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Archive pour la catégorie '* Polars/noirs France'

Espion(s) – de Nicolas Saada – 2008

Posté : 11 août, 2014 @ 2:28 dans * Polars/noirs France, 2000-2009, SAADA Nicolas | Pas de commentaires »

Espion(s)

Espion(s) évoque Möbius, que tournera Eric Rochant quelques années plus tard : un espion (malgré lui, ici) utilise une femme dont il finit par tomber amoureux, sur le modèle du chef d’œuvre d’Hitchcock Les Enchaînés. Mais les choix de Nicolas Saada sont radicalement différents de ceux de Rochant : à l’hyper complexité et aux intrigues à tiroirs infinis qui soulignent la paranoïa du monde de l’espionnage, le film de Saada préfère une approche plus frontale et simple.

L’intrigue et les rebondissements, d’ailleurs, peuvent paraître simplistes. Petit bagagiste vaguement malhonnête, le personnage de Guillaume Canet est recruté par la DST en cinq minutes montre en main, et sa plongée dans l’univers du terrorisme se fait sans le moindre faux pas. Tout en se basant sur des événements bien réels (les attentats de Londres, dont Saada donne une version épurée absolument glaçante), Espion(s) est un pur film de genre. Un vrai film d’espionnage où le contexte géopolitique compte moins que le suspense et l’émotion.

On ne s’en plaindra pas : sans être aveugle au monde, le film est avant tout basé sur ses personnages, plongé dans un monde qu’ils ne maîtrisent pas et qui les dévore. Canet, en jeune frondeur sans attache et sans guère de morale, est parfait, au côté notamment des « maîtres espions Hippolyte Girardot et Stephen Rea. Mais c’est surtout Géraldine Pailhas qui marque le film de sa présence.

Belle et gracile, l’actrice est ici d’une fragilité bouleversante, femme brisée que l’on sent à deux doigts de se perdre définitivement. La manière dont elle s’abandonne dans les bras de ce jeune homme qui lui redonne goût à la vie est d’une émotion incroyable. Celle avec laquelle, pressentant le cataclysme que Canet est sur le point de lui révéler, elle lui murmure « ménage moi » le regard implorant, est absolument déchirant.

Impasse des Deux-Anges – de Maurice Tourneur – 1948

Posté : 11 avril, 2014 @ 1:33 dans * Polars/noirs France, 1940-1949, TOURNEUR Maurice | Pas de commentaires »

Impasse des Deux-Anges

Le grand Maurice Tourneur termine sa carrière sur une petite merveille totalement oubliée. Les images du générique créent une ambiance qui évoque immédiatement La Main du Diable, peut-être le plus renommé de tous ses chefs d’œuvres français. Mais si on reconnaît bien la patte du cinéaste, son sens de l’image, du cadrage et de l’éclairage, Impasse des Deux-Anges est une œuvre profondément originale et atypique, dans laquelle Tourneur laisse libre court à son imagination, avec un plaisir gourmant et communicatif.

Ça commence comme un film de gangster assez classique : Paul Meurisse, as du cambriolage chargé de voler un collier de diamants hors de prix qui doit être porté par une comédienne sur le point de se marier. Mais très vite, Tourneur brouille les pistes : la fiancée, pétulante et irrésistible Simone Signoret, a eu une grande histoire d’amour avec ce cambrioleur qu’elle n’avait plus vu depuis sept ans. Leurs retrouvailles remettent en cause le mariage annoncé…

Polar, romance, comédie de mœurs… Tourneur s’amuse à mélanger les genres, pour un pur plaisir de cinéma. Tantôt acerbe, lors d’une réception, brillante, qui constitue le baptême de la comédienne Signoret dans le grand monde. Tantôt impressionnant, lors d’une course-poursuite suivie d’une fusillade filmés en ombres chinoises dans des décors presque abstraits. Tantôt romantique lorsqu’il emmène ses deux personnages principaux dans une virée nocturne sur les traces de leur passé.

Cette séquence nocturne est la meilleure du film. Dans un Paris de carte postale, Simone Signoret et Paul Meurisse invoquent les fantômes de leur passé commun (magnifiques flash backs avec des apparitions fantômatiques de leurs souvenirs), qu’ils tentent de retrouver, le temps d’une soirée. Mais de ce passé, qu’ils croient retrouver dans un hôtel où ils ont vécu les plus belles heures de leur passion, ils ne retrouvent que des ruines, un quartier qui n’est plus qu’un chantier laissé à l’abandon, et où on croise des jeunes gens (dont la gamine Danièle Delorme) sans avenir. Tout un symbole…

Je n’ai rien oublié – de Bruno Chiche – 2010

Posté : 11 avril, 2014 @ 1:23 dans * Polars/noirs France, 2010-2019, CHICHE Bruno | Pas de commentaires »

Je n’ai rien oublié

Adapté du roman Small World de Martin Suter, Je n’ai rien oublié est l’un de ces films basés sur un très vieux secret de famille. Un genre en soi, que le cinéma français aime revisiter régulièrement, et qui donne souvent de belles réussites : Un secret de Claude Miller ou La Fleur du mal de Claude Chabrol par exemple, dans des genres très différents.

Le film de Bruno Chiche s’inscrit dans la lignée du Chabrol, le cynisme en moins. En faisant du personnage principal un homme vieillissant malade d’Alzheimer, à qui Gérard Depardieu apporte une belle candeur, le film est dominé par une douce nostalgie. L’acteur est très émouvant dans le rôle de cet homme qui perd la mémoire immédiate, mais dont les vieux souvenirs resurgissent avec précision, le renvoyant à une enfance où sa vie semble s’être arrêtée.

Il y a donc un secret profondément enfoui, dans cette riche famille dont Depardieu, l’ami d’enfance et l’employé, est une sorte de pièce rapportée. Un secret que la matriarche (Françoise Fabian, dont le grand âge n’enlève pas grand-chose à l’extrême beauté) porte visiblement en elle depuis des décennies, et qui finira par rapprocher les deux amis d’enfance séparés par la vie : Depardieu et son double inversé, l’impeccable Niels Arestrup.

Bruno Chiche a parfois une tendance à la caricature, et les dialogues sont par moments franchement lourdingues. Mais la musique souligne parfaitement la nostalgie et la profonde solitude de tous ces personnages qui semblent tous vivre avec leurs rêves d’enfants, leurs rendez-vous perdus, et les promesses non tenues. Une jolie surprise.

• Un making of très classique dans le DVD édité chez Studio 37.

Un flic – de Jean-Pierre Melville – 1972

Posté : 10 avril, 2014 @ 1:38 dans * Polars/noirs France, 1970-1979, MELVILLE Jean-Pierre | Pas de commentaires »

Un flic

Ultime film de Melville, qui revient au dépouillement absolu et à l’abstraction du Samouraï, son chef d’œuvre. Le cinéaste retrouve d’ailleurs son acteur le plus symbolique : Delon, royal dans la peau de ce flic comme il l’était dans celle du tueur solitaire. Parce que les deux hommes, finalement, ne sont pas si éloignés. Même s’ils se situent de part et d’autre de la loi, ils incarnent une même vision de l’humanité : solitaire, taiseuse, et vivant en marge de la société.

Dès la première apparition de Delon, en plans brefs que le montage intercale dans un long braquage de banque à des centaines de kilomètres de Paris, quelques rares mots prononcés en voix off soulignent le quotidien de ce flic, qui entre en fonction en fin de journée sur les Champs Elysées, mais qui n’existe vraiment que lorsque Paris s’endort…

Delon le flic partage ses nuits avec un coéquipier (Paul Crauchet) avec lequel il n’échange pas le moindre mot. Les rares fois où il semble vivre enfin, c’est lorsqu’il s’éloigne de ces appels téléphoniques qui se suivent sans fin, et qu’il côtoie celui et celle dont il ne sait pas encore qu’ils sont les cerveaux du braquage, propriétaires d’un club de nuit où il a ses habitudes.

Lui, c’est Richard Crenna, le futur colonel Trautman de Rambo, dont le regard laisse transparaître les rêves perdus et surtout le destin inéluctable. Elle, c’est Catherine Deneuve, qui parvient à donner une aura tragique à ce personnage quasi muet et totalement en retrait.

D’ailleurs, tous les personnages sont en retrait, et n’existent vraiment que dans les silences, plus que dans n’importe quel film depuis Le Samouraï. Comme s’il pressentait qu’Un  Flic serait son dernier film, il en fait une œuvre-somme, où l’on retrouve son goût pour les chapeaux et les pardessus, pour les lieux nocturnes où flics et gangsters partagent les mêmes valeurs, et pour les silences qui en disent long.

Il y a bien quelques dialogues, rares et faussement explicatifs. Mais ce sont les silences et les regards qui marquent le plus dans ce sommet du cinéma melvilien. Un regard compréhensif entre le flic et un travesti. Puis, plus tard dans la nuit, un autre regard, dur et résigné, entre les deux mêmes… Melville multiplie les gros plans pour coller à l’évolution des personnages. Avec ces visages pas si impassibles, c’est l’inéluctabilité du drame en marche qu’il met en valeur.

L’Horloger de Saint-Paul – de Bertrand Tavernier – 1974

Posté : 5 avril, 2014 @ 3:45 dans * Polars/noirs France, 1970-1979, TAVERNIER Bertrand | Pas de commentaires »

L’Horloger de Saint-Paul

Premier film de Bertrand Tavernier, qui tourne entièrement en décors réels dans sa ville de Lyon. Avec Pierre Bost et Jean Aurenche (à qui il rendra un bel hommage dans Laissez-passer, des années plus tard), Tavernier transpose dans la France de 1974 le roman américain de Simenon L’Horloger d’Everton. Simenon lui-même doutait de l’opportunité d’une telle adaptation. Mais Tavernier le passionné a su le convaincre. Avec raison : le film est une totale réussite.

Philippe Noiret, déjà tête d’affiche pour celui qui allait devenir son réalisateur de prédilection, interprète un horloger sans histoire qui mène une vie simple et sans histoire, jusqu’au jour où il apprend que son fils, qu’il a élevé seul après le départ de sa femme, est recherché pour avoir tué un patron pourri. Alors que la police enquête, lui tente de comprendre un fils qui s’est éloigné de lui au fil des années…

Noiret est bouleversant dans le rôle de ce père totalement paumé qui assiste, impuissant, à la déroute d’un fils inconnu mais qu’il aime par-dessus tout. Un fils auquel il s’ouvre de plus en plus, devenant celui que la bonne société ne comprend plus. Symbole de cet ordre établi, Jean Rochefort est lui aussi excellent, en particulier lors de ses moments de trouble, face à ce père du suspect dont il ne comprend plus les réactions paternelles. Ses face-à-face avec Noiret sont de purs plaisirs de cinéma.

La grande force du film est d’avoir su imbriquer à ce point l’intimité de cette relation père-fils pleine de non-dits, et une critique violente et sans concession d’une France embourgeoisée qui préfère ses voitures à sa jeunesse. Le dialogue final entre Noiret et son pote Antoine (excellent Julien Bertheau), émouvant et particulièrement fort, vient crever ce sentiment d’étouffement qui pèse depuis l’irruption de la police, au début du film.

L’Horloger de Saint-Paul a obtenu le prix Louis Delluc. Amplement mérité.

La Danse de mort – de Maurice Cravenne – 1946

Posté : 28 mars, 2014 @ 4:01 dans * Polars/noirs France, 1940-1949, CRAVENNE Maurice | Pas de commentaires »

La Danse de mort

Resté célèbre pour avoir été l’un des grands réalisateurs de la télévision naissance, Maurice Cravenne a aussi été un éphémère cinéaste, dont l’expérience la plus marquante reste sa collaboration avec Erich Von Stroheim, acteur et co-scénariste de cette Danse de mort pour laquelle il s’est beaucoup investi, comme pour peu d’autres films depuis la fin de sa carrière de réalisateur.

Le film porte effectivement la signature de Stroheim : on y retrouve la violence et la cruauté de ses grandes œuvres muettes, mais aussi les rapports conjugaux basés sur la domination, l’humiliation et la souffrance. Stroheim incarne lui-même l’officier en charge d’une prison-forteresse perdue sur une île, où il vit depuis 25 ans avec sa femme, avec laquelle il entretient une étrange relation de haine et de dépendance.

Cette dernière est interprétée par Denise Vernac, qui était l’épouse à la ville de Von Stroheim. Un détail qui rajoute au malaise dégagé par ce couple odieux, dont on sent qu’ils se haïssent (jusqu’à se cracher au visage avec une cruauté rare), sans pouvoir se quitter vraiment. « Ne va-t-il donc jamais mourir ? » se lamente la femme, réalisant qu’elle ne pourra pas partir d’elle-même.

Le couple n’est pas tout à fait seul dans cette prison qui est le symbole de l’impasse dans laquelle s’est dirigée leur propre vie, et dont ils tentent vainement de sortir. Il y a leur fille, qui commet le sacrilège ultime de tomber amoureuse d’un prisonnier. Il y a aussi un amour de jeunesse de l’épouse (Jean Servais), qui réapparaît après 25 ans, et ne servira au final qu’à mieux révéler le caractère sombre et machiavélique de l’une comme de l’autre.

Les décors de Georges Wakhevitch, dédales de couloirs et enchevêtrements d’escaliers, de soubassements et d’étroites fenêtres, soulignent constamment l’absence de perspective de ce couple qui fait passer celui du Chat de Granier-Deferre pour les plus grands des romantiques. La mise en scène de Cravenne est parfois un peu sage. Mais les décors exceptionnels, la belle lumière de Robert Le Febvre, le scénario particulièrement réussi, et l’interprétation très nuancée des comédiens, font de cette histoire de couple le portrait de deux êtres qui transforment leurs démons en haine mutuelle.

Stroheim, surtout, révèle son côté pathétique lors d’une fête d’anniversaire de mariage assez inoubliable…

Le Samouraï – de Jean-Pierre Melville – 1967

Posté : 29 novembre, 2013 @ 3:40 dans * Polars/noirs France, 1960-1969, MELVILLE Jean-Pierre | Pas de commentaires »

Le Samouraï

A la jeune génération qui ne voit en Alain Delon que l’incarnation du vieux réac odieux et imbus de lui-même (on se demande d’où vient cette image qui lui colle à la peau), à ceux qui se demandent comment une telle aura peut entourer l’interprète de Jules César dans un pathétique Astérix… A tous ceux-là, une vision du Samouraï s’impose. Avec ce personnage de tueur solitaire et taiseux (et avec une poignée d’autres, dont Plein Soleil et Rocco et ses frères), Delon est entré dans la légende.

Quarante-cinq ans après, on est toujours saisi par la présence sidérante de l’acteur, bloc de marbre dont le verbe est rare, mais dont le regard dit tellement sur la profonde solitude. La première séquence est inoubliable. Une chambre à peine meublée, Delon attendant allongé sur son lit, un moineau qui piaffe dans sa cage, rien d’autre qui puisse évoquer une quelconque attache… Ce Jeff Costello est une ombre, un fantôme. Un tueur à gages dont on ne saura rien du passé, des doutes ou des rêves.

Melville le filme comme un cadavre en marché. Raide, blafard, résigné. Un être tragique que la mort entoure, et qui n’essaye même pas de se raccrocher aux dernières beautés qui l’entourent : une « fiancée » prête à tout pour lui (Nathalie Delon, dans son rôle le plus marquant), et une pianiste de jazz au comportement trouble, qui a été témoin de son crime mais le couvre devant les policiers.

C’est (avec L’Armée des ombres) le chef d’œuvre de Melville. Une marche funèbre dépouillée et fascinante, qui inspirera des tas d’autres cinéastes, et tout particulièrement à Hong Kong : John Woo n’a jamais caché son admiration pour Melville, et s’inspirera du personnage de Delon pour le tueur de The Killer (qui s’appelle même Jeff) ; plus récemment, Johnnie To avait proposé à Delon le personnage principal de Vengeance (hélas interprété par Johnny), lui aussi très inspiré de Jeff Costello.

Plein soleil – de René Clément – 1960

Posté : 7 novembre, 2013 @ 10:41 dans * Polars/noirs France, 1960-1969, CLÉMENT René | Pas de commentaires »

Plein soleil – de René Clément – 1960 dans * Polars/noirs France plein-soleil

Le film qui a fait exploser Delon. Encore peu connu à l’époque (c’est en voyant ce film que Visconti s’est pris de passion pour lui, lui offrant Rocco et ses frères), il est de toutes les scènes, présence animale dont le comportement fascine autant qu’il dérange.

C’est quand il est seul à l’écran que la mise en scène de René Clément est la plus inspirée, comme si son seul magnétisme guidait la caméra. La première partie assume l’influence de la Nouvelle Vague. C’est, visuellement en tout cas, la moins intéressante du film : Clément cherche son style, et ces premières minutes paraissent un peu datées aujourd’hui. Il y a là aussi une courte apparition (muette) de Romy Schneider, qui dévore Delon des yeux. Une simple apparition pour l’ex-interprète de Sissi, venue rendre visite à son fiancé d’alors sur le tournage du film.

Heureusement, les acteurs sont fascinants, et la relation entre Maurice Ronet et Alain Delon est parfaitement trouble. Le premier, enfant riche et gâté, se joue de son « ami » venu le chercher en Italie à la demande de son père, prenant plaisir à l’humilier. Le second accepte tout et se glisse dans les frusques de son comparse : attirance, fascination, ou envie ?

Et puis le ton change radicalement en une fraction de seconde, lors de la scène du meurtre, brutale et sauvage, qui semble déchaîner les éléments. Impressionnant.

La suite est passionnante, Delon semblant se transformer peu à peu en clone de Ronet, faisant sienne sa vie, ses vêtements, et même sa petite amie, Marie Laforêt, dont on se demande jusqu’à quel point elle est vraiment dupe.

Œuvre troublante et fascinante, Plein soleil est une belle adaptation d’un roman de Patricia Highsmith, un grand thriller, d’une efficacité imparable dont la fin est absolument magnifique : ultime image de bonheur d’un Tom Ripley arrivé là où il le voulait, dans la peau et la vie de Philippe Greenleaf.

Intersections – de David Marconi – 2012

Posté : 8 août, 2013 @ 11:48 dans * Polars/noirs France, 2010-2019, MARCONI David | Pas de commentaires »

Intersections – de David Marconi – 2012 dans * Polars/noirs France intersections

Ça commence plutôt bien : un couple américain en lune de miel au Maroc, un amant qui rode et complote avec la jeune épouse, une virée en voiture au cœur du désert, un accident aussi inattendu que spectaculaire et tragique, et une poignée de personnages mystérieux qui se retrouvent perdus loin de tout…

Le réalisateur David Marconi met en place son action avec une efficacité radicale. La première partie du film est aussi sèche que le climat marocain, et la tension monte en flèche jusqu’à l’apparition du personnage le plus mystérieux de tous : un étrange réparateur interprété par l’excellent Roshdy Zem.

La tension ne retombe pas vraiment, alors, mais le scénario a un peu trop tendance à multiplier les révélations et les rebondissements. On réalise bien vite que tous les personnages cachent des secrets bien peu avouables. Même en ayant l’esprit très ouvert, on se dit quand même que voir cette demi-douzaine de personnages internationaux dont les vies cachées se télescopent dans un lieu aussi éloignée de tout repose sur un postulat bien peu convaincant.

La psychologie, d’ailleurs, est pour le moins limitée. Pourtant, le plaisir est réel. Scénariste élevé à Hollywood (Ennemi d’Etat, Die Hard 4), David Marconi signe une mise en scène franchement efficace.

• Peu de bonus sur le DVD édité chez Europa, mais une interview très intéressante de David Marconi qui explique avec clarté et passion la genèse du film.

Secret défense – de Philippe Haïm – 2008

Posté : 4 juillet, 2013 @ 3:20 dans * Polars/noirs France, 2000-2009, HAÏM Philippe | Pas de commentaires »

Secret défense – de Philippe Haïm – 2008 dans * Polars/noirs France secret-defense

Un film d’espionnage qui respecte toutes les règles modernes du genre, et dont le principal défaut est d’avoir été suivi par les excellents Zero Dark Thirty et Möbius, deux films qui, chacun à leur manière, explorent les méandres du renseignement post-11 septembre. Le film de Philippe Haïm est par moment une sorte d’ébauche de ces deux films, avec une même vision sombre et sans concession de l’humanité (mais c’est inhérent au genre depuis toujours).

Il y a une idée forte au cœur de ce film : montrer les destins parallèles de deux jeunes Français complètement paumés qui vont être happés chacun à leur manière par cette guerre qui ne dit pas son nom. D’un côté, Nicolas Duvauchelle, petit dealer sans avenir, qui croise l’islamisme radical en prison, et croit y trouver un sens à sa vie. De l’autre, Vahina Giocante, étudiante et pute à ses heures, qui croit trouver l’amour mais se retrouve recrutée malgré elle par la DGSE (sous les traits de Gérard Lanvin).

Deux gamins qui ne cherchaient qu’une seconde chance, et qui se raccrochent à ce qu’ils trouvent. C’est à la fois la plus belle idée du film, et sa limite. Parce qu’en faisant de ses deux personnages principaux des paumés un rien candides, Haïm n’affronte pas frontalement le danger de la radicalisation. Duvauchelle, surtout, est moins converti que manipulé. Sa dernière réplique (« Je ne suis pas Azziz, je m’appelle Pierre ») est éloquente. Quant à Vahina Giocante, son innocence et sa capacité à se faire manipulée jusqu’au bout est assez édifiante.

Pour le coup, c’est son scénario que Haïm aurait dû radicaliser. Mais ses deux jeunes acteurs sont formidables, et constamment convaincants. Et puis, quand il ramène son film au pur plaisir du thriller, le film est une grande réussite. La séquence finale de l’aéroport, en particulier, est un modèle de suspense comme on en voit rarement dans le cinéma français.

Ambitieux, imparfait, et séduisant.

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