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Archive pour la catégorie 'FANTASTIQUE/SF'

Dead again (id.) – de Kenneth Branagh – 1991

Posté : 3 février, 2019 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, BRANAGH Kenneth, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Dead Again

Des ciseaux meurtriers, une femme amnésique, des réminiscences d’une autre vie, un privé fasciné par une femme pleine de mystères… Oui, Branagh lorgne très ouvertement du côté d’Hitchcock pour son deuxième film, assez loin (encore que) de l’univers shakespearien dont il ne sort que rarement en cette première partie de carrière.

Il y a donc du Sueurs froides, du Crime était presque parfait, du … Docteur Edwardes dans ce thriller à travers le temps, histoire d’amour, de meurtre et de réincarnation qui a ceci de quasiment unique dans la filmographie de Branagh : il s’agit d’une histoire originale. Le gars a tellement été acclamé dès son premier film (Henry V) que ce simple constat paraît étonnant, il est pourtant vrai : les films qu’il a réalisés d’après une histoire et des personnages originaux se comptent sur les doigts d’une main de lépreux.

Entre ses adaptations shakespeariennes, ses remakes (de Frankenstein au Crime de l’Orient Express) et ses incursions dans le joli monde moderne des univers étendus (de Disney à Marvel), Branagh s’est presque toujours glissé dans des univers qui n’étaient pas les siens. Parfois avec bonheur, parfois moins. Disons le clairement : Dead again est sans doute son meilleur film, de quoi faire regretter que le talentueux British n’ait pas plus souvent fait confiance à son talent original…

Même si, encore une fois, Dead again est, du début à la fin, un hommage au cinéma d’Hitchcock. Branagh signe là un film assez brillant et très retors, à la fois très marqué par son époque (par toujours pour le meilleur, avec un final limite grand-guignol et généreux en ralentis typique de ce début des années 90, qui évoque d’ailleurs plus les copies de Brian De Palma que Hitchcock lui-même), et intemporel. Le film marque notamment pour la manière dont Branagh met en scène les deux époques de son histoire, la fin des années 40 et l’époque contemporaine.

Le rythme, le cadre, le jeu des acteurs (les mêmes, pourtant : Emma Thompson et Kenneth Branagh, très beau couple), tout est légèrement différent (sans même mentionner l’utilisation du noir et blanc et de la couleur), tout en donnant l’impression tenace que les deux époques se répondent constamment. C’est ce qui fait la réussite du film (l’intrigue en elle-même, efficace, n’a rien d’exceptionnel), ainsi que le jeu des acteurs, avec des seconds rôles parfaits, d’Andy Garcia à Robin Williams en passant par Hanna Schygulla et Derek Jacobi.

E.T. l’extraterrestre (E.T. the Extra-Terrestrial) – de Steven Spielberg – 1982

Posté : 28 janvier, 2019 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, SPIELBERG Steven | Pas de commentaires »

E.T. l'extraterrestre

Une merveille. Que dire de plus que ce simple constat : E.T. est une merveille, un film d’une délicatesse et d’une tendresse folles, le chef d’œuvre d’un amoureux du cinéma devenu le plus grand cinéaste de sa génération, une œuvre visuellement splendide, bouleversante, bienveillante et jamais mièvre. Ben oui : que dire de plus ?

Si vous avez des enfants, organisez vite une projection en famille. Sinon… eh bien empruntez ceux des voisins. Le bonheur, total, vient aussi des coups d’œil lancés à mes rejetons. Le petit, 6 ans, les paupières fixes et la bouche grande ouverte. Le grand, 13 ans, qui aurait préféré mater 58 minutes pour vivre, ne cherche pas longtemps à cacher ses larmes. Celui du milieu, 10 ans, partage ses émotions en serrant ou desserrant le bras de sa maman… Et à la fin, un grand silence, une même émotion, un même enthousiasme.

C’est rare, des films capables d’emporter comme ça toute une famille. Rare et précieux. Bref, E.T. est une merveille. A partir de quelle image, précisément, ce constat est-il généralisé ? A partir de l’apparition des « méchants », silhouettes sans visages qui reviendront comme un fil rouge, et comme une belle leçon sur la notion de bien et de mal ? Ou à partir de ce moment, simple et magnifique, où la balle que le petit Elliot a lancé dans la remise revient comme par magie ?

C’est du pur Spielberg, ça. Du niveau de la fameuse scène entre Roy Scheider et son fils dans Les Dents de la mer, scène dont on retrouve l’esprit tout au long d’E.T.. Spielberg s’y livre une nouvelle fois de manière très personnelle, évoquant avec beaucoup de sensibilité ses propres regrets en tant que fils.

Pas de cynisme, pas d’effets faciles. Spielberg signe une fable intemporelle, que lui seul peut-être pouvait réussir sans tomber dans le grand-guignol, la cul-cul-terie ou la grandiloquence. E.T. est un récit initiatique bouleversant, c’est aussi une grande leçon de vie qui reste d’une acuité incroyable aujourd’hui. Cette peur irrépressible de l’étranger, de celui que l’on ne connaît pas… La photo d’Elliot et de son p’tit pote de l’espace devrait être placardée un peu partout. Juste pour mémoire.

Retour à Glennascaul (Return to Glennascaul) – de Hilton Edwards – 1953

Posté : 14 janvier, 2019 @ 8:00 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, EDWARDS Hilton, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Retour à Glennascaul

Une curiosité : profitant de l’une des innombrables interruptions du tournage d’Othello, dans lequel ils interprètent respectivement Brabantio et Iago, Hilton Edwards et Micheál Mac Liammóir produisent ce court métrage que le premier réalise, et qui évoque « a story that is told in Dublin », une histoire de fantômes bien sûr, comme on les aime dans ces terres celtiques.

Les deux hommes, fondateurs du Gate Theater à Dublin, sont parmi les artistes plus respectés d’Irlande à cette époque. Mais si ce court métrage est si remarquable, cela est surtout dû à la présence d’Orson Welles lui-même, qui joue avec délectation le jeu de la mise en abyme : cette histoire de fantômes est racontée en flash-backs, par un automobiliste en panne que Welles, sorti du plateau de son Othello, prend en stop.

Cette introduction permet de filmer les coulisses de ce tournage épique. Sans en dévoiler grand-chose d’ailleurs : le plateau est d’avantage évoqué que réellement montré, avec de superbes images presque expressionnistes qui portent clairement la marque de Welles. A-t-il participé à la mise en scène de ce petit film ? Officiellement, non, mais on jurerait qu’il a au minimum inspiré très ouvertement Hilton Edwards.

Le « style Orson Welles » revient constamment au cours du film, mais avec une pointe d’ironie qui vient contrebalancer la légère angoisse qui pointe le bout de son nez. Il y a aussi une belle utilisation de cette petite musique lancinante qui contribue à donner son ton particulier au film. Et puis la voix off, omniprésente, d’Orson Welles, qui se présente d’une manière que les auditeurs de l’époque connaissaient bien : « Ladies and gentlemen, this is your obedient servant… »

Le Secret de la pyramide (Young Sherlock Holmes) – de Barry Levinson – 1985

Posté : 8 janvier, 2019 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, LEVINSON Barry, POLARS/NOIRS, Sherlock Holmes | Pas de commentaires »

Le Secret de la pyramide

Sherlock Holmes et John Watson se seraient rencontrés sur les bancs de l’université ? Cherchez pas : jamais Conan Doyle n’aborde la jeunesse de son détective. Cette idée originale permet à la team Spielberg d’intégrer le personnage dans son univers très codifié et très cohérent en ce milieu des années 80, l’époque héroïque de Retour vers le Futur ou des Goonies, l’époque aussi où Indiana Jones était flanqué d’un enfant. Bref, une poignée d’années au cours desquelles Spielberg, réalisateur ou (comme ici) producteur n’envisageait un film que par et pour la jeunesse.

Un parti pris qui ne durera pas, mais qui a une petite tendance à tourner au recyclage. Dans Le Secret de la Pyramide, la Spielberg touch est ainsi particulièrement visible dans une séquence de cérémonie sacrificielle qui semble tout droit sortie du Temple maudit, jusqu’à la manière de la mettre en scène et d’y inclure les héros. Quant à la manière d’évoquer les attributs légendaires du héros (la pipe, la casquette, la redingote…), elle annonce presque à l’identique la première partie de La Dernière Croisade. Rien ne se perd, tout se recycle, jusqu’à l’excès parfois.

Cela étant dit, Young Sherlock Holmes reste une vraie réussite, à laquelle le réalisateur Barry Levinson réussit à donner un look à part, une esthétique très soignée qui évoque davantage l’expressionnisme allemand avec ses longues ombres portées, que les autres productions Amblin. Le scénario n’évite pas les longueurs, mais la mise en scène est le plus souvent très inspirée, et donne un rythme imparable et une allure folle à ce film fun, mais aussi assez sombre : il est quand même question d’un jeune homme qui apprend la perte, le deuil et la solitude…

L’intrigue est totalement improbable, cette histoire de vengeance semble sortie d’un serial des années 30, l’identité du grand méchant est évidente dès qu’il apparaît (y compris son identité secrète, qui n’est dévoilée qu’après le générique de fin)… Mais le film séduit par sa manière de jouer avec les peurs enfantines, les incluant même dans la narration, à travers des séquences d’hallucination qui mettent en scène des effets spéciaux datés, mais très rigolos.

Bien fichue, bourrée de séquences mémorables (celle de l’enterrement, celle du cimetière, celle du lac gelé…), cette production typique du Spielberg des années 80 a particulièrement bien vieillie. Quant à Nicholas Rowe, il retrouvera le personnage de Sherlock Holmes trente ans plus tard, à l’occasion d’un bref cameo dans le Mr. Holmes qui, lui, présentait l’autre versant inconnu de la vie du détective : sa vieillesse.

La Bible (The Bible : in the beginning) – de John Huston – 1966

Posté : 1 janvier, 2019 @ 8:00 dans 1960-1969, FANTASTIQUE/SF, HUSTON John | Pas de commentaires »

La Bible

Il faut un certain courage pour passer les premières minutes du film, interminables. Du courage, ou l’envie profonde de voir ou revoir toute la filmographie de John Huston, entreprise pleine de récompenses enthousiasmantes, mais aussi de quelques écueils. Celui-ci n’est pas le moindre, en tout cas dans cette première partie assez imbuvable.

Avec La Bible, John Huston se lance dans un projet ambitieux, voire démesuré : porter à l’écran les différents chapitres de l’Ancien Testament, de la création du monde en sept jours au sacrifice d’Abraham en passant par la tentation d’Eve, la pomme et le serpent, Abel et Caïn, Noé, le déluge et son arche, Sodome et Gomorrhe, l’arrivée en Terre promise… Un projet titanesque pour une superproduction comme Dino de Laurentiis en avait le goût.

Le résultat est pour le moins problématique. Et le premier problème, c’est que cette première partie consacrée à la Genèse donne l’impression que ça été tourné en temps réel. Et sept jours, c’est long quand on s’ennuie. Et quand ce qu’on voit est d’une telle laideur. Attention : les images sont assez belles, mais Huston se contente alors de coller entre elles de belles vues de nature, soulignant lourdement leur pureté et leur caractère apaisant. On se croirait dans une boutique zen…

La suite est à peine moins agaçante, avec une esthétique new age qui domine dans toute la première partie. Et puis l’effet catalogue interdit une quelconque empathie pour aucun de ces personnages que l’on connaît, dont on connaît l’histoire, mais qui n’ont pas d’existence propre devant la caméra de Huston. Le film se résume alors à une spectaculaire illustration de la Bible, joliment mise en scène mais totalement désincarnée.

Finalement, c’est quand Huston lui-même apparaît sous la barbe de Noé que le film prend une ampleur nouvelle. Parce qu’il est impeccable, parce qu’il y prend un plaisir visible à se mettre en scène au côté de tous ces animaux, parce qu’il incarne vraiment son personnage, en lui apportant une ironie bienvenue, qui manquait à la première heure. Et parce qu’il prend le temps de développer un fil narratif, pour le coup convainquant, et au moins aussi bien que le gros truc interminable avec Russell Crowe.

Et puis le film retombe dans ses travers. Vient le repeuplement, figuré par une sorte de pyramide humaine stylisée mais un peu facile. Ça nous mène à la Tour de Babel, et là aussi c’est visuellement splendide et très impressionnant, mais désincarné et pour tout dire un peu chiant.

Enfin arrive George C. Scott qui interprète Abraham. Et là commence un nouveau film, dont on se dit qu’il aurait effectivement dû faire l’objet d’un film pour lui seul, tant il y a une cohérence dans l’esthétique et les enjeux narratifs autour du personnage. C’est la plus longue partie du film, la dernière, celle où Huston prend le plus le temps de développer les personnages, dont certains sont très beaux : celui d’Ava Gardner notamment, qui permet d’aborder très en avance le thème de la GPA.

De belles trouvailles visuelles aussi, comme la mise en scène de cet ange de Dieu aux trois visages, tous de Peter O’Toole, dont les apparitions sont assez poétiques. Mais aussi une manière de mettre en scène les aspects les plus problématiques de la Bible, comme une manière plutôt audacieuse d’évoquer le fanatisme religieux. Pas toujours passionnant, mais intéressant. C’est déjà ça.

Razorback (id.) – de Russell Mulcahy – 1984

Posté : 31 décembre, 2018 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, MULCAHY Russell | Pas de commentaires »

Razorback

Jeune réalisateur de clips, Russell Mulcahy attire l’œil avec ce long métrage qui a connu un certain succès international, au point de lui valoir une petite carrière hollywoodienne assez prometteuse, dont le point d’orgue sera Highlander… et Rambo 3, dont il commencera le tournage avant d’être remercié par Stallone « pour différents artistiques ». Je dois reconnaître un petit regret : celui de ne pas savoir ce qu’aurait donné le plus célèbre des guerriers de la décennie devant la caméra de ce surdoué de l’image.

Parce que Mulcahy a un sens incontestable de la belle image, et une volonté louable de construire le moindre de ses plans. C’est visible dans ses premiers films américains. Ça l’est d’avantage encore dans ce film d’épouvante tourné dans son Australie, où le cinéaste semble habité par la volonté de rendre la moindre seconde de son film visuellement mémorable. Et c’est vrai qu’elles sont belles ces images, aux couleurs chaudes et aux ombres profondes, qui renforcent à la fois la beauté sauvage du bush et son aspect glauque.

Mais s’il sait construire un cadre, Mulcahy a oublié qu’un film, c’est aussi du rythme, des personnages, des émotions… Bref, tout ce qui donne de la vie et de la profondeur à une histoire. Ce quasi remake poussiéreux des Dents de la Mer en manque profondément. Et ce qui gêne le plus, ce n’est finalement pas le côté clipesque du truc (comme pour Highlander), mais bien cette impression constante de voir un film désincarné. De belles images, superbes même par moments, mais un film vide.

Halloween 3, le sang du sorcier (Halloween 3 : Season of the witch) – de Tommy Lee Wallace – 1982

Posté : 27 décembre, 2018 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, WALLACE Tommy Lee | Pas de commentaires »

Halloween 3

Ne serait-ce que pour la toute dernière image, sommet du film fantastique paranoïaque (si, si, c’est un genre en soi, surtout depuis L’Invasion des profanateurs de sépulture), ce troisième Halloween est un film à voir, et à réévaluer. Non, Tommy Lee Wallace n’est pas Carpenter. Le monteur du premier Halloween, qui fait ici ses débuts derrière la caméra, n’a ni l’élégance ni le sens du frisson de son mentor. Et ce film est loin, très loin, du premier opus de la saga.

N’empêche. Malgré les effets trop faciles (ce son strident qui sort de nulle part dès qu’il faut sursauter), malgré la psychologie limitée des personnages (mais en était-il autrement dans le chef d’oeuvre de Carpenter ?), il y a quelque chose de différent, quelque chose qui n’est pas loin d’être enthousiasmant. Cela dit avec une certaine prudence, tant le film multiplie les maladresses.

Parmi les principaux problèmes, il y a cette oscillation constante entre Mal absolu et Mal raisonné. Autrement dit : faut-il, comme dans le film originel de 1978, prendre le parti de ne rien expliquer, ou au contraire doit-on donner une base scientifique ou ou moins logique à la menace ? Les deux ? Ni l’un ni l’autre ? Ben… pfff… semble plutôt être l’option choisie. Alors on nous sort un morceau de pierre volé à Stonehenge, mais on sait pas trop pourquoi. A vrai dire, on s’en moque totalement.

Il y a en fait deux choses qui comptent vraiment dans ce film. D’abord, le sentiment de paranoïa qui transforme des choses aussi banales qu’un masque d’Halloween et une télévision en menaces mortelles. Un thème dont Carpenter s’emparera plus personnellement avec l’un de ses grands films, déjà réévalué celui-là : Invasion Los Angeles.

Ensuite, et surtout, le film marque une ambition totalement oubliée du producteur Carpenter (et de sa complice d’alors Debra Hill) : reprendre les rênes d’une saga qui lui avait échappée avec Halloween 2, en en faisant totalement autre chose. Ne cherchez pas : il n’y a dans Halloween 3 ni Michael Myers, ni Docteur Loomis, ni baby-sitter trucidée d’ailleurs. Quant aux masques, ils sont portés par d’innocents enfants.

Non, Carpenter pensait avoir fait le tour de son inoubliable croquemitaine, et souhaitait transformer la saga en une sorte de série anthologique : chaque année, un film d’épouvante ayant pour cadre la fête d’Halloween. Une belle idée, en fait, que l’insuccès du film condamnera immédiatement. Dommage, au moins pour ce film-ci, quasiment effacé de la mémoire collective des amateurs de la saga, et qui méritait mieux que cet oubli.

Halloween 3 mérite d’être revu malgré tous les défauts qu’on peut lui trouver : une multiplication inutile des thèmes (le savant fou, la déshumanisation de la société, la puissance de la télévision et du merchandising…), des effets sonores tout pourris, des ressors dramatiques très datés… Parce qu’il est un hommage revendiqué et plutôt convainquant aux classiques du genre des années 50, bourré de clins d’œils au film de Carpenter. Et parce qu’il y a cette dernière image, ce dernier cri, paranoïaque et glaçant. Rien que pour ça.

Le Grinch (The Grinch) – de Yarrow Cheney et Scott Mosier – 2018

Posté : 26 décembre, 2018 @ 8:00 dans 2010-2019, CHENEY Yarrow, DESSINS ANIMÉS, FANTASTIQUE/SF, MOSIER Scott | Pas de commentaires »

Le Grinch

En 2000, Jim Carrey avait incarné le Grinch dans une adaptation live de ce roman pour enfants du Dr Seuss. Avec une certaine folie et une méchanceté que l’on retrouve dans cette nouvelle adaptation, animée cette fois. Une adaptation que l’on doit au studio Illumination. Evidemment, aurais-je envie d’ajouter, tant le personnage rentre parfaitement dans le cahier des charges du studio depuis Moi, moche et méchant et Le Lorax.

Derrière chaque méchant se cache un cœur qui ne demande qu’à grossir et à s’exprimer. On se doute bien que cette morale redondante sera de nouveau illustrée avec ce Grinch version 2018. Et bien sûr, on n’est pas déçu. Il y a donc bien un côté répétitif un peu facile : comme le moche et méchant Gru, le Grinch s’attaque aux enfants (le premier crevait un ballon, le second détruit un bonhomme de neige), ne supporte pas la joie de vivre, et va fendre l’armure face à la bonté.

La méchanceté n’est que façade, mais elle est assez réjouissante. Les bons sentiments sont attendus, mais ils touchent leur cible. Et même si le film répond à tout ce qu’on peut attendre d’un film d’animation mainstream, ce Grinch là est une réussite, bourrée de gags irrésistibles et de trouvailles visuelles assez rigolotes (le vêtement vert qu’enfile le Grinch sur son corps vert).

C’est surtout le rythme qui fait mouche, cette manière d’enchaîner les gags à la manière d’un cartoon de l’âge d’or, avec des décors pleins de ressources (surtout la « grotte » du Grinch) et une utilisation réjouissante de la musique. La meilleure scène : celle où le Grinch tente désespérément d’échapper à une chorale de Noël dans des rues pleines de vie et de bonheur qui sont pour lui comme un décor de film d’horreur.

Minuit à Paris (Midnight in Paris) – de Woody Allen – 2011

Posté : 20 décembre, 2018 @ 8:00 dans 2010-2019, ALLEN Woody, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Minuit à Paris

La tournée européenne de Woody Allen se poursuit à Paris, avec une nouvelle fournée d’images de cartes postales qui devraient être insupportables, et qui se révèlent tout simplement magiques. Qui d’autre que lui aurait pu rendre si belles de telles images fantasmées d’un Paris romantique à l’excès ? Il faut dire que, que ce soit à Londres, Barcelone ou Paris, Woody Allen n’a jamais prétendu être autre chose que ce qu’il est : un Américain fortuné et privilégié, qui découvre une ville étrangère avec les yeux d’un Américain fortuné et privilégié.

Ce parti-pris est particulièrement beau dans ce film, dont le personnage principal fantasme une certaine vision figée dans le passé d’une ville dont il ne connaît finalement que les grandes figures mythiques. Ce personnage, nouvel alter ego de Woody (l’un des meilleurs), c’est Owen Wilson : un apprenti romancier (forcément) dont le rêve se réalise lorsque, chaque soir après minuit, une voiture avec chauffeur l’emmène au cœur du Paris des années 20.

Là, dans ce Paris fantasmé, tous ceux qu’il croise sont des mythes de son panthéon personnel : Scott Fitzgerald et sa femme Zelda, Ernest Hemingway, Pablo Picasso, Salvador Dali et tant d’autres qui semblent constituer toute la population de ce Paris-là. Rien d’étonnant : ce voyage dans le temps est une mise en image de sa vision de Paris, tellement plus belle et romantique que le Paris qu’il fréquente vraiment, peuplé d’une fiancée belle mais odieuse (Rachel McAdams) et d’Américains mesquins ou pédants.

Woody Allen utilise le fantastique pour mieux témoigner des beautés changeantes et pourtant immuables de la ville. Bien sûr, on est aux antipodes du Paris de Frantic par exemple, nettement plus ancré dans la réalité. Mais Woody Allen, plus que jamais, se moque des contraintes de la réalité. Ce sont les sentiments qui le motivent, et le plaisir, gourmand, de confronter ses propres fantasmes, ses propres rêves, à que l’on accepte malgré tout.

Minuit à Paris est une déclaration d’amour à Paris ? C’est aussi un magnifique conte philosophique qui invite à réaliser ses rêves. Un film initiatique, presque, et une merveilleuse virée romantique et pleine de surprises, menée par un casting assez impressionnant, de Marion Cotillard à Adrien Brody en passant par Kathy Bates, Léa Seydoux et, même, Gad Elmaleh et Carla Bruni. Du grand Woody, léger, bienveillant et euphorisant.

Halloween 2 (id.) – de Rick Rosenthal – 1981

Posté : 19 décembre, 2018 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, ROSENTHAL Rick | Pas de commentaires »

Halloween 2

Voilà un parti pris plutôt rare : Halloween 2 reprend très exactement là où Halloween premier du nom se terminait. Pourquoi pas : le final du film de Carpenter s’y prêtait parfaitement. Sauf que cela pose d’emblée une difficulté insurmontable : en faisant de cette suite une vraie deuxième partie se pose immanquablement la question du style, et de la comparaison entre les deux réalisateurs.

Ce problème, le monteur du premier film Tommy Lee Wallace l’avait pressenti, refusant la mise en scène qu’on lui proposait (il fera ses débuts derrière la caméra avec Halloween 3). C’est donc Rick Rosenthal qui s’y colle. Et si le résultat est fort honorable, il n’atteint jamais les sommets du Carpenter, chef d’œuvre d’élégance et d’efficacité. Rosenthal, lui, se contente tant bien que mal de s’inscrire dans la continuité, contraint il est vrai par un Carpenter omniprésent sur le tournage.

Ecrit par Big John lui-même et sa comparse Debra Hill, Halloween 2 ne manque pas d’idées, tout en étant conscient de ses propres limites. Privée de l’effet de nouveauté, cette suite joue ainsi nettement la carte de la surenchère, multipliant les meurtres (trois fois plus que dans le premier) et les manières de trucider son prochain. C’est que, depuis 1978, la mode du slasher s’est développée, et qu’il faut désormais offrir au spectateur ce qu’il attend : toujours plus, plus de frissons, plus de sang, plus de gore.

Il y a quand même une belle idée dans ce scénario, qui évite le côté en redite en déplaçant mine de rien l’action au cours d’une première partie très habile. Durant ces premières minutes, la caméra traverse la petite ville d’Hadonfield, pour nous conduire vers cet hôpital d’où on nous ressortira quasiment plus, devenant un lieu d’angoisse particulièrement oppressant, assez bien utilisé.

Cette première partie permet aussi de renouer avec les personnages du premier film, d’en écarter certains (le shérif, trop occupé par son deuil), de renouer avec un Docteur Loomis plus déterminé que jamais (Donald Pleasance, toujours réjouissant dans ses excès), et de placer définitivement Laurie Strode au cœur de l’action, mais dans une position ouvertement passive (Jamie Lee Curtis, alitée la plupart du temps).

Avec quelques surprises scénaristiques plus ou moins heureuses, quelques beaux plans (le masque de Myers sortant de l’ombre, ou encore les larmes de sang), le thème musical de Carpenter qui assure le frisson… Bien sûr, il manque les travellings magnifiques du premier film et le tempo délibérément lent du premier film, mais cette première suite est une réussite.

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