The harder they fall (id.) – de Jeymes Samuel – 2021
Côté scénario, rien que du très classique, voire basique : un hors-la-loi veut se venger de l’homme qui a abattu ses parents devant ses yeux lorsqu’il était enfant. Seule particularité apparente : tous les personnages sont noirs dans ce western qui vise à redonner leur place à ceux qui ont été largement gommés du tableau dans les westerns traditionnels.
De ce matériau guère original, Jeymes Samuel, dont c’est le premier long métrage, tire un film pop, fun et violent, qui doit tout ou presque à son admiration très visible pour Tarantino, dont il a assimilé une bonne partie de la manière : stylisation extrême, violence exacerbée, cool attitude et bande musicale en forme de juke box anachronique et imparable. Sans doute pas un hasard si c’est Lawrence Bender qui produit, lui qui fut le producteur historique de QT.
Et comme Tarantino, Samuel pioche dans l’histoire du cinéma des tas d’influences plus ou moins évidentes : un plan nocturne et boueux qui rappelle le Django de Sergio Corbucci, le décor qui est celui de Silverado, sans oublier des emprunts aux chefs d’œuvre de Leone, particulièrement les débuts de Il était une fois dans l’Ouest et Le Bon, la brute et le truand.
Le côté fun est souvent réjouissant, porté par des acteurs qui se donnent à fond : Jonathan Majors et Delroy Lindo (qui furent père et fils dans Da 5 Bloods l’année précédente) côté « gentils », Regina King et Idris Elba côté méchants. Un peu plombé par moments par une certaine complaisance très tendance pour la violence, et par un gunfight final un peu trop mécanique et désincarné.
Mais le trip est plutôt réjouissant, et s’offre même quelques petits moments d’émotion inattendus dans ce monde de sauvagerie, notamment un final porté par un Idris Elba formidable, loin du face à face annoncé depuis le début du film.









