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Archive pour la catégorie 'FANTASTIQUE/SF'

Qui veut la peau de Roger Rabbit ? (Who framed Roger Rabbit) – de Robert Zemeckis – 1988

Posté : 20 juillet, 2017 @ 8:00 dans 1980-1989, DESSINS ANIMÉS, FANTASTIQUE/SF, ZEMECKIS Robert | Pas de commentaires »

Qui veut la peau de Roger Rabbit

Presque trente ans plus tard, on n’a encore jamais rien fait de mieux, techniquement parlant, dans le domaine de l’association du cartoon et des prises de vue réelles. Le procédé n’est certes pas nouveau : bien avant Mary Poppins, qui était resté comme la référence du genre jusqu’à ce que Zemeckis s’en mêle, Walt Disney avait produit la série des Alice Comedies dans les années 20, série de courts métrages où la jeune héroïne évoluait dans un univers de cartoon.

Mais rien de comparable avec ce véritable tour de force où, quasiment dans chaque plan, les humains et les personnages animés interagissent vraiment. Et le « vraiment » a de l’importance, et constitue bien la nouveauté du film : Zemeckis pousse cette interaction jusqu’aux moindres détails. Lorsqu’un « toon » éclabousse un homme, lorsqu’ils se heurtent et froissent un costume… le contact physique se ressent pour de bon. Un véritable tour de force réalisé sans les effets numériques d’aujourd’hui.

Voilà pour la prouesse technique, qui reste tout aussi impressionnante aujourd’hui. Ce serait d’ailleurs l’unique bémol de ce film : jamais on n’oublie vraiment cette prouesse, dont on essaye de comprendre les dessous. Mais au-delà de ça, Qui veut la peau de Roger Rabbit ? est tout simplement un bon film. Zemeckis signe même un superbe hommage aux films de détective de l’âge d’or d’Hollywood, à l’instar d’un Chinatown dont il reprend quelques grandes lignes de l’intrigue, et le traumatisme d’un détective qui refuse de retourner sur les lieux d’un drame passé : Chinatown là, Toontown ici.

Le détective en question, c’est Eddie Valiant, interprété par un Bob Hoskins formidable, parfaitement dans le ton entre la noirceur habituelle du privé, et la dérision d’un tel procédé cinématographique. Son privé, c’est une sorte de croisement entre Jake Gittes et Sam Spade. Zemeckis glisse d’ailleurs une référence directe au Faucon maltais, en plaçant une statuette de faucon dans le bureau de Valiant. Un pur plaisir de cinéphile, qui se transforme sans s’affadir au fil des décennies.

New York 1997 (Escape from New York) – de John Carpenter – 1981

Posté : 30 juin, 2017 @ 8:00 dans 1980-1989, CARPENTER John, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

New York 1997

Décidément au sommet, le Carpenter de cette époque. Bricoleur de génie, véritable auteur de ses films, il réalise, écrit, monte et met en musique cette petite merveille de série B, visiblement tournée sans grands moyens mais avec un sens de l’image assez impressionnant. Ça saute aux yeux dès les premières minutes, lorsqu’une simple contre-plongée transforme la silhouette lourde en symboles de la Statue de la Liberté en inquiétante tour de garde…

Bref, la liberté en a pris un coup dans cette vision quasi-post-apocalyptique de l’Amérique. De ce futur, on ne verra d’ailleurs rien d’autre que cette île de Manhattan transformée en gigantesque prison à ciel ouvert, idée géniale qui prend une nouvelle dimension depuis 2001. Car l’image la plus saisissante, c’est peut-être celle de ces Twin Towers autour desquelles toute l’action tourne, et qui pèsent étrangement sur l’atmosphère lourde du film. Et puis la fameuse scène du crash résonne différemment aujourd’hui, avec cet avion présidentiel qui se dirige droit vers les tours de Manhattan.

Quelques fumigènes, des épaves de voitures, des papiers qui volent… Il n’en faut pas beaucoup plus à Carpenter pour transformer des décors familiers en lieu de désolation, et mettre en scène un futur qui semble radicalement différent du présent. Pour une fois (mais la SF n’est pas un genre auquel il est habitué), il utilise même, et plutôt très bien, des maquettes et des matte-paintings, rappelant d’autres temps du cinéma de genre. L’art de bidouiller avec les moyens du bord pour réussir un petit classique instantané de la science fiction.

Carpenter réussit autour un vrai tour de force avec son personnage principal : en quelques plans seulement, Kurt Russell fait entrer Snake Plissken dans la légende, sorte de version à peine modernisée de l’homme sans nom de Clint Eastwood, la fatigue en plus. Désabusé et las (magnifique plan où, ne sachant que faire, il saisit une chaise renversée et s’asseoit dans la nuit), il fait figure d’anomalie dans cette Amérique déshumanisée, dernier survivant d’une espèce révolue. « Je te croyais mort », s’entend-il dire à chaque rencontre !

Et quelles rencontres : Harry Dean Stanton, Ernest Borgnine, Isaac Hayes, Donald Pleasence, Lee Van Cleef… Une formidable collection de gueules pour un film culte qui donnera lieu à une suite-remake-parodie réjouissante.

Le Réveil de la Force / Star Wars, épisode VII (Star Wars : Episode VII – The Force awakens) – de J.J. Abrams – 2015

Posté : 16 mai, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, ABRAMS J.J., FANTASTIQUE/SF, FORD Harrison | Pas de commentaires »

Le Réveil de la Force / Star Wars, épisode VII (Star Wars : Episode VII - The Force awakens) - de J.J. Abrams - 2015 dans 2010-2019 Star%20Wars%20pisode%207_zpswxwwvpqi

La bande annonce avait fait son petit effet, avec l’apparition de Han Solo et Chewbacca à bord du Faucon Millenium. La petite phrase lancée par un Harrison Ford vêtu des mêmes frusques qu’il y a quarante ans avait fait frissonner de plaisir bien plus que les seuls fans : « Chewie, we’re home ! » De la même manière, ce plan sombre de la main robotisée de Luke Skywalker se posant sur RD2D était une image particulièrement excitante, promesse d’un film porté par une douce nostalgie.

Résultat ? Cette suite tardive, qui permet de retrouver Harrison Ford, Carrie Fisher et Mark Hammill dans les rôles qui les ont rendus tous les trois célèbres, plus de trente ans après l’épisode 6, s’inscrit effectivement dans le prolongement direct de la première trilogie, et multiplie les clins d’œil aux films par lesquels tout a commencé. Et la meilleure idée, c’est peut-être d’avoir fait de Luke une figure quasi-mythologique, que tous les personnages passent l’intégralité du film à chercher.

Sauf que J.J. Abrams confirme ce qu’on pense de lui depuis quelque temps. Cinéaste brillant, Abrams a un vrai sens du rythme et sait composer des cadres qui marquent les esprits. Mais ce n’est pas un créateur : ses films sont tous des hommages sincères, parfois enthousiasmants, et toujours appliqués, à des œuvres existantes, auxquels il applique un lifting et un aspect feuilletonant qui rappelle ses débuts de créateur de série. Ce Star Wars 7 ne fait pas exception.

Le problème, c’est qu’on le sent nettement plus inspiré lorsqu’il introduit de nouveaux personnages que lorsqu’il met en scène les figures historiques de la saga, traités trop ouvertement comme des passages obligés. Ce fameux premier plan sur Han Solo et Chewbacca sonne ainsi curieusement faux. Son personnage, pourtant central dans l’histoire à cause de l’identité du nouveau grand méchant, semble embarrasser Abrams. Trop appliqué, comme écrasé par le poids de l’attente, le réalisateur échoue à lui donner la dimension tragique qui devrait lui convenir.

Même constat pour Leia, qui n’a droit qu’à une poignée de scènes pas franchement bouleversantes. Quant à l’apparition pour le moins tardive de Luke…
Les personnages nouveaux sont plutôt intéressants. Mais dans le rôle de la jeune héroïne qui découvre qu’elle possède la Force, Daisy Riley s’avère nettement plus fade que Felicity Jones dans Rogue One. Dans celui de l’ancien Stormtrooper qui décide de passer du côté de la lumière, John Boyega est impeccable, mais la richesse potentielle de son personnage tourne court. Quant à l’excellent Oscar Isaac, il est franchement sous-exploité.

Bref, c’est bien foutu, plein de suspense et bourré d’action. Tout ce qu’on attendre d’un Star Wars. Mais cet épisode 7 marque d’emblée la limite de ce renouveau, annonce de nouvelles pistes pas franchement enthousiasmantes, et laisse craindre le pire des multiples suites et films dérivés que Disney envisage déjà pour les années, voire les décennies, à venir. C’était peut-être, finalement, bien dispensable.

La saga Star Wars

Soleil vert (Soylent Green) – de Richard Fleischer – 1973

Posté : 9 mai, 2017 @ 8:00 dans 1970-1979, FANTASTIQUE/SF, FLEISCHER Richard | Pas de commentaires »

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Classique de la SF, Soleil Vert n’a pas si mal vieilli. Plus, pour être honnête, que l’immense majorité des films de Fleisher, mais moins que le tout-venant du genre de cette décennie. Sans doute pour une raison toute simple : le futur décrit dans le film ressemble à s’y méprendre à l’Amérique de 1973, sans gadget, sans architecture improbable (à part quelques intérieurs qui, eux, semblent aujourd’hui bien datés), et en version toute pourrie.

C’est l’une des belles idées du film : faire du futur une sorte de présent alternatif où les dérives des hommes auraient été poussées à l’extrême, et où ne subsisterait plus que la misère, et des villes moribondes noyées dans un perpétuel nuage verdâtre (qui paraît un peu cheap) de pollution. Pas de voiture volante, rien d’autre que les quartiers populaires de New York transformés en cloaque où les habitants semblent n’attendre que la mort.

Comme la plupart des films de SF, Soleil Vert ne parle d’ailleurs que d’aujourd’hui. Sa portée politique, valable en 1973, l’est tout autant aujourd’hui : film écolo, cri d’amour à la nature et aux beautés de notre planète, dénonciation du capitalisme cynique et jusqu’au-boutiste… Le film s’ouvre d’ailleurs sur un montage de photos, toutes authentiques, qui retracent l’évolution de la société au cours du 20e siècle, et les effets sur l’environnement.

De l’enquête que mène le petit flic Charlton Heston après le meurtre d’un riche privilégié, on s’attend à ce qu’en sorte un terrible secret, une machination machiavélique des puissants. La vérité, dévoilée dans les dernières minutes, est à la fois plus simple, et plus terrible.

Le meilleur du film, c’est quand même la cohabitation de deux générations de star : Heston et Edward G. Robinson (on pourrait ajouter Joseph Cotten, dans un second rôle marquant), le second jouant le rôle du vieillard qui ressasse inlassablement les souvenirs d’une Terre que son jeune ami n’a jamais connue. La plus belle scène, c’est peut-être celle du repas entre Robinson et Heston, l’un découvrant la vraie nourriture avec plaisir, l’autre retrouvant les goûts de son enfance avec plus de douleur que de joie. Dans un cadre feutré, sans effets spéciaux et sans fioriture, Fleischer signe là un magnifique moment de cinéma.

Source Code (id.) – de Duncan Jones – 2011

Posté : 8 mai, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, JONES Duncan | Pas de commentaires »

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Voilà une formidable surprise. De ce film fantastique assez intriguant, je n’attendais pas grand-chose d’autre qu’un petit moment de détente et de relaxe cérébrale. J’en suis ressorti totalement bluffé : Source Code est une réussite majeure du genre, une variation assez géniale sur le thème d’Un Jour sans fin. Bref, un film fantastique dans tous les sens du terme, brillant et passionnant.

Le film s’ouvre mystérieusement, sur Jake Gyllenhaal qui se réveille dans un train, face à une jeune femme qui lui parle comme à un ami. Problème numéro 1 : il n’a pas la moindre idée de comment il est arrivé là. Problème numéro 2 : cette jeune femme, si jolie soit-elle (c’est Michelle Monagham), lui est totalement inconnue et l’appelle par un prénom qui n’est pas le sien. Problème numéro 3 : en se regardant dans le miroir, il réalise qu’il n’est effectivement pas lui-même. Problème numéro 4 : à peine s’en est-il rendu compte qu’une bombe explose et tue tout le monde dans le train…

Oui, on voit venir le truc : le gars va revivre cette journée à l’envi, jusqu’à ce qu’il désamorce la bombe et emballe la fille. Eh bien oui, mais pas tout à fait non plus, pas seulement en tout cas, et pas comme on s’y attend. Le film, malin et intelligent, joue comme le petit classique d’Harold Ramis sur la répétition d’une même journée (en l’occurrence des mêmes quelques minutes), mais en la justifiant par une idée digne des plus grands auteurs de SF, que je ne spoilerai pas, mais qui ouvre des perspectives immenses sur les notions de réalité, de libre-arbitre, et de seconde chance.

C’est formidablement bien écrit (par Ben Ripley, dont le seul « titre de gloire » jusqu’à présent était le scénario de La Mutante 3 !), et c’est réalisé avec un grand sens du détail par Duncan Jones (le filston de David Bowie), qui filme Chicago comme personne avant lui, soulignant le caractère à la fois moderne et humain de la ville, entièrement construite autour de la circulation des hommes, avec ses trains, ses routes, ses rivières, et ses larges promenades. A vrai dire, les villes américaines ont rarement été filmées avec autant d’attention qu’ici, en tout cas dans le cinéma contemporain.

Le (jeune) fait aussi preuve d’une délicatesse (oui oui, délicatesse) inattendue, réussissant à rendre émouvante l’accumulation d’explosion, jusqu’à un bouleversant arrêt sur image absolument magnifique. Sans oublier le suspense (à couper au couteau) en route, le film se révélant finalement plein d’espoir. La noirceur extrême laisse in extremis la place à un feel good movie. L’un des plus beaux films fantastiques / de SF de ces dernières années.

Premier contact (Arrival) – de Denis Villeneuve – 2016

Posté : 4 mai, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, VILLENEUVE Denis | Pas de commentaires »

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Villeneuve réussit un pari audacieux : baser entièrement un film de science-fiction racontant une « rencontre du troisième type » avec de mystérieux extra-terrestres, sur la difficulté de communiquer entre les peuples. Avec, en lieu et place des scènes d’action attendues, de longues séquences décortiquant la manière dont la linguiste (Amy Adams) et le scientifique (Jeremy Renner) tentent de se faire comprendre et s’interrogent sur tous les pièges potentiels de l’anglais et de la langue parlée. Imbitable ? Passionnant au contraire, et c’est bien le tour de force du cinéaste : la linguistique ne m’a pourtant jamais enthousiasmé durant mes études…

Il y a bien quelques rares moments de pur suspense, comme pour permettre aux producteurs d’offrir une bande annonce un peu mouvementée aux spectateurs potentiels : la scène hallucinante de la bombe, en particulier, avec cette fusillade hors champs. Mais Villeneuve ne triche pas, et va bien au bout de son sujet.

Le film laisse entrevoir la possibilité d’un dialogue entre les peuples. De là à y voir une œuvre profondément optimiste, il y a un gouffre : il est surtout question de la difficulté de se comprendre, et de la quasi-incapacité de l’homme à sortir de son mode de raisonnement habituel. En résumé ; pour se comprendre et apprendre à vivre ensemble, il faut accepter de remettre en question tout ce que l’on croit acquis, et chercher à adopter le point de vue de « l’autre ». Pas simple.

Une ouverture à l’autre que le personnage joué par Amy Adams (très émouvante) pousse à l’extrême, avec une histoire personnelle bouleversante dont je ne dirai rien ici, si ce n’est que la fin du film illustre parfaitement cette nécessité d’accepter la nécessité de remettre en question tout ce que l’on croit acquis. Un choc.

La Revanche des Sith / Star Wars, épisode III (Star Wars : Episode III – Revenge of the Sith) – de George Lucas – 2005

Posté : 1 mai, 2017 @ 8:00 dans 2000-2009, FANTASTIQUE/SF, LUCAS George | Pas de commentaires »

La Revanche des Sith / Star Wars, épisode III (Star Wars : Episode III - Revenge of the Sith) - de George Lucas - 2005 dans 2000-2009 Star%20Wars%20La%20Revanche%20des%20Sith_zpsbi9xs2fh

Après les deux premiers volets de cette « prelogie », on n’était pas totalement convaincu du bien-fondé de cette volonté de mettre en image la manière dont Anakin Skywalker est passé du côté obscur de la Force. Obnubilé par son désir de rester fidèle à sa trilogie inaugurale, mais aussi d’en mettre plein la vue et de coller à ce qu’il croit être les goûts du moment, Lucas est certes allé au bout de son ambition, mais en se perdant parfois en route, notamment sur le ton à donner à ses films.

Hésitant entre noirceur et légèreté fun, il a quoi qu’il en dise appris de ses erreurs, reléguant l’insupportable Jar-Jar Binks au rang de second rôle dans l’épisode II, et ne lui accordant qu’une apparition furtive en arrière-plan dans cet épisode III. Comment, d’ailleurs, aurait-il pu donner une place plus importante à cet accident industriel pseudo-comique, dans cet épisode-clé éminemment sombre. Sur ce point, d’ailleurs, Lucas rassure complètement ici : la noirceur du récit, dont on connaît d’avance la fin tragique, est totalement assumée.

Dans la première heure, Lucas réussit ainsi ce qu’il avait largement échoué dans les deux films précédents: mettre au cœur du récit le trouble d’Annakin, Jedi tiraillé entre son devoir, l’amour qu’il ressent pour Padmé, et cette colère de plus en plus explosive qui le dévore peu à peu. Lucas se livre là à un passionnant jeu de dupe, mettant en scène des personnages qui ne sont pas ce qu’ils prétendent être, et faisant planer le doute sur les véritables intentions de chacun, rappelant enfin les inspirations tragiques de la saga.

Le basculement définitif, le moment où les masques tombent dans la douleur, n’est pas totalement à la hauteur, mais il a le mérite d’ouvrir sur une longue conclusion, tout en bruit, en fureur et en larmes, sorte d’apogée pyrotechnique et dramatique de cette prelogie imparfaite. Lucas retrouve alors tout son sens de l’action et du rythme, qui paraissait curieusement amorphe durant la première heure, où les (nombreux) combats semblaient être tournés sans conviction.

Cette conviction, il la retrouve plus que jamais dans la dernière partie du film. Une dernière partie, dont on connaît d’avance tous les rebondissements. C’est d’ailleurs le principal défi que relève Lucas, et qui tourne au jeu de piste pour le spectateur, qui connaît la trilogie originelle, et donc la fin de cette prelogie (l’Empereur omnipotent, Vador engoncé dans sa carapace, Luke sur sa planète, Yoda en exil…).

Certains « raccords » semblent sortir d’un chapeau (la capacité de « survivre à la mort » d’Obi-Wan, la mémoire effacée de C3-PO). Mais pour l’essentiel, Lucas réussit son pari et signe un film réjouissant, notamment pour les fans. Et lorsque Annakin, devenu définitivement Dark Vador, parle pour la première fois avec son célèbre masque, véritable emblème de la saga, c’est la voix profonde de James Earl Jones qui résonne. Superbe manière de boucler la boucle.

La saga Star Wars

Nemesis / Sam was here (id.) – de Christophe Deroo – 2016

Posté : 29 avril, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, DEROO Christophe, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Nemesis / Sam was here (id.) - de Christophe Deroo - 2016 dans 2010-2019 Nemesis_zpsnqbxdfwr

Christophe Deroo, réalisateur français qui signe son premier long métrage avec cette petite production franco-américaine, a dû beaucoup regarder les films de John Carpenter. Dire que l’auteur de Prince des Ténèbres et L’Antre de la folie fait planer son ombre sur cette habile série B est un euphémisme. Deroo n’est d’ailleurs pas le premier héritier plus ou moins revendiqué du maître. Mais il est loin d’être le plus maladroit.

Le réalisateur le reconnaît lui-même (dans l’intéressant making-of) : le sujet de son film lui a été quasi-imposé par le budget minuscule dont il disposait. Jugez plutôt : un acteur seul à l’écran durant la quasi-totalité du film (et à peu près inconnu en plus, Rusty Joiner), le désert californien, et pour seul effet spécial une discrète lueur rouge dans le ciel. Bref, un film dont le coût se limite à peu près à la location de la caméra. Idéal pour se faire la main.

Et l’histoire ? Le prolongement d’un court métrage que Christophe Deroo avait tourné, et dont il souhaitait faire le point de départ d’une série dans la lignée de La Quatrième Dimension. Un représentant de commerce sillonne le Sud désertique de la Californie, et ne croise que des maisons qui semblent avoir été évacuées dans l’urgence. Unique signe de vie : une radio qui évoque les agissements d’un mystérieux tueur dans la région.

Vous pensez avoir saisi l’origine de l’angoisse ? Vous avez sans doute tort… Nemesis multiplie les fausses pistes, et plonge lentement (enfin, lentement… en à peine plus d’une heure dix) son « héros » et le spectateur dans un cauchemar éveillé de plus en plus opaque et étouffant. Angoisse renforcée par la musique, rare mais marquante, signée par un groupe électro baptisée… Christine. En hommage au film de Carpenter ? Le son entêtant et le logo du groupe ne laisse planer aucun doute.

Le film ne révolutionne certes pas le genre. Mais Deroo, comme Carpenter avant lui d’ailleurs, a le bon goût d’assumer pleinement sa volonté de faire un film de genre, sans chercher autre chose que l’efficacité, avec modestie, et une certaine élégance. Ce n’est pas si courant. A suivre…

* DVD chez Condor Entertainment, accompagné d’un petit making of dans lequel le réalisateur évoque avec lucidité et intelligence cette première expérience du long métrage.

Frankenstein (Mary Shelley’s Frankenstein) – de Kenneth Branagh – 1994

Posté : 19 avril, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, BRANAGH Kenneth, DE NIRO Robert, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

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Au début des années 90, Francis Coppola a entrepris un dépoussiérage des grands mythes de la littérature fantastique, d’abord avec son magnifique Dracula, puis en produisant un nouveau Frankenstein confié au Shakespearien Kenneth Branagh. Et dont j’avais gardé un bon souvenir.

Comme quoi… A le revoir, je comprends mieux pourquoi une grande partie de la publicité du film avait été basée sur le fait que, grâce à Branagh, tout le monde saurait désormais que “Frankenstein” n’est pas le monstre, mais le scientifique qui l’a créé. Oui, parce que non seulement la créature (jouée par un De Niro plutôt sobre si on oublie le maquillage) passe au second plan, mais tout le film tourne autour de ce Dr Frankenstein que Branagh interprète lui-même.

Et le film tourne littéralement autour de lui, avec d’interminables et très pompeux mouvements de caméras qui semblent littéralement faire l’amour avec l’acteur-réalisateur, les trois quarts du temps à moitié à poil. Ce Frankenstein a été mal titré : il aurait dû s’appeler Kenneth Branagh’s Frankenstein. Ou même mieux : Great Kenneth Branagh’s Frankenstein. Ou pour faire court : Great Kenneth Branagh.

Le film n’est pas juste mauvais, c’est une véritable aberration, l’œuvre d’un jeune cinéaste qui a enchaîné les succès et les signes de reconnaissance jusque là, et qui se vautre littéralement dans une sorte d’auto-admiration risible et désagréable. Cela dit, il l’est vraiment (mauvais) : Branagh semble incapable de donner un rythme ou une fluidité à son récit, accumule les décors impressionnants sans savoir comment les filmer, et réussit l’exploit de rendre la moindre de ses tirades ridicule. Une catastrophe !

L’Attaque des clones / Star Wars, épisode II (Star Wars : Episode II – Attack of the Clones) – de George Lucas – 2002

Posté : 10 avril, 2017 @ 8:00 dans 2000-2009, FANTASTIQUE/SF, LUCAS George | Pas de commentaires »

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Les trois apparitions, courtes et sobres, de Jar Jar Binks dans cet épisode II prouvent au moins une chose : quoi qu’il puisse dire, George Lucas a entendu les innombrables critiques qui ont entouré la sortie de La Menace Fantôme. Les fans n’ont pas supporté ce personnage entièrement en images de synthèses à l’humour irritant ? Il le relègue à un quasi-rôle de figurant. Les fans regrettaient de ne pas retrouver leurs repères ? Il multiplie les clins d’œil à la trilogie originale, quitte à risquer les incohérences.

Sans vouloir jouer les connaisseurs pointus (ce que je ne suis pas), on peut quand même être surpris de retrouver C3-PO dans la maison des futurs parents adoptifs de Luke Skywalker (une apparition par ailleurs très sympathique), alors que l’on verra ces derniers le découvrir des années plus tard dans l’épisode IV. Mais ne soyons pas snobs : les retrouvailles avec ces décors fondateurs de la saga sont assez enthousiasmantes.

Ce qui l’est plus encore, c’est la manière dont Lucas traite l’apparition des fameux Storm Troopers, les reliant d’une manière totalement inattendue à un autre personnage secondaire mais mythique de la saga : le chasseur de primes Bobba Fett, dont on découvre ici les origines étonnantes et tragiques.

Surtout, ce deuxième volet de la prelogie aborde enfin le sujet central : le passage annoncé d’Anakin du côté obscur de la Force. Le sujet est au cœur de ce film, et son traitement est plutôt convainquant, avec un personnage arrogant juste ce qu’il faut pour être crédible sans être trop évident. Deux grands regrets, quand même : la séquence-clé durant laquelle Anakin cède à la colère dans un déchaînement de violence est largement éclipsée, et Hayden Christensen s’avère un comédien pas vraiment enthousiasmant.

On sent aussi Lucas tiraillé entre son envie de renouer avec la simplicité et la linéarité de la première trilogie, avec ces longues scènes étirées à l’envi pour le seul plaisir du spectateur, et sa volonté de faire avancer l’intrigue de la manière la plus cohérente possible avec son oeuvre originelle, quitte à complexifier à outrance.

Et puis il y a ce regret que l’on peu accoler à à peu près tous les films produits par Lucas devenu multi-millionnaire et tout-puissant : sa tentation de suritiliser les effets spéciaux, jusqu’à l’écœurement. Aussi rythmée et enthousiasmante soit-elle, la course-poursuite dans la grande ville-planète est tellement coupée d’un quelconque semblant de décor naturel qu’elle en devient presque abstraite. Du trop-plein : c’est le principal reproche que l’on peut faire à cet épisode transitoire.

La saga Star Wars

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