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Archive pour la catégorie '* Pre-code'

Ex-lady (id.) – de Robert Florey – 1933

Posté : 3 mars, 2018 @ 8:00 dans * Pre-code, 1930-1939, FLOREY Robert | Pas de commentaires »

Ex-lady

Bette Davis en jeune femme qui refuse de se laisser enfermer dans le mariage et qui affiche une liberté presque insolente. Voilà de quoi enthousiasmer tout cinéphile, et rappeler l’esprit que la belle a fait planer sur Hollywood, ce regard incroyable où se lisait un nombre incroyable de pensées à peine voilées.

Dans Ex-Lady, Bette Davis est une femme qui respire l’amour par tous ses pores, et Florey la filme admirablement, soulignant avec élégance les regards à peine appuyés, les gestes suggestifs… Avec un sommet : cette scène où, d’un simple mouvement de la tête, elle invite l’homme qu’elle aime (Gene Raymond, très bien) à la suivre dans un jardin, s’allongeant devant ses yeux incrédules sur un banc à la vue de tous…

On est en pleine période pre-code bien sûr : une telle scène aurait été impensable quelques mois plus tard. Comme il aurait été inimaginable de voir le mari flirter avec une femme (elle aussi mariée), ou la femme se laisser embrasser par un bellâtre trop entreprenant. Même si une voix quasi-off, sans doute ajoutée après le tournage, vient à la dernière seconde remettre un peu de bienséance dans cette ode à la liberté, Florey va quand même très loin dans la déconstruction du mythe absolu du mariage.

Il signe en même temps une critique assez forte de la société patriarcale, avec cette très belle scène où le père très « digne » reproche à sa fille d’avoir couché avec un homme en dehors du mariage, lui-même se promenant avec une femme… qui n’est pas sa légitime.

Pourtant, c’est une très belle histoire d’amour qu’il filme, avec sa délicatesse habituelle et ce sens du détail qui caractérise ses films. Une enseigne lumineuse qui s’allume de l’autre côté d’une fenêtre, et c’est le cadre habituel du studio qui semble éclater. L’ombre chinoise d’un amant qui se découpe sur le mur de la chambre d’une jeune femme, et c’est toute une nuit d’amour que l’on a l’impression d’avoir vue.

Grand cinéaste modeste et oublié, Florey a tourné ce film au débotté, quasiment sans préparation. Ex-lady est pourtant un très beau film, drôle et émouvant, sur lequel souffle un enthousiasmant vent de liberté. Bette Davis n’y est pas pour rien.

Bedside (id.) – de Robert Florey – 1934

Posté : 28 janvier, 2018 @ 8:00 dans * Pre-code, 1930-1939, FLOREY Robert | Pas de commentaires »

Bedside

Touche-à-tout bourré de talent, Robert Florey signe un film médical, genre alors en vogue (on se souvient du très beau Night Nurse de Wellman, notamment). Warren William, excellent, y interprète un ancien étudiant en médecine, trop glandeur pour être allé au bout de ses études, qui se laisse convaincre par sa fiancée de reprendre sa dernière année pour passer son diplôme et pouvoir exercer. Pour ça, la belle lui a prêté la somme nécessaire. Sauf qu’avant même de poser ses fesses sur les bancs de l’école, l’apprenti docteur perd tout l’argent au jeu. Et ça, pas question de l’avouer…

On a donc un « héros » qui achète le diplôme d’un ex-toubib drogué, et s’installe sous un faux nom. Incapable d’établir un diagnostic, encore moins d’opérer qui que ce soit, mais franchement très bon dès qu’il s’agit de communication. Si bien qu’en peu de temps, le faux médecin devient, sans avoir touché le moindre patient (pour ça il compte sur son assistant, authentique médecin, joué par Donald Meek), une véritable star de la médecine à New York…

On est loin de Knock dans ce drame qui aborde un sujet grave : l’exercice illégal de la médecine. Plus largement, le film évoque l’impasse dans lequel s’engouffre le personnage de Warren William, enfermé dans une mécanique de mensonge et d’égocentrisme. On peut douter de la morale finale, mais Bedside est un film assez emballant, qui aurait été très différent s’il avait été tourné quelques mois plus tard : le code Hayes n’était pas encore appliqué avec rigueur, et on pouvait encore filmer une relation extra-conjugale, ou un ancien médecin accro à la morphine.

Ce dernier, joué par David Landau, a droit à une poignée de séquences étonnantes : lorsque la caméra, qui illustre son état de manque, le filme dans un gros plan qui déforme son visage, esthétique qui semble sortie d’un film d’épouvante. Le genre est également effleuré dans le laboratoire de Donald Meek, où l’acteur est filmé comme un savant fou travaillant à ressusciter les morts (avec des électrochocs, en fait). Une approche esthétique qui tranche avec le contexte réaliste de l’histoire, donnant un ton particulier au film.

Rockabye (id.) – de George Cukor – 1932

Posté : 4 octobre, 2017 @ 8:00 dans * Pre-code, 1930-1939, CUKOR George | Pas de commentaires »

Rockabye

Un Cukor première période, séduisant mais sans surprise : l’un de ces films pre-code qui racontent l’histoire tragique d’une jeune femme que le destin et la société n’épargnent pas. On a vu ça souvent (y compris cette même année, avec le très beau Amour défendu de Capra), et celui-ci n’est pas le plus inoubliable de tous. Pas le pire non plus d’ailleurs : Constance Bennett y est très bien en jeune comédienne dont la liberté affichée lui attire les foudres des bien-pensants, en l’occurrence des responsables d’un orphelinat qui lui retirent la garde d’une fillette qu’elle voulait adopter.

C’est le début de nombreux malheurs, tous basés sur l’illusion du bonheur à portée de main (notamment avec le toujours sympathique Joel McCrea), mais qui manquent d’un lien. Le film fonctionne bien, grâce à ce beau personnage de femme sacrificielle, mais le scénario échoue à trouver un vrai fil conducteur autre que ses malheurs qui s’accumulent.

Restent de très beaux moments indépendants les uns des autres, comme ce craquant « I like you » avec les jolis yeux de biche de Constance qui dévorent l’écran. Ou ce réjouissant personnage de mère alcoolique et faussement indigne (joué par Jobyna Holland, grande dame du théâtre) typique de cette période d’avant l’application du code Hayes. Des petits moments épars qui suffisent à assurer le plaisir.

Murder on a blackboard (id.) – de George Archainbaud – 1934

Posté : 9 septembre, 2017 @ 8:00 dans * Pre-code, 1930-1939, ARCHAINBAUD George | Pas de commentaires »

Murder on a blackboard

Hildegarde Withers est tombée dans un oubli à peu près total aujourd’hui. Mais cette institutrice vieille fille au caractère bien trempé qui résout des meurtres avec un inspecteur de police un peu dépassé par les événements a connu son heure de gloire dans les années 30. D’abord dans une série d’histoires criminelles écrites par Stuart Palmer et publiées dans des magazines populaires puis en romans, puis au cinéma dans une série de six films à la RKO.

Toute une époque : celle des whodunit, et des détectives amateurs que l’on retrouvait dans d’innombrables films, souvent dans de petites productions qui n’excèdent généralement les 75 minutes, avec des héros récurrents. Les ancêtres des séries télé, en quelque sorte. Ces héros-ci ne manquent pas de charme, tandem très improbable porté par deux comédiens qui semblent prendre beaucoup de plaisir à leurs joutes verbales.

Murder on a blackboard est le deuxième des six films de cette série initiée en 1932 par The Penguin Book Murder. On y retrouve James Gleason, impeccable dans le rôle de l’inspecteur Oscar Piper (rôle qu’il tient dans les six films), et surtout Edna May Oliver, actrice irrésistible au physique impossible, visage chevalin, long corps dégingandé et sourire narquois. Elle ne jouera que dans les trois premiers films, jusqu’à son départ de la RKO (après Murder on a honeymoon, elle sera remplacée par Helen Broderick, puis par Zasu Pitts).

Moteur véritable de l’enquête, et principal argument humoristique du film, c’est elle qui donne son ton et son rythme à cette série B fauchée (aucune musique en bande son) mais sympathique et pleine de petits détails typiques de cette période « pre-code » : la manière dont le corps de la victime est traité, et surtout l’omniprésence de la polygamie dans cette comédie de mœurs où la notion de couple est pour le moins originale.

* Voir aussi : Murder on a honeymoon et Murder on a Bridle Path.

Chance at heaven (id.) – de William A. Seiter – 1933

Posté : 21 août, 2017 @ 8:00 dans * Pre-code, 1930-1939, SEITER William A. | Pas de commentaires »

Chance to heaven

Que cette bluette est charmante. Oh, on voit venir le truc de loin : c’est le brave gars de la campagne, gentiment ambitieux, trop naïf pour s’apercevoir que cette jolie jeune fille qu’il connaît depuis toujours est raide dingue de lui, et qui se laisse embarquer dans une histoire d’amour trop belle pour être vraie avec une riche héritière qui s’ennuie…

Mais sur ce thème hyper rabâché, et tout en respectant le happy-end de rigueur (qui ne fait aucun doute dès le début), William Seiter réussit une belle comédie romantique, et à renouveler quelque peu l’éternel image du triangle amoureux. D’abord parce que la riche héritière, jouée par Marian Dixon, n’est pas une pintade trop gâtée, mais une jeune femme sincère et paumée, perdue entre son rêve d’émancipation et son envie de rester une enfant choyée. Elle est particulièrement émouvante.

Le « vrai » couple, celui qui s’ignore et qu’interprètent Ginger Rogers et Joel McCrea, n’est pas moins original. Car dans cette comédie « pre-code », les attributs sexuels sont constamment inversés. Ginger Rogers est la bricoleuse de service, et le vrai moteur de l’histoire : celle qui se dévoue et voit clair, celle qui est toujours en avance sur les autres. Joel McCrea, lui, prend des pauses énamourées et subit les événements la plupart du temps…

Il faut le voir ricaner comme un idiot lorsque la belle héritière, dont il est déjà sous le charme, détruit un banc de sa station essence avec la voiture qu’elle peine à faire rouler correctement. Le visage gentiment ahuri de McCrea fait alors des merveilles. De quoi venger par anticipation tous les mauvais traitements qu’Hollywood réservera aux femmes et à leurs représentations dans les décennies qui vont suivre !

La Femme aux miracles (The Miracle Woman) – de Frank Capra – 1931

Posté : 14 mai, 2017 @ 8:00 dans * Pre-code, 1930-1939, CAPRA Frank, STANWYCK Barbara | Pas de commentaires »

La Femme aux miracles

Après Femmes de luxe, Capra offre un nouveau rôle à Barbara Stanwyck : celui d’une fille de pasteur qui devient la prédicatrice star d’un temple très populaire… et très lucratif. Un rôle qui lui vaut une entrée en matière extraordinaire : elle apparaît au lutrin de l’église, où elle lit le prêche du jour avant d’annoncer le décès de son père, mort de ne pas avoir supporté l’ingratitude de ses ouailles qui lui ont préféré un homme d’église plus jeune.

La manière dont Stanwyck passe de la posture de femme d’église à celle de victime en colère, dénonçant l’hypocrisie et la médiocrité de ces fidèles amassés face à elle, est d’une puissance inouïe, et d’une audace que l’application du code Hayes aurait rendu inimaginable trois ans plus tard, dans cette Amérique très pieuse. Mais dans cet Hollywood béni de l’ère pré-code, le politiquement incorrect est presque de rigueur. Et Capra ne se prive pas d’en profiter…

Presque aussi abouti que la première collaboration du cinéaste avec son actrice (il y a peut-être une ou deux petites longueurs, si on veut être tatillon), le film séduit par sa simplicité et par son authenticité. Et Capra réussit aussi bien ses grandes scènes de foule que les nombreux moments intimes. Et puis l’histoire d’amour entre la belle pécheresse et ce jeune aveugle à qui elle a sauvé la vie sans le savoir (David Manners, qui est cette même année le Jonathan Harker de Dracula) ne tombe jamais dans le larmoyant.

Au contraire, cette jolie romance nous vaut quelques moments magnifiques, comme ce premier baiser d’une pureté telle qu’il laisse le souffle coupé, instants absolument sublimes. Et l’idée de cet homme qui ne peut pas voir et qui ouvre les yeux de cette femme perdue dans une vie qui ne lui ressemble pas est très belle, et traitée avec une honnêteté et sans facilité par Capra.

Le film est, comme ça, émaillé de moments merveilleux, et de seconds rôles inoubliables. Comme la brave Mrs Higgins (Beryl Mercer), dont la bonté parfaite envers son aveugle de locataire ose se parer d’une attirance à peine voilée. « Ah ! si j’avais 30 ans de moins… » glisse-t-elle l’air de rien. Réjouissant.

Femmes de luxe (Ladies of Leisure) – de Frank Capra – 1930

Posté : 6 mai, 2017 @ 8:00 dans * Pre-code, 1930-1939, CAPRA Frank, STANWYCK Barbara | Pas de commentaires »

Femmes de luxe

Barbara Stanwyck, jeune femme habituée aux plans tout pourris avec des gros lourds imbibés d’alcool, passe la nuit sur le canapé du riche peintre qui l’a choisie comme modèle, et dont elle est tombée secrètement amoureuse. Au milieu de la nuit, elle l’entend s’approcher d’elle. Elle pense qu’il va réagir comme tous les types qu’elle a connus, et se jeter sur elle. Mais non. Sans un bruit, la croyant endormie, il la couvre d’un plaid, et s’éloigne tout aussi discrètement.

Cette scène simple et sublime n’est faite que de gros plans, sur les pieds du peintre (joué par Ralph Graves), sur ses mains déposant la couverture, et surtout sur le visage de l’actrice sur lequel des torrents d’émotion se lisent. Et ce visage, lorsqu’elle réalise la tendresse de ce geste, est l’un des premiers immenses moments d’émotion du cinéma de Capra, qui rappelle la perfection qu’avait atteint le cinéma dans les dernières années du muet, dans ce qui est pourtant l’un de ses premiers films (son premier ?) entièrement parlant.

Capra n’est pas un débutant lorsqu’il réalise Ladies of Leisure. Mais le film marque le début d’une décennie magnifique, celle de New York – Miami et de Monsieur Smith au Sénat, au cours de laquelle le cinéaste impose son style, ses thèmes et son ton. Tout est déjà bien en place ici, dans ce qui est aussi sa première collaboration avec la toute jeune Barbara Stanwyck, déjà sublime, complexe et intense. C’est grâce à elle, et à la délicatesse de Capra, que toute l’émotion passe, dans ce portrait d’une femme qui pensait profiter de la fortune d’un homme, et qui réalise qu’elle ne veut que son amour.

Dès la toute première scène, Capra met en place la verticalité du film, qui sera constamment au cœur de son récit. Des passants sur un trottoir manquent de se faire assommer par des bouteilles, lancées du haut d’un immeuble cossu par des jeunes femmes visiblement très alcoolisées lors d’une soirée donnée par de riches oisifs, où l’on découvre notre peintre, perdu dans un milieu qui ne lui ressemble pas. Capra jouera à plusieurs reprises sur ce motif de la verticalité, avec la place centrale jouée par l’ascenseur, et jusqu’à cette extraordinaire séquence finale basée sur un montage alterné, sommet de suspense et d’émotion.

Capra réussit l’un de ses très grands films oubliés, aussi abouti visuellement que riche au niveau du récit, parsemé de détails et de personnages passionnants, qui évitent à toute caricature. Capra, comme Barbara Stanwyck d’ailleurs, entre dans la cour des grands.

L’Inspiratrice (Inspiration) – de Clarence Brown – 1930

Posté : 8 février, 2017 @ 8:00 dans * Pre-code, 1930-1939, BROWN Clarence | Pas de commentaires »

L'Inspiratrice

L’histoire n’est pas neuve, les personnages ne sont pas franchement surprenants, le film manque de rythme, la mise en scène n’est inventive que par moments… Mais il y a Greta Garbo, dont on comprend dès le premier plan pourquoi elle est toujours à ce point une icône. Dans ce Paris de l’entre-deux-guerres, dans cet univers de riches oisifs et d’artistes joyeusement décadents, dans cette histoire d’amour où s’invite un aspirant diplomate dont on imagine qu’il annonce des relations internationales qui appartiennent aujourd’hui à un passé bien révolu… Dans ce film typique de ces débuts du parlant donc, Garbo est une apparition d’une modernité hallucinante.

Dès la première scène, cette manière si particulière qu’elle a de s’ennuyer des attentions qu’elle suscite autour d’elle, de dévisager le jeune homme qui l’intrigue, de se diriger vers lui crânement et de lui demander qui il est… Qui d’autre que Garbo pourrait jouer une telle partition en étant aussi touchante, et désarmante ? Garbo n’est jamais aussi bien que lorsqu’on la sent tiraillée entre un passé trouble que l’on ne fait que deviner, et la pureté de sentiments naissants dont on sent qu’ils feront d’elle une héroïne tragique.

C’est tout le sujet du film de de Clarence Brown, qui a le mérite de ne pas trop tirer sur la corde lacrymale, restant constamment dans une belle mesure. Avec quelques très belles idées de mise en scène, comme cette première montée des trois étages qui mènent à l’existence du bel amour (Robert Montgomery, bien sympathique, mais tellement nunuche qu’on a un peu de mal à comprendre comment la belle peut être à ce point raide dingue de lui), superbe plan qui rappelle celui de Seventh Heaven, avec un détail en plus qui en dit long sur le passé de Garbo : au bout de deux étages, la belle n’en peut plus, habituée qu’elle est à ne rien faire.

Il y a comme ça une poignée de très belles scènes dans le film. Des retrouvailles fortes sur la terrasse d’un café, un dialogue cruel entre “amis” dans le salon d’un artiste parisien, ou une tragique et déchirante scène de rupture entre un riche dandy et une conquête dont il s’est lassé… Et surtout une fin pleine de pudeur et d’émotion, qui marque encore le refus de Brown de tomber dans la surenchère lacrymale. On lui en sait gré.

Le Baiser (The Kiss) – de Jacques Feyder – 1929

Posté : 2 novembre, 2016 @ 8:00 dans * Pre-code, 1920-1929, FEYDER Jacques, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Le Baiser

Bref passage à Hollywood pour Feyder, qui en profite quand même pour réaliser le tout dernier film muet de la Divine, Greta Garbo.

Au regard de ses chefs d’œuvre antérieurs ou postérieurs, reconnaissons que The Kiss fait figure d’aimable bluette, fort sympathique certes, mais tout à fait anecdotique.

Il y a tout de même quelques très belles choses dans ce film, qui mêle habilement romance, suspense et film de prétoire sans génie, mais avec un savoir faire très hollywoodien dont parvient à faire preuve le Frenchy.

Parmi les belles idées, trop peu exploitées hélas : les deux apparitions légères et pleines d’humour des trois femmes de ménage dans la salle de tribunal, qui pour le coup tranchent avec les productions hollywoodiennes de l’époque, et rappellent qu’il y a aux commandes un compatriote de Pauline Carton !

Et surtout, cette étonnante séquence où Garbo, accusée du meurtre de son mari, raconte la scène aux policiers. Elle improvise et hésite sur les détails, et la scène qui se déroule sous nos yeux – celle qu’elle décrit durant son interrogatoire – s’adapte à ses hésitations : les aiguilles de l’horloge naviguent tandis qu’elle cherche l’heure précise ; les fenêtres s’ouvrent et se referment ; son doigt reste longuement sur l’interrupteur le temps qu’elle décide si oui ou non la lumière était restée allumée… Une idée assez géniale.

On sent bien que ce sont là les principales contributions de Feyder qui, pour le reste, a sans doute dû se plier aux contraintes du studio. Avec un résultat parfaitement agréable, mais quand même nettement moins surprenant.

Franc jeu / La Folle Semaine (Gambling Lady) – d’Archie L. Mayo – 1934

Posté : 27 octobre, 2016 @ 8:00 dans * Pre-code, 1930-1939, MAYO Archie L., STANWYCK Barbara | Pas de commentaires »

Franc Jeu

Ah ! L’une de ces pépites pre-code pleines d’audaces que j’adore découvrir… Celle-ci est produite par la Warner. Et si le film reste relativement sage à première vue, en comparaison avec d’autres productions de cette période d’avant « le bon goût made in code Hays » (je pense à Safe in Hell, ou même au premier Thin Man), on y trouve quelques thèmes qui disparaîtront à peu près totalement du cinéma hollywoodien des décennies à venir.

Le premier événement moteur de Gambling Lady est quand même un suicide. Et si le héros évite la prison, c’est parce qu’il a passé la nuit avec sa maîtresse. Sans même parler du fait que le personnage principal, comme le titre l’indique, est une joueuse professionnelle. How chocking !

La joueuse, c’est Barbara Stanwyck, déjà une immense actrice, et déjà une grande vedette, qui incarne mieux que quiconque les femmes libres et modernes, qui s’imposent comme les égales des hommes. Loin d’être évident à cette époque (on rappelle que les femmes ne votaient pas en France, alors?). Elle est formidable, comme toujours, trouvant un équilibre parfait entre légèreté et gravité.

Autour d’elle, un beau casting très masculin : Joel McCrea encore une fois en fils de bonne famille, Pat O’Brien en sympathique amoureux éconduit, C. Aubrey Smith en beau-père très présent… et très enclin à porter des jugements définitifs et à changer d’avis dans la minute qui suit. On ne peut pas dire qu’il hérite du personnage le plus cohérent du film, mais sa seule présence a le don de rendre n’importe quelle scène chaleureuse.

Archie Mayo dirige tout ce petit monde comme il filmerait une pure comédie, avec un grand sens du rythme et en évacuant tout le superflu. Le résultat est un film acide-amer d’à peine une heure, franchement réjouissant.

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