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Archive pour la catégorie 'FANTASTIQUE/SF'

La Revanche des Sith / Star Wars, épisode III (Star Wars : Episode III – Revenge of the Sith) – de George Lucas – 2005

Posté : 1 mai, 2017 @ 8:00 dans 2000-2009, FANTASTIQUE/SF, LUCAS George | Pas de commentaires »

Star Wars La Revanche des Sith

Après les deux premiers volets de cette « prelogie », on n’était pas totalement convaincu du bien-fondé de cette volonté de mettre en image la manière dont Anakin Skywalker est passé du côté obscur de la Force. Obnubilé par son désir de rester fidèle à sa trilogie inaugurale, mais aussi d’en mettre plein la vue et de coller à ce qu’il croit être les goûts du moment, Lucas est certes allé au bout de son ambition, mais en se perdant parfois en route, notamment sur le ton à donner à ses films.

Hésitant entre noirceur et légèreté fun, il a quoi qu’il en dise appris de ses erreurs, reléguant l’insupportable Jar-Jar Binks au rang de second rôle dans l’épisode II, et ne lui accordant qu’une apparition furtive en arrière-plan dans cet épisode III. Comment, d’ailleurs, aurait-il pu donner une place plus importante à cet accident industriel pseudo-comique, dans cet épisode-clé éminemment sombre. Sur ce point, d’ailleurs, Lucas rassure complètement ici : la noirceur du récit, dont on connaît d’avance la fin tragique, est totalement assumée.

Dans la première heure, Lucas réussit ainsi ce qu’il avait largement échoué dans les deux films précédents: mettre au cœur du récit le trouble d’Annakin, Jedi tiraillé entre son devoir, l’amour qu’il ressent pour Padmé, et cette colère de plus en plus explosive qui le dévore peu à peu. Lucas se livre là à un passionnant jeu de dupe, mettant en scène des personnages qui ne sont pas ce qu’ils prétendent être, et faisant planer le doute sur les véritables intentions de chacun, rappelant enfin les inspirations tragiques de la saga.

Le basculement définitif, le moment où les masques tombent dans la douleur, n’est pas totalement à la hauteur, mais il a le mérite d’ouvrir sur une longue conclusion, tout en bruit, en fureur et en larmes, sorte d’apogée pyrotechnique et dramatique de cette prelogie imparfaite. Lucas retrouve alors tout son sens de l’action et du rythme, qui paraissait curieusement amorphe durant la première heure, où les (nombreux) combats semblaient être tournés sans conviction.

Cette conviction, il la retrouve plus que jamais dans la dernière partie du film. Une dernière partie, dont on connaît d’avance tous les rebondissements. C’est d’ailleurs le principal défi que relève Lucas, et qui tourne au jeu de piste pour le spectateur, qui connaît la trilogie originelle, et donc la fin de cette prelogie (l’Empereur omnipotent, Vador engoncé dans sa carapace, Luke sur sa planète, Yoda en exil…).

Certains « raccords » semblent sortir d’un chapeau (la capacité de « survivre à la mort » d’Obi-Wan, la mémoire effacée de C3-PO). Mais pour l’essentiel, Lucas réussit son pari et signe un film réjouissant, notamment pour les fans. Et lorsque Annakin, devenu définitivement Dark Vador, parle pour la première fois avec son célèbre masque, véritable emblème de la saga, c’est la voix profonde de James Earl Jones qui résonne. Superbe manière de boucler la boucle.

La saga Star Wars

Nemesis / Sam was here (id.) – de Christophe Deroo – 2016

Posté : 29 avril, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, DEROO Christophe, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Nemesis

Christophe Deroo, réalisateur français qui signe son premier long métrage avec cette petite production franco-américaine, a dû beaucoup regarder les films de John Carpenter. Dire que l’auteur de Prince des Ténèbres et L’Antre de la folie fait planer son ombre sur cette habile série B est un euphémisme. Deroo n’est d’ailleurs pas le premier héritier plus ou moins revendiqué du maître. Mais il est loin d’être le plus maladroit.

Le réalisateur le reconnaît lui-même (dans l’intéressant making-of) : le sujet de son film lui a été quasi-imposé par le budget minuscule dont il disposait. Jugez plutôt : un acteur seul à l’écran durant la quasi-totalité du film (et à peu près inconnu en plus, Rusty Joiner), le désert californien, et pour seul effet spécial une discrète lueur rouge dans le ciel. Bref, un film dont le coût se limite à peu près à la location de la caméra. Idéal pour se faire la main.

Et l’histoire ? Le prolongement d’un court métrage que Christophe Deroo avait tourné, et dont il souhaitait faire le point de départ d’une série dans la lignée de La Quatrième Dimension. Un représentant de commerce sillonne le Sud désertique de la Californie, et ne croise que des maisons qui semblent avoir été évacuées dans l’urgence. Unique signe de vie : une radio qui évoque les agissements d’un mystérieux tueur dans la région.

Vous pensez avoir saisi l’origine de l’angoisse ? Vous avez sans doute tort… Nemesis multiplie les fausses pistes, et plonge lentement (enfin, lentement… en à peine plus d’une heure dix) son « héros » et le spectateur dans un cauchemar éveillé de plus en plus opaque et étouffant. Angoisse renforcée par la musique, rare mais marquante, signée par un groupe électro baptisée… Christine. En hommage au film de Carpenter ? Le son entêtant et le logo du groupe ne laisse planer aucun doute.

Le film ne révolutionne certes pas le genre. Mais Deroo, comme Carpenter avant lui d’ailleurs, a le bon goût d’assumer pleinement sa volonté de faire un film de genre, sans chercher autre chose que l’efficacité, avec modestie, et une certaine élégance. Ce n’est pas si courant. A suivre…

* DVD chez Condor Entertainment, accompagné d’un petit making of dans lequel le réalisateur évoque avec lucidité et intelligence cette première expérience du long métrage.

Frankenstein (Mary Shelley’s Frankenstein) – de Kenneth Branagh – 1994

Posté : 19 avril, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, BRANAGH Kenneth, DE NIRO Robert, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Frankenstein Branagh

Au début des années 90, Francis Coppola a entrepris un dépoussiérage des grands mythes de la littérature fantastique, d’abord avec son magnifique Dracula, puis en produisant un nouveau Frankenstein confié au Shakespearien Kenneth Branagh. Et dont j’avais gardé un bon souvenir.

Comme quoi… A le revoir, je comprends mieux pourquoi une grande partie de la publicité du film avait été basée sur le fait que, grâce à Branagh, tout le monde saurait désormais que “Frankenstein” n’est pas le monstre, mais le scientifique qui l’a créé. Oui, parce que non seulement la créature (jouée par un De Niro plutôt sobre si on oublie le maquillage) passe au second plan, mais tout le film tourne autour de ce Dr Frankenstein que Branagh interprète lui-même.

Et le film tourne littéralement autour de lui, avec d’interminables et très pompeux mouvements de caméras qui semblent littéralement faire l’amour avec l’acteur-réalisateur, les trois quarts du temps à moitié à poil. Ce Frankenstein a été mal titré : il aurait dû s’appeler Kenneth Branagh’s Frankenstein. Ou même mieux : Great Kenneth Branagh’s Frankenstein. Ou pour faire court : Great Kenneth Branagh.

Le film n’est pas juste mauvais, c’est une véritable aberration, l’œuvre d’un jeune cinéaste qui a enchaîné les succès et les signes de reconnaissance jusque là, et qui se vautre littéralement dans une sorte d’auto-admiration risible et désagréable. Cela dit, il l’est vraiment (mauvais) : Branagh semble incapable de donner un rythme ou une fluidité à son récit, accumule les décors impressionnants sans savoir comment les filmer, et réussit l’exploit de rendre la moindre de ses tirades ridicule. Une catastrophe !

L’Attaque des clones / Star Wars, épisode II (Star Wars : Episode II – Attack of the Clones) – de George Lucas – 2002

Posté : 10 avril, 2017 @ 8:00 dans 2000-2009, FANTASTIQUE/SF, LUCAS George | Pas de commentaires »

L'Attaque des clones

Les trois apparitions, courtes et sobres, de Jar Jar Binks dans cet épisode II prouvent au moins une chose : quoi qu’il puisse dire, George Lucas a entendu les innombrables critiques qui ont entouré la sortie de La Menace Fantôme. Les fans n’ont pas supporté ce personnage entièrement en images de synthèses à l’humour irritant ? Il le relègue à un quasi-rôle de figurant. Les fans regrettaient de ne pas retrouver leurs repères ? Il multiplie les clins d’œil à la trilogie originale, quitte à risquer les incohérences.

Sans vouloir jouer les connaisseurs pointus (ce que je ne suis pas), on peut quand même être surpris de retrouver C3-PO dans la maison des futurs parents adoptifs de Luke Skywalker (une apparition par ailleurs très sympathique), alors que l’on verra ces derniers le découvrir des années plus tard dans l’épisode IV. Mais ne soyons pas snobs : les retrouvailles avec ces décors fondateurs de la saga sont assez enthousiasmantes.

Ce qui l’est plus encore, c’est la manière dont Lucas traite l’apparition des fameux Storm Troopers, les reliant d’une manière totalement inattendue à un autre personnage secondaire mais mythique de la saga : le chasseur de primes Bobba Fett, dont on découvre ici les origines étonnantes et tragiques.

Surtout, ce deuxième volet de la prelogie aborde enfin le sujet central : le passage annoncé d’Anakin du côté obscur de la Force. Le sujet est au cœur de ce film, et son traitement est plutôt convainquant, avec un personnage arrogant juste ce qu’il faut pour être crédible sans être trop évident. Deux grands regrets, quand même : la séquence-clé durant laquelle Anakin cède à la colère dans un déchaînement de violence est largement éclipsée, et Hayden Christensen s’avère un comédien pas vraiment enthousiasmant.

On sent aussi Lucas tiraillé entre son envie de renouer avec la simplicité et la linéarité de la première trilogie, avec ces longues scènes étirées à l’envi pour le seul plaisir du spectateur, et sa volonté de faire avancer l’intrigue de la manière la plus cohérente possible avec son oeuvre originelle, quitte à complexifier à outrance.

Et puis il y a ce regret que l’on peu accoler à à peu près tous les films produits par Lucas devenu multi-millionnaire et tout-puissant : sa tentation de suritiliser les effets spéciaux, jusqu’à l’écœurement. Aussi rythmée et enthousiasmante soit-elle, la course-poursuite dans la grande ville-planète est tellement coupée d’un quelconque semblant de décor naturel qu’elle en devient presque abstraite. Du trop-plein : c’est le principal reproche que l’on peut faire à cet épisode transitoire.

La saga Star Wars

La Menace Fantôme / Star Wars, épisode I (Star Wars : Episode I – The Phantom Menace) – de George Lucas – 1999

Posté : 6 avril, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, FANTASTIQUE/SF, LUCAS George | Pas de commentaires »

La Menace Fantôme

Un film aussi attendu que celui-ci ne pouvait qu’être critiqué violemment. Et les fans ne s’en sont pas privés, confirmant le désamour qui ne fera que croître entre l’ex-enfant chéri George Lucas et son public. Un désamour qui était né avec la décision prise par le réalisateur et producteur de « remettre au goût du jour » sa trilogie originelle en ajoutant des effets spéciaux derniers cris et en apportant quelques petites modifications (et qui sera définitivement consommé avec les choix qu’il imposera pour le quatrième Indiana Jones).

Des modifications qu’il justifiait alors par sa volonté de rendre l’ensemble cohérent : tourné plus de vingt ans après le premier film, avec des effets spéciaux qui n’ont plus rien de comparable avec ceux de Un nouvel espoir, cet « épisode 1″ est aussi censé se dérouler trente ou quarante plus tôt, avec donc des machines censément moins développées.

La principale critique faite à Lucas pour ce film-ci porte un nom : Jar-Jar Binks. En revoyant le film, l’existence même de ce personnage m’était un peu sorti de la tête. Mais dès sa toute première apparition, il ne faut qu’une poignée de secondes pour réaffirmer que toutes les critiques faites lors de la sortie du film sont justifiées : non seulement Jar-Jar Binks, créature entièrement créée à l’ordinateur (ça aussi, ça tranche avec le caractère bricolo de la première trilogie), est insupportable avec son bagout intarissable, mais il tue complètement le rythme et l’atmosphère du film.

Tenté par un humour lourdingue à la Luc Besson dans Le Cinquième élément, Lucas gâche quelques scènes avec des choix douteux, tout en débordant d’idées excitantes qu’il exploite habilement pour la plupart : l’alliance forcée entre les habitants de la surface et ceux du monde souterrain d’une même planète, la fragilité de la République qui régit la galaxie, et le rôle donné à un enfant dont on sait qu’il est promis à un sombre destin.

Malgré ses défauts, le film se révèle assez réjouissant, lorsqu’il s’adresse directement aux fans de la première trilogie. Les combats aux sabres lasers, l’apparition d’Obi-Wan-Kenobi (Ewan McGregor, très bien en jeune Alec Guiness), ou la première séquence qui reprend tous les codes de la saga, tiennent ainsi toutes leurs promesses. Même si la fameuse « course de chars » semble inutilement étirée, les morceaux de bravoure sont globalement parfaitement réussis.

Le grand méchant du film l’est en revanche beaucoup moins, sorte de clone de Dark Vador lui-même, en moins effrayant et en plus grimaçant. Et la principale limite du film, c’est qu’il ressemble à ce qu’il est : la mise en place d’un drame qui ne prend pas encore toute son ampleur, et dont on connaît la fin.

La saga Star Wars

Independance Day Resurgence (id.) – de Roland Emmerich – 2016

Posté : 28 février, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, EMMERICH Roland, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Independance Day Resurgence

Quand il fait ce qu’il sait le mieux faire, c’est-à-dire détruire des villes entières et pulvériser gratte-ciels et monuments historiques, Roland Emmerich fait mouche dans cette suite tardive de son premier méga-succès. Mais il le fait peu. Bien moins en tout cas que dans 2012, son meilleur film à ce jour, celui où il laisse éclater son goût immodéré pour la destruction massive.

Avec ce Resurgence, Emmerich est tenté par autre chose. On le sent d’ailleurs à la fin du film : cette fois, il rêve d’espace. La plupart des scènes importantes se passent autour de la lune, loin de la surface terrestre, et le réalisateur entend bien emmener ses personnages très loin dans l’espace pour d’hypothétiques suites (hypothétiques, car le film n’a pas eu le succès attendu).

Résultat : du grand n’importe quoi marqué par quelques fulgurances (l’évacuation du bébé et de sa mère sur le toit de la maternité), où se côtoient les vieux de la vieille (Jeff Goldblum et Bill Pullman rempilent) et de nouveaux personnages, uniquement des têtes brûlées à la psychologie aussi épaisse qu’une page de missel.

C’est long, laid et répétitif. Bref, pas bien.

Le Retour du Jedi / Star Wars, épisode VI (Star Wars : Episode V – Return of the Jedi) – de Richard Marquand – 1983

Posté : 24 février, 2017 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, FORD Harrison, MARQUAND Richard | Pas de commentaires »

Le Retour du Jedi

On prend les mêmes et on continue… On pourrait dire pour Le Retour du Jedi à peu près la même chose que pour L’Empire contre-attaque. A le revoir après de nombreuses années, la principale surprise repose sur la simplicité de l’intrigue, que l’on pourrait résumer en très peu de lignes. Si George Lucas apporte un soin extrême à créer son univers, en le peuplant de créatures improbables, sa trilogie originelle s’avère relativement pauvre en rebondissements.

Ce n’est d’ailleurs pas une critique : Lucas prend le temps de filmer ses personnages, de créer un suspense, une atmosphère, et de délayer l’action. Loin, en tout cas, des codes actuels du cinéma populaire, souvent basé sur l’effervescence et le trop plein. Son épisode 6 se résume ainsi à trois ou quatre séquences, pas plus : l’attaque pour sauver Han Solo prisonnier de Jabba, le retour de Luke auprès de Yoda, la partie sur la planète des Ewoks, et l’affrontement final.

Les principaux enjeux dramatiques ayant été réglés dans le film précédent, le plus sombre de la trilogie, la réussite de celui-ci repose encore plus sur la manière de filmer l’action, sur la manière d’introduire les moments de bravoure attendus. Côté effet de surprise, c’est un peu émoussé. Mais l’efficacité est bel et bien là.

On a souvent reproché à Lucas d’avoir donner un rôle trop important aux Ewoks, ces charmants nounours qui ne sont visiblement là que pour booster les produits dérivés du film. C’est sans doute vrai, et la noirceur de l’épisode précédent était nettement plus convainquant que celui-ci, qui flirte souvent avec la mièvrerie. Mais le plaisir reste intense, et l’affrontement final, forcément tragique, tient ses promesses.

Les deux premières trilogies sont réunies dans un beau coffret de 9 blue ray, avec des tas de bonus : des interviews, des making of d’époque ou récents, plein de documentaires… Plus de 40 heures de bonus, promet le packaging.

La saga Star Wars

L’Empire contre-attaque / Star Wars, épisode V (Star Wars : Episode V – The Empire strikes back) – d’Irvin Kershner – 1980

Posté : 14 février, 2017 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, FORD Harrison, KERSHNER Irvin | Pas de commentaires »

L'Empire contre-attaque

Cet épisode V ressemble à un film de transition, qui finalement ne fait pas tellement avancer l’intrigue. Pas d’Etoile de la Mort, pas de planète en danger, pas même d’immenses batailles pour sauver la galaxie… Tout l’enjeu repose sur Dark Vador qui veut retrouver Luke Skywalker, et les rebelles qui tentent de s’échapper de la planète où les soldats de l’Empire les ont retrouvés.

Le film semble étrangement contraint à un voyage modeste, à l’image du Faucon Millenium, le fameux vaisseau de Han Solo, qui essaye en vain tout le métrage durant de passer en vitesse lumière, mais doit se résoudre à se cacher la plupart du temps : sur un astéroïde, dans une ville aérienne, ou sur le flanc d’un navire de l’Empire…

Un épisode frustrant ? Ben non, au contraire : l’aspect transitoire de l’histoire, sa modestie apparente… Tout participe à faire de L’Empire contre-attaque le film le plus intense de la saga. Le plus enthousiasmant, le plus ambitieux aussi, celui qui se base le plus sur les personnages : sur la romance entre Leia et Solo, mais surtout sur Luke, qui rencontre Yoda pour la première fois, est confronté aux tentations du côté obscur de la Force…

C’est dans ce film aussi qu’il découvre la vérité sur ses origines dans une scène d’anthologie joliment réalisée, dans des couleurs bleues-noires formidablement dramatiques : « I’m your father » lance la voix caverneuse de James Earl Jones.

On a beau connaître ça par cœur, il faut reconnaître que ça fonctionne parfaitement bien. Avec le premier film, George Lucas posait les bases d’un mythe. Avec cette première suite, dont il confie la direction à Irvin Kershner, il y entre pleinement.

* Les deux premières trilogies sont réunies dans un beau coffret de 9 blue ray, avec des tas de bonus : des interviews, des making of d’époque ou récents, plein de documentaires… Plus de 40 heures de bonus, promet le packaging.

La saga Star Wars

La Vie est belle (It’s a wonderful life) – de Frank Capra – 1946

Posté : 6 février, 2017 @ 8:00 dans 1940-1949, BOND Ward, CAPRA Frank, FANTASTIQUE/SF, STEWART James | Pas de commentaires »

La vie est belle

Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? La Vie est belle est une merveille, un film euphorisant, un pur bonheur de cinéma, l’un de ces chefs d’œuvre qui rendent immensément heureux, et qui vous réconcilient avec l’humanité. Bref, j’aime La Vie est belle, le film a changé ma vie de cinéphile, ma vie tout court.

Classique indémodable, diffusé chaque Noël à la télévision américaine (comme quoi ils n’ont pas si mauvais goût, les Ricains), sommet de la filmograpghie de Capra (qui ne s’en remettra jamais tout à fait), le film n’a rien perdu de son universalité. L’histoire ? Celle de George Bailey, jeune homme qui rêve de grands voyages mais se retrouve coincé dans la petite ville de Bedford Falls où il étouffe, mais où il doit perpétuer l’oeuvre de son père, bienfaiteur qui s’opposait au cynisme inhumain d’un tout puissant banquier.

La grande idée du film, celle dont on parle systématiquement, ne représente qu’une petite partie du métrage : au bout du rouleau, sur le point d’être enfermé pour avoir perdu l’argent des habitants, Bailey s’apprêt à se suicider. C’est là qu’un ange apparaît et lui montre à quoi ressemblerait le monde s’il n’existait pas…

Une idée géniale, qui ne suffit pas à dire la richesse de ce film, superbe de la première à la dernière image. Il y a d’abord la prestation de James Stewart, exceptionnelle, pleine de nuances et d’une intensité rare. Il faut voir son regard lorsque, sur le quai de la gare, il comprend que son frère ne reprendra pas l’entreprise familiale, et qu’il est condamné une fois encore à renfoncer à ses projets. Il faut le voir aussi se liquéfier d’amour (on le comprend) pour Donna Reed alors qu’ils se partagent un combiné de téléphone.

Donna Reed… C’est rien de dire que c’est le rôle de sa vie. Sa bienveillance naturelle, son sourire immense, peut-être le plus beau de l’histoire du cinéma, illuminent constamment le film de leur discrète présence. Lionel Barrymore en méchant très scroogien, Thomas Mitchell en oncle maladroit, Ward Bond en policier au grand cœur, Henry Travers en ange irrésistible, et même Gloria Grahame dans l’un de ces rôles qui lui vont si bien (une mauvaise fille au grand cœur)… Tous sont formidables.

On pourrait reprocher la naïveté du propos, voire la morale de l’histoire… On aurait tort : La Vie est belle est une merveille d’émotion pure, et un film qui réhabilite joyeusement la bienveillance et les plaisirs simples. Un film indispensable que, comme les Américains, on devrait tous voir au moins une fois par an.

Rogue One : A Star Wars Story (id.) – de Gareth Edwards – 2016

Posté : 5 février, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, EDWARDS Gareth, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Rogue One

Disney l’a annoncé (pas en ces termes, certes) en rachetant les droits à George Lucas : le studio compte bien user jusqu’à la corde l’univers de Star Wars, et en faire une espèce d’univers augmenté et décliné à l’envi sur le modèle des super-héros Marvel ou DC Comics. Bref, autant dire qu’on attendait avec un peu de circonspection ce premier film « indépendant », entre deux épisodes de la nouvelle trilogie officielle.

« Indépendant », mais pas tant que ça. A ce titre, le film n’a pas droit à un numéro officiel, mais il s’inscrit bien dans une temporalité précise, c’est à dire juste avant le tout premier film (autrement dit l’épisode 4). Ce Star Wars originel commençait juste après que les rebelles avaient dérobé à l’Empire les plans de la redoutable Etoile de la Mort, lors d’une mission suicide dont on ne voyait rien.

C’est cette mission suicide qui est au cœur de Rogue One. Et la surprise est belle : le film, confié à un p’tit jeune au talent déjà bien affirmé dans le domaine du gros blockbuster (le dernier Godzilla, c’est lui), est une vraie réussite, qui réussit l’exploit d’être passionnant indépendamment de toute la mythologie, tout en multipliant les clins d’œil aux films originels et en respectant parfaitement la place qui est la sienne : une sorte de prologue à l’épisode 4.

C’est à ce respect absolu que l’on doit une partie du plaisir que l’on prend devant Rogue One : en croisant des silhouettes vaguement connues (la sale gueule que dévisage Luke avant de rencontrer Han Solo), en revoyant les Storm Troopers, et surtout en entendant les quelques notes d’un thème inoubliable, qui annonce l’apparition très attendue de Dark Vador, à qui James Earl Jones prête une nouvelle voix sa voix caverneuse, une première pour lui depuis 1983.

Mais c’est aussi de là que viennent les principales réserves. Deux réserves pour être précis : l’extrême noirceur de la fin du film, induite par la notion de « mission suicide » ; et surtout le choix, pour mieux coller avec la suite de 1977, de faire revenir des morts. Passons sur l’apparition d’une Carrie Fisher toute jeune, reconstituée numériquement avec l’accord (mais sans sa participation) de l’actrice bien vivante alors, encore qu’on se demande si la magie du cinéma n’offrait pas d’autres possibilités d’évoquer la présence de Leia…

Mais j’avoue être beaucoup plus gêné par le rôle important joué par Peter Cushing qui, rappelons le, est bel et bien mort depuis plus de vingt ans. La question que cette présence pose est moins technique (bluffante, cette apparition a tout de même quelque chose d’irréel) qu’éthique. Et on se dit que seul le désintérêt du public empêche désormais les studios de produire un nouveau film avec Bogart ou Garbo…

Cette (grande) réserve mise à part, Rogue One apporte un plaisir fou. Brillamment réalisé, le film joue à la fois la carte du grand spectacle, celle de la nostalgie, et celle de la tragédie classique, à laquelle il emprunte sa construction et la richesse de ses personnages. S’il est aussi réjouissant, c’est bien grâce à ces personnages, qui renouvellent les thèmes de la paternité et du sacrifice, centraux dans la saga. Dans le rôle principal, Felicity Jones est formidable, parfait mélange de féminité et d’héroïsme. Le film doit beaucoup à son charme vénéneux.

La saga Star Wars

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