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Archive pour la catégorie '* Polars européens'

Pioneer (Pionér) – de Erik Skjoldbjaerg – 2013

Posté : 17 octobre, 2018 @ 8:00 dans * Polars européens, 2010-2019, SKJOLDBJAERG Erik | Pas de commentaires »

Pioneer

Le Danois Erik Skjoldbjaerg s’était fait connaître avec Insomnia, un thriller étouffant qu’avait refait Christopher Nolan (le meilleur film de ce dernier, d’ailleurs). Avec Pioneer, le réalisateur confirme qu’il est particulièrement doué pour filmer les sensations physiques : les effets de l’insomnie là, le malaise et la paranoïa ici.

« Inspiré d’une histoire vrai » clame un carton au début du film. Un ancrage dans le réel qui a pour effet d’accroître le sentiment de malaise et de danger qui se dégage de ce thriller diablement efficace, clairement à la manière des grands films paranoïaques américains des années 70. A ceci près que le contexte post-Watergate laisse la place à cette décennie au cours de laquelle le Danemark s’apprêtait à devenir l’un des pays les plus riches du monde.

Un sacré enjeu, donc, qui laisse planer le doute sur la sincérité d’à peu près tous les personnages. Un seul, finalement, échappe à la règle : Petter, plongeur danois de grand fond, qui fait partie d’une mission cruciale, consistant à installer un pipe line à 400 mètres de profondeur. L’action se passe au tout des années 80, alors que le Danemark cherchait un moyen de profiter des ressources pétrolières qui venaient d’être découvertes au large, et que les Etats-Unis lui disputaient.

Lors de cette mission, le frère de Petter est tué, et ce dernier refuse d’accepter la thèse du simple accident, que tout le monde lui suggère un peu facilement. Mais lui est un jusqu’au-boutiste, rejoignant ainsi les grands héros des films paranoïaques qui refusent de laisser couler. Autour de lui, le danger semble omniprésent.

Et la peur est palpable, constamment. La mise en scène immersive de Skjoldbjaerg dévoile un Danemark à la fois beau et dangereux. Le moindre plan de coupe suggère la possible duplicité des personnages que croise Petter. Skjoldbjaerg utilise les codes du film parano, mais aussi du film noir, avec des « trucs narratifs » comme tirés d’un autre temps : la démarche d’un tueur, le grincement d’un fourgon qui passe… Et ça marche.

Quant aux séquences sous-marines, visuellement splendides et émotionnellement étouffantes, elles évoquent quelques grands films sous-marin, à commencer par Abyss. Entre le film de Cameron et Les Trois jours du Condor, Erik Skjoldbjaerg a visiblement des références très américaines. Son film, pourtant, parle du Danemark. Avec une crudité et une absence de romantisme qui n’ont pas dû plaire à l’office de tourisme local…

Golem, le tueur de Londres (The Limehouse Golem) – de Juan Carlos Medina – 2016

Posté : 22 mars, 2018 @ 8:00 dans * Polars européens, 2010-2019, MEDINA Juan Carlos | Pas de commentaires »

Golem le tueur de Londres

Toujours très photogénique, ce Londres meurtrier de la fin du 19e siècle. On n’a pas affaire à Jack l’Eventreur ici, mais c’est tout comme. En surnommant son mystérieux tueur le « Golem », le film inscrit moins l’intrigue dans la culture juive que dans la mythologie horrifique dont le tueur de White Chapel est un illustre représentant.

Juan Carlos Medina réussit d’ailleurs plutôt bien à recréer cette atmosphère si particulière d’une ville grouillante de vie, où la richesse et la misère se mélangent autour de lieux qui symbolisent le vice, ou le plaisir c’est selon. En l’occurrence un théâtre où se noue et se dénouent les couples, plus ou moins légitimes, et dont la façade brillante cache mal des secrets inavouables.

Un bon point pour la reconstitution, donc, pleine de vie. Un bon point aussi pour Bill Nighy en flic de Scotland Yard, dont on se demande pourquoi il n’a jamais eu ce genre d’emploi auparavant tant son physique acéré colle parfaitement à ce que devait être ce superflic raté, placardisé pour des suspicions d’homosexualité. Nighy est parfait aussi dans l’évocation jamais frontale de cette « déviance » si mal venue à l’époque, comme dans l’obsession de sa quête.

Il aurait d’ailleurs pu ne jamais trouver ce genre d’emploi : Bill Nighy a été appelé à la dernière minute pour remplacer son pote Alan Rickman, très malade, qui mourra pendant le tournage. Le film lui est dédié, bien sûr.

Efficace et plaisant, ce Golem manque aussi de surprise : cet univers criminel d’un Londres poisseux a fait l’objet d’innombrables films depuis le Lodger d’Hitchcock. Avec quelques pépites, au fil des décennies. Mais il faut bien reconnaître qu’il n’y a ici rien de franchement nouveau, surtout que Medina fait tellement attention à brouiller les pistes bien comme il faut qu’on se doute au bout de 10 minutes que le meurtrier est, en gros, le personnage le plus insoupçonnable (pas manqué).

Si, quand même. Il y a une ambition très louable dans la forme, lorsque Kildare (le flic) passe en revue les différents crimes et les différents suspects, et que les projections de son esprit prennent corps à l’écran. Là, le film renouvelle le genre, comme lorsqu’il invoque des personnages bien réels (Karl Marx, ou le comédien Dan Leno). Pas totalement enthousiasmant, non, mais plutôt plaisant tout de même…

Fritz Lang, le démon en nous (Fritz Lang) – de Gordian Maugg – 2016

Posté : 14 mars, 2018 @ 8:00 dans * Polars européens, 2010-2019, MAUFF Gordian | Pas de commentaires »

Fritz Lang le démon en nous

Après La femme sur la lune, Fritz Lang est à la croisée des chemins. La plupart de ses confrères sont passés au parlant, et lui peine à trouver un nouveau sujet. C’est alors qu’il se passionne pour les crimes d’un tueur en série surnommé Le Vampire de Dusseldorf, dont il s’inspirera pour son premier film parlant, M le maudit.

Et si l’enquête avait suivi l’enquête de près ? Et si sa quête, puis les confessions qu’il aurait lui-même reçues lors d’un entretien avec le tueur arrêté, étaient le ciment de son chef d’œuvre à venir ? C’est de ce postulat que part ce film, qui brouille constamment la frontière entre fiction et réalité, et ce à plusieurs niveaux.

Le film est une fiction, mais il met en scène des personnages bien réels, dans toute leur complexité (comme le flic qui a inspiré Lohman, personnage que l’on verra dans M et Le Testament du Docteur Mabuse). A travers cette fausse enquête, c’est la face trouble de Lang que le film montre : cette fascination pour le mal et cette étrange culpabilité que l’on retrouve dans une grande partie de ses films.

Gordian Maugg met habilement en scène le grand mystère de la vie de Lang : la mort violente de sa première femme, et les soupçons qui ont pesé (et continuent à peser) sur Lang lui-même et sa maîtresse Thea Von Harbou.

Entre l’enquête et la psyché de Lang, le film propose un voyage assez fascinant, dans un beau noir et blanc qui se marie joliment avec des extraits de films d’époque (dont M, évidemment). Le passage de l’un à l’autre, de l’image assez lisse de Maugg à celle granuleuse de 1931, rend ça à la fois plus réaliste, plus ancré dans l’imagination de Lang, plus trouble aussi, comme les fantasmes du cinéaste prenaient le pas sur la réalité.

The Fall (id.) – saison 3 – créée et réalisée par Allan Cubitt – 2016

Posté : 27 février, 2018 @ 8:00 dans * Polars européens, 2010-2019, CUBITT Allan, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

The Fall saison 3

A la fin de la saison 2, on se demandait un peu ce que Cubitt allait trouver pour prolonger sa série, dont l’histoire semblait totalement bouclée. Mieux qu’un prolongement, cette troisième et dernière saison relance l’intrigue d’une manière totalement inattendue, troquant la violence et le suspense des deux premières saisons avec une violence plus psychologique, et des enjeux plus introspectifs.

Voilà donc notre tueur amnésique, sans le moindre souvenir de tout ce qu’il a pu faire depuis qu’il s’est mis en tête de devenir tueur en série. C’est en tout cas ce qu’il affirme, affichant une vulnérabilité inattendue jusque là. Simule-t-il ou se retrouve-t-il réellement dans la peau d’une victime de ses propres crimes ? Eh bien c’est là tout l’enjeu de cette ultime salve de six épisodes.

Paradoxalement, le personnage de Jamie Dornan en sort peut-être plus inquiétant encore. Les quelques explosions de violence de cette saison, plus diffuses et inattendues, marquent d’ailleurs les esprits, parce qu’ils se font attendre, et parce qu’ils s’accompagnent de doutes constants sur la nature de cette violence.

Sans doute les deux premiers épisodes auraient gagné à être condensés en un seul épisode. On aurait aussi aimé suivre davantage le destin tragique de la famille du tueur. Mais après un lancement de saison un peu flottant côté rythme, The Fall retrouve toute sa puissance, notamment grâce au face-à-face plus direct, et toujours aussi trouble, entre le tueur et l’enquêtrice, que joue toujours brillamment Gillian Anderson.

The Fall (id.) – saison 2 – créée et réalisée par Allan Cubitt – 2014

Posté : 18 février, 2018 @ 8:00 dans * Polars européens, 2010-2019, CUBITT Allan, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

The Fall Saison 2

Après une première série d’épisodes haletants, voilà une deuxième saison tout aussi passionnante, qui réussit à s’inscrire dans la droite lignée du début, tout en renouvelant habilement l’enjeu du face-à-face entre la policière (Gillian Anderson, toujours formidable) et le tueur en série de Belfast (Jamie Dornan, fascinant et dérangeant).

Car très vite, le suspense ne repose plus sur l’enquête à proprement parler, mais sur le jeu dangereux auquel se livre la police : une fois le tueur identifié, jusqu’où peut-on le laisser en liberté, dans l’espoir de retrouver sa dernière victime ? Si la série est aussi réussie, c’est parce que le face-à-face entre les deux antagonistes renouvelle un motif devenu courant depuis Le Silence des Agneaux : la fascination qu’exerce le Mal absolu sur une représentante de la loi.

Elle a beau s’en défendre, affirmer qu’elle n’éprouve aucune fascination mais au contraire une haine totale, elle ne trompe pas grand-monde, et surtout pas ces hommes qui semblent porter comme une malédiction les aventures qu’elle a eues avec eux : le regard qu’elle porte sur ce jeune homme au regard si noir et déterminé est éloquent.

Plus encore que dans la saison 1, il est question de la contamination du Mal, de la part d’ombre souvent bien cachée, et de la fascination qu’il exerce. Le fil rouge de cette deuxième saison, l’enlèvement et la disparition de celle par qui tout a commencé, est en cela particulièrement passionnant. Parce qu’il donne lieu à un terrible suspense au long cours, et parce qu’il confronte les personnages à leurs secrets, à leur intimité.

Entièrement réalisée par le créateur du show Allan Cubitt, cette deuxième saison tient toutes les promesses de la première.

Le Crime de l’Orient-Express (Murder on the Orient-Express) – de Sidney Lumet – 1974

Posté : 31 janvier, 2018 @ 8:00 dans * Polars européens, 1970-1979, LUMET Sidney | Pas de commentaires »

Le Crime de l'Orient Express 74

Peut-être LE fleuron du film agathachristien. Un genre en soi, auquel le film de Lumet donne des codes toujours en vigueur quarante ans plus tard, comme le prouve le tout récent remake signé Kenneth Branagh : un lieu clos (en l’occurrence un train luxueux coincé au-milieu de nulle part par la neige), un meurtre mystérieux (un sale type interprété par Richard Widmark), des personnages interprétés par des stars souvent sur le retour qui sont tous des suspects potentiels, et un enquêteur (Hercle Poirot) qui finira par dévoiler la vérité en réunissant tout ce petit monde…

Le film commence par l’enlèvement et la mort d’une fillette. Une séquence tout en sépia entrecoupée de coupures de presse qui évoque clairement, mais en changeant les noms, l’affaire Lindberg. Une tragédie qui pèsera sur tout le film, et c’est la première bonne idée : en invoquant un faits divers connu de tous, Agatha Christie (et Lumet) implique immédiatement le lecteur/spectateur, dans un crime où les suspects sont tous plus aimables que la victime.

Et quels suspects ! Ingrid Bergman (un peu cabote quand même, dans un personnage totalement privé de glamour), Lauren Bacall, Anthony Perkins, Vanessa Redgrave, John Gielgud, Sean Connery, et les frenchy Jacqueline Bisset et Jean-Pierre Cassel, sans compter Martin Balsam en patron de l’Orient-Express. Un casting impeccable, même si tous sont réduits aux seconds rôles.

Car les deux stars du film, ce sont l’Orient-Express, filmé avec des couleurs saturées voire vaporeuses qui renforcent son aspect mythique, et surtout le détective lui-même, Hercule Poirot, dans la plus célèbre de ses incarnations. A revoir le film, le mystère n’existant plus, on réalise à quel point le film repose sur la prestation d’Albert Finney, que ce soit dans le rythme ou dans le ton. Le personnage est cérébral et exubérant ? Finney réussit une interprétation tout en finesse, tout en en faisant des tonnes. Poirot, c’est définitivement lui.

The Fall (id.) – saison 1 – série créée par Allan Cubitt, réalisée par Jakob Verbruggen – 2013

Posté : 20 janvier, 2018 @ 8:00 dans * Polars européens, 2010-2019, CUBITT Allan, TÉLÉVISION, VERBRUGGEN Jakob | Pas de commentaires »

The Fall Saison 1

Cinq épisodes, et une tension incroyable. Je me suis plongé dans la première saison de The Fall pour son interprète principale (Gillian Anderson, toujours très intense), je m’y suis laissé happer en quelques minutes seulement. Totalement addictive, cette première saison tient toutes ses promesses, et garde le cap d’un bout à l’autre avec une belle homogénéité : tous les épisodes sont réalisés par la même personne (Jakob Verbruggen, qui apporte une esthétique très british à la série), et écrits par Allan Cubitt, le créateur de la série.

Surtout, Cubitt respecte de bout en bout son ambition initiale : raconter le parcours parallèle d’un tueur en série et de la policière qui le traque. Deux personnages également complexes et riches, portés par deux acteurs formidables.

Gillian Anderson donc, en femme méthodique et parfois froide, qui revendique son droit d’avoir une sexualité aussi libre et sans lendemain que les hommes. Un personnage qui mine de rien, bouscule les codes, parce qu’elle fait ce que personne ne viendrait reprocher à un homme de faire (au moins dans une fiction).

Jamie Dornan ensuite, glaçant en bon père de famille le jour, qui se transforme en tueur sadique de jeunes femmes la nuit. Le contraste entre ses deux personnalités est effrayant et bouscule le spectateur. Parce que, aussi affreux cela puisse-t-il paraître, il a de bons côtés ce type, qui ose faire face pour aider une jeune femme battue par son mari. Il en deviendrait presque attachant, sauf que c’est un monstre, qui enlace sa petite fille tout en planifiant son prochain crime.

Le montage joue un rôle particulièrement important, les scènes de vie quotidienne et les scènes de violence physique ou psychologique se répondant constamment. Et c’est bien de là que naît l’horreur, dans cette manière d’entremêler le quotidien et la violence, l’apparente normalité et le Mal absolu.

Il y a une intrigue secondaire, qui évoque un contexte de violence sociale et de corruption policière, pas tout à fait aussi passionnant, mais qui a le mérite de donner de consistance à l’arrière-plan, à Belfast, ville rarement filmée, où la religion et les communautés semblent plus importants qu’ailleurs, et où une violence sociale latente semble prête à exploser.

The Oath / Le Serment d’Hippocrate (Eidurinn) – de Baltasar Kormakur – 2016

Posté : 5 décembre, 2017 @ 8:00 dans * Polars européens, 2010-2019, KORMAKUR Baltasar | Pas de commentaires »

The Oath

Vaut-il mieux être un réalisateur lambda à Hollywood ou une icône dans son (petit) pays ? Baltasar Kormakur n’a jamais vraiment eu à choisir. Depuis que l’acteur-réalisateur, multi-récompensé en Europe, a fait ses premiers pas en Amérique, il mène une carrière internationale assez impressionnante. Et après deux grosses productions (2 Guns et Everest), c’est en Islande et avec un budget nettement plus restreint qu’il signe l’un de ses meilleurs films.

Avec The Oath (« le serment »), thriller noir captivant et troublant, Kormakur signe un film forcément personnel : réalisateur, producteur, scénariste, il en est aussi l’acteur vedette, présent quasiment dans chaque plan. En chirurgien qui décide de prendre les choses en main pour sauver sa fille, sous la coupe d’un dealer, la police étant impuissante, il est un peu le double négatif d’un Charles Bronson des mauvais jours.

Car si le scénario empreinte dans un premier temps le chemin du vigilante, c’est pour mieux s’en détourner, et souligner la terrible impasse de la violence. Kormakur, acteur, est absolument formidable dans ce rôle tout en intériorité. Pas besoin de grande expansion pour que soit perceptible la panique du père, et le profond malaise de ce chirurgien qui s’enferme dans une spirale de violence qui va le pousser à jouer avec une vie humaine.

Aucun héroïsme, aucune gloire derrière le sacrifice de ce père acculé, qui s’enfonce plus ou moins consciemment vers le point de non-retour. Pas d’espoir ni de solution miracle non plus : dans ces paysages somptueux et mornes à la fois, la violence et le mal-être semblent omniprésents. Kormakur filme ces paysages avec une sorte de langueur superbe, porté par une très belle musique, qui donne à son film un rythme fascinant.

D’une efficacité redoutable et d’une grande justesse, The Oath est un thriller intime et inconfortable, assez magnifique.

On a arrêté Sherlock Holmes / On a tué Sherlock Holmes (Der Mann, der Sherlock Holmes war) – de Karl Hartl – 1937

Posté : 2 octobre, 2017 @ 8:00 dans * Polars européens, 1930-1939, HARTL Karl, Sherlock Holmes | Pas de commentaires »

On a arrêté Sherlock Holmes

Par une nuit pluvieuse, deux hommes arrêtent un train, y montent et s’y font passer pour Sherlock Holmes et le docteur Watson. Bientôt, la réputation du célèbre détective les précède où qu’ils aillent…

Le pitch de cette production UFA est étonnant, et tient plutôt bien ses promesses. Bavard, trop sans doute, le film ne manque en tout cas pas de charme, avec son mélange séduisant de suspense, de comédie, d’action (avec une spectaculaire scène de bagarre dans un entrepôt où chaque accessoire semble être utilisé) et même de film musical avec une chanson qu’entonnent soudain nos deux héros, dans un moment franchement réjouissant.

Cette production allemande est un pur divertissement qui échappe à peu près à toute lecture politique, en tout cas à tout esprit de propagande nazien Goebbels ayant à l’époque la main sur la UFA, et utilisant les films plus prestigieux comme des outils au service du Parti. Ce faux Sherlock Holmes n’est pas de ceux-là. La présence de la vedette Hans Albers l’atteste : cet anti-Nazi très populaire était l’un des rares acteurs à pouvoir refuser les films dont le message ne lui plaisait pas.

Le film est loin de ce contexte lourd, même si on peut y voir, en grattant bien, une critique amusée et un rien cynique d’institutions qui se font berner par des petits escrocs. C’est surtout un joyeux film de genre, décomplexé et frôlant avec délice le n’importe quoi.

Qu’importe les excès et les invraisemblances (et entendre Holmes et Watson parler allemand n’est pas la moindre) pourvu qu’il y ait du plaisir. Et plaisir il y a, de la première scène sous la pluie jusqu’à la conclusion, simulacre de procès et vrai spectacle.

Peaky Blinders (id.) – saison 2 – créée par Steven Knight – 2014

Posté : 18 septembre, 2017 @ 8:00 dans * Films de gangsters, * Polars européens, 2010-2019, KNIGHT Steven, McCarthy Colm, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Peaky Blinders saison 2

La première saison avait été l’un des grands chocs télévisuels de ces dernières années. Cette deuxième fournée réussit le pari impossible d’être encore plus enthousiasmante. Toute l’ampleur du show imaginé par Steven Knight est toujours bien là, avec sa superbe reconstitution de l’Angleterre des années 1920, et sa beauté formelle souvent sidérante.

Et c’est là que la série s’est peut-être encore bonifiée. En confiant la réalisation de l’intégralité des six épisodes à un seul homme, Colm McCarthy, le showrunner s’assure une continuité visuelle absolument parfaite, et évite les quelques petits excès formels des premiers épisodes, lorsqu’il s’agissait de marquer les esprits.

Les esprits sont bien marqués, et durablement. Restaient à prolonger l’histoire en la réinventant. Et là encore, c’est une réussite totale. Cette saison 2 est la suite directe de la première, quelques années plus tard, avec les mêmes personnages, et le poids des précédents événements qui pèse constamment sur eux : le beau personnage de Grace notamment (Annabelle Wallis), qui hante littéralement le charismatique et inquiétant chef des Peaky Blinders Tommy Shelby (Cillian Murphy, qui laisse percer ce qu’il faut de fragilité de son impressionnante carapace), tout comme le sinistre flic Chester Campbell (Sam Neill).

Mais cette saison 2 marque aussi de nouveaux enjeux : un nouveau rôle, très émouvant, de mère pour la matriarche Polly (excellente Helen McCrory), et la volonté des Shelby de mettre la main sur Londres, en faisant face à deux gangs ennemis, les Juifs d’un côté, les Italiens de l’autre. La violence qui en découle est d’autant plus marquante qu’elle est largement incarnée par les chefs de ces gangs, Tom Hardy d’un côté, Noah Taylor de l’autre. Les deux acteurs en font des tonnes, mais toujours sur un ton juste, comme dans un réjouissant concours de psychopathes ! Avec une petite longueur d’avance, la victoire revient à Tom Hardy, glaçant et impressionnant.

D’une intensité rare, cette saison 2 dense et passionnante est construite comme une longue montée en puissance, jusqu’aux deux derniers épisodes à couper le souffle. Et puis il y a la bande son, toujours impeccable, faite de reprises rock du meilleur goût. Il y avait déjà le fascinant « Red Right Hand » de Nick Cave pour le générique, et comme un sublime fil rouge. Et voilà que PJ Harvey ou Johnny Cash s’invitent à leurs tours au fil des épisodes. A croire que les créateurs ont pioché dans ma cdthèque… Vivement la saison 3.

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