Coups pour coups (Death Warrant) – de Deran Serafian – 1990
Dans la longue tradition des films de prison bourrins, celui-ci n’est ni pire ni meilleur que d’autres. Ni meilleurs, en tout cas. La trame est classique (un flic infiltré dans une prison pour démasquer un mystérieux tueur). La vedette est en vogue (Jean-Claude Van Damme, à l’aube de sa grande période hollywoodienne). Les scènes d’action sont nombreuses (et encore plus nombreux, les coups de pied retournés). Et le film est con.
Fils de Richard Serafian, à qui on doit notamment l’excellent Convoi sauvage, Deran ne vise que l’efficacité directe, le plaisir simple et immédiat. Bref, le seul objet de son film, c’est Van Damme : sa belle gueule, son torse musclé qu’il exhibe à la moindre occasion (qu’il se crée à peu près à chaque scène : le plus grand budget du film semble être la garde-robe de la star, que les méchants prennent un malin plaisir à arracher au premier accroc), et talents très cinématographiques d’artiste martial.
C’est bien peu, mais c’est aussi pas loin d’être suffisant, tant l’intrigue passe au second plan : le spectateur partage avec le réalisateur (voire avec le scénariste) la même indifférence quant à la résolution de l’intrigue. Seuls comptent les moments de castagne, et la manière de les filmer. Avec une propension très appuyée pour les éclairages bleus. Pas sûr que ce soit suffisant, mais c’est beau le bleu.
