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Archive pour la catégorie 'POLARS/NOIRS'

Le Mystère Von Bulow (Reversal of Fortune) – de Barbet Schroeder – 1990

Posté : 10 juillet, 2020 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, SCHROEDER Barbet | Pas de commentaires »

Le Mystère Von Bulow

Barbet Schroeder, compagnon de la Nouvelle Vague, ne me passionne jamais autant que quand il s’attaque au film de genre. Avec Le Mystère Von Bülow, il signe un excellent film de procès… en évitant soigneusement tous les passages obligés du genre, toutes les scènes du procès lui-même.

Inspiré d’une histoire vraie, certes, et qu’importe, le film se défait d’emblée de tout ancrage dans la réalité, en adoptant le point de vue de la victime. Un peu à la manière d’un Sunset Boulevard, mais en prenant le parti de ne pas tout livrer, de garder une part d’ombre, et de ne donner au final que des témoignages parcellaires, et discutables.

C’est même tout le sujet de ce film, qui évoque le procès en appel d’un riche homme accusé d’avoir voulu tuer sa femme, plongée depuis dans un coma irréversible : Barbet Schroeder met en scène le doute, l’incompréhension, potentiellement le mensonge… Von Bülow est un homme profondément antipathique. Soit parce que c’est un pervers manipulateur, soit parce que c’est un être froid et insondable qui ne laisse rien transpirer de ses émotions. L’un ou l’autre.

Jeremy Irons est extraordinaire dans ce rôle pas aimable, avec cet air de distinction rigide et supérieure, que traversent quelques éclairs d’une possible fêlure. Rien que son accent, exagérément élégant, désarme et crée le malaise. Glenn Close est parfaite aussi en victime pathétique. Tout comme Ron Silver, formidable en avocat humaniste que son client ramène régulièrement à sa judaïté.

Coupable ou innocent ? Bien sûr, la question est centrale dans ce film de procès. Mais on sent bien que Schroeder n’a pas la réponse. Et c’est ce doute qui est au cœur du formidable scénario de Nicholas Kazan (le fils d’Elia), d’une intelligence rare. C’est ce doute qui rend le personnage si passionnant, et qui fait de Claus Von Bülow l’un des éléments centraux de Schroeder dans sa quête de l’être machiavélique, centrale dans sa filmographie.

Une pluie sans fin (Bàoxuě jiāng zhì) – de Dong Yue – 2017

Posté : 7 juillet, 2020 @ 8:00 dans * Polars asiatiques, 2010-2019, DONG Yue | Pas de commentaires »

Une pluie sans fin

Un agent de sécurité d’une usine en fin de vie est obnubilé par l’idée de démasquer un tueur en série qui a déjà trucidé quatre jeunes femmes de la région… Un polar obsessionnel de plus ? Dans un sens, on peut dire que ce premier film de Dong Yue n’invente rien : dans le genre, David Fincher (Zodiac et Seven sont clairement cités) et Bong Joon-ho (Memories of Murder) ont déjà posé des jalons majeurs.

Mais tout en s’inscrivant ouvertement dans cette filiation, tout en recyclant des images qui semblent sortir du cinéma de l’Américain Fincher (la poursuite sous la pluie) ou du Coréen Bong (le coup de folie dans les herbes hautes), Dong Yue s’impose comme un cinéaste à suivre, notamment pour sa capacité à créer une atmosphère, bien glauque et bien oppressante.

Sans illusion, non plus : il choisit comme décor la Chine de 1997, année charnière de la rétrocession de Hong-Kong, et il choisit un décor sans joie, sans beauté et sans avenir, celui d’une région qui se désindustrialise à toute vitesse, ne laissant que misère, terrains vagues et dépression. Et Dong Yue filme ce décor, et ses personnages fracassés, avec un sens du plan exceptionnel, qui fait beaucoup pour la fascination qu’exerce le film.

Surtout, la singularité de ce polar tient au doute qu’il distille mine de rien. La neige qui se met à tomber lors d’une cérémonie de remise de médailles ; une petite amie dont la beauté et la lumière semblent décalées dans la grisaille ambiante ; Yu, le héros qui veut à tout prix passer le millénaire la tête haute n’est-il pas l’objet de fantasmes… Un trouble qui finit par nous laisser sidérés.

La Dernière rafale (The Street with no name) – de William Keighley – 1948

Posté : 6 juillet, 2020 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, KEIGHLEY William | Pas de commentaires »

La Dernière Rafale

Un petit noir dans la longue série des films « tirés des archives du FBI », tout à la gloire du bureau. Hoover, jamais présent à l’écran, y est d’ailleurs une sorte d’ombre bienveillante et rassurante qui veille sur l’Amérique : une lettre signée de sa main ouvre le film, et c’est un télex qu’il envoie qui règle l’enquête. Voilà qui a dû lui faire plaisir.

Typique de ce sous-genre du noir, donc. Et comme très souvent, le réalisateur s’empare plutôt habilement de lourdes contraintes : filmer les lieux mêmes de l’histoire, parfois en caméra cachée, mettre en scène de vrais agents, scander le film par des images de procédure policière… Des passages obligés que William Keighley intègre fort bien dans un film par ailleurs très tendu.

Des tas de scènes mémorables là-dedans, qui semblent avoir inspiré pas mal de cinéastes : De Palma et ses Incorruptibles pour la recrue testée sur le champ de tir (cadrages hyper percutants, de derrière les cibles), ou Tim Burton et son Batman pour la spectaculaire dernière scène dans l’usine.

La manière dont Keighley filme les rues de nuit est également assez formidable. Sans doute tantôt en caméra cachée, tantôt en studio, sans que la différence soit jamais vraiment perceptible. L’hôtel miteux et le gymnase poussiéreux donnent aussi un aspect très réel au film.

Ce gymnase où Keighley réussit un grand moment de suspense étouffant : un jeu du chat et de la souris entre le flic infiltré (Mark Stevens, assez fade) et le chef de gang que joue Richard Widmark avec une cynique intensité. Grand rôle à sa démesure.

Dernier atout – de Jacques Becker – 1942

Posté : 22 juin, 2020 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1940-1949, BECKER Jacques | Pas de commentaires »

Dernier atout

Jacques Becker fait ses débuts derrière la caméra avec un polar à l’américaine, léger et plein de rythme. Une petite chose, au fond, avec un scénario de série B aux ficelles énormes et aux multiples rebondissements.

Deux jeunes policiers rivaux, un vol de bijoux, des gangsters internationaux… C’est du lourd et du pas très fin, du suspense et de la vitesse plutôt que de la psychologie et de l’atmosphère.

Mais Becker est déjà un cinéaste intéressant, y compris dans sa manière de s’approprier la culture américaine. L’histoire se passe dans un pays imaginaire, annonce un carton introductif. Ce pourrait être la France, ou n’importe quel pays européen. Mais non : l’influence américaine est trop importante pour ne pas se dégager de cette étiquette européenne.

D’emblée, Becker prend ses distances avec le noir français de l’époque. Un gros homme sur un homme faisant des mots croisés, des coups de peu répétitifs, puis un très gros plan sur un pistolet, un plan plus large… C’est un concours de tirs chez les aspirants policiers. Une introduction d’un dynamisme et d’une modernité étonnants.

Tout n’est pas aussi percutant que ces premières images, mais le film est émaillé de grands moments franchement mémorables. Une fusillade nocturne, un meurtre hors-champ… Cinéaste d’action, Becker, mais aussi grand portraitiste. Pierre Renoir est franchement flippant, enfoncé dans un fauteuil profond, et Noël Roquevert a carrément droit au plus beau plan de sa carrière (pas vérifié en voyant tous ses films, quand même), le regard illuminé.

Petit polar, certes, anodin à certains égards. Mais Dernier atout marque la naissance, passionnante, d’un grand cinéaste. Anodin et indispensable, donc.

Fedora (id.) – de Billy Wilder – 1978

Posté : 21 juin, 2020 @ 8:00 dans 1970-1979, POLARS/NOIRS, WILDER Billy | Pas de commentaires »

Fedora

Wilder, qui avait passé les dernières années à enchaîner les comédies (souvent très réussies) revient sur le tard au film noir, nostalgique et cruel. Résultat : une variation sur le thème de Sunset Boulevard, et un ultime chef-d’œuvre.

Pour l’occasion, il renoue avec son acteur fétiche d’autrefois, William Holden, vingt-quatre ans après Sabrina. Et ce n’est pas anodin. Vieilli, lui aussi en fin de carrière, Holden incarne parfaitement ce Hollywood disparu dont Fedora est le symbole.

Pas la survivante. Enfin si. Mais non. Sans dévoiler le secret qui entoure Fedora, disons juste que, contrairement à la Norma de Sunset Boulevard, elle ne se contente pas de revoir ses vieux films enfermée derrière les murs de sa villa. Sa vérité à elle est tout aussi cruelle, mais plus cynique, plus violente même.

Superbe film, où les longs flash-back s’enchevêtrent, dans une sorte de spirale vertigineuse et glaçante. Wilder et I.A.L. Diamond, son fidèle co-scénariste (d’après une histoire de Tom Tryon), ne sont pas tendres avec Hollywood : ni le nouveau Hollywood « avec ses caméras légères et la laideur des images », ni avec l’âge d’or et ses stars capricieuses et odieuses.

Tout n’est que vanité, mais à un niveau hallucinant. Rien ne compte plus que l’image que Fedora laissera à la fin, qu’importe si cette image est un mensonge. Et le « héros » joué par Holden n’est finalement guère différent. Lui qui se montre révulsé en apprenant la vérité, baisse finalement la garde quand il comprend que l’ancien amant qu’il fut n’a pas été oublié. Vanité, vanité…

L’Epreuve de force (The Gauntlet) – de Clint Eastwood – 1977

Posté : 9 juin, 2020 @ 8:00 dans * Polars US (1960-1979), 1970-1979, EASTWOOD Clint (acteur), EASTWOOD Clint (réal.) | Pas de commentaires »

L'Epreuve de force

L’affiche originale est une parfaite entrée en matière pour comprendre ce film. On y voit un Clint Eastwood dessiné en haillons, les muscles exagérément saillants, et une Sondra Locke conquise devant un bus criblé de balles. Une véritable couverture de comic-books…

The Gauntlet, qu’Eastwood tourne en pleine gloire Dirty Harry mais après un faiblard troisième volet (The Enforcer, le moins bon des cinq films de la saga), peut être vu au choix comme un anti-Inspecteur Harry, ou comme une parodie des films policiers musclés qui se multipliaient alors.

Quelque chose entre ces deux choix, en fait. Le film est à peu près inclassable, et unique… Ce n’est pas une comédie : on ne rit jamais vraiment. Mais Eastwood prend le parti de renvoyer le réalisme aux vestiaires, de ne s’intéresser ni à la logique, ni l’intellect, ni même à la psychologie de ses personnages, réduits à des caricatures.

Parti-pris radical, comme le personnage que s’offre Clint : un flic alcoolo et bas du front, que son patron corrompu choisit pour escorter un témoin gênant, parce que c’est une épave qui a toutes les qualités pour foirer sa mission. Sauf que l’épave en question a un reste de fierté… Le temps de comprendre la situation (il lui faut quelques dizaines de milliers de coups de feu et quelques guet-apens pour ça), le flic sans envergure va se rebiffer.

Tout n’est pas réussi dans le film. Quelques scènes traînent en longueur, le personnage de Pat Hingle est crispant, la scène d’agression dans le train a un côté complaisant dans sa manière de mettre en scène la violence, tout comme le flic libidineux joué par Bill McKinney. Bref, quelques défauts que l’on retrouve régulièrement dans les Eastwood de ces années-là.

Mais le film a un côté binaire assez réjouissant, limitant l’intrigue à sa plus simple expression, et exagérant avec outrance l’action et la violence. Les fusillades sont énormes, au point de faire s’effondrer une maison. Pourtant, au final, c’est la relation entre le flic Clint et la pute Sondra Locke qui domine le film. Deux stéréotypes, deux archétypes, qui se rencontrent et se retrouvent au cœur d’une action échevelée et débarrassée de tout ancrage réaliste, de toute contrainte.

C’est audacieux, et ça marche plutôt bien. La prestation décomplexée de Clint Eastwood et Sondra Locke n’y est pas pour rien.

Lost Girls (id.) – de Liz Garbus – 2020

Posté : 24 mai, 2020 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2020-2029, GARBUS Liz | Pas de commentaires »

Lost Girls

Flics incompétents, témoins cyniques ou simplement insensibles… Les hommes n’ont pas le beau rôle, et c’est tout le sujet de ce beau film inspiré d’une histoire vraie : comment une femme larguée se débat pour survivre, et pour sa fille disparue, avec qui elle a failli en tant que mère.

Le sous-titre le dévoile : cette histoire de disparition n’a jamais été élucidée. Pas totalement, non, et je n’en dirais pas plus, même si on n’est clairement pas dans un polar à intrigue. Ce n’est pas le suspense qui importe ici, mais le portrait de cette femme pas aimable, pas aimante, mais qui se révèle à elle-même dans la tragédie.

Dans ce rôle âpre et intense, Amy Ryan est formidable. Au moins autant que dans Gone baby gone, l’excellent film de Ben Affleck dans lequel elle interprétait, déjà, la mère d’une enfant disparue (rôle qui lui avait d’ailleurs valu une nomination à l’Oscar du meilleur second rôle). Elle est même assez incroyable, bloc prêt à exploser face à un Gabriel Byrne étonnant en flic à la fois classe… et nul.

Lost Girls ne révolutionne pas le genre, auquel il n’apporte même pas grand chose de neuf, c’est vrai. Mais le regard (de femme) porté sur les victimes désemparées (des femmes) face à des flics butés (des hommes) est édifiant. Et la réalisatrice Liz Garbus soigne le moindre de ses plans, pour créer une atmosphère dérangeante et glauque, d’une grande force.

Sleepers (id.) – de Barry Levinson – 1996

Posté : 18 mai, 2020 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, DE NIRO Robert, LEVINSON Barry | Pas de commentaires »

Sleepers

Généreux et douteux, émouvant et agaçant… Sleepers est un film sincère, c’est une chose. C’est aussi un film ambitieux, c’en est une autre. C’est enfin un film discutable.

Sincère : Barry Levinson a de toute évidence beaucoup d’empathie pour ses personnages, gamins du quartier de Hell’s Kitchen dont la jeunesse a été volée par les sévices subits dans un centre de détention, où ils ont été envoyés après une connerie qui aurait pu être tragique. Aurait pu, parce que non : faire de ces gamins des criminels aurait amoindri l’empathie que le réalisateur veut nous faire partager pour ces personnages dont il magnifie la manière de se rendre justice.

Ambitieux : Levinson l’est aussi, trop sans doute. Auréolé de quelques succès fracassants (dont celui de Rain Man surtout), il se voit nettement plus haut qu’il ne l’est vraiment. Au niveau d’un Scorsese à vrai dire, dont le Goodfellas est la référence ultime et évidente pour Levinson, qui veut visiblement filmer son New York comme l’a fait Scorsese avant lui, avec la même fièvre. Raté.

Levinson est un honnête réalisateur, qui réussi quelques scènes très émouvantes. Toutes celles avec De Niro, prêtre compréhensif, sont particulièrement réussies. Celles avec Dustin Hoffman aussi, excellent en avocaillon alcoolique totalement à côté de la plaque. A vrai dire, Levinson est sans doute, avant tout, un directeur de grands acteurs. Pas un grand directeur d’acteurs : il ne fait pas de miracle avec le tiède Jason Patric (sauf une scène, face à De Niro, où il est d’une intensité inattendue). Mais un directeur de grands acteurs, qui sait mettre en valeur ses stars.

C’est déjà beaucoup, surtout pour un film avec un tel casting : on y croise aussi Brad Pitt, Vittorio Gassman et Kevin Bacon (dans un rôle difficile à porter). Mais est-ce suffisant ?

A certains moments, on dirait bien que oui. Mais il y a la longue partie du procès, où sont jugés deux des gamins devenus adultes, qui ont abattu l’un de leurs violeurs. Et cette longue séquence, filmée efficacement avec tous les effets habituels du film de procès, tombe totalement à plat tant les situations elles-mêmes sont peu crédibles, jusqu’au grand n’importe quoi.

Il y a un grand sujet dans ce film. Des grands sujets, même : la pédophilie, les conséquences des erreurs de jeunesse, la difficulté d’aller de l’avant après de tels traumatisme. Des sujets sans doute trop forts pour un réalisateur comme Levinson, et qui finissent par disparaître derrière l’autre sujet : la vengeance. Nettement plus racoleur.

Copie conforme – de Jean Dréville – 1947

Posté : 17 mai, 2020 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1940-1949, DREVILLE Jean | Pas de commentaires »

Copie conforme

Entre deux très grands films (Les Amoureux sont seuls au monde et Quai des Orfèvres), qu’il enchaîne ces années-là, Louis Jouvet s’offre une récréation qui a dû être franchement jouissive à tourner : une fantaisie entre polar et comédie, qui lui permet de se glisser dans la peau d’un vieux duc, d’un déménageur normand, d’un collectionneur de bijou ou d’un modeste marchand de boutons…

En fait, il ne tient « que » deux rôles : celui d’un escroc roi du déguisement, et celui de son sosie trop effacé. Soit un manipulateur cynique et superbe, et un timide mal dans sa peau. Deux opposées que Jouvet interprète avec une même intensité. Ou plutôt deux intensités différentes Avec un (double) naturel remarquable, il donne une vraie personnalité à ses deux personnages, sème le trouble, mais reste lui. Et lui.

Comédie gentiment cynique, bien réalisée par Jean Dréville qui n’en rajoute pas non plus dans la performance. Comme pour le jeu de Jouvet, c’est la sobriété du réalisateur qui fait mouche, avec cette manière de confronter les deux Jouvet à l’image sans la ramener, sans jamais focaliser l’attention sur les trucages simplement utilitaires, et aussi discrets que remarquables.

L’histoire, elle, est sympathique et anecdotique. Le film compte surtout pour ses acteurs (Suzy Delair, aussi), les dialogues d’Henri Jeanson, et le ton surtout, la légèreté et l’allant que Dréville lui donne. Et ce plaisir communicatif d’un Jouvet décidément très grand.

Mauvaise graine – de Billy Wilder (et Alexander Esway) – 1934

Posté : 5 mai, 2020 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1930-1939, DARRIEUX Danielle, ESWAY Alexander, WILDER Billy | Pas de commentaires »

Mauvaise graine

Comme Lang, Wilder est passé par la France en fuyant le nazisme. C’est même là qu’il réalise son premier film, avant de partir pour Hollywood, où ses talents de scénaristes ont déjà été remarqués. Il mettra en revanche huit ans avant de repasser derrière la caméra…

Ce coup d’essai est pourtant, déjà, l’œuvre d’un grand cinéaste, un film plein de vivacité, à la maîtrise formelle impressionnante. Qu’il utilise les surimpressions pour souligner le trouble de son héros marchants dans les rues de Paris, ou le montage alterné pour faire monter le suspense lors d’une belle séquence de poursuite automobile… Wilder maîtrise parfaitement son sujet.

On peut même déjà parler d’une vraie signature. Pas encore celle de ses grands chefs d’œuvre : l’influence de Lubitsch n’est pas encore passée par là. Mais dans sa manière d’utiliser le montage et les ellipses courtes, Wilder donne un ton singulier à son film, l’art de ne pas filmer cet instant précis où les décisions sont prises… Des choix de mise en scène qui rythment constamment l’action.

Beau scénario, aussi, qui flirte à la fois avec la comédie et le film d’action, avec cette histoire d’un jeune homme trop gâté que son père veut remettre dans le droit chemin, mais qui se perd avec une bande de voleurs de voitures. Il y rencontre une toute jeune femme, dont le visage accroche déjà la caméra : Danielle Darrieux, 16 ans à peine, le visage encore un peu poupin.

Wilder a donc commencé sa carrière de réalisateur en dirigeant Darrieux, en France. Et dire que ce film reste une curiosité largement oubliée…

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