Tempête sur la colline (Thunder on the Hill) – de Douglas Sirk – 1951
C’est encore la période où Sirk se cherche, et semble s’imposer comme un spécialiste de la série B noire. Une tendance qui a donné quelques merveilles (Des filles disparaissent, ou Jenny femme marquée). Tempête sur la colline, loin, donc, de ses merveilleux mélos à venir, désarçonne d’abord, plus qu’il ne séduit.
L’idée séduit, a priori : une inondation exceptionnelle pousse toute une partie de la population à se réfugier dans un couvent, où un secret bien enfoui finit par sortir, lorsque les bonnes sœurs découvrent que l’une des « réfugiées » est une prisonnière condamnée à mort pour meurtre, qui doit être exécutée le lendemain matin.
Une religieuse, surtout, se passionne pour la jeune femme, se persuadant très vite de son innocence. La sœur, c’est Claudette Colbert, toute en retenue et formidable. La condamnée, c’est Ann Blyth, exaltée et par intermittence très émouvante. Et le huis clos qui prévaut à leur rencontre donne bientôt lieu à un vrai thriller, mâtiné de whodunit.
Le parti-pris original est plus audacieux que maîtrisé : le récit se construit sur la base de flash-backs qui ne sont jamais montrés, à peine esquissés par des bribes de dialogues. Les secrets se révèlent alors par toutes petites touches, superbe idée de scénario qui n’est que très vaguement convaincante à l’écran.
A vrai dire, c’est dans la partie purement « suspense » que le film convainc totalement. Cette ultime séquence à la tension parfaite, d’une précision absolue, fait de Sirk un grand réalisateur de thriller, genre qui lui a plutôt bien réussi, mais qu’il ne va pas tarder à délaisser pour de bon.
