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Archive pour la catégorie 'Genres'

The Pony Express (id.) – de James Cruze – 1925

Posté : 19 mai, 2017 @ 8:00 dans 1920-1929, CRUZE James, FILMS MUETS, WESTERNS | Pas de commentaires »

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Pas une seconde de temps mort dans ce western qui enchaîne à un rythme effréné les bagarres de saloons, les attaques d’Indiens, les chevauchées folles… tout ça sans oublier une histoire d’amour, la construction d’une église, et une histoire d’espionnage et de traîtres à la patrie ! Deux ans après The Covered Wagon, considéré comme la première grosse production westernienne, James Cruze tente de retrouver le même succès, et celui que John Ford avait rencontré l’année précédente avec son monumental Cheval de Fer.

Il y réussit plutôt bien. Même si le film de Cruze n’a pas l’ampleur et la force de celui de Ford, The Pony Express est une vraie réussite, passionnante et bourrée de rebondissements. Trop, peut-être : le film impressionne plus par son rythme que par la profondeur de ses personnages, qui restent le plus souvent à l’état de sympathiques stéréotypes : Ricardo Cortez en héros intrépide, charismatique et souriant ; Betty Compson en simple atout romantique ; ou Wallace Beery en faire-valoir brut et rigolo.

Il est évidemment question du Pony Express, et de ses débuts héroïques. Mais le sujet, contrairement au chemin de fer dans le chef d’œuvre de Ford, n’est pas central dans le film. S’ils jouent un rôle dans l’intrigue, et si Cruze nous offre quelques belles images de chevauchées dans de vastes étendues, ces premiers facteurs de l’Ouest sauvage ne sont là que pour illustrer ce qu’était encore cette Amérique là, sauvage, instable et pleine de dangers.

En cela, le film de Cruze pourrait être une sorte de préface au Cheval de Fer. Il y est déjà question de l’importance de communiquer d’une côte à l’autre, et de Lincoln dont l’annonce de l’élection est un moteur de l’histoire, à la fois comme le symbole d’une nation dont l’union est appelée à se confirmer, mais aussi comme le signe d’un conflit interne qui se profile.

Précurseur du western à grand spectacle, Cruze est particulièrement à l’aise dans les grandes séquences épiques. Si ces personnages manquent de profondeur, les grands moments de tension ou d’action sont d’une puissance dramatique assez impressionnante. Qu’ils se déroulent hors champs comme ce massacre d’une famille de pionnier, ou qu’ils se déroulent à l’écran comme cette ville assiégée par les Indiens, superbe séquence qui alterne gros plans et magnifiques plans larges. Du rythme et du mouvement : ce film n’en manque pas.

Condamné à être pendu (Law of the Lawless) – de William F. Claxton – 1964

Posté : 17 mai, 2017 @ 8:00 dans 1960-1969, CLAXTON William F., DE CARLO Yvonne, WESTERNS | Pas de commentaires »

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On peut dire ce qu’on veut de ce petit western Paramount : mal fagoté, un peu naïf, filmé platement, plein de défauts, joué par des vedettes vieillissantes… Mais malgré tous ses défauts, il ne manque pas de charme. En grande partie grâce à ses acteurs d’ailleurs : même si leurs personnages ne sont pas exceptionnellement écrits, voire improbables, c’est toujours un plaisir de retrouver Bruce Cabot et William Bendix, le premier en tueur tiraillé par une envie de vie paisible, le second en shérif écœuré par l’injustice.

Surtout, il y a Yvonne De Carlo. Et ça, je dois avouer que ça suffit toujours à mon bonheur. Dix ans après La Belle Espionne, la quarantaine bien sonnée, les traits légèrement empâtés, elle rayonne toujours d’une beauté troublante, mélange d’érotisme et d’émotion à fleur de peau, de force et de fragilité. Elle n’a pas toujours été servie par les rôles les plus riches du western, et celui-ci n’est pas exempt de défauts. Mais son personnage évoque plutôt habilement le destin de ces femmes qu’un duel aux pistolets a fait veuves, habituelle silhouette d’arrière-plan qui se retrouve ici au cœur de l’intrigue.

Ce qui vaut d’ailleurs l’une des belles scènes du film : un simple dialogue autour d’une table de restaurant entre Yvonne De Carlo et Dale Robertson, ancien pistolero devenu juge, qui doit présider le procès d’un ami accusé de meurtre. Robertson aussi est impeccable. Vedette de seconde zone, il n’a jamais été un acteur particulièrement profond. Mais il a un charisme certain, et fait preuve d’une économie de moyen dans son jeu qui fait de son personnage une sorte d’ange qui annonce l’arrivée de la justice dans cet Ouest encore sauvage.

Cinéaste guère réputé, Claxton filme la plupart des scènes sans génie, et parfois même franchement maladroitement. Il réussit pourtant quelques scènes mémorables, notamment une fusillade suivie d’un affrontement à mains nus dont la violence, même si hors champs pour la majeure partie, est d’une brutalité rare dans le western américain de l’époque, sans doute déjà influencée par le western spaghetti qui explose cette même année (le générique du début évoque d’ailleurs clairement celui de Pour une poignée de dollars).

Et puis le film se termine par une séquence très attendue : celle de l’incontournable duel, annoncé dès les premières scènes. Mais l’affrontement, intense et parfaitement tendu, prend une dimension totalement inattendue, qui permet à ce western de se refermer en laissant une belle impression.

Le Réveil de la Force / Star Wars, épisode VII (Star Wars : Episode VII – The Force awakens) – de J.J. Abrams – 2015

Posté : 16 mai, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, ABRAMS J.J., FANTASTIQUE/SF, FORD Harrison | Pas de commentaires »

Le Réveil de la Force / Star Wars, épisode VII (Star Wars : Episode VII - The Force awakens) - de J.J. Abrams - 2015 dans 2010-2019 Star%20Wars%20pisode%207_zpswxwwvpqi

La bande annonce avait fait son petit effet, avec l’apparition de Han Solo et Chewbacca à bord du Faucon Millenium. La petite phrase lancée par un Harrison Ford vêtu des mêmes frusques qu’il y a quarante ans avait fait frissonner de plaisir bien plus que les seuls fans : « Chewie, we’re home ! » De la même manière, ce plan sombre de la main robotisée de Luke Skywalker se posant sur RD2D était une image particulièrement excitante, promesse d’un film porté par une douce nostalgie.

Résultat ? Cette suite tardive, qui permet de retrouver Harrison Ford, Carrie Fisher et Mark Hammill dans les rôles qui les ont rendus tous les trois célèbres, plus de trente ans après l’épisode 6, s’inscrit effectivement dans le prolongement direct de la première trilogie, et multiplie les clins d’œil aux films par lesquels tout a commencé. Et la meilleure idée, c’est peut-être d’avoir fait de Luke une figure quasi-mythologique, que tous les personnages passent l’intégralité du film à chercher.

Sauf que J.J. Abrams confirme ce qu’on pense de lui depuis quelque temps. Cinéaste brillant, Abrams a un vrai sens du rythme et sait composer des cadres qui marquent les esprits. Mais ce n’est pas un créateur : ses films sont tous des hommages sincères, parfois enthousiasmants, et toujours appliqués, à des œuvres existantes, auxquels il applique un lifting et un aspect feuilletonant qui rappelle ses débuts de créateur de série. Ce Star Wars 7 ne fait pas exception.

Le problème, c’est qu’on le sent nettement plus inspiré lorsqu’il introduit de nouveaux personnages que lorsqu’il met en scène les figures historiques de la saga, traités trop ouvertement comme des passages obligés. Ce fameux premier plan sur Han Solo et Chewbacca sonne ainsi curieusement faux. Son personnage, pourtant central dans l’histoire à cause de l’identité du nouveau grand méchant, semble embarrasser Abrams. Trop appliqué, comme écrasé par le poids de l’attente, le réalisateur échoue à lui donner la dimension tragique qui devrait lui convenir.

Même constat pour Leia, qui n’a droit qu’à une poignée de scènes pas franchement bouleversantes. Quant à l’apparition pour le moins tardive de Luke…
Les personnages nouveaux sont plutôt intéressants. Mais dans le rôle de la jeune héroïne qui découvre qu’elle possède la Force, Daisy Riley s’avère nettement plus fade que Felicity Jones dans Rogue One. Dans celui de l’ancien Stormtrooper qui décide de passer du côté de la lumière, John Boyega est impeccable, mais la richesse potentielle de son personnage tourne court. Quant à l’excellent Oscar Isaac, il est franchement sous-exploité.

Bref, c’est bien foutu, plein de suspense et bourré d’action. Tout ce qu’on attendre d’un Star Wars. Mais cet épisode 7 marque d’emblée la limite de ce renouveau, annonce de nouvelles pistes pas franchement enthousiasmantes, et laisse craindre le pire des multiples suites et films dérivés que Disney envisage déjà pour les années, voire les décennies, à venir. C’était peut-être, finalement, bien dispensable.

La saga Star Wars

Last Action Hero (id.) – de John McTiernan – 1993

Posté : 15 mai, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, ACTION US (1980-…), McTIERNAN John | Pas de commentaires »

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Face à Arnold Schwarzenegger (le vrai), Jack Slater (le personnage qu’il interprète) lance un définitif : « I don’t really like you. You brought me nothing but pain. » Une réplique qui donne un ton inattendu à cette rencontre entre deux Schwarzy, un petit trouble même, qui résume bien ce film ambitieux, variation musclée sur le thème de Sherlock Junior ou La Rose pourpre du Caire, à la fois pur divertissement et belle réflexion sur le cinéma en général, et sur le film d’action en particulier.

Last Action Hero n’est pas un film parfait : la partie se déroulant dans le monde de fiction est trop longue, et a tendance à diluer le propos et à résumer le film à ce dont il se moque gentiment, un pur pop-corn movie décérébré aux rebondissements improbables. Cette première partie ne manque pas de piquant cela dit : on y croise Anthony Quinn dans l’un de ses derniers rôles, mais aussi la Catherine Trammel de Basic Instinct ou le T1000 de Terminator 2, clin d’œil au précédent film d’Arnold Schwarzenegger, qu’une affiche dans un vidéo club de ce monde parallèle attribue à Stallone. « It’s his best performance ever », s’enthousiasme même Slater/Schwarzy.

McTiernan va loin dans la dérision, multipliant volontairement les incohérences, les facilités scénaristiques, ou l’humour pas toujours fin (l’enterrement explosif de monsieur pet), ou imaginant de réjouissantes parodies (Schwarzie en Hamlet). Il y met en scène un personnage de cartoon, et même un hologramme de Bogart, annonçant ainsi avec vingt ans d’avance le retour discutable de comédiens morts au cinéma (Peter Cushing dans Rogue One).

S’il y a une chose qui frappe dans cette première partie, c’est d’ailleurs cette clairvoyance dont fait preuve John McTiernan. Immense réalisateur du cinéma d’action (Predator et Une Journée en enfer restent des sommets), il annonce dès le titre de son film la décadence du genre, avec la systématisation des suites comme une manière obligée de tirer profit ad nauseum d’une recette qui fait recette. Critique à peine voilée, que l’évolution du genre rend particulièrement parlante aujourd’hui.

Mais c’est bien quand le personnage de fiction et le jeune spectateur qui l’accompagne arrivent dans le monde réel que le film prend toute sa dimension. Un peu trop tard sans doute : le décalage de la première partie était sympathique ; mais c’est bien le contraste entre la fiction et la réalité, et la prise de conscience d’un personnage sans libre-arbitre qui passionnent.

Schwarzenegger, véritable animal de cinéma bigger than life, a rarement été aussi intense que dans cette prise de conscience, action hero découvrant sa fragilité d’être humain, et réalisant l’imagination macabre des scénaristes qui ont pavé son « existence » de tragédies. Présenté comme l’un des blockbusters d’été lors de sa sortie en 1993, Last Action Hero a sans grande surprise été un échec public. Il reste aujourd’hui une étape importante du cinéma d’action, et l’un des meilleurs films de sa star.

La Femme aux miracles (The Miracle Woman) – de Frank Capra – 1931

Posté : 14 mai, 2017 @ 8:00 dans * Pre-code, 1930-1939, CAPRA Frank, STANWYCK Barbara | Pas de commentaires »

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Après Femmes de luxe, Capra offre un nouveau rôle à Barbara Stanwyck : celui d’une fille de pasteur qui devient la prédicatrice star d’un temple très populaire… et très lucratif. Un rôle qui lui vaut une entrée en matière extraordinaire : elle apparaît au lutrin de l’église, où elle lit le prêche du jour avant d’annoncer le décès de son père, mort de ne pas avoir supporté l’ingratitude de ses ouailles qui lui ont préféré un homme d’église plus jeune.

La manière dont Stanwyck passe de la posture de femme d’église à celle de victime en colère, dénonçant l’hypocrisie et la médiocrité de ces fidèles amassés face à elle, est d’une puissance inouïe, et d’une audace que l’application du code Hayes aurait rendu inimaginable trois ans plus tard, dans cette Amérique très pieuse. Mais dans cet Hollywood béni de l’ère pré-code, le politiquement incorrect est presque de rigueur. Et Capra ne se prive pas d’en profiter…

Presque aussi abouti que la première collaboration du cinéaste avec son actrice (il y a peut-être une ou deux petites longueurs, si on veut être tatillon), le film séduit par sa simplicité et par son authenticité. Et Capra réussit aussi bien ses grandes scènes de foule que les nombreux moments intimes. Et puis l’histoire d’amour entre la belle pécheresse et ce jeune aveugle à qui elle a sauvé la vie sans le savoir (David Manners, qui est cette même année le Jonathan Harker de Dracula) ne tombe jamais dans le larmoyant.

Au contraire, cette jolie romance nous vaut quelques moments magnifiques, comme ce premier baiser d’une pureté telle qu’il laisse le souffle coupé, instants absolument sublimes. Et l’idée de cet homme qui ne peut pas voir et qui ouvre les yeux de cette femme perdue dans une vie qui ne lui ressemble pas est très belle, et traitée avec une honnêteté et sans facilité par Capra.

Le film est, comme ça, émaillé de moments merveilleux, et de seconds rôles inoubliables. Comme la brave Mrs Higgins (Beryl Mercer), dont la bonté parfaite envers son aveugle de locataire ose se parer d’une attirance à peine voilée. « Ah ! si j’avais 30 ans de moins… » glisse-t-elle l’air de rien. Réjouissant.

Alliés (Allied) – de Robert Zemeckis – 2016

Posté : 11 mai, 2017 @ 8:00 dans * Espionnage, 2010-2019, ZEMECKIS Robert | Pas de commentaires »

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Zemeckis nous fait le coup du grand cinéma classique romanesque, avec un modèle évident et proclamé : Casablanca, dont il reprend le décor (le Casablanca de 1942, pour la première partie du film), et même le « Play it » insistant devant un piano… Mais le réalisateur de Retour vers le Futur a-t-il la carrure de Michael Curtiz ? Pas sûr, quand même.

Dès le tout premier plan, absolument virtuose mais (très visiblement) entièrement numérique, le problème principal du film apparaît, avant même les acteurs, problème qui se confirmera scène après scène : Zemeckis soigne le moindre de ses plans avec une application et une volonté de se mettre en danger qui forcent le respect, mais avec une virtuosité trop évidente, trop systématique, et trop dominante.

Cette virtuosité, qui vaut quelques moments de plaisirs, semble le plus souvent trop appliqué. Zemeckis, qui a visiblement envie d’imprimer ce genre très hollywoodien de son emprunte, oublie la passion en route. Et si on suit l’intrigue sans le moindre ennuie, et avec un intérêt qui ne retombe (presque) jamais, l’émotion ne passe pas vraiment, et on reste constamment à distance de ce mélodrame pourtant costaud.

On le sent sincère et passionné par les classiques d’autrefois, mais Zemeckis reste du côté du pastiche. Son film sonne comme un hommage sincère et appliqué à Casablanca donc, mais aussi à l’univers de Graham Greene (dont Brad Pitt lit d’ailleurs le Brighton Rocks), notamment au très beau La Fin d’une liaison, dont Neil Jordan avait tiré un film autrement plus poignant.

Brad Pitt lui-même semble étrangement statique et étranger à l’action, comme engoncé dans un personnage qu’il ne fait jamais vraiment vivre (pas aidé, c’est vrai, par un accent amerloque lorsqu’il est censé parler couramment français). Mais il y a Marion Cotillard, lumineuse et intense, comme toujours parfaitement juste. Elle est pour beaucoup dans le plaisir sincère qui réussit à poindre au milieu de la déception.

Soleil vert (Soylent Green) – de Richard Fleischer – 1973

Posté : 9 mai, 2017 @ 8:00 dans 1970-1979, FANTASTIQUE/SF, FLEISCHER Richard | Pas de commentaires »

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Classique de la SF, Soleil Vert n’a pas si mal vieilli. Plus, pour être honnête, que l’immense majorité des films de Fleisher, mais moins que le tout-venant du genre de cette décennie. Sans doute pour une raison toute simple : le futur décrit dans le film ressemble à s’y méprendre à l’Amérique de 1973, sans gadget, sans architecture improbable (à part quelques intérieurs qui, eux, semblent aujourd’hui bien datés), et en version toute pourrie.

C’est l’une des belles idées du film : faire du futur une sorte de présent alternatif où les dérives des hommes auraient été poussées à l’extrême, et où ne subsisterait plus que la misère, et des villes moribondes noyées dans un perpétuel nuage verdâtre (qui paraît un peu cheap) de pollution. Pas de voiture volante, rien d’autre que les quartiers populaires de New York transformés en cloaque où les habitants semblent n’attendre que la mort.

Comme la plupart des films de SF, Soleil Vert ne parle d’ailleurs que d’aujourd’hui. Sa portée politique, valable en 1973, l’est tout autant aujourd’hui : film écolo, cri d’amour à la nature et aux beautés de notre planète, dénonciation du capitalisme cynique et jusqu’au-boutiste… Le film s’ouvre d’ailleurs sur un montage de photos, toutes authentiques, qui retracent l’évolution de la société au cours du 20e siècle, et les effets sur l’environnement.

De l’enquête que mène le petit flic Charlton Heston après le meurtre d’un riche privilégié, on s’attend à ce qu’en sorte un terrible secret, une machination machiavélique des puissants. La vérité, dévoilée dans les dernières minutes, est à la fois plus simple, et plus terrible.

Le meilleur du film, c’est quand même la cohabitation de deux générations de star : Heston et Edward G. Robinson (on pourrait ajouter Joseph Cotten, dans un second rôle marquant), le second jouant le rôle du vieillard qui ressasse inlassablement les souvenirs d’une Terre que son jeune ami n’a jamais connue. La plus belle scène, c’est peut-être celle du repas entre Robinson et Heston, l’un découvrant la vraie nourriture avec plaisir, l’autre retrouvant les goûts de son enfance avec plus de douleur que de joie. Dans un cadre feutré, sans effets spéciaux et sans fioriture, Fleischer signe là un magnifique moment de cinéma.

Source Code (id.) – de Duncan Jones – 2011

Posté : 8 mai, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, JONES Duncan | Pas de commentaires »

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Voilà une formidable surprise. De ce film fantastique assez intriguant, je n’attendais pas grand-chose d’autre qu’un petit moment de détente et de relaxe cérébrale. J’en suis ressorti totalement bluffé : Source Code est une réussite majeure du genre, une variation assez géniale sur le thème d’Un Jour sans fin. Bref, un film fantastique dans tous les sens du terme, brillant et passionnant.

Le film s’ouvre mystérieusement, sur Jake Gyllenhaal qui se réveille dans un train, face à une jeune femme qui lui parle comme à un ami. Problème numéro 1 : il n’a pas la moindre idée de comment il est arrivé là. Problème numéro 2 : cette jeune femme, si jolie soit-elle (c’est Michelle Monagham), lui est totalement inconnue et l’appelle par un prénom qui n’est pas le sien. Problème numéro 3 : en se regardant dans le miroir, il réalise qu’il n’est effectivement pas lui-même. Problème numéro 4 : à peine s’en est-il rendu compte qu’une bombe explose et tue tout le monde dans le train…

Oui, on voit venir le truc : le gars va revivre cette journée à l’envi, jusqu’à ce qu’il désamorce la bombe et emballe la fille. Eh bien oui, mais pas tout à fait non plus, pas seulement en tout cas, et pas comme on s’y attend. Le film, malin et intelligent, joue comme le petit classique d’Harold Ramis sur la répétition d’une même journée (en l’occurrence des mêmes quelques minutes), mais en la justifiant par une idée digne des plus grands auteurs de SF, que je ne spoilerai pas, mais qui ouvre des perspectives immenses sur les notions de réalité, de libre-arbitre, et de seconde chance.

C’est formidablement bien écrit (par Ben Ripley, dont le seul « titre de gloire » jusqu’à présent était le scénario de La Mutante 3 !), et c’est réalisé avec un grand sens du détail par Duncan Jones (le filston de David Bowie), qui filme Chicago comme personne avant lui, soulignant le caractère à la fois moderne et humain de la ville, entièrement construite autour de la circulation des hommes, avec ses trains, ses routes, ses rivières, et ses larges promenades. A vrai dire, les villes américaines ont rarement été filmées avec autant d’attention qu’ici, en tout cas dans le cinéma contemporain.

Le (jeune) fait aussi preuve d’une délicatesse (oui oui, délicatesse) inattendue, réussissant à rendre émouvante l’accumulation d’explosion, jusqu’à un bouleversant arrêt sur image absolument magnifique. Sans oublier le suspense (à couper au couteau) en route, le film se révélant finalement plein d’espoir. La noirceur extrême laisse in extremis la place à un feel good movie. L’un des plus beaux films fantastiques / de SF de ces dernières années.

Femmes de luxe (Ladies of Leisure) – de Frank Capra – 1930

Posté : 6 mai, 2017 @ 8:00 dans * Pre-code, 1930-1939, CAPRA Frank, STANWYCK Barbara | Pas de commentaires »

Femmes de luxe (Ladies of Leisure) - de Frank Capra - 1930 dans * Pre-code Femmes%20de%20luxe_zpsp09ghute

Barbara Stanwyck, jeune femme habituée aux plans tout pourris avec des gros lourds imbibés d’alcool, passe la nuit sur le canapé du riche peintre qui l’a choisie comme modèle, et dont elle est tombée secrètement amoureuse. Au milieu de la nuit, elle l’entend s’approcher d’elle. Elle pense qu’il va réagir comme tous les types qu’elle a connus, et se jeter sur elle. Mais non. Sans un bruit, la croyant endormie, il la couvre d’un plaid, et s’éloigne tout aussi discrètement.

Cette scène simple et sublime n’est faite que de gros plans, sur les pieds du peintre (joué par Ralph Graves), sur ses mains déposant la couverture, et surtout sur le visage de l’actrice sur lequel des torrents d’émotion se lisent. Et ce visage, lorsqu’elle réalise la tendresse de ce geste, est l’un des premiers immenses moments d’émotion du cinéma de Capra, qui rappelle la perfection qu’avait atteint le cinéma dans les dernières années du muet, dans ce qui est pourtant l’un de ses premiers films (son premier ?) entièrement parlant.

Capra n’est pas un débutant lorsqu’il réalise Ladies of Leisure. Mais le film marque le début d’une décennie magnifique, celle de New York – Miami et de Monsieur Smith au Sénat, au cours de laquelle le cinéaste impose son style, ses thèmes et son ton. Tout est déjà bien en place ici, dans ce qui est aussi sa première collaboration avec la toute jeune Barbara Stanwyck, déjà sublime, complexe et intense. C’est grâce à elle, et à la délicatesse de Capra, que toute l’émotion passe, dans ce portrait d’une femme qui pensait profiter de la fortune d’un homme, et qui réalise qu’elle ne veut que son amour.

Dès la toute première scène, Capra met en place la verticalité du film, qui sera constamment au cœur de son récit. Des passants sur un trottoir manquent de se faire assommer par des bouteilles, lancées du haut d’un immeuble cossu par des jeunes femmes visiblement très alcoolisées lors d’une soirée donnée par de riches oisifs, où l’on découvre notre peintre, perdu dans un milieu qui ne lui ressemble pas. Capra jouera à plusieurs reprises sur ce motif de la verticalité, avec la place centrale jouée par l’ascenseur, et jusqu’à cette extraordinaire séquence finale basée sur un montage alterné, sommet de suspense et d’émotion.

Capra réussit l’un de ses très grands films oubliés, aussi abouti visuellement que riche au niveau du récit, parsemé de détails et de personnages passionnants, qui évitent à toute caricature. Capra, comme Barbara Stanwyck d’ailleurs, entre dans la cour des grands.

Premier contact (Arrival) – de Denis Villeneuve – 2016

Posté : 4 mai, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, VILLENEUVE Denis | Pas de commentaires »

Premier contact (Arrival) – de Denis Villeneuve - 2016 dans 2010-2019 Premier%20contact_zpsar36hzem

Villeneuve réussit un pari audacieux : baser entièrement un film de science-fiction racontant une « rencontre du troisième type » avec de mystérieux extra-terrestres, sur la difficulté de communiquer entre les peuples. Avec, en lieu et place des scènes d’action attendues, de longues séquences décortiquant la manière dont la linguiste (Amy Adams) et le scientifique (Jeremy Renner) tentent de se faire comprendre et s’interrogent sur tous les pièges potentiels de l’anglais et de la langue parlée. Imbitable ? Passionnant au contraire, et c’est bien le tour de force du cinéaste : la linguistique ne m’a pourtant jamais enthousiasmé durant mes études…

Il y a bien quelques rares moments de pur suspense, comme pour permettre aux producteurs d’offrir une bande annonce un peu mouvementée aux spectateurs potentiels : la scène hallucinante de la bombe, en particulier, avec cette fusillade hors champs. Mais Villeneuve ne triche pas, et va bien au bout de son sujet.

Le film laisse entrevoir la possibilité d’un dialogue entre les peuples. De là à y voir une œuvre profondément optimiste, il y a un gouffre : il est surtout question de la difficulté de se comprendre, et de la quasi-incapacité de l’homme à sortir de son mode de raisonnement habituel. En résumé ; pour se comprendre et apprendre à vivre ensemble, il faut accepter de remettre en question tout ce que l’on croit acquis, et chercher à adopter le point de vue de « l’autre ». Pas simple.

Une ouverture à l’autre que le personnage joué par Amy Adams (très émouvante) pousse à l’extrême, avec une histoire personnelle bouleversante dont je ne dirai rien ici, si ce n’est que la fin du film illustre parfaitement cette nécessité d’accepter la nécessité de remettre en question tout ce que l’on croit acquis. Un choc.

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