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Archive pour la catégorie 'Genres'

A deux pas de l’enfer (Short cut to hell) – de James Cagney – 1957

Posté : 20 novembre, 2017 @ 6:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, CAGNEY James, CAGNEY James | Pas de commentaires »

A deux pas de l'enfer

Pour son unique film derrière la caméra, James Cagney signe la deuxième adaptation du roman Tueur à gags de Graham Greene, et surtout un remake très fidèle du film (formidable) de Frank Tuttle. L’histoire originale étant passionnante, le film se regarde avec un certain plaisir. Mais comme le dit lui-même Cagney dans une séquence pré-générique (histoire qu’il apparaisse quand même dans ce film, pour lequel il ne s’est pas attribué de rôle) : le plus important dans un film, c’est ce qu’on voit devant la caméra, et pour le coup, il se dit très quand du choix de ses deux jeunes vedettes, Robert Ivers (qui ?!) ey Georgann Johnson (qui ?!), à qui il promet un bel avenir.

Sauf que soixante après, on aurait dû commencer à en entendre parler, de leur avenir à l’un comme à l’autre. Mais rien, ou si peu : des apparitions dans des séries télé, brièvement pour lui, jusqu’au milieu des années 2000 pour elle. Mais rien de vraiment consistant, et strictement rien sur grand écran. Elle est pourtant pas mal, avec son grand sourire plein d’empathie. Et lui, avec ses airs de gamin qui joue au dur, fait un tueur professionnel plutôt original. Mais ils arrivent après Veronika Lake et Alan Ladd, l’un des plus grands couples du cinéma. Et forcément, la comparaison n’est pas en leur faveur.

Drôle d’idée d’avoir signé un remake sans même prendre la peine de s’éloigner du modèle. Et le film de Cagney sort perdant à tous les niveaux, au petit jeu des comparaisons. C’est percutant, avec des séquences de violence joliment tendues, et des personnages principaux curieusement attachants malgré leur manque de charisme. Mais le film n’apporte pas grand-chose, si ce n’est l’envie de revoir le Tueur à gages de Tuttle, et de relire le roman de Greene. C’est sans doute ce qu’a fait Cagney, qui n’est plus jamais repassé derrière la caméra.

La première balle tue (The Fastest Gun alive) – de Russell Rouse – 1956

Posté : 18 novembre, 2017 @ 8:00 dans 1950-1959, ROUSE Russell, WESTERNS | Pas de commentaires »

La première balle tue

Oui, d’accord, il est un peu caricatural le grand méchant, tueur persuadé d’être le tireur le plus rapide de l’Ouest, et qui ne pense qu’à affronter en duel ceux que la foule désigne comme les tenants du titre… Mais il est joué par Broderick Crawford, et le brave type qu’il veut affronter, c’est Glenn Ford. Alors même si on peut préférer La Cible humaine de Vidor sur le même thème, on peut aussi prendre un plaisir fou à revoir ce western au rythme parfait.

Ça commence par un duel justement, que remporte l’imposant Broderick Crawford, plus inquiétant que jamais avec son regard noir, sa silhouette massive et sa voix caverneuse. Pourtant, l’action est plutôt rare, et même le grand duel final très attendu se résume à une suite (impressionnante) de gros plans sur les revolvers qui se déchargent. Audacieux, pour un western avec un tel titre et un tel sujet. Le film s’autorise même un curieux et réjouissant intermède, avec un impressionnant numéro de danse lors d’une fête qui réunit tous les habitants de la ville.

Mais Russell Rouse, réalisateur méconnu qui peut être excellent (on lui doit le noir New York Confidential, déjà avec Broderick Crawford), excelle à faire grandir la tension. D’abord autour du personnage de Glenn Ford, homme tranquille qui cache secrètement un mystérieux passé et une aptitude hors du commun à dégainer, et qui ne supporte plus le mépris quotidien dont il est l’objet pour ne jamais porter d’arme.

La tension devient même étouffante avec l’arrivée des trois bandits (dont l’excellent John Dehner, dans un rôle de méchant débonnaire très original) qui occupent la ville déserte, tandis que les bons habitants sont enfermés dans l’église où le drame se noue en parallèle. Jusqu’à l’affrontement des deux duellistes : l’un tout de blanc vêtu qui sort de l’église, l’autre en noir qui vient du saloon. Tout un symbole, bien sûr.

Le Village des damnés (Village of the damned) – de John Carpenter – 1995

Posté : 16 novembre, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, CARPENTER John, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Le Village des damnés 1995

Carpenter s’est approprié pas mal de thèmes bien connus du cinéma fantastique. Il a aussi signé un remake officieux de Rio Bravo (Assaut) et un autre, bien assumé celui-ci, de La Chose d’un autre monde (The Thing). Mais ce remake-ci, d’un petit classique du cinéma fantastique british des années 60, a quelque chose d’unique dans sa filmographie.

Même titre, même histoire, même ville, mêmes personnages en grande partie… Pas d’erreur sur les intentions. Le scénario du film de Wolf Rilla est d’ailleurs crédité au générique, au même titre que le roman original. Mais ce Village des damnés-là est tellement un remake qu’il n’existe réellement que comme tel, par rapport au film de 1960.

Ce qui explique les « trous » que l’on peut regretter dans la narration, les ellipses douteuses et une manière parfois hasardeuse d’avancer dans l’histoire. Avec ce film, c’est comme si John Carpenter avait voulu rendre hommage aux aspects les plus réussis du film de Rilla, et surtout rattraper ce qui l’était moins. On a donc des passages qui sont des copiés-collés du premier film, des dialogues entiers repris tels quels. Ces moments là sont d’ailleurs les moins intéressants, comme si Carpenter s’en désintéressait : si c’était bien chez Wolf Rilla, pourquoi s’embêter à vouloir le refaire ?

Dans les différences, en revanche, le film est passionnant. Le film original se concentrait essentiellement sur son couple vedette, reléguant les seconds rôles aux arrières-plans ? Carpenter commence son film en soulignant l’importance de la communauté, et en multipliant les personnages. Celui de George Sanders, d’ailleurs, est « coupé » en deux, repris à la fois par le médecin du village (Christopher Reeve, dans l’un de ses derniers rôles avant l’accident) et par une scientifique d’une agence gouvernementale (Kirsty Alley).

Les pouvoirs des gamins maléfiques avaient des effets trop modestes? Carpenter appuie sur le gore avec un cuisinier qui se transforme en grillade, ou un médecin qui pratique l’auto-opération… Les liens entre ces enfants et leurs « parents » était vite rompus? C’est peut-être là que se situe la plus grande différence, avec des ébauches d’humanisation chez l’un des enfants, et l’envie d’une mère d’aimer son fils malgré tout.

Et puis il y a l’élégance de Carpenter, entièrement au service de l’efficacité du récit, qui s’amuse aussi à s’auto-citer à travers quelques plans typiquement carpenteriens : l’ombre au début du film qui évoque le brouillard de Fog, un travelling sur une haie qui renvoie aux plans inoubliables de Halloween, ou un visage monstrueux en surimpression qui rappelle curieusement Invasion Los Angeles. Tourné après l’un des sommets de sa filmographie (L’Antre de la folie), et avant une ultime série de films sans doute moins originaux, Le Village des damnés a déjà des allures de bilan.

Le Village des damnés (Village of the damned) – de Wolf Rilla – 1960

Posté : 15 novembre, 2017 @ 8:00 dans 1960-1969, FANTASTIQUE/SF, RILLA Wolf | Pas de commentaires »

Le Village des damnés 1960

Ce petit classique du fantastique british prend le contre-pied total des films que la Hammer enchaînait à l’époque. Pas de vampires ni de monstres rampant ici, pour faire naître la peur. Pas non plus de jeux d’ombres ou d’images léchées et stylisées : Wolf Rilla joue à fond la carte du quotidien, dont surgirait l’horreur. Pour le meilleur, et aussi pour le moins bon.

Pour le meilleur parce qu’à l’horreur pure, le réalisateur préfère un malaise qui monte en puissance, et qui naît des choses les plus familières qui soit. Le cadre n’est d’ailleurs pas choisi par hasard : un village de la campagne anglaise, tellement banal qu’il en deviendrait presque anonyme, et où se croisent des hommes et des femmes qui n’ont rien d’exceptionnel.

C’est dans ce décor que survient le mystère : un jour, sans que rien ne l’explique, tous les êtres vivants dans ce village s’évanouissent durant des heures. A leur réveil, tout semble normal, mais les habitants découvrent bientôt que toutes les femmes en âge de procréer sont enceintes. Les enfants qui naissent, à la blondeur inquiétante, ne tardent pas à faire froid dans le dos…

Pour le moins bon aussi parce que, du fait de ce parti pris de familiarité, le film de Wolf Rilla est visuellement franchement terne, avec un noir et blanc sans profondeur qui ne joue pas en sa faveur. Mais ce manque de profondeur, déstabilisant dans les premières minutes, est vite compensé par un sens aigu du cadre, avec des compositions qui, au fur et à mesure que les enfants grandissent, deviennent d’une précision de plus en plus diabolique. L’angoisse naît en partie de la manière dont ces enfants se regroupent, comme un ensemble bien organisé face à l’ennemi.

Le film est plutôt efficace. Moins dans la terreur brute d’ailleurs (à l’exception de la dernière séquence, très forte) que dans la manière originale et plutôt osée d’aborder la paternité, comme un fléau qui menace la société toute entière. Quand le Mal pur prend l’apparence des petites têtes blondes d’une communauté a priori heureuse, rien ne va plus…

Rio Lobo (id.) – de Howard Hawks – 1970

Posté : 13 novembre, 2017 @ 8:00 dans 1970-1979, HAWKS Howard, WAYNE John, WESTERNS | Pas de commentaires »

Rio Lobo

Quatre ans après El Dorado, Hawks fait un ultime baroud d’honneur avec ce western qui sera son tout dernier film. Comme son précédent, celui-ci reprend une partie de la trame de Rio Bravo, avec une nouvelle version du siège d’une prison, dans laquelle se réfugient une poignée de personnages autour du grand héros John Wayne.

Mais les temps ont changé. Le grand héros est devenu un vieux cow-boy bedonnant et « confortable », comme le disent tour à tour les femmes qu’il rencontre. Et il n’y a plus guère que les hommes pour croire que tout est encore comme avant. On est en 1970, l’âge d’or du western est révolu, et tout particulièrement les héros infaillibles comme John Wayne. D’où une étrange sensation d’anachronisme qui se dégage de ce film au budget modeste et à la réussite qui l’est tout autant.

C’est un peu comme si le moule avait été cassé, et que Hawks faisait ce qu’il pouvait pour recoller les morceaux. Oui, les temps ont changé. La remarquable fluidité de Rio Bravo n’est plus qu’un souvenir. Rio Lobo avance son histoire ambitieuse avec une certaine difficulté, comme si plus rien n’était facile. Ce n’est pas pour autant l’oeuvre d’un vieillard sénile et nostalgique : Hawks semble se moquer de lui-même comme il se moque de Wayne, en soulignant ses faiblesses dans des situations qu’il a déjà traversées auparavant.

Surtout, Hawks confronte ces hommes trop fiers pour accepter le changement, à des femmes d’une stupéfiante modernité : trois beaux personnages de femmes fortes et volontaires, aux caractères bien affirmés, qui s’amusent des regards énamourés des hommes et de leur romantisme démodé. Parmi elles : Shery Lansing, qui deviendra plus tard la première femme patronne d’un studio hollywoodien.

Dans ce récit ample aux rebondissements multiples, très loin finalement de la construction épurée d’un Rio Bravo, Hawks réussit en tout cas quelques séquences étonnantes, à commencer par cette épique attaque de train, où les armes utilisées sont de la graisse, un nid de frelons et des cordes tendues… Ou cet étonnant jeu du chat et de la souris entre Nordistes et Sudistes au début du film… Ou encore la savoureuse apparition d’un Jack Elam gentil pour une fois, qui reprend à son compte le rôle de vieux râleur que tenait jadis Walter Brennan.

Huis clos – de Jacqueline Audry – 1954

Posté : 10 novembre, 2017 @ 8:00 dans 1950-1959, AUDRY Jacqueline, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Huis clos

« L’enfer, c’est les autres. » Dès le générique de début, l’objet du film est clairement défini : cette adaptation libre de la pièce de Sartre est une illustration de la plus célèbre de ses citations. Je n’ai ni lu, ni vu la pièce sur scène, mais le film qu’en tire Jacqueline Audry n’est pas franchement plus convaincant qu’enthousiasmant.

L’histoire, pour les incultes comme moi : après leur mort, plusieurs personnages se retrouvent en Enfer. Mais un Enfer sans feu, sans diablotin, et sans les supplices habituels : cet Enfer-là a les allures d’un grand hôtel, où les nouveaux-morts sont accueillis avec tous les égards avant d’être conduits dans la chambre où l’éternité les attend, et où ils doivent cohabiter avec deux autres décédés choisis au hasard.

On a donc un révolutionnaire mort dans un honneur douteux (Frank Villard, très bien), qui se retrouve enfermé avec une lesbienne vieillissante avide d’amour (Arletty, elle-même vieillissante et fatiguée) et une riche oisive à la beauté qui se fâne (Gaby Sylvia). Paradoxalement, c’est ce dernier personnage, pourtant le plus effacé et le plus passif, qui sert de lien à cette micro-communauté qui se forme. Ou plutôt de révélateur de toutes les différences, de toutes les mesquineries, de toutes les petitesses de ces êtres.

Ces trois-là n’ont rien en commun et, surprise, les tensions ne vont pas tarder à naître. Pire : les images qu’ils captent de leurs proches qui leur ont survécu révèlent que l’amour qu’ils pensaient susciter n’est qu’un leurre. Une manière pour la réalisatrice, qui a peut-être conscience de la limite de son adaptation, de prendre l’air par rapport à la pièce. Mais franchement, rien de révolutionnaire là-dedans, et on n’est jamais ni surpris, ni emballé par quoi que ce soit. Surtout que la mise en scène de Jacqueline Audry est, disons propre. Sans aspérité, purement fonctionnelle. Cruel, certes, mais lisse surtout.

Haute sécurité (Lock up) – de John Flynn – 1989

Posté : 9 novembre, 2017 @ 8:00 dans 1980-1989, ACTION US (1980-…), FLYNN John, STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Haute sécurité

Un film de prison de plus, tourné à une époque où à peu près tous les action-hero s’engouffraient dans ce sous-genre très en vogue. On est loin du Prisonnier d’Alcatraz ou de L’Evadé du même lieu : ce véhicule taillé sur mesure pour un Stallone très en forme et très musculeux se contente d’accumuler les grands poncifs attendus.

On a donc droit à un directeur tyrannique (joué par un Donald Stutherland en roue libre), des gardiens sadiques, des détenus très dangereux, d’autres fourbes, d’autres encore tellement tendres que l’on devine dès le premier plan qu’ils ne termineront pas le film vivant…

Les premières scènes laissent pourtant espérer quelque chose d’un peu plus original. Stallone y est un prisonnier en fin de peine, que l’on découvre alors qu’il est en permission. Ce qui, en soi, est déjà plutôt original. Et puis une nuit, ce prisonnier modèle est transféré sans qu’il sache pourquoi dans une prison haute sécurité nettement moins accueillante que celle où il purgeait sa peine, et où des conditions nettement plus terribles l’attendent.

Le film semble alors prendre le chemin d’un cauchemar judiciaire, pas très crédible certes, mais au moins intriguant. Sauf que le mystère n’a aucune place ici : tout est rapidement explicité, et la vérité n’a rien de renversante. On a donc droit à une simple histoire de vengeance, et à l’affrontement d’un homme victime du système et d’un tyran siphonné. Sans la moindre nuance, bien sûr.

Cela dit, cette série B (au moins dans l’esprit) se regarde sans ennui, sans surprise, et sans grande émotion envahissante. Bref, pas mal pour mettre son cerveau au repos. Ne pas oublier les bières…

Wind River (id.) – de Taylor Sheridan – 2017

Posté : 7 novembre, 2017 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, SHERIDAN Taylor | Pas de commentaires »

Wind River

C’est aussi efficace que Le Silence des Agneaux, et aussi bouleversant que Manchester by the Sea… Bref, c’est un film formidable que réussit le scénariste Taylor Sheridan pour son dépucelage derrière la caméra: à la fois un très beau film engagé sur l’injustice dont est toujours victime la minorité des Amérindiens, un film déchirant sur la filiation et la perte d’un enfant, et un grand, un très grand thriller.

Avec ce film, le scénariste de Sicario et Comancheria conclut sa trilogie consacrée à la “frontière américaine moderne”. En l’occurrence, cette frontière-là se situe au cœur des Etats-Unis: dans le Wyoming, l’état le moins peuplé, dominé par une nature à la fois belle et hostile. Et cette nature joue effectivement un rôle central, à la fois cadre omniprésent et dévorant de l’histoire, antagoniste admiré ou haï des personnages, et déclencheur du drame qui se joue.

Le film adopte constamment le rythme imposé par cette nature recouverte de neige: la précipitation n’y a pas sa place, les sons sont feutrés, et tout avance avec une certaine lenteur et une difficulté que la caméra de Sheridan rend constamment palpable, fascinante et presque étouffante par moments.

Il y a ceux qui savent s’y mouvoir: les “natifs” bien sûr (comme Graham Greene, beau clin d’œil à son rôle de Danse Avec les Loups) ou Jeremy Renner, formidable en chasseur en quête de paix. Et il y a les autres, que ces vastes étendues désertes obligent à se confronter à leurs propres démons. Parmi ceux-là, il y a les méchants (dont on ne dira rien ici), et il y a cette très jeune agent du FBI (Elizabeth Olsen, également formidable) qui semble à peine sortir de l’enfance, mais trimbale déjà un regard étonnamment dur, et qui forme un tandem improbable avec Jeremy Renner.

Voilà qui aurait pu tourner au traditionnel buddy movie, source d’engueulades ou de gags c’est au choix. Mais Taylor Sheridan a la bonne idée de ne jamais jouer sur ce registre, préférant souligner le respect mutuel qui se crée immédiatement entre ces deux êtres si différents mais également abîmés par la vie.

La force du film, c’est la manière dont chaque thème, chaque aspect, enrichit les autres: le drame, le suspense, le mystère, l’émotion se nourrissent les uns les autres jusqu’à une conclusion aussi belle que noire. Le crime au cœur de l’histoire ne réserve pas de surprise extraordinaire, mais la manière dont il est traité fait de Wind River l’un des grands thrillers de ces dernières années.

Est-ce la présence de cette jeune recrue du FBI ? Ou cette manière de filmer une réalité ni glamour ni attendue ? L’ombre du Silence des Agneaux est en tout cas bien présente, mais jamais dévorante. Taylor Sheridan l’assume d’ailleurs, en reprenant et détournant habilement le fameux “coup de la porte”, montage trompeur qui faisait naître l’horreur dans le film de Jonathan Demme, et qui révèle ici de manière prématurée (et très maline) tout le mystère.

Pour mieux réussir à imbriquer violence (quelle fusillade!) et émotion, dans un final éblouissant.

Starman (id.) – de John Carpenter – 1984

Posté : 4 novembre, 2017 @ 8:00 dans 1980-1989, CARPENTER John, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Starman

John Carpenter qui marche sur les traces de E.T. ? OK, ses films précédents ont été des échecs commerciaux, mais on n’a quand même un peu de mal à y croire. Pourtant, c’est bien ça : Starman est bel et bien une version « adulte » du triomphe de Spielberg. Vous remplacez les enfants qui découvrent un extraterrestre perdu loin de chez lui par une jeune veuve qui découvre un extraterrestre perdu loin de chez lui, et vous obtenez à peu près la même histoire.

Pour être tout à fait précis, notons quand même que Starman n’est pas uniquement un film opportuniste : son scénario et celui de E.T. circulaient en même temps. Et si celui-ci débarque sur les écrans deux ans plus tard, cela relève presque du hasard. Il n’empêche : les deux films sont étonnamment semblables, jusqu’à la manière, cynique, d’évoquer le fameux sens de l’hospitalité de la race humaine.

Et les premières scènes laissent un peu dubitatif. Carpenter, qui sort quand même d’une décennie de sans-faute, signerait une bluette à tendance psychédélique ? L’idée centrale du film est séduisante : l’extraterrestre qui débarque, parce que nous autres Terriens avons envoyé de chaleureuses invitations dans l’espace, prend l’apparence d’un homme mort depuis peu, et entraîne dans sa fuite la femme qui pleure ce dernier. Mais les premiers pas (au premier degré, « les premiers pas » de l’E.T.), et les moues enfantines de Jeff Bridges font craindre le pire.

Mais il se passe quelque chose d’assez inexplicable : le processus mental du spectateur suit remarquablement celui de la jeune veuve, jouée par Karen Allen. Forcément effrayée, voire hostile dans un premier temps, la jeune femme finit par s’attacher à cet étrange étranger à l’air si familier. Et c’est exactement ce qui se passe ici : il se dégage du film, et de chaque personnage, une telle sincérité, une telle empathie, que Starman commence à séduire.

Et Carpenter emporte définitivement le morceau lors de la belle scène du « diner », la nuit. Est-ce ce cerf qui reprend vie ? Le regard si bienveillant de cette serveuse à l’embonpoint généreux ? Ou justement les moues enfantines de Jeff Bridges ? A ce moment-là en tout cas, on plonge totalement dans les grands yeux de Karen Allen, et on les suit avec passion ces deux-là, dans leur improbable cavale vers… Vers quoi ? Une histoire d’amour impossible ? Une seconde chance ? Contre toute attente, Starman se révèle très beau. Une réussite inattendue…

Vampires (id.) – de John Carpenter – 1998

Posté : 3 novembre, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, CARPENTER John, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Vampires

Monstres, homme invisible, croque-mitaine, voiture tueuse, diable, extra-terrestres… Le cinéma de John Carpenter est tellement rempli des grandes figures du cinéma fantastique qu’il est presque incroyable qu’il ait attendu si longtemps pour se confronter aux vampires. Il en avait d’ailleurs été questions quelques années plus tôt : il avait été question que ce soit lui qui réalise le Dracula, finalement signé Coppola.

On l’imagine sans mal : le film réalisé par Carpenter aurait sans doute été aux antipodes de la sophistication fascinante du film tel qu’il existe. Plus proche d’un pur film de genre, comme l’est ce Vampires au titre d’une sobriété exemplaire. C’est qu’il ne ment pas sur la marchandise : pas question pour lui de révolutionner le genre du film de vampires. Carpenter aime le cinéma de genre, il s’y glisse avec délectation, et c’est avant tout par l’élégance et l’efficacité de sa mise en scène qu’il impose sa marque.

On peut toujours essayer d’y voir des messages ou des thèmes forts : l’église y est ainsi présentée une nouvelle fois (après Prince des Ténèbres) comme une institution hypocrite et inquiétante. Mais le fait est que Vampires est avant tout, et peut-être même exclusivement, un pur film d’horreur, très premier degré, très efficace, très fun, très bien mis en scène, et très mineur dans ses ambitions.

Carpenter y fait un pas de plus vers le western, ce genre qui l’accompagne depuis Assaut et qui n’a jamais abordé frontalement. Visuellement, c’est dans Vampires qu’il s’en rapproche le plus, avec ses grandes étendues désertes, ses paysages poussiéreux, et ses personnages filmés comme une horde de justiciers. Et c’est assez beau : même dans un film mineur comme celui-ci, Carpenter reste un grand formaliste, qui sait composer des images superbes, qui contribuent (au même titre que la musique entêtante de Carpenter himself) à créer le sentiment de peur.

Peu de nuances en revance à attendre du côté des personnages : Thomas Ian Griffith est une personnification du mal assez extrême, et James Woods est un héros bad-ass très dur et très droit. Mais le film révèle quelques surprises du côté des seconds rôles. Quant à Sheryl Lee, la postérité se souviendra d’elle pour avoir jouer une morte dans Twin Peaks… et une moribonde dans Vampires : la pauvre passe la quasi-totalité du film à râler et à trembler, avant de cracher des hectolitres de sang.

La surprise, et c’en est une, vient de Daniel Baldwin. Le frangin d’Alec est un veau, c’est un fait. Mais c’est à lui que revient le plus beau personnage : un chasseur de vampire mordu et promis à un avenir funeste, qui révèle une sensibilité inattendue. Jusqu’à une très belle dernière scène. Petit moment d’émotion dans un film plus franchement porté sur l’action pure et la trouille.

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