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Archive pour la catégorie 'FANTASTIQUE/SF'

Le Septième Sceau (Det Sjunde Insegelt) – d’Ingmar Bergman – 1956

Posté : 19 octobre, 2016 @ 8:00 dans 1950-1959, BERGMAN Ingmar, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Le Septième Sceau

Dans un pays ravagé par la peste, un chevalier et son écuyer de retour des Croisades, croisent la route de saltimbanques. Tout le monde a en tête la partie d’échecs dans laquelle se lance le chevalier (Max Von Sydow) avec la Mort, venue le chercher. Une partie qui sert en quelque sorte de fil rouge à cette déambulation aux portes de l’au-delà.

Mais il ne faudrait pas restreindre ce monument du cinéma à cet unique face-à-face. Pour faire simple et court : Le Septième Sceau est un chef d’œuvre absolu, une merveille de chaque instant, une succession de scènes d’une beauté sidérante. Bref : l’œuvre d’un cinéaste au sommet, qui parle d’un sujet forcément fort (le rapport à la mort, et du coup à la vie), avec un style éblouissant, et avec une légèreté inattendue.

Non pas que Le Septième Sceau soit une comédie à se taper le cul par terre, non. Mais Bergman signe paradoxalement un film par moment presque euphorisant. L’homme est un artiste, et croit visiblement en l’art comme raison de vivre. Car dans ce monde où chacun cohabite tant bien que mal avec l’homme, il y a ce couple de comédiens, avec leur bébé, qui ont su construire une sorte de cocon où la mort est tenue à l’écart par l’amour, et une certaine insouciance qui donne la banane. Alors oui, Le Septième Sceau est un film qui rend heureux. Qui, en tout cas, donne les clés pour l’être.

Mais dans ce Moyen-Âge où la mort est omniprésente (et qui, malgré une remarquable économie de moyens, sonne étonnamment vrai), ils ne sont pas nombreux à les avoir, ces clés. De retour des Croisades, le chevalier repousse le moment fatidique par peur de l’inconnu. Quant à son écuyer (formidable Günner Björnstrand, autre acteur fétiche de Bergman), sa défiance vis-à-vis des représentations de la mort ne trompe pas.

Il y a notamment une scène absolument bouleversante : le chevalier regarde une jeune femme condamnée au bûcher droit dans les yeux, avec une grande intensité. Dans un premier temps, on croit qu’il cherche à la rassurer, à l’aider à accepter le sort qui l’attend. Et puis on comprend : ce n’est pas elle qu’il cherche à rassurer, mais lui-même, qui guette désespérément dans le regard de la condamnée un signe qui lui indiquerait que quelque chose les attend, au-delà de la mort.

Avec Le Septième Sceau, Bergman réussit une sorte de miracle : un film à la fois incroyablement tourmenté, et bizarrement apaisé. Une merveille, en tout cas.

Le Pionnier de l’Espace (First Man into Space) – de Robert Day – 1959

Posté : 22 septembre, 2016 @ 8:00 dans 1950-1959, DAY Robert, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Le Pionnier de l'Espace

Il y a deux parties dans cette toute petite production british très fauchée. La première est un film de SF réalisé sans grand talent et au premier degré autour de la conquête de l’espace : les militaires multiplient les essais à risque pour tenter d’envoyer le premier homme hors de l’atmosphère.

Passons sur le fait que tout ça paraisse bien démodé et n’ait plus l’impact que cela a pu avoir au moment de la sortie. Mais même à l’époque, la mise en scène sans inspiration de Robert Day et les innombrables plans fixes d’acteurs plantés devant de pseudos appareils de communication devait laisser de marbre…

Il manque clairement de l’énergie à cette histoire particulièrement statique et sans relief. Une impression que la rivalité entre deux frères (l’un pilote, l’autre commande du sol) ne change en rien…

Heureusement, il y a la seconde partie : le retour sur terre du module, la disparition de son pilote, et les morts violentes mystérieuses qui s’en suivent. Cette dernière demi-heure, soyons honnête, n’est pas réalisée avec plus de talent que la première partie. Mais le film vire alors vers le fantastique horrifique cheap et rigolo, et Day semble y être un peu moins à l’étroit.

La première apparition du « monstre » est ainsi plutôt réussie : ce plan ne dévoilant qu’une ombre menaçante projetée sur le mur est sans doute le plus beau du film. Et puis le monstre apparaît vraiment, de plus en plus clairement. Et le côté kitsch du maquillage finit par emporter l’adhésion. Le Pionnier de l’Espace a sans doute été produit sans ironie. Mais si on le prend au troisième ou quatrième degré, on a toutes les chances d’y prendre un vrai plaisir coupable !

* Artus Films consacre un bien bel objet au film : l’une de ces éditions collectors que l’éditeur sort régulièrement autour des nombreux sous-genres du cinéma européen qu’il aborde. Le film lui-même n’a fait visiblement l’objet d’aucune restauration, et la qualité de l’image est loin d’être irréprochable. Mais il figure dans un beau coffret DVD contenant un petit livre écrit par Alain Petit, spécialiste du genre qui présente également une analyse filmée en bonus, et richement illustré.

Nimitz, retour vers l’enfer (The Final Countdown) – de Don Taylor – 1980

Posté : 10 septembre, 2016 @ 8:00 dans 1980-1989, DOUGLAS Kirk, FANTASTIQUE/SF, TAYLOR Don | Pas de commentaires »

Nimitz, retour vers l'enfer

Sans même évoquer l’âge d’or de Spartacus, rappelons juste que Kirk Douglas a commencé sa carrière avec des seconds rôles dans L’Emprise du Crime et La Griffe du Passé. Une entrée en matière bien fourbe pour souligner que, décidément, sa fin de carrière est nettement moins glorieuse que ses premiers pas. Contrairement à son éternel complice Burt Lancaster qui, lui, aura réussi à avoir une filmographie passionnante de bout en bout, Douglas enchaîne alors les films poussifs, à de rares exceptions près.

Celui-ci s’inscrivait dans une vogue de films inspirés par la SF (de War Games à Firefox) qui, tous ou presque, ont particulièrement mal vieilli. Mais ce qui gêne le plus dans ce Nimitz, ce n’est pas cet aspect un peu ringard des effets spéciaux (qui au final sont très rares), mais le scénario lui-même, basé sur ce qui se révèle une fausse bonne idée qui fait flop.

Plein de promesses pourtant, ce sujet : un porte-avion de 1980 se retrouve propulsé par accident en 1941, à la veille de l’attaque des Japonnais sur Pearl Harbor, attaque qu’il pourrait empêcher à lui seul grâce à son exceptionnelle puissance de feu. Sans doute ce sujet aurait-il fait un bon épisode à La Quatrième dimension. Mais le cas de conscience que cette situation procure débouche sur pas grand-chose. Jamais le scénario ne tire profit de cette belle idée de départ.

Alors pour occuper le temps (il faut quand même tenir plus d’une heure trente), le pas très talentueux Don Taylor multiplie les interminables plans d’avion filmés tellement platement que le Tony Scott de Top Gun passe en comparaison pour l’égal d’un John Ford ! Et que dire des dialogues ? Les scénaristes (ils s’y sont mis à quatre) ne savent tellement pas quoi faire d’un sujet qui soulève pourtant bien des questions, qu’ils ne font parler les personnages que de la météo. Finalement moins surpris par le fait d’avoir été propulsé quarante ans en arrière que par des nuages qui se forment sur leurs têtes…

Du coup, les acteurs n’ont pas grand chose à jouer. Kirk Douglas passe le film à boire du café affalé sur son siège de commandement, et Martin Sheen joue les témoins de luxe sans jamais interférer vraiment sur les événements. On est bien content de les voir, mais c’est bien peu.

* DVD chez Sidonis/Calysta, avec un documentaire sur Pearl Harbor.

Matrix (The Matrix) – de Andy et Larry Wachowski – 1999

Posté : 6 septembre, 2016 @ 8:00 dans 1990-1999, FANTASTIQUE/SF, WACHOWSKI Andy/Lilly, WACHOWSKI Larry/Lana | Pas de commentaires »

Matrix

A la sortie en salles, déjà, j’avais trouvé très surévalué ce film de SF pseudo-philosophique et faussement novateur. Dix-huit ans plus tard, mon avis a changé : Matrix est en fait un pur nanar ! Ce pourrait ne pas être si grave : après tout, les scènes d’action sont assez réjouissantes et assurent à elles seules l’intérêt. Mais il y a un hic : le premier degré insupportable d’un film qui se prend tellement au sérieux qu’il en devient antipathique.

Il manque sans doute aux (encore) frères Wachowski un brin d’humilité. Et Matrix n’aurait sans doute pas dû être autre chose qu’une série B, au moins dans l’esprit. Mais non, les réalisateurs semblent persuadés d’avoir tout inventé, tant sur le fond (et si le monde dans lequel on vit n’était qu’un leurre ?) que dans la forme (et si on révolutionnait les scènes d’action ?). Sauf que, bien sûr, ils n’inventent strictement rien. Au mieux, ils inaugurent une nouvelle manière de recycler des idées et des formes venues d’horizons différents, rien de plus…

Quelques années auparavant, John Carpenter avait déjà mis en scène une fausse réalité avec un Invasion Los Angeles qui, lui, jouait habilement avec le second degré et revendiquait son côté série B. Le scénario de Matrix n’est pas plus malin qu’un autre. Plus tarabiscoté et plus dénué de second degré, sans doute, mais pas plus intelligent pour autant. Keanu Reeves, raide et aussi expressif qu’une pierre, est la parfaite illustration de ces choix artistiques.

Heureusement, les scènes d’action sont nombreuses et assez enthousiasmantes. Certes, les Wachowski se contentent d’adapter à la sauce hollywoodienne une esthétique que les cinéastes hong-kongais, Tsui Hark avec sa saga Il était une fois en Chine en tête, maîtrisent depuis des années (pas un hasard si la chorégraphie des combats est signée Yuen Woo-ping). Mais ces ralentis extrêmes et ces pirouettes impossibles que beaucoup découvraient à l’époque sont depuis devenus une quasi-norme. Au moins dans Matrix étaient-ils justifiés par le scénario…

Duel (id.) – de Steven Spielberg – 1971

Posté : 3 septembre, 2016 @ 8:00 dans 1970-1979, FANTASTIQUE/SF, SPIELBERG Steven, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Duel

Quand Spielberg a découvert le scénario des Dents de la Mer (Jaws), il y a vu un signe du destin : un titre en quatre lettres et une menace déshumanisée dans un environnement quotidien. Exactement comme le film qui l’a révélé. Un téléfilm en fait, tourné pour la télévision mais tellement enthousiasmant que la Universal a décidé de le sortir en salles, lançant la carrière du cinéaste le plus emblématique de sa génération.

Il faut dire qu’il y a déjà là, et plus qu’en germes, le génie narratif et la puissance visuelle de Spielberg, qui transcende le script malin mais simplissime de Richard Matheson pour en faire une oeuvre terrifiante et édifiante. Ou quand un contexte quotidien (un parcours en voiture) se transforme en cauchemar éveillé.

L’histoire, donc, tient en quelques mots : un automobiliste se retrouve aux prises avec un mystérieux camion qui le traquent et menacent de le tuer. Il y a dans ce principe (que l’on doit donc à Matheson, pas à Spielberg) une approche très hitchcockienne, héritière des Oiseaux. Ce n’est sans doute pas un hasard si quelques notes de musique rappellent subrepticement le thème de la douche de Psychose

Le film est proche de l’abstraction, tant le personnage et l’action sont ramenés à ce qu’ils ont de plus simples. Sans doute, d’ailleurs, Spielberg aurait-il gagné à éviter les rares digressions comme le coup de téléphone passé à la femme du « héros », scène inutile qui ne semble là que pour rallonger le métrage, et qui coupe un peu l’atmosphère oppressante du film.

Car le vrai héros du film, ce n’est pas le personnage (interprété par un très bon Dennis Weaver, seul à l’écran la plupart du temps), mais ce camion mystérieux et menaçant. De face, il a presque allure humaine, ce camion dont jamais on ne verra le conducteur (là aussi, une idée de Matheson).

Mais, et c’est là que le génie de Spielberg est déjà éclatant, la manière dont il est filmé souligne constamment sa puissance et son potentiel meurtrier. Jusqu’à l’hallucinante fin, qui ne libère en rien, mais renforce le caractère angoissant de cette machine qui semble douée d’une vie propre.

Avec Duel, Spielberg gagnait son droit d’entrée pour le grand écran. C’est rien de dire qu’il a tenu ses promesses…

L’Île de la Terreur (Island of Terror) – de Terence Fisher – 1965

Posté : 10 juin, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, FANTASTIQUE/SF, FISHER Terence | Pas de commentaires »

L'Île de la Terreur

Il y a deux écueils qu’il faut avoir le courage de surmonter pour apprécier ce petit film d’épouvante anglais. D’abord, les scènes d’ouverture pré-génériques, d’une platitude visuelle décourageante. Et puis la première apparition plein écran des créatures mortelles qui sèment la mort. Des créatures, disons… croquignolesques. De quoi, en tout cas, refaire tomber la pression !

Tourné par Fisher dans la foulée de ses Dracula, L’Île de la Terreur permet au réalisateur de retrouver Peter Cushing, et de rompre avec l’horreur gothique pour un film fantastique à l’atmosphère assez originale. Cushing y joue un scientifique (pas une première, non) qui arrive sur une île coupée du monde pour étudier un corps découvert mystérieusement sans squelette. Il y découvre l’existence d’une créature mortelle apparue lors d’une expérience scientifique foireuse, créature qui se multiplie sans qu’on puisse l’arrêter.

Fisher s’y connaît lorsqu’il s’agit de foutre la trouille. Et il y réussit fort bien ici encore, avec une remarquable économie de moyens. Un simple rocher et l’angoisse de ce qu’il peut cacher suffisent ainsi à distiller la peur. L’interprétation est plus inégale. Si Peter Cushing est impeccable, Edward Judd, dans le rôle de l’autre scientifique, est nettement plus terne. Mais il y a une certaine chaleur chez la plupart des seconds rôles.

Là où le film est le plus réussi, c’est dans la peinture de ce microcosme vivant en retrait du monde. Il y a d’ailleurs quelque chose d’étrangement westernien dans cette petite île perdue au large de l’Irlande, qui évoque une petite ville de l’Ouest au milieu du désert, avec son maire, son médecin, ses étrangers, et même son shérif. Le « siège » final, durant lequel les habitants se réfugient dans une salle communale, ne pouvant que deviner la présence des créatures, n’est d’ailleurs pas sans évoquer le formidable Quand les tambours s’arrêteront. Une référence pour le moins inattendue pour un film d’épouvante made in England.

X-Files, aux frontières du réel (The X-Files) – saison 10 – créée par Chris Carter – 2016

Posté : 7 avril, 2016 @ 8:00 dans 2010-2019, CARTER Chris, FANTASTIQUE/SF, MORGAN Darin, MORGAN Glen, TÉLÉVISION, WONG James, X-Files | Pas de commentaires »

X Files saison 10

Huit ans depuis le deuxième film, treize ans depuis la fin de la série, quinze depuis le départ de Mulder des affaires non-classées…Dire que les fans de la première heure (j’ai déjà dit que j’en étais ?) étaient excités à l’idée de retrouver le couple qui a révolutionné l’univers des séries télé est un doux euphémisme. Rien que pour ça, pour cette attente fébrile du fan depuis la toute première rumeur de retour, cette dizième saison méritait d’exister.

Maintenant qu’elle est là, maintenant qu’elle a été vue, le verdict est pour le moins mitigé. Ce retour était-il mérité ? Oui, sans hésitation : retrouver Scully et Mulder, renouer avec le sous-sol du FBI, rouvrir les X-Files… Tout ça a évidemment un arrière-goût de madeleine, mais pas seulement : cette saison est plus qu’un simple prolongement.

Il y a le temps qui est passé bien sûr. Mulder le dit lui-même (dans l’épisode 3) : il est désormais un homme d’âge mur. Physiquement, il a d’ailleurs bien changé. Son visage un peu empatté, un peu engoncé même, semble fatigué. Et cette fatigue apparente, après avoir fichu un petit coup au moral du fan de toujours, donne une profondeur supplémentaire au personnage.

Scully aussi a quinze ans de plus. Toujours superbe, mais terriblement grave cette fois, ne s’autorisant que quelques parenthèses plus légères (dans l’épisode 3 toujours, la caution humoristique de cette nouvelle saison). Et pour cause : le souvenir de William, cet enfant qu’elle a eu avec Mulder (mais comment ???), est omniprésent dans la première partie de la saison. Les faux souvenirs montrant les moments que Scully et Mulder auraient pu partager avec lui semblent d’ailleurs être l’unique raison d’être de Les Enfants du Chaos (épisode 2).

Ce sont en tout cas les plus beaux moments de l’épisode : ce premier loner, prévu pour être l’épisode 4 (l’ordre de diffusion ayant été changé au dernier moment) n’est par ailleurs guère convaincant. Inutilement complexe, cet épisode ouvre également bien des portes, qui ne mènent finalement pas bien loin. Scully et Mulder ont repris du service, mais tout cela paraît étrangement désincarné, et monté à la serpe.

Cette impression apparaît dès le début de l’épisode 1 (La Vérité est ailleurs 1ère partie). Ce bon vieux générique passé, et une fois assimilé le plaisir des retrouvailles, ce montage hyper-serré saute aux yeux et surprend. Et sa conséquence surtout : un rythme qui ne prend pas, et une atmosphère qui n’a jamais le temps de s’installer.

Drôle de sensation, vraiment, qui ne laisse que des spéculations : ces épisodes ont-ils été écrits et préparés à l’arrache ? Ou cette forme de mini-saison est-elle trop étriquée pour l’imagination et l’ambition de Chris Carter ? Six épisodes ne suffisent sans doute pas pour instaurer une nouvelle mythologie comme il le fait, développer les nouveaux rapports entre Scully et Mulder (qui ne sont plus en couple, à propos), et offrir une poignée de monstres de la semaine et un épisode décalé.

On sent bien que Carter a voulu à tout prix remplir son cahier des charges, quitte à faire tenir dans le seul premier épisode toutes les infos qu’il a en tête. « Back in the days », pour reprendre une expression qui reviendra souvent dans cette courte saison, cela aurait demandé au moins un double-épisode. Inimaginable dans une saison si courte. Mais plutôt que de faire des choix, Carter tranche. A la hache. D’où un sentiment très étrange.

Les idées lancées ne sont pas mauvaises, mais l’atmosphère qui a fait la légende de la série ne prend pas vraiment. Les scènes se succèdent à toute vitesse… mais sans rythme, rendant l’intrigue difficile à suivre, et les personnages parfois incompréhensibles. Du coup on se désintéresse un peu de la nouvelle mythologie, des doutes de Mulder, pour ne plus regarder que le couple qui n’en est plus un, les ravages du temps et des remords sur leurs regards…

Et que dire de la réouverture des X-Files, espérée depuis tant d’années par les fans, et expédiée par un simple texto de Skinner (de retour lui aussi), et par une simple phrase du Smoking Man (de retour d’entre les morts) qui renvoie à une époque bénie pour la série… Un retour officialisé dans l’épisode 2 par la voix de Skinner hors champs, rajoutée au montage pour faire raccord, lorsque l’ordre de diffusion a été modifié. Tout ça sonne un peu cheap…

Finalement, il faut attendre Rencontre d’un drôle de type (épisode 3) pour retrouver le vrai, grand plaisir d’X-Files. Cet épisode « décalé » n’atteint pas les sommets de Prométhée Post Modern (saison 5) ou Le Seigneur du Magma (saison 3). Et il y a là un petit côté « passage obligé » qui manque de naturel. Mais pourquoi bouder son plaisir : Mulder retrouve sa flamme, Scully sa présence et son regard, et l’alchimie entre eux-deux est bien de retour, lors d’une séquence de motel qui rappelle les premières heures de la série…

Et Darin Morgan (scénariste et réalisateur) réussit à nous surprendre alors qu’on pense connaître toutes les ficelles de la série, avec cette variation amusante sur le thème du loup-garou, critique rigolarde de l’espèce humaine. Duchovny, qui paraissait par moments un peu momifié jusqu’alors, renoue avec son humour et une autodérision toute personnelle, s’amusant de son âge, et de son rapport avec les nouvelles technologies. La course-poursuite avec smartphone est assez hilarante.

Pour continuer sur cette belle lancée, Esprit vengeur (épisode 4) est une merveille, écrite et réalisée par Glen Morgan (le frère du précédent, également scénariste et réalisateur). C’est le meilleur « monstre de la semaine » (une créature qui apparaît mystérieusement, écartèle ceux qui profitent des sans abris, et disparaît tout aussi mystérieusement), et à vrai dire le meilleur épisode de la saison. Et de loin.

Mais c’est aussi un épisode intime et bouleversant, qui confronte Scully à un nouveau drame familial, et évoque joliment le souvenir de William, le fils de Scully et Mulder, confié à une famille d’adoption dans la saison 9, et qui hante constamment cette saison 10 d’où toute innocence semble bannie.

La relation entre Scully et Mulder se retrouve également au centre de l’épisode. Désormais, c’est le poids des souvenirs qui est le ciment de cette relation, et plus l’hypothèse de ce qui pourrait advenir.

Babylon (épisode 5), écrit et réalisé par Chris Carter, est plein de bonnes idées… mais se révèle à la limite du nauséabond, avec cette manière inexcusable de traiter le terrorisme contemporain avec un mélange de gravité (un peu) et de dérision, évacuant en deux plans le thème du racisme quotidien à peine ébauché, et résumant l’intégrisme religieux assassin à « des gosses manipulées » qu’on ne peut pas accuser de tous les maux.

Aborder un tel sujet était courageux. Carter lui-même ne l’avait d’ailleurs pas eu à la fin de la série originelle, n’évoquant jamais le 11 septembre alors que la saison 9 s’est achevée en 2002. Mais il foire totalement cette séance de rattrapage, et de la pire des façons qui soit.

Si encore l’aspect paranormal était passionnant, mais non : il se résume à Mulder avalant des champignons hallucinogènes pour communiquer avec l’un des kamikazes qui a pu être maintenu en vie… D’où lui vient cette idée ? Et pourquoi ? Et comment ? Don’t ask me… Du grand n’importe quoi.

Cela dit, il y a quelques passages bien sympathiques, à condition de les isoler du contexte : Mulder sous acide, Duchovny retrouve sa cool attitude légendaire. Mais même là, Carter profite de cette occasion pour faire revenir les Lone Gunmen, le temps de quelques plans muets et sans grand intérêt. Totalement frustrant et agaçant.

Cet avant-dernier épisode introduit un jeune couple d’agents du FBI, sorte de copie-conforme en plus jeune (et nettement moins charismatique) de Scully et Mulder, qui semble devoir prendre de l’importance dans la série : ils joueront également un rôle majeur dans le dernier épisode, tout comme Tad O’Malley, le lanceur d’alerte grâce à qui Scully et Mulder sont revenus dans l’épisode 1. Et leur présence trop… présente a un effet pervers : nous priver des face-à-face entre Scully et Mulder, qui restent le meilleur atout de la série.

Dans l’ultime épisode (La Vérité est ailleurs, 2ème partie), Carter fait brièvement revenir Monica Reyes (Annabeth Gish), pas bien servie la pauvre. On aurait aimé la voir jouer un rôle plus central… Avec Doggett, grand absent de cette saison 10. On retrouve la même ambition et les mêmes défauts que dans l’épisode 1. La mythologie avance vite, trop vite, trop fort, trop loin. Si bien que jamais cette histoire de contamination mondiale et d’ADN alien ne passionne comme passionnait la mythologie originale, si complexe soit-elle.

Cette dizième saison est, et de loin, la plus faible de toutes. Globalement une vraie déception. Et pourtant, les portes ouvertes sont assez prometteuses, au bout du compte. Scully et Mulder ont encore beaucoup à (nous faire) vivre ensemble. Et ce cliffhanger de folie ne peut pas rester sans suite : finir là-dessus serait, pour le coup, absolument impardonnable.

* Voir aussi la saison 1, la saison 2, la saison 3, la saison 4, la saison 5, le premier film, la saison 6, la saison 7, la saison 8, la saison 9, le deuxième film.

X-Files : Régénération (The X-Files : I want to believe) – de Chris Carter – 2008

Posté : 4 avril, 2016 @ 8:00 dans 2000-2009, CARTER Chris, FANTASTIQUE/SF, X-Files | Pas de commentaires »

X Files Regeneration

De ce second film, sorti six ans après la fin de la série originelle, j’avais surtout gardé l’excitation qui avait entouré le tournage, et la grande déception partagée par à peu près tout le monde à la sortie du cinéma. Plutôt que de prolonger la mythologie pourtant pleine de promesses, Chris Carter avait choisi de nous livrer un loner de luxe, qui ne répondait en rien aux questions en suspens. Un loner par ailleurs loin d’être inoubliable.

A l’époque, on lui pardonnait tout de même, en se disant que ce film n’avait pas d’autre ambition que de rappeler Scully et Mulder au bon souvenir de leurs fans, et que Carter comptait sur le succès de cette modeste production (le premier film, tourné à l’apogée de la série, bénéficiait de moyens nettement plus importants) pour convaincre les studios de lancer un troisième film plus ambitieux en 2012, date clé depuis le dernier épisode de la saison 9. Sauf que le film a déçu les fans sans convaincre les néophytes, et qu’il est du coup tout juste rentrée dans ses frais. Depuis, donc, plus rien, jusqu’à cette fameuse annonce de début 2015.

Sans doute en attendait-on trop en 2008. Parce qu’à le revoir aujourd’hui, I want to believe révèle des qualités qui nous avaient échappées jusqu’à présent. Visuellement déjà, le film est une réussite, une mise en scène particulièrement soignée et une belle lumière qui privilégie les séquences nocturnes et enneigées, renouant avec l’esprit de la série, et de Fight the future. Sur ce plan au moins, le film est à la hauteur.

Quant au sujet choisi, il est particulièrement audacieux, associant les visions d’un ancien prêtre pédophile et les crimes d’un hallucinant docteur Frankenstein. Too much par moments, et le laboratoire des horreurs va tellement loin en restant tellement « premier degré » qu’une petite gène s’installe lors du « climax » de l’intrigue. Mais Carter réussit à créer une atmosphère dérangeante qui rappelle Le Silence des Agneaux, la référence première de X-Files, à la fois dans sa manière de créer le suspense (la scène d’ouverture est particulièrement prenante) et de mettre en scène le personnage du prêtre interprété par Billy Connolly.

Mais ce qu’on attendait surtout, c’est l’évolution du couple Scully-Mulder. Et là, à une réserve près (la tirade incompréhensible et grotesque de Scully sur la soeur de Mulder et l’éternelle quête de ce dernier ; quête qui, rappelons le, a trouvé sa résolution), la réussite est totale. Scully tiraillée entre ses nouvelles responsabilités de médecin, Mulder à moitié dépressif loin des affaires non-classées… C’est un couple en crise qui nous revient, jusqu’à l’ultime scène, assez magique.

* Voir aussi la saison 1, la saison 2, la saison 3, la saison 4, la saison 5, le premier film, la saison 6, la saison 7, la saison 8, la saison 9, la saison 10.

X-Files, aux frontières du réel (The X-Files) – saison 9 – créée par Chris Carter – 2001-2002

Posté : 29 mars, 2016 @ 8:00 dans 2000-2009, BOLE Cliff, CARTER Chris, DUCHOVNY David, FANTASTIQUE/SF, GILLIGAN Vince, LITTLE Dwight H., MacLAREN Michelle, MANNERS Kim, SHIBAN John, SPOTNITZ Frank, TÉLÉVISION, WHARMBY Tony, X-Files | Pas de commentaires »

X-Files, saison 9

A la fin de la saison 8, on avait laissé Scully et Mulder en couple, tandis que les affaires non classées était officiellement reprises par Monica Reyes et John Doggett. Bref, la possibilité d’une jolie conclusion, ou d’un nouveau départ pour X-Files. Duchovny, lui, en avait (à peu près) définitivement terminé, et quoi qu’il en soit, ne reviendrait pas pour une neuvième saison. Alors, nouveau départ ?

Eh bien toujours pas. Il est vite apparu que cette saison 9 serait la dernière, et Duchovny a accepté de revenir pour l’ultime épisode (d’une heure trente) qui devait préparer une suite sur grand écran. Résultat : comme dans la saison précédente, Mulder n’est plus là, mais semble omniprésent.

Toute la mythologie, recentrée sur les « supersoldiers » invincibles et mystérieux, repose ainsi sur l’absence de Mulder, qui a donc fui à la demande de Scully, parce que sa vie était en danger. Un départ qui est le cœur de cette saison, mais qu’on a un peu de mal à prendre au sérieux. Du coup, les épisodes purement mythologiques sont loin d’être les plus convaincants : même si les diptyques Nouvelle génération (épisodes 1 et 2) et La prophétie (épisodes 9 et 10) n’apportent pas grand-chose à la gloire d’X-Files.

Plus passionnants, parce que beaucoup plus originaux, deux épisodes tournent entièrement autour de la présence (ou pas) de Mulder, sans que Duchovny ne revienne pour autant. Ne faites confiance à personne (épisode 6) est un chassé-croisé haletant et très émouvant autour des retrouvailles annoncées entre Mulder et Scully. Gillian Andersonn est magnifique, laissant transparaître les doutes et le manque de Scully.

Le même ton est au cœur de William (épisode 16), le bouleversant segment réalisé par David Duchovny : le plus audacieux, le plus surprenant, le plus émouvant, et sans doute le plus réussi de cette neuvième saison. Construire tout un épisode autour du doute qui s’immisce en Scully, face à cet homme au visage détruit (est-il Mulder ?) est une idée géniale, et parfaitement aboutie.

Autre grande réussite : l’incroyable épisode décalé réalisé par Chris Carter, Improbable (épisode 13)… qui porte parfaitement son titre. Burt Reynolds en… Dieu ? Des coïncidentes totalement improbables (donc). D’étranges chansons en français et en italiens. Une atmosphère inqualifiable et totalement fascinante… Carter se lâche totalement ici, et ça marche !

Cette saison confirme aussi que Doggett est un personnage passionnant, et que Robert Patrick a trouvé là le rôle de sa vie. Toujours dans l’ombre de Mulder hélas, mais il a droit à une poignée d’épisodes qui lui rendent enfin justice : Amnésie (épisode 7), où Doggett amnésique ne retrouve la mémoire que pour réapprendre la mort de son fils ; ou 4-D (épisode 5), troublante histoire de réalité alternative au final particulièrement gonflé, qui donne le beau rôle à Monica Reyes et aux sentiments qui auraient pu naître entre ces deux-là. Annabeth Gish aussi aurait mérité de ne pas rester à l’arrière plan.

Fin de série oblige, Carter apporte plusieurs conclusions. Pour le meilleur en ce qui concerne la mort du fils de Doggett dans Clairvoyance (épisode 17), bouleversant. Pour le nettement moins bon en ce qui concerne les Lone Gunmen, dont la série dérivée venait d’être annulée, et qui font leurs adieux dans le discutable N’abandonnez jamais (épisode 15).

Notons encore quelques loners réussis : Une vue de l’esprit (épisode 14) autour des peurs enfantines ; le très violent et traumatisant Ecorchés (épisode 8) ; Audrey Pauley (épisode 11) qui plonge Monica Reyes dans une maison de poupée ; et surtout le très étonnante et très nostalgique Irréfutable (épisode 18), ultime loner de la série avant son retour, une petite merveille d’émotion, écrite par Vince Gilligan.

Le tout dernier épisode, de 90 minutes, La Vérité (épisode 19), alterne le poussif (le procès) et l’enthousiasmant. Les retrouvailles entre Scully et Mulder, sous le regard de Skinner, justifient à elles seules l’existence de cet épisode fourre-tout. Qui se termine presque comme tout avait commencé, neuf ans plus tôt : avec Scully et Mulder dans une chambre de motel. Le poids de leurs drames, et une lueur d’espoir quant à l’avenir…

* Voir aussi la saison 1, la saison 2, la saison 3, la saison 4, la saison 5, le premier film, la saison 6, la saison 7, la saison 8, le second film, la saison 10.

Le Masque d’Or (The Mask of Fu Manchu) – de Charles Vidor et Charles Brabin – 1932

Posté : 28 mars, 2016 @ 8:00 dans 1930-1939, BRABIN Charles, FANTASTIQUE/SF, VIDOR Charles | Pas de commentaires »

Le Masque d'Or

Les Chinoiseries ont la côte dans le Hollywood de ces années 30, qui fera de Mr Wong, Mr Moto ou Charlie Chan des personnages très populaires. Sans oublier Fu Manchu bien sûr, génie du mal qui représente parfaitement la vision que ce cinéma-là avait des mystères asiatiques: l’imagerie des méchants bridés mangeurs d’enfants dont l’histoire s’est arrêtée avec la mort de Genghis Khan n’est pas loin…

Il y a de cette condescendance, voire de ce mépris dans ce Mask of Fu Manchu qu’il vaut mieux ne pas trop prendre au sérieux. D’abord parce qu’il ne l’est pas. Ensuite parce que, comme on dit de Tintin au Congo, faut remettre dans le contexte. Enfin parce que je suis toujours à me demander à quel degré le film a effectivement été tourné…

Une chose est sûre: les « héros », chargés par la couronne britannique de retrouver le tombeau de Genghis Khan avant le cruel Fu Manchu, ne sont guère sympathiques. Du genre à se moquer des vieilles croyances de ces pays de sauvages, qu’ils observent de leur piédestal de colons.

Face à eux, Fu Manchu a beau être un authentique sadique, adepte de la torture et des morts sophistiquées (c’est qu’il a de l’imagination, du plancher escamotable qui laisse apparaître des crocodiles à la cloche qui vous vrille les tympans…), il a le mérite d’être franc et droit dans ses bottes. On aurait presque de la sympathie pour lui et sa fille aussi belle que mystérieuse, et dont on sent qu’elle manque cruellement d’amour, au point de droguer le fiancé d’une autre pour vivre le grand frisson avec lui. Une variation sous acide de la vamp, en quelque sorte.

Bien sûr, pas question de confier ces personnages à des comédiens asiatiques, ou même vaguement bridés. Traditionnellement, à cette époque, ce sont de bons blancs qui interprètent les Asiatiques (comme les Noirs d’ailleurs). Et Boris Karloff, déjà expert es-maquillage, est plutôt très bien dans ce rôle foncièrement outré.

Plus surprenant peut-être: la prestation très sobre, voire effacée de Myrna Loy, qui sera nettement plus enthousiasmante dans The Thin Man, deux ans plus tard.
Tout cela étant dit, The Mask of Fu Manchu est un film très efficace. Irrégulier (le changement de réalisateur y est sans doute pour quelque chose, Charles Vidor quittant le tournage au bout de quelques jours), mais avec quelques moments d’anthologie, de belles séquences nocturnes, un vrai suspense, et un ton étonnamment brutal et cruel.

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