Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour la catégorie 'FANTASTIQUE/SF'

King Dinosaure (id.) – de Bert I. Gordon – 1955

Posté : 16 février, 2012 @ 5:18 dans 1950-1959, FANTASTIQUE/SF, GORDON Bert I. | Pas de commentaires »

King Dinosaure

Soixante minutes montre en main. C’est la durée de ce long métrage qui aurait gagné à être encore réduit d’un bon quart… Les dix premières minutes, en tout cas, ne sont qu’un interminable montage de stock shots et d’une insupportable voix off qui explique, en substance, qu’une nouvelle planète est arrivée dans notre système solaire et qu’une expédition est envoyée pour l’explorer (voyez : ça tenait en une ligne l’explication, pas besoin de dix minutes !). Une introduction qui n’en finit pas, uniquement entrecoupée de quatre plans sans intérêt présentant les quatre membres de l’expédition (les quatre uniques acteurs du film), et qui donne l’impression que jamais le film ne commencera réellement.

Mais finalement, après avoir eu le temps de vider deux fois ma vessie (il faut bien quelques litres de bière pour tenir le coup), le « vrai » film commence. Et quel film ! Les premières images montrent la fusée qui a atterri sur la planète mystérieuse. Non… En fait, les premières images montrent une échelle descendant d’on ne sait où, au milieu d’une étendue d’herbes qui pourrait se situer au cœur du Vimeu Vert (c’est en Picardie, bande d’ignares).

Le réalisateur fait avec les moyens du bord, autant dire qu’il fait avec strictement rien : comme les combinaisons des astronautes ont sans doute été louées pour une heure, les personnages les enlèvent au bout de deux minutes. Comme le budget ne permet pas d’engager un décorateur, on filme une nature visiblement périurbaine et qui n’est sauvage que parce qu’on a récupéré des images de crocodiles et de serpents à insérer « habilement » dans le montage. Et comme les acteurs ne sont pas vraiment acteurs, ils jouent mal.

Ah j’allais oublier : pas d’argent non plus pour un scénariste, alors il n’y a pas vraiment d’histoire, encore moins de psychologie derrière ces quatre personnages censés être des scientifiques mais qui passent beaucoup de temps à folâtrer…

Mais comme on est en pleine vague du film de dinosaures, et que le film s’appelle King Dinosaure, alors les explorateurs tombent sur d’immenses bêtes préhistoriques. On n’a évidemment pas vraiment peur, mais reconnaissons tout de même qu’il y a quelques transparences plutôt réussies. C’est déjà ça.

Et comme ça ne dure qu’une heure, ça nous laisse le temps pour une nouvelle bière…

La Femme sur la lune (Frau im Mond) – de Fritz Lang – 1929

Posté : 11 février, 2012 @ 5:17 dans 1920-1929, FANTASTIQUE/SF, FILMS MUETS, LANG Fritz | Pas de commentaires »

La Femme sur la lune

Le succès des Espions a réconcilié Fritz Lang avec la UFA, qui lui ouvre de nouveau tout grand les portes de son coffre-fort, pour ce qui sera le dernier film muet du cinéaste, alors que le cinéma parlant s’est déjà quasiment généralisé : La Femme sur la Lune sera l’un des chants du cygne d’un art qui touchait au sublime à la fin des années 20. Toujours écrit par la fidèle Thea Von Harbou, qui a d’ailleurs écrit un roman avant d’en tirer un scénario, le film peut être vu comme une synthèse de toute l’œuvre muette de Lang : on y retrouve bien sûr sa fascination pour les nouvelles technologies (déjà vu dans Metropolis, mais aussi dans Les Espions), ainsi que son penchant pour le grand feuilleton populaire.

Toute la première partie du film, en particulier, évoque l’atmosphère de Mabuse ou des Espions, avec un complot à dimension mondiale, un méchant adepte du déguisement, et surtout une accumulation effrénée de rebondissements qui fleure bon l’esprit « serial » cher à Lang. Et avec le génie visuel inégalable du cinéaste : les gros plans, les contre-plongées, les jeux d’ombre, on est ici dans le sommet du cinéma allemand, à mi-chemin entre l’expresionnisme et le naturalisme. Espionnage, étude de caractère, drame amoureux… Lang n’exclut aucune piste pour faire de son dernier film muet une œuvre profondément populaire. Ce qui, évidemment, n’a rien de négatif, même si, à l’évidence, Lang se fait un devoir d’honneur de consolider son statut de cinéaste numéro un. Il reprend d’ailleurs le couple vedette de son précédent film : la star Willy Fritsch et la blonde Gerda Maurus, qu’il avait révélée dans Les Espions.

Film fascinant par la beauté de ses images, par le rythme que Lang insuffle, et par la force de son scénario, La Femme sur la lune est aussi un témoignage précieux de l’état des connaissances scientifiques à la fin des années 20. Comme Jules Verne pour son diptyque (les romans De la Terre à la Lune et Autour de la Lune, soixante ans plus tôt), et comme Hergé pour Objectif Lune et On a marché sur la Lune (vingt-cinq ans plus tard), Lang s’est entouré des plus grands spécialistes de l’époque pour coller le plus fidèlement possible à la réalité de la conquête spatiale, telle qu’on l’imaginait quarante ans avant le premier pas de l’homme sur la Lune.

Le résultat est fascinant : grâce à un budget conséquent, Lang construit une fusée qui n’est pas sans évoquer celle à bord de laquelle Tintin et ses amis prendront part un quart de siècle plus tard. D’ailleurs, la ressemblance ne s’arrête pas là : que ce soit dans le mélange de science fiction et d’espionnage, dans les préparatifs du voyage, dans la découverte de la Lune, ou dans les multiples rebondissements qui émaillent le récit, on sent clairement que Hergé a vu et revu La Femme sur la Lune, et s’en est énormément inspiré, jusqu’à en reprendre fidèlement quelques épisodes : le passager clandestin, la grotte lunaire, le groupe occulte représentant des intérêts internationaux… Le vieux scientifique a même un côté professeur Tournesol, et le gamin ressemble même étonnamment à Quick et Flupke, autre création d’Hergé.

Film méconnu de Lang, La Femme sur la Lune est pourtant un authentique chef d’œuvre qui n’a rien à envier à Metropolis, même si le propos semble moins ambitieux. C’est une splendeur qui associe avec un bonheur rare le film d’espionnage, le serial, la SF, le film d’aventure et la romance. Avec une conclusion culottée et cauchemardesque, qui donne une idée bien précise de ce qu’est un cinéaste immense, bien en avance sur son temps. Un cinéaste, qui plus est, qui passera sans la moindre difficulté au parlant, procédé contre lequel il s’est pourtant battu pour cette Femme sur la Lune, que les producteurs voulaient sonoriser au moins en partie…

Red Planet Mars (id.) – de Harry Horner – 1952

Posté : 11 février, 2012 @ 12:30 dans 1950-1959, FANTASTIQUE/SF, HORNER Harry | Pas de commentaires »

Red Planet Mars

Dans la grande vague des films « martiens » des années 50, celui-ci fait figure de curiosité : pas un Martien, pas une fusée, pas même une image de la planète rouge à l’horizon, à l’exception d’une paire de « photos ». C’est le parti pris original et plutôt audacieux (surtout pour une production aussi modeste que celle-là) du film, qui tente de mettre en scène les effets qu’aurait un contact interplanétaire sur notre société.

Et le résultat est édifiant. En quelques semaines, le couple de scientifique qui a établi le contact avec les Martiens révolutionne totalement les équilibres du monde. Etonnant, mais pas très vraisemblable, hélas. Malgré l’évidente bonne volonté, et l’ambition du propos, le film tourne au préci-précha religieux, et à l’éternelle valorisation du modèle américain… en opposition avec le système soviétique, évidemment, guerre froide oblige.

Le couple de scientifique en question est d’ailleurs un couple typique d’Américains bien sous tous rapports (l’homme est joué par Peter Graves, bien avant Mission : Impossible, qui s’apprêtait à jouer dans le Stalag 17 de Billy Wilder), qui vivent en famille dans une maison coquette, avec un enfant bien élevé. Cette même maison où ils font leur recherche : ben oui, c’est dans leur maison particulière, vaguement gardée (après le premier contact seulement) par quelques militaires détachés, qu’ils mènent les expériences les plus importantes de l’histoire de l’humanité. Pensez donc : l’un des messages révèle même que notre Dieu était sans doute un Martien, venu apporter la bonne parole il y a deux mille ans.

Pourquoi pas, d’ailleurs, on a déjà vu ça ailleurs. Mais on se demande bien comment la découverte d’une telle supercherie (Dieu n’est qu’un extraterrestre !) peut entraîner un tel regain de mysticisme. Comme on se demande comment les messages délivrés par les Martiens peuvent entraîner la chute de tous nos modèles (et des Soviétiques) : apprendre que les Martiens vivent dix fois plus vieux que nous ne remet pas foncièrement en cause notre modèle de retraite, si ?

Qu’importe : ce nanar réalisé par un cinéaste plus ambitieux que talentueux se regarde tout de même avec un certain plaisir. Malgré le jeu assez catastrophique des acteurs, et le scénario pour le moins approximatif (on n’évoquera pas la qualité des dialogues), Harry Horner mène son sujet efficacement. A condition de ne pas être trop exigeant…

Lost Continent (The Lost Continent) – de Sam Newfield – 1951

Posté : 8 février, 2012 @ 11:31 dans 1950-1959, FANTASTIQUE/SF, NEWFIELD Sam | Pas de commentaires »

Lost Continent

C’est un petit film fantastique bien sympathique qu’a réalisé là Sam Newfield. Spécialiste de la série Z, le réalisateur signe une production inhabituellement ambitieuse pour lui : on est ici dans la série C, voire même B, avec de grands décors (en carton pâte), des effets spéciaux, un crash d’avion, et même des dinosaures qui ne sont pas uniquement des iguanes filmés en gros plan. Bref, un vrai film d’aventure bien torché et mené sans le moindre temps mort.

Bien sûr, le film reste un nanar. Un nanar sympathique, mais un nanar quand même : le crash est filmé avec une maquette qui fait maquette, la montagne que les personnages doivent escalader fait carton pâte, et la forêt qu’ils traversent semblent sortir de Jardiland. Mais pour ceux que ces détails ne rebutent pas, il faut reconnaître à Newfield un vrai savoir-faire.

L’histoire n’est qu’un prétexte à enchaîner les situations les plus périlleuses : un missile s’est perdu sur une île mystérieuse, et une expédition constituée de militaires et de scientifiques est envoyée pour le retrouver. Ils y découvrent une terre hostile peuplée de dinosaures. Le film se contente d’éviter (adroitement) tous les temps morts, s’appuyant sur des personnages plutôt pas mal dessinés (pour des stéréotypes en tout cas).

Newfield a même le grand luxe de diriger César Romero, pas exactement la star du siècle, mais une vedette au charisme indiscutable, parfait en leader de l’expédition. Alors que la menace soviétique s’impose dans la conscience américaine, le film se permet même d’avoir un petit discours humaniste, avec un personnage de Russe dont tout le monde se méfie (y compris le spectateur) avant de dévoiler son véritable visage, beaucoup plus complexe et humain.

Pour autant, Lost Continent n’est pas un film qui se prend au sérieux. Sam Newfield filme simplement et efficacement une histoire pleine de rebondissements. En l’occurrence, on ne lui en demande pas plus.

Cowboys et envahisseurs (Cowboys and Aliens) – de Jon Favreau – 2011

Posté : 7 février, 2012 @ 7:25 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, FAVREAU Jon, FORD Harrison, WESTERNS | Pas de commentaires »

Cowboys et envahisseurs

Mais que ce film est fainéant… L’idée de départ, une invasion extraterrestre en plein Far West, était particulièrement excitante. Confier les rôles principaux à Daniel Craig et Harrison Ford faisait même saliver. Et la présence derrière la caméra de Jon Favreau, à qui on doit Iron Man et sa suite, laissait présager un blockbuster original, ambitieux et explosif.

A l’arrivée, il y a bien des explosions, beaucoup, et des grosses encore. Mais à part ça ? Des poncifs, des emprunts éhontés (le mélange des genres est l’occasion de puiser aussi bien du côté du western que du côté du film fantastique : de Impitoyable à Predator, toutes les références incontournables y passent), et une propension remarquable à foirer tous les débuts de pistes intéressantes.

Il y avait au moins un thème qui aurait pu sortir le film de la paresse dans laquelle il se complaît : la menace des « démons » oblige les ennemis d’hier (hommes de loi, riches propriétaires corrompus, hors-la-loi, petites gens, et même Indiens) à faire front commun. Un sujet en or ? Ben pas pour Jon Favreau, qui présente cette alliance impossible comme une évidence torchée en deux plans. Bon…

A vrai dire, il fait même bien pire, en invoquant un personnage féminin qui fait joli, certes (Olivia Wilde a des atouts, c’est sûr), mais qui bousille complètement le sujet même du film (vous n’avez qu’à le voir pour comprendre).

Qu’est-ce qu’on a, à part ça ? Une grosse production efficace, explosive, et anonyme, qui aurait mérité mille fois mieux.

Et les deux stars, dans tout ça ? Absolument irréprochables : Daniel Craig et Harrison Ford se contentent de faire ce pour quoi on les a embauchés, à défaut d’avoir un directeur d’acteur pour les guider. Ford s’en sort le mieux : son personnage de vieille teigne a beau ne pas être très crédible, l’acteur lui donne une vraie épaisseur. Rien que pour lui…

Les Envahisseurs de la Planète Rouge / Les Envahisseurs de la Planète Mars (Invaders from Mars) – de William Cameron Menzies – 1953

Posté : 7 février, 2012 @ 7:16 dans 1950-1959, FANTASTIQUE/SF, MENZIES William Cameron | Pas de commentaires »

Les Envahisseurs de la planète rouge

Voilà un film de SF absolument indispensable ! Au 343ème degré, et à condition d’avoir ingurgité quelques boissons que l’on ne peut conseiller qu’avec modération, Invaders from Mars est un petit chef d’œuvre. Si, si ! Un bijou à faire passer Plan 9 from outer space de l’indispensable Ed Wood pour une œuvre cachée d’Orson Welles. Au programme de cette œuvre inoubliable : des extraterrestres en pyjama vert, un gamin qui court au ralenti pendant dix minutes, et l’armée américaine entière mobilisée avec des centaines de chars et des milliers de soldats à l’écran…

Vous avez senti l’ironie ? Bon, pourtant, le film commence plutôt bien : toute la première partie est même très réussie. Dans une maison isolée, le fils d’un scientifique assiste à l’atterrissage d’une soucoupe volante, qui disparaît sous le sable. Peu après, son père disparaît, avant de réapparaître avec un regard mauvais. D’autres habitants de la ville toute proche vont subir le même sort, et devenir des pions au service des « visiteurs ».

Mais après cette première partie, le film part littéralement en couilles. Le gentil scientifique, d’abord, passe des heures à expliquer d’où viennent les extraterrestres, ce dont on se fout complètement. Et puis ce qui apparaissait comme une idée intéressante (la soucoupe volante qui disparaît sous le sable) se révèle être un simple truc pour économiser de l’argent (plus besoin de montrer la soucoupe). Désespérément fauché, le film est tellement cheap qu’il en devient irrésistiblement drôle…

Vingt ans plus tôt, William Cameron Menzies (la star des chef décorateurs d’avant-guerre, du Voleur de Bagdad à Autant en emporte le vent) avait eu les moyens de ses ambitions lorsqu’il réalisait La Vie future, un film d’anticipation plutôt réussi. Il montre ici que sans budget, ses qualités de réalisateur sont bien plus discutables.

Pour donner un peu d’ampleur à son histoire, et illustrer la menace qui pèse sur le monde, il fait donc appel à toute l’armée américaine, en utilisant d’interminables stock shots (des images tirées d’autres films, ou de documentaires en l’occurrence). Alors oui, on voit plein de tanks, des trains, des bateaux, des soldats à l’entraînement… mais ces images viennent clairement d’ailleurs : le chef op n’a fait aucun effort pour essayer d’éclairer le film d’une manière réaliste et conforme aux stock shots. Et quand la fiction reprend réellement, l’armée US dans toute sa splendeur se transforme en trois pauvres soldats bouffis et un cul de camion.
Drôle ou pathétique ? Tout dépend de son degré d’alcoolémie…

Un peu plus tard, quand les gentils sont enfin entrés dans l’antre des aliens, c’est pour découvrir une enfilade de couloirs souterrains, et de grands figurants à la démarche de teletubbies, dans une espèce de pyjama en pilou vert trop large. Et comme le réalisateur n’a visiblement que des chutes limitées de pellicule, il place quatre ou cinq fois le même plan de course poursuite pour allonger la sauce, pensant que personne n’y verra rien à redire.

Tout ça, comme il se doit, se terminera pas une immense explosion (ben oui, un stock shot, encore), après que le gamin se soit sauvé trrrrrrèèèèèèèès longuement, courant au ralenti face caméra, et se remémorant (va savoir pourquoi) tout ce qui s’est passé depuis le début du film. Histoire d’utiliser une dernière fois les stock shots et de remontrer le pyjama en pilou.

Sérieusement, il faut le voir pour le croire…

Captain America : First Avenger (Captain America : The First Avenger) – de Joe Johnston – 2011

Posté : 23 janvier, 2012 @ 4:57 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, JOHNSTON Joe | Pas de commentaires »

Captain America

Voir Captain America peu de temps après avoir vu Dans la brume électrique permet de prendre conscience de la dure condition du métier d’acteur ! Après avoir trouvé un rôle en or, complexe et fascinant, dans le film de Bertrand Tavernier, Tommy Lee Jones remplit son compte en banque, mais vide ses neurones avec ce film de super-héros qui n’a rien de honteux en soi, mais qui lui donne l’un des rôles les plus inintéressants de sa longue carrière : un officiel de l’armée américaine, raide et exigeant avec ses hommes, sans émotion et sans la moindre complexité. La comparaison est rude…

Soyons honnête, le rôle de Tommy Lee Jones est très secondaire dans ce film pas mal fichu, avec même quelques passages réjouissants. Joe Johnston (réalisateur de Jurassic Park 3 notamment) lorgne visiblement sur Watchmen et Hellboy 2, deux adaptations de comics autrement plus ambitieuses et intéressantes. Son film n’est pas vraiment plus conventionnel, mais il est réalisé avec nettement moins d’inspiration : il manque à ce Captain America l’ampleur et le romantisme des grands films du genre.

L’histoire, pourtant, ne manque pas d’ampleur : le film raconte l’incroyable destin d’un gringalet qui veut combattre le nazisme, qui est constamment refoulé de l’armée à cause de sa carrure et de sa santé fragile, et qui est choisi contre toute attente comme cobaye d’une expérimentation révolutionnaire, qui le transforme en colosse aux capacités physiques hyper-développées.

Un « super-héros » que l’armée utilise pour faire la mascotte costumée, afin d’inciter les Américains à acheter les fameux « liberty bonds ». Belle idée déjà au cœur du Mémoire de nos pères de Clint Eastwood, qui est ici trop rapidement évacuée. Mais la manière dont Johnston filme les grosses bastons qui suivent cette première partie n’est pas inintéressante, loin de là. De manière plutôt inattendue, le réalisateur choisit de laisser hors-champs plusieurs moments-clés de l’affrontement avec les forces du mal : visiblement plus intéressé par les sentiments de ses personnages.

Quelques morceaux de bravoure sont également franchement bien foutus, en particulier lorsque le souffle de la grande Histoire vient clairement enrichir l’histoire de super-héros. Mais à trop vouloir aller trop loin, le film tombe dans le grand-guignol un peu saoûlant : le super-méchant, interprété par un Hugo Weaving qui singe sa propre performance dans les Matrix, est assez insupportable, et s’apparente d’avantage au méchant d’un James Bond qu’à une menace plus grande encore que Hitler lui-même.

Plutôt sympathique, le film, comme son final réussi qui évite adroitement le happy-end de rigueur, prépare aussi LA grosse production que les fans de super-héros attendent avec impatience : The Avengers, qui rassemblera quelques-uns des personnages ayant cartonné au cinéma ces dernières années, de Iron Man à Hulk en passant par Thor, et Captain America, donc.

Time Out (id.) – de Andrew Niccol – 2011

Posté : 20 janvier, 2012 @ 6:28 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, NICCOL Andrew | Pas de commentaires »

Time Out (id.) – de Andrew Niccol – 2011 dans 2010-2019 time-out

Dire qu’on attendait le nouveau film d’Andrew Niccoll avec impatience relève de l’euphémisme. Scénariste de Truman Show, réalisateur de Bienvenue à Gattacca et Simone, Niccoll s’est imposé depuis plus de dix ans comme l’auteur de SF le plus percutant, le plus intelligent et le plus passionnant de sa génération. Mais depuis Lord of War, son chef d’œuvre absolu (dans un autre genre), plus de nouvelle. Encensé par une partie de la critique, le cinéaste ne rencontre en salles qu’un succès d’estime, sans commune mesure avec ses ambitions. Time Out, qui nous arrive cinq ans après son précédent film, a tout du projet de rechange…

L’idée de départ, cela dit, est passionnante : dans un futur indéfini, l’argent est remplacé par du temps. Après 25 ans, chaque homme et chaque femme ont en poche un an de vie, qui s’échappe seconde après seconde. Leur salaire (minable dans les petits quartiers) leur apporte du temps supplémentaire, tandis que la moindre de leur dépense (hors de prix dans les petits quartiers) réduit leur capital comme peau de chagrin. Ce concept, typique de la SF, permet de symboliser jusqu’à l’extrême le fossé entre les riches exploiteurs et les pauvres laborieux. Pendant un temps (la première demi-heure, disons), cela donne lieu à quelques séquences fortes et bouleversantes qui laissent augurer du meilleur pour la suite.

Mais la suite, hélas, n’est jamais au niveau. Le scénario n’évite pour ainsi dire jamais les stéréotypes les plus éculés. D’un côté, le quartier des riches quasi-immortels, qui construisent leur fortune sur l’exploitation-du-petit-peuple-qui-mène-une-vie-de-con. De l’autre, le quartier populaire où les gens crèvent (littéralement) de misère, mais où tous se serrent les coudent. Voler le temps d’autrui est on ne peut plus simple, mais cela ne viendrait à l’esprit de personne dans ce quartier où tout le monde aime tout le monde. Si le film se veut le symbole du monde actuel, la pilule a un peu de mal à passer, faut reconnaître…

Cette naïveté n’est rien à côté de l’impression de gâchis qui règne sur l’ensemble du film. Niccoll ne manque pas d’idées, c’est même le principal problème du film : les idées qui auraient pu être géniales s’accumulent, mais pas la moindre d’entre elles n’est exploitée correctement. Le héros (Justin Timberlake, très bien), qui jure de renverser ce système injuste avec l’aide d’une fille de riche dans une sorte de remake futuriste de Bonnie and Clyde, est le fils d’un homme dont il ignore tout et qui cachait bien des secrets. Ces secrets donnent-ils lieu à des révélations tonitruantes ? Ben non, pas plus que la mélancolie du riche las de vivre n’est exploité, pas plus que la théorie du complot, pas plus que le terrible rapport père-fille entre la rebelle et le milliardaire, pas plus que les effets ravageurs d’une richesse trop subite…

Même les personnages les plus troubles (celui du gardien du temps, interprété par l’excellent Cillian Hinds) sont traités par-dessus la jambe… Comme si les scénaristes s’étaient dit, en plein milieu de l’écriture : « Oh, et puis merde, on arrête là ! » Reste une petite série B qui aurait été réjouissante si, justement, il n’y avait pas autant de bonnes idées qui ne laissaient cet arrière-goût persistant d’inachevé.

Super 8 (id.) – de J.J. Abrams – 2011

Posté : 20 janvier, 2012 @ 2:58 dans 2010-2019, ABRAMS J.J., FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Super 8

Avec ses séries télé (en particulier Lost), on devinait depuis longtemps la fascination qu’exerçait Spielberg sur JJ Abrams. Le troisième long métrage du jeune prodige ne laisse plus planer le moindre doute : Abrams est bien le fils spirituel du réalisateur des Dents de la Mer. Avec Super 8, le jeune cinéaste revendique clairement cette paternité, en même temps qu’il est officiellement adoubé par son aîné. Spielberg est en effet le producteur de ce film qu’il aurait pu réaliser lui-même dans les années 80.

Avec cette histoire située à mi-chemin entre E.T. et, surtout, Rencontre du 3ème type, Abrams signe sans doute le plus personnel de ses projets, télé et cinéma confondus. Ces adolescents américains de la fin des années 70 qui passent tout leur temps libre à tourner des films en super 8, c’est un peu lui et ses potes, notamment Larry Fong (directeur de la photo sur le film) et Bryan Burk (co-producteur), ses amis d’enfance. Ados, ils faisaient leurs armes avec d’autres (dont Matt Reeves, le réalisateur de Cloverfield), tournant des films d’horreurs ou de SF avec les moyens du bord, comme le faisait un certain Steven Spielberg trente ans avant eux.

Ce n’est donc pas un hasard si l’action de Super 8 se déroule en 1979. Cette année-là, JJ Abrams avait 13 ans, à peu près l’âge de ses héros. Et paradoxalement, la première demi-heure du film est sans doute la plus passionnante : c’est la chronique douce-amère d’un groupe d’ados comme les autres, un été comme les autres, dans une petite ville comme les autres. C’est simple, étonnamment juste, et très beau. Il faut dire que ces ados qui passent leur été à tourner un film de zombie idiot et rigolo, et incidemment à flirter gentiment, sont interprétés par de tout jeunes comédiens qui sont d’une justesse rare. C’est la grande force du film, qui aurait pu être totalement insupportable pour les mêmes raisons : le choix des acteurs principaux. Inconnus, ils sont d’une justesse inattendue, et n’ont jamais ce côté tête-à-claque qui plombe la plupart des films dont les héros sont des enfants.

La scène-pivot du film (le déraillement d’un train en pleine nuit, avec l’évasion d’une mystérieuse créature) tient également toutes ses promesses : on assiste sans doute à la catastrophe ferroviaire la plus spectaculaire de l’histoire du cinéma. La suite est hyper efficace, mais un peu plus classique et attendue. Les rebondissements ne manquent pas (la révélation du secret¸ l’enlèvement de la jeune héroïne, l’état de siège de la petite ville), mais le film manque parfois de vie. C’est efficace, visuellement splendide et très inventif, mais on garde trop souvent un simple regard de spectateur étranger à l’action.

Dommage, parce que le film avait tout pour atteindre le niveau d’un Rencontre du 3ème type, justement, référence omniprésente tout au long du film. Ce n’est d’ailleurs pas la seule référence. JJ Abrams lorgne aussi ouvertement du côté de X-Files, LA série qui a révolutionné la télévision au début des années 90, et dont il est également l’héritier direct. Ce sentiment de déjà-vu que l’on ressent bien souvent tout au long du film tient au moins autant aux emprunts à la « mythologie » x-filienne (les fans sauront de quoi je parle, les autres auront le plaisir de se plonger dans les neuf saisons du show) qu’aux films de Spielberg.

Ces références multiples sont la principale signature de JJ Abrams. Celui qui a révolutionné la série télé (avec Chris Carter pour X-Files, quand même) en utilisant les ficelles du cinéma pour ses différentes créations, avait en retour donné un sérieux coup de fouet au cinéma d’action en utilisant les mêmes recettes augmentées des contraintes de rythmes, pour Mission : Impossible 3. Avec Super 8¸ il dresse le pont ultime entre ses deux mamelles absolues : Spielberg et X-Files.

Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin (Big Trouble in Little China) – de John Carpenter – 1986

Posté : 20 janvier, 2012 @ 1:12 dans 1980-1989, CARPENTER John, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin (Big Trouble in Little China) – de John Carpenter – 1986 dans 1980-1989 les-aventures-de-jack-burton

Curieux que le grand John Carpenter face son entrée sur ce blog avec cette fantaisie complètement folle, qui me laissait déjà un peu de marbre dans les années 80 (j’étais très, très jeune). Très sympathique, ce film parodique a certes un côté jouissif, mais il a aussi pris un sacré coup de vieux. Hommage aux films hong-kongais (ceux de Tsui Hark, que les cinéphiles occidentaux découvraient avec enthousiasme à l’époque), Jack Burton s’apparente aussi à un caprice du réalisateur et de son acteur fétiche, Kurt Russell. Toujours auréolés du succès de The Thing et de New York 1997, les deux compères se font plaisir en tournant ce film d’aventures parfois inspiré des Aventuriers de l’arche perdue, mais qui n’hésite pas à verser dans le grand-guignol et le n’importe quoi.

Alors on rit franchement, en particulier devant l’air ahuri de Kurt Russell, génial en gros bras très courageux, et parfois bas du plafond, grande gueule qui, au moment d’affronter les grands méchants, est bêtement assommé par une pierre tombée du plafond. Qu’importe l’histoire, qu’importe les méchants sortis tout droit des légendes chinoises, qu’importe aussi la pseudo-romance avec Kim Cattral (on n’en retiendra que la dernière réplique : « Vous ne m’embrassez  pas ?… » « Non »)… C’est bien Jack Burton qui est le principal intérêt du film.

La patte de Carpenter est bien là, tout particulièrement dans les scènes d’exposition, d’une élégance qui est la signature de l’auteur d’Halloween. Mais on est ici dans l’outrance absolue. Une outrance qui fleure bon les années 80¸ mais qui n’a pas franchement bien passé l’épreuve du temps : les effets spéciaux et les maquillages font sourire ; la musique elle-même, signée Carpenter, est aujourd’hui franchement pénible.

Cela dit, le culte qui entoure aujourd’hui encore le film n’est pas totalement usurpé. Le plaisir que Carpenter et Russell ont eu à le tourner se ressent clairement à l’écran. On ne peut que conseiller, une fois n’est pas coutume, de revoir le film avec le commentaire audio rigolard des deux hommes. Conseiller, aussi, de revoir les films suivants de Carpenter : après l’échec de Jack Burton, le réalisateur reviendra à un cinéma plus minimal qui lui va parfaitement bien : Prince des Ténèbres et Invasion Los Angeles.

1...2021222324...26
 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr