit totalement, et on est emporté par l’émotion de ces retrouvailles si simples et si déchirantes…

Au-delà de ces échanges à travers le temps, Hoblit et son scénariste ont la main un peu plus lourde. Le père est pompier, le fils deviendra flic… Pas très original, dans le cinéma américain, mais pourquoi pas… Mais, la mi-film passée, la simple magie de ces retrouvailles ne suffit plus vraiment, et le film se transforme en un thriller qui serait assez convenu (une énième histoire de tueur en série) si elle ne mettait pas en scène deux héros séparés par trois décennies.

Alors on reste happé par le suspense qui prend le pas sur l’émotion. Et tant pis si la fin est assez prévisible, et que Hoblit y laisse éclater son américanisme traditionnel, voire rétrograde. Pas de bonheur possible sans la famille, pas d’accomplissement sans ce qui fait le liant et la force de la nation américaine… La justice ? L’amour ? Non : le base-ball.

Outland… loin de la Terre (Outland) – de Peter Hyams – 1981

Posté : 29 septembre, 2022 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, HYAMS Peter | Pas de commentaires »

Outland

Le générique de début a au moins le mérite de ne pas mentir sur la marchandise : Outland est une production qui flirte ouvertement du côté d’Alien, dont le succès deux ans plus tôt avait durablement marqué la science fiction. Le générique est donc très semblable, l’atmosphère angoissante et oppressante aussi, les décors tout de longs couloirs obscurs, de passerelles et de tuyaux interminables. Jusqu’au procédé narratif inaugural, avec ces transmissions informatiques qui s’affichent sur l’écran pour présenter le contexte.

Dans l’espace, personne ne vous entendra crier, selon la phrase d’accroche du chef d’œuvre de Ridley Scott. Pour Outland, ce pourrait être : dans l’espace, t’auras beau crier, personne n’en aura rien à faire. C’est en tout cas ce que réalise le shérif nouvellement affecté dans une colonie minière très, très loin de la terre. Il réalisera franchement dépité que face à l’obscurité, il ne peut compter sur à peu près personne.

Et là, ce n’est pas à Alien que l’on pense, mais au Train sifflera trois fois, dont le film de Peter Hyams est une sorte de remake officieux mais revendiqué. En tout cas dans sa seconde moitié, de loin la plus prenante. Après avoir compris qu’il ne pourrait compter sur personne, le shérif intègre interprété par un Sean Connery, bien décidé à se dresser contre les trafiquants de drogue qui sèment la mort dans la colonie, apprend que des tueurs ont été envoyés par la prochaine navette pour l’assassiner.

Alors il attend, il attend. Et cette longue attente est longuement filmée par Hyams, dans une sorte de parenthèse étouffante où il ne se passe rien, rien d’autre qu’un homme acculé qui tente sans y croire d’obtenir de l’aide de ses hommes, ou des ouvriers qu’il est payé pour protéger. Comme Gary Cooper dans le classique de Zinnemann. Cette séquence d’attente, qui s’étale sur de longues minutes, semblerait inimaginable dans une grosse production d’aujourd’hui.

Elle semble être la raison d’être de ce western de l’espace, celle vers quoi tout la première partie converge, et qui donne son élan à l’affrontement final. Qui tire un peu en longueur, hélas. Le film, d’ailleurs, n’est pas exempt de défaut, avec un rythme un peu bancal au début, et des trucages spatiaux qui prêtent à sourire. Mais Hyams a rarement été aussi inspiré. Une curiosité.

Dead Bang (id.) – de John Franhenheimer – 1989

Posté : 20 septembre, 2022 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, FRANKENHEIMER John | Pas de commentaires »

Dead Bang

La décennies 1980 n’est pas franchement la plus éclatante pour John Frankenheimer, qui enchaîne alors les séries B tout juste efficaces. Après Paiement Cash, Dead Bang fait quand même figure de nette progression. Pas dénué de défauts, mais plutôt intéressants.

Côté défauts, eh bien le film condense une bonne partie des excès qui ont marqué ces années 80 : une musique de synthé insupportable, une violence excessive, une psychologie au rabais. Oui, ça fait beaucoup, et ça peut sembler rédhibitoire. Mais malgré tout, il y a de bonnes choses dans ce Dead Bang.

Il y a d’abord Don Johnson, alors au sommet, encore auréolé de sa gloire Miami Vice. Dead Bang est sans doute le plus important de ses rôles principaux, avec le très bon Hot Spot de Dennis Hopper, tourné l’année suivante. L’acteur incarne tout un pan de cette décennie, excès compris : il est trop beau, trop propre pour le rôle. Pourtant, il dégage une étonnante fragilité qui sied parfaitement au personnage.

Son personnage est le meilleur atout du film. Bien plus que l’histoire elle-même, la traque par un flic obsessionnel d’un suprématiste blanc à travers les Etats-Unis. Cette dimension là pourrait être passionnante, et donner lieu à une peinture sans concession d’une certaine Amérique raciste. Elle ne l’est qu’à la surface, constamment dominée par l’aspect purement polar.

Mais ce flic joué par Johnson a un côté pathétique passionnant, jusqu’au sourire too much qui arbore in fine. Plombé par un divorce douloureux et par des dettes qui s’accumulent, au bord de la rupture, le flic se raccroche à cette enquête qui ne peut pas bien finir pour lui, puisqu’elle est à peu près tout ce qui lui reste. La déchéance de ce type à la gueule d’ange mais au regard sombre est assez passionnante, pour le coup.

The Old Man and the Gun (id.) – de David Lowery – 2018

Posté : 18 septembre, 2022 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, LOWERY David | Pas de commentaires »

The Old Man and the Gun

C’est basé sur une histoire vraie, mais ça n’a pas grande importance. The Old Man and the Gun est avant tout un joli film pour clore (ou presque, et sûrement) une grande carrière d’acteur. Si on oublie (et je n’ai aucun mal à le faire) une ultime ultérieure panouille chez Marvel, ce pourrait bien être la toute dernière apparition de Robert Redford au cinéma. Et même s’il y a dans sa filmographie quantité de chefs d’œuvre autrement plus marquants (au hasard : La Poursuite impitoyable, Willie Boy, Les Trois Jours du Condor), il y a bien pire pour tirer sa révérence.

L’histoire de ce vieux braqueur de banque qui, à (bien) plus de 70 ans, continue à voler non pas pour gagner sa vie mais pour simplement vivre, ressemble au clin d’œil d’un vieil acteur qui n’a pas l’intention de partir sans un ultime baroud d’honneur, sans avoir une dernière occasion de jouer les séducteurs à l’œil qui frise, avec ce regard de sale gosse gentiment insolent, qui ne l’a jamais vraiment quitté.

Le film serait franchement anecdotique s’il n’y avait cette dimension testamentaire pour Redford. Mais elle est bien là, cette dimension, et ça change tout. La légèreté du ton, à l’opposée d’un Gran Torino auquel le film a injustement été comparé, le refus obstiné de se prendre au sérieux, jusqu’à ne plus même filmer les braquages eux-mêmes, la position souvent en marge de l’action du personnage de Redford… Tout ça concourt à dédramatiser un thème qui est, quand même, celui d’une vie qui s’achève.

Mais tant qu’il y a de la vie, il y a de la légèreté, du bonheur. Et c’est presque une leçon de vie, joliment insolente, que le film nous offre, et que reçoit parfaitement le flic interprété par le grand Casey Affleck, formidable comme toujours. Des tas d’acteurs impeccables sont d’ailleurs réunis pour ce baroud d’honneur de Redford : des vieilles badernes comme Danny Glover ou Tom Waits, la trop rare Sissy Spacek, ou même l’excellente Elizabeth Moss dans un petit rôle inattendu.

Il y a des films dont on sent bien qu’ils sont très mineurs et qu’ils n’apportent pas grand-chose, mais dont on tombe tout de même sous le charme. C’est le cas de The Old Man and the Gun.

La Défense Lincoln (The Lincoln Lawyer) – de Brad Furman – 2011

Posté : 26 août, 2022 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, FURMAN Brad | Pas de commentaires »

La Défense Lincoln

Presque dix ans après l’adaptation très libre de Créance de sang par Clint Eastwood, Michael Connelly a de nouveau droit aux honneurs d’Hollywood avec ce polar judiciaire basé sur l’un de ses personnages récurrents, l’avocat Mickey Haller.

L’intrigue est retorse comme il se doit : l’avocat est choisi pour défendre un homme accusé de violences sur une femme, dont il découvre bientôt qu’il est effectivement coupable, mais aussi qu’il est responsable d’un meurtre pour lequel un autre client de Haller a été condamné. L’avocat, tenu par le secret professionnel, se retrouve pris au piège.

C’est brillamment retors. Mais ce qui fonctionne le mieux dans cette adaptation, c’est le personnage lui-même, avocat cynique et calculateur que ses restes d’humanité rendent à peine plus sympathique. Le scénario, en tout cas, ne fait rien pour gommer les aspérités du gars, regard carnassier et suffisance affichée, véritable renaissance pour Matthew McConaughey.

L’acteur, après des débuts brillants au milieu des années 1990, végétait depuis une décennie dans des comédies romantiques d’avantage taillées pour son torse glabre et musclé que pour ses talents d’acteur. La Défense Lincoln permettait de remettre les pendules à l’heure, et d’ouvrir une période autrement plus passionnante, de Killer Joe à Interstellar en passant par Mud.

Il est assez formidable ici, imposant un personnage qui ne ressemble véritablement à aucun autre, et dominant une distribution qui donne la part belle aux seconds rôles de prestiges, de William H. Macy à Marisa Tomei en passant par Ryan Philippe, Bryan Cranston, Michael Pena, John Leguizamo ou Frances Fisher.

Manquerait plus qu’un vrai grand metteur en scène pour emballer tout ça. Ce n’est pas vraiment le cas. Brad Furman fait le job avec application, et une efficacité indéniable, mais en glissant quelques effets de caméra très dispensables, qui nuisent aux quelques scènes de pur suspense. Pas de quoi gâcher le plaisir.

Quant à Mickey Haller, outre les autres romans dans lesquels il est régulièrement apparu sous la plume de Connelly, il est désormais (comme l’autre personnage récurrent du romancier, Harry Bosch) le héros d’une série elle aussi intitulée La Défense Lincoln.

Waldo, détective privé (Last Looks) – de Tim Kirkby – 2021

Posté : 25 août, 2022 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2020-2029, KIRKBY Tim | Pas de commentaires »

Waldo détective privé

Les bonnes intentions ne font pas forcément de grands films. Il y en a des tas dans ce Waldo, qui tente de renouveler le genre très emprunté du film de détective privé, versant rigolard. Mais beaucoup de ces bonnes intentions semblent bien réchauffées. Prenons les dialogues décalés, et cette manière qu’a le privé d’engager la conversation sur un ton badin avec ceux qui passent leur temps à lui démonter le portrait… Ce pourrait être réjouissant et innovant, si ce n’était un parti-pris à ce point à la mode (The Nice Guys, pour n’en citer qu’un).

Soyons honnête : c’est tout de même assez réjouissant. Suffisamment, en tout cas, pour qu’on ne s’ennuie pas et qu’on prenne même un certain plaisir à voir ce détective privé qui a choisi de quitter Los Angeles pour adopter un mode de vie minimaliste (avec un credo : ne posséder que 100 objets, pas 1 de plus) au milieu de nulle part. Un certain plaisir, en même temps qu’un sentiment franchement dubitatif.

On a quand même bien du mal à prendre au sérieux, et à croire vraiment en ces personnages juste un peu trop excessifs : le dealer qui s’achète une conduite, le flic qui se laisse corrompre, le producteur aux dents trop longues, l’institutrice trop sexy, et surtout la star imbibée d’alcool et accusée de meurtre… un rôle central mais secondaire tout en autoréférences pour Mel Gibson, à la moustache elle aussi excessive.

On n’y croit pas une seconde, mais il y a Charlie Hunnam, qui prend un plaisir communicatif à jouer le privé qui s’est trouvé une conscience, et qui surjoue avec une nonchalance gourmande (oui, c’est possible) le pacifiste écolo, qui semble revivre lorsqu’il sort son flingue ou se met au volant d’un gigantesque hummer. Joyeusement incorrect…

Aux yeux de tous (Secret in their eyes) – de Billy Ray – 2015

Posté : 7 août, 2022 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, RAY Billy | Pas de commentaires »

Au yeux de tous

Remake d’un thriller argentin à l’excellente réputation, Dans ses yeux (pas vu), Aux yeux de sombre est un film sombre. Très sombre. Un thriller qui navigue assez habilement entre l’action présente et une succession de flash-backs qui se répondent constamment et éclaircissent ou obscurcissent l’intrigue, c’est selon.

Treize ans après le meurtre dont a été victime la fille de sa collègue et amie, un ancien agent du FBI est persuadé d’avoir retrouvé la trace du tueur. Une histoire d’obsession comme on en a beaucoup vu dans le thriller. L’histoire d’un deuil impossible, aussi, et même de plusieurs deuils : celui de la mère bien sûr, mais aussi celui de l’ami incapable de faire taire son sentiment de culpabilité, et celui de la belle et ambitieuse district attorney, qui elle peine à faire le deuil de ses passions de jeune femme.

Bref, on rit assez peu dans Aux yeux de tous. A vrai dire, on n’a de brèves occasions de sourire que dans le début du premier flash-back, avant la découverte du corps, moment assez traumatisant porté par l’interprétation intense de Chiwetel Ejiofor et la douleur oppressante de Julia Roberts, physiquement transformée par ce rôle de mère déchirée. Dans celui plus nuancé de la district attorney, Nicole Kidman est formidable.

Grand casting, donc, pour une intrigue qui nous plonge dans le traumatisme de l’Amérique de l’immédiat après-11 septembre, avec tout ce que cela implique de paranoïa et de cynisme. Ce n’est certes pas le film le plus délicat et le plus nuancé de l’histoire du thriller délicat et nuancé, et la charge peut être un peu lourde sur certains aspects. Mais la simplicité d’une intrigue qui ne cherche pas l’esbroufe et le coup facile est assez remarquable.

Quant au rebondissement final, que l’on pressent sans deviner sa nature exacte, il surprend et séduit également par son refus du sensationnalisme, refermant le film sur une note profondément humaine et émouvante. Eprouvant, oui, mais aussi plein d’humanité.

La Femme à la fenêtre (The Woman in the window) – de Joe Wright – 2019-2021

Posté : 2 août, 2022 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, 2020-2029, WRIGHT Joe | Pas de commentaires »

La Femme à la fenêtre

Joe Wright a au moins le mérite de ne pas cacher ses influences – majeures. Son film s’inspire très ouvertement de Fenêtre sur cour et de La Maison du Docteur Edwardes ? Il glisse dès les premières séquences des extraits des deux classiques d’Hitchcock. La Femme à la fenêtre, adaptation d’un roman à succès, est ainsi avant tout un film hyper-référencé qui flirte tout autant du côté du thriller paranoïaque à la Rear Window que du côté de la peur psychanalytique à la Spellbound.

Les références sont bonnes, l’élève est appliqué, l’actrice (Amy Adams) est excellente. Mais La femme à la fenêtre reste constamment très en deçà de ses lourdes références. Le scénario est retors et assez efficace, mais il ne surprend jamais. Pas vraiment en tout cas, tant la présence étouffante des références prépare le spectateur aux différents rebondissements. Les quelques moments de pure angoisse sont ainsi vécus avec une aimable tension, et les effets faciles de peur instantanée tombent complément à plat.

Bref : même pas peur. De ce côté là au moins, Joe Wright rate complètement sa cible. Il se rattrape un peu avec le portrait de cette femme névrosée vivant seule dans un appartement new-yorkais, que son agoraphobie affichée lui interdit de quitter, variation maligne sur le personnage de James Stewart cloué dans son fauteuil dans le film de Hitchcock. Comme lui, elle occupe ses longues journées à observer ses voisins. Et comme lui, elle assiste à ce qu’elle croit être le meurtre de sa voisine par son mari. Et toujours comme lui, personne ne la croit.

On sent bien dès le début qu’il y a autre chose en jeu : l’autre référence hitchcockienne du film, le traumatisme profondément enfoui. Mais les signes sont grossiers, les ficelles souvent énormes, et Wright, pour faire simple, n’est clairement pas Hitchcock. Alors la grande révélation intime de la mi-film ne procure pas l’immense émotion qu’elle devrait. Elle ne laisse pas de marbre, non, mais ne surprend pas vraiment.

C’est tout le problème du film : appliqué, malin, relativement efficace, il donne souvent le sentiment d’enfoncer des portes ouvertes. Formellement, le film est concluant. Les acteurs sont excellents. Et le plaisir est réel, avant tout basé sur l’ambiance paranoïaque que Wright réussit à créer. Voilà.

Mississippi Burning (id.) – d’Alan Parker – 1989

Posté : 4 mai, 2022 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, PARKER Alan | Pas de commentaires »

Mississippi Burning

Alan Parker n’est pas exactement le cinéaste le plus excitant qui soit, mais il a le don de choisir des sujets qui, eux, le sont très souvent. Après un pur film noir sur fond de démonologie prometteur et frustrant (l’inégal Angel Heart), il reste dans le Sud, mais dans un contexte nettement plus réaliste, et avec une réussite nettement plus éclatante. Inspiré d’un authentique faits divers, l’assassinat de trois jeunes militants pour les droits civiques en 1964, Mississippi Burning pourrait bien être son meilleur film.

Oh il n’y va pas avec des pincettes, et c’est avec une grosse baffe dans la gueule qu’il nous entraîne dans ce Sud profond : par le biais d’une séquence d’ouverture cinglante, d’une grande beauté formelle qui ne laisse pas vraiment présager le choc à venir. Et nous voilà dans le trou du cul du ségrégationnisme, où le Ku Klux Klan a pignon sur rue (ou presque), où les noirs sont battus (au mieux) sans que quiconque y trouve à redire, et où les bonnes intentions des agents du FBI ne peuvent que provoquer des drames.

Le film est édifiant, bien sûr, mais c’est le portrait des deux enquêteurs qui passionne le plus. Parce qu’il échappe à un manichéisme évident, contrairement aux locaux pro-KKK (le racisme, c’est comme le nazisme : c’est objectivement dégueulasse, sans hésitation et sans nuance). Parker met en scène deux agents aux profils radicalement différents, bien sûr. D’un côté le jeunot Willem Dafoe, très respectueux des règles. De l’autre, Gene Hackman, vieux de la vieille aux méthodes plus brusques.

Un schéma très classique donc, mais qui fonctionne parfaitement, et qui finit même par surprendre, tant Parker joue avec les premières impressions, forcément fausses, que dégagent ces personnages, opposés mais également antipathiques dans un premier temps. Il y a derrière ces deux hommes, l’un revenu de tout, l’autre habité par une foi destructrice, une belle et douloureuse humanité.

Entre film de genre et peinture d’une époque pas si lointaine, Mississippi Burning est un film édifiant et passionnant. Et avec une Frances McDormand toute jeune (c’est son quatrième film) et déjà formidable. Ce qui ne gâche rien.

Fight Club (id.) – de David Fincher – 1999

Posté : 14 janvier, 2022 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, FINCHER David | Pas de commentaires »

Fight Club

Il a plutôt pas si mal vieilli ce film étendard d’une génération, qui a toujours divisé les admirateurs de David Fincher. D’un côté, ceux qui ne jurent que par cette critique acide et très punk du consumérisme. De l’autre, ceux qui estiment que le cinéaste s’est pour une fois laissé débordé par l’esthétique clipesque qui a fait sa réputation avant qu’il ne se mette à faire (avec le talent qu’on lui connaît) du cinéma.

La vérité est sans doute entre les deux. On a bien droit de préférer le versant « grand cinéaste classique » de Fincher, qui a donné ce que j’estime être ses grands chefs d’œuvre, de Zodiac à Mank. Et de trouver que ce Fight Club flirte par moments avec un maniérisme appuyé. Mais tout de même, malgré ses défauts, malgré le tape-à-l’œil que Fincher n’évite pas toujours, il faut bien reconnaître que tout ça est assez brillamment mené, avec un sens du rythme impeccable, et une maîtrise impressionnante du langage cinématographique.

Saluons aussi l’enthousiasme salutaire avec lequel Fincher plonge dans le politiquement incorrect. Bien sûr, on est avant 2001, et le monde n’est pas tout à fait celui qu’il sera après les attentats du 11 septembre. Mais quand même : c’est dans l’esprit d’un type qui devient un gourou terroriste qu’il nous plonge, sans autre filtre que celui de l’écran, et sans rien faire pour le rendre antipathique. Un trip sous acide dont on finit par réaliser qu’il ne nous sort jamais de l’esprit malade du « héros ».

Edward Norton trouve là l’un de ses très grands rôles, celui d’un Américain bien sous tous rapports : employé modèle d’une grande société d’assurance, et consommateur modèle qui remplit son appartement modèle de meubles design dont il n’a évidemment pas l’usage. Un homme au bord de la rupture surtout, incapable de trouver le sommeil, qui finit par trouver la « drogue » dont il a besoin : participer à des thérapies de groupes en se faisant passer pour un grand malade.

Le voir câliner un grand gaillard souffrant d’un cancer des testicules et pleurant sur son épaule nous tire des sourires qui, par la même occasion, nous plongent dans un malaise qui ne fera que se renforcer. Sa rencontre explosive avec un alter ego féminin (Helena Bonham Carter), avec laquelle il se partage les maladies, enfonce le clou. Et quand apparaît Tyler Durden, on comprend qu’il n’y a plus de demi-tour possible. Tyler Durden : représentant en savon… et bien plus qu’un alter ego en l’occurrence, rôle cultissime pour Brad Pitt, déjà grand.

Voir Fight Club pour la première fois est une expérience assez forte. Le revoir est pas mal non plus, et permet de détecter les nombreux signes que glisse Fincher pour annoncer dès les premières minutes la grande révélation finale, signes parfois à peine visibles. L’effet de surprise est bien un peu émoussé, et Fincher a fait tellement mieux depuis. Mais quand même, revoir Fight Club plus de vingt ans après confirme que le gars a décidément un talent fou.

12345...20
 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr