Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour la catégorie 'Genres'

Frankenstein (Mary Shelley’s Frankenstein) – de Kenneth Branagh – 1994

Posté : 19 avril, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, BRANAGH Kenneth, DE NIRO Robert, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Frankenstein (Mary Shelley's Frankenstein) - de Kenneth Branagh – 1994 dans 1990-1999 Frankenstein%20Branagh_zps8phwosii

Au début des années 90, Francis Coppola a entrepris un dépoussiérage des grands mythes de la littérature fantastique, d’abord avec son magnifique Dracula, puis en produisant un nouveau Frankenstein confié au Shakespearien Kenneth Branagh. Et dont j’avais gardé un bon souvenir.

Comme quoi… A le revoir, je comprends mieux pourquoi une grande partie de la publicité du film avait été basée sur le fait que, grâce à Branagh, tout le monde saurait désormais que “Frankenstein” n’est pas le monstre, mais le scientifique qui l’a créé. Oui, parce que non seulement la créature (jouée par un De Niro plutôt sobre si on oublie le maquillage) passe au second plan, mais tout le film tourne autour de ce Dr Frankenstein que Branagh interprète lui-même.

Et le film tourne littéralement autour de lui, avec d’interminables et très pompeux mouvements de caméras qui semblent littéralement faire l’amour avec l’acteur-réalisateur, les trois quarts du temps à moitié à poil. Ce Frankenstein a été mal titré : il aurait dû s’appeler Kenneth Branagh’s Frankenstein. Ou même mieux : Great Kenneth Branagh’s Frankenstein. Ou pour faire court : Great Kenneth Branagh.

Le film n’est pas juste mauvais, c’est une véritable aberration, l’œuvre d’un jeune cinéaste qui a enchaîné les succès et les signes de reconnaissance jusque là, et qui se vautre littéralement dans une sorte d’auto-admiration risible et désagréable. Cela dit, il l’est vraiment (mauvais) : Branagh semble incapable de donner un rythme ou une fluidité à son récit, accumule les décors impressionnants sans savoir comment les filmer, et réussit l’exploit de rendre la moindre de ses tirades ridicule. Une catastrophe !

La Femme à l’écharpe pailletée (The File on Thelma Jordon) – de Robert Siodmak – 1950

Posté : 17 avril, 2017 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, SIODMAK Robert, STANWYCK Barbara | Pas de commentaires »

La Femme à l'écharpe pailletée (The File on Thelma Jordon) - de Robert Siodmak - 1950 dans * Films noirs (1935-1959) La%20Femme%20%20lcharpe%20paillete_zpsxh7pstni

Robert Siodmak est décidément l’un des très grands lorsqu’il s’agit de créer une ambiance de film noir, de faire résonner mine de rien ces petits sons du destin en marche. Le cinéaste est alors au sommet : il vient de tourner le sublime Criss Cross. Pourtant, Thelma Jordon sera l’un de ses derniers films à Hollywood, avant son retour en Allemagne.

Le film n’est peut-être pas tout à fait à la hauteur de ses grands chefs d’œuvre (Les Tueurs ou La Proie, aussi) : il y a un côté un peu convenu à cette enième histoire du bon gars qui se fait manipuler par la femme fatale de service pour l’aider à accomplir ses sombres desseins. Dans le rôle de la poire, Wendell Corey (qui sera le flic, pote de James Stewart, dans Fenêtre sur cour). Dans celui de la belle vénéneuse, Barbara Stanwyck offre une variation plus nuancée et plus émouvante de son rôle de vamp absolu dans Double Indemnity.

Le film n’est peut-être pas le plus surprenant de la carrière de Siodmak, mais il confirme son talent exceptionnel, en particulier lors de la première partie, qui privilégie les scènes de nuit avec un travail remarquable sur les ombres et l’obscurité. La séquence du meurtre, surtout, est un modèle de tension, admirablement construite, d’autant plus impressionnante que la suite ne cessera d’y faire référence.

Suivent de longues scènes évoquant l’enquête, puis le procès. Une construction plutôt classique, donc, mais la beauté du film tient alors aux détails, à cette attention extrême que Siodmak semble porter au travail des enquêteurs, de la police scientifique, du procureur ou des avocats. Des petits riens parfois, comme ce flic occupé à relever une empreinte de pas dans la terre, ou une rangée de chapeaux accrochée près du box des jurés. Mais ces détails inhabituels donnent un certain réalisme qui renforce la dramaturgie de l’histoire.

Et puis si on n’est pas surpris de la prestation formidable de Barbara Stanwyck, jamais décevante, celle de Wendell Corey est nettement plus inattendue. Pour une fois premier rôle, il révèle de belles nuances. Son personnage, homme marié qui ne supporte plus l’omniprésence de son beau-père, est l’une des grandes réussites du film.

Le Convoi sauvage (Man in the Wilderness) – de Richard C. Sarafian – 1971

Posté : 14 avril, 2017 @ 8:00 dans 1970-1979, SARAFIAN Richard C., WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Convoi sauvage (Man in the Wilderness) - de Richard C. Sarafian - 1971 dans 1970-1979 Le%20Convoi%20sauvage_zpsh6qzln5c

En 1820, dans le Grand Nord américain, un trappeur est laissé pour mort par ses compagnons après avoir été attaqué par un ours. Contre toute attente, il s’accroche à la vie, survit, et se met à traverser les centaines de kilomètres de nature sauvage qui le séparent de la civilisation, et des hommes qui l’ont abandonné.

Cette histoire, authentique paraît-il, a valu un Oscar à Leonardo Di Caprio en 2016. Mais 35 ans avant The Revenant, elle avait déjà été portée à l’écran, dans ce western hors normes absolument magnifique, porté par un Richard Harris intense et mutique, homme frustre dont le lent cheminement s’apparente à une extraordinaire renaissance.

L’impression est volontaire, Sarafian multipliant les signes évoquant cette renaissance : l’impressionnante séquence, muette, de l’accouchement de l’Indienne en pleine forêt ; ces gros plans sur les mains de Richard Harris qui renouent avec la vie au contact de l’eau ou de la terre ; ou ce superbe flash-back durant lequel le rude pionnier parle à ce futur enfant qu’il ne verra pas naître, lui donnant ses conseils de père en chuchotant devant le ventre de la mère…

Autant de scènes d’une beauté sidérante, dans un film qui donne constamment la plus grande place à la nature, pas vraiment hostile (c’est elle qui apporte la vie), mais rude et pleine de dangers. Une beauté âpre et infinie, qui souligne aussi la solitude de ces êtres qui la sillonnent, et l’absurdité de leur quête de richesse.

Cette absurdité est évidente dès la toute première image : celle d’un bateau traversant les grandes étendues du continent nord-américain, loin de toute voie navigable. Un bateau tiré avec peine par les hommes et les mules, et sur lequel se dresse la fascinante figure du capitaine interprété par John Huston, l’un de ses plus beaux rôles : celui d’un homme qui s’accroche à un passé peut-être glorieux, et qui fait face douloureusement à sa décision d’abandonner l’homme qu’il considérait comme son fils.

Ancien documentariste, Richard C. Sarafian sait merveilleusement filmer la nature. Son film, superbe, est une ode passionnée au mystère de la vie.

Les Sept Mercenaires (The Magnificent Seven) – d’Antoine Fuqua – 2016

Posté : 11 avril, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, FUQUA Antoine, WESTERNS | Pas de commentaires »

Les Sept Mercenaires (The Magnificent Seven) – d'Antoine Fuqua – 2016 dans 2010-2019 Les%20Sept%20Mercenaires%202016_zpsyzyofkc8

Etait-il vraiment nécessaire de remettre au goût du jour le classique de John Sturges ? Oui, d’accord, ce dernier était lui-même un remake (celui des Sept Samouraïs), et les récentes tentatives de dépoussiérer les chefs d’œuvre du genre (comme s’ils en avaient vraiment besoin) n’ont pas toutes été ratées : Le 3h10 pour Yuma de James Mangold était plutôt très réussi.

Mais quand même… Les scénaristes ont-ils à ce point perdu tout semblant d’imagination ? Les producteurs considèrent-ils le public comme des idiots qui ont absolument besoin de se rassurer avec une intrigue déjà connue de tous ? En tout cas, si on s’attaque à un monument, au film qui a starifié Steve McQueen en deux plans, ben vaut mieux réussir son coup, et si possible apporter quelque chose de nouveau.

Alors ? Ben c’est pas mal, on ne s’ennuie pas une seconde, Denzel Washington est très bien en Yul Bryner de 2016, et il s’est plutôt bien entouré (Ethan Hawke en Robert Vaughn, Chris Pratt en ersatz de McQueen, sans le charisme…). Et Antoine Fuqua (quel nom!!) n’est pas un manchot quand il s’agit de filmer l’action ou de faire monter la tension. Et reconnaissons lui un soin tout particulier apporté aux images, avec des plans très joliment construits et une superbe utilisation des décors naturels.

Pourtant ça ne prend pas jamais vraiment. Le principe même du remake veut que la comparaison avec l’original est incontournable. Et là, c’est décevant sur toute la ligne. Indépendamment du film de Sturges, ces Sept Mercenaires-là sont plutôt réussis. Mais à la lumière de ce qu’a donné la même trame devant les caméras de Sturges (ou même de Kurosawa), le film semble totalement anecdotique, chassant le sous-texte social et racial de l’original pour se résumer à une simple histoire de pouvoir et d’argent.

L’Attaque des clones / Star Wars, épisode II (Star Wars : Episode II – Attack of the Clones) – de George Lucas – 2002

Posté : 10 avril, 2017 @ 8:00 dans 2000-2009, FANTASTIQUE/SF, LUCAS George | Pas de commentaires »

L'Attaque des clones / Star Wars, épisode II (Star Wars : Episode II - Attack of the Clones) - de George Lucas - 2002 dans 2000-2009 LAttaque%20des%20clones_zpskx4tbqra

Les trois apparitions, courtes et sobres, de Jar Jar Binks dans cet épisode II prouvent au moins une chose : quoi qu’il puisse dire, George Lucas a entendu les innombrables critiques qui ont entouré la sortie de La Menace Fantôme. Les fans n’ont pas supporté ce personnage entièrement en images de synthèses à l’humour irritant ? Il le relègue à un quasi-rôle de figurant. Les fans regrettaient de ne pas retrouver leurs repères ? Il multiplie les clins d’œil à la trilogie originale, quitte à risquer les incohérences.

Sans vouloir jouer les connaisseurs pointus (ce que je ne suis pas), on peut quand même être surpris de retrouver C3-PO dans la maison des futurs parents adoptifs de Luke Skywalker (une apparition par ailleurs très sympathique), alors que l’on verra ces derniers le découvrir des années plus tard dans l’épisode IV. Mais ne soyons pas snobs : les retrouvailles avec ces décors fondateurs de la saga sont assez enthousiasmantes.

Ce qui l’est plus encore, c’est la manière dont Lucas traite l’apparition des fameux Storm Troopers, les reliant d’une manière totalement inattendue à un autre personnage secondaire mais mythique de la saga : le chasseur de primes Bobba Fett, dont on découvre ici les origines étonnantes et tragiques.

Surtout, ce deuxième volet de la prelogie aborde enfin le sujet central : le passage annoncé d’Anakin du côté obscur de la Force. Le sujet est au cœur de ce film, et son traitement est plutôt convainquant, avec un personnage arrogant juste ce qu’il faut pour être crédible sans être trop évident. Deux grands regrets, quand même : la séquence-clé durant laquelle Anakin cède à la colère dans un déchaînement de violence est largement éclipsée, et Hayden Christensen s’avère un comédien pas vraiment enthousiasmant.

On sent aussi Lucas tiraillé entre son envie de renouer avec la simplicité et la linéarité de la première trilogie, avec ces longues scènes étirées à l’envi pour le seul plaisir du spectateur, et sa volonté de faire avancer l’intrigue de la manière la plus cohérente possible avec son oeuvre originelle, quitte à complexifier à outrance.

Et puis il y a ce regret que l’on peu accoler à à peu près tous les films produits par Lucas devenu multi-millionnaire et tout-puissant : sa tentation de suritiliser les effets spéciaux, jusqu’à l’écœurement. Aussi rythmée et enthousiasmante soit-elle, la course-poursuite dans la grande ville-planète est tellement coupée d’un quelconque semblant de décor naturel qu’elle en devient presque abstraite. Du trop-plein : c’est le principal reproche que l’on peut faire à cet épisode transitoire.

La saga Star Wars

Les Flics ne dorment pas la nuit (The New Centurions) – de Richard Fleischer – 1972

Posté : 8 avril, 2017 @ 8:00 dans * Polars US (1960-1979), 1970-1979, FLEISCHER Richard | Pas de commentaires »

Les Flics ne dorment pas la nuit (The New Centurions) - de Richard Fleischer - 1972 dans * Polars US (1960-1979) Les%20Flics%20ne%20dorment%20pas%20la%20nuit_zpstiffcb8i

Cinéaste mésestimé, Fleischer a pourtant beaucoup apporté aux divers genres auxquels il s’est confronté, et tout particulièrement au noir, dont il a été l’un des grands noms dès les années 40, en lui apportant une approche très réaliste, mêlée à une vision presque romantique du genre. Cette logique trouve une sorte d’aboutissement avec The New Centurions, l’un des plus beaux films consacrés à la police américaine.

Sorti à la même époque que French Connection ou Serpico, le film de Fleischer va beaucoup plus loin dans cette vision réaliste du quotidien de la police, avec des choix nettement plus radicaux à leur manière. Pas de grande enquête au long cours ici, ni de flics pourris qui gangrènent l’institution. Non, Fleischer s’intéresse d’abord aux hommes, à ces policiers en uniforme qui roulent toute la nuit pour aller à la rencontre de cette étrange faune humaine, dans les quartiers défavorisés de Los Angeles.

Des types bien, une société malade, une succession de petits moments tantôt légers, tantôt tragiques, tantôt violents. Des drogués, des tueurs, des mères irresponsables, des solitudes, des désespoirs… Et au milieu, ces hommes en bleu qui veulent faire au mieux, pour aider ce public qui ne les aime pas forcément. Fleischer filme cette société avec une acuité sidérante, grâce à laquelle le film semble aujourd’hui encore d’une incroyable actualité. Et il filme ces flics avec une empathie évidente, et une nostalgie inattendue.

Dans le rôle principal, Stacy Keach est excellent, jeune recrue idéaliste qui devient accro à la rue et à ses malades. Mais le film est aussi habité par la présence de George C. Scott, magnifique en vieux briscard qui se berce d’illusions sur sa retraite toute proche. Un homme bien, qui fait la différence entre la loi et le bien, et qui comprendra trop tard qu’il a tout sacrifié à cette vie de dévouement.

Un tel chant d’amour à la police pourrait être douteux. Il est superbe. Au sommet de son art, Fleischer s’offre quelques fulgurances de mise en scène (la poursuite dans ce tunnel qui n’en finit plus de réduire l’écran), mais privilégie les personnages (les seconds rôles sont tous formidables, parmi lesquels Erik Estrada, le futur Ponch de la série télé ChiPS). Du puR Fleischer, donc. Et du grand Fleischer.

* Le film fait partie du formidable coffret que Carlotta a consacré à Fleischer, avec deux autres évocations du Mal, dans des genres très différents : Terreur aveugle et L’Etrangleur de Rillington Place. Trois films tournés à la même époque (entre 1971 et 1972), trois facettes du talent de Fleischer, trois grands films. Et des bonus passionnants.

La Menace Fantôme / Star Wars, épisode I (Star Wars : Episode I – The Phantom Menace) – de George Lucas – 1999

Posté : 6 avril, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, FANTASTIQUE/SF, LUCAS George | Pas de commentaires »

La Menace Fantôme / Star Wars, épisode I (Star Wars : Episode I - The Phantom Menace) - de George Lucas - 1999 dans 1990-1999 La%20Menace%20Fantme_zpsmrcki5wy

Un film aussi attendu que celui-ci ne pouvait qu’être critiqué violemment. Et les fans ne s’en sont pas privés, confirmant le désamour qui ne fera que croître entre l’ex-enfant chéri George Lucas et son public. Un désamour qui était né avec la décision prise par le réalisateur et producteur de « remettre au goût du jour » sa trilogie originelle en ajoutant des effets spéciaux derniers cris et en apportant quelques petites modifications (et qui sera définitivement consommé avec les choix qu’il imposera pour le quatrième Indiana Jones).

Des modifications qu’il justifiait alors par sa volonté de rendre l’ensemble cohérent : tourné plus de vingt ans après le premier film, avec des effets spéciaux qui n’ont plus rien de comparable avec ceux de Un nouvel espoir, cet « épisode 1″ est aussi censé se dérouler trente ou quarante plus tôt, avec donc des machines censément moins développées.

La principale critique faite à Lucas pour ce film-ci porte un nom : Jar-Jar Binks. En revoyant le film, l’existence même de ce personnage m’était un peu sorti de la tête. Mais dès sa toute première apparition, il ne faut qu’une poignée de secondes pour réaffirmer que toutes les critiques faites lors de la sortie du film sont justifiées : non seulement Jar-Jar Binks, créature entièrement créée à l’ordinateur (ça aussi, ça tranche avec le caractère bricolo de la première trilogie), est insupportable avec son bagout intarissable, mais il tue complètement le rythme et l’atmosphère du film.

Tenté par un humour lourdingue à la Luc Besson dans Le Cinquième élément, Lucas gâche quelques scènes avec des choix douteux, tout en débordant d’idées excitantes qu’il exploite habilement pour la plupart : l’alliance forcée entre les habitants de la surface et ceux du monde souterrain d’une même planète, la fragilité de la République qui régit la galaxie, et le rôle donné à un enfant dont on sait qu’il est promis à un sombre destin.

Malgré ses défauts, le film se révèle assez réjouissant, lorsqu’il s’adresse directement aux fans de la première trilogie. Les combats aux sabres lasers, l’apparition d’Obi-Wan-Kenobi (Ewan McGregor, très bien en jeune Alec Guiness), ou la première séquence qui reprend tous les codes de la saga, tiennent ainsi toutes leurs promesses. Même si la fameuse « course de chars » semble inutilement étirée, les morceaux de bravoure sont globalement parfaitement réussis.

Le grand méchant du film l’est en revanche beaucoup moins, sorte de clone de Dark Vador lui-même, en moins effrayant et en plus grimaçant. Et la principale limite du film, c’est qu’il ressemble à ce qu’il est : la mise en place d’un drame qui ne prend pas encore toute son ampleur, et dont on connaît la fin.

La saga Star Wars

Commando (id.) – de Mark L. Lester – 1985

Posté : 4 avril, 2017 @ 8:00 dans 1980-1989, ACTION US (1980-…), LESTER Mark L. | Pas de commentaires »

Commando (id.) - de Mark L. Lester - 1985 dans 1980-1989 Commando_zps0o9a1cma

Pas facile de retrouver son enthousiasme d’adolescent devant ce nanar absolu d’un mauvais goût assumé (si, si : les mamours de Schwarzenegger et de sa fifille Alyssa Milano dans le générique de début ne trompent pas, ce mauvais goût est bel et bien assumé), moche, poussif, lourdingue et dévoré par une musique affreuse de James Horner.

Comédie ? Parodie ? Pur film d’action ? Je ne saurais dire avec certitude ce que le réalisateur a voulu faire avec cette chose improbable, qui se termine par une interminable séquence de tuerie massive : seul et quasi à poil face à une armée armée jusqu’aux dents, Schwarzie dézingue les méchants qui tombent plus vite que mes cheveux.

En fait, le vrai sujet du film est là : c’est Schwarzenegger lui-même, tout juste sorti de Conan et Terminator, véritable bête de cinéma avec son physique ahurissant. Le film n’existe que pour lui, pour sa stature exceptionnelle, pour sa manière d’habiter l’écran et de débiter des répliques assez réjouissantes (« Tu te souviens que j’avais dit que je te tuerais en dernier ? Eh bien j’ai menti ! »), et pour cette tendance, qui ne le quittera jamais, à s’amuser de sa propre image.

OK, Commando est un nanar. Mais rien que pour Arnold et pour ce petit-goût de nostalgie…

L’Homme du Kentucky (The Kentuckian) – de Burt Lancaster – 1955

Posté : 3 avril, 2017 @ 8:00 dans 1950-1959, CARRADINE John, LANCASTER Burt, LANCASTER Burt, WESTERNS | Pas de commentaires »

L'Homme du Kentucky (The Kentuckian) - de Burt Lancaster - 1955 dans 1950-1959 LHomme%20du%20Kentucky_zpshbwibcr2

Pour son premier film derrière la caméra, Burt Lancaster signe un western étonnant : une ode à la nature, étrangement économe en action, mais à la tension parfaitement maîtrisée. Un western sans chevaux aussi, avec ce personnage de père célibataire (qu’il interprète lui-même), qui traverse le pays sauvage à pied avec son fils et son chien, minuscule communauté en mouvement qui semble avoir trouvé un idéal dans cette vie de pionnier au contact avec la nature.

Comme souvent dans le western, le film parle de la fin d’un monde, ou plutôt de la fin d’un mode de vie. Mais le thème est particulièrement bien traité ici. L’arrivée du père et de son fils dans la « civilisation » remet en cause l’harmonie de leur relation. Elle implique l’irruption d’une femme, ou plutôt de deux femmes : la belle institutrice, symbole d’une vie sociale et de concessions visiblement tentante pour le père ; et la petite sauvageonne, plus conforme aux aspirations du fils.

A travers le choix entre ces deux femmes, toutes deux belles, aimantes et sincères, c’est de la nécessité de se plier aux règles de la société qu’il est question. Et dans sa manière d’aborder le sujet, Lancaster fait preuve d’une honnêteté absolue, ne tombant jamais dans le manichéisme, la nostalgie facile, ou la dénonciation aveugle de l’excès de règles. Son film est d’ailleurs, finalement, totalement bienveillant.

Il y a des salauds, bien sûr, à commencer par Walter Matthau, dont c’est le tout premier film, et qui se révèle d’emblée excellent en salopard intégral. Mais il y a surtout des sentiments purs, une simplicité et une sincérité qui se ressentent jusque dans la manière dont Lancaster filme les beaux décors naturels, dans la première partie. Une réussite qui fait regretter que l’acteur n’ait pas persévéré derrière la caméra : il ne récidivera que quasiment vingt ans plus tard avec Le Flic se rebiffe.

Les Aventures du Capitaine Wyatt (Distant Drums) – de Raoul Walsh – 1951

Posté : 2 avril, 2017 @ 12:52 dans 1950-1959, COOPER Gary, WALSH Raoul, WESTERNS | Pas de commentaires »

Les Aventures du Capitaine Wyatt (Distant Drums) - de Raoul Walsh - 1951 dans 1950-1959 Les%20Aventures%20du%20Capitaine%20Wyatt_zpshtecwudi

Ah, les Everglades et leurs labyrinthes de végétations et de marécages. Leur décor fascinant n’ont pas été si souvent utilisés au cinéma, malgré leur potentiel évident. Ce Distant Drums est d’ailleurs l’un des tout premiers à faire de cette région de Floride un élément central de l’action, quelques années avant le beau La Forêt interdite de Nicholas Ray. C’est en tout cas le premier « western » majeur à avoir ce décor (et la guerre contre les Indiens Seminoles) comme toile de fond.

Le film est aussi l’unique collaboration, aussi surprenant que cela puisse paraître, entre Raoul Walsh et Gary Cooper. La rencontre entre ces deux géants du cinéma d’aventure semblait pourtant évidente. Et elle tient plutôt bien ses promesses avec ce film certes imparfait, mais passionnant et admirablement tendu. Oui, comme toujours chez Walsh.

Imparfait, tout de même, parce que l’introduction est pour le moins maladroite, avec une utilisation approximative de transparence, qui donne la curieuse impression d’un film un peu figé. Surtout que la toute première apparition de Gary Cooper a tout de la caricature guère crédible. Heureusement, cette première impression disparaît au bout de quelques minutes seulement, avec l’extraordinaire attaque du fort, moment de bravoure merveilleusement filmée dans une nuit profonde et fascinante.

Tout l’art de Walsh se révèle enfin dans cette séquence d’anthologie, quasi-muette. La suite est à l’avenant, avec cette plongée au cœur des Everglades. Certes, Walsh échoue à rendre le décor réellement menaçant. La moiteur et les dangers de cet entrelacs de végétation et d’humidité ne sont pas toujours perceptibles, contrairement au film de Nicholas Ray qui, lui, privilégiera le tournage en décors naturels. Walsh, lui, use et abuse des transparences, avec plus ou moins d’efficacité.

Mais le rythme ne retombe jamais. Et Walsh, dans ce pur film d’aventures, s’offre une dernière partie tragique, violente et bouleversante originale et inattendue. Sans snober le happy end de rigueur, il s’autorise un ton assez radical, qui clôt joliment ce « eastern » passionnant.

12345...86
 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr