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Archive pour la catégorie 'FANTASTIQUE/SF'

Halloween 4 : Le Retour de Michael Myers (Halloween 4: The Return of Michael Myers) – de Dwight H. Little – 1988

Posté : 5 avril, 2019 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, LITTLE Dwight H. | Pas de commentaires »

Halloween 4

John Carpenter avait de belles ambitions pour sa saga, qu’il voulait transformer en anthologie d’épouvante, chaque film racontant une histoire différente. Mais après l’échec commercial de Halloween 3, lui-même a compris qu’il fallait revenir aux sources, et rappeler Michael Myers. Et le docteur Loomis, tant qu’à faire, ce dernier étant censé être aussi mort que le croquemitaine.

Exit, en revanche, Carpenter, qui a revendu le droit au producteur Moustapha Akkad. Ce dernier confir le film à un jeune réalisateur qui n’a pas encore fait grand-chose, Dwight H. Little, mais qui s’en tire franchement avec les honneurs. Visuellement très chiadé, ce quatrième opus est, visuellement, une réussite. S’il n’a pas l’élégance inquiétante du film de Big John, au moins soigne-t-il ses plans et sa lumière.

Rien de bien neuf, cela dit : le film se veut clairement un retour aux sources, renouant à la fois avec Haddonfield, le soir d’Halloween, les quartiers résidentiels… et Loomis, donc, sorte de rente pour Donald Pleasance, psychiatre qui semble plus fou que ses patients, et que l’on voit s’amuser de sa parenté manifeste avec un prédicateur parano dans une scène aussi inutile que marrante.

Jamie Lee Curtis, en revanche, est absente : on apprend que son personnage est mort depuis le deuxième film, et qu’elle a eu un enfant, une fillette nommée… Jamie (Danielle Harris, très bien du haut de ses 10 ans), nouvelle cible de son tonton Michael Myers. On retrouve aussi des personnages très inspirés de ceux du premier film, et ce refus de tomber dans la surenchère gore.

Pas mal de bonnes idées là-dedans, pas toujours très bien traitées (un innocent tué par erreur par des vigilantes, sans que cela fasse réagir plus que ça), et surtout ce personnage central de la fillette, qui donne du lien à la succession de meurtres, parfois plus originaux que vraiment terrifiants. Un personnage, surtout, qui réserve un final particulièrement fort, aussi inattendu que glaçant.

Les Mains d’Orlac (Orlacs Hände) – de Robert Wiene – 1924

Posté : 17 mars, 2019 @ 8:00 dans 1920-1929, FANTASTIQUE/SF, FILMS MUETS, WIENE Robert | Pas de commentaires »

Les Mains d'Orlac

Les adaptations cinématographiques du roman de Maurice Renard sont assez parfaites pour symboliser l’évolution du film fantastique à travers les décennies… et les pays. Avant l’âge d’or de l’horreur dans le Hollywood des années 30 (le film de Karl Freund en 1935), avant le renouveau du genre en Europe dans les années 60 (celui d’Edmond T. Gréville en 1960), c’est logiquement l’Allemagne expressionniste des années 20 qui ouvre le bal.

Et c’est un tandem mythique de l’expressionnisme qui s’y colle : le réalisateur du Cabinet du docteur Caligari Robert Wiene, et sa star Conrad Veidt. Qui en fait des tonnes, avec un jeu outré qui fait bien son âge, en pianiste vedette qui, après un accident de train, se voit greffer les mains d’un criminel qui vient d’être exécuté, et sent l’influence du tueur dont il a récupéré une partie du corps influer sur sa personnalité.

Mais Wiene, lui, sait créer une atmosphère bien flippante, avec un style plus retenu que … Caligari. La séquence inaugurale, surtout, est brillante : cet accident de train par lequel le drame se noue, et surtout l’impression de chaos que le réalisateur réussit à donner lorsque les secours arrivent.

La réussite du film tient beaucoup à son art de la mise en scène, à la fois spectaculaire et très attentive aux détails. La place des mains dans le cadre, notamment, ne doit jamais rien au hasard. Ces mains sont les personnages principaux du film, chargées d’un passé mystérieux et d’une menace sourde. si le jeu outré de Conrad Veidt laisse dubitatif, sa manière de dissocier ses mains du reste de son corps a en revanche quelque chose de fascinant, et de réellement effrayant.

Kalidor, la légende du Talisman (Red Sonja) – de Richard Fleischer – 1985

Posté : 15 mars, 2019 @ 8:00 dans 1980-1989, ACTION US (1980-…), FANTASTIQUE/SF, FLEISCHER Richard | Pas de commentaires »

Kalidor

Il y a des cinéastes qui restent au sommet jusqu’au bout. John Ford, William Wellman ou Stanley Kubrick sont de ceux-là. Et puis il y en d’autres… Oui, j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire : c’est une fin de carrière franchement pas glorieuse que vit Richard Fleischer dans ces années 80 où, visiblement, il n’y a pas grand-chose à sauver.

Après avoir signé un calamiteux Conan le destructeur, voilà que l’ancien grand peintre du Mal sur grand écran nous livre une sorte de nouvelle suite officieuse, qui aurait très bien pu s’appeler Conan 3 si ce n’était la mise en images d’un autre mythe de l’héroic fantasy : Red Sonja. Surtout que l’on retrouve Arnold Schwarzenegger tout aussi musculeux, tout aussi court vêtu, et tout aussi tranchant. Au sens propre.

Son personnage s’appelle donc Kalidor, et les distributeurs français semblent avoir bien compris qu’il était le meilleur atout (le seul à vrai dire) de ce film dont la vedette est censée être Brigitte Nielsen, actrice désastreuse pour faire simple et court. Non pas qu’Arnold livre une grande prestation d’acteur, mais au moins a-t-il cette présence indéniable.

Kalidor est même un cran au dessus de Conan le destructeur. L’histoire est tout aussi con, mais le rythme est plus convainquant, et les scènes d’action plutôt réussies, même si elles ont une fâcheuse tendance à tirer en longueur. On notera aussi la musique généreuse mais oubliable d’Ennio Morricone, ainsi que… eh bien rien. Mais c’est déjà pas si mal.

Dead again (id.) – de Kenneth Branagh – 1991

Posté : 3 février, 2019 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, BRANAGH Kenneth, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Dead Again

Des ciseaux meurtriers, une femme amnésique, des réminiscences d’une autre vie, un privé fasciné par une femme pleine de mystères… Oui, Branagh lorgne très ouvertement du côté d’Hitchcock pour son deuxième film, assez loin (encore que) de l’univers shakespearien dont il ne sort que rarement en cette première partie de carrière.

Il y a donc du Sueurs froides, du Crime était presque parfait, du … Docteur Edwardes dans ce thriller à travers le temps, histoire d’amour, de meurtre et de réincarnation qui a ceci de quasiment unique dans la filmographie de Branagh : il s’agit d’une histoire originale. Le gars a tellement été acclamé dès son premier film (Henry V) que ce simple constat paraît étonnant, il est pourtant vrai : les films qu’il a réalisés d’après une histoire et des personnages originaux se comptent sur les doigts d’une main de lépreux.

Entre ses adaptations shakespeariennes, ses remakes (de Frankenstein au Crime de l’Orient Express) et ses incursions dans le joli monde moderne des univers étendus (de Disney à Marvel), Branagh s’est presque toujours glissé dans des univers qui n’étaient pas les siens. Parfois avec bonheur, parfois moins. Disons le clairement : Dead again est sans doute son meilleur film, de quoi faire regretter que le talentueux British n’ait pas plus souvent fait confiance à son talent original…

Même si, encore une fois, Dead again est, du début à la fin, un hommage au cinéma d’Hitchcock. Branagh signe là un film assez brillant et très retors, à la fois très marqué par son époque (par toujours pour le meilleur, avec un final limite grand-guignol et généreux en ralentis typique de ce début des années 90, qui évoque d’ailleurs plus les copies de Brian De Palma que Hitchcock lui-même), et intemporel. Le film marque notamment pour la manière dont Branagh met en scène les deux époques de son histoire, la fin des années 40 et l’époque contemporaine.

Le rythme, le cadre, le jeu des acteurs (les mêmes, pourtant : Emma Thompson et Kenneth Branagh, très beau couple), tout est légèrement différent (sans même mentionner l’utilisation du noir et blanc et de la couleur), tout en donnant l’impression tenace que les deux époques se répondent constamment. C’est ce qui fait la réussite du film (l’intrigue en elle-même, efficace, n’a rien d’exceptionnel), ainsi que le jeu des acteurs, avec des seconds rôles parfaits, d’Andy Garcia à Robin Williams en passant par Hanna Schygulla et Derek Jacobi.

E.T. l’extraterrestre (E.T. the Extra-Terrestrial) – de Steven Spielberg – 1982

Posté : 28 janvier, 2019 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, SPIELBERG Steven | Pas de commentaires »

E.T. l'extraterrestre

Une merveille. Que dire de plus que ce simple constat : E.T. est une merveille, un film d’une délicatesse et d’une tendresse folles, le chef d’œuvre d’un amoureux du cinéma devenu le plus grand cinéaste de sa génération, une œuvre visuellement splendide, bouleversante, bienveillante et jamais mièvre. Ben oui : que dire de plus ?

Si vous avez des enfants, organisez vite une projection en famille. Sinon… eh bien empruntez ceux des voisins. Le bonheur, total, vient aussi des coups d’œil lancés à mes rejetons. Le petit, 6 ans, les paupières fixes et la bouche grande ouverte. Le grand, 13 ans, qui aurait préféré mater 58 minutes pour vivre, ne cherche pas longtemps à cacher ses larmes. Celui du milieu, 10 ans, partage ses émotions en serrant ou desserrant le bras de sa maman… Et à la fin, un grand silence, une même émotion, un même enthousiasme.

C’est rare, des films capables d’emporter comme ça toute une famille. Rare et précieux. Bref, E.T. est une merveille. A partir de quelle image, précisément, ce constat est-il généralisé ? A partir de l’apparition des « méchants », silhouettes sans visages qui reviendront comme un fil rouge, et comme une belle leçon sur la notion de bien et de mal ? Ou à partir de ce moment, simple et magnifique, où la balle que le petit Elliot a lancé dans la remise revient comme par magie ?

C’est du pur Spielberg, ça. Du niveau de la fameuse scène entre Roy Scheider et son fils dans Les Dents de la mer, scène dont on retrouve l’esprit tout au long d’E.T.. Spielberg s’y livre une nouvelle fois de manière très personnelle, évoquant avec beaucoup de sensibilité ses propres regrets en tant que fils.

Pas de cynisme, pas d’effets faciles. Spielberg signe une fable intemporelle, que lui seul peut-être pouvait réussir sans tomber dans le grand-guignol, la cul-cul-terie ou la grandiloquence. E.T. est un récit initiatique bouleversant, c’est aussi une grande leçon de vie qui reste d’une acuité incroyable aujourd’hui. Cette peur irrépressible de l’étranger, de celui que l’on ne connaît pas… La photo d’Elliot et de son p’tit pote de l’espace devrait être placardée un peu partout. Juste pour mémoire.

Retour à Glennascaul (Return to Glennascaul) – de Hilton Edwards – 1953

Posté : 14 janvier, 2019 @ 8:00 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, EDWARDS Hilton, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Retour à Glennascaul

Une curiosité : profitant de l’une des innombrables interruptions du tournage d’Othello, dans lequel ils interprètent respectivement Brabantio et Iago, Hilton Edwards et Micheál Mac Liammóir produisent ce court métrage que le premier réalise, et qui évoque « a story that is told in Dublin », une histoire de fantômes bien sûr, comme on les aime dans ces terres celtiques.

Les deux hommes, fondateurs du Gate Theater à Dublin, sont parmi les artistes plus respectés d’Irlande à cette époque. Mais si ce court métrage est si remarquable, cela est surtout dû à la présence d’Orson Welles lui-même, qui joue avec délectation le jeu de la mise en abyme : cette histoire de fantômes est racontée en flash-backs, par un automobiliste en panne que Welles, sorti du plateau de son Othello, prend en stop.

Cette introduction permet de filmer les coulisses de ce tournage épique. Sans en dévoiler grand-chose d’ailleurs : le plateau est d’avantage évoqué que réellement montré, avec de superbes images presque expressionnistes qui portent clairement la marque de Welles. A-t-il participé à la mise en scène de ce petit film ? Officiellement, non, mais on jurerait qu’il a au minimum inspiré très ouvertement Hilton Edwards.

Le « style Orson Welles » revient constamment au cours du film, mais avec une pointe d’ironie qui vient contrebalancer la légère angoisse qui pointe le bout de son nez. Il y a aussi une belle utilisation de cette petite musique lancinante qui contribue à donner son ton particulier au film. Et puis la voix off, omniprésente, d’Orson Welles, qui se présente d’une manière que les auditeurs de l’époque connaissaient bien : « Ladies and gentlemen, this is your obedient servant… »

Le Secret de la pyramide (Young Sherlock Holmes) – de Barry Levinson – 1985

Posté : 8 janvier, 2019 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, LEVINSON Barry, POLARS/NOIRS, Sherlock Holmes | Pas de commentaires »

Le Secret de la pyramide

Sherlock Holmes et John Watson se seraient rencontrés sur les bancs de l’université ? Cherchez pas : jamais Conan Doyle n’aborde la jeunesse de son détective. Cette idée originale permet à la team Spielberg d’intégrer le personnage dans son univers très codifié et très cohérent en ce milieu des années 80, l’époque héroïque de Retour vers le Futur ou des Goonies, l’époque aussi où Indiana Jones était flanqué d’un enfant. Bref, une poignée d’années au cours desquelles Spielberg, réalisateur ou (comme ici) producteur n’envisageait un film que par et pour la jeunesse.

Un parti pris qui ne durera pas, mais qui a une petite tendance à tourner au recyclage. Dans Le Secret de la Pyramide, la Spielberg touch est ainsi particulièrement visible dans une séquence de cérémonie sacrificielle qui semble tout droit sortie du Temple maudit, jusqu’à la manière de la mettre en scène et d’y inclure les héros. Quant à la manière d’évoquer les attributs légendaires du héros (la pipe, la casquette, la redingote…), elle annonce presque à l’identique la première partie de La Dernière Croisade. Rien ne se perd, tout se recycle, jusqu’à l’excès parfois.

Cela étant dit, Young Sherlock Holmes reste une vraie réussite, à laquelle le réalisateur Barry Levinson réussit à donner un look à part, une esthétique très soignée qui évoque davantage l’expressionnisme allemand avec ses longues ombres portées, que les autres productions Amblin. Le scénario n’évite pas les longueurs, mais la mise en scène est le plus souvent très inspirée, et donne un rythme imparable et une allure folle à ce film fun, mais aussi assez sombre : il est quand même question d’un jeune homme qui apprend la perte, le deuil et la solitude…

L’intrigue est totalement improbable, cette histoire de vengeance semble sortie d’un serial des années 30, l’identité du grand méchant est évidente dès qu’il apparaît (y compris son identité secrète, qui n’est dévoilée qu’après le générique de fin)… Mais le film séduit par sa manière de jouer avec les peurs enfantines, les incluant même dans la narration, à travers des séquences d’hallucination qui mettent en scène des effets spéciaux datés, mais très rigolos.

Bien fichue, bourrée de séquences mémorables (celle de l’enterrement, celle du cimetière, celle du lac gelé…), cette production typique du Spielberg des années 80 a particulièrement bien vieillie. Quant à Nicholas Rowe, il retrouvera le personnage de Sherlock Holmes trente ans plus tard, à l’occasion d’un bref cameo dans le Mr. Holmes qui, lui, présentait l’autre versant inconnu de la vie du détective : sa vieillesse.

La Bible (The Bible : in the beginning) – de John Huston – 1966

Posté : 1 janvier, 2019 @ 8:00 dans 1960-1969, FANTASTIQUE/SF, HUSTON John | Pas de commentaires »

La Bible

Il faut un certain courage pour passer les premières minutes du film, interminables. Du courage, ou l’envie profonde de voir ou revoir toute la filmographie de John Huston, entreprise pleine de récompenses enthousiasmantes, mais aussi de quelques écueils. Celui-ci n’est pas le moindre, en tout cas dans cette première partie assez imbuvable.

Avec La Bible, John Huston se lance dans un projet ambitieux, voire démesuré : porter à l’écran les différents chapitres de l’Ancien Testament, de la création du monde en sept jours au sacrifice d’Abraham en passant par la tentation d’Eve, la pomme et le serpent, Abel et Caïn, Noé, le déluge et son arche, Sodome et Gomorrhe, l’arrivée en Terre promise… Un projet titanesque pour une superproduction comme Dino de Laurentiis en avait le goût.

Le résultat est pour le moins problématique. Et le premier problème, c’est que cette première partie consacrée à la Genèse donne l’impression que ça été tourné en temps réel. Et sept jours, c’est long quand on s’ennuie. Et quand ce qu’on voit est d’une telle laideur. Attention : les images sont assez belles, mais Huston se contente alors de coller entre elles de belles vues de nature, soulignant lourdement leur pureté et leur caractère apaisant. On se croirait dans une boutique zen…

La suite est à peine moins agaçante, avec une esthétique new age qui domine dans toute la première partie. Et puis l’effet catalogue interdit une quelconque empathie pour aucun de ces personnages que l’on connaît, dont on connaît l’histoire, mais qui n’ont pas d’existence propre devant la caméra de Huston. Le film se résume alors à une spectaculaire illustration de la Bible, joliment mise en scène mais totalement désincarnée.

Finalement, c’est quand Huston lui-même apparaît sous la barbe de Noé que le film prend une ampleur nouvelle. Parce qu’il est impeccable, parce qu’il y prend un plaisir visible à se mettre en scène au côté de tous ces animaux, parce qu’il incarne vraiment son personnage, en lui apportant une ironie bienvenue, qui manquait à la première heure. Et parce qu’il prend le temps de développer un fil narratif, pour le coup convainquant, et au moins aussi bien que le gros truc interminable avec Russell Crowe.

Et puis le film retombe dans ses travers. Vient le repeuplement, figuré par une sorte de pyramide humaine stylisée mais un peu facile. Ça nous mène à la Tour de Babel, et là aussi c’est visuellement splendide et très impressionnant, mais désincarné et pour tout dire un peu chiant.

Enfin arrive George C. Scott qui interprète Abraham. Et là commence un nouveau film, dont on se dit qu’il aurait effectivement dû faire l’objet d’un film pour lui seul, tant il y a une cohérence dans l’esthétique et les enjeux narratifs autour du personnage. C’est la plus longue partie du film, la dernière, celle où Huston prend le plus le temps de développer les personnages, dont certains sont très beaux : celui d’Ava Gardner notamment, qui permet d’aborder très en avance le thème de la GPA.

De belles trouvailles visuelles aussi, comme la mise en scène de cet ange de Dieu aux trois visages, tous de Peter O’Toole, dont les apparitions sont assez poétiques. Mais aussi une manière de mettre en scène les aspects les plus problématiques de la Bible, comme une manière plutôt audacieuse d’évoquer le fanatisme religieux. Pas toujours passionnant, mais intéressant. C’est déjà ça.

Razorback (id.) – de Russell Mulcahy – 1984

Posté : 31 décembre, 2018 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, MULCAHY Russell | Pas de commentaires »

Razorback

Jeune réalisateur de clips, Russell Mulcahy attire l’œil avec ce long métrage qui a connu un certain succès international, au point de lui valoir une petite carrière hollywoodienne assez prometteuse, dont le point d’orgue sera Highlander… et Rambo 3, dont il commencera le tournage avant d’être remercié par Stallone « pour différents artistiques ». Je dois reconnaître un petit regret : celui de ne pas savoir ce qu’aurait donné le plus célèbre des guerriers de la décennie devant la caméra de ce surdoué de l’image.

Parce que Mulcahy a un sens incontestable de la belle image, et une volonté louable de construire le moindre de ses plans. C’est visible dans ses premiers films américains. Ça l’est d’avantage encore dans ce film d’épouvante tourné dans son Australie, où le cinéaste semble habité par la volonté de rendre la moindre seconde de son film visuellement mémorable. Et c’est vrai qu’elles sont belles ces images, aux couleurs chaudes et aux ombres profondes, qui renforcent à la fois la beauté sauvage du bush et son aspect glauque.

Mais s’il sait construire un cadre, Mulcahy a oublié qu’un film, c’est aussi du rythme, des personnages, des émotions… Bref, tout ce qui donne de la vie et de la profondeur à une histoire. Ce quasi remake poussiéreux des Dents de la Mer en manque profondément. Et ce qui gêne le plus, ce n’est finalement pas le côté clipesque du truc (comme pour Highlander), mais bien cette impression constante de voir un film désincarné. De belles images, superbes même par moments, mais un film vide.

Halloween 3, le sang du sorcier (Halloween 3 : Season of the witch) – de Tommy Lee Wallace – 1982

Posté : 27 décembre, 2018 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, WALLACE Tommy Lee | Pas de commentaires »

Halloween 3

Ne serait-ce que pour la toute dernière image, sommet du film fantastique paranoïaque (si, si, c’est un genre en soi, surtout depuis L’Invasion des profanateurs de sépulture), ce troisième Halloween est un film à voir, et à réévaluer. Non, Tommy Lee Wallace n’est pas Carpenter. Le monteur du premier Halloween, qui fait ici ses débuts derrière la caméra, n’a ni l’élégance ni le sens du frisson de son mentor. Et ce film est loin, très loin, du premier opus de la saga.

N’empêche. Malgré les effets trop faciles (ce son strident qui sort de nulle part dès qu’il faut sursauter), malgré la psychologie limitée des personnages (mais en était-il autrement dans le chef d’oeuvre de Carpenter ?), il y a quelque chose de différent, quelque chose qui n’est pas loin d’être enthousiasmant. Cela dit avec une certaine prudence, tant le film multiplie les maladresses.

Parmi les principaux problèmes, il y a cette oscillation constante entre Mal absolu et Mal raisonné. Autrement dit : faut-il, comme dans le film originel de 1978, prendre le parti de ne rien expliquer, ou au contraire doit-on donner une base scientifique ou ou moins logique à la menace ? Les deux ? Ni l’un ni l’autre ? Ben… pfff… semble plutôt être l’option choisie. Alors on nous sort un morceau de pierre volé à Stonehenge, mais on sait pas trop pourquoi. A vrai dire, on s’en moque totalement.

Il y a en fait deux choses qui comptent vraiment dans ce film. D’abord, le sentiment de paranoïa qui transforme des choses aussi banales qu’un masque d’Halloween et une télévision en menaces mortelles. Un thème dont Carpenter s’emparera plus personnellement avec l’un de ses grands films, déjà réévalué celui-là : Invasion Los Angeles.

Ensuite, et surtout, le film marque une ambition totalement oubliée du producteur Carpenter (et de sa complice d’alors Debra Hill) : reprendre les rênes d’une saga qui lui avait échappée avec Halloween 2, en en faisant totalement autre chose. Ne cherchez pas : il n’y a dans Halloween 3 ni Michael Myers, ni Docteur Loomis, ni baby-sitter trucidée d’ailleurs. Quant aux masques, ils sont portés par d’innocents enfants.

Non, Carpenter pensait avoir fait le tour de son inoubliable croquemitaine, et souhaitait transformer la saga en une sorte de série anthologique : chaque année, un film d’épouvante ayant pour cadre la fête d’Halloween. Une belle idée, en fait, que l’insuccès du film condamnera immédiatement. Dommage, au moins pour ce film-ci, quasiment effacé de la mémoire collective des amateurs de la saga, et qui méritait mieux que cet oubli.

Halloween 3 mérite d’être revu malgré tous les défauts qu’on peut lui trouver : une multiplication inutile des thèmes (le savant fou, la déshumanisation de la société, la puissance de la télévision et du merchandising…), des effets sonores tout pourris, des ressors dramatiques très datés… Parce qu’il est un hommage revendiqué et plutôt convainquant aux classiques du genre des années 50, bourré de clins d’œils au film de Carpenter. Et parce qu’il y a cette dernière image, ce dernier cri, paranoïaque et glaçant. Rien que pour ça.

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