Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour la catégorie '* Films noirs (1935-1959)'

Dans la souricière (The Trap) – de Norman Panama – 1959

Posté : 5 mars, 2021 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, PANAMA Norman, WESTERNS | Pas de commentaires »

Dans la souricière

Norman qui ? Panama ? Jamais entendu parler, dois-je humblement avouer. Et cette découverte donne franchement envie d’en connaître plus. Sans révolutionner le(s) genre(s), The Trap est un thriller/western dense et parfaitement tenu, au suspense d’une grande efficacité, aussi grande que l’est la simplicité du propos et du décor.

Décor de western, même si le thriller est contemporain. On est dans les années 1950, mais l’histoire se passe à Tulla, petite ville d’un Ouest brûlant et poussiéreux, qui semble n’avoir pas bougé depuis le 19e siècle. Quelques détails quand même : des voitures, des téléphones, des fontaines à eau… Rien d’autres, ou si peu, pour rappeler que les décennies se sont écoulées depuis l’époque des pionniers.

Norman Panama filme ce décor de la même manière qu’il filmerait un western, sans doute. Même utilisation des recoins de la ville, ou des grands espaces désertiques. Même logique de confronter un héros solitaire à une horde de bandits prêts à tout pour libérer l’un des leurs. Au passage, on peut rappeler que Rio Bravo est sorti la même année…

Ici, c’est Richard Widmark, formidable en avocat de la mafia qui reprend son destin en main quand son père est trucidé par son « patron », joué par l’excellent Lee J. Cobb. Ajoutez à ça un frère alcoolique et une belle-sœur qui fut son grand amour (Tina Louise, actrice fascinante à qui la chaleur caniculaire va bien)… une grande tragédie familiale s’ajoute au pur suspense, et les deux aspects sont parfaitement tenus.

On pense à Un homme est passé bien sûr, le film de Sturges qui mélangeait lui aussi western et thriller. The Trap n’a pas tout à fait la même ambition, ni même la même force sans doute. Mais Panama signe un film de genre(s) original et passionnant.

La Dernière minute (Count the hours !) – de Don Siegel – 1953

Posté : 3 février, 2021 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, SIEGEL Don | Pas de commentaires »

La dernière minute

Un innocent condamné à mort… Sa femme et son avocat qui se battent jusqu’au bout pour trouver le vrai coupable… Rien de bien neuf sous le soleil, sur le papier : Count the hours ! fait partie de ces innombrables polars qui jouent la montre, basant son suspense sur l’imminence de l’exécution.

On en a vu d’autres, on en verra d’autres, et c’est au Jugé coupable de Clint Eastwood que le film fait penser, parce qu’on retrouve la même nonchalance scénaristique dans la résolution de l’intrigue. Et pour faire court : l’avocat joué par MacDonald Carey est aussi crédible en homme de loi qu’Eastwood en journaliste dans son propre film.

Mais le ton est bien différent. Siegel est derrière la caméra, et ça se sent dès la toute première scène, celle du crime, toute en ombres et en images subjectives, où l’importance du hors-champs n’enlève rien à la sécheresse de la violence. Une brutalité que l’on retrouve tout au long du film.

Cette série B tournée en quelques jours avec une économie de moyens bien visible fait de cette économie de moyens sa colonne vertébrale. Pas de gras, pas de digression, des séquences dures et fortes qui se suivent et par lesquelles Siegel fait grandir la tension.

Il met en scène des personnages obsessionnels (Teresa Wright qui plonge obstinément dans un lac pour retrouver l’arme qui innocenterait son mari), amoraux (Adele Mara plus intéressée par ses rôles que par toute question d’innocence ou de culpabilité) ou dangereusement malade (Jack Elam, idéalement répugnant).

Siegel fera bien mieux par la suite : plus habité, mieux construit, plus intense. Mais ce petit thriller de jeunesse a le charme des grandes séries B, et bénéficie de l’intensité des images de John Alton avec d’impressionnantes profondeurs de champs. Une réussite.

L’Ultime Razzia (The Killing) – de Stanley Kubrick – 1956

Posté : 1 février, 2021 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, KUBRICK Stanley | Pas de commentaires »

L'Ultime Razzia

Un braquage soigneusement préparé, Sterling Hayden sur le fil, des chevaux comme horizons, un grain de sable qui vient enrayer la belle mécanique… The Killing serait presque une variation sur le thème de The Asphalt Jungle, s’il n’était pas un film aussi original et surprenant, en plus d’être une merveille.

Surprenant malgré la trame classique. Stanley Kubrick reconnaissait que « le sujet était mauvais ». Aidé au scénario par Jim Thompson, il fait de cette histoire de braquage dont on devine la fin dès les premières minutes un sommet du genre, et un film unique dans sa construction.

Kubrick ne fait ni le choix de la linéarité, ni celui des flash-backs traditionnels. Il joue plutôt sur de constants aller-retours temporels, avançant de trois jours, reculant de deux heures, au gré des changements constants de points de vue. Le résultat est un film au scénario apparemment éclaté, mais au final exceptionnellement ramassé. Cette construction à la fois libre et remarquablement précise permet de donner du corps, de la consistance, à tous les personnages, avec une économie de mots et de moyens exemplaires.

Pas de grandes phrases, peu de digressions : la préparation du casse et sa réalisation, rien de plus. Et pourtant, chacun des personnages est parfaitement dessiné, et apparaît dans toute son humanité. Elisha Cook, Marie Windsor, Ted de Corsia… Beaux seconds rôles autour de Sterling Hayden intense et résigné, dont Kubrick fait la pierre angulaire de son film. Une présence physique impressionnante, qu’il le plonge dans l’obscurité ou qu’il dissimule son visage derrière un masque de clown…

Kubrick signe avec The Killing son premier chef d’œuvre. Plein de promesses, ça… Parions que ça ne sera pas le dernier !

Johnny roi des gangsters (Johnny Eager) – de Mervyn LeRoy – 1942

Posté : 29 janvier, 2021 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, LeROY Mervyn | Pas de commentaires »

Johnny roi des gangsters

Après le sublime mélo La Valse dans l’ombre, Mervyn LeRoy change de registre, s’attaque au film noir, et offre un nouveau rôle en or à Robert Taylor : celui de Johnny Eager, ancien gangster qui s’est rangé des affaires depuis sa sortie de prison, menant désormais une tranquille vie de chauffeur de taxi.

C’est en tout cas ce qu’il fait croire : ce brave repenti n’a en fait rien renié de ce qu’il est. Dans l’ombre, il gère un vaste racket et règle ses problèmes de manière radicale. Sans sentiment. LeRoy a l’art de réussir de grands films sans y paraître. Johnny Eager commence un peu banalement, avant une brusque révélation. Mais ce n’est pas cette seule révélation qui fait basculer le film : plutôt la radicalité du changement de ton.

Robert Taylor, acteur souvent sous-estimé tant il semble ne pas faire grand-chose, est formidable dans ce rôle complexe. Parce qu’il lui faut peu pour incarner ces changements de ton, passer de la douceur du repenti au froid cynisme du « vrai » personnage. La violence est rare et sèche. Elle est surtout psychologique : Eager se livre à un jeu de massacre d’une cruauté rare, dont sont victimes aussi bien l’amoureuse jouée par une toute jeune Lana Turner que l’ami fidèle, Van Heflin, superbement pathétique en saoulard résigné.

Jeu de massacre autour du flamboyant Robert Taylor, qui ne perdra sa superbe qu’en découvrant tardivement l’humanité tapie au fond de lui. Pour la rédemption, on repassera. Dans ce monde, tout mène à la violence, et la dernière séquence claque d’une manière forte et brutale, comme s’il fallait expier toutes ses fautes en un même lieu. Percutant et intense, comme le sont les meilleurs films de LeRoy. Celui-ci en fait clairement partie.

Sixième édition (Front Page Woman) – de Michael Curtiz – 1935

Posté : 12 janvier, 2021 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1930-1939, CURTIZ Michael | Pas de commentaires »

Front Page Woman

Le féminisme a quand même nettement progressé depuis 1935. Dans Front Page Woman, Bette Davis est une sorte de symbole de la femme anticipée. Une jeune journaliste qui aspire à être reconnue en tant que telle. Un symbole fort ? Oui, si ce n’est que son envie profonde n’est pas vraiment d’être une grande journaliste, mais d’obtenir cette reconnaissance… après quoi elle pourra enterrer sa carrière naissante et jouer son vrai rôle de femme, en se mariant et en restant à la maison pour s’occuper du foyer…

Oui, c’était souvent comme ça que les films féministes se terminaient dans les années 1930. Alors forcément, ça laisse une certaine amertume. Disons qu’il convient de remettre dans le contexte… Front Page Woman n’est d’ailleurs pas un film militant, mais une comédie vive et enlevée, basée sur une pseudo-intrigue policière qui n’a guère d’intérêt.

Ce qui intéresse Michael Curtiz, c’est la rivalité vacharde et tendre à la fois de cette jeune femme et de son fiancé, George Brent, tous deux journalistes pour des journaux rivaux, bien décidés à trouver avant l’autre le coupable d’un mystérieux meurtre. De révélations en tromperies, l’intrigue avance par manchettes à la une interposées, les deux journaux (et les deux amoureux) se tirant continuellement la bourre.

Il y a en creux quelques thèmes forts : la responsabilité de la presse bien sûr, sérieusement mise à mal par les méthodes (et les erreurs) des deux héros, mais aussi celle des jurés que l’on aperçoit délibérer à la fin du procès, dans une sorte de brouillon inspirant de 12 hommes en colère.

Surtout, le film s’ouvre sur une séquence forte, dans le couloir de la mort, où on découvre une poignée de journalistes aguerris se préparant comme ils le peuvent avant d’assister à une énième exécution, grand moment dramatique dont on ne voit que l’effet qu’il procure sur ces hommes dans les minutes qui précédent.

La suite est nettement plus légère. Parfois emballante, parfois anodine. Un Curtiz mineur en tout cas, à une époque où le cinéaste enchaînait les films à un rythme fou (cinq longs métrages cette année-là, dont Capitaine Blood). Mais même mineur, un Curtiz réserve bien des plaisirs autour de son couple vedette.

L’Heure du crime (Johnny O’Clock) – de Robert Rossen – 1947

Posté : 20 décembre, 2020 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, ROSSEN Robert | Pas de commentaires »

L'Heure du crime

Voilà un noir aussi complexe que passionnant. L’intrigue est particulièrement retorses, au risque parfois de perdre le spectateur en route dans les détails. Mais qu’importe, l’essentiel est toujours limpide : il est question de rivalité, entre Dick Powell et un flic pourri pour une question d’argent et de pouvoir ; mais aussi et surtout entre Powell et son partenaire de magouilles Thomas Gomez, pour une femme…

C’est un peu plus complexe que ce simple résumé, et l’histoire fait intervenir bien d’autres personnages très intéressants : une jolie sœur éplorée (Evelyne Keyes), un ami trop humilié (John Kellogg), un flic intègre mais brutal (Lee J. Cobb)… Mais c’est par cette double rivalité que les drames se nouent, et que la tension monte.

Surtout, ce scénario est l’occasion pour Robert Rossen de s’imposer dès son coup d’essai (c’est son premier film) comme un cinéaste majeur, au moins dans l’univers du film noir, qui transcende son script par une mise en scène inspirée qui favorise les jeux d’ombre, voire les plans désaxés très expressionnistes, les compositions obscures et intenses, pour créer une belle atmosphère de noir, pluies et pavés humides à l’appui.

Une atmosphère qui va parfaitement à ce Dick Powell là. Loin de ses débuts dans la comédie musicale, l’acteur est un anti-héros hard-boiled vraiment enthousiasmant, génial mélange de bienveillance et de brutalité dangereuse dans le même geste, le même regard. Les scènes qu’il partage avec Evelyne Keyes sont d’une sensualité folle, parce que ce mélange de sensibilité et de danger est toujours là, autour du désir qui se dégage de leurs rencontres. Troublant et intense.

Le Roman de Mildred Pierce (Mildred Pierce) – de Michael Curtiz – 1945

Posté : 10 décembre, 2020 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, CURTIZ Michael | Pas de commentaires »

Le Roman de Mildred Pierce

C’est le rôle d’une vie, ça… Mildred Pierce, mère courage, femme tragique, le plus beau rôle de Joan Crawford et, peut-être, le plus intense, le plus fort, le plus désespéré… Grand rôle dans un film immense. Un chef d’œuvre, oui.

Première image : Zachary Scott se fait descendre, et meurt après avoir prononcé ce dernier nom, Mildred, celui de son épouse. Mais qui l’a tué ? Mildred, Joan Crawford, se retrouve au commissariat, et raconte les événements qui, ces dernières années, ont conduit à ce crime.

Un meurtre, un flash-back… Cela ressemble à un point de départ assez classique de film noir. Mais la singularité du film est flagrante dès ces premières images. Le soin que Michael Curtiz apporte à ses images et aux lumières, quasi-expressionnistes, la puissance symbolique des cadres, la manière dont il filme le visage tragique de Crawford… On est d’emblée au-delà du film noir classique.

La simplicité du titre est une clé : Mildred Pierce est le sujet du film, cette femme simple et aimante, dont la vie correspond si peu à l’idée qu’elle s’en faisait. Une femme qui laisse partir son mari, qu’elle aime pourtant. Une mère, surtout, qui voit ses illusions exploser en vol. Sa fille cadette meurt, son aînée est un monstre d’égoïsme et de cupidité. Mildred n’est pas innocente : cette enfant, elle l’a pourrie, gâtée, quasiment achetée pour la garder près d’elle.

C’est l’histoire d’une femme tellement courageuse et dévouée à ceux qu’elle aime qu’elle en devient héroïque, mais une femme qui n’en finit plus de faire des mauvais choix. Joan Crawford est d’une intensité folle, justement récompensée par un Oscar, femme forte et indépendante dans un monde dominé par les hommes (grands rôles, d’ailleurs, pour Jack Carson et Zachary Scott, formidables). Très grand rôle, très grand film, très grand réalisateur… Un chef d’œuvre, cruel et définitif.

Un homme est passé (Bad Day at Black Rock) – de John Sturges – 1955

Posté : 6 novembre, 2020 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, RYAN Robert, STURGES John, WESTERNS | Pas de commentaires »

Un homme est passé

Black Rock… Charmante bourgade au milieu des plaines désertiques de l’Ouest américain. La deuxième guerre mondiale est terminée depuis deux mois, mais la ville semble être la même qu’aux grandes heures de la conquête de l’Ouest.

C’est dans ce lieu comme oublié par le temps qu’un homme descend du train, premier visiteur depuis quatre ans. En quelques heures seulement, cet étranger va réveiller un secret mal enfoui, déclenchant haine et mauvaise conscience…

John Sturges filme cette histoire comme un authentique western, genre dont il est un grand spécialiste. Mais s’y ajoute la mauvaise conscience d’un pays qui a maltraité sa population d’origine japonaise au lendemain de Pearl Harbor. Les camps créés pour les parquer comme des menaces intérieures sont évoquées. Au-delà, c’est tout le racisme et la violence liés à l’histoire du pays qui pèsent.

Sturges aborde cette culpabilité par le prisme du film de genre, western ou noir, qu’importe. Il le fait avec un dispositif dramatique qui confine à l’épure la plus totale. Unité de lieu, de temps, une demi-douzaine de personnages seulement (et quel casting : Robert Ryan, Ernest Borgnine, Lee Marvin, Walter Brennan, autour de Spencer Tracy). Mais le scénario est formidable, et la mise en scène d’une précision remarquable.

Un homme est passé (pour une fois, le titre français est bien plus beau et fort que le titre original) est aussi un modèle de tension et de suspense. Tracy est grand et garde longtemps le mystère sur la nature exacte de son personnage, simple visiteur ou… ? Grand film, à tous les niveaux.

Trafiquants d’armes à Cuba (The Gun Runners) – de Don Siegel – 1958

Posté : 24 octobre, 2020 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, MURPHY Audie, SIEGEL Don | Pas de commentaires »

Trafiquants d'armes à Cuba

Le Port de l’angoisse en 1944, Trafic en haute mer en 1950, et ce Trafiquants d’armes à Cuba en 1958… Pas moins de trois adaptations en moins de quinze ans pour le To have and have not d’Hemingway, et pas une à jeter. Certes, comparer les trois films amène à un constat de décroissance : le film de Siegel est un peu moins abouti que celui de Curtiz, lui-même n’égalant pas le chef d’œuvre de Hawks. Certes.

Mais les trois films ont leurs qualités et leur personnalité propre. Et le plaisir que l’on prend devant le film de Siegel repose en partie sur la singularité par rapport à ses deux prédécesseurs. L’histoire est immédiatement familière : ce patron d’un bateau de pêche de Key West fauché, qui accepte d’emmener en mer le gars qu’il ne faut pas… Et plein de détails rappellent l’un ou l’autre des deux films précédents : la douce épouse comme chez Curtiz, ou le second porté sur la bouteille comme chez Hawks. Drôle d’idée, d’ailleurs, de confier à Everett Sloane un rôle calqué sur celui de Walter Brennan.

Audie Murphy est très convaincant dans le rôle principal, son visage poupin apportant une dimension bienveillante qui n’était pas si flagrante dans les deux autres films. Dimension que Siegel développe dans les jolies scènes avec son épouse, jouée par Patricia Owens.

Le contexte, surtout, a changé. Le film est tourné en 1958, en pleine révolution cubaine, et c’est en quelque sorte l’histoire en marche qui sert de décor, donnant lieu à une belle séquence à La Havane, au cœur du film.

On retrouve aussi dans le film toutes les qualités des premiers Siegel : un rythme, une économie de moyens, un sens de l’ellipse, particulièrement réjouissant dans la première scène entre le héros et sa femme : cette dernière souligne qu’elle a les joues irritées par la barbe naissante de son homme, et cette simple réflexion évoque les chaudes minutes qui viennent de s’écouler entre eux…

Même avec des modèles écrasants, Trafiquants… évite le sentiment de redite, et offre à Audie Murphy l’un de ses plus beaux rôles. Un vrai plaisir.

La Deuxième Femme (The Second Woman) – de James V. Kern – 1950

Posté : 14 octobre, 2020 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, KERN James V. | Pas de commentaires »

La Deuxième Femme

« J’ai rêvé l’autre nuit que je revenais à Manderley », dit la voix off féminine qui ouvre… un autre film que celui-ci, autrement plus célèbre et mille fois copié. Mort Briskin et Robert Smith ont vu Rebecca, on doit pouvoir l’affirmer sans risque de se tromper, tant leur scénario s’inscrit dans la droite lignée du classique d’Hitchcock.

Même voix off donc, même importance d’une spectaculaire habitation réduite en cendres, même poids d’une femme disparue qu’on ne verra jamais (ou si peu). La Deuxième Femme n’est pas pour autant un plagiat, non. Plutôt un hommage appuyé au cinéma d’Hitchcock, que le réalisateur James V. Kern maîtrise lui aussi parfaitement : la psychanalyse du … Docteur Edwardes ou les doutes de Soupçons sont dans l’air, au point de se demander où donc Robert Young a posé son verre de lait quand il gravit l’escalier de la maison vers la chambre de celle qu’il aime.

Très référence, donc, surtout que le film flirte aussi du côté du Fritz Lang de ces années là (Le Secret derrière la porte). Mais pas désagréable pour autant. Kern n’est ni Hitchcock, ni Lang, c’est un fait. Et son film n’a pas la fluidité ni l’intensité de ses références. Mais ce petit noir malin réussit à surprendre, et séduit souvent. Robert Young n’y est pas pour rien. En antihéros faussement insouciant et vraiment névrosé, il est parfait.

1...45678...29
 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr