Play it again, Sam

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Archive pour la catégorie 'ACTION US (1980-…)'

Casino Royale (id.) – de Martin Campbell – 2006

Posté : 3 avril, 2013 @ 12:11 dans * Espionnage, 2000-2009, ACTION US (1980-…), CAMPBELL Martin, James Bond | Pas de commentaires »

Casino Royale (id.) – de Martin Campbell – 2006 dans * Espionnage casino-royale

Pierce Brosnan a sauvé James Bond, renouant avec le succès après des années de doute quant à l’avenir du plus célèbre des espions, dépassé par un cinéma d’action de plus en plus spectaculaire. L’ère Brosnan a permis à la franchise de coller de nouveau à son époque. Mais le personnage, lui, s’inscrivait dans la plus grande des traditions, sorte de mix plaisant mais guère original entre tous les précédents interprètes.

Avec Daniel Craig, choix on ne peut plus hasardeux, croyait-on à l’époque, c’est évidemment une toute autre direction qui est prise, et que confirme le titre même de ce film : Casino Royale est le tout premier roman dans lequel apparaît Bond, et le seul à ne jamais avoir été sérieusement adapté (le Casino Royale avec David Niven était une parodie). C’est donc un nouveau départ que prend 007. Le film commence d’ailleurs par les deux meurtres qui permettent au jeune agent de gagner son double-zéro.

Ambitieux, ce simple choix donne un nouveau souffle à la saga, qui commençait sérieusement à tourner en rond (après 44 ans, ça se comprend). Et même si la réalisation est confiée à Martin Campbell, qui avait déjà accompagné les débuts de Pierce Brosnan avec Goldeneye, le ton et le style n’ont strictement rien à voir avec les précédents Bond.

Plus dur, plus spectaculaire, plus humain, plus physique, ce James Bond nouvelle génération est une véritable claque, qui ravit les fans, et séduit toute une nouvelle génération. La première course poursuite, notamment, hallucinante et vertigineuse, se hisse au niveau des meilleurs scènes d’action du cinéma moderne, et donne littéralement des sueurs froides.

Surtout, l’apparition de Daniel Craig, physique animal et inquiétant, a la force de la première apparition, mythique, de Sean Connery dans Dr. No. Ce Bond-là transpire la testostérone et le danger. Mon coeur balance encore, mais je suis même pas loin de penser que Craig est le meilleur Bond de tous les temps…

Et celui-ci est un bijou, qui réussit quelques miracles. Premier d’entre eux : rendre palpitante une interminable partie de poker, et y intégrer quelques explosions de violence mémorable. Deuxième miracle : rendre James Bond amoureux, et on le comprend, d’une Bond-girl qui pour une fois n’est pas totalement vide. Eva Green¸ beauté fragile, est aux antipodes de la Denise Richards du Monde ne suffit pas, pour prendre l’exemple le plus énorme.

Casino Royale est l’un des meilleurs films de la saga. L’un des plus gonflés aussi : le choix de Daniel Craig, la partie de poker, de longs passages dénués d’action, et la course-poursuite la plus courte et la plus mémorable de l’histoire de James Bond, qui se conclue par un accident grotesque au premier virage…

En rompant avec les facilités des années précédentes (quasiment pas de gadget, quasiment pas de James Bond girls), Casino Royale donne un nouveau souffle à 007.

• Voir aussi : Quantum of Solace et Skyfall.

Max Payne (id.) – de John Moore – 2008

Posté : 10 mars, 2013 @ 11:13 dans 2000-2009, ACTION US (1980-…), MOORE John | Pas de commentaires »

Max Payne (id.) – de John Moore – 2008 dans 2000-2009 max-payne

L’influence du jeu vidéo se fait clairement sentir dans cette adaptation (encore une) d’un hit de la console. N’étant pas un spécialiste, je ne vais pas me livrer au jeu des comparaisons entre le jeu et le film. Mais il y a une esthétique, une manière de filmer les bastons et les fusillades, qui semblent tout droit sorties d’un jeu. Comme si, par moment, on regardait un pote jouer dans son coin.

C’est sans doute un point positif pour les fans du jeu. Mais n’en étant pas, cette esthétique m’a surtout régulièrement rappelé ce qu’est justement le film : une adaptation de jeu vidéo. La psychologie, donc, est réduite à son plus simple appareil, et la douleur de Mark Whalberg, flic hanté par la mort de sa femme et de son enfant, qu’il cherche à venger, paraît totalement désincarnée. Une simple image de la douleur, que jamais on ne ressent vraiment.

Dommage, parce que Whalberg est un acteur qui, même s’il ne surprend jamais vraiment, a une vraie présence à l’écran. Et le choix de rendre visible les états d’âme, ou de défonce, des personnages, est plutôt original et efficace.

Le réalisateur John Moore fait le boulot plutôt bien, son film ne manque pas de rythme, ni d’intérêt visuellement. Ses acteurs sont irréprochables. Finalement, le seul bémol, c’est que Max Payne est moins un vrai film de cinéma qu’une longue bande annonce du jeu vidéo.

21 Jump Street (id.) – de Phil Lord et Chris Miller (2012)

Posté : 10 mars, 2013 @ 10:59 dans 2010-2019, ACTION US (1980-…), LORD Phil, MILLER Chris | Pas de commentaires »

21 Jump Street (id.) - de Phil Lord et Chris Miller (2012) dans 2010-2019 21-jump-street

De la série originale, je garde un bon souvenir d’adolescence : j’avais 12 ans, je trouvais que Johnny Depp était le type le plus cool du monde, et la série correspondait exactement à ce que j’avais envie de voir à la télé à l’époque. Depuis, j’ai débranché l’antenne de ma télé, les vestes larges sont passées de mode, et Johnny Depp est devenu un acteur bankable. Tout passe… L’idée d’une adaptation cinéma n’était donc pas particulièrement excitante.

La surprise n’en est que meilleure. Franchement pas grand chose à voir avec la série, cela dit : alors que le show des années 80 flirtait souvent avec le drame, le film est clairement du côté de la comédie. Seul le principe de base reste le même : une unité de flics aux visages juvéniles, chargés d’infiltrer les lycées américains pour enquêter.

En l’occurrence, c’est le gros Jonah Hill et le viril Channing Tatum qui s’y collent. Deux anciens camarades de classe qui ne pouvaient pas se voir (l’un était mal dans sa peau, l’autre était le mec le plus cool du coin), devenus les meilleurs amis du monde en rentrant dans la police… où ils sont cantonnés à arpenter les allées d’un parc en attendant désespérément leur chance. Ils la trouvent lorsqu’ils sont envoyés dans l’unité du 21 Jump Street.

Les deux acteurs sont clairement ce qu’il y a de mieux dans le film, notamment dans leur manière de sortir leurs dialogues, irrévérencieux et graveleux. On sent bien l’influence de Judd Appatow dans l’écriture, co-signée par Jonah Hill lui-même. L’humour est souvent très en-dessous de la ceinture, les deux comparses passent leur temps à faire mine de se sodomiser (une manière de contourner l’impossibilité d’enchaîner les « Fucks » à Hollywood ?), et arborent un air gentiment ahuri… Et ça fait mouche.

Le film est un pur moment de plaisir potache, qui ne respecte rien, et surtout pas la série originale. La preuve avec les apparitions des acteurs de ladite série : Holly Robinson qui fait un bref clin d’œil, et surtout Peter De Luise et Johnny Depp lui-même, qui reprennent leurs rôles lors d’une séquence délirante à ne pas manquer. Une bien bonne surprise, ma foi…

Créance de sang (Blood Work) – de Clint Eastwood – 2002

Posté : 13 février, 2013 @ 12:57 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, ACTION US (1980-…), EASTWOOD Clint (acteur), EASTWOOD Clint (réal.) | Pas de commentaires »

Créance de sang (Blood Work) – de Clint Eastwood – 2002 dans * Thrillers US (1980-…) creance-de-sang

Il y a tout juste dix ans, Eastwood offrait à ses fans de la première heure un ultime polar pur et dur. Un beau cadeau qui ne s’apparente pas aux combats de trop d’un Charles Bronson. Depuis le début des années 90, Eastwood prend un malin plaisir à souligner son âge, jouant avec délectation de ses rides et des limites de son corps.

Pour ce retour à un genre qu’il connaît par cœur (les premières images, plans nocturnes d’une grande ville filmée d’hélicoptère, rappellent le début de Dirty Harry et ses suites, et d’autres polars comme La Corde raide), Eastwood trouve le matériau idéal  dans l’excellent roman de Michael Connelly. Le personnage de Terry McCaleb est vieilli d’une trentaine d’années (Clint a 72 ans), mais le film reste globalement fidèle au roman.

Ce qui a attiré l’acteur de Dans la ligne de mire dans cette histoire est évidente : McCaleb est un super flic à la Dirty Harry, mais dont le cœur lâche alors qu’il est sur la piste d’un tueur en série. On le retrouve deux ans plus tard, fraîchement transplanté, et reprendre du service quand il apprend que celle qui lui a donné son cœur a été assassinée.

Eastwood joue avec son âge, son corps abîmé, qu’il exhibe avec pudeur, dans de très belles séquences nocturnes, où sa longue cicatrice semble sortir de la pénombre.

Mais son film est aussi un vrai polar, qui porte clairement la marque d’Eastwood : le rythme, volontiers lent, est à l’opposée de la norme hollywoodienne. Il ne prend par l’enquête policière à la légère, comme il l’avait fait avec Jugé coupable, mais il la mène à son rythme, à l’image de la force tranquille du personnage. S’autorisant même une improbable pause beignets dans une salle d’interrogatoire, l’action et les dialogues s’arrêtant durant de longues secondes. Typiquement eastwoodien.

Créance de sang n’est pas un chef d’œuvre. Le scénario de Brian Helgeland est efficace, mais assez convenu, et les dialogues parfois stéréotypés. Mais ce polar hors du temps est une gourmandise indispensable pour les amoureux du grand Clint : ses adieux à un genre dont il est indissociable.

Le dernier Rempart (The Last Stand) – de Kim Jee-woon – 2012

Posté : 10 février, 2013 @ 5:24 dans 2010-2019, ACTION US (1980-…), KIM Jee-won | Pas de commentaires »

Le dernier Rempart (The Last Stand) - de Kim Jee-woon - 2012 dans 2010-2019 le-dernier-rempart

Dix ans après Terminator 3, et après quelques brèves apparitions (Expendables et sa suite notamment), revoilà le Governator en tête d’affiche. L’admirateur de Predator que je suis trépignait d’impatience, et lorsque le rideau du cinéma s’est ouvert, en découvrant les deux bandes annonces, c’est un saut dans le temps de 15 ou 20 ans que j’ai fait : Stallone prêt à en découdre dans Du Plomb dans la tête, et Bruce Willis qui renfile le débardeur dans le nouveau Die Hard… Les années 80/90 sont de retour, pour sûr.

Schwarzie’s back, donc ? Yeap, et son retour est plutôt probant. Pas tout à fait le choc attendu, non : la présence du réalisateur de l’excellent J’ai rencontré le diable (qui signe son premier film américain) laissait espérer un film nettement plus percutant. C’est parfois un peu mou, certaines vannes de sidekicks pas indispensables tombent à plat… Mais il y a de très belles saillies dans ce western moderne aux scènes d’action franchement réjouissantes.

Arnold lui-même a sans doute trop de dialogue : il a toujours été un acteur limité face à des tirades trop longues pour lui. Mais il est toujours aussi impressionnant à l’écran, malgré les années qui marquent durement son visage. Et sa volonté manifeste de lorgner du côté d’un Clint Eastwood vieillissant est tout à son honneur. Schwarzenegger a 65 ans, et pas question de jouer les quadras. « Comment te sens-tu ? », lui demande un type. « Vieux », répond-il en se relevant péniblement. Quant à la scène où il boit une bière assis sur le perron de sa maison, difficile de ne pas y voir un clin d’œil très marqué à Clint (notamment dans Gran Torino).

Logique, d’ailleurs, puisque le film rend hommage au western, et tout particulièrement à Rio Bravo (le shérif qui ne peut compter que sur une équipe de bras cassés pour protéger sa ville et remplir son devoir), avec tous les ingrédients du genre : les barricades improvisées dans les rues désertes, le saloon qui sert de cœur au village, le bureau du shérif avec sa prison, et même le duel final… jusqu’au méchant attaché au « cheval » (faut voir Schwarzie dans ce qu’il reste de sa voiture) qu’il doit suivre en courant…

Le film ne se prend pas au sérieux. Ce qui est à la fois louable… et regrettable : trop d’humour pas très drôle. Mais dans les nombreux accès de violence et scènes d’action, le style percutant de Kim Jee-woon et la présence impressionnante d’Arnold explosent réellement.

A défaut de faire un retour fracassant, Arnold Schwarzenegger fait un retour honnête, et plein de promesses…

Le Dernier Samaritain (The Last Boy Scout) – de Tony Scott – 1992

Posté : 21 décembre, 2012 @ 2:18 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, ACTION US (1980-…), SCOTT Tony | Pas de commentaires »

Le Dernier Samaritain

Une petite pensée pour Tony Scott qui, à défaut d’avoir été un grand auteur, a incarné tout un pan du cinéma populaire hollywoodien des années 80 et 90. On peut lui reprocher ou lui en donner crédit, mais le benjamin des frères Scott a contribué à inventer un nouveau type de films d’action, mélange souvent douteux de cool attitude, de punchlines plus ou moins drôles, de noirceur sidérale, et d’action tous azimut.

Dans le genre, The Last Boy Scout est un petit classique, l’un de ces buddy movies improbables (un détective privé miteux associé à une ancienne gloire du football américain) qui se tournaient à la chaîne à l’époque. L’action est très spectaculaire (même si la mise en scène clipesque de Scott a tendance à atténuer l’effet percutant de ces séquences) ; l’humour très… trop… enfin, bien gras ; les personnages bien sombres (Bruce Willis dans son numéro d’alcoolique usé jusqu’à la corde qu’il continue à égrener, 20 ans plus tard), et en même temps très, très cools…

Pas grand-chose de plus à dire sur ce film peuplé de méchants caricaturaux, si ce n’est que la victime qui se fait dessouder au début est jouée par une inconnue nommée Halle Berry, que Damon Wayans est plutôt moins tête à claque que la plupart des sidekicks dont on affublait les héros à l’époque…

Bruce Willis fait du Bruce Willis. Mais même quand il fait le minimum syndical, ce type est l’incarnation la plus parfaite de ce cinéma d’action hollywoodien. Et au début des années 90, il est au sommet de son charisme.
C’est peut-être pas énorme, mais ce nanar agaçant et plutôt bien foutu supporte assez bien l’épreuve du temps. Vingt ans après, ça reste un bon actioner qui n’est violent et cruel que pour le fun. No hard feeling…

Skyfall (id.) – de Sam Mendes – 2012

Posté : 15 novembre, 2012 @ 10:14 dans * Espionnage, 2010-2019, ACTION US (1980-…), James Bond, MENDES Sam | Pas de commentaires »

Skyfall

James Bond a 50 ans, et son gâteau d’anniversaire est sans doute le tout meilleur film de la saga. En un peu plus de deux heures vingt, Sam Mendes (enfin un vrai grand cinéaste aux commandes !) fait bien plus que relever le défi : il signe quelques-unes des cascades les plus impressionnantes de ces dernières années, confirme la nouvelle direction plus sombre donnée au mythe depuis Casino Royale, renoue avec l’humour et les figures bondiennes un peu mises de côté depuis dix ans (eh oui, déjà dix ans que Pierce Brosnan a raccroché le Walter ppk…).

Ce que réussit Mendes avec ce film, c’est rien moins que poser les bases des films à venir. Après le diptyque Casino Royale / Quantum of Solace, Skyfall marque un vrai renouveau que l’on devine durable, avec notamment l’introduction du nouveau Q (le jeune Ben Wishaw — Grenouille du Parfum de Tom Tykwer — aux antipodes de Desmond Llewelyn), de Moneypenny, et d’autres surprises que, pas dégueu, je ne dévoilerai pas ici.

Et puis, demi-siècle oblige, le film rend aussi un bel hommage aux origines de la saga, et notamment au meilleur épisode de la période pré-Daniel Craig : Goldfinger. La mythique Aston Martin avec son fameux siège éjectable est ainsi littéralement sortie du placard pour un retour en Ecosse (d’où Sean Connery est originaire, et où il a tourné une partie de Goldfinger) mémorable. Hommage respectueux, certes, mais le sort réservé à cette voiture d’un autre temps (particulièrement inconfortable, à en croire M, toujours jouée par Judi Dench) ne laisse pas planer le doute : James Bond est bien entré dans une nouvelle ère.

Le film respecte bien le cahier des charges : des Bond Girls belle à damner (c’est même le seul atout de Bérénice Marlohe, dont les talents d’actrice sont assez discutables), quelques gadgets (peu quand même, à la grande déception de Bond…), une chanson imparable (Adele en fait l’une des plus mémorables de la série), des voyages aux quatre coins du monde… et une séquence pré-générique hallucinante. Très inspirée de la saga Jason Bourne (en particulier La Vengeance dans la peau), cette poursuite dans le grand bazar d’Istambul est un petit chef d’œuvre à lui seul, jouant habilement sur l’espace et la vitesse. Ça commence en voiture, ça continue à motos, et ça finit sur un train sans le moindre temps mort. Ebourrifant.

Le film est aussi gorgé de grandes idées de scénario et de mise en scène. Malgré l’emballage et les passages obligés, Skyfall ne ressemble vraiment à aucun autre James Bond. Pas de menace sur le monde ici, mais une « simple » histoire de vengeance. En guise de méchant, on a un type franchement efféminé et visiblement taraudé par une sorte de complexe d’Œdipe, joué avec jubilation par Javier Bardem. Et pour la première fois, toujours cinquantenaire oblige, l’essentiel de l’action se déroule au Royaume Uni : dans les sublimes Highlands d’Ecosse et à Londres. Passionnant, d’ailleurs, de voir James Bond, que l’on a l’habitude de voir dans des décors plus exotiques et plus sauvages, être plongé pour la première fois au cœur du tube, le métro londonien. Voir le mythe James Bond confronté aux « vrais » gens, à un environnement pour une fois très réaliste et quotidien, est une expérience déroutante et fascinante.

L’exotisme n’est pas oublié pour autant, avec des passages par Macau ou encore Shanghaï, Mendes choisissant une esthétique différente et très marquée pour chaque destination : un rouge orangé chaud et mystérieux pour Macau, une brume grise qui rappelle le lourd passé de Bond pour les Highlands, une image plus réaliste pour Londres, une esthétique post-apocalyptique pour la « tanière » du méchant, ou encore une image bleue glacée pour la très moderne Shanghaï, lieu d’une séquence formidable, qui se termine dans un immeuble tout en verre, avec un combat à mains nus dont on ne voit que des ombres chinoises… Et c’est formidable.

Rien à jeter dans ce Bond-là, d’une inventivité et d’une efficacité folles. Vivement la suite…

• Voir aussi : Casino Royale et Quantum of Solace.

Sherlock Holmes (id.) – de Guy Ritchie – 2009

Posté : 31 août, 2012 @ 12:43 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, ACTION US (1980-…), RITCHIE Guy, Sherlock Holmes | Pas de commentaires »

Sherlock Holmes

Guy Ritchie réussit un petit miracle avec cette adaptation audacieuse, explosive, moderne, et pourtant fidèle à l’œuvre de Conan Doyle. Il y avait pourtant de quoi avoir peur : Holmes, adepte du combat de rue ? Mouais… sauf que la baston est une manière pour lui de canaliser son hyperactivité intellectuelle. Une intrigue qui flirte dangereusement avec le paranormal ? Mouais… sauf que Ritchie redresse la barre à la dernière minute, expliquant tout de manière rationnelle… comme le faisait Conan Doyle lui-même.

Alors oui, on regarde le film avec une méfiance constante, en s’attendant à peu près au pire, déjà parce que le sieur Ritchie n’a pas fait que du bon par le passé. Et on se dit que, à un moment ou un autre, il va faire le mauvais choix. D’ailleurs, l’intrigue n’est ni vraiment convaincante, ni particulièrement intéressante. Mais au final, c’est un grand soulagement qui domine : Ritchie a tenu sa barre constamment, il ne s’est pas fourvoyé, et il signe un Sherlock Holmes fidèle à son modèle, et très enthousiasmant.

On se fout de l’histoire ? Qu’importe : même dans les livres de Conan Doyle, l’intrigue elle-même n’était pas toujours passionnante. Ce qui compte bien sûr, ce sont les déductions impressionnantes et réjouissantes de Holmes, et ses rapports avec Watson. Et dans ces deux domaines, le film fait des miracles. Côté déductions, Ritchie parvient à nous glisser dans le cerveau hyper actif du détective, avec ses images clipesques un peu maniérées qui pour une fois font sens. Côté relation, c’est peut-être encore plus réussi…

Ritchie instille une dose très marquée et très humoristique d’homosexualité refoulée entre les deux hommes, et fait de ce tandem un vrai couple qui ne dit pas ce qu’il est, mais qui partage passions et engueulades… Une relation qui a son pendant « hétéro » : l’histoire d’amour non consommée entre Holmes et Irène (Rachel MacAdams) est très belle, aussi.

Ces deux relations illustrent joliment les deux aspects contradictoires et complémentaires de Holmes, qui regrette le vie de couple avec Watson tout en tombant amoureux de la seule femme avec laquelle il ne peut pas vivre, et symbolise son incapacité à vivre en société. C’est parfois touchant, et surtout très drôle.

Surtout que Holmes est interprété par l’excellent Robert Downey Jr, génial acteur trop longtemps oublié, à la fois charismatique et doté d’un second degré toujours réjouissant. Face à lui, Jude Law est très bien aussi en Watson.

Ajoutons à cela, et ce n’est pas le moins réussi, une vision plastiquement superbe du Londres de la fin du XIXème siècle, avec une mise en scène constamment inspirée (on pourrait dire que Ritchie a réussi là ce que Pitof avait lamentablement raté avec son Vidocq)… Et voilà l’adaptation de Sherlock Holmes la plus audacieuse, la plus excitante, la plus explosive et la plus fidèle depuis des décennies…

La Relève (The Rookie) – de Clint Eastwood – 1990

Posté : 21 août, 2012 @ 6:18 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, ACTION US (1980-…), EASTWOOD Clint (acteur), EASTWOOD Clint (réal.) | Pas de commentaires »

La Relève

Ça n’intéressera personne, mais La Relève est le premier Eastwood que j’ai vu au cinéma. J’avais 14 ans, j’étais déjà un grand fan, et je me souviens avoir adoré ça. Plus de vingt ans après, le revoir montre bien à quel point la sensibilité de spectateur évolue avec le temps : difficile de reconnaître la touche Eastwood derrière ce polar efficace et explosif, mais dénué d’une quelconque originalité.

Echaudé par les échecs (francs ou relatifs) de ses derniers films, et alors qu’il venait de raccrocher le Smith et Wesson de Calahan à l’issue d’un cinquième volet un peu poussif, Eastwood est à la croisée des chemins. Il a 60 ans, et sait qu’il ne pourra plus longtemps jouer les gros bras. Cette Relève, qui porte bien son nom, sonne ainsi comme un baroud d’honneur pour un acteur populaire qui allait de plus en plus se tourner vers sa casquette de cinéaste, et qui n’allait pas tarder à sortir des cartons le scénario qu’il gardait depuis plus d’une décennie : celui de Impitoyable.

C’est d’ailleurs étonnant de constater qu’Eastwood réalisateur a enchaîné son plus mauvais film et son plus grand chef d’œuvre. Comme si, avant de signer son grand-œuvre (et d’obtenir enfin la récompense de ses pairs), il lui fallait prouver qu’il pouvait encore être dans l’ère du temps. C’est d’ailleurs la dernière fois (la seule, d’ailleurs) que le réalisateur Eastwood se plie à la mode du moment. Dans la lignée de L’Arme fatale et de nombreux autres polars de la fin des années 80, La Relève est en effet un « buddy movie » très classique (un vieux flic irrascible, une jeune recrue trop bien élevée), qui joue sur l’opposition des caractères et sur la surenchère spectaculaire.

Dans le domaine du spectaculaire, il faut reconnaître que le film est très convaincant, dominé par quelques séquences très originales et très impressionnantes, en particulier une course poursuite sur l’autoroute avec un camion transportant des voitures de luxe, et l’hallucinante explosion d’un immeuble dont les deux héros échappent en sautant du cinquième étage à bord d’une décapotable. Même à une époque où on a à peu près tout vu en matière de cascades pyrotechniques, ce moment reste réellement bluffant.

Pour le reste, à part quelques séquences nocturnes où on retrouve vaguement le style Eastwood, le film est très oubliable. Dans les rôles des méchants, Sonia Braga et Raul Julia sont aussi truculents et démodés qu’Alan Rickman dans Piège de Cristal : c’était génial en 1990, c’est à peine supportable aujourd’hui. Charlie Sheen, dans le rôle du « rookie » du titre, n’a pas le quart de la moitié du charisme d’Eastwood, qui lui se contente de recycler ses rôles passés, de Dirty Harry au Tom Highway du Maître de guerre. Pas vraiment glorieux, mais pas honteux non plus.

La Rivière sauvage (The River Wild) – de Curtis Hanson – 1994

Posté : 23 octobre, 2011 @ 5:42 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, ACTION US (1980-…), HANSON Curtis | Pas de commentaires »

La Rivière sauvage (The River Wild) - de Curtis Hanson - 1994 dans * Thrillers US (1980-…) la-riviere-sauvage

Avoir revu l’excellent Wonder boys m’a donné envie de replonger dans cette Rivière sauvage, du même Curtis Hanson, que je n’avais plus fréquentée depuis sa sortie en salles. Ça nous rajeunit pas, ma brave dame. Le film, en tout cas, tient plutôt bien l’épreuve du temps : seul le jean délavé trop large de Meryl Streep est là pour nous rappeler que le film est bientôt majeur !

L’histoire est très simple : une famille de New Yorkais part décompresser quelques jours en descendant en bateau les eaux agitées d’une rivière sauvage (eh oui, d’où le titre). Ils rencontrent des étrangers avec qui ils sympathisent, mais qui se révèlent être de dangereux malfaiteurs… Difficile de voir le film sans penser à Délivrance ou à Rivière sans retour, deux chef d’œuvre d’un autre temps auxquels Hanson rend hommage, sans se laisser étouffer par la double comparaison.

Rien à dire sur le sens de la narration du cinéaste, qui sait décidément y faire avec le film de genre : après une première partie toute en douceur, Hanson fait monter la pression autour du personnage de Kevin Bacon, jeune homme sympathique qui révèle sa vraie nature de monstre prêt à tout, même à tuer un chien de sang froid (mais rassurez-vous, on est à Hollywood, où il est plus facile de tuer un enfant qu’un chien). Ce thriller au grand air est particulièrement flippant.

Rien à dire non plus sur la manière dont il filme les descentes de rapides… Nettement plus spectaculaire que Rivière sans retour, La Rivière sauvage est un pur plaisir de cinéma très impressionnant visuellement. D’autant plus que tout le film est dominé par les décors naturels absolument époustouflants dans lesquels il a été tourné. Cours d’eau calme ou gorges profondes entourées de montagnes boisées, chaque image est d’une beauté à couper le souffle. A tel point qu’on souhaiterait presque, par moments, que les personnages disparaissent pour mieux profiter de cette nature sublimissime.

Mais Hanson ne se contente pas de raconter une histoire inquiétante dans un décor de rêve : il fait de la nature un élément essentiel de son film. Comme John Boorman dans Délivrance, mais surtout comme Anthony Mann dans ses westerns (en particulier L’Appât). C’est un personnage à part entière, peut-être le plus riche et surprenant de tous.

Bon point aussi pour les acteurs, et surtout pour les deux personnages les plus en retraits : le mari (David Strathairn) et le complice de Kevin Bacon (John C. Reilly, espèce de gros nounours toujours très juste et surprenant). Finalement, le principal défaut du film, c’est sa star : Meryl Streep, qui en fait des tonnes dans le côté « je suis une grande actrice bien au-dessus de mes partenaires ». On l’a connue plus sobre et plus convaincante…

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