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Archive pour la catégorie 'Genres'

Echec au hold-up (Appointment with danger) – de Lewis Allen- 1951

Posté : 12 mars, 2017 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, ALLEN Lewis | Pas de commentaires »

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Il y a une idée formidable au cœur de ce thriller : faire d’une religieuse la seule personne capable d’identifier un tueur, dont l’arrestation permettrait de démanteler un gang particulièrement violent. Et même si le film ne tient pas totalement ses promesses, cette seule idée suffit à faire d’Echec au hold-up une réussite originale dans le genre.

Surtout que cette belle idée n’est pas isolée : le scénario regorge de surprises, qui rendent mémorables certaines scènes. Comme ce dialogue joliment cynique, prononcé par la maîtresse du grand méchant : « Don’t thank me. Earl was good to me, I hope he’ll kill you ». Ou comme ce méchant a priori très classique, voire stéréotypé, mais qui réussit à vraiment exister le temps d’une scène (sa dernière), lorsqu’il se livre de manière totalement inattendu sur ce fils qui lui a été enlevé par sa mère, et dont il garde religieusement des chaussures d’enfant, coulées dans le bronze…

On sent bien que, avec son sujet, le film tend vers une approche humaniste du genre, qui tombe quand même un peu à plat la plupart du temps. La faute, sans doute, à une mise en scène qui n’évite ni les lenteurs, ni les approximations. Lewis Allen n’est certes pas un immense réalisateur, mais il réussit toutefois admirablement ses scènes d’action grâce à quelques fulgurances, comme cette scène de poursuite dans une gare, admirablement tendue. Et rapide, très rapide.

Et puis il y a toujours le plaisir de retrouver Alan Ladd qui, même sans en faire beaucoup, et même avec un personnage sans grande surprise, est toujours parfait. La relation qu’il entretient avec la religieuse, dont on sent que, dans d’autres circonstances, elle aurait pu être teintée de romantisme, est l’une des grandes réussites du film.

Alvarez Kelly (id.) – d’Edward Dmytryk – 1966

Posté : 10 mars, 2017 @ 8:00 dans 1960-1969, DMYTRYK Edward, WESTERNS | Pas de commentaires »

Alvarez Kelly (id.) - d'Edward Dmytryk - 1966 dans 1960-1969 Alvarez%20Kelly_zpsfes4vlus

Dmytryk signe avec ce western au sujet original une grosse production ambitieuse, séduisante et imparfaite. Imparfaite parce que le ton est assez étrange, Dmytryk semblant ne pas réussir à faire son choix entre un drame de guerre sombre et désenchanté, et une légèreté dont il ne se dépare jamais vraiment. Il passe ainsi de séquences de combat violentes et tragiques, à une conclusion toute en humour portée par une voix off finale rigolarde.

Le film n’en est pas moins séduisant par son sujet (l’importance de fournir en nourriture les troupes au front), et surtout par son absence totale de manichéisme. Le « héros » de l’histoire, convoyeur de bétail, est ainsi un mercenaire capable de se vendre aux Nordistes comme aux Sudistes, et qui passe effectivement de l’un à l’autre sans sourciller, le film changeant alors tout simplement de point de vue.

Il y a bien des bons et des méchants dans ce western, mais pour une fois, la différence n’est pas une question de couleur d’uniforme. Rien que pour ça… Des innombrables films prenant la Guerre de Sécession comme toile de fonds, rares sont ceux qui prennent le parti… de ne pas prendre partie. Alvarez Kelly n’est ni pro-Sud, ni pro-Nord, simplement un film qui parle des hommes (et des femmes, avec deux personnages très intéressants) confrontés à leurs choix personnels en temps de guerre.

Et puis Dmytryk utilise plutôt bien les moyens conséquents qu’il a à sa disposition, et ce Cinemascope impressionnant qui nous vaut quelques moments spectaculaires mémorables, notamment dans les séquences de fuites et les scènes d’action : en particulier cette cavalcade insensée d’un troupeau de 2500 têtes qui fonce vers un pont étroit.

Rajoutez à ça deux grands acteurs, Richard Widmark et William Holden. Avec quand même une mention pour le second, dont le personnage cynique est nettement plus intéressant, une sorte de double inversée de celui qu’il tenait dans Les Cavaliers, le film de Ford auquel on pense forcément, tant Dmytryk semble s’en inspirer dans sa manière de filmer les cavaliers en marche dans ses grandes étendues.

Black Coal (Bai ri yan huo) – de Diao Yi’nan – 2014

Posté : 9 mars, 2017 @ 8:00 dans * Polars asiatiques, 2010-2019, DIAO Yi'nan | Pas de commentaires »

Black Coal (Bai ri yan huo) - de Diao Yi'nan - 2014 dans * Polars asiatiques Black%20Coal_zpswuhrewmu

Un flic dépressif devenu ex-flic alcoolique à la suite d’un bain de sang. Une série de meurtres commis sur plusieurs années. Un mystérieux assassin au patin à glace. Une douce jeune femme au lourd secret… C’est un pur film noir que signe Diao Yi’nan. Et comme dans la grande tradition hollywoodienne du genre, le film noir est à la fois le moyen d’offrir une plongée labyrinthique dans les affres des personnages, et de faire ressentir le poids social d’une époque…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette époque-là (la Chine d’il y a une dizaine d’années) ne fait pas rêver. Ni les spectateurs, ni les personnages, qui semblent se débattre sans trop y croire dans une vie sans issue heureuse. « Tu crois qu’on peut gagner dans cette vie ? » lance même l’un des flics avec le petit sourire de celui qui a compris.

Le décor lui-même est totalement sinistre : une région grise où le charbon est omniprésent, industrie qui semble faire vivre tant bien que mal, et d’une manière ou d’une autre, la moitié de la population. Un univers où les hommes gesticulent pour se donner l’illusion d’avoir un but (« Je veux faire quelque chose » explique Zhang, l’ex flic obsédé par des meurtres qui le ramènent à une ancienne enquête), et où les femmes ne font plus même mine de croire en quoi que ce soit.

Diao Yi’nan signe un film au rythme lancinant, inconfortable et fascinant. Un film dont les seules couleurs semblent venir des lumières artificielles de la ville, et où la glace semble constamment tout recouvrir. Un film aussi qui privilégie les moments en creux, le cinéaste suivant ses personnages de près, les filmant longuement dans leurs silences, en s’autorisant de grandes et audacieuses ellipses.

Mais il sait aussi, dès les premières scènes, instaurer un climat d’angoisse. Un sentiment d’oppression et de menace qu’il pousse à son paroxysme à chaque explosion de violences, où l’horreur et l’absurde se disputent la vedette. Jusqu’à un final étrange, poétique et magnifique, un « feu d’artifice en plein jour » (c’est d’ailleurs le titre en version originale) qui, sur le fil, semble annoncer la possibilité de sentiments partagés. Une infime lueur d’espoir dans cette atmosphère plombée.

La Chambre ardente – de Julien Duvivier – 1962

Posté : 8 mars, 2017 @ 8:03 dans * Polars/noirs France, 1960-1969, DUVIVIER Julien | Pas de commentaires »

La Chambre ardente - de Julien Duvivier - 1962 dans * Polars/noirs France La%20Chambre%20ardente_zps1obwdrhu

Jamais vraiment là où on l’attend, Duvivier signe un thriller très inspiré de l’ambiance baroque des films d’épouvante italiens de l’époque. Un château isolé, une mort mystérieuse, un cadavre qui disparaît, des nappes de brume qui semblent prendre vie, une cérémonie macabre dans une crypte mortuaire… Cette adaptation d’un roman de John Dickson Carr tient plus du film d’horreur que du polar, même si le fantastique n’est au final qu’apparence et faux semblants.

Encore que… Le film est construit sur un modèle cher à Agatha Christie : un meurtre mystérieux, et une poignée de personnages qui sont autant de suspects potentiels ayant un intérêt à voir la victime trépasser, à commencer par ses deux neveux (le survolté Claude Rich et le manipulateur Jean-Claude Brialy) qui attendent avec impatience et cynisme l’héritage du richissime tonton, un procédé dont Duvivier s’était déjà inspiré pour Marie-Octobre. Mais au milieu de ces personnages, il y a celui joué par Edith Scob, descendante d’une « sorcière » trahie et brûlée des siècles plus tôt par l’aïeul de la victime.

Voir Duvivier filmer un tel microcosme familial lourd de secrets n’a rien d’étonnant. Mais le voir flirter avec le fantastique, et mettre en scène un personnage visiblement habité par une sorte de malédiction familiale est nettement plus inattendu. L’association des deux est parfois bancale : aussi fascinant soit-il, le personnage d’Edith Scob paraît souvent un peu en décalage avec le reste du film. Mais elle contribue à l’atmosphère inquiétante et trouble du film.

Dès la séquence d’ouverture, « affrontement » de deux voitures lancées à toute vitesse sur les petites routes de la Forêt Noire, Duvivier installe une belle tension, et semble d’emblée opposer ses personnages les uns aux autres. Mais c’est quand il assume le plus ses envies de fantastique horrifique que son film est le plus réussi : lors des nombreuses scènes de nuit où il utilise tous les trucs du pur cinéma d’épouvante (l’obscurité, le vent dans les arbres, les bruits de pas dans la nuit…).

C’est le film d’un cinéaste qui aime son art, et qui profite de cette œuvre tardive pour rendre hommage à d’autres réalisateurs a priori très éloignés de son propre univers. En l’occurrence, on pense beaucoup à Mario Bava, dont le culte Masque du Démon était sorti l’année précédente. A Hitchcock aussi, à qui Duvivier emprunte la célèbre scène du verre de lait de Soupçons. Avec de telles références, pas étonnant que La Chambre ardente soit si effrayant.

Seven (id.) – de David Fincher – 1995

Posté : 4 mars, 2017 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, FINCHER David | Pas de commentaires »

Seven (id.) - de David Fincher – 1995 dans * Thrillers US (1980-…) Seven_zpsy42f3hbq

Je me souviens encore du jour où j’ai découvert Seven, lors de sa sortie en salles : j’en étais sorti avec les jambes molles, traumatisé par le choc de cette découverte. Un peu plus de vingt ans après, le film de David Fincher a été plus que pillé : son style visuel, sa manière de filmer la violence dans ses effets les plus horribles, jusqu’à sa musique et le générique du début… Seven a posé les bases de la quasi-totalité des thrillers qui ont suivi, avec à chaque fois un jeu de surenchère dans l’horreur et la violence crue.

Revoir Seven pouvait donc déboucher sur une petite déception : à l’époque, le style du film était à lui seul un choc ; aujourd’hui, l’effet de surprise est forcément émoussé. Pourtant, le deuxième long métrage de David Fincher (après le très prometteur Alien 3) se porte encore très bien. Et le constat est clair : si le style de Fincher a été maintes fois copié par des cinéastes moins talentueux que lui, ils ne sont pas bien nombreux à avoir réussi une telle alchimie entre le sujet, le décor et le style.

Devant la caméra de Fincher, la violence de ces meurtres inspirés par les sept pêchés capitaux devient une allégorie de la déshumanisation des grandes villes. Et cette ville, où on ne croise finalement personne véritablement, devient une sorte d’enfer sur terre, dont la pluie incessante (et très cinégénique) n’arrive pas à laver la pourriture ambiante.

Au milieu de cet enfer, trois personnages, guère plus : le vieux flic revenu de tout (Morgan Freeman, absolument génial), le jeune chien fou plein d’illusions (Brad Pitt, intense mais un rien cabot), et une personnification de l’innocence (Gwyneth Paltrow, désincarnée). Les autres ne sont, pour la plupart, que des silhouettes, à commencer par celle du tueur, forme abstraite que l’on découvre lors d’une poursuite à pied (et sous la pluie, donc) qui n’a rien perdu de son extraordinaire puissance.

Les meurtres, avec leur originalité macabre, ont certes un côté « catalogue » qui inspirera tout un pan douteux du cinéma américain (à commencer par l’interminable saga Saw). Mais le film reste un chef d’œuvre indépassable du genre, l’un des thrillers les plus mémorables de la décennie.

Terre de violence (Good day for a hanging) – de Nathan Juran – 1959

Posté : 3 mars, 2017 @ 8:00 dans 1950-1959, JURAN Nathan, WESTERNS | Pas de commentaires »

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Il a mauvaise réputation, Nathan Juran. Sans crier au génie, je dois pourtant dire que les quelques films signés par lui que j’ai vu m’ont tous séduit. Et celui-ci tout particulièrement, formidable variation sur des thèmes habituels du western: le shérif faisant face à une population de plus en plus hostile, le condamné qui attend d’être pendu…

Vive à défaut d’être inventive, la mise en scène de Juran est constamment admirablement tendue. Mais c’est surtout le scénario qui offre quelques belles surprises, à commencer par le dilemme du personnage principal, shérif droit dans ses bottes qui se trouve être le seul témoin capable d’envoyer le braqueur qu’il a capturé sur la potence (c’est Robert Vaughn, dans l’un de ses premiers rôles)… et le père d’une jeune femme qui aime cet accusé depuis l’enfance.

D’accord, la fin du film facilite grandement la résolution de ce dilemme moral, n’empêche qu’il est assez inhabituel, et que Fred McMurray est parfait dans le rôle de ce grand type raide comme la justice, mais pas si insensible qu’il ne le laisse croire. Le film est d’ailleurs une jolie réflexion sur le sens du devoir, la violence, le libre-arbitre, et même la peine de mort.

Car dans Good day for a hanging, les morts comptent, et la violence laisse des traces. Ce n’est pas si courant dans le genre, mais dix ans avant Pendez-les haut et court, le film de Nathan Juran pose déjà la question de la peine de mort, avec cette scène magnifique montrant le procureur se saoulant et luttant pour rester digne malgré la culpabilité qui le ronge après qu’il a obtenu la peine de mort contre l’accusé.

* DVD dans la collection Westerns de Légende de Sidonis/Calysta, avec des présentations par Patrick Brion et Bertrand Tavernier (qui semble étrangement se défendre d’avoir aimé le film et de reconnaître des qualités à Nathan Juran), et une évocation de la carrière de Fred McMurray par le même Tavernier.

Independance Day Resurgence (id.) – de Roland Emmerich – 2016

Posté : 28 février, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, EMMERICH Roland, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

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Quand il fait ce qu’il sait le mieux faire, c’est-à-dire détruire des villes entières et pulvériser gratte-ciels et monuments historiques, Roland Emmerich fait mouche dans cette suite tardive de son premier méga-succès. Mais il le fait peu. Bien moins en tout cas que dans 2012, son meilleur film à ce jour, celui où il laisse éclater son goût immodéré pour la destruction massive.

Avec ce Resurgence, Emmerich est tenté par autre chose. On le sent d’ailleurs à la fin du film : cette fois, il rêve d’espace. La plupart des scènes importantes se passent autour de la lune, loin de la surface terrestre, et le réalisateur entend bien emmener ses personnages très loin dans l’espace pour d’hypothétiques suites (hypothétiques, car le film n’a pas eu le succès attendu).

Résultat : du grand n’importe quoi marqué par quelques fulgurances (l’évacuation du bébé et de sa mère sur le toit de la maternité), où se côtoient les vieux de la vieille (Jeff Goldblum et Bill Pullman rempilent) et de nouveaux personnages, uniquement des têtes brûlées à la psychologie aussi épaisse qu’une page de missel.

C’est long, laid et répétitif. Bref, pas bien.

Un espion a disparu (Above suspicion) – de Richard Thorpe – 1943

Posté : 27 février, 2017 @ 8:00 dans * Espionnage, 1940-1949, THORPE Richard | Pas de commentaires »

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Ce pourrait être un énième effort de guerre de la part des studios hollywoodiens, mais ce film d’espionnage tourné en 1943 possède un ton assez surprenant, inattendu pour l’époque : malgré la menace omniprésente et les nombreux faux-semblants, ces aventures d’un couple d’Américain transformés en espion dans l’Allemagne de 1939, à la veille de la déclaration de guerre, s’apparentent plus à une comédie d’espionnage qu’à un vrai film noir.

On a d’ailleurs un peu de mal à prendre tout ça au sérieux dans un premier temps : cette nonchalance de Fred McMurray face au danger, et l’excitation de sa toute jeune femme Joan Crawford à l’idée de devenir une espionne, ont de quoi désarçonner. Surtout que Richard Thorpe semble réellement filmer une comédie, dont la toute première image est d’ailleurs celle d’un mariage tout en légèreté.

Mais dès que le jeune couple quitte l’Amérique, le rythme s’installe, vif et sans temps mort. Un jeu de piste à travers une Europe pleine de dangers qui conduit nos héros d’une étape à l’autre, d’une scène à la suivante, d’un danger à un mystère. Ils y croisent des agents doubles, des espions nazis, des passages secrets, et même un meurtre à l’opéra qui rappelle étrangement celui de L’Homme qui en savait trop, avec un procédé que Hitchcock perfectionnera dans la version de 1956 de son film anglais.

Visuellement, Above suspicion souffre d’une photo tristement terne. Mais les décors sont beaux, et apportent un exotisme charmant à ce pur divertissement qui ne manque ni de souffle, ni d’esprit.

Terreur aveugle (Blind Terror) – de Richard Fleisher – 1971

Posté : 26 février, 2017 @ 8:00 dans * Polars US (1960-1979), 1970-1979, FLEISCHER Richard | Pas de commentaires »

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Devenue aveugle à la suite d’une chute à cheval, une jeune femme revient vivre dans le grand domaine de son oncle et de sa tante. Mais alors qu’elle s’est absentée, un tueur mystérieux vient décimer sa famille. Lorsqu’elle rentre à la maison, elle ne se rend compte de rien…

Voilà un « pitch » qui promet de bien belles sueurs froides. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la promesse est largement tenue. Fleisher fait bien plus que nous coller des frissons : il signe un film admirablement tendu, dont le cœur (disons, le deuxième tiers) fait partie des plus grands moments de pure trouille de l’histoire du cinéma. Mia Farrow (formidable en jeune aveugle, jamais dans la démesure et toujours hyper crédible) qui déambule paisiblement dans cette grande maison dont elle ne sait pas qu’elle est jonchée de cadavres, est une vision pour le moins traumatisante.

Surtout que la mise en scène joue très habilement sur le décalage entre le point de vue de cette femme qui ne voit rien du drame qui se noue, et ce que la caméra laisse voir au spectateur. En ne montrant, subrepticement, que l’environnement direct de l’héroïne, sans plan d’ensemble ni gros plan évocateur. Un expérience éprouvante et absolument fascinante.

Dès la toute première image, l’ambition de Fleisher saute aux yeux : ce mouvement de caméra qui s’arrête, à la sortie d’un cinéma, sur bottes d’un homme dont on ne verra jamais le visage (jusqu’à la dernière minute) fait d’emblée naître l’angoisse et le danger. Toute la première partie, avant l’irruption de la terreur pure, sera dominée par ce sentiment de danger, qui accompagne les premiers pas de la jeune aveugle trouvant ses marques dans cette grande maison, après des semaines passées à l’hôpital.

C’est l’une des grandes réussites du film : cette manière d’associer la peur à la vision presque documentaire d’une jeune femme réapprenant à vivre sans la vue. Tous les moments les plus terrifiants reposent d’ailleurs sur des sensations, ou des promesses de sensations : un pied nu qui effleure des morceaux de verre, un vent violent ou la pluie qui balaye les visages, une main qui caresse un cheval, un corps au contact avec de la glaise… Autant de pures sensations physiques qui nous aident à ressentir les sensations de Mia Farrow.

Avec un tel sujet, la plupart des réalisateurs auraient privilégié les séquences nocturnes. On jurerait d’ailleurs que cette cave dont on nous parle au début du film est appelée à jouer un rôle important dans l’histoire. Mais non : les rares scènes de nuit sont des moments de répit. Toute l’action se déroule en plein jour, dans de grands espaces ouverts. Loin, donc, de tous les clichés attendus, et avec une maîtrise constante qui prouve une bonne fois pour toute que Fleisher fait, vraiment, partie des grands.

C’est bien par sa seule mise en scène qu’il suggère la terreur de la jeune femme dans un environnement qui lui est familier, puis son angoisse peut-être plus terrible encore dans un décor qu’elle ne connaît pas, et où aucun repère ne lui est offert. Tourné la même année que 10 Rillington Place, Blind Terror est une variation radicalement différente et fascinante sur le thème du Mal.

* Le film fait partie du coffret consacré à Richard Fleisher, regroupant trois films noirs très différents les uns des autres (avec L’Etrangleur de Boston et Les Flics ne dorment pas la nuit).

Le Retour du Jedi / Star Wars, épisode VI (Star Wars : Episode V – Return of the Jedi) – de Richard Marquand – 1983

Posté : 24 février, 2017 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, FORD Harrison, MARQUAND Richard | Pas de commentaires »

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On prend les mêmes et on continue… On pourrait dire pour Le Retour du Jedi à peu près la même chose que pour L’Empire contre-attaque. A le revoir après de nombreuses années, la principale surprise repose sur la simplicité de l’intrigue, que l’on pourrait résumer en très peu de lignes. Si George Lucas apporte un soin extrême à créer son univers, en le peuplant de créatures improbables, sa trilogie originelle s’avère relativement pauvre en rebondissements.

Ce n’est d’ailleurs pas une critique : Lucas prend le temps de filmer ses personnages, de créer un suspense, une atmosphère, et de délayer l’action. Loin, en tout cas, des codes actuels du cinéma populaire, souvent basé sur l’effervescence et le trop plein. Son épisode 6 se résume ainsi à trois ou quatre séquences, pas plus : l’attaque pour sauver Han Solo prisonnier de Jabba, le retour de Luke auprès de Yoda, la partie sur la planète des Ewoks, et l’affrontement final.

Les principaux enjeux dramatiques ayant été réglés dans le film précédent, le plus sombre de la trilogie, la réussite de celui-ci repose encore plus sur la manière de filmer l’action, sur la manière d’introduire les moments de bravoure attendus. Côté effet de surprise, c’est un peu émoussé. Mais l’efficacité est bel et bien là.

On a souvent reproché à Lucas d’avoir donner un rôle trop important aux Ewoks, ces charmants nounours qui ne sont visiblement là que pour booster les produits dérivés du film. C’est sans doute vrai, et la noirceur de l’épisode précédent était nettement plus convainquant que celui-ci, qui flirte souvent avec la mièvrerie. Mais le plaisir reste intense, et l’affrontement final, forcément tragique, tient ses promesses.

Les deux premières trilogies sont réunies dans un beau coffret de 9 blue ray, avec des tas de bonus : des interviews, des making of d’époque ou récents, plein de documentaires… Plus de 40 heures de bonus, promet le packaging.

La saga Star Wars

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