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Archive pour la catégorie 'ACTION US (1980-…)'

Dead Man Down (id.) – de Niels Arden Oplev – 2013

Posté : 7 août, 2013 @ 3:18 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), OPLEV Niels Arden | Pas de commentaires »

Dead Man Down (id.) – de Niels Arden Oplev – 2013 dans * Thrillers US (1980-…) dead-man-down

L’affiche française du film est un pur produit marketing, qui surfe éhontément sur le succès de Millenium, le roman à succès de Stig Larsson : même code visuel, gros plan de Noomi Rapace, révélée par l’adaptation danoise du roman (tournée avant celle de David Fincher), et mise en avant du réalisateur Niels Arden Oplev, à qui on doit justement cette première adaptation.

Pourtant, le premier film américain du réalisateur danois est bien plus qu’un ersatz de son précédent film. Oplev s’empare du film de genre (en l’occurrence, le film noir et le film de vengeance), dont il respecte les règles tout en apportant un vrai souffle de fraîcheur.

Il y a d’abord une construction originale, qui fait confiance à l’intelligence et à la curiosité du spectateur. Qui est vraiment ce personnage d’homme de main interprété par Colin Farrel ? On ne le découvrira vraiment que longtemps après le début du film. Oplev laisse planer le mystère, et n’hésite pas à nous laisser dans l’incompréhension, par moments. Comme il ne nous aide pas à comprendre cette jeune femme défigurée (Noomi Rapace), qui vit chez sa mère un peu fofolle et un peu sourde (Isabelle Huppert, inattendue), et dont on ne sait jamais vraiment par quoi elle est animée.

C’est d’ailleurs l’une des grandes réussites du film : les beaux rapports entre le tueur au lourd secret et sa voisine défigurée, qui dépassent tous les poncifs. La romance qui pourrait les sauver est contrariée par leur rage à tous les deux, qui les poussent à être aussi inhumains que ceux qu’ils visent. Cette manière de décevoir constamment la romance potentielle donne au film un ton et une force rares.

Il y a aussi de vrais morceaux de bravoure dans le film, avec un suspense très solide (notamment lors d’une scène ébouriffante dans un immeuble dont notre héros tente de s’échapper), et une ultime séquence de fusillade qui ose franchir toutes les limites, y compris la vraisemblance de rigueur depuis le début du film (on peut quand même se demander où sont passés les flics, qui ne pointent pas le bout du nez dans ce quartier résidentiel dont une maison est transformée en zone de bataille).

Dead Man Down est l’un des meilleurs thrillers de ces dernières années.

• Le film vient de sortir en DVD chez Metropolitan Films, avec quelques featurettes promotionnelles.

Du plomb dans la tête (Bullet to the head) – de Walter Hill – 2012

Posté : 17 juin, 2013 @ 10:18 dans 2010-2019, ACTION US (1980-…), HILL Walter, STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Du plomb dans la tête (Bullet to the head) – de Walter Hill – 2012 dans 2010-2019 du-plomb-dans-la-tete

Un tueur à gages et un flic font équipe pour retrouver le commanditaire des meurtres de leurs partenaires respectifs. C’est le point de départ de ce buddy movie adapté d’un roman graphique du Français Matz, et porté par un Stallone qui porte quand même franchement bien ses 65 ans.

Le film marque aussi le retour au premier plan de Walter Hill, qui n’avait plus fait grand-chose de vraiment frappant depuis plus de quinze ans. Scénariste de Guet-Apens et d’Alien, réalisateur d’Extrême Préjudice et de Wild Bill, spécialiste du buddy movie (48 heures, Double détente), Hill est une figure incontournable du cinéma d’action « hard boiled », un type qui, mine de rien, ne signe à peu près que des westerns à peine déguisés.

Avec Du plomb dans la tête, il est en terrain connu. Et il ne faut certes pas chercher une quelconque originalité au film. Le coup du flic et du méchant qui font équipe n’est pas nouveau, pas plus que le fait d’associer un jeune très porté nouvelles technologies (le flic, joué par Shung Kang) et un vieux de la vieille très brut de décoffrage.

Mais qu’importe : la recette fonctionne parfaitement, et le film est d’une efficacité redoutable. Un petit film, oui (même la durée : à peine plus d’une heure vingt), mais qui va droit au but, avec un humour pas envahissant et une violence brute et brutale. Un bon film bien bourrin et virile, donc.

Il y a aussi une bonne surprise dans ce film : Jason Momoa, le nouveau Conan (pas vu). Dans cet univers de testostérone où la psychologie n’a pas sa place, cette montagne de muscle incarne un méchant très méchant, mais aussi assez original. Un ancien mercernaire qui ne travaille que pour le plaisir, avec une certaine innocence qui surprend. Et c’est plutôt un bon acteur, qui parvient à insuffler une âme à son personnage.

C’est aussi une espèce de test pour les fans de Stallone : c’est le premier film dans lequel la star se laisse totalement diriger (même s’il est à l’origine du projet) depuis son retour inattendu au premier plan. Comme Rocky, on sait que Stallone n’est jamais aussi passionnant que quand il est au fond du trou. C’est quand on n’attendait plus rien de lui qu’il a écrit le beau Rocky Balboa, puis John Rambo. Revenu au premier plan grâce à ses deux personnages fétiches, il a enchaîné en imaginant une nouvelle franchise (Expendables), dont il est le seul maître.

Redevenu une icône du cinéma d’action, il se retrouve dans la position qui était la sienne au milieu des années 80. Avec trente ans de plus, mais la même crainte : en confiance, Stallone va-t-il se laisser aller aux mêmes excès musculo-grotesques que dans sa pire période ? Du plomb dans la tête laisse la question en suspens. Le film est une réussite, un film sec et nerveux comme on les aime. Mais à trop poursuivre dans cette même voie, Stallone risque bien de se répéter, voire de s’autoparodier.

• Le film sort en DVD le 10 juillet, chez Metropolitan. En bonus : un petit doc sur les coulisses assez convenu, quelques bandes annonces des nouveautés de l’éditeur, et surtout une interview amusée de Matz, l’auteur français du roman graphique original (et scénariste), qui raconte la genèse de l’histoire, et comment il s’est retrouvé à travailler avec Stallone et Walter Hill. Pas d’emphase ni de vaine excitation dans cette interview, mais le commentaire honnête d’un type conscient que le film n’est pas un chef d’œuvre, mais content d’avoir participé à une telle aventure.

Jack Reacher (id.) – de Christopher McQuarrie – 2012

Posté : 3 juin, 2013 @ 10:08 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), CRUISE Tom, McQUARRIE Christopher | 1 commentaire »

Jack Reacher (id.) – de Christopher McQuarrie – 2012 dans * Thrillers US (1980-…) jack-reacher

Jack Reacher n’a pas eu le succès qu’il méritait, mais la tiédeur de son accueil populaire n’est pas une surprise. Dans un certain sens, c’est un film d’un autre temps, qui évite la surenchère d’action et d’effets spéciaux de rigueur aujourd’hui. Un film qui aurait pu être réalisé dans les années 70, avec son thème du vigilante et sa poursuite en voiture que n’aurait reniée ni Friedkin, ni Frankenheimer. Ou même dans les années 30 : ce héros sans vie réelle, sans identité propre, visiblement taillé pour devenir un héros récurrent, évoque Le Saint de la série de films originels, ou d’autres personnages de cette époque.

C’est d’ailleurs ce qui séduit et déroute à la fois : Jack Reacher est un personnage totalement en dehors des critères actuels, l’un de ces héros dont le public raffolait avant l’avènement de la télévision et des séries. Des héros dont on savait qu’on les retrouverait dans d’autres décors, avec d’autres seconds rôles, un autre emploi, mais toujours justicier. De Cheyenne Harry à Simon Templar en passant par The Thin Man, le cinéma américain d’avant-guerre en est peuplé.

Hélas, le succès très relatif du film semble condamner tout retour de Jack Reacher. Hélas, car il y a dans ce film un décalage constant qui fait mouche. Un humour qu’on n’attend pas, une certaine manière de prendre son temps et d’éviter toute surenchère, et une interprétation qui, mine de rien, est constamment étonnante.

Christopher McQuarrie, loin quand même de l’intelligence dont il avait fait preuve avec le scénario de Usual Suspects, s’amuse à filmer des personnages dont on doute constamment de la nature et du prochain acte. Tom Cruise, parfait comme toujours ; Werner Herzog, stoïque et glaçant ; Jai Courtney, nettement moins insupportable que dans Die Hard 5 ; Robert Duvall (qui retrouve Tom Cruise plus de vingt ans après Jours de Tonnerre), irrésistible… Tous, même la douce Rosamund Pike, donnent l’impression de pouvoir passer d’un côté à l’autre de la loi.

A ce petit jeu, le personnage de Jack Reacher pourrait être le moins intéressant, mais Tom Cruise, acteur décidément doué, impose une interprétation sensible et nuancée. Sa prestation ne ressemble à aucune autre de ses films précédents.

Parfois lent, parfois déroutant, Jack Reacher n’est ni un film moderne, ni un film à l’ancienne. C’est un film en dehors du temps, qui devrait donc durer, et être réévalué…

Night and day (Knight and day) – de James Mangold – 2010

Posté : 31 mai, 2013 @ 1:37 dans 2010-2019, ACTION US (1980-…), CRUISE Tom, MANGOLD James | Pas de commentaires »

Night and day (Knight and day) – de James Mangold – 2010 dans 2010-2019 night-and-day

James Mangold a beau toucher à tous les genres, la comédie ne tient pas une grande place dans sa filmographie. Night and day fait donc figure de baptême du feu, et le résultat est plus que concluant : il y a bien longtemps que je n’avais pas ri autant qu’avec cet hommage amusé à James Bond et à La Mort aux trousses.

Tom Cruise joue un super agent secret aussi doué que le Ethan Hunt de Mission : Impossible, capable des mêmes exploits physiques, à cela prêt que le ton est clairement à la parodie ici. Jamais Mangold ne se prend au sérieux, enchaînant les scènes comme on passe d’une carte postale à une autre, grâce à des astuces rigolardes qui évitent de perdre du temps avec des transitions qui tueraient le rythme.

Sidekick blonde et pétillante de Tom Cruise, Cameron Diaz est la victime perpétuelle de ces astuces : son personnage étant régulièrement assommée, endormie, ou droguée, et se réveillant dans un lieu différent… et très exotique. L’histoire, d’ailleurs, importe peu : seule compte la manière de filmer ce couple improbable (un super espion, et une jeune femme sans histoire) amené à faire équipe contre une bande de traîtres et de tueurs, et le plaisir de les voir dans les situations les plus inattendues et les plus explosives.

Un avion sans pilote que super Tom pose dans un champs, une fusillade mémorable à moto… Les moments de bravoure s’enchaînent, toujours surprenantes. Cameron Diaz est fraîche et hilarante, Tom Cruise se moque de lui-même avec intelligence, les seconds rôles sont aussi caricaturaux qu’hilarants, et on prend un plaisir fou devant cette comédie d’action folle et joyeuse, brillant exercice de style, pur plaisir d’une infinie légèreté, qui prend le parti du mouvement perpétuel, à la manière du Hitchcock de North by Northwest dont il reprend la structure, la volonté de filmer des décors fortement marqués, et l’utilisation du fameux macguffin, objet mystérieux qui n’est qu’un prétexte pour faire avancer l’histoire.

Alex Cross (id.) – de Rob Cohen – 2012

Posté : 20 mai, 2013 @ 3:16 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), COHEN Rob | Pas de commentaires »

Alex Cross (id.) – de Rob Cohen – 2012 dans * Thrillers US (1980-…) alex-cross

Alex Cross est le héros d’une série de romans signés James Patterson déjà adaptés deux fois au cinéma avec Morgan Freeman dans le rôle principal (Le Collectionneur et Le Masque de l’araignée, dans lesquels l’acteur surfait sur le succès de Seven) : un profiler qui traque des tueurs en série en s’identifiant à eux.

Ce « reboot » (la pratique est décidément très à la mode) présente un Alex Cross qui s’apprête à faire son entrée au FBI, suite à une tragédie personnelle qui fait du tueur qu’il piste une proie très personnelle. Pourquoi pas… Ce pitch était la promesse d’une petite soirée plutôt sympathique : les deux films avec Morgan Freeman étaient très efficaces à défaut d’être des chefs d’œuvre, et Rob Cohen est le réalisateur d’un Daylight que j’ai toujours beaucoup aimé.

Sauf que Tyler Perry n’a pas le dixième du charisme (ou du talent) de Morgan Freeman, et que Cohen est aussi le réalisateur de Fast and Furious et xXx, et que Daylight fait plutôt figure d’heureuse exception dans une filmographie un rien douteuse.

Violent et très sombre, ce Alex Cross remplit son cahier des charges assez efficacement, mais le plaisir qu’on aurait pu prendre est gâché par une accumulation de mauvais choix de réalisateur. Une caméra souvent portée à l’épaule qui donne l’impression que Cohen a définitivement déposé les armes, tombant dans le pire travers de la facilité (tu veux pas te casser la tête à composer un plan qui fasse mouche ? t’as qu’à faire trembler ta caméra, ça marche toujours…).

Vers la fin du film, les choses se gâtent encore : la caméra embarquée dans une voiture adopte soudain le point de vue du tueur ; puis l’image devient soudain plus froide, sans transition ni autre raison que de signaler qu’on arrive dans le climax du film… Au lieu de renforcer le drame, ces effets ratés ne font que casser un rythme déjà discutable.

Et puis, si Tyler Perry est irréprochable (malgré son manque manifeste de charisme), Matthew Fox fait un numéro de dingue. Son but, visiblement : camper un méchant inoubliable. Son résultat : être grotesque, constamment dans l’excès.

A condition d’être dans une particulièrement bonne humeur, le film se laisse voir avec un certain plaisir. Mais on est bien dans le tout venant hollywoodien, sans personnalité, ni originalité.

Quantum of Solace (id.) – de Marc Forster – 2008

Posté : 5 avril, 2013 @ 2:19 dans 2000-2009, ACTION US (1980-…), FORSTER Marc, James Bond | Pas de commentaires »

Quantum of Solace (id.) – de Marc Forster – 2008 dans 2000-2009 quantum-of-solace

Casino Royale avait fait mieux que relancer la saga 007. Le film avait fait de James Bond, personnage vieillissant, l’un des héros d’action les plus excitants du moment. Autant dire que la suite était attendue avec impatience. D’autant plus que, fait sans précédent, ce Bond-là est la suite directe du précédent, bouclant un diptyque original chargé de poser les nouvelles bases du personnage : plus sombre, plus douloureux, plus physique, plus violent.

Avec Quantum of Solace, l’effet Daniel Craig joue toujours parfaitement, mais le film se situe quand même à un cran nettement inférieur. Contrairement au précédent, celui-ci est parfois un peu brouillon. Et la mise en scène de Marc Forster, en particulier dans la première moitié, manque parfois cruellement d’inventivité et de virtuosité.

La poursuite sur les toits de Séville tombe ainsi un peu à plat : on imagine ce qu’elle aurait donné devant la caméra d’un Johnnie To ou d’un Tsui Hark. En particulier cette fusillade, suspendue à des cordes, qui rappelle sans l’égaler quelques moments mémorables de Time and Tide.

Cinéaste peu habitué à l’action, Forster n’a pas le classicisme de Martin Campbell, réalisateur de Casino Royale, ou le talent énorme de Sam Mendes, qui signera Skyfall. Son style syncopé dans les scènes d’action finit par perdre et lasser le spectateur. Quelques belles idées tombent alors un peu à plat, comme la « conférence » pendant la Tosca, qui demandait la virtuosité du Coppola du Parrain 3.

Pour être honnête, c’est la comparaison avec Casino Royale (ou Skyfall) qui plombe ce Quantum of Solace, tout de même nettement supérieur à tous les Brosnan et tous les Moore. On y trouve d’ailleurs quelques fulgurances, et de beaux passages plus intimes, comme les face-à-face entre Bond et Mathis, qu’on a plaisir à retrouver après le précédent film, et qui laisse transparaître l’homme qui souffre derrière la carapace du matricule 007.

Cette fois encore, peu de James Bond girls : une seule, mais pas n’importe laquelle. Olga Kurylenko est d’une beauté à couper le souffle, et son personnage, très présent, est particulièrement réussi. Plus, en tout cas, que le grand méchant interprété par Mathieu Amalric, dont le parti-pris de le filmer comme un type normal tombe totalement à plat.

La seconde partie du film est plus excitante. L’arrivée de Bond et Olga dans un village de Bolivie privé d’eau est saisissante, tout comme la séquence finale, dans un improbable hôtel high tech perdu au milieu du désert, qui rappelle les bases secrètes des vieux Bond.

Ce Bond en demi-teinte n’est certes pas aussi excitant que le précédent, ou le suivant. Mais il ne manque pas d’un certain charme, et confirme la nouvelle direction prise par la saga : révolutionner la série, tout en respectant son histoire. En cela, le film est très réussi.

• Voir aussi : Casino Royale et Skyfall.

Casino Royale (id.) – de Martin Campbell – 2006

Posté : 3 avril, 2013 @ 12:11 dans 2000-2009, ACTION US (1980-…), CAMPBELL Martin, James Bond | Pas de commentaires »

Casino Royale (id.) – de Martin Campbell – 2006 dans 2000-2009 casino-royale

Pierce Brosnan a sauvé James Bond, renouant avec le succès après des années de doute quant à l’avenir du plus célèbre des espions, dépassé par un cinéma d’action de plus en plus spectaculaire. L’ère Brosnan a permis à la franchise de coller de nouveau à son époque. Mais le personnage, lui, s’inscrivait dans la plus grande des traditions, sorte de mix plaisant mais guère original entre tous les précédents interprètes.

Avec Daniel Craig, choix on ne peut plus hasardeux, croyait-on à l’époque, c’est évidemment une toute autre direction qui est prise, et que confirme le titre même de ce film : Casino Royale est le tout premier roman dans lequel apparaît Bond, et le seul à ne jamais avoir été sérieusement adapté (le Casino Royale avec David Niven était une parodie). C’est donc un nouveau départ que prend 007. Le film commence d’ailleurs par les deux meurtres qui permettent au jeune agent de gagner son double-zéro.

Ambitieux, ce simple choix donne un nouveau souffle à la saga, qui commençait sérieusement à tourner en rond (après 44 ans, ça se comprend). Et même si la réalisation est confiée à Martin Campbell, qui avait déjà accompagné les débuts de Pierce Brosnan avec Goldeneye, le ton et le style n’ont strictement rien à voir avec les précédents Bond.

Plus dur, plus spectaculaire, plus humain, plus physique, ce James Bond nouvelle génération est une véritable claque, qui ravit les fans, et séduit toute une nouvelle génération. La première course poursuite, notamment, hallucinante et vertigineuse, se hisse au niveau des meilleurs scènes d’action du cinéma moderne, et donne littéralement des sueurs froides.

Surtout, l’apparition de Daniel Craig, physique animal et inquiétant, a la force de la première apparition, mythique, de Sean Connery dans Dr. No. Ce Bond-là transpire la testostérone et le danger. Mon coeur balance encore, mais je suis même pas loin de penser que Craig est le meilleur Bond de tous les temps…

Et celui-ci est un bijou, qui réussit quelques miracles. Premier d’entre eux : rendre palpitante une interminable partie de poker, et y intégrer quelques explosions de violence mémorable. Deuxième miracle : rendre James Bond amoureux, et on le comprend, d’une Bond-girl qui pour une fois n’est pas totalement vide. Eva Green¸ beauté fragile, est aux antipodes de la Denise Richards du Monde ne suffit pas, pour prendre l’exemple le plus énorme.

Casino Royale est l’un des meilleurs films de la saga. L’un des plus gonflés aussi : le choix de Daniel Craig, la partie de poker, de longs passages dénués d’action, et la course-poursuite la plus courte et la plus mémorable de l’histoire de James Bond, qui se conclue par un accident grotesque au premier virage…

En rompant avec les facilités des années précédentes (quasiment pas de gadget, quasiment pas de James Bond girls), Casino Royale donne un nouveau souffle à 007.

• Voir aussi : Quantum of Solace et Skyfall.

Max Payne (id.) – de John Moore – 2008

Posté : 10 mars, 2013 @ 11:13 dans 2000-2009, ACTION US (1980-…), MOORE John | Pas de commentaires »

Max Payne (id.) – de John Moore – 2008 dans 2000-2009 max-payne

L’influence du jeu vidéo se fait clairement sentir dans cette adaptation (encore une) d’un hit de la console. N’étant pas un spécialiste, je ne vais pas me livrer au jeu des comparaisons entre le jeu et le film. Mais il y a une esthétique, une manière de filmer les bastons et les fusillades, qui semblent tout droit sorties d’un jeu. Comme si, par moment, on regardait un pote jouer dans son coin.

C’est sans doute un point positif pour les fans du jeu. Mais n’en étant pas, cette esthétique m’a surtout régulièrement rappelé ce qu’est justement le film : une adaptation de jeu vidéo. La psychologie, donc, est réduite à son plus simple appareil, et la douleur de Mark Whalberg, flic hanté par la mort de sa femme et de son enfant, qu’il cherche à venger, paraît totalement désincarnée. Une simple image de la douleur, que jamais on ne ressent vraiment.

Dommage, parce que Whalberg est un acteur qui, même s’il ne surprend jamais vraiment, a une vraie présence à l’écran. Et le choix de rendre visible les états d’âme, ou de défonce, des personnages, est plutôt original et efficace.

Le réalisateur John Moore fait le boulot plutôt bien, son film ne manque pas de rythme, ni d’intérêt visuellement. Ses acteurs sont irréprochables. Finalement, le seul bémol, c’est que Max Payne est moins un vrai film de cinéma qu’une longue bande annonce du jeu vidéo.

21 Jump Street (id.) – de Phil Lord et Chris Miller (2012)

Posté : 10 mars, 2013 @ 10:59 dans 2010-2019, ACTION US (1980-…), LORD Phil, MILLER Chris | Pas de commentaires »

21 Jump Street (id.) - de Phil Lord et Chris Miller (2012) dans 2010-2019 21-jump-street

De la série originale, je garde un bon souvenir d’adolescence : j’avais 12 ans, je trouvais que Johnny Depp était le type le plus cool du monde, et la série correspondait exactement à ce que j’avais envie de voir à la télé à l’époque. Depuis, j’ai débranché l’antenne de ma télé, les vestes larges sont passées de mode, et Johnny Depp est devenu un acteur bankable. Tout passe… L’idée d’une adaptation cinéma n’était donc pas particulièrement excitante.

La surprise n’en est que meilleure. Franchement pas grand chose à voir avec la série, cela dit : alors que le show des années 80 flirtait souvent avec le drame, le film est clairement du côté de la comédie. Seul le principe de base reste le même : une unité de flics aux visages juvéniles, chargés d’infiltrer les lycées américains pour enquêter.

En l’occurrence, c’est le gros Jonah Hill et le viril Channing Tatum qui s’y collent. Deux anciens camarades de classe qui ne pouvaient pas se voir (l’un était mal dans sa peau, l’autre était le mec le plus cool du coin), devenus les meilleurs amis du monde en rentrant dans la police… où ils sont cantonnés à arpenter les allées d’un parc en attendant désespérément leur chance. Ils la trouvent lorsqu’ils sont envoyés dans l’unité du 21 Jump Street.

Les deux acteurs sont clairement ce qu’il y a de mieux dans le film, notamment dans leur manière de sortir leurs dialogues, irrévérencieux et graveleux. On sent bien l’influence de Judd Appatow dans l’écriture, co-signée par Jonah Hill lui-même. L’humour est souvent très en-dessous de la ceinture, les deux comparses passent leur temps à faire mine de se sodomiser (une manière de contourner l’impossibilité d’enchaîner les « Fucks » à Hollywood ?), et arborent un air gentiment ahuri… Et ça fait mouche.

Le film est un pur moment de plaisir potache, qui ne respecte rien, et surtout pas la série originale. La preuve avec les apparitions des acteurs de ladite série : Holly Robinson qui fait un bref clin d’œil, et surtout Peter De Luise et Johnny Depp lui-même, qui reprennent leurs rôles lors d’une séquence délirante à ne pas manquer. Une bien bonne surprise, ma foi…

Créance de sang (Blood Work) – de Clint Eastwood – 2002

Posté : 13 février, 2013 @ 12:57 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, ACTION US (1980-…), EASTWOOD Clint (acteur), EASTWOOD Clint (réal.) | Pas de commentaires »

Créance de sang (Blood Work) – de Clint Eastwood – 2002 dans * Thrillers US (1980-…) creance-de-sang

Il y a tout juste dix ans, Eastwood offrait à ses fans de la première heure un ultime polar pur et dur. Un beau cadeau qui ne s’apparente pas aux combats de trop d’un Charles Bronson. Depuis le début des années 90, Eastwood prend un malin plaisir à souligner son âge, jouant avec délectation de ses rides et des limites de son corps.

Pour ce retour à un genre qu’il connaît par cœur (les premières images, plans nocturnes d’une grande ville filmée d’hélicoptère, rappellent le début de Dirty Harry et ses suites, et d’autres polars comme La Corde raide), Eastwood trouve le matériau idéal  dans l’excellent roman de Michael Connelly. Le personnage de Terry McCaleb est vieilli d’une trentaine d’années (Clint a 72 ans), mais le film reste globalement fidèle au roman.

Ce qui a attiré l’acteur de Dans la ligne de mire dans cette histoire est évidente : McCaleb est un super flic à la Dirty Harry, mais dont le cœur lâche alors qu’il est sur la piste d’un tueur en série. On le retrouve deux ans plus tard, fraîchement transplanté, et reprendre du service quand il apprend que celle qui lui a donné son cœur a été assassinée.

Eastwood joue avec son âge, son corps abîmé, qu’il exhibe avec pudeur, dans de très belles séquences nocturnes, où sa longue cicatrice semble sortir de la pénombre.

Mais son film est aussi un vrai polar, qui porte clairement la marque d’Eastwood : le rythme, volontiers lent, est à l’opposée de la norme hollywoodienne. Il ne prend par l’enquête policière à la légère, comme il l’avait fait avec Jugé coupable, mais il la mène à son rythme, à l’image de la force tranquille du personnage. S’autorisant même une improbable pause beignets dans une salle d’interrogatoire, l’action et les dialogues s’arrêtant durant de longues secondes. Typiquement eastwoodien.

Créance de sang n’est pas un chef d’œuvre. Le scénario de Brian Helgeland est efficace, mais assez convenu, et les dialogues parfois stéréotypés. Mais ce polar hors du temps est une gourmandise indispensable pour les amoureux du grand Clint : ses adieux à un genre dont il est indissociable.

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