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Archive pour la catégorie 'ACTION US (1980-…)'

Le Pacte (Seeking Justice) – de Roger Donaldson – 2011

Posté : 30 août, 2014 @ 5:18 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), DONALDSON Roger | Pas de commentaires »

Le Pacte

Il y a une intention plutôt louable à l’origine de ce thriller efficace à défaut d’être vraiment excitant : la volonté d’apporter une réponse complexe aux vigilante films qui continuent à polluer régulièrement le cinéma américain, avec des nanars très douteux auxquels il arrive que même les plus grands prennent part (A vif, de Neil Jordan, avec Jodie Foster, une aberration). La première partie est d’ailleurs franchement réussie, et pose de vraies questions, sur la tentation de faire justice soi-même.

Nicolas Cage, très à l’aise mais sans surprise, interprète un mari sans histoire, dévasté lorsque sa femme se fait violer. Abordé par un étrange étranger (Guy Pearce), il accepte sous le choc la proposition qu’on lui fait : une mystérieuse organisation va éliminer le violeur. En échange, un service lui sera demandé, un jour. Ce jour arrive, et le piège se referme sur le gentil mari, forcé de se demander jusqu’où il peut aller pour ceux qu’il aime.

La première demi-heure tient ses promesses. Le piège qui se referme sur Nicolas Cage, ses hésitations, les étapes qu’il franchit les unes après les autres. Et puis… Ben et puis pas grand-chose. Les questions que le début du film a soulevé restent en suspense, la psychologie des personnages s’estompe (le professeur n’a pas l’air de prendre plus mal que ça de s’être transformé en fugitif), et Roger Donaldson nous rappelle que son talent se situe dans le pur film de genre…

Plus rien d’original, donc, et la critique de l’auto-défense se transforme en un pétard mouillé. Le Pacte devient alors un thriller assez classique mais très efficace, qui propose une plongée dans les rues de la Nouvelle Orléans encore marquées par la tempête Katrina. On oublie les promesses initiales du film, on se laisse aller au jeu un peu facile de la paranoïa à tout va qui s’installe (la moitié de la ville semble impliquée dans le complot), on profite des grands moments de suspense très efficaces (la scène dans le supermarché désaffecté), on se dit que, quand même, Nicolas Cage n’a pas l’air très impliqué, et on regretterait presque de ne pas avoir de pop corn sous la main.

Three days to kill (id.) – de McG – 2014

Posté : 20 août, 2014 @ 3:10 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), COSTNER Kevin, McG | Pas de commentaires »

Three days to kill

Le bon côté d’abord : ça fait plaisir de retrouver Kevin Costner en tête d’affiche. Requinqué par le succès de la formidable mini-série Hatfield & McCoys et par ses seconds rôles remarqués dans Man of Steel et The Ryan Initiative, celui qui fut la plus grande star du début des années 90, celui à cause de qui des avocats et des huissiers s’appellent Kevin, aujourd’hui en France, Costner a droit à un action movie taillé pour lui par un Luc Besson qui tente de renouer avec lui les succès qu’il a connu avec Liam Neeson (Taken 1, 2, 3…).

Evidemment, ça, ce n’est pas une bonne nouvelle. Autant on peut saluer l’ambition de Besson réalisateur, autant Besson scénariste s’apparente à une photocopieuse doublée d’une machine à faire du cash. Avec Three days to kill, ce sont donc strictement les mêmes recettes que dans tous les films qu’il scénarise à la chaîne depuis vingt ans, que l’on retrouve : des fusillades, des poursuites en voiture, un humour lourdingue, des émotions faciles, et une morale pour le moins flottante.

Avec toujours un semblant d’idée originale. Ici : une maladie incurable dont souffre un tueur de la CIA (Costner, donc), qui le pousse à se rapprocher de sa femme et de sa fille dont il s’est éloigné depuis des années. C’est avec elles qu’on a droit aux scènes les plus sympathiques et émouvantes, même si les clichés sont à tous les étages, dans ce Paris de carte postale qui n’oublie absolument aucun passage obligé (la Tour Eiffel scintille, évidemment), pour être bien sûr de toucher un public international. Il faut dire que l’épouse est interprétée par Connie Nielsen qui, même quand elle n’a rien à jouer, est excellente, et que la gamine est jouée par Hailee Steinfel, la révélation de True Grit.

Besson donne aussi un rôle un peu grotesque à Amber Heard, curieux ange-gardien de Kevin, qui incite ce dernier à sortir de sa retraite en échange d’un sérum qui pourrait lui sauver la vie… mais lui file des hallucinations qu’il ne peut soigner qu’à la vodka. La belle ne sert pas à grand-chose dans le film, si ce n’est dans une séquence de tuerie qui tourne à l’engueulade autour de ce qu’est une moustache. De loin le passage le plus amusant.

Le scénario est particulièrement indigeste, entremêlant lourdement les tueries de Kevin et ses galères pour devenir un bon père. Mais il réserve pas mal de morceaux de bravoure qui auraient pu sauver le film. Las, c’est McG aux commandes, le réal de Charlie’s Angels et de Terminator Renaissance, dont le style syncopé fatigue et provoque l’ennuie dès la première scène d’action. A voir pour Costner, seulement pour lui…

• DVD chez Europa, avec quelques bonus promotionnels dans lesquels Costner et McG clament leur enthousiasme.

L’Enquête (The International) – de Tom Tykwer – 2009

Posté : 21 mai, 2014 @ 5:12 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, ACTION US (1980-…), TYKWER Tom | Pas de commentaires »

L'Enquête

Réalisateur souvent agaçant (Cours Lola Cours, Le Parfum), Tom Tykwer se débarrasse de ses tics pour ce thriller sous influence des productions américaines des années 70. Il y a quelque chose des Trois jours du Condor, dans cette enquête qui met aux prises un homme de dossier avec un système basé sur le secret, le mensonge et la manipulation. A ceci près que la CIA a laissé la place aux grandes banques internationales, qui détiennent le pouvoir en ce début du troisième millénaire, et que le « terrain de jeu » ne se cantonne plus au territoire américain, mais se déroule à l’échelle de la planète.

Avec ce thriller international, Tykwer dénonce donc la toute-puissance du système bancaire, son cynisme, et la propension des puissants à jouer avec les peuples en crise pour consolider leurs positions. Bref, rien de neuf sous le soleil : le film creuse un sillon déjà bien tracé, sans apporter grand-chose de nouveau. Le brave et droit Clive Owen, agent d’Interpol lancé dans une véritable quête, est d’une pureté presque angélique, mais devra se résoudre à tourner le dos à ses illusions pour que justice soit faite. Sauf que la justice, bien sûr, est une notion bien illusoire.

Quand il se prend un peu trop au sérieux, Tykwer est assez emmerdant, et jamais très fin. Mais le film est avant tout un très bon thriller paranoïaque, admirablement tendu. En tant que pur film de genre, L’Enquête est une vraie réussite, qui prend le parti de nous emmener aux quatre coins du monde (Berlin, Paris, New York, Istanbul…), ce qui donne au réalisateur l’occasion de filmer de bien belles images.

Dans le rôle d’un procureur ricain, Naomi Watts ne force pas son talent, mais Clive Owen apporte ce mélange de force et de fragilité qui le caractérise si bien, faisant de son personnage un homme décidé et tourmenté, aussi convaincant dans les échanges verbaux que dans les scènes d’action, rares mais haletantes.

Un sommet dans le genre : l’extraordinaire fusillade dans le musée Gugenheim, durant laquelle Tykwer révèle un talent insoupçonné, utilisant les volumes du bâtiment et faisant virevolter la caméra d’une manière aussi élégante qu’impressionnante, pour signer une sorte de ballet virtuose et hyper violent. Rien que pour cette scène d’anthologie, L’Enquête est à voir.

Sherlock Homes : jeu d’ombres (Sherlock Holmes : A game of shadows) – de Guy Ritchie – 2011

Posté : 8 février, 2014 @ 1:14 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), par personnages / séries, RITCHIE Guy, Sherlock Holmes | 1 commentaire »

Sherlock Holmes Jeu d'ombres

Avec le premier Sherlock Holmes, Guy Ritchie avait surpris son monde en signant l’adaptation à la fois la plus explosive, et peut-être la plus fidèle à l’esprit de l’œuvre de Conan Doyle. Un film profondément moderne et franchement réjouissant, totalement débarrassé de l’imagerie holmesienne imposée par les dizaines de films et séries télé qui ont précédé.

Avec cette deuxième aventure, l’effet de surprise est un peu émoussé. Ritchie reprend strictement les mêmes recettes et le même esprit que dans le précédent. Son style tape-à-l’œil, au mieux un peu vain, au pire insupportable dans ses films antérieurs, trouve une nouvelle fois un terrain de jeu idéal : le cerveau hyper-actif et un rien malade du détective, dont on découvre les méandres et le fonctionnement lorsqu’il anticipe les affrontements souvent très brutaux avec ses ennemis.

Les parti-pris esthétiques ne surprennent plus, et le choix de situer cette nouvelle enquête dans un contexte international très tendu, avec attentats et menace de guerre mondiale, est assez discutable. Car ce qui séduit le plus dans ce film, c’est la légèreté qui s’en dégage, et le pur plaisir qu’on y prend. Ainsi, la partie la plus faible reste sans doute l’intrusion en terre allemande, où Ritchie invoque les tragédies mondiales du siècle qui s’annonce, à travers une esthétique très connotée qui s’inscrit dans la lignée des grands films consacrés à la Shoah.

Mais la plupart du temps, le plaisir est bien là. Un plaisir porté par la musique et la culture gypsie, qui a toujours habité les films de Ritchie, et que le réalisateur parvient à insérer dans cette œuvre a priori très british d’une manière plutôt maligne.

Quant au choix, déroutant dans un premier temps, d’avoir confié le rôle titre à Robert Downey Jr, il se révèle une nouvelle fois la meilleure des idées. L’acteur est absolument formidable en être obsessionnel et asocial, génial et odieux, égoïste et totalement dévoué. Un rôle auquel il apporte une présence évidente, un humour irrésistible, et un second degré qui fait la différence.

Le couple qu’il forme avec Jude Law – Watson est ce qu’il y a de mieux, cette fois encore. D’autant plus que les deux hommes sont confrontés à la pire crise de leur vie : le mariage de Watson, que Holmes voit d’un mauvais œil. Ritchie laisse planer le doute quant à leurs relations : le détective éprouve-t-il une jalousie enfantine à voir son compagnon de jeu préférer une vie d’adulte ? ou y a-t-il quelque attirance romantique entre ces deux-là ?

L’ambiguïté de leur relation trouve son apogée lors de la scène du train, au cours de laquelle un Holmes déguisé en femme jette l’épouse de Watson par la porte avant de se jeter par terre avec son ami… Et ça, quand même, il fallait oser…

Danger immédiat (Clear and present danger) – de Phillip Noyce – 1994

Posté : 5 février, 2014 @ 2:20 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, ACTION US (1980-…), FORD Harrison, NOYCE Philip | Pas de commentaires »

Danger immédiat

Cette suite par d’emblée dans la bonne direction : creuser le sillon qui n’avait été qu’ébauché dans Jeux de guerre, lors d’une séquence mémorable de tuerie virtuelle. Dans ce nouveau « Jack Ryan », l’analyste de la CIA, promu directeur adjoint suite à la maladie de son mentor (toujours joué par James Earl Jones), est confronté au cynisme des plus hautes sphères de l’Etat, lancées dans une guérilla sans morale face aux barons de la drogue.

Pris entre deux feux, Ryan est plus que jamais le symbole de la pureté et de l’innocence. Trop parfois, quitte à devenir la caricature de lui-même lors d’une tirade mémorable : « Ce n’est pas noir ou blanc, c’est bien ou mal ! »

Toujours aux manettes (hélas !), Phillip Noyce n’est pas devenu un grand réalisateur en deux ans. Le manque de rythme, l’anonymat de la mise en scène, la manière souvent convenue de filmer les dialogues… Tout cela plombe un film par ailleurs trop long.

Mais le scénario, plus complexe et plus ambitieux, est une réussite. Et puis le film, en revenant aux fondamentaux de l’œuvre de Tom Clancy, relègue la vie privée de Ryan au second plan, et avec elle la femme de Ryan, toujours interprétée par une Anne Archer au visage curieusement momifié, assez insupportable.

Ses face-à-face avec Harrison Ford en sont presque dérangeants, tant le contraste entre leurs deux jeux est frappant. Elle totalement inexpressive, lui absolument remarquable. Il est, cette fois encore, la raison d’être et le meilleur atout de cette honnête séquelle.

• A l’occasion de la sortie en salles de The Ryan Initiative, Paramount vient d’éditer un coffret, DVD ou blue ray, regroupant les quatre premiers films consacrés à Jack Ryan (A la poursuite d’Octobre rouge, Jeux de guerre, Danger immédiat et La Somme de toutes les peurs), avec des interviews d’époque plutôt intéressantes, consacrées à la gestation des films.

Jeux de guerre (Patriot Games) – de Phillip Noyce – 1992

Posté : 5 février, 2014 @ 2:16 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, ACTION US (1980-…), FORD Harrison, NOYCE Philip | Pas de commentaires »

Jeux de guerre

Après le formidable A la poursuite d’Octobre Rouge, les producteurs ont rapidement mis en chantier une suite des aventures de Jack Ryan. Deux suites, même : les droits de Jeux de guerre et de Danger immédiat avaient été achetés à Tom Clancy, et des scénarios ont été commandés pour les deux. Finalement, il a été décidé de privilégier le premier, davantage axé sur la vie privé de Jack Ryan.

Sauf que Alec Baldwin, qui souhaitait monter sur scène, a rejeté l’offre, et qu’il a fallu lui trouver un remplaçant. C’est Harrison Ford qui s’y colle. La star avait déjà été approchée pour le précédent film, mais il estimait alors que le seul rôle intéressant était celui de l’officier russe finalement joué par Sean Connery. Cette deuxième chance lui vaudra l’un de ses plus gros succès populaires de la décennie.

Le film n’a pourtant pas bonne réputation. Beaucoup lui reprochent son manichéisme outrancier, et la condamnation sans nuance de l’IRA. Cette critique est un peu excessive et injuste. Manichéen, le film l’est assurément. Mais il ne fait pas des indépendantistes irlandais des monstres absolus. Le grand méchant, joué par Sean Bean, n’est finalement mû que par une soif de vengeance personnelle, un méchant plutôt classique du cinéma américain. Quant au groupuscule auquel il appartient, qui tente de tuer un membre de la famille royale, il s’agit d’une branche dissidente de l’IRA, qui marque de manière radicale sa rupture avec le mouvement officiel, dès les premières séquences.

Cette précision faite, on peut trouver bien d’autres défauts au film, dus avant tout à la personnalité du réalisateur : Phillip Noyce, pas vraiment un foudre de guerre, faiseur un peu mollasson que le monde a découvert grâce à son Calme Blanc made in Australia, et qui tournera par la suite des films oubliables comme Le Saint ou Salt. Avec une propension affirmée à passer à côté de ses sujets…

D’un thème fort (jusqu’où un homme « normal » est-il prêt à aller pour défendre sa famille, et « faire ce qui est bien » ?), Noyce tire un thriller honnête et assez efficace, mais anonyme et sans la moindre aspérité à laquelle se raccrocher.

Pour Harrison Ford, le film inaugure en quelque sorte une décennie toute entière consacrée à ces thrillers dont il est le héros, le sujet, et la seule raison d’être. Presque un genre en soi : « le thriller des années 90 avec Harrison Ford monsieur tout-le-monde intègre et droit qui se retrouve plongé au cœur de la violence ». Et dans ce rôle, bien sûr, il est parfait.

Il y a quand même deux grandes scènes très réussies. La première d’abord : celle où Ryan, témoin d’un attentat, ne peut s’empêcher d’intervenir. Et surtout celle où il assister, par écran interposé, au massacre de terroristes qu’il a lui-même localisés, et dont on ne voit que de vagues silhouettes à l’écran.

Une séquence quasi-muette et statique, mais qui est la seule à rompre avec le manichéisme du film. Soudain, le gentil sans peur et sans reproche laisse transparaître doutes et dégoût, en réalisant que les méthodes que son camp utilise ne sont pas si différentes de celles des monstres qu’il traque…

• A l’occasion de la sortie en salles de The Ryan Initiative, Paramount vient d’éditer un coffret, DVD ou blue ray, regroupant les quatre premiers films consacrés à Jack Ryan (A la poursuite d’Octobre rouge, Jeux de guerre, Danger immédiat et La Somme de toutes les peurs), avec des interviews d’époque plutôt intéressantes, consacrées à la gestation des films.

Dead Man Down (id.) – de Niels Arden Oplev – 2013

Posté : 7 août, 2013 @ 3:18 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), OPLEV Niels Arden | Pas de commentaires »

Dead Man Down (id.) – de Niels Arden Oplev – 2013 dans * Thrillers US (1980-…) dead-man-down

L’affiche française du film est un pur produit marketing, qui surfe éhontément sur le succès de Millenium, le roman à succès de Stig Larsson : même code visuel, gros plan de Noomi Rapace, révélée par l’adaptation danoise du roman (tournée avant celle de David Fincher), et mise en avant du réalisateur Niels Arden Oplev, à qui on doit justement cette première adaptation.

Pourtant, le premier film américain du réalisateur danois est bien plus qu’un ersatz de son précédent film. Oplev s’empare du film de genre (en l’occurrence, le film noir et le film de vengeance), dont il respecte les règles tout en apportant un vrai souffle de fraîcheur.

Il y a d’abord une construction originale, qui fait confiance à l’intelligence et à la curiosité du spectateur. Qui est vraiment ce personnage d’homme de main interprété par Colin Farrel ? On ne le découvrira vraiment que longtemps après le début du film. Oplev laisse planer le mystère, et n’hésite pas à nous laisser dans l’incompréhension, par moments. Comme il ne nous aide pas à comprendre cette jeune femme défigurée (Noomi Rapace), qui vit chez sa mère un peu fofolle et un peu sourde (Isabelle Huppert, inattendue), et dont on ne sait jamais vraiment par quoi elle est animée.

C’est d’ailleurs l’une des grandes réussites du film : les beaux rapports entre le tueur au lourd secret et sa voisine défigurée, qui dépassent tous les poncifs. La romance qui pourrait les sauver est contrariée par leur rage à tous les deux, qui les poussent à être aussi inhumains que ceux qu’ils visent. Cette manière de décevoir constamment la romance potentielle donne au film un ton et une force rares.

Il y a aussi de vrais morceaux de bravoure dans le film, avec un suspense très solide (notamment lors d’une scène ébouriffante dans un immeuble dont notre héros tente de s’échapper), et une ultime séquence de fusillade qui ose franchir toutes les limites, y compris la vraisemblance de rigueur depuis le début du film (on peut quand même se demander où sont passés les flics, qui ne pointent pas le bout du nez dans ce quartier résidentiel dont une maison est transformée en zone de bataille).

Dead Man Down est l’un des meilleurs thrillers de ces dernières années.

• Le film vient de sortir en DVD chez Metropolitan Films, avec quelques featurettes promotionnelles.

Du plomb dans la tête (Bullet to the head) – de Walter Hill – 2012

Posté : 17 juin, 2013 @ 10:18 dans 2010-2019, ACTION US (1980-…), HILL Walter, STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Du plomb dans la tête (Bullet to the head) – de Walter Hill – 2012 dans 2010-2019 du-plomb-dans-la-tete

Un tueur à gages et un flic font équipe pour retrouver le commanditaire des meurtres de leurs partenaires respectifs. C’est le point de départ de ce buddy movie adapté d’un roman graphique du Français Matz, et porté par un Stallone qui porte quand même franchement bien ses 65 ans.

Le film marque aussi le retour au premier plan de Walter Hill, qui n’avait plus fait grand-chose de vraiment frappant depuis plus de quinze ans. Scénariste de Guet-Apens et d’Alien, réalisateur d’Extrême Préjudice et de Wild Bill, spécialiste du buddy movie (48 heures, Double détente), Hill est une figure incontournable du cinéma d’action « hard boiled », un type qui, mine de rien, ne signe à peu près que des westerns à peine déguisés.

Avec Du plomb dans la tête, il est en terrain connu. Et il ne faut certes pas chercher une quelconque originalité au film. Le coup du flic et du méchant qui font équipe n’est pas nouveau, pas plus que le fait d’associer un jeune très porté nouvelles technologies (le flic, joué par Shung Kang) et un vieux de la vieille très brut de décoffrage.

Mais qu’importe : la recette fonctionne parfaitement, et le film est d’une efficacité redoutable. Un petit film, oui (même la durée : à peine plus d’une heure vingt), mais qui va droit au but, avec un humour pas envahissant et une violence brute et brutale. Un bon film bien bourrin et virile, donc.

Il y a aussi une bonne surprise dans ce film : Jason Momoa, le nouveau Conan (pas vu). Dans cet univers de testostérone où la psychologie n’a pas sa place, cette montagne de muscle incarne un méchant très méchant, mais aussi assez original. Un ancien mercernaire qui ne travaille que pour le plaisir, avec une certaine innocence qui surprend. Et c’est plutôt un bon acteur, qui parvient à insuffler une âme à son personnage.

C’est aussi une espèce de test pour les fans de Stallone : c’est le premier film dans lequel la star se laisse totalement diriger (même s’il est à l’origine du projet) depuis son retour inattendu au premier plan. Comme Rocky, on sait que Stallone n’est jamais aussi passionnant que quand il est au fond du trou. C’est quand on n’attendait plus rien de lui qu’il a écrit le beau Rocky Balboa, puis John Rambo. Revenu au premier plan grâce à ses deux personnages fétiches, il a enchaîné en imaginant une nouvelle franchise (Expendables), dont il est le seul maître.

Redevenu une icône du cinéma d’action, il se retrouve dans la position qui était la sienne au milieu des années 80. Avec trente ans de plus, mais la même crainte : en confiance, Stallone va-t-il se laisser aller aux mêmes excès musculo-grotesques que dans sa pire période ? Du plomb dans la tête laisse la question en suspens. Le film est une réussite, un film sec et nerveux comme on les aime. Mais à trop poursuivre dans cette même voie, Stallone risque bien de se répéter, voire de s’autoparodier.

• Le film sort en DVD le 10 juillet, chez Metropolitan. En bonus : un petit doc sur les coulisses assez convenu, quelques bandes annonces des nouveautés de l’éditeur, et surtout une interview amusée de Matz, l’auteur français du roman graphique original (et scénariste), qui raconte la genèse de l’histoire, et comment il s’est retrouvé à travailler avec Stallone et Walter Hill. Pas d’emphase ni de vaine excitation dans cette interview, mais le commentaire honnête d’un type conscient que le film n’est pas un chef d’œuvre, mais content d’avoir participé à une telle aventure.

Jack Reacher (id.) – de Christopher McQuarrie – 2012

Posté : 3 juin, 2013 @ 10:08 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), CRUISE Tom, McQUARRIE Christopher | 1 commentaire »

Jack Reacher (id.) – de Christopher McQuarrie – 2012 dans * Thrillers US (1980-…) jack-reacher

Jack Reacher n’a pas eu le succès qu’il méritait, mais la tiédeur de son accueil populaire n’est pas une surprise. Dans un certain sens, c’est un film d’un autre temps, qui évite la surenchère d’action et d’effets spéciaux de rigueur aujourd’hui. Un film qui aurait pu être réalisé dans les années 70, avec son thème du vigilante et sa poursuite en voiture que n’aurait reniée ni Friedkin, ni Frankenheimer. Ou même dans les années 30 : ce héros sans vie réelle, sans identité propre, visiblement taillé pour devenir un héros récurrent, évoque Le Saint de la série de films originels, ou d’autres personnages de cette époque.

C’est d’ailleurs ce qui séduit et déroute à la fois : Jack Reacher est un personnage totalement en dehors des critères actuels, l’un de ces héros dont le public raffolait avant l’avènement de la télévision et des séries. Des héros dont on savait qu’on les retrouverait dans d’autres décors, avec d’autres seconds rôles, un autre emploi, mais toujours justicier. De Cheyenne Harry à Simon Templar en passant par The Thin Man, le cinéma américain d’avant-guerre en est peuplé.

Hélas, le succès très relatif du film semble condamner tout retour de Jack Reacher. Hélas, car il y a dans ce film un décalage constant qui fait mouche. Un humour qu’on n’attend pas, une certaine manière de prendre son temps et d’éviter toute surenchère, et une interprétation qui, mine de rien, est constamment étonnante.

Christopher McQuarrie, loin quand même de l’intelligence dont il avait fait preuve avec le scénario de Usual Suspects, s’amuse à filmer des personnages dont on doute constamment de la nature et du prochain acte. Tom Cruise, parfait comme toujours ; Werner Herzog, stoïque et glaçant ; Jai Courtney, nettement moins insupportable que dans Die Hard 5 ; Robert Duvall (qui retrouve Tom Cruise plus de vingt ans après Jours de Tonnerre), irrésistible… Tous, même la douce Rosamund Pike, donnent l’impression de pouvoir passer d’un côté à l’autre de la loi.

A ce petit jeu, le personnage de Jack Reacher pourrait être le moins intéressant, mais Tom Cruise, acteur décidément doué, impose une interprétation sensible et nuancée. Sa prestation ne ressemble à aucune autre de ses films précédents.

Parfois lent, parfois déroutant, Jack Reacher n’est ni un film moderne, ni un film à l’ancienne. C’est un film en dehors du temps, qui devrait donc durer, et être réévalué…

Night and day (Knight and day) – de James Mangold – 2010

Posté : 31 mai, 2013 @ 1:37 dans 2010-2019, ACTION US (1980-…), CRUISE Tom, MANGOLD James | Pas de commentaires »

Night and day (Knight and day) – de James Mangold – 2010 dans 2010-2019 night-and-day

James Mangold a beau toucher à tous les genres, la comédie ne tient pas une grande place dans sa filmographie. Night and day fait donc figure de baptême du feu, et le résultat est plus que concluant : il y a bien longtemps que je n’avais pas ri autant qu’avec cet hommage amusé à James Bond et à La Mort aux trousses.

Tom Cruise joue un super agent secret aussi doué que le Ethan Hunt de Mission : Impossible, capable des mêmes exploits physiques, à cela prêt que le ton est clairement à la parodie ici. Jamais Mangold ne se prend au sérieux, enchaînant les scènes comme on passe d’une carte postale à une autre, grâce à des astuces rigolardes qui évitent de perdre du temps avec des transitions qui tueraient le rythme.

Sidekick blonde et pétillante de Tom Cruise, Cameron Diaz est la victime perpétuelle de ces astuces : son personnage étant régulièrement assommée, endormie, ou droguée, et se réveillant dans un lieu différent… et très exotique. L’histoire, d’ailleurs, importe peu : seule compte la manière de filmer ce couple improbable (un super espion, et une jeune femme sans histoire) amené à faire équipe contre une bande de traîtres et de tueurs, et le plaisir de les voir dans les situations les plus inattendues et les plus explosives.

Un avion sans pilote que super Tom pose dans un champs, une fusillade mémorable à moto… Les moments de bravoure s’enchaînent, toujours surprenantes. Cameron Diaz est fraîche et hilarante, Tom Cruise se moque de lui-même avec intelligence, les seconds rôles sont aussi caricaturaux qu’hilarants, et on prend un plaisir fou devant cette comédie d’action folle et joyeuse, brillant exercice de style, pur plaisir d’une infinie légèreté, qui prend le parti du mouvement perpétuel, à la manière du Hitchcock de North by Northwest dont il reprend la structure, la volonté de filmer des décors fortement marqués, et l’utilisation du fameux macguffin, objet mystérieux qui n’est qu’un prétexte pour faire avancer l’histoire.

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