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Archive pour la catégorie 'ACTION US (1980-…)'

Jack Reacher : Never go back (id.) – d’Edward Zwick – 2016

Posté : 14 juillet, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, ACTION US (1980-…), CRUISE Tom, ZWICK Edward | Pas de commentaires »

Jack Reacher Never go back

Avec son style volontairement rétro, rencontre improbable du polar à la Bullitt et du film d’action à la Mission : Impossible, le premier Jack Reacher avait donné envie d’en voir un peu plus. Voilà qui est fait, avec cette suite qui a failli ne jamais voir le jour après le demi-succès du précédent. On prend donc le même et on recommence, avec Tom qui reprend son désormais habituel rôle de justicier très doué pour terrasser les méchants avec ses mains, avec un couteau, un flingue, ou tout ce qui lui tombe sous la main.

Un type dont on sait tellement qu’il peut à lui seul étendre quatre bad guys qu’on n’a même presque plus besoin de le montrer en pleine action. C’est ainsi que Edward Zwyck (qui retrouve Cruise après Le Dernier Samouraï) filme Cruise/Reacher pour la première fois : tranquillement assis à un comptoir tandis que ses « victimes » gisent par terre, dehors. Déjà mythique, et c’est bien comme ça que Reacher est écrit : comme une sorte de mythe dont tous les militaires semblent se raconter les exploits le soir au coin du feu.

Je l’ai souvent écrit sur ce blog : j’aime Tom Cruise, sa carrière, sa stature d’ultime grande star hollywoodienne, son envie si éclatante de faire de bons films, sans tenir compte des effets de mode. Mais comme tous ses fans, j’aimerais tellement le voir renouer avec des rôles plus consistants, où il aurait autre chose à jouer qu’un simple mouvement de sourcil pour annoncer qu’il va péter trois paires de jambes. Qu’il nous surprenne, quoi, comme il le faisait lorsqu’il tournait Né un 4 juillet, Magnolia, Eyes Wide Shut, ou La Guerre des Mondes

Cela dit, on prend un vrai plaisir devant ce polar bourré d’action. Pas pour l’aspect polar d’ailleurs, avec une intrigue à peu près aussi mince qu’un scénario de L’Agence tout risque. Mais pour les nombreuses et très réjouissantes scènes d’action, et tout particulièrement la dernière d’entre elle, formidable course-poursuite dans le vieux quartier français de La Nouvelle Orléans, en plein carnaval. Un véritable morceau d’anthologie assez superbement filmé, inventif et au rythme impeccable.

Mais là où le film est le plus réussi, là où il surprend un peu quand même, c’est lorsqu’il joue avec les failles de Jack Reacher. Le gars est un pur héros, plus intelligent, plus intuitif et plus balèze que qui que ce soit. Mais humainement, c’est une vraie tâche, incapable de faire confiance ou de partager quoi que ce soit. Sauf que cette fois, il doit s’improviser père de famille, et compagnon d’une femme à peu près aussi teigneuse que lui. Et voir le Tom se comporter comme un con avec cette ado qui pourrait bien être sa fille, et comme un macho à l’ancienne avec cette femme qu’il pourrait aimer, a quelque chose de franchement réjouissant. C’est quand il s’amuse de sa propre image que Cruise est le plus passionnant, pas quand il se prend au sérieux.

Last Action Hero (id.) – de John McTiernan – 1993

Posté : 15 mai, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, ACTION US (1980-…), McTIERNAN John | Pas de commentaires »

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Face à Arnold Schwarzenegger (le vrai), Jack Slater (le personnage qu’il interprète) lance un définitif : « I don’t really like you. You brought me nothing but pain. » Une réplique qui donne un ton inattendu à cette rencontre entre deux Schwarzy, un petit trouble même, qui résume bien ce film ambitieux, variation musclée sur le thème de Sherlock Junior ou La Rose pourpre du Caire, à la fois pur divertissement et belle réflexion sur le cinéma en général, et sur le film d’action en particulier.

Last Action Hero n’est pas un film parfait : la partie se déroulant dans le monde de fiction est trop longue, et a tendance à diluer le propos et à résumer le film à ce dont il se moque gentiment, un pur pop-corn movie décérébré aux rebondissements improbables. Cette première partie ne manque pas de piquant cela dit : on y croise Anthony Quinn dans l’un de ses derniers rôles, mais aussi la Catherine Trammel de Basic Instinct ou le T1000 de Terminator 2, clin d’œil au précédent film d’Arnold Schwarzenegger, qu’une affiche dans un vidéo club de ce monde parallèle attribue à Stallone. « It’s his best performance ever », s’enthousiasme même Slater/Schwarzy.

McTiernan va loin dans la dérision, multipliant volontairement les incohérences, les facilités scénaristiques, ou l’humour pas toujours fin (l’enterrement explosif de monsieur pet), ou imaginant de réjouissantes parodies (Schwarzie en Hamlet). Il y met en scène un personnage de cartoon, et même un hologramme de Bogart, annonçant ainsi avec vingt ans d’avance le retour discutable de comédiens morts au cinéma (Peter Cushing dans Rogue One).

S’il y a une chose qui frappe dans cette première partie, c’est d’ailleurs cette clairvoyance dont fait preuve John McTiernan. Immense réalisateur du cinéma d’action (Predator et Une Journée en enfer restent des sommets), il annonce dès le titre de son film la décadence du genre, avec la systématisation des suites comme une manière obligée de tirer profit ad nauseum d’une recette qui fait recette. Critique à peine voilée, que l’évolution du genre rend particulièrement parlante aujourd’hui.

Mais c’est bien quand le personnage de fiction et le jeune spectateur qui l’accompagne arrivent dans le monde réel que le film prend toute sa dimension. Un peu trop tard sans doute : le décalage de la première partie était sympathique ; mais c’est bien le contraste entre la fiction et la réalité, et la prise de conscience d’un personnage sans libre-arbitre qui passionnent.

Schwarzenegger, véritable animal de cinéma bigger than life, a rarement été aussi intense que dans cette prise de conscience, action hero découvrant sa fragilité d’être humain, et réalisant l’imagination macabre des scénaristes qui ont pavé son « existence » de tragédies. Présenté comme l’un des blockbusters d’été lors de sa sortie en 1993, Last Action Hero a sans grande surprise été un échec public. Il reste aujourd’hui une étape importante du cinéma d’action, et l’un des meilleurs films de sa star.

Double détente (Red Heat) – de Walter Hill – 1988

Posté : 24 avril, 2017 @ 8:00 dans 1980-1989, ACTION US (1980-…), HILL Walter | Pas de commentaires »

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Ça commence plutôt très bien, avec un Schwarzenegger en flic russe raide comme la statue de Lénine, qui file des mandales qui font vraiment mal, avant d’arracher la jambe (artificielle) d’un invalide, dans un geste joyeusement amoral (avant un revirement qui remet la morale à l’endroit, quand même).

Cinéaste brut et d’une virilité à l’ancienne, Walter Hill s’y connaît en matière d’action. Les morceaux de bravoure de Red Heat restent ainsi d’une efficacité radicale, presque trente ans après. En particulier cette belle poursuite à pied dans les rues de Moscou, et cet affrontement entre deux bus à Chicago, filmé comme un duel de western (genre dont Hill n’est jamais très loin).

Le rapport au western n’est pas anodin dans ce film post-guerre froide, qui raconte la cohabitation forcée entre un flic soviétique et un flic américain (James Belushi) aux méthodes radicalement différentes. Mais si le flic ricain est celui qui s’apparente le plus, a priori, à un cow-boy, c’est bien Schwarzenegger que Hill filme comme un héros de western, multipliant les clins d’œil à Clint Eastwood jusque dans ses expressions, et dans l’apparition d’un Magnum 44 (vous savez, the most powerful handgun in the world).

Red Heat est un pur film d’action des années 80, d’une certaine manière. Mais c’est aussi l’un des rares films du genre et de la période à ne pas tomber dans un manichéisme trop facile. L’année même où Stallone tourne un Rambo 3 qui enfonce le clou anti-soviétique de Rocky 4 (pas sa plus grande période, certes), l’autre monsieur muscle du cinéma américain joue les pionniers de la réconciliation, incarnant un pur produit du régime soviétique, humain et positif.

Les deux flics se retrouvent confrontés aux mêmes aberrations bureaucratiques (une critique pas bien fine de l’administration des deux pays), mais les différences ne sont pas gommées pour autant, comme le laisse entendre Schwarzie lorsqu’il lance un « Capitalism » accablé en regardant une pub à la télé. C’est même tout le sel de ce film, qui donne l’un de ces dialogues dont la filmo de Schwarzenegger est parsemée :

« En Chine, après la Révolution, ils ont réuni tous les drogués sur la place publique, et ils les ont abattus d’une balle dans la nuque.
- Ouais, ici nos dirigeants ne seront jamais d’accord.
- Abattez les d’abord. »

Commando (id.) – de Mark L. Lester – 1985

Posté : 4 avril, 2017 @ 8:00 dans 1980-1989, ACTION US (1980-…), LESTER Mark L. | Pas de commentaires »

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Pas facile de retrouver son enthousiasme d’adolescent devant ce nanar absolu d’un mauvais goût assumé (si, si : les mamours de Schwarzenegger et de sa fifille Alyssa Milano dans le générique de début ne trompent pas, ce mauvais goût est bel et bien assumé), moche, poussif, lourdingue et dévoré par une musique affreuse de James Horner.

Comédie ? Parodie ? Pur film d’action ? Je ne saurais dire avec certitude ce que le réalisateur a voulu faire avec cette chose improbable, qui se termine par une interminable séquence de tuerie massive : seul et quasi à poil face à une armée armée jusqu’aux dents, Schwarzie dézingue les méchants qui tombent plus vite que mes cheveux.

En fait, le vrai sujet du film est là : c’est Schwarzenegger lui-même, tout juste sorti de Conan et Terminator, véritable bête de cinéma avec son physique ahurissant. Le film n’existe que pour lui, pour sa stature exceptionnelle, pour sa manière d’habiter l’écran et de débiter des répliques assez réjouissantes (« Tu te souviens que j’avais dit que je te tuerais en dernier ? Eh bien j’ai menti ! »), et pour cette tendance, qui ne le quittera jamais, à s’amuser de sa propre image.

OK, Commando est un nanar. Mais rien que pour Arnold et pour ce petit-goût de nostalgie…

L’Arme fatale 3 (Leathal Weapon 3) – de Richard Donner – 1992

Posté : 23 février, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, ACTION US (1980-…), DONNER Richard | Pas de commentaires »

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Il y a au moins un élément qui a totalement disparu de l’équation depuis le premier film, c’est la surprise. Episode après épisode, Donner n’a cessé de transformer son drame d’action en saga quasi-familiale, semi-parodique et confortable. Bref, un pur pop-corn-movie calibré pour répondre en tous points aux attentes des fans.

Reconnaissons lui quand même un vrai sens de l’action et de l’humour, qui trouve une sorte de plénitude dans ce troisième film qui reprend strictement les recettes des deux premiers, et en particulier du numéro 2, en multipliant les scènes s’action dans lesquelles Mel Gibson se révèle une nouvelle fois très à son aise. La plus réussie : une poursuite au cours de laquelle Riggs/Gibson court après une voiture (une constante dans la série), s’accroche à un métro, pour finir sur une moto qui fait une chute vertigineuse d’une rocade en construction.

On sent constamment que Donner se demande comment broder sur la même trame que le précédent film, en essayant quand c’est possible de faire mieux. La scène d’ouverture le montre bien : comment faire une entrée en matière plus dynamique que dans L’Arme fatale 2 ? Réponse : en faisant exploser un immeuble entier (profitant pour le tournage de la destruction réelle d’un vieil immeuble), en misant au moins autant sur l’humour que sur l’aspect spectaculaire (“Roger, grab the cat !”).

En contrepoint du chien-fou Gibson, Danny Glover est une nouvelle fois excellent, et c’est à lui qu’échoit l’incontournable penchant dramatique de Donner (inutile), dont il se sort plutôt bien. Pour le reste, c’est clairement la routine : Joe Pesci est de retour et en fait toujours des tonnes, le méchant est très méchant et très improbable, l’intrigue est imaginée par un gamin de 12 ans…

Ah si, une nouveauté quand même : la romance du film, qui permet à Riggs de roucouler avec son alter ego au féminin (Rene Russo, qui semble y prendre un plaisir très communicatif). Lorsque ces deux-là se rapprochent, c’est en comparant leurs cicatrices respectives dans des préliminaires assez réjouissantes. Et quand ils sortent enfin ensemble, c’est pour permettre à Riggs d’admirer sa dulcinée distribuer des mandales…

Bon, ce n’est pas léger-léger : Donner a une propension à la blague scato, et voir Mel Gibson amadouer un chien en l’imitant n’est pas d’un goût exquis. Mais c’est un petit plaisir, à savourer sans arrière pensée, et en faisant bien attention de se vider la tête avant de lancer le film…

* Voir aussi : L’Arme fataleL’Arme fatale 2 et L’Arme fatale 4.

L’Arme fatale 2 (Leathal Weapon 2) – de Richard Donner – 1989

Posté : 21 février, 2017 @ 8:00 dans 1980-1989, ACTION US (1980-…), DONNER Richard | Pas de commentaires »

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C’est rien de dire que Donner entre dans le vif du sujet avec cette séquelle qui ne s’embarrasse plus guère de psychologie. Certes, le traumatisme de Riggs/Mel Gibson est toujours présent, pour expliquer la folie du personnage. Mais cette fois, c’est bien l’humour et l’action qui dominent, sans arrière-pensée. Pour preuve, ces premières images qui nous plongent directement au cœur d’une course-poursuite, avec ce gros plan d’un Mel Gibson hilare, prenant un pied fou à poursuivre les méchants.

Il faut bien reconnaître : cette introduction est l’une des plus pêchue du cinéma d’action de ces années-là. C’est vif et inventif, ça va droit au but en jouant d’emblée avec la complicité des spectateurs, et c’est surtout drôle. Le ton est donné pour cette première suite, bien supérieure à l’originale, et aux suites à suivre…

Plus encore que dans le premier film, Donner trouve le dosage parfait entre l’exubérance de Riggs et le côté patriarche et raisonnable de Murtaugh/Danny Glover. Ce n’est pas d’une grande finesse, certes, mais contrairement au premier film, celui-ci ne prétend à rien d’autre qu’à son statut de pop-corn movie fun et explosif. Objectif largement atteint.

Oublié le caractère suicidaire de Riggs/Gibson : désormais, le personnage n’est plus qu’une tête brûlée, l’incarnation idéale d’un certain cinéma d’action qui ne se soucie plus le moins du monde d’un quelconque ancrage réaliste. D’ailleurs, les faiblesses du film résident dans les dernières volontés de Donner de renouer avec le drame (ce sera encore le cas dans le numéro 3). Le personnage de Patsy Kensit, trop belle et trop tragique, est ainsi la grande sacrifiée du film, dans tous les sens.

Le personnage de Leo Getz, en revanche, est l’élément qui transporte définitivement la saga dans un univers comique. Il en fait des tonnes, Joe Pesci, mais il est aussi irrésistible, et s’impose d’emblée comme indispensable dans la série, trublion qui empêche le duo de flics de se prendre trop au sérieux…

* Voir aussi : L’Arme fatale, L’Arme fatale 3 et L’Arme fatale 4.

L’Arme fatale (Leathal Weapon) – de Richard Donner – 1987

Posté : 12 février, 2017 @ 4:55 dans 1980-1989, ACTION US (1980-…), DONNER Richard | Pas de commentaires »

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Une petite madeleine pour tous les hommes de ma génération (les tout jeunes quadras, donc). Ce modèle du buddy movie était de ces films dont on se repassait inlassablement la VHS usée jusqu’à la corde. A le revoir… quelques années plus tard, on est pourtant de surpris de réaliser que toutes les répliques et figures attachées à L’Arme fatale… ne figurent pas dans ce premier film. « On y va à 3″, Leo Getz, la bombe sous les chiottes… Il faudra attendre le numéro 2 pour découvrir ce à quoi on continue à associer la saga.

Ce premier film constituait un nouveau départ pour un Mel Gibson tout juste sorti de la trilogie Mad Max, qui s’imposait comme l’un des grands action héros de la décennie à venir, l’égal d’un Bruce Willis dont la consécration (avec Piège de cristal) suivrait de peu. Mais c’est la part sombre de son personnage qui domine encore. La folie pseudo-suicidaire de son personnage Martin Riggs ne sera plus qu’un vague argument par la suite. Elle constitue ici le cœur du film, et de sa relation naissante avec son aîné, le plus sage et plus mûr Roger Murtaugh (Danny Glover).

L’humour est déjà présent, mais c’est c’est bien la noirceur qui domine : au début du film, on découvre Riggs prêt à se tirer une balle dans la bouche. De son côté, Murtaugh célèbre un cinquantième anniversaire dont on sent qu’il lui pèse lourdement. Bref, des premiers pas d’avantage tournés vers le passé que vers un avenir souriant. D’autant plus que l’intrigue policière est elle aussi très sombre, autour de la mort d’une jeune femme dont la vie a été gâchée par la drogue et la pornographie.

Cette noirceur sied assez mal à Richard Donner, réalisateur sans génie, mais qui s’avérera nettement plus à l’aise avec un ton léger, à la limite de la parodie (Maverick, L’Arme fatale 3). Mais l’alchimie entre Mel Gibson et Danny Glover est, d’emblée, évidente. Non, le principal problème, c’est que l’extrême noirceur de l’histoire nécessitait quand même que l’intrigue soit prise au sérieux. Ce qui est loin d’être le cas.

Shane Black (qui tenait un second rôle la même année dans Predator) s’est fait une réputation et une fortune avec le scénario de ce film, qu’il avait écrit quelques années plus tôt. Sans doute quand il avait 12 ans : difficile d’imaginer qu’il était plus âgé lorsqu’il a imaginé les rebondissements de cette histoire policière totalement improbable, qui n’avance qu’au hasard des tueries perpetrées par des méchants très extrêmes (dont le charismatique Gary Busey). Heureusement, Donner comprendra dès le film suivant que la comédie est l’élément moteur de ce tandem impeccable.

* Voir aussi : L’Arme fatale 2L’Arme fatale 3 et L’Arme fatale 4.

L’Arme fatale 4 (Lethal Weapon 4) – de Richard Donner – 1998

Posté : 7 février, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, ACTION US (1980-…), DONNER Richard | Pas de commentaires »

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Le générique de fin résume plutôt bien la seule ambition du film : réunir tous les personnages des trois premiers films pour une série de photos de familles dont on aurait soigneusement éloigné tous les éléments inattendus. Les fans les plus passionnés apprécieront sans doute. N’empêche : cet argument est-il suffisant pour faire un film ?

Franchement, pas sûr… Avec le premier film et son improbable duo de flics, Richard Donner avait donné un petit coup de frais bien sympathique au buddy movie. Sans génie mais avec un vrai savoir-faire, et avec l’aide de Mel Gibson et Danny Glover, dont l’alchimie fait plaisir à voir, et qui savent insuffler un vent de légèreté et un humour bienvenus.

De cet humour, que reste-t-il dans ce quatrième volet ? Un échantillon d’urine volé à un vieux dans un hôpital, des sous-entendus homophobes et des blagues racistes. Bref, rien de bien glorieux.

Et côté action, l’autre spécificité de la saga ? Là, c’est (un peu) mieux, surtout lorsque Donner met en valeur les qualités évidentes d’action movie de Gibson, jamais aussi intense que lorsqu’il s’obstine sur sa cible quoi qu’il arrive, s’accrochant à un métro en marche, ou sautant d’un toit à l’autre. Dommage que sa doublure soit aussi présente et aussi visible.

Et puis tout ça ronronne un peu trop, avec un air constant de déjà vu, et l’impression tenace que le cœur n’y est pas. Les scènes d’action semblent désormais n’être que des passages obligés pour Donner, qui préfère mettre en place ses photos de famille, transformant la saga d’action policière en une farce familiale.

On prend bien un peu de plaisir par moments, entre deux longues plages d’ennui. La romance entre Rene Russo et Mel Gibson ne surprend plus, le numéro de Joe Pesci fatigue. Le nouveau venu Chris Rock n’apporte pas grand-chose, et le grand méchant Jet Li se contente du service minimum. Franchement, il était temps que ça s’arrête.

* Voir aussi : L’Arme fataleL’Arme fatale 2 et L’Arme fatale 3.

Mission Impossible : Rogue Nation (id.) – de Christopher McQuarrie – 2015

Posté : 4 septembre, 2016 @ 8:00 dans * Espionnage, 2010-2019, ACTION US (1980-…), CRUISE Tom, McQUARRIE Christopher | Pas de commentaires »

Mission Impossible : Rogue Nation (id.) - de Christopher McQuarrie - 2015 dans * Espionnage Mission%20Impossible%20Rogue%20Nation_zps9rdmjzwa

Cette cinquième mission impossible est l’exemple parfait pour souligner la suprématie et la limite du Tom Cruise d’aujourd’hui. Les lecteurs de ce blog le savent : j’aime la star, sa filmographie hallucinante et son statut unique dans le Hollywood de ces vingt dernières années. La dernière des grandes stars, c’est lui. Et même si sa stature s’est quelque peu émoussée ces dernières années, il reste la pierre angulaire de tous ses films, ou presque.

Cruise n’est pas, et n’a jamais été, un simple faiseur de succès. Il aime le cinéma, affiche une belle (et rare) ambition, et cherche constamment à se lancer des défis. C’est encore le cas actuellement, même s’il s’agit désormais le plus souvent de défis physiques et pyrotechniques. Une mégastar dont le pouvoir est tel qu’on le laisse s’accrocher à la plus haute tour du monde (dans l’épisode précédent), ou ici à un avion qui prend son envol. Pour de vrai. Et dire que, dans les années 70, les Français étaient fiers de leur Bebel qui s’accrochait à un hélicoptère…

Bref… Ce MI5 porte en lui toutes les contradictions de la star. Il s’agit bien d’un film d’action époustouflant, l’un des meilleurs si ce n’est le meilleur de ces dernières années. Un pur moment de plaisir cinématographique, inventif, haletant et visuellement assez formidable. En un sens, on peut dire sans rougir que Tom Cruise continue un exceptionnel sans-faute avec cette série qui booste depuis vingt ans le cinéma d’action américain.

Mais cette fois, il manque tout de même un petit quelque chose qui faisait l’originalité de ces films : l’effet de surprise. Elle semble bien finie l’époque où chacun des films était confié à un cinéaste différent qui amenait sa (forte) personnalité. Après l’élégance de De Palma, John Woo avait signé un vrai film personnel avec son romantisme exacerbé, avant que JJ Abrams fasse des débuts remarqués, transposant sur grand écran l’efficacité imparable de ses séries TV.

Seulement voilà, JJ est resté producteur, et son influence est, depuis manifeste : l’homme de télé a mine de rien transformé la franchise de Tom Cruise en série de luxe, dont chaque épisode répond aux mêmes ambiances, aux mêmes mécaniques, et reprend le même groupe de comédiens. L’épisode 4 était tout de même formidable, et celui-ci aussi. Mais n’empêche : il y a cette petite frustration de ne plus être surpris et bousculé que par l’inventivité des séquences d’action.

Au moins la recette est-elle, et de plus en plus, assumée. C’est même ce qui est assez formidable dans ce nouvel opus, où Tom Cruise et Christopher McQuarrie, scénariste et réalisateur, assument leur ambition d’enchaîner les morceaux de bravoure, d’une manière totalement décomplexée, sans toujours trouver de liens logiques entre eux. Les personnages passent ainsi d’un pays à l’autre sans même faire semblant de trouver une raison, la fameuse scène de Tom accroché à l’avion ne sert à rien, et tout ça n’a effectivement aucune importance !

La recette fonctionne toujours parfaitement et, franchement, on ne fait pas mieux dans le genre aujourd’hui. D’ailleurs, ce n’est pas pour la prochaine mission que le renouvellement devrait arriver : le sixième opus devrait être une nouvelle fois écrit et réalisé par Christopher McQuarrie. Ce serait la première fois qu’un réalisateur rempilerait pour une mission de plus.

Hacker (Blackhat) – de Michael Mann – 2015

Posté : 17 août, 2015 @ 11:06 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), MANN Michael | Pas de commentaires »

Hacker (Blackhat) - de Michael Mann - 2015 dans * Thrillers US (1980-…) Hacker_zpso2zzthky

Cinéaste viscéral, Michael Mann fait un cinéma qui ne ressemble à aucun autre. A la fois d’un autre temps avec ses personnages melvilliens pour qui l’honneur est la principale valeur, et profondément ancré dans son époque avec ses parti-pris esthétiques : l’utilisation de la HD notamment, dont Mann reste le maître inégalé.

Jusqu’à présent, tradition et modernité étaient clairement dissociées : le fond pour l’une, la forme pour l’autre. Avec Blackhat, plongée au cœur de la cybercriminalité, Mann confronte réellement ces deux aspects pour la première fois. La modernité la plus pointue est au cœur de son intrigue, mais le cinéaste reste fidèle à son type de personnage, et aux relations qu’il affectionne : ses deux « héros » sont un flic (chinois) et un hacker (américain) que l’on sort de prison pour aider les forces de l’ordre à mettre la main sur un cyberterroriste.

Le plus beau dans ce film, c’est lorsque Mann fait ce qu’il sait le mieux faire. Une simple scène de retrouvailles entre le flic et le voyou, et l’on sent tout le poids et l’émotion que le réalisateur donne à ces affinités qui dépassent les frontières et les lois. Le thème central des meilleurs films de Mann.

Et puis il y a une poignée de fusillades comme lui seul sait en trousser : ces explosions de violence qui nous scotchent sur notre fauteuil et qu’on regarde le souffle coupé. De Heat à Public Enemies en passant par Collateral ou Miami Vice, papy Mann a signé les séquences les plus inoubliables de ces dernières années, dans le genre. L’hallucinante scène du tunnel et celle, traumatisante, dans la nuit de Hong Kong, sont de ce niveau.

Ces moments de « pur Mann » suffisent largement à mon bonheur. Ne comptez donc pas sur moi pour faire la fine bouche et reconnaître que, lorsqu’il tente de filmer l’hyper connexion et le parcours des informations numériques à travers le monde, Mann tombe dans le cliché le plus ringard. Ni pour souligner que ses acteurs n’ont, cette fois, pas la présence de ses plus grandes « incarnations », de Tom Cruise à Colin Farrell en passant par De Niro.

* Le blue ray est le support idéal pour la HD chère à Mann. Edité chez Universal.

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