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Archive pour la catégorie 'ACTION US (1980-…)'

Survivor (id.) – de James McTeigue – 2014

Posté : 15 août, 2015 @ 9:08 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), McTEIGUE James | Pas de commentaires »

Survivor

Collaborateur des Wachovsky, qui lui ont confié la réalisation de V pour Vendetta, James McTeigue s’est, depuis, spécialisé dans le thriller, avec une poignée de films passés inaperçus, dont celui-ci qui, malgré un beau casting, n’est pas passé par la case « grand écran » en France.

Il a pourtant tout pour plaire, ce film d’espionnage paranoïaque qui renouvelle avec efficacité des thèmes archi-rabachés, une sorte de version post 11 septembre des Trois Jours du Condor. Seulement, McTeigue n’est pas Pollack, et son film penche plus souvent vers l’action pure que vers la parano terrifiante des chefs d’oeuvre du genre, jusqu’à foirer assez magnifiquement un final qui rappelle curieusement celui de Strange Days (tiens, avec Angela Basset, qui tient ici un petit rôle sans consistance), dans un autre genre et en beaucoup moins percutant.

Formellement, McTeigue a sans doute plus d’ambition que de talent. On sent bien qu’il veut prendre le contre-pied des thrillers surexcités du moment, et qu’il cherche à créer une atmosphère nocturne à la Michael Mann. En vain, hélas. Trop anonyme, sa mise en scène ne parvient jamais à emballer totalement un récit pourtant plein de bonnes idées.

Dans le rôle principal, Milla Jovovich est très bien en spécialiste de la sécurité travaillant pour l’ambassade américaine à Londres, qui découvre l’existence d’un complot visant à perpétrer un attentat à grande échelle sur le sol américain. Convaincante, même si son personnage manque de profondeur. Comme l’ensemble des personnages, d’ailleurs, tous très schématiques. Mais l’interprétation est de qualité, à commencer par Pierce Brosnan qui trouve là son grand rôle de méchant.

Le meilleur du film, mis à part quelques séquences joliment tendues (le premier attentat surtout, beau morceau de bravoure), c’est son décor : Londres, que la caméra explore de fond en comble, des quartiers résidentiels aux bas-fonds, du coeur touristique aux égoûts. La capitale anglaise est le vrai personnage principal (d’ailleurs, l’affiche met en scène un Big Ben en flammes… totalement trompeur !!). Dès que l’action bascule aux Etats-Unis, le film perd de sa force et se met au niveau d’un direct-to-DVD classique.

* DVD chez M6Vidéo, avec un making-of promotionnel en bonus.

The Equalizer (id.) – d’Antoine Fuqua – 2014

Posté : 20 mars, 2015 @ 1:40 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), FUQUA Antoine | Pas de commentaires »

The Equalizer

J’aime bien Denzel Washington, et c’est plutôt sympa de le voir retrouver son réalisateur de Training Day. Assez intriguant, aussi, de le voir s’intéresser à une série des années 80 tombée dans un oubli total de ce côté de l’Atlantique.

D’ailleurs, le film est franchement réussi : Fuqua connaît son métier, et sait créer une atmosphère sombre comme il faut ; Washington, lui, sait donner de l’intensité à son personnage, et lui apporter un mélange de lassitude et de menace qui convient parfaitement à ce rôle d’ancien agent d’élite qui reprend du service pour aider une jeune pute qu’il croise chaque soir sans vraiment la connaître.

Mais c’est justement ce personnage qui marque la limite du film. Après les super-héros (qui ne sont pas morts, loin de là), après les survivants de l’apocalypse (qui, eux, se font un peu plus rares depuis quelques mois), c’est donc les ex-tueurs-d’élite-rangés-des-affaires-mais-obligés-de-reprendre-du-service-pour-dézinguer-tous-les-méchants que Hollywood va nous servir à toutes les sauces ?

Liam Neeson s’en est fait une spécialité depuis Taken. Kevin Costner a repris le flambeau dans Three days to kill. John Wick, avec une histoire quasi-identique, vient d’offrir un come-back inattendu à Keanu Reeves… La liste s’allonge mois après mois, et le trop-plein est déjà là. La règle immuable : mettre le héros en contact avec un maximum de bad-guys qu’il va dessouder avec une science certaine du flingage et du coup de tatane.

Dans cet exercice, Denzel Washington est très à l’aise. Mais aime trop l’acteur pour se contenter de tels stéréotypes. Le cinéma d’action est un genre formidable, à condition qu’on y mette un minimum d’ambition et d’originalité. The Equalizer se regarde avec un certain plaisir, c’est vrai. Mais aussi avec l’impression que ses auteurs ont totalement abdiqué en matière d’ambition et d’originalité.

• DVD chez Sony, avec documentaires et making of promotionnels.

Balade entre les tombes (A walk among the tombstones) – de Scott Frank – 2014

Posté : 26 février, 2015 @ 5:49 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), FRANK Scott | Pas de commentaires »

Balade entre les tombes

On est bien heureux de retrouver Liam Neeson dans un rôle un peu plus nuancé que ceux auxquels il est abonné depuis qu’il est devenu sur le tard un produit de Luc Besson. C’est certes encore une fois un thriller, mais avant tout un film d’atmosphère, où l’action pure se fait rare et expéditive.

Scott Frank, scénariste et réalisateur, est visiblement un amoureux et un connaisseur du polar à l’américaine. Et à l’ancienne. La première scène évoque furieusement le début de L’Inspecteur Harry (est-ce un hasard si le héros est joué par Neeson, dont l’un des premiers rôles marquants était à l’affiche du cinquième Dirty Harry ?), fusillade urbaine à laquelle prend part un flic raide et sûr de lui, dérangé en pleine pause dans un café, et traversant la chaussée d’un pas décidé et dégagé, le flingue pendant le long de son bras… Une image fugitive, mais qui semble sortie tout droit du classique de Siegel.

La suite évoque davantage les grands films de détectives privés à la Bogart. L’un des personnages cite d’ailleurs Sam Spade et Philip Marlowe, deux private eyes mythiques, sur les traces desquelles marche Matt Scudder.

Et il marche ce privé, beaucoup, donnant un rythme particulier au film, loin de l’effervescence idiote habituelle. Frank ne tient pas toujours un rythme irréprochable : il y a bien quelques moments un peu creux. Mais on lui sait gré de savoir prendre son temps, et de privilégier l’atmosphère, aussi glauque soit-elle, à un excès de baston ou de gore.

• DVD impeccable chez Metropolitan, avec les habituels bonus promotionnels : interview de Liam Neeson, images de l’avant-première parisienne, featurettes, making-of et bandes annonces.

Sabotage (id.) – de David Ayer – 2014

Posté : 3 novembre, 2014 @ 6:19 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), AYER David | Pas de commentaires »

Sabotage

Après Le Dernier Rempart, Arnold Schwarzenegger confirme avec Sabotage sa volonté manifeste de revenir à l’écran sans oublier les dix ans qui ont passé depuis sa « précédente carrière ». A 65 ans bien tapé, Schwarzie ne peut plus guère espérer être crédible en gros bras dézinguant à tout va. Alors le voilà en gros bras vieillissant dézinguant à tout va. Version moins cartoonesque et plus âpre, en choisissant des cinéastes capables de donner corps à ce désir d’intensité sans doute lié à son âge.

C’est donc à David Ayer qu’il fait appel, cinéaste très en vogue qui a mine de rien donné un coup de fouet au « film de flic urbain » en lui apportant un réalisme, une tension et une violence extrême… ainsi qu’un style caméra à l’épaule systématique hyper efficace mais un rien agaçant. Mais comme Kim Jee-won, pour le grand film de son retour, n’avait pas retrouvé la magic touch de ses films coréens, Ayer semble ici trop désireux de reinventer l’image de Schwarzenegger, comme il l’a dit à longueur d’interview.

Alors oui, Sabotage est loin, très loin de End of Watch, le précédent film du cinéaste à l’intensité hallucinante. On reconnaît bien la patte de Ayer, son réalisme extrême lorsqu’il filme des opérations de police, et l’impact de ses scènes de violence. Et Sabotage ne manque pas de qualités, avec sa manière plutôt originale de revisiter la trame des Dix Petits Nègres… ou de Predator.

On aurait aimé d’ailleurs que le film aille plus loin dans ce parallèle avec le chef d’œuvre de McTiernan, que Ayer, également co-scénariste, se concentre totalement sur ce jeu de massacre en remplaçant l’alien par les cartels, et la jungle par les bas-fonds urbains. Et le film fait illusion dans les premières scènes : dans le fourgon qui emmène ces agents de la DEA hyper-entraînés en opération, les vannes graveleuses et les démonstrations de virilité démesurée rappellent celles de Dutch et de ses hommes dans l’hélicoptère qui les mène au cœur de la jungle…

Mais rapidement, Ayer s’amuse à brouiller les pistes, transformant la virée glauque et violente en en jeu de faux semblants avec lequel il est nettement moins à l’aise. Au point de nous laisser totalement perplexe, jusqu’à une dernière séquence sombre et westernienne plutôt bien troussée. En demi-teinte, donc, mais le noir sied bien au Schwarzenegger nouvelle génération. De quoi laisser pas mal d’espoir pour les années à venir… si le « tunnel » rétro (le nouveau Terminator dont il vient de finir le tournage, ses probables suites, et le nouveau Conan) ne lui prennent pas tout son temps…

• DVD chez Metropolitan, avec un documentaire promotionnel qui donne la parole à toute l’équipe du film. Très pros comme toujours à Hollywood, acteurs et réalisateur disent beaucoup de bien les uns des autres, et cherchent à donner un message au film. Au menu aussi, près d’une demi-heure de scènes coupées et une fin alternative.

Le Pacte (Seeking Justice) – de Roger Donaldson – 2011

Posté : 30 août, 2014 @ 5:18 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), DONALDSON Roger | Pas de commentaires »

Le Pacte

Il y a une intention plutôt louable à l’origine de ce thriller efficace à défaut d’être vraiment excitant : la volonté d’apporter une réponse complexe aux vigilante films qui continuent à polluer régulièrement le cinéma américain, avec des nanars très douteux auxquels il arrive que même les plus grands prennent part (A vif, de Neil Jordan, avec Jodie Foster, une aberration). La première partie est d’ailleurs franchement réussie, et pose de vraies questions, sur la tentation de faire justice soi-même.

Nicolas Cage, très à l’aise mais sans surprise, interprète un mari sans histoire, dévasté lorsque sa femme se fait violer. Abordé par un étrange étranger (Guy Pearce), il accepte sous le choc la proposition qu’on lui fait : une mystérieuse organisation va éliminer le violeur. En échange, un service lui sera demandé, un jour. Ce jour arrive, et le piège se referme sur le gentil mari, forcé de se demander jusqu’où il peut aller pour ceux qu’il aime.

La première demi-heure tient ses promesses. Le piège qui se referme sur Nicolas Cage, ses hésitations, les étapes qu’il franchit les unes après les autres. Et puis… Ben et puis pas grand-chose. Les questions que le début du film a soulevé restent en suspense, la psychologie des personnages s’estompe (le professeur n’a pas l’air de prendre plus mal que ça de s’être transformé en fugitif), et Roger Donaldson nous rappelle que son talent se situe dans le pur film de genre…

Plus rien d’original, donc, et la critique de l’auto-défense se transforme en un pétard mouillé. Le Pacte devient alors un thriller assez classique mais très efficace, qui propose une plongée dans les rues de la Nouvelle Orléans encore marquées par la tempête Katrina. On oublie les promesses initiales du film, on se laisse aller au jeu un peu facile de la paranoïa à tout va qui s’installe (la moitié de la ville semble impliquée dans le complot), on profite des grands moments de suspense très efficaces (la scène dans le supermarché désaffecté), on se dit que, quand même, Nicolas Cage n’a pas l’air très impliqué, et on regretterait presque de ne pas avoir de pop corn sous la main.

Three days to kill (id.) – de McG – 2014

Posté : 20 août, 2014 @ 3:10 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), COSTNER Kevin, McG | Pas de commentaires »

Three days to kill

Le bon côté d’abord : ça fait plaisir de retrouver Kevin Costner en tête d’affiche. Requinqué par le succès de la formidable mini-série Hatfield & McCoys et par ses seconds rôles remarqués dans Man of Steel et The Ryan Initiative, celui qui fut la plus grande star du début des années 90, celui à cause de qui des avocats et des huissiers s’appellent Kevin, aujourd’hui en France, Costner a droit à un action movie taillé pour lui par un Luc Besson qui tente de renouer avec lui les succès qu’il a connu avec Liam Neeson (Taken 1, 2, 3…).

Evidemment, ça, ce n’est pas une bonne nouvelle. Autant on peut saluer l’ambition de Besson réalisateur, autant Besson scénariste s’apparente à une photocopieuse doublée d’une machine à faire du cash. Avec Three days to kill, ce sont donc strictement les mêmes recettes que dans tous les films qu’il scénarise à la chaîne depuis vingt ans, que l’on retrouve : des fusillades, des poursuites en voiture, un humour lourdingue, des émotions faciles, et une morale pour le moins flottante.

Avec toujours un semblant d’idée originale. Ici : une maladie incurable dont souffre un tueur de la CIA (Costner, donc), qui le pousse à se rapprocher de sa femme et de sa fille dont il s’est éloigné depuis des années. C’est avec elles qu’on a droit aux scènes les plus sympathiques et émouvantes, même si les clichés sont à tous les étages, dans ce Paris de carte postale qui n’oublie absolument aucun passage obligé (la Tour Eiffel scintille, évidemment), pour être bien sûr de toucher un public international. Il faut dire que l’épouse est interprétée par Connie Nielsen qui, même quand elle n’a rien à jouer, est excellente, et que la gamine est jouée par Hailee Steinfel, la révélation de True Grit.

Besson donne aussi un rôle un peu grotesque à Amber Heard, curieux ange-gardien de Kevin, qui incite ce dernier à sortir de sa retraite en échange d’un sérum qui pourrait lui sauver la vie… mais lui file des hallucinations qu’il ne peut soigner qu’à la vodka. La belle ne sert pas à grand-chose dans le film, si ce n’est dans une séquence de tuerie qui tourne à l’engueulade autour de ce qu’est une moustache. De loin le passage le plus amusant.

Le scénario est particulièrement indigeste, entremêlant lourdement les tueries de Kevin et ses galères pour devenir un bon père. Mais il réserve pas mal de morceaux de bravoure qui auraient pu sauver le film. Las, c’est McG aux commandes, le réal de Charlie’s Angels et de Terminator Renaissance, dont le style syncopé fatigue et provoque l’ennuie dès la première scène d’action. A voir pour Costner, seulement pour lui…

• DVD chez Europa, avec quelques bonus promotionnels dans lesquels Costner et McG clament leur enthousiasme.

L’Enquête (The International) – de Tom Tykwer – 2009

Posté : 21 mai, 2014 @ 5:12 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, ACTION US (1980-…), TYKWER Tom | Pas de commentaires »

L'Enquête

Réalisateur souvent agaçant (Cours Lola Cours, Le Parfum), Tom Tykwer se débarrasse de ses tics pour ce thriller sous influence des productions américaines des années 70. Il y a quelque chose des Trois jours du Condor, dans cette enquête qui met aux prises un homme de dossier avec un système basé sur le secret, le mensonge et la manipulation. A ceci près que la CIA a laissé la place aux grandes banques internationales, qui détiennent le pouvoir en ce début du troisième millénaire, et que le « terrain de jeu » ne se cantonne plus au territoire américain, mais se déroule à l’échelle de la planète.

Avec ce thriller international, Tykwer dénonce donc la toute-puissance du système bancaire, son cynisme, et la propension des puissants à jouer avec les peuples en crise pour consolider leurs positions. Bref, rien de neuf sous le soleil : le film creuse un sillon déjà bien tracé, sans apporter grand-chose de nouveau. Le brave et droit Clive Owen, agent d’Interpol lancé dans une véritable quête, est d’une pureté presque angélique, mais devra se résoudre à tourner le dos à ses illusions pour que justice soit faite. Sauf que la justice, bien sûr, est une notion bien illusoire.

Quand il se prend un peu trop au sérieux, Tykwer est assez emmerdant, et jamais très fin. Mais le film est avant tout un très bon thriller paranoïaque, admirablement tendu. En tant que pur film de genre, L’Enquête est une vraie réussite, qui prend le parti de nous emmener aux quatre coins du monde (Berlin, Paris, New York, Istanbul…), ce qui donne au réalisateur l’occasion de filmer de bien belles images.

Dans le rôle d’un procureur ricain, Naomi Watts ne force pas son talent, mais Clive Owen apporte ce mélange de force et de fragilité qui le caractérise si bien, faisant de son personnage un homme décidé et tourmenté, aussi convaincant dans les échanges verbaux que dans les scènes d’action, rares mais haletantes.

Un sommet dans le genre : l’extraordinaire fusillade dans le musée Gugenheim, durant laquelle Tykwer révèle un talent insoupçonné, utilisant les volumes du bâtiment et faisant virevolter la caméra d’une manière aussi élégante qu’impressionnante, pour signer une sorte de ballet virtuose et hyper violent. Rien que pour cette scène d’anthologie, L’Enquête est à voir.

Sherlock Homes : jeu d’ombres (Sherlock Holmes : A game of shadows) – de Guy Ritchie – 2011

Posté : 8 février, 2014 @ 1:14 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), par personnages / séries, RITCHIE Guy, Sherlock Holmes | 1 commentaire »

Sherlock Holmes Jeu d'ombres

Avec le premier Sherlock Holmes, Guy Ritchie avait surpris son monde en signant l’adaptation à la fois la plus explosive, et peut-être la plus fidèle à l’esprit de l’œuvre de Conan Doyle. Un film profondément moderne et franchement réjouissant, totalement débarrassé de l’imagerie holmesienne imposée par les dizaines de films et séries télé qui ont précédé.

Avec cette deuxième aventure, l’effet de surprise est un peu émoussé. Ritchie reprend strictement les mêmes recettes et le même esprit que dans le précédent. Son style tape-à-l’œil, au mieux un peu vain, au pire insupportable dans ses films antérieurs, trouve une nouvelle fois un terrain de jeu idéal : le cerveau hyper-actif et un rien malade du détective, dont on découvre les méandres et le fonctionnement lorsqu’il anticipe les affrontements souvent très brutaux avec ses ennemis.

Les parti-pris esthétiques ne surprennent plus, et le choix de situer cette nouvelle enquête dans un contexte international très tendu, avec attentats et menace de guerre mondiale, est assez discutable. Car ce qui séduit le plus dans ce film, c’est la légèreté qui s’en dégage, et le pur plaisir qu’on y prend. Ainsi, la partie la plus faible reste sans doute l’intrusion en terre allemande, où Ritchie invoque les tragédies mondiales du siècle qui s’annonce, à travers une esthétique très connotée qui s’inscrit dans la lignée des grands films consacrés à la Shoah.

Mais la plupart du temps, le plaisir est bien là. Un plaisir porté par la musique et la culture gypsie, qui a toujours habité les films de Ritchie, et que le réalisateur parvient à insérer dans cette œuvre a priori très british d’une manière plutôt maligne.

Quant au choix, déroutant dans un premier temps, d’avoir confié le rôle titre à Robert Downey Jr, il se révèle une nouvelle fois la meilleure des idées. L’acteur est absolument formidable en être obsessionnel et asocial, génial et odieux, égoïste et totalement dévoué. Un rôle auquel il apporte une présence évidente, un humour irrésistible, et un second degré qui fait la différence.

Le couple qu’il forme avec Jude Law – Watson est ce qu’il y a de mieux, cette fois encore. D’autant plus que les deux hommes sont confrontés à la pire crise de leur vie : le mariage de Watson, que Holmes voit d’un mauvais œil. Ritchie laisse planer le doute quant à leurs relations : le détective éprouve-t-il une jalousie enfantine à voir son compagnon de jeu préférer une vie d’adulte ? ou y a-t-il quelque attirance romantique entre ces deux-là ?

L’ambiguïté de leur relation trouve son apogée lors de la scène du train, au cours de laquelle un Holmes déguisé en femme jette l’épouse de Watson par la porte avant de se jeter par terre avec son ami… Et ça, quand même, il fallait oser…

Danger immédiat (Clear and present danger) – de Phillip Noyce – 1994

Posté : 5 février, 2014 @ 2:20 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, ACTION US (1980-…), FORD Harrison, NOYCE Philip | Pas de commentaires »

Danger immédiat

Cette suite par d’emblée dans la bonne direction : creuser le sillon qui n’avait été qu’ébauché dans Jeux de guerre, lors d’une séquence mémorable de tuerie virtuelle. Dans ce nouveau « Jack Ryan », l’analyste de la CIA, promu directeur adjoint suite à la maladie de son mentor (toujours joué par James Earl Jones), est confronté au cynisme des plus hautes sphères de l’Etat, lancées dans une guérilla sans morale face aux barons de la drogue.

Pris entre deux feux, Ryan est plus que jamais le symbole de la pureté et de l’innocence. Trop parfois, quitte à devenir la caricature de lui-même lors d’une tirade mémorable : « Ce n’est pas noir ou blanc, c’est bien ou mal ! »

Toujours aux manettes (hélas !), Phillip Noyce n’est pas devenu un grand réalisateur en deux ans. Le manque de rythme, l’anonymat de la mise en scène, la manière souvent convenue de filmer les dialogues… Tout cela plombe un film par ailleurs trop long.

Mais le scénario, plus complexe et plus ambitieux, est une réussite. Et puis le film, en revenant aux fondamentaux de l’œuvre de Tom Clancy, relègue la vie privée de Ryan au second plan, et avec elle la femme de Ryan, toujours interprétée par une Anne Archer au visage curieusement momifié, assez insupportable.

Ses face-à-face avec Harrison Ford en sont presque dérangeants, tant le contraste entre leurs deux jeux est frappant. Elle totalement inexpressive, lui absolument remarquable. Il est, cette fois encore, la raison d’être et le meilleur atout de cette honnête séquelle.

• A l’occasion de la sortie en salles de The Ryan Initiative, Paramount vient d’éditer un coffret, DVD ou blue ray, regroupant les quatre premiers films consacrés à Jack Ryan (A la poursuite d’Octobre rouge, Jeux de guerre, Danger immédiat et La Somme de toutes les peurs), avec des interviews d’époque plutôt intéressantes, consacrées à la gestation des films.

Jeux de guerre (Patriot Games) – de Phillip Noyce – 1992

Posté : 5 février, 2014 @ 2:16 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, ACTION US (1980-…), FORD Harrison, NOYCE Philip | Pas de commentaires »

Jeux de guerre

Après le formidable A la poursuite d’Octobre Rouge, les producteurs ont rapidement mis en chantier une suite des aventures de Jack Ryan. Deux suites, même : les droits de Jeux de guerre et de Danger immédiat avaient été achetés à Tom Clancy, et des scénarios ont été commandés pour les deux. Finalement, il a été décidé de privilégier le premier, davantage axé sur la vie privé de Jack Ryan.

Sauf que Alec Baldwin, qui souhaitait monter sur scène, a rejeté l’offre, et qu’il a fallu lui trouver un remplaçant. C’est Harrison Ford qui s’y colle. La star avait déjà été approchée pour le précédent film, mais il estimait alors que le seul rôle intéressant était celui de l’officier russe finalement joué par Sean Connery. Cette deuxième chance lui vaudra l’un de ses plus gros succès populaires de la décennie.

Le film n’a pourtant pas bonne réputation. Beaucoup lui reprochent son manichéisme outrancier, et la condamnation sans nuance de l’IRA. Cette critique est un peu excessive et injuste. Manichéen, le film l’est assurément. Mais il ne fait pas des indépendantistes irlandais des monstres absolus. Le grand méchant, joué par Sean Bean, n’est finalement mû que par une soif de vengeance personnelle, un méchant plutôt classique du cinéma américain. Quant au groupuscule auquel il appartient, qui tente de tuer un membre de la famille royale, il s’agit d’une branche dissidente de l’IRA, qui marque de manière radicale sa rupture avec le mouvement officiel, dès les premières séquences.

Cette précision faite, on peut trouver bien d’autres défauts au film, dus avant tout à la personnalité du réalisateur : Phillip Noyce, pas vraiment un foudre de guerre, faiseur un peu mollasson que le monde a découvert grâce à son Calme Blanc made in Australia, et qui tournera par la suite des films oubliables comme Le Saint ou Salt. Avec une propension affirmée à passer à côté de ses sujets…

D’un thème fort (jusqu’où un homme « normal » est-il prêt à aller pour défendre sa famille, et « faire ce qui est bien » ?), Noyce tire un thriller honnête et assez efficace, mais anonyme et sans la moindre aspérité à laquelle se raccrocher.

Pour Harrison Ford, le film inaugure en quelque sorte une décennie toute entière consacrée à ces thrillers dont il est le héros, le sujet, et la seule raison d’être. Presque un genre en soi : « le thriller des années 90 avec Harrison Ford monsieur tout-le-monde intègre et droit qui se retrouve plongé au cœur de la violence ». Et dans ce rôle, bien sûr, il est parfait.

Il y a quand même deux grandes scènes très réussies. La première d’abord : celle où Ryan, témoin d’un attentat, ne peut s’empêcher d’intervenir. Et surtout celle où il assister, par écran interposé, au massacre de terroristes qu’il a lui-même localisés, et dont on ne voit que de vagues silhouettes à l’écran.

Une séquence quasi-muette et statique, mais qui est la seule à rompre avec le manichéisme du film. Soudain, le gentil sans peur et sans reproche laisse transparaître doutes et dégoût, en réalisant que les méthodes que son camp utilise ne sont pas si différentes de celles des monstres qu’il traque…

• A l’occasion de la sortie en salles de The Ryan Initiative, Paramount vient d’éditer un coffret, DVD ou blue ray, regroupant les quatre premiers films consacrés à Jack Ryan (A la poursuite d’Octobre rouge, Jeux de guerre, Danger immédiat et La Somme de toutes les peurs), avec des interviews d’époque plutôt intéressantes, consacrées à la gestation des films.

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