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Archive pour la catégorie 'POLARS/NOIRS'

La Maison rouge (The Red House) – de Delmer Daves – 1947

Posté : 14 août, 2018 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, DAVES Delmer | Pas de commentaires »

La Maison rouge

De Delmer Daves, on retient surtout ses formidables westerns, ainsi que son étrange Dark Passage avec un Bogart au visage bandé pendant une bonne partie du film. En oubliant d’autres pépites comme ce Red House aux images envoûtantes, quelque part entre Rebecca et Moonfleet.

Sans atteindre la réussite de ces deux classiques, le film de Daves s’inscrit dans une même thématique : comment mettre en images la perte de l’innocence. Cette question pourrait se résumer à une scène, superbe et terrifiante : la jeune Meg (Allene Roberts), visage de la pureté et de l’innocence baigné de lumière, qui nage vers Edward G. Robinson, silhouette massive et visage fermé, comme hanté par ses propres démons.

Daves filme merveilleusement les mystères qui entourent cette ferme perdue au milieu de la campagne, dans une imagerie digne de Mark Twain : un bois touffu et effrayant, un secret bien gardé, une orpheline qui ignore tout de ses origines, et un jeune homme qui débarque là et perd peu à peu ses illusions.

Il offre à Robinson l’un de ses grands rôles torturés, dont il se faisait une spécialité à l’époque (notamment chez Lang). Mais même en terrain connu, il est formidable. L’image de l’acteur se précipitant dans la nuit et la tempête, hurlant au jeune homme de ne pas traverser le bois, est tout simplement inoubliable.

Et si les autres acteurs n’ont clairement pas son charisme (à l’exception peut-être de Judith Anderson, un peu sous-utilisée hélas), Daves tire le meilleur de la jeunesse de Lon McAllister et de la pureté de Allene Roberts, comme de la beauté un peu hautaine de Julie London, la « mauvaise fille » de l’histoire.

Seules les scènes avec Rory Calhoun, acteur dont j’ai pourtant toujours apprécié la présence, déçoivent. Ses apparitions, coiffure impeccable et luisante, dans le bois, toujours aux aguets, toujours en attente, sonnent faux et ne convainquent jamais. Pour le reste, c’est que du bonheur, comme dirait l’autre.

Plus fort que le Diable (Beat the Devil) – de John Huston – 1953

Posté : 11 août, 2018 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, BOGART Humphrey, HUSTON John | Pas de commentaires »

Plus fort que le diable

Humphrey Bogart et Robert Morley, ennemis mortels, entrent en bavardant tranquillement dans une pièce pleine de personnages persuadés qu’ils sont morts tous les deux… La scène est étonnante, et illustre bien la nature déroutante de ce film, faux polars vaguement parodique, constamment outré mais jamais ouvertement comique, où John Huston se laisse aller à une certaine démesure qui ne tombe pas non plus dans le grand-guignol, et où les comédiens semblent entre deux eaux : ni réalistes, ni en roue libre.

Bref, c’est un drôle d’OVNI qui vient clore la somptueuse collaboration entre Bogart et Huston. Des six films que ces deux-là ont tourné ensemble, Beat the Devil est l’un des plus faibles (Griffes jaunes reste quand même le plus anecdotique de tous). Mais le film distille pas mal de petits plaisirs parfois indicibles, qui reposent notamment sur cet étrange quatuor amoureux qui se met en place autour des couples Bogart-Gina Lolobridgida et Jennifer Jones-Edward Underdown.

L’ébauche de film noir (Bogart, Peter Lorre, Morley en sosie outrancier de Sydney Greenstreet, un mystérieux trésor…) ne tient guère : Huston s’en moque et n’a aucune envie de refaire Le Faucon maltais. Pas plus que son dernier scénariste, un certain Truman Capote, visiblement aussi désireux que lui de casser tous les codes et de jouer avec les attentes du public. Quitte à déstabiliser : Beat the Devil est un film pas facilement aimable, qu’il m’a fallu plusieurs visions pour apprécier vraiment.

Et encore garde-t-il une large part de mystère. Avec ses ruptures de ton étonnantes, le film semble n’exister réellement que pour l’envie, grandissante alors, de Huston de filmer les populations locales, les rassemblements populaires et les paysages avec un regard d’ethnologue.

La Dame d’onze heures – de Jean Devaivre – 1948

Posté : 8 mai, 2018 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1940-1949, DEVAIVRE Jean | Pas de commentaires »

La dame d'onze heures

Dès la séquence d’ouverture, on sent qu’il y a chez Jean Devaivre la même ambition formelle que pour La Ferme des sept péchés, cette envie de bousculer un peu les codes du cinéma. Une volonté que l’on retrouve dans les flash-backs : lorsque la temporalité de l’histoire est bousculée, le point de vue différent est assumé, et les personnages se mettent à parler face caméra. Ce qui pourrait n’être qu’un détail, mais cela donne une vraie originalité au film.

Il ne s’agit pas pour autant de deux films jumeaux. Avec ce film rythmé et plein de vie, Devaivre livre un pur plaisir de cinéma. Crime, mystère, suspense, action, humour… Un film généreux et gourmand, sorte de version live de Tintin, dont certains plans semblent directement tirés (la scène où Paul Meurisse se fait tirer dessus devant une façade parisienne, la nuit dans le parc de la propriété…).

Le film est mené à 100 à l’heure (comme un Tintin) et regorge de rebondissements dont on se moque bien qu’ils soient improbables. D’autant plus que la distribution est éclatante : Pierre Renoir, Palau, ou encore Jean Tissier, qui se plaint de la campagne avec cette réplique définitive : « Ici les animaux sont crus ! »

Arabesque (id.) – de Stanley Donen – 1966

Posté : 5 mai, 2018 @ 8:00 dans * Espionnage, 1960-1969, DONEN Stanley | Pas de commentaires »

Arabesque

Trois ans après Charade, Stanley Donen reprend une partie des mêmes ingrédients, pour un nouveau film d’espionnage décalé. Mais les temps ont changé. Cette fois, le modèle du genre n’est plus La Mort aux trousses, mais James Bond, dont le film offre une sorte de revisite amusée.

Ce n’est pas le seul changement entre les deux films. A l’élégance du précédent, Donen préfère ici une leçon de cinéma à peine déguisée, où toutes les interprétations que l’on peut faire prennent réellement corps à l’image.

Il est question de faux-semblants et de points de vue ? Donen multiplie les effets de miroir et de cadre dans le cadre, pour contraindre le regard du spectateur ou carrément le fausser, en l’inversant par l’intermédiaire d’un miroir, ou d’un reflet dans une flaque. Une approche tellement systématique qu’elle mériterait une étude détaillée…

C’est brillantissime, léger et mené à un rythme fou. Comme Charade. Mais cette fois, on sent que Donen n’est pas non plus totalement sérieux. La mise en scène, comme le scénario, a quelque chose de trop maîtrisée pour être totalement sincère.

Finalement, il n’est question ici que du plaisir du cinéma, de se laisser entraîner dans des rebondissements hautement improbables. Gregory Peck est parfait dans cet emploi de monsieur presque banal embarqué dans une histoire trop exceptionnelle pour lui. Le plaisir qu’il prend se comprend : le voyage le conduit dans les bras de Sophia Loren, plus belle que jamais. Mais ce plaisir presque naïf face au danger et à son absence de maîtrise ressemble à s’y méprendre à celui du spectateur.

Une scène exceptionnelle, brillante et hilarante : celle où Peck, drogué, prend la fuite à vélo sur une route très fréquentée. Le clin d’œil à La Mort aux trousses (tout de même) est évident. Mais surtout, Donen réussit ce que peu d’autres cinéastes ont réussi aussi bien : donner corps à l’ivresse, rendre parfaitement perceptible l’état dans lequel se trouve le personnage. C’est impressionnant, et c’est aussi très drôle.

Les Ruelles du malheur (Knock on Any Door) – de Nicholas Ray – 1949

Posté : 2 mai, 2018 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, BOGART Humphrey, RAY Nicholas | Pas de commentaires »

Les Ruelles du malheur

« Vivre vite, mourir jeune et laisser un beau cadavre. » Une phrase entendue cent fois, et qu’on attribuerait volontiers à James Dean. Pourtant, ce n’est pas dans La Fureur de vivre, mais dans un film que Ray a tourné six ans plus tôt qu’on peut l’entendre, dans la bouche du tout jeune John Derek.

Beau gosse aux allures de gendre idéal, Derek n’est pas un acteur renversant. Mais il a eu la chance d’inspirer quelques grands cinéastes. C’est le cas ici, où son physique lisse et finalement assez peu expressif fait des merveilles. Qui est ce gamin sans grande personnalité, victime d’une naissance défavorable et d’un environnement difficile ? C’est toute la question que se posent les jurés dans ce film-enquête construit autour d’un procès pour meurtre.

Une construction plutôt efficace, qui associe habilement les codes du film de procès et ceux du film social. Humphrey Bogart jouant l’avocat qui défend Derek, en même temps que le principal témoin de sa vie et de sa déchéance, on comprend que la partie procès ait pris une importance peut-être plus grande qu’elle n’aurait dû. La dernière partie, d’ailleurs, se concentre uniquement sur la salle d’audience. Et le film perd un peu de sa force.

On a quand même droit à un beau plaidoyer de Bogart sur l’inégalité des hommes et l’injustice, plaidoyer qui résonne encore parfaitement aujourd’hui. Et il y a quelques détails formidables dans cette salle d’audience : la sueur sur le fauteuil du juge, les doutes qui s’instillent inexorablement sur les visages…

Mais c’est dans les flash-backs que le film est le plus réussi, parce que Ray y livre une vision hors du commun de la pauvreté et des rues mal fâmées, loin de tous les stéréotypes hollywoodiens. Ces ruelles sentent la crasse et l’inconfort, et sont peuplées d’êtres sans illusions, à l’image de ce vieux paumé sans âge qui se fait appeler « junior », surnom qui évoque immédiatement des rêves envolés et une jeunesse perdue.

Bad Lieutenant (id.) – d’Abel Ferrara – 1992

Posté : 24 avril, 2018 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, FERRARA Abel | Pas de commentaires »

Bad Lieutenant

Il y en a qui aiment les héros, d’autres les losers, certains préfèrent les romantiques, d’autres encore les cyniques. Le cinéma de Ferrara, lui, est peuplé d’authentiques paumés, d’ordures, de ratés, de violents minables. Bref, des laissés pour compte de l’humanité, pour ne pas dire des rebus.

Bad Lieutenant est peut-être le plus hallucinant de ses films, le plus radical, et en même temps le plus tenu. Celui de ses films qui montre de la manière la plus brute et frontale le naufrage absolu et sans secours possible d’un homme trop faible pour surnager, pour choisir la bonne voie.

Le constat est d’autant plus radical que le type en question est un flic, qu’il a une chouette famille, et qu’il vit dans un pavillon simple mais accueillant. C’est Harvey Keitel, extraordinaire en ripoux minable et dopé par tous les pores de son corps, dont la descente aux enfers est marquée par des scènes de piqûre, de sniffe, de fumette… Comme si tout ce qu’il pouvait attendre de son existence était de faire le tour des différents moyens de se droguer.

Ferrara filme ça avec un réalisme qui bouscule, sans le moindre romantisme bien sûr. Et il fallait un acteur de la trempe de Keitel, au sommet, pour se laisser entraîner dans ce voyage si absolu et si autodestructeur. A l’époque, il enchaînait les rôles marquants, chez Jane Campion (La Leçon de Piano) comme chez Tarantino (Reservoir Dogs). Celui-ci est sans doute le plus extrême et le plus fort.

Il est question de rédemption pourtant, et la religion est omniprésente : le viol d’une religieuse trop belle et trop pure, et le pardon que cette dernière accorde immédiatement à ses agresseurs, conduisent le « bad lieutenant » vers une prise de conscience. Mais si la rédemption est possible, l’espoir, lui, n’existe pas : le rapport à la foi, si important soit-il, ne fait que confronter le personnage à ses échecs et à ses actes minables.

La descente aux enfers est brutale, et Ferrara n’accorde aucune circonstance atténuante à son personnage. Pourtant, on sent une certaine tendresse pour lui, pour ce type qui, finalement, forme un tout avec ce New York des paumés et des dopés dont il est devenu l’un des éléments. D’ailleurs, lorsqu’il se décide enfin à se racheter, c’est en offrant un aller simple à deux types entraînés dans la même spirale que lui.

Le Dénonciateur (Captain Carey, USA) – de Mitchell Leisen – 1950

Posté : 23 avril, 2018 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, LEISEN Mitchell | Pas de commentaires »

Le Dénonciateur

Du suspense, de l’action, et zéro prise de tête. Mitchell Leisen signe un chouette film de genre qui n’a strictement aucune autre ambition que de faire passer un bon moment. Mission réussie, avec une histoire taillée sur mesure pour Alan Ladd, et son éternel personnage de redresseur de torts.

Ici, il est un ancien agent de l’OSS dont la dernière mission en Italie, durant la guerre, s’est terminée en tragédie à cause d’un mystérieux traître. Il y a perdu trois ans de sa vie, et sa fiancée italienne, tuée dans l’opération. Enfin, c’est ce qu’il croit, parce que lorsqu’il revient sur les lieux pour se venger, après la guerre, il retrouve sa belle, bien vivante, et bien mariée…

En bon film hollywoodien, Le Dénonciateur montre une Italie de carte postale, qui se résume essentiellement à un palace sur une île au milieu d’un lac, et à un village hors du temps. On en sourit dans la première scène, avec ces clairs de lune, ces chanteurs de rue, et ces ruelles charmantes si caricaturales. Et puis on se laisse entraîner, justement, par le charme imparable du truc.

Et puis le scénario est habile, et sait garder ses secrets jusqu’au bout. Mitchell Leisen emballe tout ça avec une grande efficacité, signant notamment quelques séquences d’action franchement percutantes. Que du bon !

3 hommes à abattre – de Jacques Deray – 1980

Posté : 21 avril, 2018 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1980-1989, DERAY Jacques | Pas de commentaires »

3 hommes à abattre

Toute une époque : celle du Delon tout puissant et omnipotent, dont le nom apparaissait trois ou quatre fois au générique, toujours encadré pour être bien en valeur. Delon dans sa superbe, le cheveu au vent, et le corps bronzé et musclé.

Alors forcément, 3 hommes à abattre est moins une adaptation d’un roman de Manchette qu’un véhicule à la gloire de la star. Qui en fait beaucoup, côté roulements d’yeux et mâchoires serrées.

Mais Jacques Deray n’est pas un manchot. Et son polar, tendu, sombre et violent, se regarde avec un certain plaisir. Sans surprise, certes, et le film est visuellement assez terne. Mais la sécheresse de la violence, et le rythme impeccable de quelques séquences d’action (la course poursuite dans Paris, surtout, excellente) assurent l’intérêt.

Le film bénéficie aussi de bons seconds rôles, de Pierre Dux et Michel Auclair en passant Jean-Pierre Darras, Christian Barbier ou Simone Renant. Qui contribuent à faire de 3 hommes à abattre l’une des réussites du polar à la Delon.

Suspense (id.) – de Lois Weber et Phillips Smalley – 1913

Posté : 20 avril, 2018 @ 8:00 dans 1895-1919, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS, POLARS/NOIRS, SMALLEY Phillips, WEBER Lois | Pas de commentaires »

Suspense

Un an avant de signer son premier long métrage, Lois Weber réalise ce film court mais formidable, sorte de modèle absolu de tout ce que sera le cinéma de suspense dans les cent ans à venir (et même un peu plus).

L’utilisation du split-screen (particulièrement efficace), le montage alterné, les gros plans… Tout est déjà là, et totalement maîtrisé, pour raconter la course poursuite d’un mari qui se précipite chez lui pour sauver sa femme (Lois Weber elle-même) d’un rôdeur qui les menacent, elle et leur enfant.

C’est d’une efficacité impressionnante, et d’une grande modernité : le son mis à part, le film serait-il réalisé différemment aujourd’hui ? Pas sûr…

D’ailleurs, des plans entiers semblent avoir été copiés par de grands cinéaste : le Kubrick de Shining (la main à travers la porte), le Hitchcock de Psychose, avec cette montée des marches qui se termine en très gros plan. Qui évoque, c’est vrai, un plan célèbre de The Musketeers of Pig Alley, réalisé par un certain Griffith un an plus tôt.

Au service de la loi (Sergent Madden) – de Josef Von Sternberg – 1939

Posté : 18 avril, 2018 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1930-1939, VON STERNBERG Josef | Pas de commentaires »

Au service de la loi

Le sens du sacrifice, celui de l’écoute, la compréhension, et un cœur gros comme ça… Sternberg n’y va pas avec le dos de la cuillère pour sanctifier les policiers, avec ce portrait d’un petit flic des rues dont le fils tourne mal.

Film à la gloire des forces de l’ordre, Sergent Madden assume complètement ce chant d’amour pour les policiers. « Certains sont durs, d’autres sont plus à l’écoute. Mais la plupart sont de bons flics » lance d’ailleurs le personnage principal, joué par Wallace Beery, très émouvant dans un rôle de bon gars nettement plus complexe et profond que ce qu’il a l’habitude de jouer.

Le simple fait d’avoir réussi ce film est une sorte de miracle. Certes, on n’est pas dans la grande période de Sternberg et de ses très grands chefs d’œuvre de la fin des années 20 et du début des années 30. Marlene est partie vers d’autres cinéastes, et lui a un mal fou à se retrouver. Certes.

Mais malgré tous ses excès, Sergent Madden est un film profondément émouvant. Peut-être parce qu’il parle de sentiments simples et sincères, de liens familiaux, et d’un immense gâchis.

Le film met aussi en scène une étonnante famille recomposée, et les erreurs d’un père bon et aimant, qui croit pouvoir amener son fils naturel sur ses propres traces, et lui faire passer ce goût du sang qui l’habite. Un père qui réalise trop tard que ses vrais héritiers sont les enfants qu’il a adoptés, et pas son fils naturel.

Le style de Sternberg surgit subrepticement à quelques reprises : lorsqu’Eillean (Laraine Day) entre dans une pharmacie et que des ombres se dessinent sur son corps, ou lorsque Denis (Alan Curtis) est coursé par son père (Wallace Beery donc) dans un déchirant face à face.

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