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Archive pour la catégorie '* Polars européens'

Sherlock Holmes contre Jack l’Eventreur (A study in terror) – de James Hill – 1965

Posté : 19 avril, 2019 @ 8:00 dans * Polars européens, 1960-1969, HILL James, Sherlock Holmes | Pas de commentaires »

Sherlock Holmes contre Jack l'Eventreur

Prenez un personnage (fictif) mythique de la culture populaire. Opposez-le à un monstre (bien réel) devenu figure mythique de la culture populaire. Confiez cette confrontation à un réalisateur sans grande envergure. Et vous obtenez un thriller appliqué qui remplit parfaitement son cahier des charges, sans jamais sortir de son cadre.

Soit, donc, les ruelles toutes en pavées (et bien trop propres) de White Chapel, quartier londonien condamné à être baigné dans la brume. Soit, aussi, des meurtres de prostitués qui s’enchaînent, et ces furtives images d’un tueur en vêtement long et sacoche à la main. Soit, encore, d’étranges accointances entre la haute bourgeoisie et les habitants de ce quartier mal famé. Voilà pour l’imagerie de Jack l’Eventreur.

Côté Sherlock Holmes, rien n’est oublié, ou presque (pas la moindre trace d’opium ou de quelque drogue que ce soit) : si la pipe, ni la redingote, ni les élémentaire mon cher Watson, ni bien sûr le fameux sens de l’observation et de la déduction du détective. Bien plus proche de l’imagerie liée aux précédentes (et nombreuses) adaptations ciné qu’à l’oeuvre de Conan Doyle.

On est donc en terrain connu, on se demande un peu pourquoi ces deux mythes ne se sont pas rencontrés plus tôt, on suit avec intérêt l’évolution de l’enquête, on soupçonne comme il se doit la plupart des personnages (y compris une jeune femme interprétée une charmante Judi Dench), on s’amuse à se faire gentiment peur… mais au fond on vit ce film comme on vivrait une sorte de jeu de rôle : en profitant du voyage sans jamais être vraiment surpris.

John Neville, futur Münchausen de Gilliam et futur « homme manucuré » de X-Files, joue pleinement le jeu de ce Holmes trop parfait pour être réellement crédible. Parfait donc, mais comme l’est un pastiche.

Tu ne tueras point (Krótki film o zabijaniu) de Krzysztof Kieślowski – 1988

Posté : 20 mars, 2019 @ 8:00 dans * Polars européens, 1980-1989, KIESLOWSKI Krzysztof | Pas de commentaires »

Tu ne tueras point

Un jeune homme légèrement inquiétant erre dans les rues ; un chauffeur de taxi légèrement méprisant prépare sa tournée ; un autre homme s’apprête à devenir avocat. Le premier va assassiner le second, gratuitement et froidement, de manière délibérée et sans remords, et sera défendu par le troisième, impuissant. Pourquoi ? Ce n’est pas vraiment la question : c’est plutôt le « comment » qui intéresse Kieślowski, dans ce long métrage tiré de son fameux Décalogue, ensemble de dix moyens métrages évoquant chacun l’un des dix pêchés capitaux.

Dans un décor dénué de tout semblant de beauté, le cinéaste filme avec une extrême stylisation des êtres sans joie et sans perspective. Des images glaciales et sidérantes qui suffisent à insuffler l’idée que, peut-être, la société telle qu’elle existe pourrait être à l’origine des monstres qui y naissent. Mais Kieślowski n’est pas un moraliste : son film décrit de manière presque clinique les derniers pas avant l’irruption du Mal extrême.

Le plus terrible, c’est cette capacité qu’il a à faire ressentir l’enfant que ce tueur en devenir a été. Son sourire si innocent face aux deux fillettes qui l’observent de l’autre côté de la vitrine alors qu’il prépare activement son meurtre, est à la fois glaçant et bouleversant. Les vitres, les miroirs, les reflets, sont d’ailleurs omniprésents, comme autant d’artifices qui semblent dissocier le jeune homme de ses actes. Troublant.

Et quand la violence explose enfin (« enfin », tant l’attente est chargée en tension dérangeante), elle n’a rien d’une libération : elle est absolument insoutenable, mais comme l’est la séquence de l’exécution, comme si Kieślowski mettait dos à dos ces deux mises à mort, esthétiquement aux antipodes l’une de l’autre, mais chargées toutes deux par le même dégoût. « Tu ne tueras point », rappelle le titre du film. Les lois érigées par la société ne sont pas une excuse…

Les Enquêtes de l’inspecteur Wallander : le guerrier solitaire (Wallander : Sidetracked) – de Philip Martin – 2008

Posté : 25 février, 2019 @ 8:00 dans * Polars européens, 2000-2009, MARTIN Philip, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Les Enquêtes de l'inspecteur Wallander le guerrier solitaire

Ça m’a pris comme ça, après avoir lu l’excellent roman de Mankell : l’envie de voir si ce téléfilm était fidèle à l’œuvre originelle. Alors ? Oui et non. Et nous voilà bien avancés…

On reprend donc l’intrigue imaginée par le romancier suédois, ces meurtres successifs commis à coups de petite hachette, sans liens apparents entre les victimes. La scène d’ouverture aussi : le héros Kurt Wallander qui insiste impuissant au suicide d’une très jeune fille qui s’immole par le jeu dans un vaste champ de colza. Et on n’hésite pas à prendre d’importantes libertés avec la conclusion. C’est pas dramatique, mais c’est dommage.

Peu importe, en fait. Visuellement, c’est propre et assez terne, loin en tout cas du pouvoir d’évocation de Mankell. Bref, ce n’est pas déshonorant, pas plus que ça ne rend vraiment hommage au roman. Mais il y a Kenneth Branagh, lourdement fatigué, qui est la raison d’être de ce téléfilm, premier épisode d’une série qui durera quatre saisons (au rythme de trois épisodes par an), et au cours de laquelle Branagh excellera.

La tristesse et la douleur lui vont parfaitement bien. Tant mieux : c’est lui, avec son pas fatigué, sa carcasse qu’il semble avoir un mal fou à bouger, son regard douloureux, sa sensibilité à fleur de peau, qui donne le ton et le rythme du film. Sa première raison d’être, oui.

Peaky Blinders (id.) – saison 3 – créée par Steven Knight – 2016

Posté : 18 février, 2019 @ 8:00 dans * Films de gangsters, * Polars européens, 2010-2019, KNIGHT Steven, MIELANTS Tim, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Peaky Blinders saison 3

Sauvé de la mort in extremis par les hommes de Churchill, Thomas Shelby est désormais redevable envers l’homme fort d’Angleterre. Y compris le jour de son mariage tant attendu avec la belle Grace, la femme qu’il aime, l’unique personne capable de contenir sa rage. Mais la violence appelle la violence, et la tragédie guerre. Lorsqu’elle arrive, c’est tout un fragile équilibre qui explose.

Comme un fascinant fil rouge, le « Red Right Hand » de Nick Cave rythme une nouvelle fois cette ébouriffante troisième saison, tantôt envoûtante, tantôt rageuse, tantôt éthérée. L’utilisation de cette chanson, et d’autres, reste l’une des grandes particularités de la série de Steven Knight, la première sans doute à utiliser le « Lazarus » de David Bowie et le « You want it darker » de Leonard Cohen, deux chansons marquées par la mort.

C’est dire si la mort est omniprésente dans cette saison, qui marque le basculement de la famille Shelby, et la fin d’une époque. La violence est rare, elle n’en est que plus percutant et traumatisante. L’esthétisme fascinant de la série n’enlève strictement rien au poids de cette violence, qui est plus que jamais le sujet du show : la violence et ses conséquences, au cœur de tous les drames qui se nouent.

Dans le rôle de Thomas, le chef de la famille Shelby, Cilian Murphy est d’une intensité rare. Cette troisième saison lui donne la possibilité de donner toute l’étendue de son talent, son personnage passant par à peu près tous les états inimaginables, de la paix intérieure à la douleur la plus vive en passant par la folie, la rage et le cynisme. Un personnage tiraillé par ses démons, dont on ne peut qu’imaginer tout ce qu’il peut encore donner à la série.

Le personnage de son frère Arthur est tout aussi passionnant, homme de main rongé par ses péchés, qui lutte contre ses démons, mais que sa fureur mal renfermée rattrape sans cesse. Comme la tante Polly, femme forte et fière, rattrapée par ses désirs de femme et de mère, en rupture avec la violence dans laquelle s’est enfermée la famille Shelby. Deux personnages magnifiques, portés par deux acteurs particulièrement habités, Helen McCrory et Paul Anderson.

Peaky Blinders dresse une peinture sans concession de l’Angleterre des années 20 avec ses politiciens véreux et ses hommes d’église peu fréquentables. La série de Steven Knight, visuellement magnifique, et totalement addictive, continue son sans-faute. Vivement la suite.

* Voir aussi la saison 1 et la saison 2.

Pioneer (Pionér) – de Erik Skjoldbjaerg – 2013

Posté : 17 octobre, 2018 @ 8:00 dans * Polars européens, 2010-2019, SKJOLDBJAERG Erik | Pas de commentaires »

Pioneer

Le Danois Erik Skjoldbjaerg s’était fait connaître avec Insomnia, un thriller étouffant qu’avait refait Christopher Nolan (le meilleur film de ce dernier, d’ailleurs). Avec Pioneer, le réalisateur confirme qu’il est particulièrement doué pour filmer les sensations physiques : les effets de l’insomnie là, le malaise et la paranoïa ici.

« Inspiré d’une histoire vrai » clame un carton au début du film. Un ancrage dans le réel qui a pour effet d’accroître le sentiment de malaise et de danger qui se dégage de ce thriller diablement efficace, clairement à la manière des grands films paranoïaques américains des années 70. A ceci près que le contexte post-Watergate laisse la place à cette décennie au cours de laquelle le Danemark s’apprêtait à devenir l’un des pays les plus riches du monde.

Un sacré enjeu, donc, qui laisse planer le doute sur la sincérité d’à peu près tous les personnages. Un seul, finalement, échappe à la règle : Petter, plongeur danois de grand fond, qui fait partie d’une mission cruciale, consistant à installer un pipe line à 400 mètres de profondeur. L’action se passe au tout des années 80, alors que le Danemark cherchait un moyen de profiter des ressources pétrolières qui venaient d’être découvertes au large, et que les Etats-Unis lui disputaient.

Lors de cette mission, le frère de Petter est tué, et ce dernier refuse d’accepter la thèse du simple accident, que tout le monde lui suggère un peu facilement. Mais lui est un jusqu’au-boutiste, rejoignant ainsi les grands héros des films paranoïaques qui refusent de laisser couler. Autour de lui, le danger semble omniprésent.

Et la peur est palpable, constamment. La mise en scène immersive de Skjoldbjaerg dévoile un Danemark à la fois beau et dangereux. Le moindre plan de coupe suggère la possible duplicité des personnages que croise Petter. Skjoldbjaerg utilise les codes du film parano, mais aussi du film noir, avec des « trucs narratifs » comme tirés d’un autre temps : la démarche d’un tueur, le grincement d’un fourgon qui passe… Et ça marche.

Quant aux séquences sous-marines, visuellement splendides et émotionnellement étouffantes, elles évoquent quelques grands films sous-marin, à commencer par Abyss. Entre le film de Cameron et Les Trois jours du Condor, Erik Skjoldbjaerg a visiblement des références très américaines. Son film, pourtant, parle du Danemark. Avec une crudité et une absence de romantisme qui n’ont pas dû plaire à l’office de tourisme local…

Golem, le tueur de Londres (The Limehouse Golem) – de Juan Carlos Medina – 2016

Posté : 22 mars, 2018 @ 8:00 dans * Polars européens, 2010-2019, MEDINA Juan Carlos | Pas de commentaires »

Golem le tueur de Londres

Toujours très photogénique, ce Londres meurtrier de la fin du 19e siècle. On n’a pas affaire à Jack l’Eventreur ici, mais c’est tout comme. En surnommant son mystérieux tueur le « Golem », le film inscrit moins l’intrigue dans la culture juive que dans la mythologie horrifique dont le tueur de White Chapel est un illustre représentant.

Juan Carlos Medina réussit d’ailleurs plutôt bien à recréer cette atmosphère si particulière d’une ville grouillante de vie, où la richesse et la misère se mélangent autour de lieux qui symbolisent le vice, ou le plaisir c’est selon. En l’occurrence un théâtre où se noue et se dénouent les couples, plus ou moins légitimes, et dont la façade brillante cache mal des secrets inavouables.

Un bon point pour la reconstitution, donc, pleine de vie. Un bon point aussi pour Bill Nighy en flic de Scotland Yard, dont on se demande pourquoi il n’a jamais eu ce genre d’emploi auparavant tant son physique acéré colle parfaitement à ce que devait être ce superflic raté, placardisé pour des suspicions d’homosexualité. Nighy est parfait aussi dans l’évocation jamais frontale de cette « déviance » si mal venue à l’époque, comme dans l’obsession de sa quête.

Il aurait d’ailleurs pu ne jamais trouver ce genre d’emploi : Bill Nighy a été appelé à la dernière minute pour remplacer son pote Alan Rickman, très malade, qui mourra pendant le tournage. Le film lui est dédié, bien sûr.

Efficace et plaisant, ce Golem manque aussi de surprise : cet univers criminel d’un Londres poisseux a fait l’objet d’innombrables films depuis le Lodger d’Hitchcock. Avec quelques pépites, au fil des décennies. Mais il faut bien reconnaître qu’il n’y a ici rien de franchement nouveau, surtout que Medina fait tellement attention à brouiller les pistes bien comme il faut qu’on se doute au bout de 10 minutes que le meurtrier est, en gros, le personnage le plus insoupçonnable (pas manqué).

Si, quand même. Il y a une ambition très louable dans la forme, lorsque Kildare (le flic) passe en revue les différents crimes et les différents suspects, et que les projections de son esprit prennent corps à l’écran. Là, le film renouvelle le genre, comme lorsqu’il invoque des personnages bien réels (Karl Marx, ou le comédien Dan Leno). Pas totalement enthousiasmant, non, mais plutôt plaisant tout de même…

Fritz Lang, le démon en nous (Fritz Lang) – de Gordian Maugg – 2016

Posté : 14 mars, 2018 @ 8:00 dans * Polars européens, 2010-2019, MAUFF Gordian | Pas de commentaires »

Fritz Lang le démon en nous

Après La femme sur la lune, Fritz Lang est à la croisée des chemins. La plupart de ses confrères sont passés au parlant, et lui peine à trouver un nouveau sujet. C’est alors qu’il se passionne pour les crimes d’un tueur en série surnommé Le Vampire de Dusseldorf, dont il s’inspirera pour son premier film parlant, M le maudit.

Et si l’enquête avait suivi l’enquête de près ? Et si sa quête, puis les confessions qu’il aurait lui-même reçues lors d’un entretien avec le tueur arrêté, étaient le ciment de son chef d’œuvre à venir ? C’est de ce postulat que part ce film, qui brouille constamment la frontière entre fiction et réalité, et ce à plusieurs niveaux.

Le film est une fiction, mais il met en scène des personnages bien réels, dans toute leur complexité (comme le flic qui a inspiré Lohman, personnage que l’on verra dans M et Le Testament du Docteur Mabuse). A travers cette fausse enquête, c’est la face trouble de Lang que le film montre : cette fascination pour le mal et cette étrange culpabilité que l’on retrouve dans une grande partie de ses films.

Gordian Maugg met habilement en scène le grand mystère de la vie de Lang : la mort violente de sa première femme, et les soupçons qui ont pesé (et continuent à peser) sur Lang lui-même et sa maîtresse Thea Von Harbou.

Entre l’enquête et la psyché de Lang, le film propose un voyage assez fascinant, dans un beau noir et blanc qui se marie joliment avec des extraits de films d’époque (dont M, évidemment). Le passage de l’un à l’autre, de l’image assez lisse de Maugg à celle granuleuse de 1931, rend ça à la fois plus réaliste, plus ancré dans l’imagination de Lang, plus trouble aussi, comme les fantasmes du cinéaste prenaient le pas sur la réalité.

The Fall (id.) – saison 3 – créée et réalisée par Allan Cubitt – 2016

Posté : 27 février, 2018 @ 8:00 dans * Polars européens, 2010-2019, CUBITT Allan, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

The Fall saison 3

A la fin de la saison 2, on se demandait un peu ce que Cubitt allait trouver pour prolonger sa série, dont l’histoire semblait totalement bouclée. Mieux qu’un prolongement, cette troisième et dernière saison relance l’intrigue d’une manière totalement inattendue, troquant la violence et le suspense des deux premières saisons avec une violence plus psychologique, et des enjeux plus introspectifs.

Voilà donc notre tueur amnésique, sans le moindre souvenir de tout ce qu’il a pu faire depuis qu’il s’est mis en tête de devenir tueur en série. C’est en tout cas ce qu’il affirme, affichant une vulnérabilité inattendue jusque là. Simule-t-il ou se retrouve-t-il réellement dans la peau d’une victime de ses propres crimes ? Eh bien c’est là tout l’enjeu de cette ultime salve de six épisodes.

Paradoxalement, le personnage de Jamie Dornan en sort peut-être plus inquiétant encore. Les quelques explosions de violence de cette saison, plus diffuses et inattendues, marquent d’ailleurs les esprits, parce qu’ils se font attendre, et parce qu’ils s’accompagnent de doutes constants sur la nature de cette violence.

Sans doute les deux premiers épisodes auraient gagné à être condensés en un seul épisode. On aurait aussi aimé suivre davantage le destin tragique de la famille du tueur. Mais après un lancement de saison un peu flottant côté rythme, The Fall retrouve toute sa puissance, notamment grâce au face-à-face plus direct, et toujours aussi trouble, entre le tueur et l’enquêtrice, que joue toujours brillamment Gillian Anderson.

The Fall (id.) – saison 2 – créée et réalisée par Allan Cubitt – 2014

Posté : 18 février, 2018 @ 8:00 dans * Polars européens, 2010-2019, CUBITT Allan, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

The Fall Saison 2

Après une première série d’épisodes haletants, voilà une deuxième saison tout aussi passionnante, qui réussit à s’inscrire dans la droite lignée du début, tout en renouvelant habilement l’enjeu du face-à-face entre la policière (Gillian Anderson, toujours formidable) et le tueur en série de Belfast (Jamie Dornan, fascinant et dérangeant).

Car très vite, le suspense ne repose plus sur l’enquête à proprement parler, mais sur le jeu dangereux auquel se livre la police : une fois le tueur identifié, jusqu’où peut-on le laisser en liberté, dans l’espoir de retrouver sa dernière victime ? Si la série est aussi réussie, c’est parce que le face-à-face entre les deux antagonistes renouvelle un motif devenu courant depuis Le Silence des Agneaux : la fascination qu’exerce le Mal absolu sur une représentante de la loi.

Elle a beau s’en défendre, affirmer qu’elle n’éprouve aucune fascination mais au contraire une haine totale, elle ne trompe pas grand-monde, et surtout pas ces hommes qui semblent porter comme une malédiction les aventures qu’elle a eues avec eux : le regard qu’elle porte sur ce jeune homme au regard si noir et déterminé est éloquent.

Plus encore que dans la saison 1, il est question de la contamination du Mal, de la part d’ombre souvent bien cachée, et de la fascination qu’il exerce. Le fil rouge de cette deuxième saison, l’enlèvement et la disparition de celle par qui tout a commencé, est en cela particulièrement passionnant. Parce qu’il donne lieu à un terrible suspense au long cours, et parce qu’il confronte les personnages à leurs secrets, à leur intimité.

Entièrement réalisée par le créateur du show Allan Cubitt, cette deuxième saison tient toutes les promesses de la première.

Le Crime de l’Orient-Express (Murder on the Orient-Express) – de Sidney Lumet – 1974

Posté : 31 janvier, 2018 @ 8:00 dans * Polars européens, 1970-1979, LUMET Sidney | Pas de commentaires »

Le Crime de l'Orient Express 74

Peut-être LE fleuron du film agathachristien. Un genre en soi, auquel le film de Lumet donne des codes toujours en vigueur quarante ans plus tard, comme le prouve le tout récent remake signé Kenneth Branagh : un lieu clos (en l’occurrence un train luxueux coincé au-milieu de nulle part par la neige), un meurtre mystérieux (un sale type interprété par Richard Widmark), des personnages interprétés par des stars souvent sur le retour qui sont tous des suspects potentiels, et un enquêteur (Hercle Poirot) qui finira par dévoiler la vérité en réunissant tout ce petit monde…

Le film commence par l’enlèvement et la mort d’une fillette. Une séquence tout en sépia entrecoupée de coupures de presse qui évoque clairement, mais en changeant les noms, l’affaire Lindberg. Une tragédie qui pèsera sur tout le film, et c’est la première bonne idée : en invoquant un faits divers connu de tous, Agatha Christie (et Lumet) implique immédiatement le lecteur/spectateur, dans un crime où les suspects sont tous plus aimables que la victime.

Et quels suspects ! Ingrid Bergman (un peu cabote quand même, dans un personnage totalement privé de glamour), Lauren Bacall, Anthony Perkins, Vanessa Redgrave, John Gielgud, Sean Connery, et les frenchy Jacqueline Bisset et Jean-Pierre Cassel, sans compter Martin Balsam en patron de l’Orient-Express. Un casting impeccable, même si tous sont réduits aux seconds rôles.

Car les deux stars du film, ce sont l’Orient-Express, filmé avec des couleurs saturées voire vaporeuses qui renforcent son aspect mythique, et surtout le détective lui-même, Hercule Poirot, dans la plus célèbre de ses incarnations. A revoir le film, le mystère n’existant plus, on réalise à quel point le film repose sur la prestation d’Albert Finney, que ce soit dans le rythme ou dans le ton. Le personnage est cérébral et exubérant ? Finney réussit une interprétation tout en finesse, tout en en faisant des tonnes. Poirot, c’est définitivement lui.

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