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Archive pour la catégorie 'FANTASTIQUE/SF'

Blade Runner 2049 (id.) – de Denid Villeneuve – 2017

Posté : 7 avril, 2018 @ 8:00 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, FORD Harrison, VILLENEUVE Denis | 2 commentaires »

Blade Runner 2049

S’il y a une suite qu’on n’attendait pas, c’est bien celle-ci. Trente-cinq ans après le classique de Ridley Scott (c’était l’époque où le cinéaste était un grand inventeur de formes, remember ?), Dennis Villeneuve s’attaque à ce monument de la science-fiction avec le soutien de Scott, certes, mais aussi avec l’assurance d’un talent bien affirmé depuis quelques films.

Bref, Villeneuve y va sans complexe. Son Blade runner 2049, dont l’intrigue se déroule trente ans après le premier film, est bel et bien une suite : l’ancien traqueur de répliquants Rick Deckard (Harrison Ford) est d’ailleurs toujours de la partie, on a droit à une courte (et dispensable) apparition de Gaff (Edward James Olmos), et les références au film original sont omniprésents.

Mais Villeneuve signe un film qui est avant tout le sien. Ridley Scott, d’ailleurs, n’a pas été tendre avec lui, regrettant la longueur du métrage et les lenteurs de l’intrigue. C’est pourtant dans ces « lenteurs » que repose une grande partie du charme du film, dans cette manière de transformer un blockbuster en une quête métaphysique dont le moment le plus spectaculaire est une bagarre à mains nus dans l’eau…

On caricature à peine : comme l’errance nocturne de Deckard autrefois, celle du répliquant-tueur de répliquants Ryan Gosling a tout de la dérive désabusée. C’est lui désormais le personnage central : Deckard, disparu depuis longtemps, est devenu une sorte de mythe que l’on ne retrouvera, dans un drôle d’état et dans une drôle de retraite, que tardivement.

Ce changement de perspective est particulièrement réussi, et permet de creuser une idée déjà bien présente dans le premier film : et si c’était dans les Répliquants, cette création de l’homme, que se trouvait désormais la plus grande part d’humanité ? Les interrogations de L (Gosling) renvoient ainsi à celles de Rutger Hauer, et son histoire d’amour avec son hologramme fait joliment écho à celle de Deckard avec Rachel, centrale ici encore.

Cette histoire d’amour sans contact possible est peut-être la plus belle idée du film, celle qui donne les moments les plus émouvants, les plus humains, et les plus désespérés.

Visuellement, le film est aussi une grande réussite, qui réussit à la fois à être cohérent avec son modèle tout en s’en détachant constamment. Ce Blade Runner 2049 est plus lumineux, et joue d’avantage sur les contrastes d’atmosphères, passant d’une lumière grise et morne à une pénombre jaune du plus bel effet.

Villeneuve multiplie aussi les références au premier film, comme des motifs réminiscents : les répliquants qui passent à travers les murs, les petits animaux en bois qui évoquent les origamis, ou le contact si vivant avec les éléments (que ce soit la pluie ou la neige). Des plans, des cadrages, quelques clins d’œil… Villeneuve accepte la filiation, tout en affirmant sa singularité.

Quant à la fin, elle laisse un rien dubitative. Comme le personnage de Deckard, d’ailleurs. Et là, plusieurs jours après avoir vu le film, et aussi passionnant soit-il, aussi enthousiasmant aussi, une question me taraude encore : cette suite était-elle nécessaire ? Ne risque-t-elle pas d’égratigner la perception que l’on a du chef d’œuvre originelle ? Ou encore, va-t-elle en renforcer encore l’impact ? Il faudra peut-être laisser le temps répondre à ces questions…

Le Retour de la créature (Revenge of the creature) – de Jack Arnold – 1955

Posté : 30 mars, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, ARNOLD Jack, EASTWOOD Clint (acteur), FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Le Retour de la créature 1

Voilà une suite (de L’Etrange créature du lac noir) qui serait pas loin d’être inutile si la scène la plus inutile ne l’avait pas fait entrée dans l’histoire : une scène rigolote ou ridicule, au choix, dans laquelle un jeune laborantin, l’air gentiment niais, soupçonne un chat d’avoir boulotté une souris, avant de retrouver cette dernière dans sa poche. Ce jeune homme très propre sur lui, qui disparaît aussi vite qu’il était apparu (30 secondes, pas plus), c’est Clint Eastwood, pas encore 25 ans, dans sa toute première apparition à l’écran.

Jack Arnold (qui le dirigera de nouveau quelques mois plus tard et guère plus longtemps dans Tarantula) ne croyait d’ailleurs pas à cette scène, qu’il ne voulait même pas tourner : c’est le producteur William Alland, également auteur de l’histoire, qui a insisté pour faire travailler le jeune acteur, alors sous contrat depuis six mois à la Universal. A quoi ça tient, une carrière…

A quoi ça tient aussi la pérennité d’un film. Parce qu’au-delà de cette apparition anecdotique, cette suite n’a pas grand intérêt. L’idée de base n’est pourtant pas mauvaise : en capturant la créature du premier film et en l’amenant en Amérique, la parenté avec le King Kong de 1933, déjà flagrante dans L’Etrange créature du lac noir, est cette fois complète.

Le Retour de la créature 2

Mais Jack Arnold se montre cette fois nettement moins inspiré. Il y a bien quelques éclats : le bref plan de la créature entraînant un oiseau sous l’eau, ou encore le massacre particulièrement brutal de deux jeunes hommes. Mais trop rares pour que le sentiment de vacuité ne s’impose rapidement. Surtout que John Agar est décidément un acteur pénible et sans charisme, qui fait immédiatement regretter le Richard Carlson du premier film, qui n’avait pourtant pas laissé un souvenir impérissable.

Arnold ne sait pas vraiment quoi faire de son sujet, et échoue cette fois à faire vraiment peur. Il a d’ailleurs tellement conscience de tourner en rond, qu’après avoir intégré d’interminables numéros de dauphins dressés, il finit par nous refaire le coup de la nageuse qui n’a pas conscience du danger qui la guette, mettant cette fois non pas un, mais deux personnages en scène.

Le film est aussi mal aimable parce que ses personnages sont des stéréotypes de la maltraitance animale. A tel point qu’on n’est pas loin de prendre fait et cause pour la créature. On n’est en tout cas pas mécontent de la voir se rebeller, semer la terreur et prendre le large. Le film s’emballe alors. Un tout petit peu, et tardivement.

L’Etrange créature du lac noir (Creature from the black lagoon) – de Jack Arnold – 1954

Posté : 29 mars, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, ARNOLD Jack, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

L'Etrange créature du lac noir

Petit classique de la série B fantastique, genre auquel Jack Arnold a donné ses lettres de noblesse dans les années 50, comme John Carpenter le fera deux ou trois décennies plus tard. Toutes proportions gardées (ne serait-ce que pour le manque de moyens), Creature from the black lagoon se situe à mi-chemin entre King Kong et Les Dents de la mer. Au moins chronologiquement.

Dans sa construction, le film s’inspire clairement du classique de Shoedsack/Cooper. Dans le rythme, aussi, impeccable et implacable, et dans ce décor exotique qui participe pleinement à l’angoisse qui finit par devenir étouffant. On ricane bien un peu dans la première partie: autant le singe géant, animé image par image, avait de la gueule en 1933, autant ce comédien en costume de latex qui agite sa main de monstre derrière les comédiens a un côté kitsch franchement rigolo.

Mais voilà, Arnold est un excellent réalisateur. Et sa manière d’utiliser les séquences sous-marines et de jouer avec le danger invisible que les personnages ne soupçonnent pas encore est absolument formidable. C’est là que se trouve la paternité évidente avec le chef d’œuvre de Spielberg, qui a sans doute vu le film des dizaines de fois avant de tourner le sien.

La scène où les scientifiques tentent de lever un filet dans lequel le monstre s’est retrouvé coincé a été reprise quasiment telle quelle par Spielberg pour Jaws. Et il y a, évidemment, ce long passage où la jeune héroïne nage dans le lagon, ignorant le monstre qui se trouve juste sous elle. Étirée à l’envi, cette séquence traumatisante n’a rien perdu de sa force horrifique, et a elle aussi été reprise par Spielberg.

L’intrigue est, elle, hautement improbable. Et qu’importe qu’on croit ou non à cette histoire de main de monstre découverte dans la roche du fin fond de l’Amazonie. Seul compte le plaisir de se faire peur, d’écouter les cris perçants de Julia Adams (scream queen dans la lignée de Fay Wray), ou de s’émouvoir pour ce monstre étrangement humain qui, comme Kong, ne demandait rien à personne.

Au-delà de demain (Beyond tomorrow) – de A. Edward Sutherland – 1940

Posté : 24 mars, 2018 @ 8:00 dans 1940-1949, FANTASTIQUE/SF, SUTHERLAND A. Edward | Pas de commentaires »

Au-delà de demain

Trois hommes d’affaires âgés et une vieille aristocrate russe exilée vivent ensemble dans un grand appartement new-yorkais, où ils oublient ensemble, chacun à leur manière, les pertes et les épreuves du passé. Le soir de Noël, désœuvrés, les trois compères attirent chez eux des inconnus : une jeune femme et un jeune homme qui vont s’aimer instantanément, et devenir leurs protégés. Jusqu’à un accident d’avion qui fait d’eux des fantômes…

Jolie surprise que ce Beyond tomorrow, qui comment comme un film de Noël à la Capra, où tout n’est que bonté et bienveillance. Joyeux et enlevé, le film doit beaucoup à la complicité charmante du trio de vieux, joués par Charles Winninger, C. Aubrey Smith et un Harry Carey grognon comme jamais. Le regard qu’ils portent, au seuil de la mort, sur ce jeune couple qui se forme devant leurs yeux, est assez beau.

Autre beaux regards : ceux que s’échangent les jeunes amoureux le soir de leur rencontre. Même si Jean Parker et Richard Carlson n’ont pas le charisme de leurs aînés, leur relative fadeur s’oublie totalement dans cette très belle scène, à l’émotion grisante. Simple et sans la moindre arrière-pensée : lorsqu’il est sur ce registre, le film est beau.

La dernière demi-heure, hélas, n’est pas à la hauteur. Les premiers pas de nos trois compères en fantômes sont plutôt convaincants, et assez émouvants eux aussi. Mais le film s’engouffre bientôt dans un mélange de préchi-précha pseudo-religieux et de bons sentiments incroyablement univoques.

En gros, pour gagner le paradis, mieux vaut être un éleveur de chevaux dans les grandes plaines qu’une artiste à Broadway. D’ailleurs, celle qui éloigne notre héros du droit chemin (sans non plus atteindre des sommets de mesquinerie) n’a même pas d’âme à défendre, apprendra-t-on. Les personnages sont certes attachants, mais la conclusion, ainsi que l’imagerie de l’au-delà, laissent dubitatifs.

Cela dit, je persiste : à condition d’arrêter le film après ses 45 premières minutes, Beyond Tomorrow est un beau conte de Noël.

Mary Poppins (id.) – de Robert Stevenson (et Walt Disney) – 1964

Posté : 19 mars, 2018 @ 8:00 dans 1960-1969, DESSINS ANIMÉS, DISNEY Walt, FANTASTIQUE/SF, STEVENSON Robert | Pas de commentaires »

Mary Poppins

Un peu à reculons, que j’ai abordé ce classique made in Disney, pas vu depuis ma prime jeunesse, avant tout pour le faire découvrir à mes enfants. Mais sans grand enthousiasme de ma part. Eh bien me voilà cueilli, séduit, emballé, transporté même par cette fantaisie au cœur gros comme ça, au rythme absolument parfait, et à l’humour constamment teinté d’une tendre poésie.

Ben oui, il a beau être à la tête d’un véritable empire (s’il savait ce que c’était devenu, le pauvre !), partager son temps entre la télévision, les parcs d’attraction et accessoirement le cinéma, il a encore le feeling, tonton Walt. Deux ans avant sa disparition, ce film qu’il a supervisé est même, clairement, l’un de ses chefs d’oeuvre, une merveille qui vous rebooste et vous colle un sourire immense aux lèvres.

Comme son personnage principal, nounou qui attend sur son nuage qu’une famille ait besoin d’elle pour résoudre les problèmes, il y a quelque chose de magique dans ce film. De Robert Stevenson, réalisateur par ailleurs pas franchement enthousiasmant, on pouvait difficilement attendre un film aussi fluide, aussi inspiré, aussi maîtrisé dans la légèreté comme dans la gravité, dans le drame comme dans la comédie musicale.

Il y a évidemment les chansons, toutes merveilleuses : pas la moindre note en-deçà tout au long des 135 minutes de film, qui passent comme un enchantement. Les « tubes » bien sûr, mais pas seulement. Rien à retirer, rien à changer dans les chansons des frères Sherman.

La plongée magique dans les dessins de Bert (Dick Van Dyke), qui donnent lieu à une longue séquence mêlant animation et prises de vue réelles, est d’une formidable inventivité. Mais le film recèle bien d’autres grands moments : l’arrivée de Mary Poppins (Julie Andrews, irrésistible dans le rôle de sa vie) est hilarante ; le ballet des ramoneurs sur les toits de Londres est superbe ; et on pourrait continuer la liste longtemps comme ça.

Bref… A l’époque, Disney était déjà le nom d’un empire. Mais il y avait encore un enchanteur à sa tête.

Hook ou la revanche du capitaine Crochet (Hook) – de Steven Spielberg – 1991

Posté : 12 février, 2018 @ 8:00 dans 1990-1999, FANTASTIQUE/SF, SPIELBERG Steven | Pas de commentaires »

Hook

Hook marque une date importante pour Spielberg. A 45 ans, l’ancien golden boy referme ici toute une partie de sa carrière, où l’enfance tient une place prépondérante. Dire qu’il devient adulte en 1991 serait sans doute abusif : Spielberg a alors déjà signé des films qui témoignent de sa maturité, comme La Couleur pourpre. Mais c’est une période particulièrement riche et passionnante qui s’ouvre pour lui. Les deux films qui suivront lui vaudront ainsi son plus grand triomphe public (Jurassic Park) et sa plus grande reconnaissance critique (La Liste de Schindler).

Quant à Hook, il reste plus de vingt-cinq ans après un film mal aimé et sans doute mésestimé, qui mériterait d’être réévalué. Le film n’est certes pas un chef d’œuvre : Neverland a un aspect franchement kitsch, et on sent que Spielberg n’est plus tout à fait en phase avec ses « enfants maudits », dont il fait une sorte de version new age des Goonies (film qu’il avait produit) sans trop y croire. Mais dans l’affrontement entre ce Peter Pan qui a rompu avec son enfance, et son ennemi de toujours le capitaine Crochet, c’est toute la difficulté de devenir adulte qui semble résumée.

Le film est quand même basé sur une idée assez formidable : Peter Pan a décidé de quitter Neverland et de vieillir parce qu’il est tombé amoureux de la petite-fille de Wendy, son amour d’autrefois étant devenue une vieille dame. Devenu père à son tour, il a tout oublié de son passé, pour devenir la caricature de l’homme d’affaire qui n’a rien gardé de son esprit d’enfant. Hook respecte en cela parfaitement les thèmes abordés par J.M. Barrie dans son roman, qu’il prolonge même assez habilement.

Il y a certes une grande limite : en faisant de Peter un homme d’affaire à la fortune visiblement conséquente, le film simplifie et caricature le thème de la responsabilité paternelle, en évacuant toute notion financière. Mais Robin Williams fait un Peter très convaincant, et Dustin Hoffman est particulièrement réjouissant en Crochet dont la superbe dissimule mal l’aspect pathétique. Le duo qu’il forme avec Mouche (Bob Hoskins) est assez irrésistible.

Pas que du bon, donc, dans ce Hook qui occupe pourtant une place centrale dans la filmographie de Spielberg, et qui ne vaut pas le mépris amusé qu’on lui réserve le plus souvent.

Les Derniers Jedi / Star Wars, épisode VIII (Star Wars : Episode VIII – The Last Jedi) – de Rian Johnson – 2017

Posté : 7 février, 2018 @ 8:00 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, JOHNSON Rian | 2 commentaires »

Star Wars Les Derniers Jedi

On a beau avoir été déçu par l’épisode 7, bouffé par l’ambition mercantile de Disney et par l’incapacité de JJ Abrams de réinventer quoi que ce soit, il faut reconnaître que les premiers mots qui apparaissent (« il y a bien longtemps… »), les premières notes de l’incontournable partition de John Williams, et ce texte défilant qui replace le contexte… tout ça colle encore un petit frisson d’enthousiasme qui fait oublier en quelques secondes tous les doutes et les appréhensions, pour ne plus espérer que le meilleur.

Alors ? Eh bien le frisson est bien là. L’émotion, le rythme, l’inventivité dans les moments de bravoure… Rian Johnson s’impose dans la droite lignée de George Lucas première époque, renouant notamment avec l’extrême simplicité de la première trilogie. Grosso modo, l’histoire se résume en quelques mots : la rébellion est acculée et cherche à s’enfuir, tandis que la jeune Rey tente de convaincre Luke Skywalker de reprendre le sabre laser. Point.

Si on garde un souvenir si amer de l’épisode 7, c’est en partie parce que Abrams se vautrait lamentablement lors de la scène-clé : l’affrontement de Kylo Ren avec son père Han Solo. Il y a dans l’épisode 8 une scène très semblable et également centrale, qui confronte le petit-fils de Dark Vador à ses doutes, cette fois face à Rey. Eh bien cette scène, cette fois, tient toutes ses promesses. Rian Johnson y dévoile un lyrisme et un sens du tragique qui manquaient cruellement à Abrams.

Le film est à l’image de cette séquence. Il rattrape en quelque sorte l’échec du précédent, en renouant avec l’essence-même de la saga intergalactique, en en respectant l’histoire, sans pour autant en être prisonniers. Bref, à trouver le bon équilibre entre anciens et nouveaux, entre personnages mythiques et nouvelle génération. Johnson maîtrise parfaitement sa grammaire lucassienne. Son film enchaîne les morceaux de bravoure, sans temps mort (ou presque), et en creusant constamment le sillon du bien contre le mal, et de la perception qu’on en a.

On a beau toujours craindre le pire d’une saga qu’on nous promet sans fin (un film solo sur Solo dont la production chaotique laisse perplexe, l’annonce d’une nouvelle trilogie…), cet épisode 8 fait partie, comme le récent Rogue One, des franches réussites de la série.

La saga Star Wars

La Planète des singes : l’Affrontement (Dawn of the Planet of the Apes) – de Matt Reeves – 2014

Posté : 27 janvier, 2018 @ 8:00 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, REEVES Matt | Pas de commentaires »

La Planète des singes l'affrontement

OK, l’effet de surprise est un peu émoussé, et il y avait quelque chose de fascinant à découvrir ces petits signes annonciateurs de l’immense catastrophe à venir, tels que le premier film nous les montrait. N’empêche, cet Affrontement confirme l’ambition et l’intelligence de cette saga prequel, dont les spectaculaires effets spéciaux, encore plus présents ici, n’étouffent jamais l’humanité des personnages. Y compris des singes.

Entre le très évocateur générique de fin du premier film et le début de cette suite, dix ans se sont écoulés. Une sacrée ellipse dont on ne retient que l’essentiel : l’immense majorité des humains a été décimée par ce virus qui a décuplé l’intelligence des singes, et les derniers survivants connus vivent reclus dans San Francisco transformée en citadelle, tandis que les singes tentent de construire une société pacifique sous l’influence de César, le singe élevé par des hommes.

Le film place en parallèle ces deux sociétés en déclin ou en plein essor, qui réalisent que ce ne sont pas leurs différences qui les conduisent sur le chemin de la violence et de la mort, mais au contraire leurs ressemblances, cette même incapacité à comprendre l’autre. Un pur blockbuster qui s’autorise une vraie réflexion sur la société et la condition humaine, ce n’est pas si courant.

Le personnage de César (toujours interprété par Andy Serkis, le roi de la motion capture) est toujours d’une belle complexité, et le film soigne aussi ses personnages humains, dont un Gary Oldman parfait en leader plein de doutes aveuglé par la nécessité de tenir son rang. Très spectaculaire, L’Affrontement est aussi un film hanté par la mort et le poids du passé. Une nouvelle réussite.

* Voir aussi La Planète des Singes : les origines et La Planète des Singes : supprématie.

La Planète des singes : les origines (Rise of the Planet of the Apes) – de Rupert Wyatt – 2011

Posté : 25 janvier, 2018 @ 8:00 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, WYATT Rupert | Pas de commentaires »

La Planète des Singes les origines

Comment une idée qui semblait toute foireuse a abouti à l’un des blockbusters les plus stimulants de ces dernières années. Non, parce que je ne veux pas spoiler la trilogie, dont je viens tout juste de découvrir le premier volet, mais on sait parfaitement comment tout ça va finir : la domination de singes intelligents et dotés de la parole, la quasi-extinction de la civilisation humaine… Cette histoire fait partie des classiques de la SF depuis 50 ans, depuis la fameuse adaptation du roman de Pierre Boulle avec Charlton Heston.

En pleine vogue de remakes-reboots-suites-prequels-adaptations, ces grosses machines souvent dépourvues d’idées et d’âme, franchement, on s’attendait au pire. Mais à la place, on a un film intelligent, juste et audacieux. Et qu’est-ce que vous voulez… Une grosse production annoncée comme le lancement d’une franchise qui ose prendre le temps, et qui ne livre sa première (et unique) séquence d’action qu’au bout d’une bonne heure de film, ça mérite le respect.

On sait où on va, donc (le film fait directement référence à La Planète des Singes version 1968 à travers deux courtes séquences évoquant la première mission habitée vers Mars), mais la manière d’y arriver est édifiante. Le singe par qui tout commence, c’est César, chimpanzé né en captivité d’une cobaye de grand laboratoire, et recueilli par le scientifique qui testait sur sa mère un médicament censé guérir d’Alzheimer. Et il marche, d’ailleurs, boostant le cerveau de ceux à qui il est inoculé, à commencer par les singes. Ce point de départ crée une relation passionnante parce que forcément biaisée entre le singe et son « papa » humain, joué par James Franco.

Biaisée, parce que même si les sentiments sont sincères, si James aime profondément ce singe qu’il a élevé comme son fils, il n’empêche qu’il le promène avec un collier autour du cou, et à l’occasion une laisse. Et ça, oui, ça crée une relation de domination qui finit par poser problème, et qui réserve quelques beaux moments très émouvants.

Le sujet est casse-gueule quand même, ne serait-ce que parce que c’est César qui est au cœur de l’histoire, et pas son « père ». Et donner le rôle principal à un animal, si intelligent soit-il, ça peut vite tourner au grand guignol. Mais le scénario est malin, la mise en scène est fine et efficace, et César est interprété (en motion capture) par Andy Serkis, acteur incontournable de la technique, capable de donner une âme à Gollum comme au Capitaine Haddock.

Les effets spéciaux enterrent littéralement ceux du film originel de 1968. Mais pour une fois ils n’étouffent pas tout. Omniprésents, ils sont toujours au service de l’histoire, ce qui peut paraître une banalité, mais qui ressemble de plus en plus à une exception. D’ailleurs, les références du film sont plutôt à chercher vers le cinéma classique que vers les grosses machines récentes : les scènes de captivité des singes sont tournées comme les grands films de prison, et la référence ultime reste Spartacus bien sûr.

Ce premier film donne en tout cas furieusement envie de voir la suite, dont on sait qu’elle ne sera pas lumineuse : le glaçant générique final, avec ses lignes lumineuses qui éclatent sur la carte du monde, annonce la propagation du virus. Pas sûr qu’on retrouve les humains comme on les avait laissés…

* Voir aussi La Planète des Singes : l’affrontement et La Planète des Singes : supprématie.

La Malédiction des hommes-chats (The Curse of the Cat People) – de Robert Wise et Gunther von Fritsch – 1944

Posté : 9 janvier, 2018 @ 8:00 dans 1940-1949, FANTASTIQUE/SF, VON FRITSCH Gunther, WISE Robert | Pas de commentaires »

La Malediction des hommes-chats

La Féline avait été un film très rentable pour la RKO. En bon producteur, Val Lewton a donc l’idée d’en proposer une suite. Et qu’importe si le personnage de Simone Simon est mort à la fin du film, on va bien trouver un moyen de la faire revenir… Et puis il y a quelques autres personnages qui, eux, sont toujours bien vivants.

Cette Malédiction… a tout de la vraie mauvaise idée, mais le résultat est assez étonnant. D’abord, la peur n’est ici qu’un faux-semblant. Seules quelques plans ébauchent un début de suspense rapidement désamorcé : sans doute fallait-il une poignée d’images qui puissent permettre de boucler une bande annonce promettant de grands moments de trouille.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a tromperie sur la marchandise. The Curse… n’est pas un film sur la peur, si ce n’est la peur d’être seul. C’est un film sur l’enfance qui se cherche, sur la relation entre une enfant trop seule et son amie invisible. Et devinez qui est cette amie invisible !! Eh oui, Simone Simon, alias Irena, revenue des morts grâce à une bague magique, et surtout grâce à l’imagination de la fillette.

Deuxième tromperie sur la marchandise : annoncée en tête d’affiche, Simone Simon n’apparaît qu’à la mi-film, pour disparaître un petit quart d’heure plus tard. Entre-temps, on aura eu droit à une ébauche de maison-fantôme, à l’ébauche d’une femme vengeresse (incarnée par Elizabeth Russell, la fascinante « femme panthère » dans La Féline), à l’ébauche d’une fuite pleine de danger à travers les bois.

Il y a quelques pistes plutôt excitantes qui auraient pu faire de ce film une belle oeuvre sur l’enfance dans la lignée de La Nuit du Chasseur ou de Moonfleet : cette vision un peu triste d’une enfant qui se raccroche aux contes que son père lui racontait, la présence en filigrane de l’inquiétante légende de Sleepy Hollow… Mais outre les rapports père-fille très discutables d’un point de vue éducationnel, le film a le grand tort d’être la suite de La Féline, avec lequel il n’a décidément pas grand-chose en commun.

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